Chapitre 11 : La Déesse et la Vouivre
!Warning Lemon ! Valentine se confie à Sylphide, Rhadamanthe est assaillit par l'incertitude et Sion se retrouve enfin seul avec Dohko après 243 ans d'attente.
Je ne pensais pas finir ce chapitre en moins d'une semaine tant le placement des morceaux d'histoire semblaient incohérent, moyennant quoi je me suis retrouvée avec un bout du chapitre 12 sans avoir fini celui-ci -_-' En tout cas bonne lecture en espérant que ce chapitre vous plaise ;)
Rune grattait son papier plus vite que jamais. Après qu'il soit retourné au Tribunal il s'était assis pour reprendre son travail sans répondre aux questions des Spectres inquiets qui ignoraient toujours ce qui était arrivé au Seigneur Minos. Il avait seulement daigné dire "Le Seigneur Minos dort à présent." sans lever une seconde le nez de ses papiers. Il semblait terriblement contrarié et aucun des Spectre n'avait envie de tâter de son fouet qu'il serrait si fort dans son poing que ses articulations en étaient blanchies. Cheshire s'était même mit sérieusement au travail, s'efforçant de se rappeler l'emplacement de ses fichus papiers qu'il trimbalait à longueur de journée.
Sylphide rejoignit également le groupe. Shiryu lui fit signe. Pandore buvait tranquillement son thé à ses côtés l'interrogeant régulièrement sur le Chevalier du Phénix sur divers détails que le Dragon ignorait la plupart du temps, Ikki étant très secret. Le Basilic se rapprocha du Chevalier, la mine sombre. Le Chinois se risqua à lui demander si tout allait bien et le Spectre, se forçant à sourire répondit. "Ça ira, le Seigneur Minos a levé la main sur Valentine, mais il est soigné maintenant, il va mieux."
Puis le Basilic reprit une mine obscure e fixant le sol. Ce détail n'échappa ni à Pandore ni au Dragon qui savait que quelque chose dont l'origine lui échappait se tramait au palais d'Hadès. Il décida d'agir comme s'il n'avait rien remarqué reprenant sa discussion avec Pandore là où il l'avait laissée. Tant qu'il lui parlait elle ne risquait pas de filer à l'anglaise après tout.
Rhadamanthe se retrouvait seul dans la chambre d'Athéna et l'absence de Kanon ou des rires des Chevaliers pour le maintenir éveillé commençait à se faire sentir. Il regarda la Déesse qui respirait doucement sur son lit, il s'approcha et s'assit sur le matelas à ses côtés. Il avait envie de discuter et maintenant que Valentine était partit calmer Minos il était seul avec elle. Il soupira profondément, un peu blasé à l'idée de devoir discuter avec son ancienne ennemie (même s'il s'agit ici plutôt d'un soliloque), mais après tout elle restait la Déesse de Kanon. Le seul à l'avoir jamais vaincu avec tant de grandeur.
"Je sais que là où vous êtes vous ne m'entendez probablement pas, Déesse Athéna." commença-t-il. "Mais je tenais à partager avec vous ses démons qui me tourmentent puisqu'ils vous sont liés d'une certaine manière. Je voulais vous parler de Kanon des Gémeaux. Je suppose que nous sommes tous les deux morts suite à son intervention, et j'ignore s'il en est réellement la raison mais je fais des rêves étranges depuis. J'y vois une Vouivre rouge et un Dragon des mers bleu qui tournent ensembles dans une valse infinie. J'ai entendu dire qu'il avait été le Dragon des mers de Poséidon avant d'entrer à votre service alors j'ai pensé qu'il y était relié." la Wyverne marqua une pause et se tourna vers la Déesse de la Sagesse toujours inerte. Il hésita avant de continuer, mais il avait vraiment besoin de vider ce qu'il avait sur le cœur.
"Je n'arrive pas à expliquer ces nouvelles sensations en moi. Sa présence me déroute, son absence me désole et sa pensée m'obsède. Si vous êtes capable d'entendre ce que je vous dis maintenant alors vous savez que j'ai rejeté les sentiments d'un homme qui m'aime et aurait sût me rendre heureux. Mais seuls les sentiments de Kanon me préoccupent. J'aimerai qu'il s'intéresse à moi, qu'il me regarde, qu'il puisse comprendre ses émotions en moi. Mais j'ai peur de les nommer, de souffrir comme Valentine de la Harpie à souffert, Déesse Athéna, je crois que j'aime Kanon des Gémeaux."
