A/N: la mirifique Stephenie Meyer a créé les personnages de la saga Twilight. Je me contente de les lui emprunter pour votre divertissement. Et je ne pense pas me tromper en affirmant qu'en matière de divertissement, le chapitre 10 était assez bien rempli merci.

J'ai aussi réalisé que ce serait une forme de torture de vous laisser en plan durant 3 semaines avant de vous livrer la suite de cette fiction tordue. Alors j'ai décidé de prendre le temps durant le week-end de memorial day pour écrire le chapitre 11. Je ne vais pas vous mentir, Bella va y goûter dans ce chapitre, et je m'en excuse à l'avance. Sachez aussi que la dernière partie va compenser largement. ;-)

Comme toujours, merci pour vos commentaires, et merci à ma beta Fleur50, pour plusieurs raisons.

Bonne lecture.

Chapitre onzième : Les obligations d'un dompteur d'esclaves.

EPOV

Après être allé reconduire Kate et Jessica dans la chambre réservée aux orgies des trois frères Volturi, j'aurais pu tout bonnement retourner dans mes appartements et sauter directement dans mon lit. Après tout, la journée avait été longue et j'étais crevé. La dispute que j'avais eue avec mon frère le matin même m'avait laissé un goût d'amertume dans la bouche, et j'avais senti une colère latente bouillir dans mes veines pendant toutes ces heures. J'avais été sur le point d'offrir à Emmett d'aller l'aider aux champs, les trois idiots engagés par Jasper me paraissant incompétents au possible. Cependant, après son commentaire irrespectueux à l'égard d'Isabella Swan, j'avais failli lui sauter à la gorge pour lui faire ravaler les bêtises qui étaient sorties de sa bouche. Qu'il se débrouille donc tout seul avec ses trois débiles pour discipliner cinquante hommes en mal de liberté! Et tant mieux si la duchesse d'Essanges le remettait à sa place avec ses tendances de dominatrice!

Suivant cet épisode, j'étais allé m'aérer l'esprit dans les jardins du palais, à l'abri des regards inquisiteurs. De toute façon il était encore tôt à ce moment-là, et j'avais pu profiter du silence environnant pour réfléchir aux derniers événements. Carlisle avait raison; les nouveaux prisonniers étaient arrivés ici depuis seulement deux jours, et tout s'était mis à aller de travers tout à coup, même mes émotions, foutre Dieu!

Jusqu'à présent, je ne m'étais jamais encombré de sentiments vis-à-vis des femmes que j'avais à dresser. Imaginez si ça avait été le cas : devoir montrer à une fille comment faire une fellation ou comment masturber un homme de façon à le faire jouir à s'en crever les tympans, pour ensuite l'envoyer à trois maîtres impitoyables qui lui donnaient des ordres sans la remercier de ses bons services, et qui ne se gênaient pas pour l'insulter et la brutaliser afin d'optimiser leur plaisir. Si je n'avais pas été immunisé contre les charmes de ces femmes, j'aurais été vert de jalousie que quelqu'un d'autre les possède, et fou de colère de savoir qu'elles se faisaient perpétuellement violenter. Certes je plaignais les esclaves des mauvais traitements qui leur étaient infligés par Aro et ses frères, mais je savais aussi qu'elles étaient bien soignées par Carlisle. J'avais également des favorites dans le harem, la plus mémorable demeurant Tanya, qui savait si bien user de sa bouche pour m'amener au septième ciel, et qui avait failli m'achever la dernière fois que je l'avais eu à ma disposition et que j'avais pu la prendre analement. Mais il n'en restait pas moins que je voyais toutes ces filles comme des jouets avec lesquels je pouvais m'amuser et me détendre, et rien de plus. Or tout cela avait changé avec la venue d'Isabella Marie Swan, marquise de Courville.

Il y avait quelque chose qui émanait de cette fille. Une force mystérieuse m'attirait vers elle, me faisait la percevoir différemment des autres esclaves, et je n'arrivais pas à saisir pourquoi. Pourquoi m'avait-il été si difficile de lui administrer les dix coups de fouet réglementaires pour toute esclave surprise en dehors de l'enceinte du harem? Pourquoi étais-je en train de me faire du mauvais sang à la pensée de ce que ses maîtres pourraient lui faire endurer? Et surtout, comment allais-je être en mesure de la dresser et de la former si j'avais déjà toutes les misères du monde à garder mon masque de froideur et d'indifférence lorsqu'elle se retrouvait nue devant moi? Cette jeune femme au corps de déesse était un volcan de volupté qui s'ignorait, et j'avais juste une envie en sa présence: la faire entrer en éruption de toutes les manières possibles et envisageables. Hier soir j'avais failli lui sauter dessus tellement la vue de sa chatte complètement trempée à cause de mes caresses était un appel à la luxure. Mais Isabella semblait totalement inconsciente de la perfection de ses attributs féminins et de ce que leur vue pouvait déclencher chez un homme digne de ce nom. Elle avait probablement été élevée dans la noirceur la plus absolue en ce qui concernait les choses du sexe, contrairement à son amie la duchesse. Comment, dans ces conditions, pouvais-je en toute complicité et sans scrupule la livrer au bon vouloir d'Aro? Malheureusement, le temps jouait contre moi.

J'étais bel et bien allé m'écraser dans mon lit en rentrant dans mes quartiers, après cette longue journée d'introspection qui avait débuté par un entretien avec mon père, mais j'avais été incapable de m'endormir. J'avais repensé à la conversation que je venais d'avoir avec Aro après que j'aie laissé Kate et Jessica dans la chambre de débauche.

« Eh bien, Edward, je croyais que j'allais enfin faire la connaissance de nos nouvelles recrues, ce soir, » avait-il fait remarquer en constatant que je lui amenais les filles habituelles.

« Patience, Aro, j'ai à peine eu le temps de m'assurer de leur condition, » avais-je répliqué en guise d'excuse.

« Il y a trop longtemps que je n'ai eu de nouvelles filles à ma disposition, Edward! Je me fous de la condition de ces captives, qu'elles soient neuves ou usées! Je les veux dans les plus brefs délais, tu m'entends? » S'était emporté mon employeur.

J'avais osé tenter d'argumenter, « Vous ne serez guère avancés si ces nouvelles esclaves manquent de la formation nécessaire pour subir vos assauts et se retrouvent toutes les trois à l'infirmerie dès leur première nuit dans cette chambre… »

« Je te donne une journée de plus, Edward, mais pas davantage. Je veux avoir ces nouvelles filles à ma portée au plus tard demain soir, est-ce assez clair pour toi, ou bien vais-je devoir te priver de certains de tes privilèges? » Avait riposté Aro.

Je n'avais pas répondu à sa question. Le chantage auquel il s'était livré sur moi était dérisoire. Croyait-il vraiment que j'étais tellement accro au sexe que menacer de m'en priver si je n'obéissais pas à ses ordres allait avoir un quelconque effet persuasif sur moi? Parfois, Aro semblait oublier d'où je venais, que mon ancêtre Gauthier Masen de Montauban avait fait les croisades avec Saint Louis et qu'il aurait pu être canonisé lui-même, en parangon de vertu qu'il était.

