Titre : Un si long sommeil.

Source : Gundam Wing AC

Auteur(e) : Lysanea

Genre : yaoi, romance, POV de Quatre.

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf le Dr Igrec (désolée pour le jeu de mots pourri), Candice

Pairing : 1+4

Personnages : Heero Yuy, Duo Maxwell, Quatre Raberba Winner.

Résumé : Trowa s'est enfin déclaré et a appris à Duo qu'Heero avait quelqu'un… Duo, de son côté, est bien déterminé à savoir qui et à obtenir les réponses aux questions qu'il se pose encore !

Notes de l'auteure : ohayo ! la semaine est passée vite et j'ai eu quelques ennuis de santé (rien de grave, une petite infection de l'œil) mais j'ai réussi à tenir mes délais ! Ce chapitre est court, mais c'est parce qu'à la base, je ne l'avais pas coupé et je le trouvais alors trop long (mais vraiment trop), surtout que je n'avais même pas fini de le taper entièrement. Donc j'ai tranché… Vous aurez déjà une partie des réponses et puis le reste suivra ! Je termine (sinon ma note risque d'être plus longue que mon chapitre mdr) en vous remerciant tous pour votre soutien, vos mails, vos reviews, vos analyses qui me permettent encore et toujours d'avancer ! J'espère que ça répondra à vos attentes et à dans une semaine (ou un peu avant, on verra )

bonne lecture !

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Chapitre onze : tout s'explique… enfin !

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En entrant dans la chambre de Duo, je m'étonne de ne pas voir Trowa.

- Trowa n'est pas là ? demande Heero, comme en écho à ma propre interrogation.

- Il est en train de régler les détails pour ma sortie avec le Doc, nous explique Duo.

Je m'assois sur la chaise face à lui et Heero sur celle plus proche de son lit.

- C'est pour bientôt ?

- D'ici trois ou quatre jours.

Nous sommes aussi surpris l'un que l'autre.

- Si tôt ? Et tu ne nous as rien dit ?

Il hausse les épaules.

Je le trouve un peu bizarre, je le sens presque... mal à l'aise ?

- J'allais le faire aujourd'hui.

- C'est génial ! je m'écrie en lui serrant affectueusement les deux mains.

- C'est une très bonne nouvelle, Duo. Ca me fait très plaisir, mais tu aurais pu m'en parler avant, que je puisse préparer l'appartement convenablement.

- Au début, je voulais te faire la surprise. Ca en aurait une belle, d'ailleurs, si je t'avais dit, comme ça, un soir « ne t'installe pas, chéri, je rentre chez nous ! » Tu m'aurais répondu, quoi, hein ? Que je devais patienter, parce que tu n'avais rien préparé ?

Heero a les sourcils froncés et les miens doivent l'être aussi ; ce n'est pas habituel de la part de Duo d'employer ce ton presque… agressif, surtout avec nous.

- Je suis désolé, Duo, j'ai beaucoup de travail, je n'ai vraiment pas eu le temps…

- C'est surtout qu'il n'y a rien à préparer, Heero. Vous n'avez plus besoin de construire ni d'aménager le décor à vos mensonges. Je vais rentrer dans mon appartement que tu as quitté, il y a deux ans et où Trowa s'est installé depuis en attendant et espérant mon réveil. On arrête de mentir, ça n'a que trop duré.

Je crois qu'en quelques secondes, je suis passé d'une pâleur cadavérique à un rouge soutenu.
Heureusement pour moi – désolé mon chéri – Duo est concentré sur Heero, il ne remarque rien me concernant.

Mais Heero n'a pas cette chance, il a blêmi autant que moi.

- Je ne sais pas comment tu l'as appris, mais je suis désolé, Duo.

