Au bout d'une semaine, nous étions la veille de mon anniversaire. Finalement, j'avais réduit la liste des invités à Louis, Athéna et Claire. Je n'avais pas besoin de plus d'amis, bien que j'aurais pu inviter plusieurs autres camarades de l'école primaire. Mais je ne tenais pas vraiment à avoir plus de Moldus que nécessaire dans ma maison et surtout dans ma chambre bourrée d'objets compromettants que j'avais caché tant bien que mal. Et surtout, je ne les appréciais pas tant que ça.

Il me fut assez difficile de convaincre Claire que je ne pourrais pas passer la journée du dix Octobre avec elle, mais je ne pouvais tout simplement pas prendre le risque qu'elle voie la façon qu'auraient Athéna et Louis d'arriver. Et puis elle avait d'autre amis que moi, même si elle ne pouvait me voir que pendant les vacances.

Athéna arriva la première, accompagnée de son père, comme d'habitude. Celui-ci resta cinq minutes, juste le temps de saluer ma mère et d'assurer qu'il viendrait chercher sa fille le surlendemain dans l'après-midi avant de transplaner à nouveau. Puis Louis arriva également pour le goûter accompagné de sa mère qui accepta de rester pour prendre une tasse de café. Elle partit ensuite, non sans embrasser son fils et dire qu'elle viendrait également dans deux jours.

Une fois que la mère de Louis se fut volatilisée, je proposais à mes amis de monter dans ma chambre. Ils acceptèrent avec joie et nous allâmes à l'étage en bavardant. Alors que nous rentrions dans ma chambre, Athéna regarda le mur avec surprise. Elle me demanda alors

« Dis-moi Georges, pourquoi ils ne bougent pas tes posters ?

-De quoi ? Ah, les posters, ce ne sont pas des affiches sorcières, elles ne peuvent pas bouger.

-Voyons Damoiselle de Blancbaston, se moqua Louis, vous n'écoutez donc rien en Études des Moldus ? Vous mériteriez quelques mauvais points. »

Nous éclatâmes de rire en cœur devant l'imitation parfaite du Professeur Giraud. Louis semblait très fier de son petit effet et reprit avec une imitation tout aussi bien exécutée de la voix chevrotante du Professeur du Mesnil

« Enfin Damoiseaux, ce n'est pas un comportement à adopter en classe. Si j'entends encore un éclat de rire, je vous jure que vous aurez un zéro de conduite. »

Nous continuâmes ainsi de nous moquer de la plupart de nos professeurs et des Gardiens les plus sévères. Seul le professeur de Puy-en-Loire échappa à nos commentaires moqueurs puisque ce prof était tellement génial que personne n'arrivait jamais à lui trouver des défauts, même en cherchant bien.

Je m'amusais bien avec mes deux amis sorciers, Louis et moi rions beaucoup de l'ignorance crasse qu'Athéna avait du monde des Moldus, tandis qu'elle se vengeait de moi en m'épatant avec sa connaissance du monde sorcier. Je prenais conscience qu'il y avait véritablement un fossé entre ces deux mondes, mais qu'en même temps ils étaient très proches. En effet, bien que les deux mondes soient très différents, les sorciers n'étaient en fait pas très différents des Moldus, à part leur maîtrise de la magie.

Nous passâmes la nuit sous la tente qui était en effet très confortable, presque plus que ma chambre. Le lendemain, nous dûmes la démonter très vite avant que Claire ne l'aperçoive et ne veuille y pénétrer. Vers treize heures, j'entendis frapper à la porte. Alors que je descendais avec mes deux amis sorciers, j'entendis la voix de mon frère

« Claire, viens que je te débarrasse. Voilà, je mets ton sac dans le dressing, sous le manteau. Mon frère doit être en haut avec ses amis.

-On est descendus, Georges, c'est bon. Salut Claire, je suis content que tu sois venu.

-En même temps, tu m'aurais étripé si j'avais raté ça, rit-elle.

-Erreur, ça c'est plutôt ton genre. Sinon, voici Athéna et Louis, mes deux amis de l'Académie. Les amis, c'est Claire, mon amie de... ben ma meilleure amie depuis toujours quoi.

-Enchantée. Ça doit être super d'étudier dans un Internat huppé situé juste à côté de la Mer.

