Bien bien bien, voici LE chapitre que vous attendiez tous et toutes, celui de l'explication ! :) Autant dans "P&P" (j'emprunte ce raccourci d'une revieweuse chère à mon cœur :D), Darcy écrit une lettre, autant ici, Lizzie va l'apprendre de façon très détournée.
J'espère que le rythme du chapitre va vous plaire, j'y ai pensé comme un film.
Désolée si je n'ai pas répondu aux reviews personnellement, j'ai eu une semaine d'intégration très chargée, d'ailleurs je recommence la semaine prochaine (oh, joie ...). Heureusement que j'ai 3 chapitres d'avance ! D'ailleurs, je suis en train d'écrire le dernier (ou l'avant dernier, ça dépendra de mon inspiration du moment).
Bonne lecture à vous tous ! :)
FireRox
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Chapitre Onze : Merveilleux chocolaté au cœur de miel.
Le lendemain matin, Marianne Dashwood est au courant de mon rapprochement avec Willoughby. Donc, par voie de conséquence, toute l'école l'est aussi. Règle numéro un : ne jamais confier un secret à Marianne. Même si cette étourderie de ma part n'est qu'une phase de mon plan diabolique, je dois dire que je me serais bien passée de la vague de rumeurs qui s'ensuit.
- Lizzie ?
- Ouiiiii, Marianne ? Répondis-je sur un ton affecté plein d'hypocrisie.
« Lizzie, c'est réservé aux amis. Appelle moi encore une fois ainsi, et je te jette en pâture aux loup-garous de la forêt interdite. »
Je tourne tout de même la tête en direction de cette voix insupportable.
- C'est du sérieux, avec Willoughby ?
Je soupire discrètement. Trentième fois aujourd'hui qu'elle me pose cette question. Et encore, il n'est que onze heure du matin ! La journée risque d'être longue. Très longue.
Tel un robot, je répète ma phrase-réponse automatique.
- Je ne sais pas encore, je dois y réfléchir. Mais ça me plairait beaucoup.
A ces mots, comme à chaque fois, son visage s'illumine de bonheur. Vraiment, il y a des gens qui sont heureux pour rien. A ce niveau là, ce n'est plus de l'altruisme, c'est de l'idiotie.
- Tu est au courant, pour lui et Darcy ?
Enfin ! Depuis le temps que j'attendais qu'elle me tende une perche de ce genre ! Phase numéro deux enclenchée ! Je prends un air niais et intéressé. Très difficile de garder mon sérieux dans cette situation.
- Non, pourquoi, il s'est passé quelque chose ?
Marianne prends aussitôt une pose mystérieuse.
- Je ne sais pas si je devrais te le dire, mais …
Elle papillonne des yeux, certainement pour accentuer le 'suspense' de sa révélation pharaonienne. Je me retiens de ne pas lui enfoncer ma baguette dans l'œil. Ça ne serait pas bon pour nos relations futures. Elle garde le silence, attendant quelque chose de ma part. Ah oui, je sais. Une supplication.
- Oh, s'il te plaît ! Je ne le répéterai pas !
Je déteste prendre cette voix de gamine débile, mais pour communiquer avec Marianne, c'est hélas le seul moyen.
- Bon, je te fais confiance !
« C'est cela, oui. Compte là dessus. Mais dépêche-toi, bon sang ! J'ai pas toute ma journée ! »
- Alors, en fait …
Je m'efforce de ne pas perdre une miette de ce que cette commère me raconte. Et au vu de l'histoire, la suite des évènements risque d'être croustillante …
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- Lizzie !
Je soupire de désespoir. Ce Collins commence à me rendre folle. Il me suit absolument partout. Encore un appel et je jure de le transformer en quelque chose de non-humain. Que quelqu'un me sauve, par pitié ! Ah, voilà que j'aperçois mes chevaliers servants. Parfait.
- Potter ! Black !
Je plante Collins sur place pour me précipiter sur les deux agités du bocal. Qui abordent un air plus que coupable. Hum hum.
- Je peux savoir ce que vous étiez en train de faire ?
