Petit résumé : Chapitre houleux en perspective, Harry déballe ses souvenirs et ça fait mal… pauvre Drago… Bonne lecture à tous…

Harry Potter et le mystère du Langue de Plomb

Chapitre 11 : Un lendemain difficile

(POV Drago)

Je me réveillais difficilement, courbaturé sur ce canapé plutôt miteux et tout me revint en mémoire, mon arrivée hier à Paris, ma mission pour le Phénix, Harry que j'ai suivi et finalement nos retrouvailles. Il était si désorienté par ma présence et j'ai encore accentué son trouble car je n'ai pu me comporter qu'en parfait serpentard. Je l'ai surpris, malmené, bousculé… Ô Merlin, et moi qui avais prévu d'y aller en douceur avec lui… J'ai dû mettre cinq minutes tout au plus avant de lui dire que je le voulais dans mon lit, pour une relation tout sauf amicale. Enfin il ne m'avait pas jeté du troisième étage malgré mes allusions et mon comportement plus qu'explicite. Il était mal à l'aise et quand il avait rougi, Merlin, il était si beau et il ne s'en rendait même pas compte.

Sa magie a débordé, il est toujours aussi puissant. Quand il s'est écroulé, je l'ai tenu dans mes bras, je sentais son souffle saccadé dans mon cou, c'était tout ce que je voulais de ma vie, toute ma vie résidait dans ce corps si doux et tendre, dans ses yeux si expressifs et tristes que j'avais désespéramment essayé d'effacer de mes souvenirs, mais il était devenu tout pour moi lors de notre septième année.

Il était anéanti quand je lui ai dit la vraie raison de ma présence. Il avait vacillé, m'avait regardé dans les yeux pour voir au plus profond de mon âme, pour savoir et il était parti dans sa chambre sans un mot. Je n'avais pas osé le suivre, même pour le réconforter et finalement je m'étais endormi dans ce vieux canapé aux ressorts bien trop usés pour y dormir confortablement. Lorsque finalement, mes yeux s'habituèrent à la luminosité qui arrivait en fins rayons à travers les persiennes, je réalisais qu'Harry devait déjà être debout, dans la cuisine. Je percevais le cliquetis métallique des instruments qui s'entrechoquent. Je passais mes mains sur mes yeux rougis de fatigue et après un dernier étirement, je me levais et me dirigeais vers la petite porte à gauche. Harry était effectivement debout, les cheveux un peu plus décoiffés encore, il portait un boxer noir et un tee-shirt gris un peu trop large mais, je ne pus m'empêchais de l'admirer quelques secondes. Je soupirais profondément :

« Salut Beau Brun ! Bien dormi !

- A ton avis…

- OK… Je vois… Euh, tu sais, ton canapé n'est pas très confortable.

- Je ne t'ai pas invité à y rester.

- Pardon ?

- Tu pouvais repartir, rejoindre Mione. Je ne reviendrais pas de toute façon.

- D'accord, je peux avoir une petite explication là ?

- Non.

- Potter, j'essaye sincèrement d'être patient, gentil et tout ce que tu peux imaginer de plus insupportable pour le serpentard que je suis, mais là, il y a des limites tout de même.

- Je ne t'ai rien demandé. J'ai reçu le message de l'ordre. J'ai compris. Voldemort me cherche à nouveau, je me tiendrais sur mes gardes, fin de la discussion, tu peux partir.

- Et il ne t'est pas venu à l'esprit que tu n'étais pas le seul concerné dans cette histoire. Voldemort cherche à retrouver sa puissance ce qui implique qu'il va s'en prendre à toi mais aussi à toutes les personnes qui pourront se trouver sur le chemin de sa domination sur le monde magique, autrement dit Mione et Rémus sont particulièrement visés par tous les mangemorts. Je croyais que leur sort t'importait encore un peu si tu te fous du reste du monde.

- Et le reste du monde, c'est toi, je présume ?