-C'est vrai qu'on a de la chance, dit Athéna, je suis enchantée aussi Claire.

-Tu viens, on était en train de jouer dans ma chambre.

-Je vous suis, dit-elle en souriant. Vous jouiez à quoi ?

-Eh bien, on jouait à... attends, tu ne veux pas boire un verre de jus avant de monter ?

-Mais enfin, Laurent, tu viens de me proposer de monter. Tu monteras le jus d'orange après.

-Non, mes parents n'aiment pas qu'on boive en haut. »

Tandis que j'essayais de distraire Claire, je fis signe à Louis de monter discrètement. Il me regarda d'un air étonné avant de se souvenir à son tour que nous étions en train de disputer une partie d'échecs. Sur son échiquier portable version sorcier. Il monta alors en quatrième vitesse pour ranger les pièces avant que Claire ne les découvre.

« Franchement Laurent, tu es bizarre en ce moment. On dirait que tu me caches quelque chose ! Qu'est-ce que tu as ?

-Mais rien du tout, Claire, c'est juste que je m'inquiétais de si tu ne voulais pas boire quelque chose, il faut bien que je m'occupe de mes invités, non ?

-Oui,oui, c'est très gentil. Sauf que ton invitée a envie de monter, pas de rester en bas à boire du jus de fruit. Alors tu viens, d'accord ?

-D'accord, dis-je en priant pour que Louis ait fait vite. Je suis désolé.

-Tu as de la chance d'être mon meilleur ami, je te pardonne toujours tout, dit-elle en souriant. Mais, il est où ton autre copain, Louis, c'est ça ?

-Oui. Il est monté avant. Je crois qu'il voulait ranger les échecs.

-Quoi ?

-Ben on jouait aux échecs, mais comme tu es là, on va arrêter, alors il range pour que ça ne soit pas le bazar dans ma chambre.

-Et si j'avais envie de jouer aux échecs ?

-Mais tu détestes ça, protestais-je.

-Je sais, je te fais marcher, rit-elle en entrant dans ma chambre. »

Je la suivis et vis Louis glisser la boîte d'échecs sous mon lit. Bon, pour l'excuse du rangement, ça tombait un peu à l'eau, mais Claire ne semblait pas s'en soucier. Alors que je cherchais ce que nous pourrions faire ensemble, j'eus une idée qui me paraissait excellente.

« Eh, je sais, si on allait jouer à la console ?

-A quoi ? Demanda ingénument Athéna.

-C'est quoi l'aconsole ? Ajouta Louis.

-Euh... vous débarquez du Moyen-Âge ou quoi ? dit Claire, tout le monde a une console chez soi, maintenant.

-Ah une console, bien sûr ! rit Athéna, Mais comment peut-on jouer avec un meuble ? »

Tandis que ce dialogue se déroulait, je me fustigeais mentalement. Comment avais-je pu oublier que les sorciers n'avaient jamais entendus parler de consoles de jeu et ne savaient même pas prononcer correctement le mot « électricité ».

« Laurent, me demanda Claire, c'est quoi cette histoire ? Ils viennent d'où tes amis ?

-Euh, c'est un peu compliqué à expliquer... En fait, comment dire...

-Laurent Antoine Eliham, tu vas tout de suite m'expliquer ce qui se passe. C'est qui ces hurluberlus et où tu passes ton année scolaire ?

-C'est que... Claire, j'aurais voulu te le dire, mais c'est un secret... Mais genre top-secret au niveau mondial, ils pourraient m'envoyer en prison pour ça..

-Qui ça « ils », qu'est-ce que tu racontes ? Laurent, ne me force pas à me mettre en colère...

-Euh, Athéna, appelais-je à la rescousse, est-ce que je peux lui dire, tu crois ?

-Ah parce qu'ils sont dans le coup aussi ? Ouais, ça paraît logique, je suppose. Mais vous avez intérêt à m'expliquer tout de suite ce qui se passe, sinon ça va barder.

-Bon, tu veux vraiment savoir Claire ? Ce qui se passe, c'est que moi et mes deux amis, nous somme des sorciers. Voilà, tu es contente ?

-Qu'est-ce que tu raconte ? C'est tout ce que tu as trouvé comme excuse ? Et tu crois que je vais avaler ça, vraiment ?

