Je rappelle que j'y connais rien du tout en médecine (je suis en L lol), et que s'il y a bien un truc sur lequel je suis pas prête à faire des recherches sur internet, c'est les blessures. Il y a trop d'infos contradictoires sur internet, à part si j'avais une amie en médecine, j'ai aucune source sûre à ma portée alors je m'en remets à mes habituelles hypothèses farfelues et très certainement fausses. S'il y a quelqu'un qui s'y connait, je prendrais toute info avec grand plaisir!
10. Avancer pour enfin sourire
Sousuke lança un regard en arrière, pour rapidement refaire face à la porte ouverte devant lui. Toute pensée s'évanouit quand il alla s'asseoir sur l'habituelle chaise d'examen, puis serra ses doigts sur la couture de sa chemise lorsqu'il dut la retirer, et la garder en main. Son médecin se chargea de regarder sa brassière, faire quelques réglages, avant de l'enlever pour arriver au plus important : son épaule.
Il grimaçait, parce qu'il avait mal rien que d'y penser. Dans les faits, il n'avait pas ressenti de douleur depuis un moment. Mais jamais son articulation ne lui avait paru aussi raide que maintenant. Il ne regarda pas le docteur qui passait ses doigts sur sa peau, examinait son épaule, écoutant les battements des veines en dessous de ses doigts qui, Sousuke le savait, devaient être supérieurs à la normale. Mais il n'y pouvait rien.
L'homme se recula enfin, alla sans un mot à son bureau. Le brun gardait la tête baissée, et se sentit frissonner, l'envie de vomir qu'il ressentait depuis plusieurs jours se faisant plus forte que jamais.
« C'est bien ce que je pensais. »
Il garda le visage tourné vers le sol, et une vague de honte, de douleur l'envahit.
« Cela fait combien de temps que tu n'as pas nagé, Sousuke-kun? »
Surpris par la question, il releva légèrement la tête et éclaircit sa gorge, gardant son regard détourné.
« Bientôt un an.
– Hm... je vois. Il va donc bien te falloir une prescription... »
Sa crainte se précisa, et sa mâchoire se ferma. Mais le papier qui fut placé dans sa main ne comptait qu'un seul médicament. Du paracétamol. Rien d'autre. Il tourna brusquement son visage, les yeux écarquillés, et jamais le sourire d'un médecin ne lui avait fait autant de bien.
« Pour les courbatures. Tu en auras bien besoin, se dérouiller est difficile et douloureux, un an après. »
Il ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. L'homme en blouse blanche alla s'asseoir à son bureau, continuant :
« Évidemment, interdiction de te jeter dans la piscine. Vas-y doucement. Une séance par semaine pour le moment, pas plus de trois heures. Et tu te doutes que je te demande de ne pas commencer directement par un 400m. Prends ton temps. Tu en as enfin, profites-en. »
Un léger rire, à la fois nerveux et incroyablement soulagé, lui échappa :
« Vraiment? »
Le sourire de l'homme était très sincère.
« Vraiment. » il rangea quelques papiers qui traînaient sur son bureau, et continua, un pli se formant au coin de sa bouche. « Cependant, tu connais bien ta situation, Sousuke-kun. Tu devras continuer de venir pour ton suivi. Être blessé en pleine croissance comme tu l'étais à l'époque t'a fait beaucoup de mal. Je te demanderai donc d'être très, et j'insiste sur le très, patient si ton objectif reste de passer professionnel. »
Il hocha rapidement la tête, la gorge serrée par le bonheur, et il se rendit compte que pour la première fois, cette idée ne le démontait pas tant que cela.
« Je sais. Merci. J'ai parfaitement compris. Je... » ses yeux se firent plus résolus. « J'ai bien retenu la leçon. »
Moins de dix minutes plus tard, il sortait de la salle, son sourire si large, si blanc, si puissant qu'il attira immédiatement l'attention de Makoto, assis à l'attendre. Et que fut sa surprise quand le brun s'avança vers lui, ne démordant pas de sa joie, pour passer ses bras autour de ses épaules et lâcher d'une voix forte :
« Mec, j'ai jamais autant été content de dire des conneries! »
A cet instant, il sentit, sous lui, le cœur de Tachibana battre peut-être un peu plus fort.
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Haru se tendit comme un lion, se courbant pour venir poser ses doigts sur le starting-block. Le silence qui retentit dans le stade était lourd, tendu, tandis que chaque nageur gardait son regard à l'horizon, celui-ci chargé de rêves, d'espoir, de détermination.
Le pistolet retentit, et d'un seul homme, ils plongèrent.
Il oublia les autres. Il oublia la course. Seule la victoire importait. L'eau ne le faisait pas avancer. C'était lui-même qui l'utilisait pour se porter plus loin.
