Titre : Dans les yeux de Quatre.

Auteur : Boby la sagesse

Disclamer : PAS A MOI ! ... Et c'est fort dommage d'ailleurs...

Couples : 03X04, 01X02, Maxence X Lilian.

-X-

Monsieur Garry Stewart était un prof de sport respectable. Aucun élève ne s'était jamais plaint de lui et il notait justement. Il aimait beaucoup le sport mais était aussi intellectuel. De plus, il avait un charme naturel qui rehaussait son corps divinement musclé.

En bref, Monsieur Stewart était le prof de sport le plus respecté par l'ensemble masculin du campus et le plus fantasmé par l'ensemble féminin.

Ce jour-là, comme il le raconta ensuite au Directeur Franck, il avait décidé de rester un peu plus longtemps au gymnase pour un petit entraînement de basket. Il était très fier de lui car il avait marqué 8 paniers à 3 points sans erreurs. Le championnat régional était dans deux semaines et Stewart était capitaine de l'équipe de Wichcloks.

Pour résumer, il avait quitté le gymnase vers 18h00 et était en train de verrouiller les portes quand il avait entendu un gémissement.

Tout d'abord, il avait cru que ce n'était que le bruit du vent puis, les bruits se répétant, pensa que c'était un animal (Un chien errant ?) qui s'était blessé. Il avança prudemment vers l'arrière du gymnase et plissa les paupières pour essayer de mieux voir (Il faisait alors assez sombre).

Quelques secondes plus tard, il arriva à distinguer une silhouette à terre.

Une silhouette qu'il reconnut comme étant humaine.

Il se précipita alors près d'elle et posa une main sur son épaule.

- Eh là toi ! Ça va ? Que se passe-t-il ? Qui es-tu ?

- Qu... Quatre Winner, haleta le jeune garçon, je... j'ai mal...

- Que s'est-il passé ?

- On m'a... attaqué... qui... êtes-vous ?

- Monsieur Stewart, le prof de sport. Tu es le jeune étudiant non-voyant ?

- O... oui. Pitié... j'ai si mal... ils m'ont... ils m'ont...

Un sanglot coupa ses propos et Garry remarqua qu'il tremblait de tous ses membres. Il se saisit doucement de lui, essayant de ne pas aggraver ses blessures ? à cause d'une fausse manœuvre et se dépêcha de l'amener à l'infirmerie.

Il reçu un coup au cœur en voyant le visage du jeune homme éclairé par un lampadaire.

Du sang ruisselait de son nez, mais peut-être n'était-il pas cassé ?, et son arcade sourcilière droite était fendue de même que sa lèvre inférieure.

- Je... saigne ?

- Oui, murmura le professeur.

- Je... n'avais rien fait... je vous le jure... je n'avais rien fait pour mériter ça...

Garry le serra un peu plus contre lui et accéléra son pas. Il se jura de retrouver la bande de petits salauds qui l'avait tabassé. Il allait leur faire payer au centuple, il allait...

Un gémissement de douleur coupa ses pensées.

Duo se dirigeait vers la cantine pour ne pas être le dernier à recevoir les plats que personne n'avait voulu quand il croisa le professeur Stewart avec...

- QUATRE ? cria-t-il en se précipitant vers le professeur qui marchait à grand pas en direction de l'infirmerie.

Il écarquilla les yeux en voyant la quantité de sang sur le visage de son ami et ce dernier qui tremblait toujours, nerveusement.

- Mon Dieu... professeur, qui lui a fait ça ?

- Je n'en sais rien Maxwell, répondit Garry en lui jetant un léger regard. Mais surtout, pas d'éclat, je vais régler ce problème avec monsieur le directeur.

Ils arrivèrent devant l'infirmerie et Duo cogna contre la porte violemment, faisant sursauter l'infirmière. Cette dernière ouvrit et alla pour engueuler Duo quand elle vit Quatre dans les bras du prof de sport.

- Oh mon Dieu ! Mais qu'est-il arrivé à ce garçon ?

- Une bande de jeunes l'a attaqué, déclara Garry d'une voix sèche, laissez-nous passer mademoiselle Poe, il a besoin de soins immédiats.

- Bie... Bien sûr monsieur Stewart, bredouilla la jeune femme en s'écartant.

