NdA: Bijouuuuuuuur ! Je poste ce chapitre légèrement en retard, Mea Culpa et tout ce qui va avec, j'étais en vacances. Mais le pire, LE PIRE, c'est qu'il est un peu nul. Mais alors, PROMIS, je me rattrape sur le prochain.

Loves & Calins,

Kin.


LES DEUX PRINCES

CHAPITRE 11. LE PARADOXE DE L'ADOLESCENCE.

Nuit du 4 au 5 Mai 1999, au Square Grimaud:

Attendre. Hésiter. Fumer. Retrousser chemin. Revenir.

Draco était devant la porte du Square Grimault, et fulminait intérieurement. Il fulminait contre lui-même, contre ce satané Gryffondor qui lui faisait faire n'importe quoi, et contre sa nature Serpentard qui le retenait sur le palier alors que son corps lui hurlait d'aller plaquer Potter contre un mur pour lui faire voir ce que c'était de s'enfuir devant lui. Il n'arrivait pas à forcer ses mains à aller frapper contre la porte de bois, comme si son corps se refusait à accepter l'humiliation que représentait ce geste. Il resta près d'une demi-heure devant la porte à effectuer des allers et retours. Il termina son énième cigarette, la jeta rageusement et rebroussa chemin pour s'enfuir, tel le Serpentard qu'il était. Une fois en bas des marches du perron, il commença à marcher, mais se figea. Derrière lui, la porte était ouverte, et il entendit Potter siffler :

« -Alors, Malefoy, on a peur du grand méchant Gryffondor ? »

Le jeune homme se retourna, pour voir sa Némésis accoudée contre le chambranle de la porte, qui le regardait d'un air sombre. Il avait un peu plus déboutonné sa chemise et avait une cigarette éteinte au bec, qu'il faisait nonchalamment rouler entre ses lèvres. Un véritable appel au viol. Draco s'adossa contre la barrière installée devant le Square et planta ses orbes dans celles du Gryffondor :

« - Non, Potter. C'est toi qui devrais avoir peur.

-Ah bon, et de quoi ?

-De moi. »

Cette dernière réplique provoque le rire d'Harry :

« -Pourquoi devrais-je avoir peur de toi ?

-Parce que je suis dangereux, Potter. »

Draco se mit à avancer vers le garçon, se rapprochant d'abord des marches :

« -Je ne suis pas quelqu'un de gentil. »

Il monta une marche, et continua :

« -Je ne suis pas ton ami. »

Il monta la deuxième :

« -J'ai même longtemps été ton pire ennemi. »

Arrivé à la dernière, il la monta :

« - Et puis, ce matin, tu m'a légèrement énervé… »

Il s'avança vers le jeune homme et se planta devant lui :

« -Donc, si j'étais toi, j'aurais peur de moi, oui. »

Il attrapa la cigarette d'entre les lèvres du Gryffondor d'un geste agile et l'écrasa entre ses doigts. Harry baissa les yeux et se retint de déglutir en voyant sa cigarette réduite en cendre, puis releva ses yeux émeraude pour rencontrer ceux, gris, du Serpentard. Il fit une moue ennuyée :

« -Tu m'excuseras, Malefoy, mais j'ai trop sommeil pour faire semblant que tu m'impressionnes. »

Il recula pour être à nouveau à l'intérieur de la maison, et voulut fermer la porte. Draco, passablement énervé, la bloqua de son pied :

« - Quand je pense que tout le monde dit que les Gryffondors sont courageux…

-Tu sous-entends quoi par-là, Malefoy ? » Siffla à nouveau le Survivant.

« -Que tu es un lâche. » Draco poussa la porte et entra dans la maison. Il ôta sa veste et la jeta sur un des fauteuils du salon peu éclairé, avant de se retourner vers Harry. Il s'approcha à nouveau de lui, ferma la porte d'un mouvement de main comme pour montrer que c'était lui qui tirait les rennes, et planta ses yeux dans ceux du Gryffondor :

« -Tu n'es qu'un putain de lâche qui n'assume pas ses actes. C'est pas parce que tu m'as embrassé que tu dois me fuir comme la Dragoncelle.

«-T'attends quoi de moi, au juste ? Demanda Harry, en soutenant difficilement le regard dur du Serpentard.

Draco se décida pour l'honnêteté, agissant contre les valeurs de sa maison :

« -J'attends que tu me dises pourquoi tu m'as embrassé, si c'est pour ne rien assumer juste après.

-Mais assumer quoi, Malefoy ? Dis-moi de quoi tu parles ! Je n'assume rien parce qu'il n'y a rien à assumer. Je ne suis pas amoureux de toi, et je n'éprouve aucun désir pour toi. Ce matin, quand on est sortis de la pensine, j'ai ressenti de la pitié pour toi. Je t'ai embrassé sur un coup de tête, parce qu'on venait de passer une putain de journée entière dans tes souvenirs et que je n'avais plus l'esprit clair, et que de te voir comme ça m'a fait pitié, voilà ! »

Harry avait débité sa tirade d'une voix forte, reprenant les rennes de la conversation. Il voulait que Draco comprenne que ce qu'il venait de dire était la stricte vérité, et par la même occasion il voulait s'en persuader lui-même. Non, il n'avait rien ressenti ce matin quand il avait embrassé Malefoy. Et oui, ce baiser n'était dû qu'à la pitié qu'il avait éprouvé et à la fuite de ses neurones après une journée passée dans une pensine. C'était la vérité.