Rhadamanthe s'arrêta de parler, réalisant soudain le poids de ses mots qu'ils n'avait jusqu'à présent jamais prononcé. Qu'il n'avait même pas osé penser tant ils semblaient terribles et blasphèmes. Il essaya de se convaincre qu'ils ne valaient rien, ces mots, il se le répéta même plusieurs fois mais son esprit ne pouvait s'en convaincre. Même pour mentir il n'avait jamais dit "Je t'aime." il glissa sa main dans ses cheveux, ils semblaient si rêches par rapport à ceux de Kanon, sa peau ressemblait à un papier de verre comparée à la douceur du Gémeau et son visage semblable à une gargouille face à la beauté solaire du Chevalier d'Athéna. Rhadamanthe comprit enfin l'horreur de ses mots. Combien le rejet lui serait insupportable, combien l'angoisse de l'attente le taraudait terriblement. Il saisit enfin la terreur de Valentine et les larmes de son fier bras droit. Cette blessure si douloureuse qu'il en avait perdu toute sa grandeur. Car si Rhadamanthe venait à connaître cette sensation la chute n'en serait que plus vertigineuse.
Il se replia en frémissant, soufflant bruyamment comme pour se rassurer. Kanon ne le rejetterai jamais, parce qu'il ne lui dirait jamais... non, c'était absurde, si Kanon faisait partie des armées d'Hadès il aurait pût agir de la sorte tout en veillant sur lui, ma sa mortalité était une funeste contrainte, il ne devait pas perdre de temps au contraire. Rester à ses côtés, tenter sa chance au moins. Le Juge n'aimait pas cette émotion, la panique. Si la peur est moteur sa sœur panique est irrationnelle et la Wyverne était désespérément rationnel. Maudits sentiments, damné cœur qui s'accélérait bêtement pour si peu...si peu... Kanon était loin d'être 'si peu' et toutes ses pensées contradictoires dans on propres esprit scandalisaient le Juge qui enfouit son visage entre ses bras comme un enfant. Il voulait retourner auprès du Gémeau sur la plage, trouver une nouvelle raison de le serrer dans ses bras pour lui glisser à l'oreille se qu'il ressentait.
Un cosmos doré l'enveloppa tendrement, réchauffant son cœur meurtri. Il se redressa se tournant vers la Déesse ensommeillé, elle était toujours inerte, mais son cosmos le rassurait d'une chaleur bienveillante. La Wyverne sourit doucement, s'il avait le soutien d'une Divinité s'était bien que ces sentiments n'étaient pas impies. Il inspira profondément et se leva prendre un livre sur une des étagères de la pièce. Il devait se changer les idées, se morfondre ne l'aiderai pas pour deux sous.
"Athéna, que fais-tu ?" s'enquit Hadès en notant que la Déesse avait suspendu sa recherche pour rester immobile le nez en l'air.
"Athéna ?"
"Désolée Hadès, mais je sens une âme tourmentée à proximité de mon corps alors je lui envoyait un peu de cosmos." Le Seigneur des Enfers soupira, évidemment elle avait raison d'agir ainsi car si l'âme tourmentée était celle de son gardien elle ne pourrait pas regagner son enveloppe charnelle. Il recommença à fouiller les environs, la laissant ainsi quelques instants avant de la rappeler définitivement à l'ordre.
Valentine localisa le cosmos de Sylphide et lui lança un appel télépathique. Est-ce que tu peux me rejoindre, s'il te plaît ? La Harpie attendit un moment avant de recevoir une réponse du Basilic J'arrive.
Valentine retomba sur le lit. Il se creusait les méninges à toute vitesse quitte à subir une surchauffe. Fallait-il le rejoindre alors qu'il souffrait encore de cette blessure au risque de faire souffrir le Basilic ? Ou lui demander de lui laisser le temps de mettre ses idées au clair quitte à le voir partir définitivement ?
Il ne savait pas. Et il espérait sincèrement que le voir lui donnerai la réponse qu'il espérait.
