Bonjour !

Au programme de ce chapitre : un ultimatum et une mise à l'épreuve.

Bonne lecture !


Lumières Sombres

Chapitre 11

oOo

« Inutile de t'acharner, gamin. Nous n'avons pas suffisamment d'éléments pour décoder cette prophétie. »

Henry jeta un regard morne à Isaac avant de soupirer. Cela faisait déjà plus d'une semaine qu'il avait découvert cette phrase et il n'avait toujours pas la moindre idée de ce qu'elle signifiait. Et pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé de le découvrir il n'arrêtait pas de se la repasser en boucle dans sa tête.

Alors que le septième s'apprêtait à pousser son dernier soupir, les Lumières Sombres firent face au Soleil Noir et la bataille finale éclata.

« Vous êtes sûr ne rien savoir sur les Lumières Sombres ? » demanda t-il pour la dixième fois au moins.

« Je te l'ai déjà dit : c'est la première fois que j'en entends parler, » s'agaça Isaac.

Henry se tourna vers August.

« Quand tu l'as rencontré, l'Apprenti n'a rien mentionné de ce genre ? »

« Non, ça ne me dit rien, » répondit-il avec patience.

Frustré, Henry enchaîna.

« Et le Soleil Noir ? Qu'est-ce que ça pourrait bien être ? Une éclipse ? »

« C'est possible... » dit August sans grande conviction. « Mais comment peut-on faire face à une éclipse ? »

« Peut-être que les Lumières Sombres sont des étoiles, ou quelque chose comme ça... » marmonna t-il pour lui même.

Mais ça ne voulait rien dire : en quoi des phénomènes célestes pourraient-ils provoquer une bataille finale ?

« Alors que le septième s'apprêtait à pousser son dernier soupir... » répéta t-il. « Le septième quoi ? Cela qui a écrit ça aurait pu le préciser ! Ca nous aurait peut-être permis de déchiffrer le reste. »

August posa une main sur son épaule.

« Je crois qu'il vaut mieux laisser ça de côté pour le moment, » avança t-il gentiment. « Peut-être qu'en continuant le livre, tu remarqueras un détail qui t'aidera avec la prophétie. »

Henry en doutait sincèrement mais se contenta d'acquiescer mollement.

« J'ai pas mal avancé, » dit-il avec une nuance de fierté dans la voix. « J'en suis au moment où David s'est réveillé de son coma. »

Il tendit le livre à Isaac.

« Qu'est-ce que vous en pensez ? »

L'ancien Auteur parcourut rapidement les quelques pages qu'Henry avait écrites.

« C'est pas mal... »

Venant de sa part, cela équivalait à de vives félicitations. Satisfait, il reprit le livre avec l'intention de continuer. Il avait à peine sorti son stylo que David fit irruption dans la pièce. Henry fut immédiatement frappé par son air inquiet et énervé à la fois. Il s'approcha d'Isaac et le saisit par bras, visiblement pour le ramener dans sa cellule, mais il se dégagea brusquement.

« Eh ! Nous ne sommes qu'au milieu de l'après-midi ! » protesta t-il.

« Taisez vous et suivez moi, » rétorqua David. « Croyez moi, ce n'est pas le moment de vous faire remarquer. »

« Il se passe quelque chose ? » interrogea August.

David acquiesça sombrement.

« Henry, Regina m'a demandé de te dire qu'elle veut que tu rentres immédiatement chez toi. »

« Quoi ? Mais pourquoi ? »

« Je n'ai pas le temps de t'expliquer tout de suite, » dit-il avec empressement. « Ta mère te rejoindra dans une ou deux heures, elle est... bloquée à la mairie. »

« Bloquée ? Comment ça ? »

Mais David avait déjà tourné les talons, entraînant à sa suite Isaac qui protestait bruyamment.

« Nous avions un accord ! Je suis supposé être libre toute la journée ! Je... »

Le son de sa voix devint plus ténu au fur et à mesure qu'il s'éloignait.

« Tu veux que je te raccompagne chez toi ? » proposa August.

Henry hocha négativement la tête.

« En fait... tu n'as pas l'intention d'y aller, pas vrai ? »

« Non. Je vais à la mairie. Je veux savoir ce qui se passe, surtout que ma mère à l'air d'être impliquée. »

A son grand soulagement, August n'avait pas l'intention de l'en empêcher. Il décida de venir avec lui, même s'il était visiblement plus ou moins au courant de la situation.