-Mais Claire, c'est vrai. C'est pour ça que je ne peux pas aller au collège avec toi, parce qu'il y a un collège spécial pour les sorciers français. Et tu ne peux pas y entrer puisqu'il est réservé aux sorciers. Et je dois t'écrire parce que les sorciers ne connaissent rien en technologie et même les téléphones portables ne marchent pas dans un endroit magique. Et si mes amis sont venus avant toi et partiront après, c'est parce que leurs parents les ont amenés en se téléportant et il ne fallait pas que tu voies ça. On a même rangé la tente pour ne pas que tu voies qu'elle contient une dizaine de pièces, car c'est une tente magique. Tu vas me croire maintenant, ou il faut que je viole encore plus la loi sorcière pour te faire une démonstration ?

-Je... je suis désolée Laurent, je pensais que tu te foutais de ma gueule. Ces derniers mois, ça a été un enfer pour moi, tu n'étais jamais là, j'avais continuellement l'impression que tu me mentais, que tu me cachais des choses dans tes lettres et... je déteste ça, parce que tu es quelqu'un d'important pour moi, Laurent, tu es mon meilleur ami et je te connais depuis si longtemps que tu es une part de moi. Et quand je ne peux pas être avec toi, je me sens déchirée, comme si je n'étais pas entière. Est-ce que tu peux comprendre à quel point c'est dur pour moi ?

-Mais oui je comprends Claire, et je détestais devoir te cacher ce que j'étais vraiment. Mais je n'y peux rien, je dois te le cacher. Enfin... étant donné que tu le sais et qu'aucun envoyé de la Régie n'est encore arrivé, je suppose que ça n'était pas si important...

-C'est quoi la Régie ?

-Le gouvernement sorcier. Je... peux pas t'expliquer...

-Laurent, intervint doucement Athéna.

-Oui ?

-Je ne suis pas spécialiste en lois ou quoi, mais je pense que tu es déjà allé très loin. Et que Claire est suffisamment proche de toi. Pour que tu puisses tout lui dire. Ça sera beaucoup plus simple pour toi, et beaucoup plus sympa pour elle.

-Tu penses vraiment ? Ça fait trois mois que je suis sorcier, je veux pas tout foutre en l'air.

-Par contre foutre en l'air nos neuf ans d'amitié, ça y'a pas de problème, m'interrompit la voix acide de ma meilleure amie.

-Claire, je... je voulais pas dire ça. Bon ok, je vais tout te raconter si c'est ce que tu veux. C'est juste que... j'ai mortellement peur de me faire sanctionner pour ça. Ah et ne me demande surtout pas une démonstration, même mes parents ne m'ont pas vu faire de la magie.

-Ok, je te crois Laurent. T'es mon meilleur ami, je te fais confiance. Je veux juste rattraper le temps perdu, ok ?

-Ok. Je vais juste ramener à boire, je sens que ça va prendre du temps.

-Je croyais que t'avais pas le droit de boire en haut ?

-J'ai menti. On jouait aux échecs version sorcier, fallait que je gagne du temps pour que Louis range le jeu. Je reviens. »

Quelques minutes plus tard, je déballais tout. Cela me prit plusieurs heures, et Athéna et Louis intervinrent de nombreuses fois pour m'aider mais je m'en suis sorti. Ce n'est pas exactement le programme que j'avais prévu pour mon onzième anniversaire, mais lorsque j'eus fini je vis que j'avais récupéré la confiance de ma meilleure amie, et ça ça valait plus que tout au monde. Et je finis mon exposé par des grosses excuses et un câlin, que nous prolongeâmes longtemps les yeux remplis de larmes. Lorsque nous nous séparâmes, Athéna et Louis hésitaient entre rire et pleurer d'émotion, mais nous finîmes par nous reprendre.

Quelques minutes plus tard, ma mère nous appelait pour le dîner. Quand nous descendîmes dans la salle à manger, tout le monde était déjà là. Mes parents, ma sœur, mon frère et sa copine, mais aussi mes deux grands-parents. Mes grands-parents maternels, je n'avais jamais connu les parents de mon père. Il ne parlait pas souvent de sa famille, et j'avais cru comprendre qu'il s'était disputé avec eux. Mamie Jeanne et Papy Blaise m'embrassèrent très fort et me souhaitèrent un joyeux anniversaire. Pendant ce temps, ma mère amenait l'entrée, une salade d'avocats, de concombre et de tomates. Heureusement, à part quelques détails comme les boissons, les gastronomies sorcière et moldue étaient très semblables. Mes grands-parents ne savaient pas du tout que j'étais un sorcier, et j'espérais que mes deux amis tiendraient leur langue devant eux.