On frappa à la porte, la Harpie se redressa et partit ouvrir. Sylphide se tenait au seuil de ses appartements, le chypriote se décala pour le laisser entrer, son esprit s'embruma encore plus rapidement. Il avait espéré un signe, un regard qui l'aurait fait changer d'avis, mais le belge était resté impassible, attendant de lui de faire son propre choix. Valentine referma la porte, plus déstabilisé que jamais.
"Tu voulais me voir ? J'ai encore dût laisser Pandore seule avec le Chevalier du Dragon."
"Désolé, mais je voulais mettre à plat certaines choses." répondit la Harpie feignant d'avoir retrouvé son calme et sa prestance. L'espace d'une seconde il vit un éclat d'angoisse passer dans les yeux du belge et Valentine s'en trouva secoué. Doutant de nouveau, il s'approcha du Basilic silencieusement.
"Donne-moi ton verdict, qu'on en finisse." lâcha Sylphide au bord de la rupture.
"Je ne sais pas."
"Tu ne m'aime pas, n'est-ce pas ? Je le savais. J'étais idiot."
"Non, je ne veux pas que tu dise ça. J'ignore réellement ce que je ressens, tu es celui qui est le plus avertit de mes émotions et de mes sentiments, tu sais tout ce qu'il s'est passé depuis le départ. Tu es celui qui me connaît le mieux et qui saura, j'en suis sûr me rendre heureux. Mais tu dois aussi te douter que je suis encore... sous le choc. Je dois me remettre, tu souffrirai trop, tu ne supporterai pas, je le sens, de me voir encore blessé. Alors, même si c'est égoïste. Attends-moi s'il te plaît. Juste un peu, pas longtemps. Ne pars pas toi aussi, parce que je crois... que nous deux... c'est... possible..."
Le Basilic ne pouvait espérer de plus grand soulagement. Qu'est-ce que l'éternité pour lui un Spectre d'Hadès ? Il ouvrit ses bras à la Harpie, le chypriote hésita d'abord avant d'accepter de se lover contre lui. Le belge glissa de nouveau ses doigts dans ses cheveux et Valentine réalisa enfin combien ce geste avait été salvateur par le passé. Il sourit doucement contre son cou. Sans doute guérirai-t-il plus vite que prévu avec lui. Il laissa les doigts courir dans sa tignasse quelques instants, puis le mouvement s'immobilisa.
"Valentine ?"
"Hmm ?"
"Est-ce que... je peux déjà t'embrasser ?" demanda timidement le Basilic. La Harpie réfléchit quelques secondes, il avait envie que Sylphide caresse encore ses cheveux.
"D'accord, après nous rejoindrons les autres au Tribunal."
"Merci." souffla le belge qui redressa doucement son menton. Il effleura doucement ses lèvres des siennes, papillonnant doucement contre elles, Valentine se serra contre lui, soupirant de bien-être. Jamais il n'avait connu une telle douceur, il autorisa le Basilic à glisser un bras derrière ses hanches, à glissa langue dans sa bouche, à approfondir leur baiser. Le belge semblait vouloir à tout prix connaître cette bouche par cœur avant de la lâcher, ne jamais retourner au Tribunal, mais la Harpie commença à s'écarter lentement, encore intimidé par le contact. Le Basilic lâcha ses lèvres avec dépit, heureux d'avoir eût le privilège de se voir offrir ce baiser sans avoir à le voler. Valentine sourit doucement. Et ce sourire le rassurait, c'était un de ses sourires qui voulaient dire 'bientôt'. Le Basilic s'en réjouit bêtement, se serrant une dernière fois contre le chypriote avant de le laisser partir.
Sion remontait les marches des temples vers Star Hill, le Chevalier d'Or de la Balance le suivant de près. Lorsque Dohko avait voulut partir pour son temple le temps de se changer, Mû avait clairement fait comprendre à son maître qu'il vaudrait mieux qu'il parte aussi s'il comptait recommencer sa parade de jalousie. Le Pope s'était sentit offensé par l'attitude irrespectueuse de son élève tout en soupçonnant qu'au fond la manœuvre visait à lui laisser un peu d'espace à lui et Dohko.
"Tu comptes m'ignorer encore longtemps, Dohko ?" demanda-t-il au Septième Or qui était resté silencieux depuis sa discussion avec le Gémeau.
"J'ai promit à Kanon que je bouderai pour lui." répondit le Chinois de l'air le plus naturel du monde.
"Qu'est-ce que c'est encore cette histoire ?"
