Chapitre 11 : le brunch

Quand il se réveilla, Astoria était à son côté. Elle brodait.

-Astoria ? Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il d'une voix faible.

-Drago ! Tu vas bien chéri ? répondit-elle en posant une main sur le front de son mari.

-Que s'est-il passé ? Je suis assoiffé.

-Doulou ! Apporte du thé ! Tu étais malade. Et tu délires depuis un peu plus d'une journée.

-Je délire.. balbutia-t-il.

-Tu parlais de lèvres d'un rouge carmin, de Diane, la déesse chasseresse illuminée dans la lumière. C'était confus. J'ai appelé un médicomage au bout de quelques heures quand j'ai vu que ça ne passerait pas. Sa potion semble faire de l'effet désormais. Tu as l'air beaucoup mieux mon amour.

-Je suis..

Il retomba sur le lit. Et passa ses mains sur son visage et accepta la tasse que lui tendit sa femme. Il ne se souvenait pas d'avoir déliré. Il ne se souvenait pas de grand chose d'ailleurs.

-Je dois.. aujourd'hui je dois aller voir Enguerran.

-Il est à la maison. Ils sont venus hier et comme tu n'allais pas bien, j'ai demandé à Daphné et à son mari de rester pour me tenir compagnie. Ils ont été suffisamment gentil pour accepter.

Drago soupira et se leva du lit. Il était tout engourdi. Il se rendit dans la salle de bain pour se laver et quand il en ressortit, il prit conscience de sa faim. Il descendit les escaliers rapidement et il poussa la porte des cuisines. Il n'y allait pratiquement jamais mais là, il avait faim et il savait que personne ne viendrait le déranger là-bas.

-Toi là-bas. Prépare moi des œufs au bacon, demanda-t-il en s'asseayant sur le plan de travail.

-Je suis désolé maître. Je ne le puis.

-Je te demande pardon ?

-Maîtresse Astoria nous a ordonné de ne vous servir que de la soupe de légumes et de refuser toute autre demande.

-Et si je te l'ordonne ?

-Elle a précisé que nous devions lui obéir, même si vous nous en donniez l'ordre ou que vous nous menaciez.

Drago saisit le bol mélangeur à côté de lui et le lança sur son elfe qui l'esquiva.

-Même ça tu ne peux pas l'accepter ? Où sont mes elfes ?

-Je ne sais pas maître.

Drago sortit de la cuisine, furieux. Il arriva dans le salon et vit Astoria entrain de parler à sa sœur.

-De la soupe de légumes ? Tu te fous de moi ? Où sont mes elfes ?

-Tu as été malade. Tu ne mettras pas d'aliment gras ou inapproprié dans ton organisme.

-Elle a raison Drago, tu..

-Daphné. Je parle avec ma femme. Déjà que tu squattes chez moi, tu ne vas pas squatter dans nos conversations de couple, si ?

-Drago ! le réprimanda Astoria. Ne parle pas avec tant de grossièreté à ma sœur.

-Tu n'es pas ma mère, alors tu ne me donnes pas d'ordre et tu donnes encore moins des ordres à mes elfes.

Il fit apparaître sa cape et l'enfila.

-Où vas-tu ?

-Je sors. J'ai besoin de prendre l'air, rétorqua-t-il furieux.

il claqua la porte d'entrée et vit Enguerran qui marchait vers la maison.

-Demi-tour. Les sœurs Greengrass sont entrain de parler.

-Ah ! Tu es au courant pour la soupe de légumes ! rit Enguerran. J'avais dit à Astoria que c'était une mauvaise idée. Allez viens je t'invite au restaurant pour un brunch. En fait désolé de nous être imposé mais tu connais les sœurs Greengrass autant que moi. Quand elles ont décidé un truc..

-Ouais.