Après avoir passé une heure dans mon lit à chercher un moyen de retarder l'introduction des nouvelles esclaves à leurs maîtres, je compris qu'il ne me servirait à rien de rester sous les couettes si je ne parvenais pas à trouver le sommeil. Et tant qu'à ne pas dormir, aussi bien mettre mes facultés intellectuelles à contribution et aller choisir parmi les ouvrages scientifiques de l'immense bibliothèque du château lequel ferait de moi un homme plus instruit au final. Mon frère Emmett aimait bien oublier ses tracas avec une ou deux bouteilles de vin en fin de journée. Je préférais m'abstenir de boire de l'alcool, désirant garder l'esprit clair en tout temps. D'ailleurs, je soupçonnais qu'Emmett s'était fait prendre au piège par la belle Rosalie Hale justement parce qu'il avait un verre de trop dans le nez.

La grande bibliothèque du château se trouvait au troisième étage, dans un coin isolé et peu fréquenté par le personnel des Volturi. Il m'arrivait d'y passer des heures sans rencontrer personne. Y avoir accès à tout moment du jour ou de la nuit faisait partie des fameux privilèges mentionnés par Aro. Il était autour de minuit lorsque j'y pénétrai, et j'eus tôt fait de m'installer dans un canapé bien rembourré et de m'absorber dans la lecture d'un traité d'astronomie écrit par l'allemand Johannes Kepler au début du siècle présent. Éventuellement, je finis par avoir les paupières lourdes. Je jetai un coup d'œil à l'horloge devant moi. Pas étonnant que j'aie commencé à me sentir somnolent, il était presque trois heures du matin, bon Dieu de merde. Pourvu que je ne sois pas obligé de me lever au chant du coq...

Je rangeai le livre à sa place et quittai les lieux. J'étais maintenant dans un tel état de fatigue, en fait, que j'avais l'impression d'évoluer dans un rêve. L'éclairage tamisé du couloir et de l'escalier que j'empruntai pour regagner mes appartements n'aidait en rien à me garder pleinement lucide. Même que je dus descendre très lentement et tenir la rampe de fer forgé pour ne pas perdre pied dans les marches à peine visibles sous ce semblant de lumière. Quelqu'un allait finir par faire une chute et se blesser gravement dans ces foutus escaliers mal nivelés et parfois glissants à cause de l'humidité ambiante à l'étage du gynécée et dans les soubassements. J'étais justement parvenu au palier où se situait l'entrée du sérail lorsque j'entendis du bruit dans la cage d'escalier, comme des pas étouffés, mais qui se rapprochaient rapidement. Bientôt, j'entendis une voix féminine à proximité, « Un petit effort, Alice, on y est presque! »

Je demeurai figé en bas des marches, dans l'expectative et vaguement confus. La voix qui avait prononcé ces mots d'encouragement appartenait à la marquise de Courville. Je l'aurais reconnue entre mille, même si j'avais eu peu d'occasion de l'entendre. Elle s'était adressée à la comtesse de Marillac. Or, on était au beau milieu de la nuit et normalement ces deux jeunes femmes auraient dû dormir à poings fermés dans leur dortoir.

Soudain, j'aperçus les deux esclaves à quelques mètres de moi, en haut de la volée de marches que je venais de descendre. L'impression de vivre un rêve plutôt que d'être réveillé s'accrut en voyant qu'elles ne portaient aucun vêtement pour recouvrir leur silhouette à la fois juvénile et toute en courbes harmonieuses. Cependant, je ne pus m'attarder à contempler Isabella et Alice dans leur tenue d'Ève, car elles étaient visiblement en train de fuir une menace et couraient pour y échapper. De toute évidence, elles cherchaient à retourner dans le harem au plus vite. C'est ainsi que dans sa hâte, Alice se tordit une cheville et culbuta jusqu'en bas des degrés. Elle aurait sans doute continué à rouler plus loin si je n'avais pas été dans son chemin pour l'arrêter. Je n'hésitai pas une seconde et détachai ma chemise pour en recouvrir la pauvre fille qui semblait avoir subi une commotion dans sa chute et qui gisait à présent inconsciente à mes pieds. En même temps que je me penchais pour dissimuler sa nudité, je ne pus m'empêcher de passer un commentaire à l'intention de la marquise de Courville, « Ne vous a-t-on jamais appris qu'il est très dangereux de courir dans un escalier? »

Isabella demeurait figée en haut des marches, comme si quelque chose lui avait enlevé la capacité de bouger et de parler. Je poursuivis, « Je ne porte jamais plus d'une chemise à la fois, hélas, Isabella. Alors soit vous rentrez directement au sérail, soit vous acceptez que tout le monde vous voie dans votre tenue d'Ève si vous m'accompagnez à l'infirmerie afin que la comtesse de Marillac soit examinée par mon père. »

Cette dernière phrase se voulait ironique, puisqu'à cette heure de la nuit tout le monde dormait sauf les seigneurs du palais, et donc le corps de statue de la demoiselle de Courville ne serait offert à la convoitise de personne. À part la mienne, bien entendu. Je préférais définitivement qu'Isabella décide de retourner au sérail, quitte à passer pour une ingrate qui ne se souciait pas du sort de son amie. Aussitôt que je l'avais vue toute nue à peu de distance de moi, j'avais senti mon sexe durcir dans mon pantalon. Saloperie de merde, comme si c'était le moment d'avoir une érection! Mais aussi, comment rester de marbre devant cette fille bandante comme ce n'était pas permis?

« Il me reste encore un soupçon de dignité, Edward, même si cela ne semble pas être le cas en ce moment. Sachez que je dois ma présente nudité aux manières bestiales de vos employeurs, et laissez-moi aller me recoucher, si vous êtes pour vous occuper d'Alice. Je vous fais pleinement confiance à son sujet, » répliqua-t-elle finalement en descendant lentement les marches et en soutenant mon regard.

Lorsqu'elle passa à côté de moi, je l'attrapai par le bras. Ce qu'elle venait de me dire méritait des éclaircissements.

« Êtes-vous en train de me dire que vous étiez chez Aro? » Demandai-je, incapable de cacher ma surprise et mon doute.

J'avais en effet peine à croire qu'Aro ait décidé d'user de son autorité afin d'obtenir les filles qu'il convoitait. Et pourtant, c'était à prévoir. Quel imbécile je faisais d'avoir pensé que je pourrais retarder la présentation d'Isabella à ses maîtres de plusieurs jours encore! La marquise devait m'en vouloir à mort en ce moment. Ne lui avais-je pas implicitement garanti qu'elle n'aurait pas à craindre pour sa vertu tant et aussi longtemps que la marque qu'elle portait au visage serait visible?

« Vous m'avez parfaitement entendue, » répliqua-t-elle les dents serrées.

