Je vous poste dès maintenant le chapitre 10, qui j'espère vous plaira.
Je n'ai pas posté depuis presque un mois, mais ne vous inquiétez pas, je n'ai aucune intention d'abandonner ma fiction en cours de route.
Aussi, je voudrais dire un grand merci à ma beta, NYCUtopia, qui a pu corriger ce chapitre. Vu le travail colossal qu'elle a fait pour de cette correction, je ne peux que lui dire merci !
RAR :
Adchan : Je suppose que tout le monde à part Severus aurait véritablement « péter un plomb ». Mais n'est pas espion qui veut ! En faite, ce n'est pas qu'il prend bien le fait que Sirius soit son calice, au fond de lui il en ait quand même un peu catastrophé, même si son côté vampire le pousse à l'accepter plus rapidement que prévu. Ou l'accepter tout court, d'ailleurs.
Oui Teddy est vraiment mignon, n'est-ce pas ? Personnellement, j'adore le côté Serpentard que je lui ai donné, même si les plus avertis diraient que c'est le côté Maraudeur qui ressort. Après tout, comme Harry, l'intelligence se mêle à un côté espiègle et à une franche dévotion pour ceux qu'il aime.
Sirius et ses fous rire légendaires. Comment dire. Je ne pouvais pas lui enlever ce trait de caractère, c'est ce qui rend en partie le personnage si emblématique. Mais c'est aussi quelque chose qui le freine dans son avancée dans la relation avec Severus car celui-ci doit prendre continuellement des pincettes pour ne pas brusquer son cher et tendre X).
Le couple Sirius/Severus… He bien je te laisse lire la suite pour voir à quel point ils peuvent être mignons et gauches quand ils le veulent !
Zeugma 412 : Oui, Teddy est un vrai petit Serpentard, mais après tout il est bien le fils d'un des membres des Maraudeurs, non ? Car même si tous ont une âme de Griffondor (bon Pettigrew mit à part), ils ont tous une partie d'eux qui reste sournoise et très inventive dans tout ce qui est des farces.
Sirius qui rougit, surprenant non ? Et en effet, il ne va pas arrêter de rougir de sitôt, bouhahahaha (ceci est un rire diabolique) !
J'espère que la suite te plaira !
Nessy : He bien j'espère vraiment que la suite te plaira !
Chapitre 10
« - Ce serait avec grand plaisir. »
Severus sentit comme une explosion dans la poitrine à cette réponse. Son calice avait accepté de passer quelques jours chez lui. Le sentiment d'euphorie extrême qu'il était arrivé à cacher aux membres de la pièce n'était pas pour le rassurer. Qu'adviendrait-il quand tout irait plus vite ? Quand les choses deviendraient beaucoup plus sérieuses ? Encore faudrait-il qu'ils aillent plus loin, mais il avait quand même bon espoir pour que tout se déroule comme il l'espérait.
« - Pourrons-nous discuter ? De choses sérieuses s'entend. »
Sirius comprit tout de suite de quoi il voulait parler. De son statut de calice et de ce que cela allait impliquer. Même s'il avait maintenant envie d'approfondir ou plutôt de créer une nouvelle relation avec son ancienne Némésis, il ne pouvait pas envisager de se lancer dans une telle entreprise sans avoir toute les données, ou en tout cas les principales. Les liens que créaient les vampires avec leur aimé étaient bien trop complexes et bien trop peu connus pour que même s'il était aller chercher des renseignements, il fût incapable de trouver quelque chose de constructif à se mettre sous la main. La seule chose dont il était sûr, c'est que le calice était la raison de vivre pour un vampire, comme lui avait affirmé Severus la dernière fois qu'il était venu au Manoir Snape.
Alors oui, dans l'état actuel des choses, ils devaient parler avant de commencer quoi que ce soit.
Il hocha alors la tête et se perdit une fois encore dans ses pensées.
Snape se tourna alors vers Teddy. Son air un peu trop joyeux pour être totalement sain ne l'avait pas trompé. Celui-ci préparait quelque chose dans son coin, et son intuition, ou plutôt son pouvoir de déduction lui soufflait que ce quelque chose avait à voir avec son hypothétique relation avec son calice. Décidant de laisser pour l'instant cette affaire de côté, il reprit la parole.