Henry écarquilla les yeux avec surprise lorsqu'il arriva devant la mairie. Près de la moitié de la ville s'était agglutinée devant l'entrée. Cela ressemblait fort à une manifestation. Il interrogea August du regard.

« Certains habitants pensent que les criminels devraient être traités plus sévèrement et souhaitent organiser de nouvelles élections, » l'informa t-il.

« Et ma mère est d'accord avec ça ? » demanda Henry.

« ...Non. Et je crois bien que c'est pour ça que tous ces habitants sont là. Pour la faire céder. »

Songeant qu'il ne valait mieux pas rester là, il fit signe à August de le suivre et se fraya difficilement un chemin jusqu'à la porte. Si certains le fusillèrent du regard, personne ne tenta de l'arrêter.

Aucun n'était assez fou pour s'en prendre au fils de Regina.

Une fois à l'intérieur, il courut jusqu'au bureau de sa mère et fut frappé par la tension qui régnait.

Regina faisait les cent pas, sous le regard inquiet de Mary Margaret qui berçait doucement Neal. Robin se trouvait de l'autre côté de la pièce et murmurait des choses à Roland.

« Henry ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? » s'écria Regina en l'apercevant. « Tu devrais être à la maison ! »

« Je voulais savoir ce qui se passait, » rétorqua Henry.

« Où est David ? » s'enquit Mary Margaret.

« Il est parti ramener Isaac dans sa cellule, » répondit August.

« Ça vaut mieux pour le moment, » soupira Regina. « Tout à l'heure, Leroy a menacé de s'en prendre à lui s'il le voyait en liberté. »

« Et tu as cédé ? » s'étonna Henry.

Ça ne ressemblait pas du tout à sa mère d'obéir aux ordres des habitants.

« Ils m'ont lancé un ultimatum, » grimaça t-elle. « Soit j'accepte que de nouvelles élections aient lieu... »

Elle marqua une pause et sembla contenir sa colère.

« ...soit il y aura des conséquences. »

« Des conséquences ? Quel genre ? »

« Je n'en sais rien, » soupira Regina. « Ils m'ont donné une heure pour y réfléchir et annoncer ma décision. »

Elle ne paraissait toujours pas savoir quoi faire.

« Si je refuse, je pense qu'ils tenteront quelque chose contre Rumple, Isaac et Zelena. Mais si j'accepte et que je perds les élections... je n'ose pas imaginer ce qui leur arrivera. »

Elle réfléchissait à voix haute et ne parvenait pas à dissimuler l'inquiétude qui teintait sa voix. Robin s'approcha doucement d'elle et après un moment d'hésitation, la prit dans ses bras. Elle ne se déroba pas et ils restèrent dans cette position environ une minute, durant laquelle ils chuchotèrent, trop bas pour que Henry puisse entendre. Ils se séparèrent lorsque David fit irruption dans la pièce.

« Ça chauffe là-dehors, » dit-il. « J'ai essayé de les faire partir, mais ils ne veulent rien entendre. »

Henry vit sa mère échanger un regard avec Robin puis avec Mary Margaret avant de se tourner vers David.

« C'est inutile... je vais aller leur parler. »

Elle quitta la pièce, tous les autres sur ses talons. Elle passa la porte de la mairie et se retrouva face à face avec ceux qui voulaient sa perte. La rage déforma ses traits une seconde mais elle revêtit vite un masque de froideur. Elle se racla la gorge pour obtenir l'attention de tout le monde, mais c'était inutile : ils avaient tous les yeux rivés sur elle.

« J'ai pris une décision, » lança t-elle d'une voix neutre.

Et, pleine de dignité, elle annonça :

« De nouvelles élections seront organisées. »

oOo

Killian ne parvenait pas à détacher ses yeux d'Emma. Le monde aurait pu s'écrouler autour de lui qu'il aurait continué à la regarder.

« Tu m'as tellement manquée... » murmura t-il.

Emma ne répondit pas mais son sourire s'agrandit.

« Mais... que t'es t-il arrivé ? Tu as rencontré Merlin ? Est-ce que tu es toujours le Dark One ? »

« C'est une longue histoire... »

Elle s'éloigna légèrement.

« Je veux l'entendre, » assura Killian.

« Alors, viens avec moi. »

Et elle s'éloigna davantage, au grand désespoir de Killian.