Et j'avais aussi ressenti une espèce de fourmillement me traverser quand ma main était entrée en contact avec sa peau nue. C'était la deuxième fois en autant de jours que ce phénomène se produisait. Je m'avisai qu'Isabella fixait mon torse de manière insistante, et un frisson me parcourut en réalisant que je lui faisais de l'effet. Peut-être plus qu'elle ne l'aurait souhaité, d'ailleurs.

« J'avais déjà pourvu les Volturi en filles pour la nuit, pourtant, » marmonnai-je.

J'aurais dû laisser Isabella continuer son chemin et m'occuper d'aller porter Alice à mon père au plus pressant, mais j'étais incapable de me détacher d'elle. Elle avait replongé son regard dans le mien et m'envoyait des éclairs de désapprobation.

« Eh bien j'ai l'impression qu'à l'avenir il vous faudra réviser votre quota à la hausse, » riposta-t-elle en tentant de se dégager de ma poigne.

Mais il fallait au moins que je m'excuse si elle avait souffert de la brutalité de ses maîtres sans que j'eusse pu intervenir.

« Isabella, je suis désolé si les Volturi ont abusé de vous cette nuit, sincèrement, » lui murmurai-je au creux de l'oreille.

La marquise de Courville me dévisagea comme si je venais de la traiter de pute et de salope.

« Allez donc user de votre fausse affliction sur Tanya ou sur les autres carpettes du harem. J'aurais dû me douter dès le départ que vous n'étiez bon qu'à berner tout le monde, y compris les petites vierges de dix-neuf ans. Bonne nuit, Edward! »

Après m'avoir lancé son fiel, elle secoua son bras assez vigoureusement pour me faire enfin lâcher prise. Sa remarque m'avait fait l'effet d'un coup de poing en pleine poitrine. Croyait-elle vraiment que je feignais la contrition et qu'en vérité je me réjouissais qu'elle fût passée par les mains d'Aro? Je voulus lui dire qu'elle se méprenait complètement à mon sujet, mais elle était déjà rendue trop loin lorsque je sortis de mon état de choc.

« Putain de bordel, marquise! Vous ne l'emporterez pas au Paradis avec votre arrogance mal placée! » Jurai-je, assez fort pour qu'elle m'entende malgré la distance qui nous séparait désormais.

Je pris Alice Brandon dans mes bras et entrepris de remonter les foutus escaliers pour me rendre chez Carlisle.

oooooooooo

Lorsque je pénétrai dans les appartements de mon père, il parlait avec quelqu'un malgré l'heure ridicule. Je distinguai la voix du page Alec dans l'infirmerie, et je fis de mon mieux pour ne pas me faire entendre afin de pouvoir écouter la conversation en cours. Je restai debout dans le petit salon avec Alice qui pesait une plume toujours inerte dans mes bras, la tête appuyée sur mon torse nu. Tout à coup, elle ouvrit les yeux et reconnut mon visage à proximité du sien. Elle avait l'air désorientée. Je la déposai sur une causeuse, la recouvris avec une courtepointe qui traînait sur le rebord et lui fis signe de demeurer silencieuse en mettant un doigt sur mes lèvres.

« Mais enfin, Alec, pourquoi Aro ne peut-il se déplacer jusqu'ici pour se faire examiner? » Demandait mon père, qui semblait à bout de patience.

Avait-il seulement eu un moment de répit pour dormir durant les deux derniers jours?

« Maître Aro est indisposé en ce moment et ne peut faire deux pas sans hurler de douleur, » expliqua le page.

Je fronçai les sourcils. Aro qui souffrait tellement qu'il en était incapable de marcher? Que diable lui était-il arrivé? Isabella ne venait-elle pas de me confier qu'elle sortait justement de chez lui?

Triple idiot, Edward! Isabella ne sortait pas de chez Aro, elle fuyait les trois frères Volturi avec Alice!

De l'endroit où je me trouvais dans le salon, je ne pouvais être vu de quiconque quittait les lieux. Je vis donc mon père suivre Alec en dehors de ses quartiers et refermer la porte derrière lui, mais lui-même n'avait pas réalisé que j'étais chez lui.

« Monsieur de Morvalle, je crois que je me suis cassé une jambe, » se lamenta faiblement Alice en essayant de se redresser quand elle fut certaine que le serviteur n'était plus là.

« Mademoiselle de Marillac, étiez-vous en train de vous enfuir de chez les Volturi quand vous avez trébuché dans l'escalier? » Demandai-je de ma voix la plus veloutée pour ne pas l'effrayer.

Mais Alice Brandon se recroquevilla sur elle-même en entendant prononcer le nom de ses trois maîtres. Elle semblait profondément traumatisée et commença à sangloter.

« S'il vous plaît, monsieur Cullen, ne…ne me ramenez pas là-haut, » souffla-t-elle en essayant de retenir ses larmes.

Salaud d'enculé d'Aro qui avait choisi de s'amuser avec la plus vulnérable des trois nouvelles prisonnières!

« Je n'ai pas l'intention de vous retourner à vos maîtres, mademoiselle Brandon, j'essaye simplement de comprendre ce qui s'est passé quand vous vous êtes retrouvées dans leur chambre, » dis-je gentiment.

« Celui qui s'appelle Aro a voulu me tripoter et Bella s'est interposée, » répondit Alice en reniflant bruyamment.

« Vous voulez dire que la marquise de Courville a tenté de vous protéger? » Questionnai-je encore.

Je voyais bien que la jeune femme était embarrassée de me raconter ce qui venait de lui arriver. Cependant, j'avais besoin de connaître l'état de mon employeur, ne serait-ce que pour me préparer moi-même à affronter sa fureur si Alice confirmait mes soupçons, à savoir qu'Isabella Swan ne s'était pas laissée malmener sans réagir.

« Bella a expliqué au vieux vicieux que je n'avais pas encore reçu de formation et elle lui a suggéré de… de s'amuser avec elle à la place, » bafouilla l'esclave en rougissant.

Putain de merde, qu'est-ce que le salopard était donc allé faire à la jeune noble? Je me retins pour ne pas frapper dans un mur tellement j'en voulais à cet homme sans morale, et j'essayai de me rappeler si elle avait des marques de fouet sur le corps, mais seule l'image de ses courbes bien dessinées me revenait en mémoire.

« Alice, vous avez entendu comme moi le page Alec dire au docteur Cullen qu'Aro n'était plus en mesure de marcher. Pouvez-vous m'éclairer à ce sujet? » M'enquis-je d'une voix encore plus douce.

« C'est que…maître Aro a demandé à Bella de le servir avec sa bouche. Elle a profité de l'occasion pour lui mordre la verge…, » murmura la jeune femme. Elle avait l'air d'être sur le point de mourir de honte.

Et moi je faillis éclater de rire devant elle. Si vraiment la demoiselle de Courville avait eu assez de cran pour mordre le membre viril d'Aro, il avait eu ce qu'il méritait et c'était bien fait pour lui s'il avait mal au point d'être incapable de sortir de sa chambre.