« - Cet après-midi, nous ferons une potion plutôt simple, es-tu partant pour commencer l'art délicat et plein de subtilités qu'est celui les potions ? »
Un immense oui, prononcé avec un grand sourire où il manquait une ou deux dents, le fit craquer intérieurement. Merlin, qu'est-ce qui lui arrivait ? Quand s'était-il transformé en une immense guimauve ? Était-ce parce que ces deux-là qu'ils étaient ses liés qu'il avait toujours des réactions bien trop extrêmes à son goût ? Ou devrait-il s'attendre à acheter des romans à l'eau de rose et pleurer quand Kent se marierait avec la belle Carla ? Tout cela ne lui disait vraiment rien de bon pour ses nerfs, avec ses deux invités qui cachaient tout les deux des surprises en tout genre et qui mettraient sa patience à rude épreuve.
Ses invités continuèrent à manger en silence, Severus les regardant alternativement, même s'il s'attardait bien plus sur Sirius que sur le petit. Il redoutait la conversation qu'il devrait avoir avec le plus grand. Il craignait encore, malgré la promesse qu'il lui avait fait de dormir dans sa demeure, qu'il parte une nouvelle fois en courant. Quelque chose lui disait que si cela se produisait, il ne s'en relèverait pas.
Quand enfin ils eurent fini de manger, ils accompagnèrent Teddy faire la sieste, attendant tranquillement qu'il s'endorme avant de redescendre, chacun redoutant un peu plus que l'autre l'inévitable discussion.
Severus dirigea son calice vers le fauteuil où il s'endormait le soir, espérant secrètement que l'odeur de Sirius s'imprègne dans le cuir et qu'il pourrait ainsi s'assoupir avec son parfum partout autour de lui. Il prit quant à lui le canapé en face de celui de son lié, où il serait ni trop proche de lui pour ne pas trop l'effrayer, ni trop loin pour la simple raison qu'il ne le supporterait pas.
Il le regarda croiser les jambes, de façon si sensuelle à son goût. Il le regarda se tortiller sur son siège, mal à l'aise. Il le regarda regarder partout sauf dans sa direction. Il absorba chacun de ses mouvements quand il délia ses jambes puis repris son manège dès le début. Il essaya de capter l'essence même de son aimé, prit dans un désir de possession tel qu'il n'en avait jamais ressentit. Sirius le rendait fou.
Pourtant il ne bougea pas, attendant qu'enfin il se tourne vers lui pour commencer leur nouvelle histoire. Cette nouvelle histoire qu'ils écriraient avec du sang, des larmes, du bonheur, des étreintes passionnées et des bouts d'éternité qu'ils traverseraient dans les bras l'un de l'autre. Cette nouvelle histoire qu'ils écriraient, il en était sûr maintenant, si Sirius lui en laissait l'occasion.
Il attendit quelques minutes jusqu'à que son calice, excédé et à bout de nerfs, se tourne presque violemment vers lui.
« - Il faut qu'on parle.
-Oui. »
Le début en matière était quelque peu chaotique et tout les deux en eurent un peu honte. Comment commencer quelque chose qu'ils espéraient stable s'ils ne pouvaient même pas parler l'un avec l'autre sans avoir l'impression de s'agresser ?
« - Que veux tu savoir en premier ?
- Tout d'abord ce que tu ressens pour moi, c'est le plus important non ? »
Sirius regarda le vampire, un air désespéré collé sur le visage. Sa question était légitime, comment pouvaient-ils ne serait-ce qu'établir les bases de leur relation s'ils ne savaient pas dans quoi ils allaient plonger ? L'animagus avait besoin de certitudes, ce que Severus comprenait très bien car il était sensiblement dans la même situation.
« - Ce que je ressens pour toi ? Oui c'est important. Tu es le centre de mon univers, tout ce que je ferai sera essentiellement fait pour toi, ma nouvelle vie t'est dédié. Tu veux savoir ce que je ressens pour toi ? C'est pourtant simple, tu es mon âme sœur, ma vie, mon âme tu veux savoir pourquoi ? Parce que le simple mot « aimer » est trop faible pour décrire tout ce que tu représente pour moi ! »
L'ancien professeur de potions s'était légèrement emballé vers la fin de sa tirade. Mais tout ce qu'il voulait, c'était que son calice comprenne l'importance qu'il avait à ces yeux, et c'est sans doute pour ça qu'il continua, plus doucement cette fois pour ne pas effrayer son cher et tendre.