Draco, de son côté, réfléchissait à la vitesse de la lumière. Il savait bien que Potter mentait, et se mentait à lui-même. Il savait tout aussi bien que la discussion ne mènerait à rien, vu la tendance à être incroyablement têtu de son congénère. Aussi, il décida de tenter le tout pour le tout et de faire comprendre à Potter par A+B qu'il avait tort.

Les deux adolescents se faisaient face dans ce qui servait d'entrée à la maison. La pièce était petite, éclairée par la lumière basse du salon, et peu décorée. Les chaussures de Potter traînaient dans un coin, ainsi que sa veste. Le Survivant avait toujours les yeux ancrés dans celui du Serpentard, la tête très légèrement relevée de par leur petite différence de taille. Il avait le souffle court et semblait vouloir se calmer. Draco lui fit un sourire carnassier et prit sa voix la plus suave :

« -Alors comme ça, tu n'éprouves aucun désir pour moi, Potter ?

-Non.

-Alors, ça ne te dérange sûrement pas si je fais ça. »

Pour ajouter les gestes à ses mots, Draco posa une main douce, mais ferme sur la taille du Gryffondor, et le poussa légèrement pour que celui-ci se retrouve acculé contre le mur de la petite pièce. Sa deuxième main se glissa tout naturellement sur la nuque du jeune homme, son index frôlant la naissance des cheveux ébouriffés du Survivant, tandis que son visage allait se loger dans le cou de celui de son semblable. Il commença à laisser glisser sa langue dans cette zone si sensible, provoquant de grands frissons chez Harry, qui s'accrocha directement au pull en tissus fin de Draco, au niveau de ses flancs. Il avait une fois de plus l'impression que son cerveau était rempli de coton, avec en seul détail net les lèvres de Draco qui traînaient le long de sa gorge tendue. Il releva la tête, tandis que Draco remontait ses lèvres au niveau de son oreille pour venir mordiller la chair de son lobe. Harry émit un léger souffle rauque, et grogna en sentant Draco sourire contre son oreille. Ce dernier picora de baisers la joue d'Harry, jusqu'à atteindre la commissure de ses lèvres, lui-même étonné de la douceur qu'il y mettait. Ne devait-il pas seulement prouver à Harry qu'il mourait de désir pour lui ? Il grogna en envoyant valser ses pensées incongrues et fit glisser sa langue du coin des lèvres du Survivant jusque leur milieu. Lorsqu'il sentit que celui-ci les entrouvrait, il glissa naturellement sa langue dans sa bouche pour entamer un baiser sensuel, en raffermissant sa prise sur la nuque du brun.

Harry ne put s'en empêcher. Il faisait tout son possible pour contrôler son corps, mais n'y arrivait pas. Ses bras se levèrent, pour venir entourer la nuque de Draco d'un geste un peu lâche. Le Gryffon se plongea dans le baiser éperdument, laissant sa langue s'enrouler, chasser puis rattraper celle de Draco dans un rythme lent et soutenu. Pourquoi n'arrivait-il pas à s'arrêter ? Pourquoi son corps réagissait de manière si pressante aux baisers de Draco, quand il se crispait quand Anthony avait posé ses lèvres sur les siennes la première fois ? Et surtout, pourquoi avait-il l'impression que tout ceci était totalement naturel ?

La main de Draco, posée sur sa taille, remonta le long de son flanc en un geste caressant, faisant remonter sa chemise lentement. Il caressa ses côtes d'un effleurement, créant un tortillement de la part d'Harry, et laissa sa main flâner le long de son dos.

Quand le baiser s'arrêta, les deux jeunes hommes se regardèrent un court moment, pratiquement front contre front. Harry était plongé dans les yeux de Draco devant lesquels dansaient quelques mèches blondes, en se maudissant mentalement de les comparer à deux océans en plein milieu d'un orage. Draco, quant à lui, fixait la bouche charnue d'Harry en se maudissant de la comparer à une pomme rouge, à croquer à l'infini. Il garda les yeux ouverts en passant une nouvelle fois sa langue sur celles-ci, geste qui électrisa Harry et fit monter la température d'au moins 10 degrés dans l'entrée du Square :

« -Ok, t'a gagné… » Murmura Harry. Draco leva les yeux de ses lèvres pour les ancrer dans ceux d'Harry, et parvint à articuler :

« -Je n'ai rien à gagner là-dedans, Potter. »

Ainsi, tout était dit. Les deux adolescents trop vite grandis savaient que ce début d'histoire était voué à l'échec. Comme si ce baiser échangé les menaient tous les deux vers une fin prématurée. Comme si, même après la guerre officielle, celle qui débutait sous les capes allaient les détruire. Pourtant, même en sachant très bien que dès le lendemain, tout redeviendrait comme avant, la phrase que prononça Draco parut cruelle aux oreilles d'Harry : Lui qui avait vécu la guerre, le sacrifice, la perte de ses proches ne pouvait-il pas vivre un moment comme celui-ci sans être rattrapé par ses fantômes ? Draco n'avait-il pas, lui aussi, droit d'agir comme un adolescent stupide sans devoir penser à tout ce que cela sous-entendait ?