Attablé devant un brunch digne d'un roi, Drago était heureux. Il n'avait pas mangé depuis plus de 24h et il avait une faim de loup. Ils étaient dans un restaurant très prisé de la ville à l'étage. Les deux hommes n'avaient pas qu'en commun un mariage avec une Greengrass mais aussi une réelle aversion pour le patriarche de la famille de leurs épouses. Grâce à cela, Drago appréciait plutôt son beau-frère par alliance. Sans oublier qu'il avait comme lui, une passion pour le fromage.

-Alors, de quoi voulais-tu qu'on parle Enguerran ?

-De choses et d'autres. En fait je voudrais que tu m'accompagnes la prochaine fois que j'irais en France. Je sais qu'il y a ce week-end là avec les anciens de Poudlard mais je crois que tu passes un peu trop de temps avec ta femme. Un séjour dans un autre pays sans femme pour nous dicter notre conduite nous fera le plus grand bien.

-C'est une excellente idée. Elles pourront déblatérer sur notre compte pendant plusieurs jours.

-Exactement. J'en parlerais à Astoria. Je lui dirais que j'ai besoin de toi pour une affaire urgente dont les tenants et les aboutissants l'ennuieraient.

-Faisons ça.

Drago s'adossa sur le dossier de sa chaise et observa les gens dans la salle.

-Dis-moi Drago, ce n'est pas la femme de Harry Potter là-bas ?

Il tourna ses yeux gris vers l'endroit désigné par son beau-frère et il vit la tête rousse de Ginevra Potter et de sa fille dernière née qui lui ressemblait énormément..

-Oui c'est elle.

Elles étaient à deux tables de lui et furent bientôt rejointes par un jeune homme aux cheveux verts pommes en pétard. Drago faillit en lâcher son verre de jus de figue de barbarie.

-Sérieusement ? On laisse rentrer des gens aux cheveux verts ici ? Quel manque d'élégance, ne put s'empêcher de critiquer Enguerran.

Le jeune homme qui allait s'asseoir, planta ses yeux bleus dans ceux de Drago et dit quelque chose à la femme de Potter. Drago détourna le regard vers son beau-frère par alliance alors qu'elle tournait la tête.

-Ce ne serait pas la première fois. Excusez-moi !

Il hêla un serveur et demanda à ce qu'on lui apporte un verre de cognac.

-À 10h30 ? s'étonna Enguerran. À moi aussi. Et une carafe de Margharita. Tiens, la femme de Potter nous regarde. Je vais lui faire un coucou.

-Noooon. Ne fais pas ça, je serais obligé d'aller la saluer, ce que je ne veux pas.

-Pourquoi cela ? J'ai compris que tu n'aimais pas vraiment Harry Potter mais ne pas aller dire bonjour à une femme aussi craquante serait presque un crime de lèse-majesté.

-Si je devais aller lui dire bonjour, je devrais aussi saluer le garçon à côté d'elle.

-Parce que tu le connais ! s'écria Enguerran assez fort avant d'éclater de rire.

-Pas exactement mais je sais qui il est.

Le mari de Daphné le regarda, intrigué.

-Je ne comprendrais décidément jamais la mentalité britannique. Tu ne veux pas aller saluer une personne que tu connais pour ne pas saluer une personne que tu ne connais pas ?

Enguerran remercia le serveur et se versa un verre de Margharita en attendant une explication. Drago soupira. Il savait qu'ils ne pourraient pas parler d'autres choses avant qu'il ne lui lâche cette information.

-C'est.. mon cousin.

Il avait lâché le mot comme si c'était du venin. Enguerran ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Il secoua la tête et il lui demanda d'une voix qui avait du mal à cacher son fou rire :

-Le hérisson vert ? Ton cousin ?

-C'est le petit fils de la sœur de ma mère. Sa sœur-paria, précisa-t-il. Nous n'avons jamais été présenté et je ne veux pas le connaître. Il ne doit même pas savoir qu'il a des gênes en commun avec moi. Fin de la polémique.