Ses bras étaient puissants, ses pieds battaient. Il tourna. Il était parfaitement calme, comptant chaque mouvement, chaque respiration, les conseils de son coach encore présents dans son esprit. La ligne des vingt-cinq mètres fut franchie. Et son rythme s'accéléra, devint erratique, mais contrôlé. Sa respiration s'accéléra sous l'adrénaline. Un sourire passa ses lèvres.
Il fut le premier à abattre sa paume contre le mur.
Il ne suivit pas vraiment ce qui se passa ensuite. Il se retrouva sur le bord, tandis que certains dans les tribunes scandaient son nom, celui du jeune qui venait de battre le record du tournoi. Makoto surgit d'où il ne savait, alors que juste avant la course il l'avait aperçu assis à sa place, une expression stressée sur le visage. Son coach, le sourire grand et satisfait, lui parlait en fond, lui disant ce qu'il avait encore à améliorer.
Un nageur de probablement dix ans de plus que lui s'approcha soudain, et lui tendit sa main. Il n'était pas japonais, remarqua-t-il, et il se souvint que beaucoup de nageurs internationaux venaient se nationaliser, après avoir été payé de grandes sommes. Il les respectait malgré tout, car au fond, ils étaient tous pareil : des hommes aimant l'eau. Il lui rendit la poignée de main, le visage baissé en une légère inclination.
Puis sans qu'il s'en rende compte, il était de nouveau habillé, et lorsqu'il sortit des vestiaires, pour se diriger vers la sortie et rentrer chez lui, il remarqua une petite foule dans le lobby. Une dizaine de personnes se tournèrent vers lui, d'autres occupées à se faire interviewer par le journal local ou les magazines spécialisés.
Les regards brillants de certains venus assister à la compétition, d'enfants encore jeunes, ou même de sportifs impressionnés; se présentèrent à lui, et il ne sut que dire. Il en remercia quelques uns quand ils le félicitèrent, et lorsqu'on lui demanda une photo avec sa médaille, il sut que le cliché devait être celui d'un garçon un peu perdu et impressionné par la foule, tenant vaguement l'or entre son pouce et son index.
« C'est la première fois que nous entendons parler de vous, et vous faites sensation! Que visez-vous? »
Il ouvrit la bouche, hésitant, et regarda son coach s'approcher pour faire signe aux gens de se calmer.
« Soyez sympa avec lui, c'est la première fois qu'il vit ça.
– Excusez-moi, Kanagawa-san... s'esclaffa le journaliste, qu'il semblait connaître. C'est simplement que vous nous avez pas mal fait languir, et Nanase-san, votre nouvelle star, nous a fait l'effet que vous souhaitiez qu'il ait! »
Un sourire assez fier traversa le visage de l'homme au teint mat, et il tapota l'épaule de Haruka.
« Enfin, c'est clair que c'est une belle victoire. Tout comme c'en est une pour toute l'équipe.
– Qu'en pensez-vous, Nanase-san? »
Le brun déglutit, puis hocha la tête, murmurant, un peu gêné :
« Oui. Nous avons tous nagé du mieux que nous le pouvions.
– C'est une certitude. Et, si je peux me permettre, quels sont vos projets? »
Il haussa les épaules, détournant la tête.
« Je pense que vous vous en doutez. »
Une mimique radieuse étira les traits de l'homme face à lui, qui rangea son magnétophone, satisfait, puis se dirigea vers un autre nageur, tandis qu'un de ses collègues, caméra en main, fixa l'objectif sur son visage quelques secondes, avant de passer à un autre.
La boule dans son ventre, face au public, se dissipa lorsque le visage familier de son meilleur ami apparut. Mais ses joues étaient roses, tout comme le coin de ses yeux, et les siens s'arrondirent.
« Ça va?
– Heu... oui... »
La réalisation le traversa, puis il marmonna :
« Il n'y avait pas besoin de pleurer...
– Je n'y peux rien! Et c'était de la joie! »
Un léger sourire finit par lui échapper, et sans un mot de plus, ils se dirigèrent vers la sortie
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Sousuke avait retenu sa respiration au moment où il avait pénétré le bâtiment. Il était en apnée, tandis qu'il se déshabillait, et remettait, pour la première fois depuis tant de temps, son maillot de bain.
Il sentait qu'il était moins ajusté qu'autrefois, lorsque toute sa masse musculaire était à son mieux. La guérison avait affecté ceci, mais rien n'aurait pu le faire se sentir mal. Pas à cet instant.
C'est lorsqu'il monta sur le plot, et laissa planer son regard sur la ligne d'eau vide, quelques grands-mères faisant des longueurs plus loin, et un groupe d'amateurs ayant la leur consacrée; qu'il sentit réellement son cœur se serrer.