« - Tu es mon calice, ne l'oublie pas. Si un jour tu venais à disparaître, je disparaîtrais avec toi. Tu n'imagines pas ce que je ferais pour toi, ni ce que tu représentes déjà pour moi. Et si un jour mon cœur se remettrait à battre, si mon sang se réchauffait, ce serait uniquement pour que toi et toi seul l'entende et le sente. »
Sirius prit une grande inspiration. Il n'avait même pas remarqué qu'il avait arrêté de respirer, non, tout ce qu'il savait c'était que son cœur lui faisait mal. Ce que Severus lui disait, lui racontait, lui donnait envie de pleurer comme le gosse qu'il avait un jour été. Tout ce mélangeait en lui. La tristesse de savoir qu'il avait dû faire souffrir et torturer le vampire de par son absence, et la joie égoïste de savoir ce qu'il représentait aux yeux de l'ancien espion. Il se força tout de même à poser la question suivante.
« - Pourquoi moi ? »
Il y avait dans son ton une sorte de supplique qui traduisait à quel point il était perdu. Le grand et fier Sirius Black était parti, ne laissant plus qu'un homme qui ne savait plus où il en était. Sa vie avait été changée en si peu de temps et il peinait à reprendre pied, à comprendre l'évolution des choses auxquelles il n'avait pas assisté. Tout s'accélérait, ne lui laissant pas le temps de se poser et de s'habituer à tout ce sac de nœuds. Maintenant, il voulait savoir pourquoi, oui pourquoi, tout cela lui tombait dessus sans interruption.
En voyant son air effondré, Severus eut envie de le prendre dans ses bras, de lui chuchoter que tout irait bien, qu'il ne fallait pas s'inquiéter, que tout rentrerait dans l'ordre bientôt. Mais il savait que s'il le faisait, il braquerait l'ancien prisonnier. C'est pourquoi il combattit tout ses instincts pour rester sur son siège et prendre la parole d'un ton calme qui ne montrerait pas son dilemme intérieur.
« - Je ne vais pas te cacher que la réponse va te frustrer. Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi toi et pas un autre. Mais ce que je peux te dire c'est que la magie ne fait jamais rien par hasard. Si elle a senti qu'on serait bien ensemble, alors c'est que ce sera le cas. Après, sur quel critère elle se base, je n'en sais rien. »
Il sentit le silence couler naturellement dans la pièce, laissant ainsi Sirius reprendre les rênes de ses pensées. Il savait que ce serait dur pour son calice de garder conscience du fait que personne n'avait de réponse à sa supplique.
Une puis deux minutes passèrent ainsi, sans qu'aucun des deux ne parle. Enfin le maraudeur prit son courage à deux mains pour la suite de la conversation.
« - Quel est mon rôle de calice ? Quels sont les conséquences si j'accepte d'être le tien ? Quels impacts cette décision aura-t-elle sur moi ? »
Severus prit son temps pour répondre à cette question, sous l'œil de plus en plus impatient et apeuré de son interlocuteur.
« - Ton rôle de calice est plutôt simple en fait, ce sera juste de m'aimer. »
Il se leva cette fois-ci pour s'accroupir devant son lié, prenant ses mains dans les siennes. Ce dernier se rendit compte que pour la seconde fois, les yeux du vampire avaient tourné au rouge bordeaux et il voyait ses dents se rallonger. Pas comme ce que décrivaient certains livres ou juste les canines poussaient, non, sa dentition s'apparentait maintenant à celle d'un loup. Le plus étrange pour lui fut sans doute qu'au lieu d'en être effrayé, il fut tout de suite séduit par cette vue.
« - Tu deviendras mon calice qu'à la première morsure où tu seras consentant. Celle-ci ne te fera pas mal, tu ressentiras même un intense plaisir. Et en même temps que j'aspirerai ton sang, tu changera. Tu ne t'en rendras pas compte mais tu deviendras immortel, ou presque. Tu ne vieilliras pas, tu traverseras les âges avec moi, mais tu seras toujours sujet aux blessures physiques.
- L'éternité… C'est bien trop long, non ?
- Ça dépend. Pour moi, non, ça ne sera jamais assez long. Au fur et à mesure de notre vie, nous découvrirons d'autres choses, nous nous occuperons différemment. »
Le silence plana encore une fois dans la pièce.
« - Est-ce que tu me mordras souvent ?
- Oui, mais ton sang se régénéra bien plus vite que pour un humain normal.