Drago mentait. Il aurait aimé connaître Teddy Lupin. Il n'était également pas sans ignorer que cela agacerait prodigieusement son père, lui qui ne voulait même pas que le nom d'Andromeda Black-Tonks soit prononcé au Manoir Malefoy. Cependant, le jeune homme était l'un des derniers représentants de la noble famille Black avec lui et leurs mères. Il aurait aimé pouvoir l'observer de plus près mais Drago avait conscience qu'il ne pouvait pas se présenter à lui comme ça, un matin lors du brunch. Il trouvait que le jeune Lupin avait les mêmes yeux que sa mère Narcissa. Quand il avait déposé Scorpius à la gare, il l'avait vu rire et n'avait pas pu s'empêcher d'y voir le propre sourire de son fils et celui de sa grand-mère Druella Rosier Black la seule fois où il l'avait vu s'esclaffer.

-Okay. En tout cas, trinquons avant que quelqu'un n'aille rapporter à ta femme ou à la mienne que nous buvons lors d'un brunch.

Drago leva son verre et il trouva la Margherita bien chargée. Ils continuaient de manger en parlant de la politique du Ministère de la Magie quand Enguerran changea de sujet brusquement.

-J'ai toujours trouvé dommage que les anglaises ne mettent pas plus souvent des pantalons. Je sais que Daphné trouve que ça fait très moldu mais moi je ne peux m'empêcher de penser que ça flatte une belle silhouette. Ce doit être mon côté.. comment dit Ash déjà ? Ah oui "fashion victime". Ce doit être ce côté de ma personnalité qui fait que je ne pourrais jamais m'intégrer parmi vous, les anglais.

Drago contempla quelques secondes Enguerran sans assimiler le sens de ce micro-monologue.

-Pourquoi tu dis ça ?

Son ami lui fit un signe du menton.

-Ose me dire que cette femme n'a pas mis en valeur son postérieur.

Drago jeta un coup d'œil et faillit s'étouffer en voyant à qui appartenait ce beau derrière. Ne pouvait-il pas faire quelque chose sans la croiser ? Hermione Granger portait un pantalon qui moulait ses formes avec des escarpins et ce qui semblait être une chemise d'un blanc cassé. Même d'ici Drago savait que la chemise laissait entrevoir la naissance de ses seins.

-Tu vois. Tu en restes bouche bée. Aucun homme ne peut se dire que cette femme n'est pas une bombasse en la voyant.

-Hermione Granger ? Une bombasse ? C'est fou comme l'alcool peut te faire délirer.

-C'est… elle, Granger ? Hmmmm.

-Quoi Hmmmmm ? l'imita Drago un peu énervé.

-Je comprends mieux pourquoi tu avais un besoin obsessionnel de la battre à Poudlard. Voir une telle beauté en colère doit être quelque chose non ?

-Tu divagues mon vieux.

-Si tu ne la connaissais pas, comme moi.. tu dirais que cette femme est une bombasse. Mais comme tu la connais et que tu ne l'aimes pas, ton jugement est erroné. C'est tout.

-Je trouve que ça fait un peu moldu et que ça masculinise une femme. Mais d'après ce que j'ai compris d'Astoria, les femmes les plus influentes au monde en portent alors je ne dis rien quand elle enfile un pantalon.

-De toute façon, c'est Astoria. Si elle décide vraiment de porter ou faire quelque chose, je ne pense pas que ton avis compterait tant que ça.

Drago trouvait hallucinant que son beau-frère qui pourtant ne passait pas beaucoup de temps avec sa femme l'ait aussi bien cerné. Il ne la connaissait pas depuis aussi longtemps que Drago en plus. Ce dernier se demanda si son beau-frère n'était pas plus intelligent que ce qu'il avait bien voulu croire toutes ces années.

-La bombasse arrive vers nous.

Avant que Drago n'ait dit quoi que ce soit, Granger arrivait. Les gens se retournaient sur son passage. Elle était connue dans le monde magique.

-Bonjour Drago, monsieur.

Enguerran se leva, lui serra la main et se présenta. Granger le regarda avec un air chaleureux que Drago détesta. Il remarqua qu'elle portait toujours cette croix autour du cou.

-Oh vous êtes le mari de Daphné. Ravie de faire votre connaissance.