"Il est fâché que personne n'attende Saga avec lui, il se sent seul, mais je suis certain que tu l'a remarqué tout seul. Personne ne peu tromper le Bélier aguerri."
"Arrête d'inventer de faux proverbes, cela m'horripile."
"Je le sais."
Sion siffla, Dohko n'avait pas prévu d'abandonner l'a promesse faite à Kanon si facilement. Les deux hommes arrivaient au temple de la Balance, l'endroit était en état assez pitoyable dans l'ensemble et l'absence prolongée de son propriétaire y était pour quelque chose. Sion cala au milieu du temple et la Balance lui rentra dedans.
"Tu as oublié comment marcher ?" demanda le Chinois contrarié de s'être laissé surprendre.
"Dohko, tu te souviens ce que nous nous sommes dit avant que je ne retourne en cendres ?"
"Bien sûr, nous nous sommes promis de nous retrouver un jour, qu'importe l'époque et qu'importe le lieu. Comment pourrai-je oublier tes dernières paroles mon ami." répondit tranquillement le Balance.
"Est-ce que tu avais le moindre espoir quant à notre résurrection ?"
"Aucun. Je comptait plutôt laisser mon cheval noir me laisser choir dès que j'aurai rejoint le monde des âmes pour te retrouver sur Terre en sachant que tu aurais fait de même.*"
"Et...Est-ce que tu comptait en profiter pour reprendre là où nous en étions avant d'être séparé notre première guerre sainte ? Ou tout simplement recommencer à zéro ?" demanda le Pope, grave, tournant encore le dos à son ami.
"Regarde-moi, tu auras ta réponse."
Le Bélier tourna lentement les talons, avant de poser son regard vers celui qu'il attendait tant. Le chinois arborait un large sourire plein d'espérance et d'amour, envoyant un cosmos plein de promesses vers son camarade de toujours. Le Pope sourit à son tour, doucement bercé par la chaleur de cette énergie.
"Si je me souviens bien. Avant mon départ nous venions tout juste de nous embrasser pour la première fois."
Sion sourit, avançant sa main pour caresser la crinière hirsute de son tigre de compagnie. "C'est étrange, je ne m'en souviens pas, pourrais-tu me rafraîchir la mémoire ?"
La Balance tendit les bras vers le Pope qui approcha doucement son visage du sien. Leurs lèvres s'effleurèrent à peine, mais ce contact si léger suffisait à embrasser leurs deux cœurs solitaires depuis trop longtemps. Il ne cherchèrent même pas à approfondir le baiser, la caresse était bien assez douce pour eux deux. Dohko prit doucement la main de celui qu'il avait attendu avec tant de ferveur pour l'attirer dans la chambre. Sion se laissa guider, hypnotisé par la démarche souple de la Balance. Ils entrèrent sans un bruit, le chinois referma la porte derrière lui. Ils avancèrent tous les deux vers le lit, leurs doigts encore enlacés. Dohko avança de nouveau son visage de celui de l'atlante qui avança son visage pour compléter l'approche de son âme sœur si longtemps attendue.
Cette fois les bras du chinois trouvèrent leur place autour de la nuque de son amour qui le poussa en arrière, l'accompagnant dans la chute. En tombant sur le matelas un nuage de poussière se souleva faisant éternuer les deux serviteurs d'Athéna qui éclatèrent de rire l'un sur l'autre.
"C'est une catastrophe ce temple !" s'esclaffa Sion.
"Je te parie que le Star Hill n'est pas en meilleur état !"
"Parle pour toi !" s'exclama le Bélier en reprenant possession des lèvres de sa Balance. Le chinois joua lécha ses lèvres et le Bélier ouvrit la bouche, la langue du tigre joua avec sa jumelle dans une danse endiablée, prenant clairement l'ascendant sur l'autre partie. Il n'eut aucun mal à le retourner sur le lit, il révoqua son armure trop lourde pour enfin pouvoir toucher directement son amant.
