Chapitre 10 : Goodbye Lima
PDV Rachel :
Vingt minutes après que avoir osé demander à Noah d'abandonner sa mère, Mike, Sam et Quinn déboulèrent dans ma chambre avec des airs paniqués sur le visage.
« Qu'est-ce que tu lui as dit ? » demanda Quinn en s'arrêtant brusquement devant mon lit.
Les yeux baissés sur mes mains tremblantes, je serrais les dents. Je n'avais pas la force de leur dire. C'était trop dur. Trop douloureux de re-prononcer ces mots à voix haute.
« Rachel ? » murmura Sam en s'asseyant sur le rebord du lit avant de prendre l'une de mes mains dans les siennes.
Il tenta de capter mon regard mais je me dérobais à chaque fois.
« Tu l'as fait » chuchota-t-il, l'air compréhensif et désolé.
« Fait quoi ? » demanda Quinn d'une voix tremblante « Rachel ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que… Est-ce que tu vas bien ? ».
Je me contentais d'un hochement de tête lent.
« Il s'est enfuit » lâcha Mike sans dire autre chose.
Je relevais brusquement le regard. Il était allé s'accouder à la fenêtre. Comme à chaque fois qu'il venait me surveiller. Le temps était rayonnant aujourd'hui et projetait sur la chambre une lumière douce et ensoleillé. Il me jeta un regard intense.
« Il s'est enfuit Rachel. Avec sa voiture » répéta-t-il lentement « Il n'a rien dit. Il est juste partit comme ça ».
Je baissais à nouveau le regard et me mis à fixer en silence la main de Sam enroulée autour de la mienne. Il la serra fermement.
« Rachel on a besoin de savoir ce qui s'est passé. S'il te plaît, dis quelque chose… » me supplia Quinn en grimpant de l'autre côté du lit pour s'assoir en tailleur à côté de moi. Elle baissa le regard et tenta de capter le mien mais je détournais les yeux à chaque fois.
« Elle a fait ce qu'aucun de nous n'avait le courage de faire » déclara soudain Sam d'une voix crispée mais fière.
« C'est-à-dire ? » demanda aussitôt Quinn d'une voix tendue « Sam, qu'est-ce qui tu lui as dit encore ? » l'accusa-t-elle d'une voix tremblante.
« Je lui ai simplement dis ce qui se passait. Ce que Puck voulait faire » avoua-t-il sans regrets.
Quinn le dévisagea avec incrédulité. Puis explosa.
« On ne devait rien lui dire ! » cria Quinn en lui lançant un regard furieux « Est-ce que tu écoutes ce qu'on te dit parfois, pauvre crétin ! ».
« Ce n'est pas une enfant Quinn ! » protesta Sam en ignorant son regard « Elle avait le droit d'être au courant, plus que toutes les autres personnes dans cette maison d'ailleurs ! Et je ne regrette pas de lui avoir dit parce qu'elle a fait ce que nous aurions dû faire nous ! ».
Quinn se tourna brusquement vers moi et attrapa sans douceur mon menton. Je détournais les yeux et serrais les mâchoires.
« Regarde-moi Rachel » grogna Quinn en serrant mon menton entre ses doigts fermes « Regarde-moi ou je te jure que tu ne sortiras jamais de cette chambre » siffla-t-elle.
Je me mordais la langue mais finit par céder et plongeais mon regard dans le sien. Voir ses deux yeux noisettes parsemés de points dorés me détendis malgré moi. Son visage s'adoucit comme son emprise sur mon menton. Elle fouilla un instant mon visage, cherchant quelque chose qui me fit froncer les sourcils. Après quelques secondes, elle soupira et se reconcentra sur mes yeux. Du coin de l'œil, je vis Mike nous observer attentivement et je rougis sans pouvoir m'en empêcher.
« Qu'est-ce qui s'est passé Rachel ? » murmura Quinn, le visage à quelques centimètres du mien.
Au lieu de lui répondre, je me surpris à contempler les petites taches de rousseurs dispersées sur le haut de ses pommettes. Je ne les avais jamais remarqués avant. Ça lui allait plutôt bien.
« Rachel » m'appela Quinn d'une voix suppliante « S'il te plait, dis-moi ».
