Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.

Correctrice : Fantomette34


RàR : Christine, Poppy la guêpe sera très utile à nos amis

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N d'A : Je fais une pause pendant les fêtes, rendez-vous le jeudi 3 janvier pour la suite.

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Dans ce chapitre, Asclépios se révèle retors, et Alistair se prend pour Zorba le Grec.

Bonne lecture !


Les Sorciers et la guerre de Troie - Le sang en nos veines -Part 2

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Si Alistair était satisfait de lui et de la tournure des événements, ce n'était pas le cas de Severus, bien qu'il fît bonne figure auprès de ses - Merlin, il ne savait même pas comment les nommer ! - grands frères, oncles lointains ou ancêtres perdus dans les brumes du passé. Ne voulant pas les stresser plus qu'ils ne l'étaient, il avait fait taire l'orage qui couvait dans ses yeux. Il n'était pas en colère contre eux, après tout. Le Sorcier en voulait au Destin, aux Dieux Majeurs, qui pour une fois n'y étaient pour rien et surtout... surtout à Asclépios, qui lui avait caché le fait que ses fils guerroyaient eux aussi sous les remparts de Troie.

Si je lui mets la main dessus...

Son souhait fut exaucé à la seconde où Podalire souleva la peau de bœuf qui masquait l'entrée de leur tente.

"Par... par la lyre d'Apollon ! balbutia celui-ci en changeant de couleur.

- Qu'y a-t-il ? demanda Machaon.

- Hadès a ouvert les portes de l'au-delà."

Inquiet, le chirurgien poussa son frère de côté pour voir la raison d'une affirmation si terrible et blanchit tout autant.

"Père..."

Le Dieu de la Guérison était assis au fond, tout près du brasero qui éclairait la scène d'une lueur sourde qui ajoutait à l'ambiance funèbre.

Et Severus était bien près d'en rajouter une couche.

"Asseyez-vous, fit l'Immortel, j'ai à vous parler."

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L'explication se fit dans un silence ébahi pour les uns, glacial pour un certain Potionniste et un tantinet blasé pour Nemo qui en avait vu d'autres. A la fin, les deux médecins étaient encore perturbés, mais plus par la Transformation de leur père en Divinité que par la mission extraordinaire que les Parques avaient confiée aux Voyageurs du Temps. Leur famille avait beau descendre de Zeus en personne, ils ne s'y attendaient pas.

Severus mit à profit ce flottement pour les observer de près : Machaon, l'aîné, avait le regard sûr de celui qui décide vite, reflet sans doute de sa double qualité de chirurgien et de guerrier. Podalire... bien qu'également versé dans l'art de la guerre, mettait dans tous ses mouvements une douceur inattendue et prenait sans en avoir l'air le temps d'analyser le langage corporel des gens. Le Sorcier appréciait cette dernière faculté. Les Grecs disaient : "Connais-toi toi-même !", lui ajoutait "Et les autres autant que toi." Il aimait cette parenté d'esprit.

"Pas seulement d'esprit.

- Pardon ?

- Le lien de parenté, Severus, précisa Asclépios, tu es de la lignée de Podalire. Ce n'est guère étonnant, compte tenu de vos capacités."

Les obsidiennes du Maître des Potions effleurèrent le bleu porcelaine des yeux de son ancêtre. L'homme avait une qualité rare : il alliait force tranquille et gentillesse. Quand il comprit cela, Severus eut comme un vertige. Ces qualités n'étaient guère prisées dans la désespérance de Cokeworth, sa ville natale, ce chaudron du Diable où les gamins rejouaient la brutalité qu'ils subissaient de leurs parents. S'il avait pu, comme le Médecin, grandir dans un lieu paisible et au milieu d'une famille aimante, peut-être... peut-être qu'il aurait pu devenir lui aussi quelqu'un de serein, au lieu de tomber dans la fatalité de sa naissance.

Ayant baissé le regard, Severus sursauta quand Podalire vint à lui, les mains tendues.

"Bienvenue, au nom de Zeus Xenios, Maître de l'Hospitalité... bienvenue dans ta famille !"