- Rien, me répond avec aplomb James Potter.
Je les regarde attentivement. Les deux ont les mains derrière le dos et une expression anxieuse sur le visage.
- Voyons voir … Contrairement à ce que vous pouvez croire, je ne vous déteste pas. Non, ce que je déteste, c'est enlever des points à ma propre maison à cause de vous. Donc, si vous ne voulez pas que je m'énerve sur vos personnes au milieu de ce couloir, dites moi ce que vous comptiez faire de si amusant.
Ils se dévisagent chacun leur tour, semblent s'entendre sur un point qui m'échappe, et finalement le jeune Black prend la parole.
- On suivait un de nos amis.
- Suivre ? Demandai-je, interloquée.
- Il est malade, et MacGonagall est venu le chercher tout à l'heure.
Effectivement, ce couloir permettait de rejoindre l'infirmerie. Si c'est une excuse inventée de toute pièce, elle n'est pas mal trouvée. Rien que pour ça, je ne les punirai pas. Intelligents, ces gosses.
- Qui est malade ? Un Griffondor ?
- Remus Lupin. Il est en Première Année, comme nous.
Ah oui, ce Remus. J'avais remarqué qu'il traînait de plus en plus souvent avec ces deux là.
- D'accord, d'accord. Tout ce que je vous demande, c'est de rentrer avant le couvre-feu.
Potter lance un regard de connivence à Black. Je n'aime pas ça du tout. Ça précède toujours les ennuis.
- Ou alors de ne pas vous faire prendre, soupirai-je, vaincue.
Ces deux monstres ne se laisseraient pas avoir par l'autorité, malheureusement pour moi. Ils me lancent un énorme sourire.
- Aucun soucis. Nous serons invisibles !
Sur ce, ils détalent en éclatant de rire, me laissant abasourdie devant leur joie. J'ai manqué la blague du siècle ?
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- Bon allez, raconte, lance Charlotte une fois les chocolats chauds apportés par Dumpty.
Fidèles à notre habitude, nous nous somme réunies dans la salle commune, bien avant que les autres élèves ne se lèvent.
- Huuum, je ne sais pas … J'ai promis de ne pas le répéter, tu sais !
Je reçois un coussin dans la figure, comme de droit suite à cette phrase prononcée d'un ton satisfait. J'éclate de rire en voyant la mine indignée de ma meilleure amie.
- C'est un ordre, très chère ! Dit-elle en continuant à me lancer divers coussins traînant sur les fauteuils.
- D'accord, d'accord ! Je me rends !
Une fois l'attaque stoppée, je commence à lui répéter le récit de cette chère Marianne.
- Le père de Darcy a en effet mis en faillite les entreprises du père de Willoughby, il y a cinq ans. A grand coup de machins choses boursiers, trop compliqués pour nous, mais apparemment très efficaces. En à peine six mois, la boîte a coulé.
- Mais pourquoi ?
- D'après la mère de Marianne …
- La capacité à colporter les rumeurs est un trait de famille, à ce que je vois, m'interrompt Charlotte.
- Apparemment. Donc, d'après la rumeur, le père de Willoughby aurait séduit la femme de Darcy père, et serait parti avec elle quelques temps à l'étranger. La mère de Darcy, Mary, possédait la majorité des parts de l'entreprise. Durant son absence, Darcy senior devait faire face aux revendications des employés sans moyen de faire bouger les choses, vu qu'il ne pouvait signer d'accord sans l'aval de sa femme. Et accessoirement, s'occuper de son fils unique, seul.
- Quel enfoiré, ce Willoughby ! Continue, je suppose qu'il y a une suite.
- En effet. Willoughby senior est revenu de l'étranger, seul. Parce qu'il avait abandonné la mère de Darcy dans un hôpital, mais personne ne connaît la véritable raison. Toujours est-il que cette femme était enceinte de quelque mois, et que l'enfant a été perdu. Depuis ce temps, elle est plongée dans un coma profond à Ste Mangouste.
- Alors le père de Darcy s'est vengé comme il a pu. En détruisant les finances de Willoughby senior. Pas très fin comme stratégie.