Je fermais brusquement les yeux.
C'était les mêmes mots qu'il avait prononcé.
« Il… Il reviendra » me contentais-je de dire d'une voix tremblante et rauque.
Enfin, je l'espérais…
« Rachel » souffla doucement Quinn en relâchant doucement mon menton « Qu'est-ce que tu lui as dit ? ».
Un lourd silence s'installa dans la pièce. Qui me perça le cœur. Parce qu'il venait de toute dire. De tout révéler.
« Laissons-la se reposer » déclara soudain Sam en me lâchant la main avant de se lever « Allez, elle a besoin de repos ».
J'ouvris de nouveau les yeux et fixais intensément la couverture du lit. Du coin de l'œil, je vis Sam et Mike quitter la chambre avec réticence. Mais Quinn ne bougea pas.
Je serrais tellement fort mes mâchoires qu'elle se mirent à trembler. Je la sentais me fixer intensément. J'aurais juré sentir mon corps brûler sous ses yeux intenses. C'était insupportable. Sa main trouva la mienne et la serra doucement. J'eus aussitôt envie de fondre en larmes.
« Je peux rester avec toi ? » me demanda Quinn d'une voix douce et prudente.
Me mordant furieusement la lèvre inférieure, j'hochais de la tête. Elle se décrispa et s'assit contre le dossier du lit. Sans dire un mot, elle sortit un couteau de sa ceinture, coupa les liens de mes menottes et m'attira à elle. Aussitôt mes larmes glissèrent le long de mes joues alors que je réfugiais mon visage dans son cou. Sa main se mit à caresser doucement mes cheveux alors que je pleurais en silence. Je pris une respiration tremblante et me détendis en sentant son odeur rassurante emplir mon nez.
« Il reviendra » répéta-t-elle mes mots « Il reviendra toujours ».
Appartement de mademoiselle Pillsbury et monsieur Shuester…
Emme regardait fièrement les boites de conserves, les sachets de nourriture et bouteilles d'eau entassés sur la table basse du salon.
« Wouah, on ne risque pas de subir la famine ici » commenta Finn en regardant avec de grands yeux les grandes pilles de nourriture.
Emme haussa les épaules avec un fier sourire sur les lèvres.
« Mes parents m'ont appris à toujours avoir un stock de tout. Je suppose que ça nous sera utile maintenant ».
« Ouais, surtout au niveau désinfectants… » ajouta Clarisse, un sourcil haussé en regardant les dix bouteilles de désinfectants entassées à côtés des sachets de raisons secs.
Emme grimaça alors que Finn et Blaine étouffaient un rire.
« Mieux vaux trop que pas assez » rétorqua Shuester en revenant de la cuisine pour lancer la dernière boite de conserve sur le canapé.
« Alors, on fait quoi maintenant ? » demanda Kurt en reniflant doucement, la main enroulé autour d'un mouchoir froissé. Il ne s'était pas encore remit de ce que lui avait dit Finn. Et Blaine avait préféré qu'il reste dans le salon pour se calmer. Il s'était endormit une demi-heure puis s'était réveillé et s'était mis à pleurer. Mercedes l'avait pris dans ses bras. Il avait fini par se calmer il y a quelques minutes.
Shuester fronça un instant les sourcils puis releva la tête et dit : « Maintenant on s'occupe de rassembler les médicaments, pansements, désinfectants… ».
« Ah parce qu'il y en a d'autres en plus… » marmonna Clarisse.
Finn lui jeta un regard amusé.
« Hum oui, il y en a d'autres. Rassemblez aussi toutes les couettes, cousins et draps que vous trouverez. On dormira dans le salon ce soir. Je préfère qu'on reste ensemble et qu'on ne se perde pas de vue » enchaîna monsieur Shuester d'une voix plus ferme.
« Et demain ? Qu'est-ce qu'on fera ? » demanda Clarisse en croisant les bras sur son torse.
Il se tourna vers elle et répondit : « On quittera Lima ».
Clarisse n'arrivait pas à trouver le sommeil. Elle avait pourtant fermé très, très fort les yeux. Avait évacué toutes les pensées nuisibles de son esprit. Mais rien. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil.