Car l'idée de plonger lui fit peur un instant. Il se demanda ce qu'il se passerait, cette fois. Puisqu'il ne voulait reproduire l'erreur de la salle de sport. Il ne voulait pas risquer d'en faire trop. Il ne voulait pas qu'on lui donne cet espoir pour le lui reprendre.
Alors il prit son temps, respira, se décontracta, ferma les yeux. Et, tout à coup, sans réfléchir, plongea.
La sensation était euphorisante. Il avait beau être immergé, il se sentit respirer à nouveau, tandis que son kick l'envoyait au fond du bassin, et qu'il émergeait quelques mètres plus loin.
Il hésita à accélérer, les réflexes étant gravés dans ses muscles. Mais il se retint, car il ne pouvait pas se le permettre, peu importe combien c'était tentant de ne serait-ce qu'essayer, pour voir. Il tourna, se propulsa d'un mouvement souple vers l'avant, et continua son crawl. Il se persuada qu'il ne ferait pas de papillon. Pas aujourd'hui.
Il crevait d'envie de rejoindre le club à côté, suivre leurs exercices, mais se cantonnait à nager, tout simplement, pour littéralement se remettre dans le bain. Mais la frustration restait grande. Au fond de lui, malgré son bonheur, il s'en était douté.
Alors il finit par s'extirper de l'eau, et attrapa rapidement sa serviette pour s'en aller. Dans les vestiaires, il s'assit, et fixa le plafond. Il toucha instinctivement son épaule. Mais un regard vert lui vint en tête, et il se dit qu'il ne pouvait pas le décevoir.
Il devait faire attention. Cesser de céder à ses envies égoïstes. Il n'était pas seul dans cette histoire, il ne l'avait jamais été. Rin comptait sur lui, ses parents, Makoto aussi. Il l'avait soutenu, il avait été présent, et il avait des souvenirs de la veille, où il lui avait glissé ces pensées.
Il avait un peu honte, mais ne regrettait pas. Il espérait qu'il comprenait à quel point il lui était reconnaissant. Il espérait qu'il savait qu'il était un mec extra.
Sousuke sortit son portable sans réfléchir. Seulement, il savait que le châtain était avec Nanase. L'hésitation le recouvra. Il n'était pas son meilleur ami. Et puis il aurait dû vouloir le dire en premier à Rin.
Il lui envoya quand même un message. Son visage s'éclaira quand il reçut immédiatement une réponse enthousiaste. Le cœur léger, ils discutèrent tout le reste de la soirée.
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Il avait dit au revoir à ses parents sur le pas de sa porte, ceux-ci le serrant encore une fois dans leurs bras, murmurant qu'ils étaient fiers de lui. Il les avait ensuite regardés disparaître dans l'ascenseur, et avait apprécié d'entendre résonner le rire épanoui de sa mère tandis que son père lui glissait probablement une de ses énièmes blagues de mauvais goût.
C'est donc avec le cœur et le ventre léger qu'il referma la porte, pour ensuite laisser planer son regard sur les pièces devant lui. Il était fatigué, mais pas physiquement. Mentalement, il avait l'impression d'avoir fait des kilomètres. Il avait pourtant juste nagé, mais voir le monde dans les gradins, et à la sortie, l'avait un peu secoué. Il ne s'y attendait pas.
Haruka avait les jambes qui tremblaient un peu en y repensant. Il se rendit donc dans sa chambre, et s'allongea sur son lit, regardant le plafond. Après quelques minutes de silence, il sortit son portable. L'heure qu'il attendait, celle à laquelle il avait pensé toute la journée, arrivait. Il était 19h59.
Le téléphone ne tarda pas à vibrer, et il décrocha sans attendre une seconde.
Un silence plana des deux côtés. Un silence soulagé. Un silence agréable. Haru l'apprécia. Le calme avant la tempête, avait-il pensé? Pourtant, si Rin n'avait pas commencé à crier, c'était qu'il n'était peut-être pas tellement en colère. Il eut la confirmation en entendant la voix moqueuse :
« On en a eu marre de faire comme si j'appelais pas? »
De nombreux poids semblèrent s'échapper de la poitrine du brun.
« Je n'avais pas vu.
– Mmh...
– J'avais éteins skype. Tu sais pourquoi. »
Un soupir atteint ses oreilles, et il frissonna en se disant qu'il venait de détruire l'instant.
« Tu m'en veux encore alors...