- Sa Sainteté Potter reconnaîtrait-elle qu'elle a légèrement été impolie et odieuse avec moi ? C'est trop d'honneur !

- Certainement pas Malefoy ! Si tu as réussi à oublier, pas moi !

- Oublier quoi ? Ta fuite de Sainte-Mangouste sans un mot, non je n'ai pas oublié !

- Tu sais très bien de quoi je parle.

- Non là tu développes, je ne vois pas.

- Du combat, bordel ! De Ron ! Putain ! C'est de ta faute !

- Quoi ?

- Parfaitement… Putain ! J'étais en train de me battre avec le serpent et j'ai vu ton père et tu aurais pu l'en empêcher.

- Arrête !

- Non, je n'arrêterais pas, ce serait trop facile ! Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fallu que tu attendes ? Si tu avais agi, il ne serait pas mort. Tu l'avais à ta portée… Putain si tu avais tué ton père, Ron ne serait pas mort ! »

Sans que je m'en rende compte, je m'étais précipité contre Harry et le plaquait violemment contre le mur de la cuisine. J'étais furieux et je serrais aussi fort que je le pouvais le col de son tee-shirt. Je tremblais de rage. Sept ans que j'essayais d'oublier cette fraction de seconde où j'avais hésité à tuer mon père, sept ans que je voulais oublier que mon hésitation avait permis à mon horrible géniteur de lancer cet avada sur Mione. Sept ans que je voulais effacer de ma mémoire la seconde où le rayon vert avait percuté de plein fouet le rouquin. Et Harry me renvoyait toute ma culpabilité en pleine figure. Tout était de ma faute à ses yeux. Je suffoquais tellement la colère oppressait mes poumons. Je regardais les yeux si fiers et si profonds de mon vis-à-vis mais il ne bougeait pas, ne tremblait pas, comme si des centaines de fois, il avait imaginé cette confrontation entre nous, comme s'il avait attendu ce moment depuis la dernière fois où je l'avais vu. Je le relâchais finalement, totalement abasourdi par cette lueur de défi que je voyais dans ces deux émeraudes et il souriait ironiquement. Je ne comprenais pas, je ne comprenais plus :

« Et ton père, comment va-t-il ? Echappé d'Azkaban à ce que j'ai compris ? Ron est mort, ton père est libre, tout va pour le mieux Malefoy, tu dois être ravi. »

Je ne pus me retenir de le faire, je sentais la colère, la haine, le dégoût pulser dans chacune de mes veines et je le giflais violemment. Il souriait encore, trop heureux de m'avoir fait mal, de m'avoir touché.

« Comment se fait-il que tu ne l'aies pas déjà rejoint ?

- Quoi ? Rejoint ? De quoi parles-tu ?

- De ton père, du serpent… Tu seras bien récompensé si tu leur livres mon adresse. »

Je restais médusé alors, on en était là ! Je crevais d'amour pour cette petite merde qui me tenait pour responsable de la mort de son meilleur ami, qui ne voyait en moi qu'un mangemort, un traître… J'avais envie de vomir et je le voyais savourer chaque mot. Je venais en quelques minutes de perdre tout ce en quoi je croyais, mes rêves, mes espoirs…

« Tu crois vraiment que je vous trahirais, que je te trahirais, pour mon père. Tu crois que j'ai voulu ce qui est arrivé à Ron, après cette année passée à lutter ensemble… »

Je n'arrivais même plus à penser. Je m'apprêtais à quitter cette pièce, cet appartement, cette vie lorsque je fus retenu par la main droite d'Harry. Il pleurait et je ne comprenais pas. J'avais l'impression qu'il était sur le point de s'écrouler. Je me rapprochais de lui et le serrais doucement, mais il s'accrocha à moi plus durement. Son souffle était saccadé, je sentis son corps trembler de peine, de colère et de rage étouffée trop longtemps et dans un son à peine audible, je l'entendis murmurer : « Non. »

A suivre…