-Moi de même madame. Souhaitez-vous vous joindre à nous ?

Drago lui fila un coup de pieds sous la table alors que ce dernier se rasseyait.

-Non merci. Je suis en famille.

-Je n'aurais jamais cru voir un jour, un Weasley avoir suffisamment d'argent pour se payer une table ici. Heureusement que la sœur de ton abruti de mari a épousé Potter n'est-ce pas ?

Enguerran et Granger tournèrent les yeux vers lui et il vit chez Granger un parfait agacement.

-Tu n'es pas possible Malefoy. Enfin bref, je ne vais pas faire un scandale pour si peu, j'ai passé le stade de l'adolescence contrairement à toi de toute évidence. Il faudrait que tu te présentes au Département de la Justice dans la journée de demain ou d'après demain au plus tard.

-Il faudrait ? C'est donc une faculté ? Et je peux savoir pourquoi je dois encore me déplacer ?

-Je ne suis pas habilitée pour t'en parler ici et maintenant. Je tenais juste à te prévenir puisque je te croise avant que tu lises ton courrier. Et non, ce n'est pas une faculté mais une obligation.

-Je verrais si j'ai une minute pour passer. Tu as quelque chose à ajouter Granger peut-être ?

Elle tourna les talons sans dire un mot de plus et Drago ne put s'empêcher d'approuver le point de vue de Enguerran sur les pantalons et aller même encore plus loin en affirmant que cela donnait un petit plus à son élégante démarche. Quand il revint à la réalité, son beau-frère le contemplait avec un sourire sur les lèvres mais il ne commenta pas la scène qui s'était déroulé devant ses yeux.

Au moment de leur sortie, Drago se rendit compte qu'il avait oublié son parapluie à l'intérieur. Il demanda à Enguerran de l'attendre et il re-rentra dans l'établissement. Il tomba nez à nez avec Granger. Il l'esquiva et prit son parapluie à l'entrée.

-Bonne fin de journée Granger, dit-il en sortant.

Il savait que sa phrase l'avait fait rougir d'une rage impuissante. Que pouvait-elle dire face à un ton aussi poli ? Il abandonna son beau-frère et traîna dans les rues du Chemin de Traverse. Il regardait les vitrines des magasins. Il n'avait aucune obligation connue dans la journée et de toute façon, il savait qu'Astoria avait repoussé tous les rendez-vous qu'il aurait pu avoir. Il s'assit à la terrasse d'un café près de Gringotts et il regretta d'avoir pris une telle quantité d'alccol. Il se sentait fatigué maintenant. Il commanda un grand café et se prit la tête entre les mains. Quand il releva les yeux, il vit Tanya. Il lui fit un signe de tête et elle se dirigea vers lui.

-Je ne vais pas te déranger plus longtemps, merci pour les fleurs. Elles sont exquises. Passe chez moi un de ses quatres. Tu les verras par toi-même.

-Je passerais sûrement demain vers midi.

-J'ai hâte.

Elle lui fit un petit sourire entendu et retourna vers la femme qui l'accompagnait et qui était vaguement familière à Drago. Peu importait en somme. Elle devait être une des prostituées qui partageaient la vie de Tanya. Il avala son café, laissa la monnaie sur la table et partit sans demander son reste. Il se dirigea vers Fleury et Bott. Il ne savait plus vraiment pourquoi il aimait tant cette boutique. Quand il franchit le seuil de la porte, cette raison lui revint en mémoire. Les livres, eux, ne lui avaient jamais dit ce qu'il voulait entendre et ne lui reprochait pas son passé comme pouvait encore le faire certains. Il salua la libraire et se rendit directement à l'étage dans les livres de potions. C'était son rayon préféré. Il savait qu'une nouveauté n'attendait que lui pour être achetée. Il ne fut pas déçu : un magnifique ouvrage de Roderick Marchecombe l'attendait avec sa couverture ouvragée. Il le cherchait depuis tellement de temps qu'il ne put s'empêcher de sourire comme si un ange en personne se trouvait devant lui. Il le garda auprès de lui et allait en caisse lorsqu'il se rappela que Scorpius lui avait demandé de lui envoyer un roman. Il se rendit au rayon des œuvres de fiction. Il n'y avait pas remis les pieds depuis l'avant-veille du départ de son fils. Comment s'appelait la saga que Scorpius aimait tant déjà ? Le nom de l'auteur était Rowling ou quelque chose comme ça. Cet auteur prolifique sortait un livre pratiquement tous les 6 mois. Il s'arrêta devant l'étagère et vit David Copperfield. Il aimait beaucoup ce livre, enfant, il se souvenait d'avoir demandé à l'un des elfes de sa mère de lui lire l'histoire pendant qu'il s'endormait.