« La marquise de Courville a mordu la bite de son maître? Sérieusement? »

Alice fit un signe affirmatif de la tête. Mais son expression se rembrunit aussitôt.

« Je vous en supplie, ne la punissez pas, monsieur le comte. Elle voulait seulement qu'Aro arrête ses attouchements sur ma personne, » reprit-elle en sanglotant de plus belle.

La comtesse de Marillac semblait elle aussi se faire de fausses idées à mon sujet. Elle avait l'air de croire que j'étais un homme sans principes et sans intégrité au même titre que les seigneurs de Volterra.

« Alice, » tentai-je d'expliquer en soupirant, « je suis déjà assez atterré par ce que vous avez été forcées de subir cette nuit, je ne vais certainement pas en rajouter. Et croyez-moi si je vous dis que je ne suis pas du tout mécontent du comportement de votre amie Isabella. C'est très généreux de sa part d'avoir agi comme elle l'a fait pour vous éviter le pire, et Aro n'avait qu'à attendre que je décide du moment opportun pour vous envoyer à lui au lieu de manquer de la patience la plus élémentaire. »

Je ne voulais pas avouer à Alice que sa compagne risquait de devoir affronter la colère de son maître, par contre. Je me refusais d'y songer moi-même, tellement cette éventualité me révoltait. Sans compter qu'il allait sans doute me tomber dessus par la même occasion. Mais pour l'heure, le sort de la comtesse avait préséance sur tout le reste.

« Je vais devoir vous transporter à l'infirmerie pour que Carlisle puisse vous examiner à son retour, mademoiselle Brandon, » poursuivis-je donc.

J'essayai de l'envelopper complètement dans la courtepointe avant de la soulever à nouveau. Elle se laissa faire et m'observa plus intensément; ses grands yeux de biche me fixaient comme si elle me voyait pour la première fois. Je traversai dans l'autre pièce pendant qu'elle me confiait, « Vous n'êtes pas la brute que j'imaginais, Edward. Je crois que Bella vous a totalement mésestimé. »

« Tout dépend de ce qu'elle vous a raconté à propos de moi, » répondis-je placidement.

Je déposai Alice dans un des lits inoccupés de l'infirmerie. Elle poussa un cri de douleur, et je m'avisai que son genou gauche était bleu et enflé.

« Je pense que vous aviez raison, mademoiselle de Marillac. Vous semblez avoir une fracture à la hauteur de votre genou gauche. Cependant, seul mon père pourra le confirmer et vous traiter de manière appropriée. »

Juste comme je mentionnais Carlisle, j'entendis la porte s'ouvrir. Quelques secondes plus tard il pénétrait dans la salle de premiers soins.

« Ah, Edward! Tu ne veux pas savoir dans quelle situation épineuse tu risques de te retrouver très bientôt, » commenta le médecin en me voyant.

Mais il s'interrompit en apercevant Alice qui se lamentait sans arrêt à présent.

« Doux Jésus! Qu'est-il arrivé à cette petite? » Demanda-t-il en s'approchant du lit dans lequel je venais de l'installer.

« Alice Brandon a fait une chute dans les escaliers en s'enfuyant de chez les Volturi, Carlisle, » expliquai-je brièvement. « Je pense qu'elle s'est fracturée le genou en tombant… »

Mon père se pencha et souleva la couverture pour examiner la blessure de la comtesse. Il palpa l'enflure, ce qui fit hurler l'esclave encore plus fort.

« Pas que je me réjouisse de vous voir si mal en point, mademoiselle la comtesse, mais très sincèrement, je préfère vous avoir sous ma surveillance en ce moment, » dit-il à voix basse.

Son visage était sérieux comme la mort.

« Pourquoi me dites-vous cela, monsieur de Morvalle? » S'inquiéta la patiente.

Mon père éluda sa question et lui dit plutôt, « Je vais vous donner une tisane anesthésique afin de pouvoir m'affairer sur votre cassure sans que vous ne sentiez la douleur. Je vais aussi vous donner un somnifère, car vous avez grandement besoin de vous reposer après les émotions que vous venez de vivre. »

Il m'entraîna dans le petit salon pour poursuivre la conversation à l'abri des oreilles de la jeune femme blessée.

« Est-ce que la comtesse de Marillac t'a raconté ce qui s'est passé là-haut? » M'interrogea-t-il gravement.

Il n'y avait plus de couleurs dans son visage encore jeune.

« Alice m'a dit que la marquise de Courville avait mordu le sexe d'Aro, Carlisle, si c'est ce que tu veux savoir, » répondis-je le plus calmement possible, bien que je sentais un début d'appréhension m'envahir.

« Si fait, Edward, Isabella a mordu le pénis de son maître. Et elle n'a pas lésiné avec ses dents, la demoiselle. Elle l'a déchiré et j'ai été obligé de le recoudre. Pour une fois, il aura goûté à sa propre médecine! »

Oui, nous étions définitivement d'accord qu'Aro n'avait pas volé le supplice qu'Isabella lui avait fait endurer. Mais il y avait un revers à ce constat, malheureusement.

« Et que va-t-il arriver maintenant? Cela doit être perturbant si tu crains de mettre Alice Brandon dans la confidence, » fis-je remarquer en dévisageant mon père.

« Aro veut que les deux esclaves qui sont responsables de son calvaire subissent un châtiment exemplaire, Edward, » soupira Carlisle en allant chercher le matériel nécessaire pour traiter la comtesse.

« Il n'est pas question que je punisse cette pauvre petite qui a failli se casser le cou il y a moins d'une heure! » M'emportai-je. « De toute façon, elle n'y est pour rien dans cette affaire, putain de bordel! »

À cet instant précis, j'aurais voulu me cogner la tête sur la table qui trônait au milieu du salon de Carlisle tellement je m'en voulais de ne pas être indifférent au sort de la marquise de Courville. Mon père revint vers moi et tenta de me raisonner, « Calme-toi, Edward. C'est exactement pour ça que j'ai dit à Alice que je la voulais sous ma surveillance… »

« Mais il reste Isabella, bon Dieu de merde! » Coupai-je sèchement mon père.

« Je sais, mon fils, mais c'est ton travail de punir les esclaves récalcitrantes. Et même si Aro mérite amplement ce qui vient de lui arriver, il n'en demeure pas moins qu'Isabella a commis une faute grave cette nuit en désobéissant aux ordres qu'il lui avait donnés. »

Comment Carlisle pouvait-il accepter la situation aussi aisément et trouver des excuses à Aro?

« Non mais je rêve, ou quoi? Aro voulait que la marquise lui suce la bite, sacrebleu! Et je n'ai même pas encore eu le temps de lui montrer comment satisfaire un homme manuellement, alors pour le reste… »

« Aro a menacé de torturer les autres esclaves si tu laisses Isabella se tirer indemne de cette nuit qui s'est mal terminée pour lui, Edward, » se justifia mon père.

Je fronçai les sourcils.