Nul besoin de Légilimencie pour savoir qu'il le pensait vraiment. Et nul besoin de le voir pour deviner le sourire en coin d'Asclépios qui avait, par petites touches, désamorcé la colère du Sorcier, avec un talent digne de Salazar Serpentard en personne.

On ne pouvait rivaliser avec trois mille ans d'expérience.

L'enfoiré !

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Dans ses quartiers Achille avait retrouvé conscience rapidement, mais avec le moral dans l'équivalent antique des chaussettes. Alistair, se sentant coupable, était resté près de lui et, ne sachant que faire, pour trouver une idée fouinait dans les possessions du guerrier.

C'est ainsi qu'il tomba sur une jarre qui lui arrivait à la taille et d'où s'échappaient des arômes alléchants.

"C'est du vin qui vient de l'île de Samos, répondit Achille à la question muette du Minotaure, son goût est agréable, il n'est point trop faussé par les aromates que l'on y met.

- Ah oui, vraiment ?!" fit un Alistair cachant très mal son intérêt.

L'homme lui désigna des coupes à anses et une pichet qui servait de mesure.

Aaah ça, ça va changer les idées de Chichille ! pensa l'Homme-Taureau, et je tiendrais compagnie au breuvage... pardon, je lui tiendrais compagnie.

Il servit une demi-coupe au Péléide et une pleine pour lui,

qui furent suivies par beaucoup d'autres.

D'habitude, Alistair tenait bien le vin mais il avait oublié que dans la Grèce Antique, la teneur en alcool de cette boisson était bien plus forte qu'aujourd'hui.

Ce qui fit que...

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"Mais pourquoi le chemin tangue comme ça ?"

Le Minotaure se posait cette question alors qu'il essayait de quitter - discrètement - le camp Achéen pour retrouver ses enfants et Ben-Hur derrière le vieux temple. Il n'eut même pas le loisir de le faire, il s'écroula entre deux tentes, à la merci du premier guerrier venu qui ne manquerait pas d'alerter l'armée toute entière.

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Dix minutes auparavant.

"Ce n'est pas normal, grommela Ben-Hur.

- Quoi ?

- Regarde la plaine et le campement, Harry, tu ne trouves pas qu'il y a quelque chose qui cloche ?

- Eh bien, la majorité des feux sont éteints... mais cela n'a pas d'importance pour surveiller les alentours, la lune est presque pleine et elle éclaire tout.

- Pas pour longtemps, regarde vers la mer."

Ben avait raison, des nuages portés par le vent du Sud s'apprêtaient à envahir le ciel à toute vitesse et à transformer les lieux baignés de lumière en ténèbres.

"Les Troyens connaissent les moindres variations de leur météo. Si j'étais Hector, leur Chef, j'en profiterais.

- Merlin, ils vont attaquer... réalisa le Gryffondor

- ... et nos pères sont toujours là-bas, souffla Elspeth, il faut les faire revenir.

- T'as une idée pour ça ?

- Oui, Ben, je vais envoyer Aureus prévenir Asclépios. Pour papa Alistair, il faudra le chercher nous-mêmes."

Le Serpent dépêché auprès de son ancien Maître, le trio s'avança d'ombre en ombre jusqu'au camp des Achéens.

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"Il est là, il roupille," chuchota Elspeth.

Ils n'avaient eu aucun mal à trouver le Minotaure mais leur chance s'arrêtait là : impossible de le réveiller, ou de le soulever d'un Levi Corpus. Alistair semblait cloué à la terre.

"Sans doute la Magie des lieux qui interfère avec la nôtre.

- Dans ce cas, autant utiliser le Pouvoir que m'a donné Eole. Je vais créer une situation à partir du rêve le plus cher de Papa.

- C'est quoi ?

- Tu vas voir !"

Elle fit apparaître un homme qui portait dans ses mains un instrument à cordes.

"Un bouzouki, murmura Ben-Hur... Je sais ! Tu vas lui demander de jouer l'air le plus célèbre du film 'Zorba le Grec', c'est le morceau préféré d'Alistair.