- Je vais aller prévenir... marmonna Duo en essayant de s'esquiver mais le professeur l'en empêcha.

- Vous ne prévenez personne jusqu'à demain matin, Maxwell. Vous m'avez compris ?

- Mais Trowa...

- Barton sera mis au courant demain. Et s'il vous pose des questions : vous ne savez rien. Je ne veux pas créer une émeute.

Duo lui lança un regard désespéré mais il ne broncha pas.

- Je compte sur vous Maxwell.

- ... Très bien professeur, murmura Duo. Je peux rester un peu avec lui ? demanda-t-il à l'infirmière Poe.

- Oui, mais je vais devoir le recoudre. Ces petits salauds lui ont fendu l'arcade. J'ai hâte qu'on les retrouve...

Le regard de Duo s'assombrit.

- J'ai peut-être mon idée sur l'identité de ces personnes, feula-t-il.

Trowa fut surpris de ne pas voir Quatre allongé sur son lit en tapant un de ses devoirs en rentrant dans sa chambre.

/Tiens ! Mais où est-il ? Il n'a pourtant aucun cours particulier le soir et je ne l'ai pas vu à la cantine/

Il s'inquiéta légèrement et se demanda s'il ne devait pas aller le chercher quand il stoppa net.

/Non, Quatre est un grand garçon et je dois arrêter d'être tout le temps sur son dos. Il doit être avec Duo et Heero dans l'une des perms du campus. Je ne vais pas chercher pendant 3 heures pour les trouver en train de rire joyeusement tous les trois ! pensa-t-il sarcastiquement.

Il soupira soudain et s'assit sur son propre lit qui grinça légèrement.

/Je suis trop bête. Ce n'est pas de leur faute. C'est moi qui les fuis depuis plus d'une semaine. Je ne dois m'en prendre qu'à moi.../

Un air triste passa sur son visage quand il repensa à la scène du couloir. Son visage aussi près de celui de Quatre et leurs corps proches.

Très proches.

Trop proches peut-être.

Le jeune homme s'allongea sur son lit, se déchaussant machinalement.

La respiration de Quatre était erratique.

Et la chaleur de son corps réchauffait le sien.

Il avait le cœur si froid. Tout le monde le lui disait. Sa sœur le lui faisait remarquer. "Tu as le coeur si froid Trowa".

/Mais j'ai trouvé quelqu'un pour me réchauffer. Bien qu'il soit aveugle, Quatre a su me voir comme personne d'autre auparavant. Et mon Dieu, comme je regrette d'avoir fui... je regrette tellement.../

Un perle qui glisse le long d'une joue pâle.

/Je voulais juste le protéger... malgré ses dires, il est... si... fragile.../

¤¤¤ Le lendemain matin ¤¤¤

Ce fut d'un pas pressé, trahissant une inquiétude que ne dévoilait pas son visage, que monsieur Winner traversa le hall d'entrée du campus en direction de l'infirmerie. Un pas pressé, certes, mais aristocrate.

Etiquette oblige.

Et monsieur Winner détestait montrer qu'il était un homme que l'on atteignait facilement au niveau sentimental. Mais il avouait volontiers en son for intérieur que Quatre était une faiblesse qu'il chérissait particulièrement.

Il avait perdu sa mère tragiquement, et son fils lui ressemblait tellement. Au lieu de le rejeter comme d'autres faisaient, il l'avait surprotégé. Mais c'était aussi une erreur.

Une erreur qu'il ne reconnaîtrait jamais !

Derrière, silencieux mais présent, son majordome, Rashid, se morfondait intérieurement sur le sort de son petit protégé. Maître Quatre était le petit frère qu'il n'avait jamais eu et il le protégeait aussi bien que son propre père. Et le coup de fil que le directeur leur avait passé ce matin avait été des plus sombres.

Pour Rashid, cela signifiait une TRES mauvaise nouvelle...

Le père de Quatre tapa deux coups à la porte de l'infirmerie et mademoiselle Poe lui ouvrit rapidement.

- Vous êtes monsieur Winner ? demanda-t-elle mais l'homme la coupa, fou d'inquiétude.

- Où est mon fils ? Comment va-t-il ? Que s'est-il passé ?