- Surtout que les Darcy ont eu une mauvaise surprise. Mme Darcy, majoritaire, avait cédé ses actions à son amant. Ce qui fait que les Willoughby sont à présent les dirigeants de l'entreprise familiale des Darcy !
- Attends, tu veux dire que …
- Que toute cette histoire n'était qu'un prétexte pour détruire la Darcy Compagny ! Imagine, cela fait à présent cinq ans que le père de Darcy se bat pour retrouver ses droits ! Mais il ne peut ébruiter l'affaire, car la disgrâce tomberait sur leur famille. Tu connais les Sang-Purs et leur orgueil familial.
Charlotte reste songeuse quelques instants.
- Je ne comprends pas. Pourtant Darcy et Willoughby ne sont pas ouvertement ennemis à Poudlard. Je dirai même qu'il s'entendent plutôt bien.
- C'est là qu'intervient un point crucial. La mère de Marianne le tient d'une amie intime des Darcy. Il y a trois ans, le testament de Mme Darcy a été ouvert, les médecins ayant déclaré que son état ne s'améliorerait pas.
Charlotte se penche en avant, attentive.
- Et que contenait-il ?
- Si jamais Mme Darcy venait à mourir, toutes l'entreprise, y compris les parts du père de Darcy, seraient léguées à son fils. Mais à une condition.
Je fais une pause, attendant la réaction de Charlotte, qui ne tarde pas à venir.
- Mais laquelle ?
- Que son fils soit marié.
Pour le coup, cela coupe le souffle de Charlotte.
- Mais alors …
- Alors Darcy doit être marié avant que sa mère s'éteigne, sinon son héritage disparaîtra en fumée. Au profit de Willoughby, père et fils.
Charlotte laisse passer un sifflement appréciateur.
- Magnifiquement bien joué de la part de Willoughby senior. Mme Darcy lui dévoile son testament, et hop ! Un petit accident !
- Mais le sort tourne mal, et elle reste seulement dans le coma.
- Il savait que l'histoire ne serait pas dévoilée, par soucis de réputation des vieilles familles, ajouta Charlotte.
- Un véritable complot. Il n'avait même pas besoin de se défendre face aux attaques boursières de M. Darcy, puisqu'il savait qu'il récupérerait la mise rapidement.
- C'est absolument horrible … murmura Charlotte, effarée.
- Si tu avais entendu le ton sur lequel l'a raconté Marianne, ça avait l'air au contraire très joyeux. La meilleure histoire de l'année.
Un silence plana quelques instants sur la salle commune, suite à ces révélations. Charlotte le brisa, d'un ton incrédule.
- Mais attends voir …
- T'as tout compris. Willoughby n'est certainement pas intéressé par ma personne.
- Il veut juste contrer Darcy dans ses projets ! S'exclama-t-elle, furieuse.
- Et apparemment, ça ne serait pas la première fois, toujours d'après Marianne. Depuis cinq ans, on a souvent vu la même fille au bras de Willoughby quelques semaines après Darcy.
Charlotte me dévisage à nouveau, blême.
- Qu'est-ce que tu comptes faire ? Je veux dire, ce que Willoughby t'as demandé.
- Sincèrement ? J'hésite entre accepter et m'embarquer dans une immense machination diabolique, ou tout simplement refuser et dévoiler l'histoire au grand jour. Tout le monde déteste Darcy, tout le monde aime Willoughby. Ça me rappelle ce roman tordu. Tout ça pour sauver les apparences. Je déteste le monde des riches, soupirai-je, désespérée.
- Tu veux un conseil ?
- Ce ne serait pas de refus, merci.
- Épouse Darcy, tue Willoughby et deviens riche à en crever. Logique implacable.
Nous éclatons de rire en même temps. Quelle merveilleuse idée !
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Bien entendu, j'ai trouvé une façon bien plus agréable de se venger de "W". ça va faire des étincelles à Poudlard, je vous le dis ! :)
A bientôt, et merci d'avoir lu !
FireRox