-Excusez-moi monsieur. Vous pourriez m'attraper l'exemplaire de David Copperfield à votre droite s'il vous plaît ? Je suis trop petit.

Drago se demanda si c'est à lui qu'on parlait. Il baissa les yeux et vit un petit garçon roux le regarder avec gentillesse. Il attrapa le livre demandé. Il ne voulait pas empêcher un enfant de se cultiver. Il devait avoir 7 ans pas plus.

-Merci monsieur. C'est mon livre préféré.

-À moi aussi quand j'avais ton âge. Tu ferais mieux de prendre cette édition. Il y a des indications sur l'époque dessus, elle est beaucoup plus rare. Et qui ne voudrait pas une édition spéciale de son livre préféré ?

Il lui donna l'édition qu'il y avait en main. Les yeux du garçon pétillèrent d'un plaisir certain à l'idée d'avoir un aussi bel ouvrage. Il le regarda dans tous les sens puis il eut l'air embêté.

-C'est vrai qu'il est beau mais je n'ai pas assez d'argent pour l'acheter alors..

Drago sortit sa bourse et lui donna deux gallions.

-Je ne peux pas accepter monsieur.

-Vas-y prends. Vois ça comme un élan de générosité d'un inconnu pour promouvoir la culture. Allez prends.

Il lui colla les deux gallions dans la main et se rendit dans un autre rayon. Rowling avait sorti un autre livre. Il sourit. Scorpius serait heureux de l'avoir dans le prochain colis qu'Astoria lui enverrait. Il paya rapidement et sortit du magasin.

-Malefoy !

Il leva les yeux au ciel. Encore elle ? Ne pouvait-il pas faire un pas en dehors de chez lui sans avoir Granger dans les pattes ? Il se retourna et vit Granger avec un livre. Il le reconnut comme étant l'exemplaire de David Copperfield qu'il avait entre les mains quelques minutes plus tôt. Il baissa les yeux et vit le petit garçon de Fleury et Bott. C'était un Weasley de toute évidence.

-Un problème Granger ? demanda-t-il à voix basse.

-Je te rends ton livre et ton argent. Je ne veux pas te devoir quoi que ce soit.

-Tu ne me dois rien.

-De toute évidence, tu donnes de l'argent à mon fils…

Elle regarda son dernier né d'un air fâché. Ce dernier baissa les yeux, réellement embarrassé par la réaction de sa mère.

-Et c'est tout bonnement intolérable.

-Je ne savais pas que c'était ton fils.

-Oh vraiment ? le railla-t-elle en fronçant les sourcils.

-Je n'en avais aucune idée. Sinon tu peux être certaine que je lui aurais offert plus d'un livre pour embarasser ses parents qui ne sont pas foutus de lui donner suffisamment d'argent pour qu'il achète son livre préféré ! Garde ton livre mon garçon. C'est probablement l'un des seuls que tu auras jamais. Je connais bien ton père et de toute ma vie je ne l'ai jamais vu avec quelque chose de flambant neuf.

Il lui retendit le livre et le garçon hésita à le prendre. Il en avait vraiment envie, ça se lisait dans ses yeux. Il leva sa petite main pour le reprendre.

-Hugo ! le réprimanda sa mère.

Il rebaissa sa main aussi rapidement.