Finalement, après un énorme gigot accompagné de haricots blancs et le fromage, ma mère apporta un gros gâteau orné de onze bougies, il était au chocolat et s'étalait sur trois étages avec différents glaçages de couleur. Avant même de souffler mes bougies, je me tournai vers Amina et la remerciait pour son superbe gâteau. Cette dernière rougit violemment et me dit de souffler mes bougies avant qu'elles fondent sur le gâteau. Après que j'eus soufflé les onze bougies d'un seul coup, mon père commença à couper le gâteau pendant que ma mère et mon frère amenait les cadeaux qui m'attendaient depuis plusieurs heures dans la chambre de Georges et Amina.

Toujours soucieux de me faire pardonner mes mensonges, je commençai par le cadeau de Claire qui m'avait offert un énorme livre sur les rapaces d'Europe, je compris tout de suite l'allusion à Minerve et la remerciais chaleureusement. Georges et Amina m'avaient offert un livre regroupant la trilogie entière du Seigneur des Anneaux, tandis que mes parents avaient acheté une montre-bracelet. Enfin mes grands-parents m'avaient offert un jeu de monopoly sur les merveilles du monde. Je fis semblant d'avoir déjà reçu les cadeaux de Louis et Athéna et remerciais tout le monde.

Une fois que Papy et Mamie furent partis, je pris les deux derniers cadeaux, qui étaient restés dans la chambre de Georges et je m'apprêtais à les ouvrir. Je vis alors ma mère qui me faisait les gros yeux tandis que mon père semblait chercher un moyen pour faire partir Claire rapidement. Je pris alors une grande inspiration avant de poser le paquet sur la table.

« Papa, Maman, Claire sait que je suis un sorcier.

-Ah bon ? demanda ma mère, pour...

-Comment ! l'interrompit mon père en hurlant, Tu as dit à ton amie que tu étais SORCIER ?!

-Ben oui, dis-je plus du tout sûr de moi. J'étais bien plus effrayé de la colère de mon père que de celle de la Régie de Magie.

-Mais on... je veux dire M Renaud t'as bien prévenu qu'il ne fallait surtout pas dire quoi que ce soit à quiconque. Même tes grands-parents ne savent rien ! Et toit tu le dis à ton amie comme ça, tu cherche les ennuis ?!

-Papa, je dis calmement, Claire c'est pas juste une amie. On se connaît depuis 9 ans, elle est ma confidente, et... c'est une sœur pour moi, ma sœur jumelle à qui je raconte tout sur tout. Ça a été hyper dur de lui cacher pendant trois mois et encore elle savait que je lui cachais quelque chose. Franchement, si Amina sait que je suis un sorcier, alors c'est normal que Claire le sache aussi. Elle est bien plus proche de moi que la copine de mon frère !

-Amina c'est pas pareil, elle était là quand on te l'a annoncé.

-Eh ben j'aurais voulu que Claire soit là ! De toute façon tu t'attendais à quoi ? Je peux cacher que je suis un sorcier à papy et mamie parce qu'ils viennent une fois tous les trois mois et restent quelques heures. Mais le cacher à ma meilleure amie qui me connaît mieux que personne et est toujours avec moi ? Tu penses que c'est possible ? Ben ça l'était pas ! »

Pendant quelques instants, plus personne ne parla. Je remarquais que pour la première fois depuis que j'avais trois ans, j'avais hurlé sur mes parents. Ça me surprit, je n'étais pas du genre à m'énerver, surtout contre mes parents que je respectais énormément. Alors je repris d'une voix beaucoup plus calme « Désolé de m'être énervé Papa. Mais c'est important pour moi, vraiment.

-Mon pauvre chéri, me dit Maman, ne t'en fais pas, on te comprends tout à fait. De toute façon Claire ne dira rien à personne et je suis sûr que ça restera entre nous. Après tout, les sorciers n'ont pas à l'apprendre, pas vrai ?