Frustré par ces questions, Harry poussa doucement Draco, qui haussa les sourcils devant ce retournement de situation. Potter prend la direction des évènements, intéressant, Pensa-t-il en se laissant conduire à reculons par le Gryffondor. Ses genoux frappèrent une surface sur laquelle il tomba doucement.

Ils étaient à présent dans le salon. La lumière y était basse, comme tous les soirs, pour qu'Harry puisse se reposer les yeux après des journées difficiles. Un feu ronronnait dans la cheminée, sans pour autant diffuser de chaleur de par le temps déjà clément en ce mois de Mai. Draco avait atterrit sur un des canapés disposé au centre de celui-ci. Il ne put entamer aucun mouvement avant qu'Harry ne s'assoit sur ses genoux, reprenant possession de ses lèvres d'une manière beaucoup plus sauvage.

Game on.

Harry déplaça ses mains qui allèrent à nouveau s'enrouler autour du cou de Draco tandis qu'il l'embrassait férocement. S'ils devaient agir bêtement, c'était maintenant. Pourquoi se poser des questions alors que la vie n'attendait pas ? Draco fit glisser ses mains sur les hanches d'Harry en levant légèrement le menton pour approfondir le baiser un peu plus. Quand il sentit l'érection du Survivant frotter contre la sienne, il émit un son léger, à mi-chemin entre le grognement et le glapissement étonné. La secousse qu'il avait ressentie n'était pas habituelle, loin de là. Il avait été loin d'avoir cette connexion corporelle avec Adrian, et il frissonna en se demandant ce qu'il ressentirait plus tard dans la soirée, sans se douter qu'Harry se posait la même question de son côté, emporté par un frisson violent quand il sentit la dureté de Draco à travers le tissus de leurs pantalons.

Il n'en fallut d'ailleurs pas plus au Gryffon pour qu'il s'écarte prestement de Draco. Celui-ci haussa à nouveau les sourcils, se demandant si Harry allait fuir à nouveau. Ce dernier parut légèrement gêné, debout devant le Serpentard, ayant entamé un mouvement dans le feu de l'action sans être sûr de pouvoir le finir. Mais son courage de Gryffondor l'emporta et il déboutonna sa chemise en fixant Draco. Celle-ci tomba à terre dans un bruit mât, étouffé par le tapis. Draco déglutit difficilement tandis qu'Harry se rapprochait de lui, et cacha sa surprise en le voyant se pencher sur lui et attraper gentiment le bas de son pull. Il leva les bras, laissant ainsi Harry découvrir son torse imberbe et s'asseoir à nouveau sur ses hanches, collant leurs deux torses en fourrant sa tête dans son cou.

Il fut d'abord emporté par une vague de plaisir en sentant le Survivant mordiller sa clavicule, fermant les yeux quelques seconde, puis, en les ouvrant, il fut subjugué par le contraste de leurs corps. Harry avait une peau dorée par le soleil, tandis que celle de Draco était pâle et lumineuse. Les muscles du Gryffondor étaient clairement dessinés tandis que ceux du Serpentard étaient plus légers, lui donnant ainsi une allure plus fluide dans des yeux d'inconnus, plus fragiles dans ceux d'Harry qui savaient que les muscles de l'ancien attrapeur seraient de même envergure que les siens s'il n'avait pas passé trois mois enfermés dans un cachot à être nourri au compte-goutte. Tandis que Draco penchait sa tête sur le côté, Harry se détacha à nouveau de lui, très légèrement cette fois, faisant s'échapper un soupir frustré des lèvres de l'Ancien Mangemort.

Pourtant, ce soupir cessa quand les lèvres d'Harry se posèrent sur son torse. Draco inspira pour se forcer au calme quand les lèvres d'Harry se refermèrent sur un téton rose, le suçotant très légèrement, comme un effleurement pensant quelques secondes. Quand Harry descendit à nouveau son visage, Draco crut qu'il allait mourir d'anticipation.

Dans le silence de la maison, on entendait la respiration du Serpentard qui se raccourcissait lentement mais sûrement pendant qu'Harry laissait traîner une langue mutine entre ses pectoraux, contre ses flancs, autour de son nombril, retraçaient la fine ligne de poils pour buter contre son pantalon.

D'une main agile, Harry ouvrit la boucle de ceinture et le bouton du pantalon de Draco, qui souleva les hanches pour que le Gryffon puisse le lui ôter. Quand cela fut fait, Harry remonta son visage le long des jambes de Draco, et, face à son boxer, leva les yeux.

L'orage et l'émeraude se rencontrèrent à nouveau. Harry fut saisi par la vision enchanteresse que lui offrait un Draco échevelé, aux joues rosies par le désir et aux lèvres rougies par les mordillements intempestifs qu'il leur infligeait. Draco, quant à lui, voyait à travers les limbes du désir qu'il ressentait un Harry qu'il n'avait jamais vu auparavant : Mutin, sexy en diable… Sa respiration se bloqua en sentant les lèvres purpurines du Gryffondor se glisser le long de son boxer noir pour retracer le contour de son membre turgescent. Une de ses mains se glissa dans les cheveux d'Harry, en passant par le front, comme pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas besoin de ça pour être excité. Pourtant, ce geste sembla conforter Harry dans son plan et celui-ci attrapa le boxer et le fit disparaître d'un geste rapide.