- De m'avoir menti ? Tu peux l'être ! Comme tout le monde, d'ailleurs, ajoute-t-il en me jetant un rapide coup d'œil qui atteint directement mon cœur. Pour le reste… c'est moi qui suis désolé, parce que vous vous êtes tous sentis obligés de me jouer cette comédie. Même si vous savez combien je hais le mensonge, j'ai cette drôle d'impression que vous n'avez pas eu le choix. Mais vous savez comment je suis, je reste persuadé qu'il y a toujours une autre voie que celle du mensonge. Et ne pas réussir à la trouver ne veut pas dire qu'elle existe pas, juste… qu'on arrive pas à la trouver... Je ne sais pas vraiment ce qu'il en est, dans notre cas, je ne veux pas dire que vous avez mal cherché ou opté pour la facilité. Il me manque encore trop de données pour que je comprenne vos raisons.

- Duo… je commence.

- Vous devez tout me dire, cette fois ! exige-t-il en se tournant vers moi. Tout. Je prends la responsabilité.

Ses yeux lancent des éclairs, mais il n'est pas vraiment en colère ou pas seulement.

Je le sens agacé, déçu, inquiet et irrité.
Et je lis aussi, dans le regard qu'il nous adresse en allant de l'un à l'autre, une requête silencieuse : qu'il n'y ait plus de mensonges entre nous.

Heero soupire.

- Si nous avons l'assurance que nous taire te fera plus de mal que de te parler, bien sûr, nous te dirons tout.

- Ca suffit, Heero ! s'énerve-t-il cette fois en lui faisant face. Il faut arrêter de ne penser qu'à moi ! Je ne sais pas avec qui tu vis depuis 2 ans, ni s'il y a eu une ou plusieurs personnes. Mais je me prends la tête depuis que j'ai appris ça, parce que je suis sûr que ça a posé des problèmes dans ton couple de devoir mentir et jouer ce jeu avec moi ! Qui pourrait accepter ça, franchement ? Quels sacrifices as-tu encore dû faire ?

- Je…

- Laisse-moi finir, s'il te plaît, le coupe-t-il un peu plus calmement. Laissez-moi vous dire tout ce que j'ai à vous dire, ensuite je vous écouterai. Mon Quatquat, continue-t-il en se tournant vers moi, my little angel, je sais que tu aimais passionnément Trowa. Même si je n'ai rien fait qui puisse me rendre responsable de cet amour qu'il m'a porté, je suis désolé qu'il t'ait quitté à cause de ce qu'il ressentait pour moi, il y a 5 ans. Et je suis désolé de t'avoir fait revivre indirectement le passé, par cette mise en scène que vous me jouez depuis plus d'un mois. Tu sais bien que je ne suis pas le genre de gars qui pique le mec de son meilleur ami...

Je crois que je ne me suis jamais senti aussi mal de toute ma vie.
Je n'ose même pas regarder Heero… mais je sens bien qu'il n'est pas dans un meilleur état…

- En même temps, continue Duo, vous n'aviez pas à faire ça, Tro et toi. Je n'avais pas besoin d'un environnement aussi familier. Ca arrive, c'est la vie, même si j'aurais juré que rien ne pouvait nous séparer. J'aurais compris et accepté que vous vous soyez séparés, peut-être plus facilement que j'ai compris le décalage entre toi et moi, 'ro.

- Je reconnais que nous n'avions pas à te mentir à ce sujet, mais tu as raison, c'était plus simple pour nous tous.

- Est-ce que ça a vraiment été utile ?

- Je crois que oui… je réponds prudemment.

- Parce que ça a renforcé d'autres mensonges en leur donnant plus de crédibilité.

Ce n'était pas une question.

- Désolé, Duo.

Son regard va de l'un à l'autre, en silence.

- J'ai compris que vous étiez désolés et je suis prêt à accepter vos excuses, finit-il par nous dire. Mais vous devez me dire toute la vérité, maintenant.

- Avant, j'ai besoin de savoir une chose, Duo : si tu étais tombé amoureux de Trowa, au fil des années, m'aurais-tu quitté pour lui ?

- Je t'aurais quitté, oui, mais pour lui, sûrement pas, si ça avait signifié renoncer à quelque chose de l'amitié qui nous lie, tous les cinq. Peut-être que c'est dépassé pour vous, même si tu m'as assuré le contraire, il y a peu, mon Quatquat, il n'y a toujours rien au-dessus de notre amitié, pour moi. Je me doute bien et je l'ai senti, que d'autres liens se sont greffés dessus au fil des ans, qu'il y a peut-être eu des histoires entre vous. C'est important que je le sache, non ?

