Six ans

Chez ses grands-parents paternels, Louis adorait jouer avec sa cousine Molly. Ils étaient particulièrement proches. Molly avait le même caractère impétueux que le blond, et n'avait pas peur de le suivre dans ses idées parfois farfelues. Leurs parents avaient très vite compris qu'ils formeraient une paire indissociable, un peu comme Victoire et Teddy, qui ne se quittaient jamais.

A six ans, Molly et Louis pouvaient se vanter de n'être jamais à cours d'énergie ou de frasques à commettre, et la dernière en date, consistait à grimper dans absolument tous les arbres du Terrier pour trouver celui qui serait le plus apte à abriter leur cabane secrète.

- Ce n'est pas le bon arbre ! s'époumona Molly.

- Qu'est-ce que tu lui reproches à celui-ci ? soupira Louis en se penchant dans le vide pour mieux voir sa cousine.

Cette dernière était restée sur la terre ferme, pour ne pas abîmer son short bleu et tout neuf que sa mère lui avait acheté la veille.

- Il n'a pas assez de feuilles ! Tout le monde la verra, notre cabane secrète !

- C'est pas grave ! haussa des épaules le petit blond.

- Secret ça veut dire « personne ne sait à part très peu de monde ».

- Ah oui, bougonna le garçon. Je n'avais pas pensé à ça…

Il descendit de l'arbre, se pendant aux branches, imitant les singes pour faire rire sa cousine. Il atterrit sur ses deux pieds, après s'être balancé pour prendre de la vitesse : Louis n'avait peur de rien, pas même de tomber. Les deux enfants parcoururent le Terrier, jusqu'à trouver l'arbre parfait.

- Faut pas qu'on s'éloigne de trop non plus, fît remarquer Louis.

- Il faut qu'on puisse entendre les gens qui nous appellent, approuva Molly. Regarde cet arbre ! Il est parfait !

Louis pencha la tête et commença à escalader le tronc pour atteindre les premières branches, un peu trop fines pour supporter son poids. Il y alla prudemment, jusqu'à être certain d'être sur des branches plus fortes. Louis fronça les sourcils. Il s'arrêta dans son ascension :

- Il fait un bruit bizarre ton arbre !

- Mais non c'est rien !

Louis haussa les épaules : non, ce n'était probablement pas grand-chose. Ce n'étaient que des sons… Il y avait des « bzz » et des autres, des bestioles qui bourdonnaient prêts de ses oreilles, qui frôlaient sa peau.

- DESCEND ! hurla Molly en pointant du doigt une ruche.

Surpris, Louis lâcha un hoquet qui alerta les abeilles, déjà sur le qui-vive. Se sentant attaquées, elles se dirigèrent tout droit vers le garçon qui d'une traite, glissa le long de l'arbre et escalada à l'envers celui-ci avant de courir vers la maison pour s'y cacher. Il attrapa sa cousine par le bras pour la traîner jusqu'à la salle à manger du Terrier, ou se trouverait probablement Mamie Molly. Mais leurs petites jambes ne courraient pas assez vites, pas assez en tout cas, pour échapper à un essaim d'abeilles en colère :

- On a même pas eu le temps de négocier ! hurla la rousse. On aurait pu le partager l'arbre !

La nuée d'insecte les attaqua, et Molly se roula en boule sur le sol. Louis resta debout, planté et attendit, mettant ses mains prêts de lui de façon instinctive, pour se protéger. Il se prépara mentalement aux piqures, et hurla à l'aide. Mais rien de vint. Les bourdonnements étaient toujours bien présents, mais les insectes se heurtaient à un mur invisible, incapable d'atteindre les enfants. Elles avaient beau faire le tour, rien n'y faisait. Arthur et Molly Weasley, alertés par les cris de leurs petits-enfants étaient sortis. Le grand-père fît disparaître les abeilles dans un coup de baguettes, les transformant en confettis, le temps de mettre les enfants à l'abris. Il s'apprêta à les prendre dans ses bras, avant de se prendre le dôme invisible dans ses bras.

- Louis…, murmura-t-il.

Son petit-fils tremblait de tous ses membres, les mains toujours devant lui.

- Tout va bien ! Tu as fait ce qu'il fallait ! le rassura son grand-père.

- J'ai fait de la magie ! s'extasia l'enfant en réalisant.

- Trop cool, murmura Molly toujours au sol. Il nous faut d'autres abeilles ! Moi aussi je veux faire de la magie !