Draco était nu, assis, offert. Harry se mordit les lèvres face à la vue du membre fièrement dressé du Serpentard et approcha son visage de celui-ci, comme curieux. Sa langue lapa le gland légèrement, plusieurs fois, puis ses doigts se refermèrent sur la base du sexe de Draco. Celui-ci se cambra légèrement et écarta les jambes instinctivement, laissant plus de place entre celles-ci à Harry, qui se rapprocha, les bras posés sur les cuisses de Draco et lécha le sexe de celui-ci sur toute sa longueur, tout en le fixant droit dans les yeux. Draco lâcha un grognement en posant ses mains bien à plat sur le canapé autour de lui. Les yeux d'Harry transpiraient littéralement le désir.

Un gémissement rauque s'échappa des lèvres de Draco qui rejeta sa tête en arrière quand Harry avala son membre dans sa quasi-totalité d'un geste rapide. Il se mordit un doigt pour s'empêcher de gémir à nouveau quand le Gryffon amorça un mouvement de tête pour lui offrir la meilleure gâterie qu'on avait pu lui faire jusqu'ici. Le Serpentard dut se résoudre à lâcher son doigt et gémit raisonnablement fort, avant de se rendre compte qu'il laissait le soin à Harry de tout faire. Cette pensée le fit revenir sur terre et il recula prestement les hanches, arrachant un gémissement frustré au Gryffon, manifestement dérangé par le fait qu'on lui ait ôté sa gourmandise. Draco se leva à son tour.

Harry était à genoux face à lui, et Draco lui tendit une main qu'il accepta. Celui-ci le releva doucement avant de se coller à lui avec lenteur, passant ses longs doigts dans les cheveux du Gryffondor en posant ses lèvres sur les siennes. Le temps du baiser, Draco fit descendre ses mains jusqu'au pantalon d'Harry qu'il déboutonna rapidement, le débarrassant à la fois du vêtement et du sous-vêtement. Puis il le poussa du bout des doigts, le faisant s'asseoir sur le canapé à son tour.

Harry observait le manège de Draco qui semblait bien déterminé à lui rendre la pareille. Il frissonna d'anticipation en sentant le Serpent se rapprocher de son sexe et rougit en le voyant l'observer sans aucune gêne. Draco lapa à son tour, attrapa le sexe entre une de ses mains et passa son pouce sur le gland rougit, puis se mit à masturber Harry d'une main ferme malgré le rythme lent qu'il imposait. La respiration du Gryffondor se fit rapidement saccadée, et se bloqua dans sa gorge quand il sentit les lèvres du Serpentard se refermer autour de son gland pour le suçoter lentement, beaucoup trop lentement. Les hanches d'Harry se mouvaient d'elles-mêmes tant il voulait que ce geste soit plus profond. Aussi, Draco se fit un plaisir d'accéder à sa requête en enfonçant le membre pourtant conséquent du Gryffondor jusqu'au fond de sa gorge. Harry lâcha un cri en rejetant à son tour sa tête en arrière. Un « Putain, Draco ! » franchit ses lèvres, arrachant un sourire plein au Serpentard à genoux entre ses jambes.

Celui-ci s'activa à faire émettre des sons de toute la gamme à son Gryffondor, en effectuant des mouvements de tête lestes tandis qu'une de ses mains masturbait la base du sexe de celui-ci. Il saliva abondamment, et son autre main vint flatter les testicules d'Harry qui geignait de plaisir. Quand celui-ci sentit la bouche de Draco quitter son sexe, il grogna légèrement et ouvrit les yeux, observant celui-ci se mettre à califourchon sur ses hanches. Draco s'assit tranquillement, en posant son front contre celui d'Harry, plongeant son regard dans le sien.

Il dut pourtant fermer les yeux quelques secondes plus tard : D'une main, il avait mené le sexe humide de salive d'Harry jusqu'à son intimité, et s'empalait lentement sur celle-ci, arrachant des soupirs soutenus chez les deux adolescents. Quand Harry vit les yeux de Draco se fermer, il posa une main sur sa hanche et l'autre sur le côté de son visage et murmura d'une voix très rauque :

« -Non, regardes-moi. »

Celui-ci papillonna des yeux, puis les plongea à nouveau dans ceux du Survivant. Leurs front étaient toujours posés l'un contre l'autre, Draco avait les avant-bras posés sur les épaules d'Harry, et descendait lentement le long de sa verge tendue à l'extrême. Leurs yeux s'étaient accrochés et ne se séparaient plus. Quand il arriva au moment où il sentit ses fesses se poser sur le haut des cuisses d'Harry, Draco fit une légère pause. Il n'avait pas été préparé, et le tiraillement qu'il ressentait n'avait pour l'instant rien d'agréable.

Quelques secondes plus tard, il souleva ses hanches pour les redescendre rapidement, et se cambra, forçant Harry à raffermir la prise sur ses hanches et à fermer les yeux violement pour s'empêcher de jouir sous la vision d'un Draco totalement perdu dans son plaisir.

Draco répéta ce mouvement deux fois avant de venir poser sa tête sur l'épaule d'Harry, ses bras entourant toujours son cou. Vue de l'extérieure, cette scène paraissait totalement surréaliste, et, bien que les deux protagonistes ne s'en rendaient pas compte, elle reflétait un échange amoureux plus que sexuel : Les mains d'Harry posées sur les hanches de Draco, son nez plongé dans ses cheveux tandis que lui avait le front posé sur son épaule et les yeux perdus dans le vague, ses doigts traçant des courbes légères sur la nuque du Gryffon.