Ses mains si douces qui se glissaient sous sa chemise et ses lèvres sucrées qui goûtaient les siennes avec de petits claquements l'enivrait avec une puissance sans égale sinon celle de tous les Dieux de l'Olympe réunis. Sion se débarrassa de sa tunique longue devenue bien trop encombrante. Il n'avait plus que son pantalon sur lui. Et le chinois se dévêtit avec son habileté habituelle pour retourner se coller contre la peau attractive. Il avait tant patienté, enfin il était récompensé de son attente. Leurs paumes glissaient contre le corps de l'autre désireux d'en connaître chaque parcelle sur le bout des doigts. Dohko laissa doucement le pantalon du Bélier glisser le long de ses cuisses. Le Pope imita son amant en le délivrant du tissu inutile. Qui pouvait bien être l'imbécile qui avait inventé les habits ?
Rapidement sous la danse effrénée de leurs mains ils se retrouvèrent rapidement débarrassés de leurs barrières. Les deux peaux fondues l'une sur l'autre, Dohko peignait les cheveux verts de l'atlante pendant qu'il s'occupait de redessiner les monts et vaux formés par ses muscles saillants. Étreints de désir teinté d'impatience les lèvres des deux hommes se lâchèrent et ils s'échangèrent un regard langoureux.
"Je crois que même si Hadès ne nous avait pas ressuscités je serai revenu tout de même pour te retrouver."
"J'en suis certain Sion, deux cent quarante-trois ans c'est beaucoup trop pour le vieillard que je suis."
"Idiot ! Le vieux s'est moi, toi tu as reçu le Misopéthamenos !"
"Je crois que ce n'est plus le cas." répondit la Balance en prenant la main du Bélier pour la poser contre sa poitrine. Le cœur battait à toute vitesse sous sa paume. Le Pope se redressa, fixant le poitrail si beau du chinois. Il se pencha encore pour embrasser tendrement la peau entre ses doigts.
"Je n'aurai plus supporté de vivre plus longtemps que toi Sion. C'est le deuxième cadeau que me fait Athéna."
"Nous la prierons tout à l'heure." répondit le Bélier en se serrant contre le torse puissant. Dohko le rallongea, reprenant brièvement possession de ses lèvres. "Nous avons tous deux d'autres idées en tête n'est-ce pas ?"
"Dohko, il est blasphème de mêler ses deux pensées."
"Alors ne réfléchissons plus."
"Idiot."
Leurs lèvres se fondirent de nouveau, Dohko caressa doucement les cuisses de Sion, les remontant lentement contre ses hanches. Le Bélier le laissa faire, complètement détendu par le baiser de la Balance. Il se sentait bien ainsi. Le corps chaud de Dohko lové contre le sien, sa taille prisonnière entre ses jambes, ses mains habiles qui avaient tant rêvé de ce parcours caressant ses cheveux et sa nuque, sa langue entreprenante qui jouait avec ses lèvres désireuses. Tout semblait parfait, le chinois rompit le baiser, laissant sa bouche pour embrasser sa joue et l'arrière de son menton, glissant le long de son cou jusqu'à sa clavicule.
"Veux-tu que je prenne mon temps ?" demanda la Balance en laissant sa main errer sous la croupe du Bélier.
"Par tout les Dieux, non ! J'en ai assez d'attendre !"
"C'est bien ce que je pensais." ronronna la panthère tigrée en rongeant l'os saillant au-dessus de sa poitrine. Il se rajusta et avançant ses hanches, Sion sentit la chair brûlante et dure entre ses fesses, Dohko allait lentement pour lui laisser le temps de renoncer mais l'atlante lui fit comprendre ce qu'il en pensait avec un baiser enflammé.
Le chinois sourit contre ses lèvres, appuyé sur ses coudes il pénétra lentement la chair offerte avec un grondement rauque. Sion se serra contre lui expirant au maximum pour facilité l'entrée du corps étranger. La Balance continua son avancée avec lenteur embrassant son amour éternel par petites salves. Sion glissa son bras derrière la taille du tigre en la poussant vers la sienne pour qu'il aille plus vite. Dohko obéit, se redressant sur ses mains il avança jusqu'à être entièrement soudé au Bélier qui échappa un son sourd quand les deux corps s'entrechoquèrent. Il reprit rapidement son souffle, trop athlétique pour que leur corps-à-corps soit source d'épuisement.