- Je vois... »
Sirius ne savait pas comment il faisait pour rester dans cette pièce, ou même pour se retenir de partir, comme il le faisait si souvent, dans un rire hystérique dont lui seul avait le secret. Peut-être était-ce sa résolution de mettre au clair cette histoire qui pourrait changer sa vie, ou encore les mains de Severus autour des siennes.
La perspective de toute une éternité aux côtés de Snape aurait dû l'horrifier, mais tout ce qui lui faisait peur était uniquement le fait qu'un jour, peut-être, Severus se détourne de lui. Peut-être que le vampire s'était trompé, et que ce n'était pas lui son véritable calice. Peut-être qu'un jour il s'en apercevrait et qu'il se détournerait de lui.
Seules les sensations que faisaient naître les mains de Severus l'empêchaient de fondre en larmes. Lui qui n'avait pas pleuré depuis si longtemps, restant fort mais un peu fou au travers de toutes les épreuves qu'il avait enduré.
Harry lui avait parlé, dans ses tentatives de rapprochement entre lui et Severus, de jours meilleurs. Mais tout ce qu'il parvenait à percevoir était ses incertitudes face à l'avenir et ses doutes sur ce que ressentait véritablement le vampire.
Il n'était jamais réellement sortit avec quelqu'un, qu'il soit homme ou femme. Les coups d'un soir, ça oui, largement. Pourtant, même à Poudlard, il n'était sorti avec personne, ou pas plus de deux soirs consécutifs. Sur le plan affectif il était très loin d'être mature, bon nombre d'amants de passage lui avaient dit. Mais pourquoi s'impliquer quand il savait que tout ce qu'il ressentait était un désir éphémère ? Pourquoi avoir mal quand il pouvait l'éviter ?
Avoir foi en une relation était beaucoup plus compliqué que ce qu'il aurait cru. Il ne savait pas comment faire pour avoir confiance à son ancien ennemi. Mais il se posait la question de savoir si c'était possible ou non, en voyant regard rougeoyant et plein de passion que posait Severus sur lui. Oui, pourquoi pas se laisser aller ? De prendre les décisions en temps voulu sans trop réfléchir au conséquences ?
Severus avait senti l'incertitude de son calice. Mais ne comprenait pas vraiment pourquoi. Ou plutôt il le comprenait que trop bien. Ils avaient un passé commun trop tourmenté pour qu'ils se laissent aller l'un contre l'autre en aussi peu de temps. Il ne pouvait que resserrer un peu plus la prise qu'il avait des mains de Sirius. Par ailleurs, il ne se l'avouerait pas à lui-même mais ce simple contact, que son calice n'avait pas rejeté, avait le don de calmer le vampire en lui. Il avait en quelque sorte fait sa connaissance pendant le temps que l'ancien prisonnier avait passé loin de lui. Cela avait légèrement rendu fou son colocataire mental.
Il s'était déjà demandé comment décrire le vampire en lui. Loin d'être compliqué à expliquer, c'était en fait c'était plutôt simple. C'était le reflet de sois-même en sauvage. Égoïste quand cela touchait de près ou de loin ses liés, primaire dans ses besoins, possessif dans ses biens et son territoire, dangereux quand on le contrariait. Et pour être contrarié, il l'avait été lorsque Sirius était parti. Il avait dû jouer des pieds et mains pour ne se laisser submerger par son alter ego, et cela avait été un combat qu'il avait dû supporter en plus de sa propre douleur. Et quand Sirius était revenu vers lui, enfin le combat entre deux volontés différentes s'était apaisé, mais elles ne seraient en paix que lorsqu'il se lierait à jamais à son calice.
Il fixa le visage de Black, attendant qu'il reprenne ses esprits. Il ne savait pas quoi ajouter, il attendait juste de voir la suite. Elle ne tarda pas à venir, à son plus grand bonheur et à sa plus grande surprise.
Il vit Sirius se pencher en avant pour se mettre à genoux en face de lui. Il le vit se rapprocher de lui, mais cette fois-ci était destiné à l'embrasser. Et ce baiser était le plus merveilleux qu'eux deux n'ait jamais ressenti. Indéfinissable. Absolu.
Et infiniment court. A peine leurs lèvres s'étaient-elles posées l'une sur l'autre que déjà Severus et Sirius s'écartaient l'un de l'autre. Pour s'échanger par la suite un autre baiser, beaucoup plus sulfureux et emblématique de leur relation. Entier et dévoué. Passionné.