-Madame Eliham, intervint Athéna, vous ne semblez pas comprendre. Le Code International du Secret Magique est une des lois les plus fondamentales de toutes les sociétés sorcières du monde. Nous devons rester cachés. Pas parce que nous sommes trop orgueilleux pour vivre avec des Moldus, mais parce que nous avons eu plusieurs problèmes avec les Moldus autrefois, et que nous sommes beaucoup moins nombreux que vous. Les Chasses aux Sorcières de la Renaissance ne courraient pas derrière des chimères mais ont étés une vraie menace pour toute la communauté magique d'Europe.

Je suis désolée de vous dire ça, mais Laurent va devoir signaler que Claire est au courant très vite. Ne serait-ce que pour pouvoir faire de la magie devant elle sans qu'une brigade d'échevins débarquent dans la minute suivante, une fois qu'il aura son brevet. Et si jamais on découvre qu'il a brisé le Secret Magique sans en référer aussitôt à la Régie, il risque de graves problèmes. Mais ne vous en faites pas, je vais en parler avec mon père demain et je vous assure qu'il sera compréhensif. Et qu'il utilisera ses relations pour que tout se passe bien. Ce n'est qu'un petit incident tout à fait normal quand on voit le lien entre votre fils et sa meilleure amie. Et ce n'est ni la première, ni la dernière fois que la Prévôté des Bûchers devra s'occuper d'un Moldu informé du Secret Magique illégalement, ces cas là ne posent pas problème, c'est quand plusieurs dizaines de Moldus anonymes sont au courant de notre existence que ça devient dangereux.

-Merci beaucoup Athéna ! Je suis désolé de causer du souci à ton père, ajoutais-je.

-Ne t'en fais pas, il n'y a aucun problème. Au fait, est-ce que Claire peut rester dormir ici ? Je veux dire sans que ça paraisse suspect à sa mère.

-Bien sûr, répondit cette dernière. En fait elle trouvait bizarre que je ne sois habitué que pour l'après-midi alors que les amis de Laurent restaient trois jours. Pourquoi tu demande ça ?

-Parce que mon père va sûrement devoir t'enregistrer et je préfère qu'on le fasse chez Laurent que de devoir envoyer une escouade d'Observateurs à ton domicile. »

Pour passer le léger malaise qu'avait provoqué l'intervention d'Athéna, je repris le paquet et je déchirais le papier cadeau découvrant ainsi un Bestiaire des Créatures de France offert par Athéna. Je ris un peu en voyant qu'elle avait eu la même idée que Claire, mais dans un autre registre. Louis m'avait offert un jeu d'échecs version sorcier en bois, bien plus pratique que son échiquier de poche, même s'il était aussi beaucoup plus encombrant. Nous retournâmes dans ma chambre, et quelques minutes plus tard j'entendis ma mère discuter avec la mère de Claire pour que cette dernière reste jusqu'à demain. Claire descendit et remonta rapidement avec une réponse affirmative.

Le lendemain, après que nous ayons disputé un tournoi d'échecs, plusieurs parties de Monopoly et enfin joué à la console jusqu'à une heure du matin, nous nous réveillâmes dans la tente géante de Louis. Chacun avait sa chambre, et nous pûmes même utiliser la salle de bain en plus des deux de la maison. A onze heures, le père d'Athéna transplana dans la maison, et Athéna lui expliqua la situation. Il hocha la tête et proposa d'enregistrer Claire tout de suite. Comme lui et la mère de Louis allaient utiliser de la magie dans la maison, il fallait éviter qu'une Moldue non enregistrée se balade dans la maison. En quelques minutes, un autre sorcier fut appelé, écouta toute l'histoire et enregistra Claire après m'avoir fait un petit sermon.

Soulagé que tout fut réglé, je dis au revoir à Athéna avant qu'elle parte. Une heure plus tard Madame Sèvres arrivait alors que nous allions passer à table et accepta de partager notre repas. Une fois que mes deux amis sorciers furent partis, Claire m'entraîna dans ma chambre et me remercia pour tout ce que j'avais fait pour elle hier. Elle avait compris toute à l'heure que j'avais vraiment violé la loi pour elle et ça l'impressionnait manifestement. Elle partit finalement avant le goûter, et je me sentis un peu seul après trois jours en compagnie de mes amis. Mais je les revoyais dans moins d'une semaine, je n'allais pas me plaindre.