Le salon plongée dans le noir, semblait plus hostile et menaçant qu'illuminé.
Clarisse n'aimait pas le noir. Elle détestait le noir. Dans le noir, on pouvait se cacher. Dans le noir, elle ne voyait pas son père puant l'alcool et la cigarette venir la frapper. Dans le noir, elle était faible. Ses poings serrèrent des touffes de sa couverture. Sa respiration s'accéléra alors que des flash-backs se mettaient à danser devant ses yeux effrayés et paniqués. Son cœur s'emballa. Elle se mit à transpirer.
« Pourquoi tu es si méchante avec moi, Clarisse ? Après tout ce que je fais pour vous, pourquoi est-tu une si vilaine fille ? ».
« N'aie pas peur ma jolie Clarisse, papa est là. Papa va tout arranger. Mais il faut que tu sois gentille avec lui. Il faut que tu le laisses te punir t'être une vilaine fille, de ne pas l'aider, d'être insolente et ingrate ».
« Oh ma Clarisse chérie, ne pleure pas. Tout ira bien ».
« Tout ira bien ».
Tout ira bien.
Soudain quelqu'un posa une main sur son épaule.
Elle cria et se débattit brusquement en jetant ses mains et ses pieds dans le vide.
« Clarisse arrête, c'est moi ! » chuchota furieusement une voix familière.
Elle n'écouta pas, terrifiée et n'arrivant pas à faire la différence entre la réalité et le cauchemar.
Soudain une main se plaqua sur sa bouche. Elle étouffa des cris lorsqu'un corps se plaqua contre le sien.
« Calme-toi Clarisse, c'est Finn » murmura le jeune homme, le visage à quelques centimètres du sien « Tout va bien, je suis là, d'accord ? Tout va bien ».
Tremblante de tout son corps, elle hocha lentement la tête en inspirant de profondes respirations pour se calmer. Le corps chaud et protecteur de Finn contre le sien tout tremblant et fragile l'a détendit.
« Dé-désolé… » bégaya-t-elle, rouge de honte « Je… je ne voulais pas te réveiller. C'était… juste un mauvais cauchemar » mentit-elle.
Il la fixa un instant sans rien dire puis hocha doucement de la tête.
« OK, pas de problème. Tout le monde fait des cauchemar, maintenant plus que jamais » marmonna-t-il.
Elle observa son visage plongé dans l'obscurité. Il semblait plus mature comme ça. Plus vieux aussi. Comme si le noir décidait de lui rappeler toutes les dures épreuves qu'il avait passé. Il lui offrit un sourire forcé.
« Ça va mieux ? ».
Elle hocha de la tête, de peur que sa voix ne la trahisse.
« OK hum… je vais m'allonger à coté de toi maintenant, d'accord ? » demanda-t-il, les joues rouges.
Nouveau hochement de tête.
Il lâcha un soupir de soulagement et s'allongea avec prudence à côté d'elle. Clarisse se sentit soudain vulnérable sans le corps chaud de Finn contre le sien. Leurs mains se frôlèrent. Elle trembla un bref instant et cacha sa main sous sa couette.
« Tu veux en parler ? » chuchota Finn.
Elle ferma les yeux « Non ».
« OK. Dure journée hein ? ».
Elle ne put s'empêcher de sourire devant sa piètre tentative d'engager une discussion.
« J'ai eu pire » laissa-t-elle échapper avant de se mordre la lèvre inférieure.
Finn se crispa à côté.
« Pire que ça ? J'ai du mal à le croire ».
Elle haussa les épaules.
« Ne me crois pas alors ».
« Clarisse… » soupira le jeune homme « J'essaie de détendre l'atmosphère-là, et tu ne m'aides pas beaucoup ».
Elle sourit devant la naïveté du garçon mais décida d'entrer dans son jeu.
« Tu as raison, je suis désolé » s'excusa-t-elle avant de reprendre d'une voix hésitante « C'est juste que je n'ai pas l'habitude de parler aux gens ».
« Comment ça ? Tu fais… faisais partit de l'équipe la plus populaire du lycée. Tu étais vénéré par le reste du lycée. Ne me dis pas que tu es asocial après ça » se moqua-t-il.