« Attends ! Pour aller où ? »

« Quelle importance ? Nous serons ensemble, et c'est tout ce qui compte, non ? »

« Oui... tu as sans doute raison. »

A son grand soulagement, elle se rapprocha et se retrouva face à lui, flottant au dessus de la mer.

« Dans ce monde, nous ne vieillirons pas. Nous pourrons être ensemble éternellement. »

Et elle tendit la main, que Killian saisit par réflexe.

« Viens avec moi, » répéta Emma.

Sans lâcher sa main, elle recommença à reculer, essayant de l'entraîner avec elle. Killian ne chercha pas à résister. Elle avait raison. Ils pourraient être ensemble pour toujours, sans que rien n'arrive jamais à les séparer. C'était tellement simple... il n'avait qu'à la suivre.

« Hook ! Non ! »

Il sursauta et lâcha la main d'Emma quand Lily le percuta de plein fouet et l'envoya au sol.

« Mais qu'est-ce qui te prend ? » rugit-il.

Il la repoussa et se releva en la fusillant du regard.

« Ce n'est pas Emma ! » s'exclama Lily.

Killian fut un instant déconcerté. Qui d'autre cela pourrait-il être ?

« Ne l'écoute pas, » dit Emma. « C'est bien moi. »

« Elle ment ! » s'exclama Lily, toujours par terre. « C'est une espèce de créature qui a pris son apparence, mais ce n'est pas elle ! Regarde Ursula ! »

Il obéit et se tourna vers l'autre côté du navire. Maleficient tentait d'éloigner Ursula du bord. La sorcière des mers se débattait avec force et tentait de rejoindre quelque chose qui se trouvait dans l'eau. Killian ne sut trop quoi en penser, mais curieusement, il s'en fichait.

« Ne l'écoute pas, » répliqua Emma. « Elle essaye de nous séparer. »

Et, d'un simple mouvement de la main, elle envoya valser Lily à l'autre bout du navire.

Killian s'approcha lentement d'elle. Pourquoi écouterait-il Lily après tout ? Tout ce qu'elle avait fait depuis le début était le ralentir et le contredire dans chacune de ses décisions.

« Je te crois, » assura t-il.

Emma le saisit par les épaules et le fit doucement se pencher en avant. Il allait bientôt passer par dessus bord, mais quelle importance ? Ils allaient être réunis.

« Mais... pourquoi rester ici ? » demanda t-il dans un dernier éclair de lucidité. « Nous pouvons rentrer à Storybrooke. Tu pourras être réunie avec Henry. Je lui ai promis de te ramener. Et à tes parents aussi. »

Emma hocha négativement la tête.

« Pourquoi se soucier du reste du monde, Killian ? Nous pouvons être rien que tous les deux. Nous pouvons être libres. Nous n'avons besoin de personne pour être heureux. »

Killian ferma les yeux et imagina une vie sans sorcières à vaincre ou malédictions à briser. Une vie paisible, tranquille sans royaume à sauver.

Une vie avec Emma.

Mais une pensée lui traversa l'esprit qui le fit brutalement sortir de son état de transe. Il s'arracha à son étreinte et recula d'un bon mètre.

« Tu n'es pas Emma. »

C'était une affirmation, et non pas une question.

« La vraie Emma aurait souhaité être avec sa famille. »

« Je ne suis pas elle, » dit doucement la créature. « Mais je pourrais l'être. »

« Non, » rétorqua t-il. « Non. Je ne veux pas d'une copie. Je veux la véritable Emma. Et pour cela, je vais aller trouver Merlin. Tu ne pourras pas m'en empêcher. »

Il pensait qu'elle allait se mettre en colère, mais elle se contenta de sourire et son visage se transforma, prenant l'apparence d'une jeune fille.

« Ta volonté de rejoindre l'île pour retrouver celle qui t'es chère est plus forte que tout. Tu es libre de continuer, à présent... »

Après un dernier regard, elle disparut dans les flots. Hébété, Killian resta là sans bouger quelques instants, ne comprenant toujours pas ce qui venait de se passer.

Il se retourna pour toiser Ursula, qui semblait dans le même état que lui. Lily les rejoint en se frottant la tête, encore étourdie. Seule Maleficient paraissait être dans son état normal.

« Qu'est-ce que c'était que ça ? » s'enquit-il.