Harry, raffermissant la prise de ses mains, fit soulever les hanches de Draco à nouveau et leva les siennes d'un mouvement rapide. Il entendit un léger cri dans son oreille et sentit que Draco lui mordait violement le cou, signe qu'il venait de toucher sa prostate. Fier de lui et emporté par le plaisir de sentir les chaires du Serpentard se resserrer autour de son sexe, Harry répéta ce mouvement plusieurs fois, tantôt lentement, tantôt plus rapidement.

Le silence du Square fut brisé par des bruits des plus agréables : Leurs souffles rauques et erratiques se mêlaient, tandis que le bruit de leurs corps qui se mêlaient recouvrait leurs gémissements qui partaient parfois dans les aigus. Draco sentait le haut du ventre d'Harry frotter sur son érection, et parvint à articuler :

« -Je… Je vais… Je ne vais… Pas tarder à… »

Harry répondit par un gémissement cassé, signe qu'il était lui aussi au bord de la rupture. Alors Draco calqua ses mouvements de hanches à ceux d'Harry, provoquant des contacts plus profonds et plus violents contre sa prostate, raffermissant d'autant plus ses muscles autour du membre d'Harry, et ce fut dans un vacarme sonore de gémissements mêlés qu'ils atteignirent l'orgasme, Draco en premier, suivi de près par Harry qui fut emporté par les spasmes musculaires de son amant.

Ils restèrent dans cette même position pendant de longues minutes, leurs muscles tressautant encore parfois sous la violence de l'orgasme qui venait de les terrasser. Leurs respirations se calmèrent petit à petit, pour faire place à un silence quelque peu gêné. Draco, qui avait peur qu'Harry ait un éclair de remords et fuit encore une fois, ne dit rien pour ne pas le brusquer. Harry, quant à lui, réfléchissait à la tournure qu'avaient prise les évènements, et se demandait surtout pourquoi il avait envie de remettre ça. Il se rendit compte qu'il n'avait toujours pas bougé d'un poil et décida de mettre de côté ses questions pour cette nuit :

« -On monte ? » Proposa-t-il à mi-voix, déclenchant un sourire caché chez Draco qui hocha la tête silencieusement.


Le lendemain matin :

Harry papillonna des yeux quelques secondes, puis abandonna, en refermant ses grands yeux verts paresseusement. Il s'étira de tout son long et grimaça en sentant les courbatures qui tiraillaient chacun des muscles de son corps. Draco n'y avait pas été de main morte.

Deux corps, debout contre la porte de la chambre. Ils n'avaient pas eu le temps d'aller jusqu'au lit avant de se jeter à nouveau l'un sur l'autre, comme affamés du corps qui leur faisait face. La sueur perlait sur leurs peaux, leurs corps se cambraient parfois, s'entremêlaient, tandis que leurs mains se touchaient, se frôlaient, se caressaient sans cesse.

Harry ouvrit de grands yeux, comme frappés par le souvenir. Draco et lui avaient couchés ensemble toute la nuit durant. Il se passa les deux mains sur le visage et le frotta vigoureusement, avant de lancer sa main vers sa table de chevet pour attraper ses lunettes. Il les chaussa et attrapa son paquet de cigarettes et son briquet, les reposa pour buter contre un petit objet. Une fiole. Remplie de potion calmante, pensa-t-il avec un léger sourire. Il la but d'une traite avant d'allumer sa cigarette et de se lever, nu comme un ver. Il s'étira à nouveau et descendit dans le salon en fumant tranquillement.

Un cri strident le fit sursauter et il eut pour réflexe de vouloir attraper sa baguette, qu'il n'avait pas :

« -Qu'est-ce que tu fiche ici ? » Demande-t-il à Ron, le cœur battant à cent à l'heure.

« -Je voulais te voir ! Mais pourquoi tes à poil ?! » Se défendit le roux d'une voix aigüe.

« -A p... ? Oh, désolé. Je pensais être seul, désolé. » S'excusa Harry en remonta les escaliers quatre à quatre.

Il redescendit quelques secondes plus tard pour découvrir Ron, toujours dans la même position, les yeux grands ouvert. Il s'approcha de lui et agita sa main devant ses yeux, avant de demander :

« -Ron ? »

Celui-ci sursauta et leva les yeux vers Harry :

« -Désolé vieux, j'arrive pas à me faire à l'idée de t'avoir vu à poil. Pendant les 6 ans qu'on a passés à Poudlard, t'étais tellement pudique, je pensais que Merlin ne t'avait pas gâté… Et pourtant ! »

Harry rougit férocement et alla s'installer dans un fauteuil en face de celui de Ron en balayant l'air de sa main. Il agita sa baguette pour qu'un thé chaud apparaisse devant chacun d'entre eux et en but une petite gorgée. Ron lui lança un regard soupçonneux :

« -Tu dors souvent à poil ?

-Jamais, Répondit Harry avant de se rendre compte de sa bêtise, Enfin, si, parfois, euh…

-Ah ! Je le savais ! Cria Ron en pointant un doigt accusateur sur lui, Tu as couché avec Malefoy ! »

Harry rougit à nouveau et hocha piteusement la tête. Ron éclata de rire, bêtement heureux que ces deux-là se soient enfin sauté dessus. Il demanda, l'œil curieux :

« -Comment c'était ? Non, en fait, je ne veux pas savoir » Se ravisa-t-il avec une grimace.