« Eh bien si je te le dis, parce que c'est vrai » répliqua-t-elle d'une voix grognon « Je ne parlais jamais aux autres filles, enfin sauf lorsque j'y étais obligé. Je préférais rester dans mon coin et observer au lieu de jouer à la fille superficielle comme tes amies. Tu ne vas pas m'en vouloir pour ça j'espère ? ».
Il soupira.
« Bien sûr que non. Et Quinn, Brittany et Santana ne sont pas superficielles ».
« Tu as raison, ce sont des pétasses » grogna la rousse.
« Clarisse ! » chuchota Finn d'une voix choquée.
« Quoi ? C'est vrai ! Elles ne perdaient jamais une occasion pour ridiculiser les gens ! Et malgré ce que tout le monde peut penser, les autres cheerleaders en bavaient aussi de leur salope-attitude ! ».
« T'as vraiment une dent contre elles hein » marmonna Finn.
« Plus qu'une dent Finn, beaucoup plus qu'une dent » le rectifia-t-elle entre ses dents serrées.
« Mais si tu les détestais tant que ça, pourquoi tu es resté cheerleader ? » demanda-t-il.
« Parce qu'une cheerleader de Sue Sylvester est comme être les filles d'Obama tu vois. Avec ça, toutes les portes s'ouvrent. Et si cette putain d'apocalypse ne s'était pas produite, l'année prochaine je me serais rendue dans l'équipe des Tigers, dans le Colorado. L'une des meilleures équipes de cheerleaders d'université de tout le pays » lui apprit-elle d'une voix pleine de regrets.
« Oh… ».
« Ouais oh… » ria sans joie Clarisse avant de soupirer tristement « J'aurais réussi à sortir de ce trou perdu et je serais devenue l'une des meilleurs cheerleaders du pays ».
« Je suis désolé Clarisse » murmura Finn, la voix vraiment triste.
Elle ferma les yeux et haussa les épaules.
« T'inquiète Finn. Je me suis depuis longtemps rendu à la raison que ma malchance me poursuivra toujours » le rassura-t-elle avant d'ajouter avec un gros soupir « Au moins j'ai plus à supporter les cris insupportables du Coach Sylvester ».
« Ouais, c'est déjà ça » gloussa doucement Finn « Cette femme était une vraie folle ».
« Une folle mais une survivante. Je ne serais même pas étonné d'apprendre qu'elle projette de conquérir le monde avec des zombies qu'elle aurait réussi par je ne sais quel miracle, à dompter ».
« Je suppose que seul l'avenir nous le dira » soupira Finn.
« Tu es sure de vouloir faire ça William ? » demanda Emma, en scrutant d'un air triste Lima.
Comme promis, ils s'étaient tous réveillés à 5 heures du matin où les premières lueurs du soleil perçaient le ciel. En silence, ils avaient portés tous les sacs de provisions dans les deux voitures d'Emma et de Shuester. Mercedes, Blaine, Kurt et Emma étaient partis avec monsieur Shuester tandis que Finn, Clarisse et Emma s'étaient retrouvés dans l'autre voiture. Ils avaient roulés une demi-heure avant de s'arrêter devant le panneau d'au revoir de Lima.
Clarisse se sentait bizarre d'abandonner cette ville qu'elle avait toujours détestée. Elle n'irait pas jusqu'à dire qu'elle était triste de la quitter mais ça lui faisait bizarre de quitter la ville qui l'avait gardée pendant dix-sept ans.
« Je n'aurais jamais pensé être triste de quitter ce trou paumé » marmonna Kurt, debout à côté d'elle.
Elle le regarda puis se remit à contempler la ville déserte de toute activité humaine briller sous les lueurs orange, jaune et rose du soleil.
« Moi non plus » murmura-t-elle « Elle nous en aura fait voir de toutes les couleurs hein ? ».
Kurt eut un petit sourire à cela.
William échangea un regard avec Emma et hocha de la tête.
« Allez en voiture les jeunes. Il est temps ».
Tout le monde retourna dans les voitures. Les moteurs s'allumèrent dans le silence paisible du matin. Avec des klaxonnements, les deux voitures s'éloignèrent de Lima sans un regard en arrière.