« Des créatures marines, » répondit Maleficient. « J'ignore leur nom, mais leur but était visiblement de nous tuer. »

« Des nixes, » précisa Ursula. « J'aurais du m'en douter... elles prennent l'apparence de l'être le plus cher au cœur de leurs victimes pour les attirer dans l'eau et les noyer. »

« Alors pourquoi on est encore en vie ? » demanda Lily.

« Elles voulaient nous tester, » dit Killian. « C'était une épreuve. Comme les falaises de pierre avec les embranchements. Sans doute une idée de Merlin... »

Tout le monde acquiesça.

« Tu as vu Emma, je suppose ? » lui demanda Ursula.

« Oui. Et toi, ton père ? »

Elle approuva tandis qu'il se tourna vers Maleficient et Lily.

« Et vous ? »

Elle échangèrent un regard.

« Personne, » répondirent-elle.

« Quoi ? Comment est-ce possible ? »

« L'être le plus cher à mon cœur est déjà sur ce bateau, » lança Maleficient. « Ces nixes ne pouvaient rien contre moi. »

Lily rougit furieusement et ne répondit pas, sans doute trop gênée d'admettre que sa mère était l'être le plus cher à son cœur. Killian réprima un rire et se promit de la charrier avec ça si jamais elle le provoquait encore.

« J'espère qu'on va enfin pouvoir accéder à l'île, » lança Lily pour changer de sujet.

Killian leva les yeux au ciel.

« Nous allons vite le savoir. »

oOo

Comme la première fois, Merlin avait observé avec attention la façon dont les voyageurs avaient affronté les nixes, et ils s'en étaient plutôt bien tirés.

« Par contre, » dit-il à Viviane, « seuls deux d'entre eux ont été attirés par les nixes. Maleficient et Lily n'ont pas ressenti leurs effets. »

« Bien sûr qu'elles l'ont ressenti, » le contredit-elle.

Devant son air étonné, elle enchaîna :

« Ce n'est pas parce qu'elles ne les ont pas vues qu'elles ne les ont pas entendues. »

« Comment ça ? »

Puis, il comprit. Perché sur le mat du navire, il avait entendu la conversation entre le pirate et Lily, qui disait vouloir retrouver son père.

« Alors... elles ont entendu le père de Lily ? »

« Pas exactement. Juste une voix qui prétendait être son père. »

Elle marqua une pause, perdue dans ses pensées.

« Il leur a fallu toute la volonté du monde pour résister à l'appel des nixes. Ils sont dignes d'atteindre l'île... mais pas encore de te rencontrer. »

« Vous avez déjà testé leur unité, puis leur volonté, » jeta Merlin. « Que vous faut-il de plus ? »

« Une preuve de la plus importante des vertus que possédaient les chevaliers qui vivaient jadis ici. »

« Ah oui ? » dit-il, sarcastique.

Viviane fronça les sourcils.

« Il nous reste à mettre à l'épreuve leur courage. »

oOo

« Vous m'avez demandée ? »

Merlin releva la tête du parchemin qu'il était en train de lire. Il était seul, assis à la Table Ronde à la place qu'occupait habituellement Arthur pendant les réunions hebdomadaires, à l'issue desquelles il lui remettait un rapport avec tout ce que lui et ses chevaliers avaient fait durant la semaine. Il s'agissait principalement des interventions dans les autres mondes pour tenter de contrer la progression des Ténèbres, qui avait eu tendance à ralentir ces dernières années mais qui semblait repartir de plus belle.

D'un signe de tête, il invita Morgane à s'approcher et elle s'assit juste à sa droite. Trois ans étaient passés depuis son arrivée à Camelot et, à l'image de sa beauté, les mystères qui l'entouraient ne cessaient de croître. Plusieurs fois par semaine, elle s'éclipsait dans la forêt de Brocéliande pendant plusieurs heures et refusait de dire à quiconque ce qu'elle faisait là-bas. De plus en plus sûr qu'elle leur cachait quelque chose, Balthazar avait fait un tour dans la forêt et lui avait affirmé avoir perçu de la magie de provenance inconnue. Son Apprenti avait ensuite tenté de soutirer des informations à Arthur, qu'il pensait être au courant des agissements de sa demi-sœur, mais celui-ci avait rétorqué qu'il était le Roi et n'avait pas de comptes à rendre.

Merlin s'interrogeait lui aussi. Il pensait avoir découvert ce qu'elle dissimulait, mais il devait en être certain.