« Explique-toi, Carlisle. Car de mon point de vue, Aro et ses frères utilisent déjà la torture sur leurs esclaves. »

« Je te parle ici de brûlures, de coupures, d'écartèlement sur la roue et de mutilations sexuelles intentionnelles, mon fils. Pas des petits 'accidents' dont j'ai l'habitude, » précisa le médecin.

Je commençai à faire les cent pas dans la pièce. Aro me tenait par les couilles, foutue merde! Et en ce moment, je n'avais même plus l'énergie pour réfléchir à une alternative; j'étais vanné.

« Va te coucher avant de t'effondrer dans mon parloir, Edward. Tes yeux sont rougis par la fatigue, » constata Carlisle.

« Je doute fort que je parviendrai à dormir après ce que tu viens de me révéler, » dis-je avec un rictus d'amertume.

Mais j'écoutai mon père malgré tout, et je pris congé de lui pour le laisser s'occuper d'Alice. Dix minutes plus tard je parvenais à trouver le sommeil, non sans avoir tenté d'imaginer la réaction d'Isabella Swan la prochaine fois que je l'approcherais.

oooooooooo

Vers midi en cette journée du mardi 18 septembre, trois jours après l'arrivée des nouveaux esclaves à Volterra, Aro, Caius et Marcus demandèrent à me voir dans la chambre qu'ils partageaient lors de leurs nuits de débauche. Je savais exactement à quoi m'attendre durant cette entrevue avec mes employeurs. Ils avaient même pris la peine de renvoyer Kate et Jessica avec le page Alec au lieu de faire appel à mes services pour les reconduire au sérail. Je ne frappai pas à la porte et entrai directement dans la pièce surdimensionnée. Qu'Isabella et Alice soient parvenues à s'enfuir aussi facilement de l'endroit relevait de la pure chance. D'habitude, Aro me demandait de verrouiller la porte de l'extérieur avant de retourner chez moi jusqu'à nouvel ordre. Mais hier, ayant convoqué Alec au beau milieu de la nuit, il devait avoir oublié que le page n'était pas familier avec ses exigences particulières.

« Je dois avouer que je suis très déçu de ces nouvelles recrues qui sont ici depuis samedi, Edward, » me dit Aro de but en blanc.

Qu'est-ce que l'imbécile voulait que je réponde à ça? Je savais déjà où il voulait en venir, grâce à Carlisle. Je préférai le laisser continuer son petit sermon.

« Cette fille qui se prénomme Isabella a tenté de m'arracher mon bien le plus précieux, saloperie de bordel! Qu'as-tu à dire pour ta défense, Edward? » Demanda-t-il de sa voix rauque et monocorde.

Isabella et Alice devaient avoir été terrifiées en entendant cette voix digne des pires cauchemars.

« Je suis ici pour subir un procès? » Questionnai-je en retour, sarcastique.

« Tu sais très bien ce que je veux dire, mon grand. Et je te prierais d'avoir l'air moins arrogant lorsque tu t'adresses à moi, si tu tiens à garder ton emploi au château, » rétorqua l'aîné des Volturi.

Ma foi, si ce n'était de ce que mon père m'avait confié hier, à propos de soumettre les femmes du harem à de véritables tortures, j'aurais envoyé promener Aro sur le champ. J'essayai d'avoir une expression plus sérieuse pour lui répondre.

« Mais, très cher Aro, où aviez-vous la tête lorsque je vous ai expliqué que les nouvelles esclaves n'avaient pas encore été entraînées à votre convenance? Sachez que je prends mon travail très à cœur et que quand je forme une esclave, j'aime à m'assurer de ses talents avant de vous la refiler. Or, il se trouve que les deux jours dont j'ai pu bénéficier jusqu'à maintenant pour dresser ces nouvelles filles étaient loin d'être suffisants pour parvenir à quoi que ce soit avec elles. Cette Isabella qui vous a mordu le sexe la nuit dernière est un cas extrême qui demande une attention spéciale… »

« Et elle va l'avoir, cette attention, tu peux me croire! » Me coupa vivement Aro. « C'est justement pour ça que je t'ai fait venir ici, même si j'ai déjà renvoyé Kate et Jessica plus tôt dans la matinée. Je veux que tu m'aides à me rendre jusqu'à ta salle de dressage afin de m'assurer que tu ne bâcles pas la correction que cette fille mérite! »

Si d'aventure j'avais caressé l'idée d'inventer un mensonge pour éviter à Isabella d'avoir à supporter un châtiment exemplaire, ce projet venait de s'envoler en fumée. Je ne pouvais pas me désister, car je devais jouer mon rôle de dompteur d'esclaves froid et sans émotions devant mes patrons, même si en réalité leur comportement dépravé m'indignait de plus en plus. Je jetai un coup d'œil en direction de Caius et Marcus qui discutaient à l'autre extrémité de la chambre, confortablement installés devant l'âtre.

« Souhaitez-vous également assister à la punition de l'esclave Isabella, messieurs? » M'enquis-je à l'intention des deux frères.

« Ces deux-là n'ont pas assez de contrôle pour regarder une femme se faire humilier et châtier, Edward. Ils risqueraient d'éjaculer dans leur pantalon à la simple vue de cette fille recevant les quinze coups de fouet et les cinq coups de canne que je veux te voir lui administrer, » commenta Aro, comme s'il venait de me raconter que ses frères faisaient encore pipi au lit.

Je déglutis silencieusement avant de hausser les épaules. Ce soir, je ne vaudrais pas mieux que ces crapules aux yeux de la marquise de Courville. Foutus Volturi à la con…

« À votre guise, Aro, » dis-je entre mes dents.

L'homme se dirigea lentement vers moi et m'agrippa le bras afin que je lui serve de soutien. Je me demandais combien de temps sa blessure allait l'indisposer de la sorte. Il avait 55 ans, mais en ce moment il se déplaçait comme s'il en avait 90. Nous quittâmes la chambre et cela dut nous prendre une bonne demi-heure pour atteindre le couloir sobrement éclairé qui menait à mes quartiers. Quelques minutes plus tard, je faisais asseoir Aro dans un canapé que j'avais toujours à ma disposition dans la salle de discipline.

« Vous allez devoir patienter un petit moment, Aro, car l'esclave Isabella ignore qu'une séance punitive lui est destinée à cette heure précise. Il se peut qu'elle soit en train de se détendre à la salle d'eau avec la duchesse d'Essanges…, » m'excusai-je en retournant vers la porte.

« Et l'autre petite garce? Où se cache-t-elle? » M'interrompit le désaxé sexuel.

Je dus faire un effort pour saisir à qui Aro faisait allusion.

« Vous parlez de la comtesse de Marillac? Elle s'est cassée une jambe en tombant dans les escaliers après s'être éclipsée de votre chambre. Si vous envisagiez de la voir recevoir une correction elle aussi, j'ai bien peur que cela soit impossible aujourd'hui, » répondis-je avec un air faussement désolé.