« -Tu es sûr, Ron ? Je suis sûr que ça t'intéresserait… » Le taquina Harry d'un air mutin.

Les deux amis se regardèrent quelques secondes avant d'éclater de rire en cœur. Harry secoua la tête de droite à gauche avant de regarder Ron d'un air plus sérieux :

« -Tu as énormément grandis, Ron. »

Ledit Ron se fendit d'un sourire léger, avant de répondre :

« -Tu sais, Harry… » Il hésita quelques secondes avant de reprendre, « J'ai énormément changé. Je n'arrive toujours pas à savoir si c'est pour le mieux ou non. Pendant toutes ces années, j'étais le meilleur ami un peu gauche d'Harry Potter, le petit frère moins drôle de Fred et George… Mais après la guerre, je me suis endurci. J'ai dû prendre soin de ma mère, de Ginny au début, de Fred… Ils étaient tous dévastés. Moi aussi d'ailleurs. Mais moi, j'avais Hermione… Elle m'a redonné des forces. Toutes les fois où je rentrais de chez mes parents en pleurant, elle était là… Et puis, elle est parfaite. Elle est incroyablement belle. Elle est… C'est la femme de ma vie, Harry. »

Harry écoutait attentivement son ami, tentant de comprendre où il venait en venir. Quand celui-ci s'arrêta de parler, le Survivant pencha un petit peu la tête sur le côté, comme pour le pousser à continuer, ce que fit Ron :

« -Elle est enceinte. Je… Je vais être papa ! »

Choc. Harry ouvrit la bouche en un parfait O, portant ses doigts à ses lèvres, avant de lâcher un cri loin d'être viril et de se jeter sur son meilleur ami pour le serrer contre lui. Ron lâcha un petit rire et répondit à son étreinte avant de se rasseoir :

« - On le sait depuis peu. On ne l'a pas encore dit à tout le monde mais… Je voulais te demander une chose. Je sais que tu penses qu'on a plus confiance en toi depuis que tu es parti, mais c'est faux. Tellement que… Qu'on voudrait que tu sois le parrain. »

Harry ouvrit à nouveau la bouche, puis, en un sourire, hocha la tête. Il ne put s'empêcher de parler :

« -Ecoutes, Ron… Je sais que vous pensez tous que je suis égoïste d'être parti, que je devais être là pour vous. Je m'en veux énormément, surtout pour Hermione, toi et le reste des Weasley… Mais j'en avais besoin. Tu sais, quand j'ai appris que je devais mourir pour tuer Voldemort, je l'ai accepté. Mais quand je suis revenu, je me suis senti tellement vide… Comme si j'aurais préféré y passer, pour ne pas voir ce que la guerre avait laissé… Tous ces morts, toutes ces pertes… Depuis mes 11 ans, j'ai su que je n'arriverais pas à y faire face. Mais là, je me suis rendu compte que la seule chose que je pouvais faire pour rendre justice à tous ceux qui ont perdus la vie pour notre liberté c'est… Vivre. »

-Je sais. Je l'ai compris. Hermione aussi, et on a eu une conversation avec les autres pour le leur faire comprendre. Maintenant, tu vas peut-être devoir l'expliquer en public. Je sais que c'est injuste Harry, je sais que tu voudrais que tout le monde te laisse tranquille maintenant que tu as accompli ton devoir, mais justement, tu dois comprendre que rien de tout ça n'est négatif… Les gens n'attendent plus rien de toi, si ce n'est que tu sois heureux. J'ai étudié l'histoire moldue, chez eux, la plupart des héros de guerre sont morts, comme si le combat qu'ils ont menés ne leur ont pas offert une vie meilleure. Et les gens s'en veulent. Mais cette fois, certains héros sont toujours là, et peuvent redevenir des gens normaux qui ont droit au bonheur comme tout un chacun. Et tout le monde en est heureux, crois-moi. La population sorcière s'en serait énormément voulu si après la guerre, tu étais resté ici, malheureux. Ils se sont reconstruits, toi aussi. Tout va pour le mieux maintenant… »

Cette dernière phrase fit l'effet d'un coup de poing à Harry. Tout allait bien pour lui, en effet, mais tout n'allait pas bien pour Malefoy. Aujourd'hui, il devait se rendre chez celui-ci avec Rogue pour tenter de créer ce lien dont tout le monde lui avait tant parlé. Il lança un Tempus et en voyant que midi était déjà passé, il se leva d'un bond, expliquant la situation à Ron avant de monter dans sa chambre en courant pour enfiler un pull léger et changer de pantalon, un jogging étant plus approprié. Il descendit de la même façon et enfila ses chaussures à toute vitesse, serra brièvement son meilleur ami dans ses bras en lui promettant de passer voir son nouvel appartement bientôt et de féliciter Hermione par la même occasion, et disparut par la cheminée en un tourbillon vert.


Chez Malefoy :

Avec le même tourbillon vert, Harry atterrit dans le salon dans un bruit assourdissant. Une chaise avait été placée devant la cheminée, le faisant trébucher et s'étaler sur le tapis dans un bruit fracassant. Il se releva difficilement pour voir un Malefoy assis sur le canapé, qui retenait tant bien que mal un rire narquois de s'échapper de ses lèvres :

« -Rogue m'a dit que tu venais cet après-midi, je n'ai pas pu m'en empêcher… » Murmura celui-ci en essuyant une fausse larme de fierté au coin de son œil, un grand sourire aux lèvres.