Sally Poe lui fit signe de baisser la voix et referma la porte derrière elle, restant dans le couloir.

- Quatre va mieux. Il a dormi mais s'est réveillé tôt ce matin. J'ai dû lui faire des points de sutures à l'arcade sourcilière et mettre un pansement à son nez qui a été fragilisé mais, heureusement, pas fracturé...

- Comment a-t-il pu se faire cela ?

- Il... Il a été retrouvé par le professeur de sport, monsieur Stewart, et lui a déclaré qu'il avait été... attaqué.

- Je vous demande pardon ?

- Comment ça ? demanda Rashid, élevant pour la première fois la voix.

Sally leva les mains en signe de défense.

- Nous n'en savons pas plus pour l'instant mais sachez que nous faisons le nécessaire pour découvrir la vérité. J'ai interdit au directeur d'interroger Quatre avant un repos complet, il a été très traumatisé, monsieur Winner. De plus, il est aveugle et il est inenvisageable pour l'instant que vous lui parliez, main...

- Je sais qu'il est non-voyant, mademoiselle Poe, cracha monsieur Winner, perdant son calme. J'ai assisté à sa naissance. Je l'ai aidé, soutenu pendant des années. Vous n'allez pas m'apprendre maintenant comment me comporter envers mon fils.

La jeune femme recula d'un pas, surprise par le ton de l'homme en face d'elle.

- Je ne voulais pas dire ça mais...

- Je veux le voir.

- Nous le voulons. Tout les deux, ajouta Rashid.

Sally hésita puis poussa un soupir, résignée.

- Très bien...

Quatre était réveillé quand son père entra. Son visage le faisait souffrir et ses côtes étaient effroyablement douloureuses mais il estimait s'en être assez bien sorti après... cette attaque.

Même sans son empathie, il aurait pu reconnaître son père et savoir ce qu'il ressentait en entendant son pas.

Lent.

Digne mais extrêmement lent.

Rashid le suivait, légèrement en retrait. Son pas aussi était plus pesant que d'habitude.

- Oh Quatre... murmura son père.

Le jeune blondinet tourna légèrement son visage vers sa direction et lui sourit faiblement.

- Bonjour papa. Bonjour Rashid.

- Maître Quatre...

- Quatre, qui t'a fait ça ?

La lèvre inférieure du garçon trembla légèrement et il déglutit difficilement.

- Je... Je ne sais pas... il y avait un garçon qui... me parlait... mais ils étaient trois... je n'en sais pas plus...

- Comment ont-ils osé...

- Papa, le coupa Quatre.

Monsieur Winner s'assit sur son lit, lissant machinalement une couverture.

- Oui ?

- Tu avais raison.

- Co... comment ça ?

- Je veux partir.

Quatre prit une inspiration et lâcha dans un souffle.

- Rentrons à la maison.

- Tu... es sûr ? Tu ne regretteras pas ta décision ? demanda son père et le jeune non-voyant sentit une main fraîche caresser légèrement sa joue.

- Non. Je suis fatigué. Il vaut mieux... pour mon bien... que je revienne à l'institut.

Un silence. Une respiration un peu trop rapide. Une main qui tremble légèrement.

- Je suis heureux que tu le reconnaisses enfin Quatre, déclara son père simplement.

- Il était temps que vous reveniez maître Quatre.

Mais ce dernier ne leur prêtait plus aucune attention.

Au fond de son cœur, une flûte traversière jouait un requiem.

Et un violon pleurait.

- TROWA ! hurla Duo en surgissant dans la cantine, faisant sursauter tout le monde.

Le brun aux yeux verts, encore un peu endormi, se tourna vers lui en sursautant légèrement.

- Hnuo ? Que se passe-t-il ? demanda-t-il en baillant légèrement.

- Quatre...

Duo se pencha, haletant, Heero restant légèrement en retrait, le visage sombre. Alerté par la mine de son meilleur ami, Trowa se réveilla totalement et haussa un sourcil.

- Que se passe-t-il ? Il est malade ?

- Non Trowa. Quatre s'est fait attaqué hier soir... commença Heero.

- QUOI ?

Le jeune homme se leva brutalement et attrapa Duo violemment.