Je sortis de la pièce avant de péter les plombs et d'étrangler cet homme qui, j'en étais sûr, voulait tester ma loyauté envers lui et mon indifférence envers les femmes dont j'avais la responsabilité. Je remontai à l'étage du gynécée et allai demander que l'on fasse venir la marquise de Courville. Elle se présenta à l'entrée presque tout de suite, et ses traits se durcirent quand elle m'aperçut. La marque sous son œil était en train de pâlir, redonnant toute sa beauté à son visage. Elle portait en outre un ensemble couleur lilas qui rehaussait l'éclat de sa peau au grain parfait.

« Je vous en prie, Edward, cessez de me dévisager comme si vous vous apprêtiez à me conduire à l'échafaud, » ironisa-t-elle, comme pour masquer sa nervosité.

Tout compte fait, peut-être qu'elle savait pourquoi j'étais venu la chercher…

« Isabella, Aro nous attend dans ma salle de dressage, » articulai-je péniblement.

La marquise soutint mon regard, mais ses yeux s'agrandirent en réalisant le sens de mes paroles.

« Tiens donc! Cet être ignoble commencerait-il à manquer de confiance en vos capacités disciplinaires? »

Pourquoi, aussi, fallait-il que cette jeune femme soit si perspicace?

« Aro vous en veut terriblement pour ce que vous lui avez fait subir la nuit dernière, » poursuivis-je en la guidant vers l'escalier en serpentin qui descendait chez moi.

« Il n'est pas fâché contre vous? » Demanda-t-elle timidement.

Je regardai Isabella plus attentivement en relevant un sourcil. Soudain, tout devint clair dans mon esprit. Elle avait sans doute mordu Aro pour prouver mon inaptitude à lui enseigner comment faire une pipe, voulant me faire passer pour un incompétent. Le problème, c'est que sa petite démonstration était en train de se retourner contre elle.

« Certainement qu'il est en furie contre moi, Isabella. Par contre, le fait que vous ne sachiez pas comment le servir avec votre bouche n'y est pour rien du tout. Figurez-vous que je lui ai expliqué que je n'avais tout simplement pas eu le temps de vous apprendre l'art de la fellation. Aussi, j'espère que vous l'avez mordu autant par malice que pour démolir ma réputation auprès des Volturi, sans quoi vous allez doublement vous en mordre les doigts tout à l'heure, » ripostai-je froidement.

Après tout, pourquoi éprouver de la pitié pour une esclave qui avait délibérément agi pour me nuire? Mais il est vrai qu'elle me détestait. Alors forcément qu'elle chercherait à se venger de moi par tous les moyens à sa disposition. Pouvais-je vraiment l'en blâmer? De plus, elle avait voulu protéger la trop vulnérable Alice; c'est dire qu'elle ne manquait pas de cœur… Décidément, je ne savais plus quoi penser de cette fille et encore moins comment me comporter avec elle. Aro voulait que je me montre impitoyable envers elle, mais n'avais-je pas avoué à mon père que je tentais de la protéger moi aussi, même si de manière différente que son laquais?

« Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, Edward, » répliqua Isabella en baissant les yeux.

De toute façon, il valait mieux qu'elle regarde où elle posait les pieds dans ce maudit escalier qui n'en finissait pas de tourner. Je soupirai. C'était l'occasion ou jamais d'essayer de me racheter.

« Mademoiselle Swan, Aro exige que vous receviez un châtiment exemplaire… »

« Doux Jésus, monsieur le comte, comme cette perspective doit vous être pénible! » Me coupa-t-elle en usant encore de sarcasme pour dissimuler son appréhension.

« Pour l'amour du ciel, cessez de m'interrompre et écoutez ce que j'ai à vous dire! » Finis-je par lancer en élevant le ton. Je n'en pouvais plus de m'exprimer aussi formellement avec elle. Je voulais me rapprocher d'elle. Je lui dis plus bas et plus doucement, « Aro veut se venger de toi et il veut s'assurer que tu vas souffrir, Isabella, comme il a souffert de ta morsure. Or, je veux que tu saches que je n'ai pas le choix de lui obéir, mais que je n'y prendrai aucun plaisir, contrairement à ce que tu sembles penser. »

Cette fois-ci, c'est elle qui fronça les sourcils.

« Vous voulez que je regrette d'avoir mordu Aro, oui ou non? Je croyais que vous preniez votre pied à battre les femmes, » reprit Isabella, confuse.

Mon comportement devait lui paraître contradictoire au possible.

« Isabella, le genre de punition que je viens de mentionner ne m'est jamais plaisant à administrer, même si j'aime me retrouver en situation de pouvoir. Au mieux cela me laisse indifférent, au pire j'ai de la difficulté à aller jusqu'au bout. Et vois-tu, marquise, il se trouve que tu es différente des autres esclaves du harem, et que je suis incapable de demeurer insensible avec toi. »

Je la vis sourire tout à coup. Nous étions devant la porte de ma salle de jeux, et j'avais encore des choses à clarifier avec elle.

« Je sais, le docteur Cullen m'a expliqué, » se contenta-t-elle de murmurer.

« Tu as parlé à mon père? » Questionnai-je, surpris.

« Oui, lorsque je suis allée chez lui hier matin pour avoir des nouvelles de Jacob. »

Cette fille n'en ferait probablement toujours qu'à sa tête. J'allais devoir être très patient avec elle…

« Eh bien, il semblerait qu'Aro se soit rendu compte de ce manque d'indifférence de ma part, et cette maudite punition qu'il veut me voir te donner va être aussi pénible pour moi que pour toi, d'une certaine manière, » expliquai-je.

« Si je comprends bien, Edward, vous m'avertissez à l'avance de ne pas vous en vouloir si vous me faites mal dans les minutes qui vont suivre, c'est bien cela? » Interrogea-t-elle en cassant sa voix.

« Je vais essayer de ne pas y aller trop vigoureusement, mais je ne peux pas te garantir que tu ne resteras pas marquée malgré tout. De ton côté, tu devras avoir l'air de subir une douleur intense, comme si chaque coup allait te faire perdre conscience, si tu veux qu'Aro ait l'impression que j'obéis strictement à ses ordres. Tu t'en sens capable? »

Mon interlocutrice ne dit rien mais fit un léger signe de tête affirmatif. C'était le plus que je pouvais faire pour elle et c'était bien peu, mais au moins elle saurait à quoi s'en tenir à mon sujet.

« Pardonne-moi, » lui chuchotai-je à l'oreille en ouvrant la porte et en la propulsant violemment à l'intérieur de la pièce. Elle se retrouva sur le sol parmi les coussins, et je me précipitai sur elle pour la relever brusquement et la traîner devant Aro.

« Tu n'en feras donc jamais d'autres, espèce de maladroite? Viens par ici saluer ton maître, sale petite vermine! » La grondai-je sévèrement.

Isabella se laissa mener devant Aro, puis elle secoua vivement le bras que je faisais mine de serrer.

« Lâchez-moi, maudite ordure! » S'écria-t-elle, faussement offusquée.