Il planta ses ongles dans la hanche de la Balance et remonta ses griffes tout le long de ses côtes arrachant un grognement félin à son partenaire qui reprit l'assaut. Le tigre planta ses crocs dans l'épaule de l'ovin, son instinct reprenant déjà le dessus avec la douleur de la griffure. Sion gémit, Dohko s'activait déjà sur lui, mais se retenait toujours de peur de le blesser. Il caressa l'épaule puissante effleurant ses omoplates du bout des doigts avant de griffer de nouveau la peau exposé, il sentit le cosmos de son amant augmenter, la puissance de ses reins augmenta et sur son dos commençait à se dessiner les rayures de la panthère assassine. Sion ne criait pas encore, trop habitué à la douleur il sentait à peine celle que provoquait les attaques, ne ressentant que le plaisir qui s'en dégageait. Les canines acérées percèrent la peau pâle, un fin fil de sang coula sur les draps. Dohko sentit le goût salé et s'écarta de la blessure, un peu de rouge encore présent sur ses lèvres.
Sion semblait transporté par leur étreinte, gémissant à chaque choc, mais la Balance jugea que ce n'était pas suffisant pour cette première fois. Il saisit ses cuisses entre ses mains et plia le Bélier en deux, plongeant à la verticale à chaque aller. Frappant sa prostate à chaque coup. L'atlante ne tint plus, glapissant sous les reins du chinois. L'appelant de toutes ses forces, au diable que tout le Sanctuaire puisse les entendre, au diable la retenue et la pudeur. Il avait trop attendu pour ce soucier de ses détails. Le souffle brûlant de Dohko venait s'écraser contre ses joues, il tendit le visage vers lui, bloqué par sa position il poussa un gémissement de dépit. Le tigre reprit possession de ses lèvres. Combien le baiser était délicieux. La Balance glissa sa main entre les cuisses du Pope pour s'emparer de sa virilité, le simple fait de sentir la paume se refermer sur lui fit crier le Bélier, le chinois sourit, déterminer à taquiner un peu plus sa proie.
Synchronisant ses hanches et sa main il poussa l'ovin à bout, le forçant à crier jusqu'à ce que sa voix s'enraille et qu'il ne puisse plus que gémir sourdement. Ils étaient tous deux à bouts, leurs cosmos enflant en harmonie, le tatouage de Dohko maintenant totalement dessiné était zébré par les marques d'ongles de l'atlante. Leurs souffles courts raisonnaient même hors de la chambre pour s'écraser contre les colonnes. Le Bélier referma ses bras sur la nuque de sa panthère, les limites entre les Hommes et les Dieux semblaient à deux doigts de s'écrouler sous les reins bouillants. Il se sentait à deux doigts d'atteindre cette limite, d'enfin la faire voler en éclats mais son corps ne tint pas le coup suivant et le Bélier jouit dans un ultime cri de plaisir. Le tigre le suivant au coup suivant.
Les deux Chevaliers d'Athéna s'effondrèrent ensemble sur le matelas, exténué, reprenant difficilement leur souffle, la voix enrouée et les muscles douloureux de plaisir. Ils restèrent côte à côte à fixer le plafond de longues secondes avant que Dohko ne rompe le silence.
"Je crois que je ne vais pas pouvoir tenir ma promesse à Kanon."
"Tu me rappelle de quelle promesse tu parles ?" haleta le Bélier à la voix cassée.
"Bouder, ça va être compliqué de bouder dans de telles circonstances." Le Bélier éclata de rire, se tournant vers la Balance il le serra dans ses bras.
"Si tu arrive à bouder maintenant c'est moi que tu va fâcher." dit-il entre deux hoquets. Ils se regardèrent longuement, les yeux perdus dans le regard de l'autre. Il s'endormirent ensemble, confortablement lové dans la chaleur rassurante qu'apportait les bras de l'aimé.
*(Platon a décrit le Monde des Âmes comme l'endroit où des âmes sans corps attelées à un char tiré par un Cheval Noir et un Cheval Blanc tentaient de se rapprocher du Vrai. le Cheval Blanc et sage et ne dévie jamais de la route mais le Noir lui est désobéissant et si son cocher manque de vigilance il prends le contrôle des rênes et envoie le char et son propriétaire choir et l'âme retombe sur Terre où elle est affublée d'un corps éprouvant des Désirs qui l'éloignent du Vrai.)
Voilà pour le chapitre 11 en espérant qu'il vous ai plût ;)
Je continuerai l'écriture avec ferveur pour vous ravir je l'espère ^^ Comme toujours vos commentaires et idées sont les bien venues, c'est grâce à vous tous si l'histoire est si riche et que je peux garder le rythme, merci à tous !