- Bien sûr. Il n'a jamais été question de ne rien te dire, seulement d'attendre le bon moment.

- Ok, je veux bien le croire et si vous ne voulez pas m'en parler tout de suite, je veux bien patienter encore un peu. Mais je dois tout savoir, c'est vraiment important pour moi de ne pas être mis à l'écart. J'ai loupé beaucoup de choses mais je veux connaître leur existence. Même une coucherie accidentelle un soir de cuite, en plus d'être drôle, ça me fera me sentir encore plus proche de vous.

Heero et moi, on se regarde un moment en silence et on finit par se décider.

- C'est peut-être, effectivement, le moment de te parler de certaines choses, finis-je par dire en me tournant vers Duo.

- Alléluia ! Mais avant, je veux vous dire une dernière chose. Peut-être ça vous aidera à tout me dire, surtout toi, 'ro. J'ai encore des sentiments pour celui que tu étais, mais j'ai accepté de l'avoir perdu et de ne jamais le retrouver. C'est encore douloureux, parce que j'ai des souvenirs de lui et moi encore forts et récents. Mais j'ai renoncé à lui. Je sais que je ne pourrais jamais le retrouver, même en tombant amoureux de toi. De toute façon, ça ne m'apporterait rien puisque tu ne m'aimes plus de cet amour-là. Si ça avait été à un autre moment de la vie, les choses auraient pu être différentes. Mais entre 17 et 22 ans, il se passe trop de choses essentielles, surtout pour nous qui avons grandi trop vite et on s'est perdu en cours de route. Je me suis arrêté à l'ombre pour piquer un somme, tu as veillé sur mon sommeil très longtemps, jusqu'à ce que quelque un vienne te guider sur un nouveau chemin.

- Je… commence Heero, mais Duo pose son doigt sur ses lèvres.

- Tu ne m'as pas abandonné, Heero, tu as laissé Trowa prendre soin de moi, alors que tu continuais ta route, mais sans jamais oublier de regarder derrière, d'espérer et d'attendre que je vous rejoigne. Comme tout le monde, tu as aidé Trowa a me ramener. Tout ça pour dire que je veux que tu sois heureux, Heero, parce que si tu l'es, je le serais aussi. Qui que soit cette personne que tu aimes aujourd'hui, elle a intérêt à faire gaffe. Si elle te blesse, si tu es malheureux, je lui tombe dessus, quitte à réveiller Shinigami.

Heero se tourne vers moi.

- Tu es prévenu, Katoru.

Je vois et sens Duo se crisper et pâlir brusquement, comme si les couleurs de son visage avaient été aspirées.

- K… K… Katoru ? Katoru ? répète-t-il d'une voix blanche. Tu… tu veux dire… tu veux dire que vous deux… ? Vous deux...

- Duo…

Je m'inquiète devant la vague puissante d'émotions contradictoires qui l'a envahi.
Ses grands yeux glissent du visage d'Heero au mien, il a l'air perdu, consterné et atterré.
Pour le coup, Heero a vraiment manqué de tact et de délicatesse...

- C'est pas possible… Je… Écoutez, les mecs… Je suis désolé… Je pensais ce que j'ai dit… Je le pense toujours… mais ça… Vous deux, ensemble… c'est incroyable… En même temps c'est logique ! A force d'être tout le temps à mes côtés, vous avez fini par être tout le temps ensemble ! Mais quand même, c'est un peu fort…

- C'est comme tu le dis, Duo, on pensait pas que ça pouvait arriver…

- Personne ne le pensait, ça a surpris tout le monde, nous les premiers, assure Heero, aussi inquiet que moi.

- Et pour cause ! J'ai tout imaginé, j'aurais pu encore penser à plein de trucs, mais alors ça… ça

- On ne voulait pas te blesser, Duo, nous sommes si désolés… je lui dis en posant ma main sur la sienne.