« Où voulez-vous que j'installe cette esclave réfractaire, Aro? » M'enquis-je à mon employeur, bien que je savais parfaitement ce qu'il allait me répondre.

Il contemplait maintenant Isabella avec concupiscence, et je dus prendre de grandes respirations pour me calmer et avoir l'air glacial et détaché. La marquise de Courville méritait d'être adorée comme une déesse, et ce gros porc s'apprêtait à jouir de la voir se faire humilier et fouetter, putain d'enfer!

« Je la veux juste devant moi, Edward, là où il y a des fers fixés au plancher et des chaînes suspendues au plafond. Ah! Ah! Elle n'aura plus envie d'insulter ses maîtres après la volée que je m'apprête à lui donner… »

Je sentis mon sang se glacer dans mes veines. Sûrement que j'avais mal entendu la dernière phrase du despote.

« Mais, Aro, quand vous étiez en présence de vos frères vous m'avez dit que vous vouliez que ce soit moi qui me charge de la correction de l'esclave Isabella, » fis-je remarquer d'une voix que j'essayais de garder posée, malgré ma nervosité grandissante.

Si je n'avais pas le contrôle sur la punition de la jeune femme, elle allait véritablement passer un très mauvais moment.

Cesse de peser tes mots, mon vieux. Tu sais très bien qu'Aro risque de mettre le dos d'Isabella Swan en lambeaux!

« J'ai changé d'idée, mon grand. Vois-tu, j'ai besoin de me faire la main moi aussi, pour le jour où tu décideras de quitter ce palais afin d'aller user de tes charmes ailleurs… »

Isabella me jeta un regard désespéré, mais il n'y avait rien que je pouvais faire, à ce stade-là. Sauf, bien sûr, si elle voulait me voir me transformer en meurtrier.

« Qu'est-ce que tu attends, Edward? » Demanda Aro quand il me vit hésiter. « Ne reste pas planté là comme un idiot. Attache la prisonnière et enlève-lui ses vêtements, bon Dieu de merde! »

Je plaçai la marquise de Courville de façon à pouvoir lui enserrer les chevilles dans les anneaux qui étaient à une distance d'un mètre l'un de l'autre. Elle allait être très inconfortable dans cette position, les jambes écartées à outrance et ses parties intimes exposées à la vue de l'obsédé sexuel à qui j'avais vendu mon âme. Je levai ensuite ses bras pour entraver ses poignets dans les chaînes suspendues au dessus de sa tête. À ce moment précis, je regrettais amèrement d'avoir ces foutues chaînes à ma disposition. Aro m'observait et semblait désapprouver mes méthodes. Il se leva péniblement et s'approcha de la captive qui était à présent totalement à sa merci.

« Va me chercher tes fouets et tes cannes, Edward, au lieu de prendre plus de temps que nécessaire pour préparer Isabella. Je vais m'occuper de dévêtir cette salope en attendant. Tu m'as l'air de manquer singulièrement d'autorité avec elle, mon garçon. À moins que tu ne prennes cette fille en pitié? Mais pense donc à ce qu'elle m'a fait subir au lieu d'avoir l'air de la plaindre, pauvre con! »

J'allai fouiller dans une armoire pour rapporter les accessoires demandés par Aro, et en revenant vers Isabella je m'avisai qu'elle avait le regard mort et la même expression que la première fois qu'elle était passée dans cette chambre. Elle venait de se couper du monde extérieur pour tenter de se soustraire au traumatisme imminent. Son maître ne se contenta pas de lui retirer délicatement les différentes pièces de sa toilette vaporeuse. Il déchira le tissu en deux temps trois mouvements, et elle se retrouva nue sans y avoir consenti une fois de plus. Je devais aussi admettre que c'était une fois de trop.

« Viens t'asseoir ici et regarde comment on doit traiter une esclave indocile, Edward, » m'ordonna Aro.

Il n'y avait plus de doute possible; Aro voulait bel et bien me punir moi aussi. Et il avait choisi le plus insupportable des supplices auquel il aurait pu me soumettre: être obligé de regarder la seule femme au monde qui ne me laissait pas indifférent au-delà du désir charnel se faire bafouer impunément.

Tout à coup, je me sentis vulnérable comme un petit garçon à qui on voulait donner une leçon. Je m'assis lourdement sur le divan.

Aro commença par promener ses doigts boudinés sur la poitrine d'Isabella, mais cette dernière avait baissé la tête pour cacher son regard, et il m'était donc impossible de juger si elle était paniquée, révoltée ou tout simplement résignée. Ses mamelons avaient durci dès qu'elle n'avait plus eu de vêtements pour la couvrir, car je n'avais pas eu le temps d'allumer un feu dans l'âtre qui occupait un coin de la salle, et c'est tout juste si on ne grelottait pas dans la pièce. Je vis le vieux libidineux s'emparer d'un des seins de la marquise et en pincer le bout dans un geste brusque avant de prendre un malin plaisir à l'étirer jusqu'à déformer le galbe tout entier. Je m'attendais à ce qu'Isabella pousse un cri de douleur, mais elle demeura stoïque. Moi, par contre, j'étais incapable de la laisser se faire toucher ainsi sans réagir.

« Dois-je vous rappeler, Aro, que ce n'est ni l'heure ni le lieu pour vous adonner à vos vices favoris sur cette petite diablesse? Vous êtes ici pour lui donner un châtiment exemplaire, pas pour satisfaire votre envie de chair fraîche! »

J'espérais vraiment qu'Aro prenne ma remarque en considération et qu'il arrête de tripoter Isabella de manière aussi odieuse, même si la suite risquait d'être pire. Il ne répondit rien et se pencha laborieusement pour ramasser un des fouets que j'avais mis à sa portée. Il en évalua la rigidité et dut la trouver satisfaisante car il se mit aussitôt à faire pleuvoir les coups sur le dos de la jeune noble. Je faisais mentalement le compte après chaque coup, surveillant la réaction de l'esclave, ou plutôt son apathie face au supplice, et je poussai un soupir de soulagement quand Aro fit claquer le fouet sur la peau d'Isabella pour la quinzième fois. Mais apparemment, il avait également changé d'idée à propos du nombre de coups qu'il voulait la voir recevoir, car il continua de plus bel et s'attaqua cette fois-ci au postérieur et aux cuisses de la captive. Comme elle me faisait face, je ne voyais pas l'état de son dos. En fait, tout ce que je voyais c'était son corps qui balançait vers l'avant chaque fois que l'instrument de discipline entrait en contact avec sa peau. Je décidai de me lever et d'aller vérifier les dommages. De toute façon, Aro était en train de dépasser les bornes et je me devais d'intervenir. Et Dieu seul sait ce qui serait advenu de la marquise si j'avais attendu davantage. Son dos était complètement ensanglanté, et je n'arrivais pas à voir la profondeur des lacérations, mais il y en avait partout; de sa nuque jusqu'à ses mollets en passant par son entrejambe. Inutile de dire qu'à un moment donné pendant qu'elle se faisait martyriser, Isabella s'était évanouie. J'arrachai le fouet qu'Aro tenait toujours dans sa main droite, et je le regardai dans le blanc des yeux. Je savais l'effet que mon regard avait sur n'importe quel interlocuteur.