- Tout juste ! Si cela ne le réveille pas..."

Ta-da, Ta-da-da-da !

Les premières notes accomplirent le miracle : le Minotaure ouvrit les yeux et se leva d'un bond.

Et là, tout partit en vrille. La formidable silhouette étendit ses bras et commença à déplacer ses jambes avec lenteur.

"Mais qu'est-ce qu'il fait ?

- Il danse le sirtaki.

- Il danse le... mais c'est pas le moment, nom d'un Strangulot en boîte !

- Je sais, fit l'Enquêteur, mais visiblement notre cher Minotaure ne se contrôle plus."

Il avait raison, l'Homme-Taureau était en transe et pas prêt d'arrêter sa chorégraphie, mais bientôt le trio eut d'autres sujets d'inquiétude. Les Achéens sortaient de leur sommeil et de leur tente, et, tout près, on devinait l'éclat d'armes à peine cachées.

"Les Troyens sont là. Bon sang, j'aurais aimé avoir tort, pour une fois. Harry, rends-nous invisibles !"

Malgré cela, le trio fut bousculé par un petit commando dont le Chef fonçait vers le Minotaure.

"C'est... c'est Enée, il va massacrer Alistair !"

Eh non, car aussitôt que le Prince Troyen arriva dans son champ de vision, l'Homme-Taureau l'agrippa par le bras pour l'entraîner dans ses dérives. Le problème, pour le nouveau venu, était sa différence de taille avec le Minotaure ; celui-ci le traînait plus qu'il ne le guidait.

"Mais qu'est-ce qu'il se passe ?!"

Le grand Ajax, fils de Télamon, accourait en furie mais n'eut pas plus de chance, il fut scotché aux deux danseurs. Et par là-même le malheur du Prince Troyen s'accrut, vu qu'il était entre deux êtres de haute taille.

"Ses pieds ne touchent plus le sol !

- On s'en fout ! La musique a accéléré, si cela continue, on est bon pour ramasser Papa à la petite pelle et à la balayette.

- Ben ?

- Nemo, Sev, enfin !

- Désolé, ce cher Aureus sifflait si vite qu'Asclépios avait du mal à le comprendre.

- Plus tard les raisons du retard, il y a urgence ! coupa Harry, Elspeth a conjuré le rêve d'Alistair et maintenant, il ne peut s'arrêter de danser.

- Oh, ça ?! fit le Potionniste en haussant un sourcil,

ce sera vite réglé."

SBAFF !

Severus assomma le musicien. La danse frénétique s'arrêta dans les gémissements de douleur de la dizaine de guerriers piégés avec le Minotaure. Celui-ci, par contre, semblait plus contrarié que fatigué.

"Mais, Sev, mon p'tit chou, pourquoi t'as arrêté la zike ?!"

Je vous laisse imaginer la réponse du p'tit chou en question.

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Des heures plus tard, à l'aube.

"Mon cœur est partagé à votre sujet, dit Agamemnon aux Voyageurs du Temps devant le Conseil des Chefs, vous avez failli nous faire perdre nos meilleurs guerriers à cause d'un Maléfice...

- ... et ce même Maléfice vous a sauvé d'une attaque troyenne, susurra Nemo.

- C'est bien pour cela que vous êtes encore libres, répondit le Monarque, mais, par Athéna, faites en sorte que cela n'arrive plus jamais !"

L'équipe fut jetée dehors plus que raccompagnée et ses membres s'égayèrent dans les allées du camp, sous l'œil mi-inquiet, mi-goguenard des Achéens. Ils s'apprêtaient à rejoindre le Temple quand quelqu'un dans leur dos les héla :

"Attendez !

- Podalire ? s'étonna Severus.

- Tu avais raison. J'ai examiné les sentinelles qui devaient surveiller les feux, hier. Elles ont été plongées dans un sommeil artificiel qui a permis que ceux-ci soient éteints.

- Ce qui veut dire que nous ne sommes pas au bout de nos peines.

Il y a un traitre dans ce camp !"

...