« -Quel gamin, Malefoy. » Maugréa Harry, en enfonçant ses mains dans ses poches, le rouge aux joues de s'être étalé aussi lamentablement.

Malefoy, qui ne pouvait plus se retenir, éclata d'un grand rire clair en voyant le Survivant bouder à sa blague. Il contourna le canapé en faisant signe à Harry de le suivre et rejoint le jardin, qu'il traversa pour se retrouver au milieu d'une petite forêt, dans laquelle les attendait Severus, Kingsley, Arthur Weasley et Mme Pomfresh.

Harry sentit son estomac se nouer. Le fait de voir tellement de monde réunit pour effectuer le rituel de création du lien n'était pas de bonne augure. Il tenta de se rassurer en se disant que s'il avait vaincu Voldemort, il arriverait sans trop se fatiguer à créer le lien. Malheureusement, il ne pouvait avoir plus tort.

Malefoy alla se placer à côté de Severus, lançant un regard interrogatif à Harry. Celui-ci hocha imperceptiblement la tête pour lui signifier qu'il était sûr de ce qu'il faisait, et alla se placer naturellement face à lui, à quelques mètres d'écart. Il détourna les yeux de Draco pour regarder Severus :

« -Que dois-je faire ?

-Vous devez simplement pointer votre baguette sur Malefoy, il fera de même avec la sienne. Et quand je vous le direz, vous lancerez le sort « Creare Nexu ». A ce moment-là, vos deux baguettes se connecteront l'une avec l'autre, vous verrez alors un faisceau sortir de votre baguette ainsi que de celle de Mr Malefoy. Ces deux faisceaux s'entremêleront et… Normalement, le faisceau de la baguette qui vous fait face devra venir entourer vos mains. Nous n'avons jamais réussi à aller jusque-là, mais c'est à ce moment-là que vos flux magiques se mêleront. Arthur est là pour vous soutenir, Mr le ministre garde un œil sur le rituel en cas de danger et Mrs Pomfresh… Espérons qu'elle n'ait pas à agir. »

Harry hocha la tête, levant sa baguette. Mais Rogue l'arrêta en levant la main, et parla d'une voix grave :

« -Mr Potter, j'espère que vous comprenez l'étendue de ce que nous allons accomplir. Ce rituel est très puissant, et s'il fonctionne, ce sera la première fois qu'il aura été réussi dans l'histoire de la magie. Votre magie ne fera pas que réguler celle de Mr Malefoy. Vous serez littéralement connectés. D'après nos recherches, nous avons pu comprendre que, la magie d'un sorcier faisant partie de lui à part entière, vous risquez d'être en contact permanent avec les émotions fortes ressenties par Mr Malefoy. Autant qu'il le sera avec les vôtres. Vos angoisses, vos joies et vos colères ne seront plus intimes, mais partagées. Nous n'avons pas encore réussi à comprendre quelles seront les conséquences de ce partage. Nous pouvons repousser le rituel jusqu'au moment où nous en comprendrons toute l'étendue… »

Harry le coupa d'une voix posée :

« -Je comprends, Professeur, et je ne suis pas venu ici pour reculer au dernier moment. »

Rogue hocha la tête :

« -Je n'en attendais pas moins de vous, Mr Potter. A présent, levez vos baguettes. »

Harry détourna les yeux du Professeur Rogue pour les plonger dans ceux de Malefoy. Celui-ci semblait légèrement tendu. Il se tenait droit, le regard fixé au loin. Quand il tourna le regard vers Harry, celui-ci hocha à nouveau la tête, comme pour le rassurer. Draco esquissa un fin sourire qui minimisait sa peur et leva sa baguette, sans détourner les yeux d'Harry. Celui-ci fit de même. D'une même voix, ils prononcèrent le sort :

« -Creare Nexu »

Un faisceau rouge fin sortit de la baguette d'Harry, ressemblant plutôt à un ruban transparent qui semblait vouloir s'envoler. Celui qui sortit de la baguette de Draco était vert émeraude. Le faisceau qui sortait de la baguette d'Harry sembla attiré par son congénère et se déroula très lentement pour qu'ils se rencontrent au milieu. Harry pouvait littéralement sentir sa magie qui était tirée hors de son corps. Aussi, de petites perles de sueur commencèrent à couler le long de ses tempes sous l'effort. Il releva les yeux vers Draco en se rendant compte qu'il l'avait lâché du regard et remarqua que celui-ci semblait mal en point. La main qui tenait sa baguette tremblait légèrement tandis que sa peau semblait plus pâle que d'ordinaire. Harry déglutit difficilement tant sa gorge devenait sèche. Il ne s'était pas attendu à se sentir aussi vulnérable et faible lors de la création du lien. Pourtant, il combattait le plus possible cette sensation en tentant de se rassurer intérieurement : Le rituel devait se terminer bientôt. Quand sa main se mit à trembler violement, il ferma les yeux. Quand il vit de petites étoiles apparaître devant ses yeux, il secoua la tête. Mais quand il sentit que ses jambes ne pourraient plus supporter son poids et qu'il tomba à genoux, Mme Pomfresh se rua sur lui, pointant sa baguette sur le lien en un « Finite Incantatem » sonore. Il s'accrocha au bras d'Arthur, tentant de se redresser en vain, puis demanda de l'eau, qu'il but à genoux au sol.