- Comment ça ? Par qui ?

- On n'en... on n'en sait rien mais... Monsieur Stewart l'a trouvé hier soir derrière le gymnase. Il était couvert de sang. Il a dit qu'on l'avait attaqué. Le professeur m'a interdit de vous avertir avant ce matin et j'ai fait aussi vite que j'ai pu mais...

- Il va bien ? demanda Trowa, prêt à bondir vers l'infirmerie.

Alertée par le bruit, Alexia commença à les rejoindre, fronçant les sourcils.

- Trowa, il y a un problème ?

- Duo, est-ce que Quatre va bien ? requestionna le brun en ignorant sa petite amie qui se raidit instinctivement.

Mais personne ne le remarqua.

Duo releva la tête et Trowa put voir ses yeux remplis de larmes.

- Il est parti.

- Quoi ?

L'adolescent recula d'un pas, surpris et choqué.

De l'autre côté de la cantine, Maxence et Lilian suivaient leur échange, un air légèrement inquiet sur le visage.

- Son père est venu le chercher. Ils ont pris ses affaires et Quatre a quitté le campus il y a une demi-heure. Il est reparti chez lui..., gémit le châtain aux yeux améthystes.

Trowa resta un instant sans bouger puis, sans que personne ne le retienne, traversa la cantine et fonça vers les portes. Sortant à toute vitesse et manquant de renverser le directeur en personne, il se dirigea vers les dortoirs. Ignorant le règlement intérieur qui stipulait qu'un élève ne devait pas regagner son dortoir avant 17h30, il sortit sa carte d'une main tremblante.

¤Tu dois être si beau¤

L'inséra plusieurs fois avant que le click ne s'enclenche.

¤Tu es quelqu'un d'exceptionnel¤

Ouvrit la porte brutalement.

¤Tu es mon ami Trowa¤

- Quatre ? appela Trowa en se tournant vers la partie de chambre du jeune non-voyant.

Mais il fallait se rendre à l'évidence. Sa partie était vide, nue, comme s'il n'avait jamais vécu ici. Le visage de Trowa se décomposa.

- Quatre, balbutia-t-il.

Ainsi, c'était vrai. Il était parti.

Définitivement

Parti.

¤D'accord Trowa, d'accord, je ne pars plus...¤

- ESPECE DE MENTEUR ! TU N'AVAIS PAS LE DROIT DE ME QUITTER ! JE T'AIME ! JE... t'aime...

Il s'effondra à terre, sanglotant doucement, les mains sur son visage.

- Je t'aime tant...

- Non, tu n'as pas le droit de dire ça, lança une voix derrière lui.

Il se retourna lentement, surpris par le ton sans intonation de...

- A... lexia ?

La jeune fille se tenait dans l'encadrement de la porte.

- Tu n'as le droit de dire ça, Trowa. Pas après tout ce que j'ai fait pour nous deux.

Un sourire faussement doucereux vint éclairer son visage.

- Heero, lança Duo après le départ de Trowa.

Le jeune nippon s'approcha de son petit ami.

- Hn ?

- Nous allons avoir une discussion.

- Hn. Et avec qui ?

Les yeux de Duo brillèrent dangereusement.

- David Franck.

- Alors, nous venons avec vous, déclara Maxence en s'approchant d'eux. Moi aussi, je veux lui parler.

Le natté se tourna vers lui.

- Tu aimerais défendre ton ami ? cracha Duo, menaçant.

- Ce n'est plus mon ami. Et je veux savoir qui a fait ça à Quatre.

- Tu as espionné notre conversation ? demanda Heero, s'approchant lui aussi, prêt à en découdre.

Maxence eut un sourire de loup.

- Lilian s'est beaucoup attaché à Quatre et David n'est plus mon ami.

Les 3 garçons se jugèrent du regard avant que Lilian ne se joigne à eux.

- Quatre est mon ami. Tout comme vous. Alors, au lieu de nous chamailler, essayons de comprendre ce qui s'est passé, murmura-t-il.

- Tu as raison, acquiesça Heero.

- Alors, qu'est ce qu'on attend ? demanda Duo.

-X-

Fin du 11ème chapitre ! J'espère que ça vous aura plu ! Rendez-vous au chapitre 12.