- Ca me fait une belle jambe ! réplique-t-il en la dégageant vivement.

Ce rejet si inhabituel me blesse et il le voit.

- Excuse, Quatre… Je… Je me sens trahi, je sais que je devrai pas, mais… Shit ! J'arrive pas à croire que vous m'ayez menti sur une chose aussi importante, durant tout ce temps ! Je peux comprendre que ça n'était pas facile de m'en parler, mais notre amitié vaut quand même mieux que ça, non ? Rien ne justifie ni n'excuse une telle mascarade ! Mensonge et souffrance, c'est du joli ! Quelle belle amitié…

- Duo, s'il te plaît…

- Laissez-moi seul, me coupe-t-il en détournant la tête.

Heero se lève, mais je n'abandonne pas encore.

- La dernière chose qu'on souhaite, c'est te blesser, Duo. Ce que tu as dit sur notre amitié n'est pas dépassé, elle compte plus que tout, il n'y a rien au-dessus d'elle. Je renoncerais à Heero et il renoncera à moi, si tu nous le demandes, si ça peut éviter que notre lien ne se brise.

Il me regarde de nouveau et la douleur dans ses yeux me retourne le cœur.

- Notre lien a été fragilisé, Quatre, pourquoi est-ce que je déteste tant le mensonge, d'après toi ? C'était pas la peine d'en rajouter encore.

- Nous voulions te protéger… explique Heero.

- Je vous ai demandé de me laisser seul.

- Je…

- Quatre.

La voix d'Heero est brisée, mais sans appel.

Je me lève après une dernière hésitation et le suis dehors, alors que Duo s'est détourné sans un mot de plus.

Le retour se fait dans un silence pesant.
Une fois la voiture garée, Heero me retient alors que j'allais descendre.

- Tu le penses vraiment, Quatre ?

Ces quelques mots ont suffi à stopper mon élan alors que j'ouvrais la portière.
Outre le fait qu'il ne me regarde absolument pas, il y aussi le fait qu'il m'appelle « Quatre » alors qu'on est que tous les deux et ça me glace le sang.

- Si je pense vraiment quoi, Heero ?

Les petits noms d'amoureux sont vraiment coincés dans la gorge, ce soir…

- Si Duo n'arrive pas à gérer cette situation, tu me quitteras ?

- Je ne te quitterai pas, Heero, nous nous séparerons. Nous en avons déjà discuté, non ?

- Bien sûr.

- Qu'est-ce qui ne va pas, alors ? Que me reproches-tu, je sens que tu m'en veux ?

Il me lance un regard douloureux qui me broie le coeur.

Mon Dieu, je déteste ce regard, oh ! comme je déteste ce regard !
Faites que je l'oublie au plus vite et que je n'y ai plus jamais droit !

- Ca me blesse que tu sois si affirmatif, si résolu. Parce que pour moi, le choix n'est pas aussi simple qu'il a l'air de l'être pour toi, m'explique-t-il d'une voix où perce une certaine amertume.

- Je t'aime, Heero.

- Oui, d'un amour qui ne pèse vraiment rien sur la balance, réplique-t-il en sortant de la voiture.

Je sors à mon tour, la gorge serrée.

Je sais que je devrais parler, le rassurer… mais je n'y arrive pas, je ne trouve rien à lui répondre.
Il me regarde, espérant des mots qui ne viendront pas.

- Ne m'attends pas pour dîner, me dit-il alors, tout en prenant la direction opposée à notre résidence.

Ce que je crains le plus au monde est en train d'arriver : je suis en train de perdre deux des personnes qui comptent le plus dans ma vie et elles ne sont que 4, avec Rachid.

Je suis bel et bien en train de revivre mon cauchemar d'un certain matin de mai, il y a un peu plus de 5 ans…

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A suivre

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Note de fin : merci d'avoir lu ! j'espère que vous n'êtes pas trop frustré(e)s par la fin de ce chapitre et au contraire, encore plus impatients de lire la suite !

A très vite !

Lysa…

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