« Vous vouliez me dire quelque chose ? » l'interrogea t-elle.

« A vrai dire, je pense que c'est toi qui a quelque chose à me dire, » répondit-il.

Interdite, Morgane le dévisagea quelques secondes.

« Je ne vois pas de quoi vous... »

Il l'arrêta d'un geste de la main.

« Inutile de mentir. Maintenant que tu es juste à côté de moi, je peux clairement la sentir. »

« Sentir quoi ? »

Elle paraissait presque amusée.

« La magie, bien sûr. »

Elle ne nia pas, mais ne confirma pas non plus, se contentant d'attendre qu'il reprenne la parole. Plus il y pensait, plus il était étonné de ne pas s'en être aperçu plus tôt. A moins que...

« Mais ce n'est pas le même type de magie que moi et Balthazar utilisons, n'est-ce pas ? »

Morgane sourit mystérieusement avant de lever les yeux au ciel.

« Puisque je suis découverte... »

Elle tira alors de sa manche un long bâton noir et Merlin s'aperçut que c'était une baguette.

« Je suis à moitié fée, » révéla t-elle. « Mon père était humain. Un jour, il a failli se noyer dans une rivière et une fée qui passait par là l'a secouru. Par la suite, ils sont tombés amoureux et m'ont eue. Peu après, elle est tombée gravement malade et aucun remède n'a pu la guérir. Elle est décédée. Mon père était inconsolable, jusqu'à ce qu'il rencontre une autre femme, une humaine cette fois. J'avais trois ans. Peu de temps après, elle est tombée enceinte et Arthur est né. »

Elle s'interrompit et fronça les sourcils, perdue dans ses souvenirs.

« Nous avons vécu tous les quatre ensemble jusqu'à il y a environ six ans. A partir de là, le comportement de la mère d'Arthur a subitement commencé à changer. Elle devenait de plus en plus agressive. Plus... sombre. Et un jour... elle a essayé de me tuer. »

Même si son visage demeurait impassible, Merlin pouvait percevoir son émotion. Il ressentit alors Une bouffée d'affection pour elle.

« Elle était en train de m'étrangler quand mon père est arrivé. Il a saisi une pierre et lui a fracassé le crâne avec... si bien qu'il a fini par la tuer. Il y avait une drôle de lueur dans ses yeux... Il était comme possédé, littéralement. Il aurait juste pu la repousser, mais au lieu de ça il s'est acharné sur elle. »

« Les Ténèbres, » murmura Merlin. « Elles ont corrompu leurs esprits. »

Il avait déjà vu ça des centaines de fois. C'était d'ailleurs un des cas que les chevaliers rencontraient le plus souvent.

Morgane hocha doucement la tête.

« Après, il a semblé redevenir plus ou moins lui même et... il était dévasté par ce qu'il avait fait. Il ne voulait plus rester près de moi ou Arthur. Un soir, il est venu me voir et m'a donné la baguette de ma mère. Il l'avait gardée toutes ces années mais ne m'en avait pas parlé pour me protéger de la magie. Selon lui, elle n'apportait que des ennuis. Et le lendemain matin... il était parti. Je ne l'ai jamais revu. »

« Il ne te manque pas ? »

« Parfois... mais j'ai toujours Arthur. »

Merlin désigna la baguette.

« C'est donc ça que tu fais dans la forêt ? Tu t'entraînes ? »

Elle acquiesça d'un bref signe de tête.

« Tu n'as pas besoin de poussière de fée ? »

« Non. Mais je ne peux pas faire de magie sans ma baguette. »

« Et tu es douée ? »

Elle haussa les épaules.

« Je me débrouille. »

« Je pourrais t'apprendre, si tu veux... Tu pourrais devenir ma deuxième Apprentie. »

« Vraiment ? »

« Bien sûr. »

Elle lui offrit un sourire sincère qu'il lui rendit aussitôt. Il n'était pas certain que Balthazar apprécie et que Viviane approuve, cependant il n'en avait que faire cette fois ci. Il était largement capable de décider ce qu'il convenait de faire, et il était certain que Morgane pourrait être une précieuse alliée pour vaincre les Ténèbres.

Une fois que Morgane l'ait salué et s'en fut aller annoncer la nouvelle à Arthur, il se rendit compte que son cœur s'était mis à battre plus vite.


En espérant que ça vous a plu, et à dimanche pour la suite ! Black Angelis.