« Ça suffit comme ça, Aro, vous avez eu votre revanche! La petite a beau être malicieuse, elle ne méritait pas de se faire écorcher vive. Et puis d'ailleurs, honnêtement, à quoi cela vous aura-t-il servi? Hier soir vous vous plaigniez que je ne vous amenais pas les nouvelles filles assez vite. Vous n'avez pas voulu patienter, et à cause de ce que vous venez de faire vous allez devoir attendre encore plus longtemps avant de pouvoir vous amuser avec celle-ci! » Dis-je à mon employeur, contenant à peine ma rage.

« Je ne sais pas ce qui m'a pris, Edward. Je…je n'arrivais plus à m'arrêter, » bafouilla Aro. Il méritait que je le gifle et que je le sorte de ma salle de dressage à coups de pieds dans le cul.

« C'est justement pour ça que c'est moi qui m'occupe de dompter ces femmes, Aro. C'est un travail qui demande énormément de contrôle, et qui n'est pas à la portée du premier venu. Tâchez de vous en rappeler, à l'avenir, au lieu de me traiter de con! » Conclus-je sèchement.

Je fis chercher le page Alec pour qu'il se charge de ramener Aro à ses appartements. Je devais me consacrer à Isabella au plus vite. Depuis combien de temps avait-elle perdu connaissance? Je la libérai de ses chaînes et l'étendis par terre afin de la recouvrir avec un des draps du grand lit. Je la transportai ensuite de l'autre côté du couloir pour l'installer dans ma chambre où je pourrais l'examiner à loisir. Je devais d'abord nettoyer son dos pour connaître l'ampleur de ses blessures. Heureusement que je n'avais pas besoin de l'aide de Carlisle pour accomplir cette tâche, car il était sûrement débordé en ce moment avec Jasper, Jacob et Alice dans son infirmerie.

Une fois qu'Isabella fut étendue dans mon lit, je me demandai si c'était une bonne idée de la faire revenir à elle tout de suite. Lorsqu'elle serait consciente, elle recommencerait à sentir la douleur, et tout ce que j'avais en ma possession pour atténuer celle-ci était l'herbe soporifique dont je m'étais servi pour endormir Jacob Black à l'auberge de Carmen Denali. Finalement, je décidai de ne pas la sortir de son état d'inconscience. Elle respirait lentement et de manière à peine perceptible, mais son pouls était normal. J'allai préparer une bassine d'eau fraîche dans ma salle de bain privée et je revins avec plusieurs serviettes et bandes de coton. Même avant d'entreprendre le nettoyage de ses plaies je pouvais voir que la condition de la marquise de Courville était encore pire que celle de son laquais. En effet, Jasper s'était concentré sur une zone bien déterminée du dos de Jacob, alors qu'on eût dit qu'Aro avait donné des coups de fouet au hasard et sur toutes les parties du corps d'Isabella qui lui étaient accessibles par derrière. Ma parole, si je ne l'avais pas stoppé, il aurait contourné l'esclave et se serait attaqué au reste de son anatomie. Espèce de détraqué! Si la jeune femme dont j'avais à m'occuper ne se remettait pas intégralement de son traumatisme, j'allais étriper l'enfoiré qui en était responsable et je lui ferais bouffer ses intestins avec sa merde à l'intérieur!

Il me fallut plusieurs minutes pour parvenir à enlever tout le sang séché dans le dos et derrière les jambes de la captive. Je croyais que mes mains qui s'affairaient sur elle allaient finir par la sortir des limbes, mais il n'en fut rien, même après avoir appliqué de la crème à l'arnica sur la multitude de lésions qui marquait son corps désormais. Or, je ne pouvais pas lui enserrer le tronc sans qu'elle soit lucide, sinon je risquais de faire un pansement trop serré et la blessée pourrait suffoquer. Lui tapoter vigoureusement les joues n'avait donné aucun résultat, et je me répugnais à lui lancer de l'eau à la figure après ce qu'elle venait d'endurer. Il y avait peut-être un moyen de la faire revenir à elle en douceur, mais la dernière fois que j'y avais eu recours, Isabella s'était sentie trahie par mon manque de respect envers elle. M'en voudrait-elle d'essayer d'éveiller ses sens pour la ramener à la dure réalité qui l'attendait? Peut-être qu'elle ne s'en souviendrait pas une fois revenue à elle. D'ailleurs, est-ce que mes caresses allaient réussir à la rendre consciente? Il n'y avait qu'une façon de le savoir.

J'entrepris de lui masser délicatement l'intérieur des cuisses. Par expérience, je savais que le corps d'une femme pouvait réagir à des stimulations par simple réflexe, et que la dame qui se faisait stimuler n'avait pas besoin d'être présente mentalement pour que cela se produise. Je devais avouer que j'avais profité bassement de cette avantageuse disposition de la gent féminine par le passé. Il ne m'aurait par contre servi à rien de m'attarder longuement sur une zone moins érogène, et je promenai ma main de plus en plus près de sa chatte endormie. Je ne voulais pas entrer mes doigts trop profondément en elle puisqu'elle était, à ma connaissance, toujours neuve, mais je voulais tout de même m'assurer que mes effleurements étaient en train de l'exciter un tant soit peu comme je l'avais prévu. Je fis pénétrer deux doigts dans l'ouverture de son vagin, et je ne pus m'empêcher de soupirer d'aise en les ressortant. Isabella était déjà toute humide. Cela s'annonçait bien pour la suite. Et tant pis si elle ne se rappelait que vaguement de l'orgasme que je m'apprêtais à lui procurer. Parce que ce n'était que partie remise. J'allais m'assurer, dans les prochains jours, qu'elle prenne tellement son pied avec moi qu'elle en oublie jusqu'au nom de celui qui l'avait violentée de manière aussi extrême.

Après tout, j'avais maintenant des raisons très valables de garder Isabella chez moi. D'abord, je me devais de la protéger contre la folie d'Aro. Ensuite, tout le plaisir que j'avais l'intention de lui donner allait libérer des endorphines dans son corps, ce dont elle aurait farouchement besoin pour amoindrir la douleur qu'elle ne manquerait pas de ressentir à cause de ses foutues lacérations. Je souris en reprenant mes caresses dans les doux replis de son intimité.

Chères amies, comme vous pouvez le constater, le meilleur est à venir…

Voulez-vous avoir le point de vue de Bella sur cette journée fatidique?

J'ai pris beaucoup de liberté ici pour les besoins de l'histoire; le mot endorphine fait partie du vocabulaire de la médecine moderne.

Je sais, j'utilise beaucoup d'adverbes. J.K. Rowling aussi.

Bad boy bad boy, what you gona do when she comes for you…

Milk.