Quand il ouvrit les yeux, Draco était à genoux devant lui, pâle et tremblotant. Celui-ci secoua lentement la tête et prononça, d'une voix plus douce que d'ordinaire :

« -C'est pas grave Potter, on retentera le coup un autre jour…

-Non, maintenant. »

Mme Pomfresh poussa une exclamation outrée :

« -Ne soyez pas stupide, Mr Potter ! Je vous ai déjà assez soigné à l'école pour ne pas être obligée de recommencer une fois dehors !

-J'ai dit maintenant, Répondit Harry d'une voix forte en relevant la tête vers les quatre adultes, Malefoy a besoin de ce lien, je ne vais pas attendre pour le créer. Professeur, vous savez tout aussi bien que moi que si je n'y parviens pas aujourd'hui, je n'y parviendrai jamais. Alors maintenant, si Draco est d'accord. »

Harry tourna les yeux vers Malefoy, qui le regardait étrangement. Celui-ci hocha la tête lentement, tendant une main vers Harry. Les deux anciens ennemis s'aidèrent mutuellement pour se relever, et Harry se remit en place. Il fit un léger sourire rassurant à Arthur, qui se replaça à ses côtés, bien ancré sur ses deux jambes. Harry leva sa baguette vers sa Némésis, et quand il vit Draco exécuter le même geste, il prononça d'une voix forte :

« -Creare Nexu ! »

Les rubans sortirent des baguettes lentement, voletant l'un vers l'autre comme la première fois. Quand ils se firent face, Harry se retint de tenir sa baguette à deux mains. Quand ils s'entremêlèrent, Harry et Draco tombèrent lentement à genoux tout en gardant leurs baguettes levées. Harry crut qu'il n'allait pas tenir, et il plongea son regard dans les orbes gris de Draco. Ils s'observèrent pendant un moment jusqu'à ce qu'Harry ressente quelque chose de différent, comme si une angoisse supplémentaire venait s'ajouter à la sienne. Il haussa les sourcils en direction de Draco et tous deux baissèrent les yeux pour voir les rubans opposés s'enrouler autour de leurs mains respectives. Harry comprit alors qu'il commençait à ressentir les émotions de Draco, et tenta instinctivement de se calmer pour calmer celui-ci. Il respira profondément et releva ses yeux vers ceux de Draco, espérant intérieurement que celui-ci le regarderait. Quand il le fit, ils ne se quittèrent plus des yeux jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'ils avaient réussi.

Les rubans s'étaient alors entremêlés, entortillés jusqu'à être étroitement liés l'un à l'autre, et totalement indissociables. Rogue avait alors prononcé quelques formules pour vérifier la stabilité du lien, et, en un hochement de tête, la connexion entre les baguettes avait été rompue.


Une heure plus tard :

Harry papillonna des yeux quelques secondes avant de les ouvrir. Il posa une main sur ses yeux pour éviter la lumière trop brutale et geignit d'une voix rocailleuse. Il ne savait pas où il était, mais cette pièce était beaucoup trop éclairée. Il se tendit en entendant la voix du Professeur Rogue :

« -Potter, ne faites pas l'enfant et ouvrez les yeux. »

Grommelant contre le manque de patience de son ancien Professeur, Harry ôta la main de sur son visage et regarda autour de lui. Il était étendu sur le lit de la chambre de Malefoy, entouré par les personnes présentes dans les bois. Automatiquement, il se redressa brusquement en demandant :

« - Le lien a-t-il été créé ?

-Oui, Potter. Pas la peine de faire tout ce vacarme… » Dit une voix ensommeillée à ses côtés

Harry tourna la tête violemment pour voir Draco étendu à côté de lui. Il leva ensuite les yeux vers Rogue pour être sûr que sa réponse était correcte. Celui-ci hocha la tête tandis que Mme Pomfresh se jetait sur Draco pour lui faire quelques tests de routine. Celui-ci émit un léger son de désapprobation avant de se laisser ausculter. Harry se tendit, avant de se tourner vers Rogue :

« -Professeur, je ressens TOUT ce que Draco ressent, c'est normal ?

-Totalement. Cela devrait se dissiper petit à petit. Nous allons d'ailleurs vous y aider, vous allez tous les deux commencer, dès demain, des leçons pour apprendre à connaître les effets du lien et à agir en conséquence. Aussi, nous ferons tout notre possible pour que ce lien ne serve pas à rien, nous tenteront de l'utiliser à bon escient pour qu'il renforce vos magies respectives et vous permette de gagner en puissance. »

Draco se redressa à son tour, et, observant Harry du coin de l'œil, il demande à son parrain :

« -Cela veut dire que Potter ressentira exactement les mêmes choses que moi, en temps réel, du moins durant les prochains jours ? »

Quand son parrain hocha la tête, Draco esquissa un sourire carnassier en direction d'Harry :

« -Ça promet d'être amusant, n'est-ce pas, Potter ? » Demanda-t-il d'un ton qui ne disait rien de bon au Survivant.


TO BE CONTINUED !

Le paradoxe de ce chapitre : Je le déteste, mais je l'aime. J'ai l'impression que les idées étaient parfaites, au départ, mais que je les ai tellement mal retranscrites qu'elles en deviennent pourries. Si vous voulez me fustiger, allez-y, je reste ouverte aux critiques ! (Peur)