-Merci monsieur mais je ne peux pas accepter.

-Tu te souviens quand je t'ai dit que tu es castratrice ? Bah j'avais raison et je réitère. Tu empêches ce garçon d'avoir accès à la culture. Ce n'est pas parce que tu as épousé une famille de pauvres que ton fils doit en subir les conséquences.

-Hugo. Va rejoindre ta tante au café. Tout de suite, siffla sa mère.

-Mais maman ! protesta le jeune garçon.

-Tout de suite Hugo et je ne me répèterais pas.

Elle avait haussé le ton, aussi le garçon tourna les talons et courut vers le café. Une fois entré dedans, Hermione fixa Drago d'un œil torve.

-Garde ton livre Drago Malefoy. Je ne veux rien de toi, ni maintenant ni jamais !

-Je ne t'ai rien proposé et il me semble que tu n'étais pas vraiment de cet avis la dernière fois qu'on s'est vu, rétorqua-t-il à voix basse. C'était pour..

Il fit un signe vers le café ou le petit garçon avait disparu.

-Hugo ? Prends le. Je n'en ai pas l'utilité et il va finir dans une poubelle publique. C'était un cadeau. On ne reprend pas un cadeau une fois qu'il a été accepté. Ne va pas apprendre à ton fils qu'il a fait quelque chose de mal…

-Il a fait quelque chose de mal en acceptant le cadeau d'un inconnu.

-En te disant la vérité, continua-t-il. Il aurait pu dire qu'il avait trouvé l'argent par terre mais il ne l'a pas fait. Tu es chiante mais ne le sois pas avec ton fils. Il a l'air d'être un gosse équilibré malgré le fait que tu sois sa mère et que Weasley soit son père. Rien que pour ça il mérite un cadeau en réalité. Et sache que si tu ne le prends pas maintenant, il t'en voudra parce qu'il va comprendre que tu lui refuses un livre parce que tu ne m'aimes pas…

-Il n'a pas tort, la fouine.

-Et c'est l'exemple que tu veux donner à tes enfants ? Pardonner à ses ennemis tu ne t'en souviens pas ? Je reprends ma monnaie mais je ne reprendrais pas le livre. Fais-en ce que tu en veux. Je serais dans ton bureau à 8h30 demain matin. À demain Granger.

-Tu es incorrigible Drago Malefoy. Tu mériterais..

-Un remerciement pour ma grande sagesse ? Une révérence pour ma supériorité ?

-Non. Une gifle. Tu es une vraie tête à claque.

-Et toi tu es une mère castratrice pas assez fortunée pour faire plaisir à ton gosse qui pour la première fois de sa vie peut agir en fils unique.

-Je lui apprends la mesure. Et je n'ai pas à me justifier devant toi de la façon dont je traite mes enfants ! Non mais vraiment ! s'exclama-t-elle furieuse.

-Écoute Granger. Ce n'est pas que je n'aime pas te voir péter un gros câble, parce que tu as vraiment un côté sexy quand tu te mets en colère, mais franchement je n'ai pas le temps d'écouter les élucubrations d'une Desperate Housewive trentenaire. Alors, tu vas te calmer parce qu'on est en pleine rue et que des gens nous regardent. Tu vas rentrer chez toi, boire un Martini et sortir l'éclair de feu argent que tu as dans le derrière, okay ? Avec un peu de chance, c'est pour ça que tu es coincé et pas parce que tu ne t'es pas fait troncher depuis des mois !

Il tourna les talons, la laissant seule sur la route et il transplana jusqu'à chez lui. Il était dans son bureau et il éclata de rire. Un rire grave qui le secoua du haut jusqu'en bas et le plia en deux. Dieu qu'il aimait sa tête quand elle était à court d'argument. Il allait follement s'amuser le lendemain.


Voilà voilà Potterheads, deux chapitres en 24h ! bande de vénard !
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre et de ce brunch ?
N'oubliez pas de lâcher une review !
À bientôt pour le chapitre 12 : le raté de la portée !