– Non, dit-il immédiatement, voulant rattraper ses mots. ...ou peut-être que si. »
Il chercha ses mots, parce qu'il souhaitait arranger les choses, mais surtout être sincère. Alors il murmura :
« C'est simplement que je ne comprends pas. Je ne suis pas bavard, mais si tu n'as pas confiance en moi- »
La voix de son ami surgit brusquement, ayant monté dans la sonorité et dans la vitesse de prononciation :
« Ah, non, non, arrête ton char là; parce que c'est clair que c'est pas ça le problème, Haru. » Il serra les poings, et un grognement atteint ses oreilles. « Y a aucune autre raison que la flippe derrière mon silence, te fais pas de films. »
Les sourcils du brun s'arquèrent doucement. Il chercha à comprendre, et ses mains ne firent que se fermer plus, les sensations de l'après-midi revenant alors par vagues sur sa peau à vif, comme pour l'apaiser.
« Peur de quoi?
– De ce que tu pourrais dire, vint rapidement la réponse. De n'importe quoi.
– Mais pourquoi? »
Haru voulait saisir, bien qu'il ne soit pas certain d'être capable d'y arriver un jour. Ils étaient juste tellement différents, cela aurait été tellement difficile de ne serait-ce que tenter imaginer être à sa place. Mais il n'y pouvait rien. La réponse qu'il reçut fut presque inaudible :
« Parce que c'est toi, je sais jamais comment tu vas réagir. Si tu vas juste te taire, ou quoi. Ça me fait peur. »
La surprise le fit se redresser, tandis qu'il tentait, encore, de comprendre. Les mots, marmonnés, débordaient de sincérité, mais aussi d'une fragilité qu'il avait déjà effleurée du doigt et qui le terrifiait. Rin n'était pas le dur qu'il tentait de montrer. Et, au fond, peut-être que Haru aussi avait craint cela : que sa réaction de la dernière fois n'affecte plus qu'il ne le souhaitait son ami.
« Mais... qu'est-ce que ça changerait, ce que je dirais? »
Un rire lui répondit, et le ventre d'Haruka se serra. Parce que la réponse, quand il la prononça, sembla tellement évidente pour Rin, mais qu'elle le plongea dans une grande perplexité.
« Un paquet de choses. »
Haru ne put rien dire. Alors il ne répondit rien. Tout ce qu'il pouvait faire c'était de l'accepter, au final, bien que cela lui paraisse abstrait. Il réfléchit alors, car il savait que ce que Rin souhaitait, c'était retrouver leurs conversations naturelles d'avant. Il mit un moment à trouver quelque chose. Mais il sentait que c'était important qu'il la prononce, son excuse.
« Je suis désolé. Je me suis emporté, l'autre jour. »
Il entendit l'autre déglutir à l'autre bout du fil. Puis un simple rire un peu tremblant lui répondit.
« Pas de mal. Moi aussi j'ai été stupide.
– Hm. »
Le silence remplit à nouveau la conversation. Et lorsqu'il entendit Rin prendre une inspiration, il parla rapidement :
« Je suis arrivé premier. »
Il pouvait parfaitement imaginer le regard incrédule que devait avoir son ami à cet instant. Il espérait qu'il était heureux de l'entendre faire des efforts, parce qu'il voulait que Rin ait la preuve que lui aussi tenait à leur amitié. Et en effet, il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour se remettre, bien plus enjoué qu'avant, presque soulagé :
« Quelle surprise, railla-t-il. Ça m'a fait chier, en tout cas, que ce soit pas filmé à la télé, j'aurais bien regardé.
– Je te passerai les enregistrements de mon coach.
– Merci, cool. Faudra que tu m'envoies une photo de ta médaille, aussi. Je veux voir ça! »
Haru acquiesça lentement. Puis, comme poussé par une force invisible, il recommença à parler, et cela sembla soudain tellement naturel :
« Quel effet ça t'a fait, toi, de voir des journalistes? »
Des centaines de milliers de kilomètres plus loin, Rin Matsuoka sourit comme rarement.
A suivre...
On arrive au milieu de cette première partie, qui pourrait presque la couper elle aussi en deux car elles ont chacune leurs thèmes assez propres, ou en tout cas sont séparées par un événement particulier. Ce n'est évidemment pas aussi fort et visible que celui qui donnera raison à l'existence d'une partie 1 et 2; mais malgré tout, c'est déjà un peu discernable je pense. En tout cas, ce chapitre-ci signe une avancée à la fois pour Makoto et Sousuke; mais aussi Rin et Haru.
Au passage, le prochain chapitre signe la première arrivée de certains OC's. Je vous rassure, ils sont très secondaires, y aura pas de "rival" ou "stalker" ou truc du genre (eh j'aime plus mes persos que ça quand même); et le premier est déjà légèrement présent dans ce chap. En tout cas, la semaine prochaine, je posterai le chap 11, mais aussi un fanart le représentant sur mon DA, je vous le rappellerai :D
See you et merci pour les retours!