Chacun d'eux se sentait bien dans les bras de son lié. Sans se dire un mot, ils s'étaient blottis dans le confortable fauteuil que Sirius avait occupé juste avant de plonger sur Severus. Il était maintenant dans les bras du vampire.
Regrettait-il de se laisser porter par ses envies ? En cet instant, il n'en était que trop heureux pour ne ressentir ne serait-ce que de la surprise par son geste certes inopiné, mais qui l'avait rendu fou de joie.
Même s'il ne savait toujours pas s'il pourrait devenir un jour le calice du vampire, il était pour l'instant bien où il était, avec des bras protecteurs autour de lui.
Il restèrent ainsi encore une heure, dans le silence. Ce fut Severus le premier qui parla, brisant leur cocon de félicité.
« - Teddy vient de se réveiller, je l'entend descendre les escaliers. »
L'animagus hocha la tête pour dire qu'il avait compris. Pas seulement le sens premier, mais aussi la question muette qui se tenait derrière les propos de Snape. Tout simplement s'il était prêt à aller plus loin dans leur relation. C'était le moment de faire machine arrière, il le savait. Tout comme il savait qu'il lui était reconnaissant de lui laisser le choix d'arrêter ici la relation naissante qui commençait à se tisser entre eux. Il était plus que conscient que cela avait dû coûter cher à Severus de faire cette demande silencieuse, en lui laissant le choix d'une autre vie où il n'aurait pas sa place, et cela en dépit de son propre bien-être.
Sirius savait très bien que Severus était, déjà de son vivant, quelqu'un de plutôt égoïste dans ses choix. Dicté par le sens du devoir aussi. Mais il n'avait jamais réellement fait quelque chose pour que son entourage soit heureux. S'il l'était tant mieux, sinon tant pis. Et maintenant il lui laissait le choix de partir et avec lui sa raison. C'était ni plus ni moins une demande de sacrifice masquée, et cela pour lui, Sirius.
C'est donc cet amalgame de pensées qui le poussa à rester blotti dans les bras de son vampire, se redressant quand même légèrement pour ne pas avoir l'air avachi.
Il sentit le contentement de Severus. Il aurait voulut voir le sourire qu'il espérait apercevoir sur les lèvres de Severus mais il fut coupé dans son élan par un léger baiser sur la joue. Quelle était cette sensation qui le prenait aux tripes ? Était-ce ça d'être amoureux ? Si c'était le cas, il signait tout de suite pour continuer sur cette voie. Ou était-ce le bonheur simple d'être dans les bras d'un être cher ? Dans ce cas, depuis quand Snape avait-il réussi l'exploit de se placer en si peu de temps dans la catégorie des personnes qu'il affectionnait ? Cette question était sans doute la plus ridicule car sa réponse l'était tout autant : dès qu'ils s'étaient revu pour la première fois après leur retour.
Severus avait entendu Teddy descendre les escaliers. Peut-être était ce maintenant le moment de l'ultimatum. Le seul qu'il laisserait à son calice. Partir maintenant et définitivement ou ne plus jamais le quitter.
Il avait alors fait part du fait que Teddy allait arriver et la réaction de Sirius n'avait pas tardé. Il s'était d'abord tendu, le temps qu'il réfléchisse à ce qu'il avait dit. Puis il s'était détendu dans ses bras, se redressant un tout petit peu. Quoi qu'il puisse en dire, le dernier héritier Black avait retenu bien des choses de son éducation de sang pur, comme le fait de toujours bien présenter en public. Même si ces principes avaient été petit à petit effacés par le temps, il restait quand même un résidu de cette éducation qui était encrée en lui.
Un léger sourire qui resta quand même imperceptible fleurit sur ses lèvres, et s'il savait que Sirius en avait conscience. Alors, en même temps qu'il s'était tourné, il l'avait légèrement embrassé sur la joue. C'était en quelque sorte bien plus symbolique que de l'embrasser sur les lèvres et une explosion de bonheur avait enfin élu domicile dans son cœur.
A peu près vingt secondes plus tard, ce fut un Teddy un peu débraillé et à la mine ensommeillée qui rentra dans la pièce, traînant derrière lui sa peluche qu'il avait généreusement nommée Gribouille. Son visage se fit instantanément beaucoup plus joyeuse en voyant tonton Sisi dans les bras de tonton Sev'. Il avait eu raison, ils avaient l'air vraiment trop heureux ensemble. Et ils n'avaient pas eu besoin de lui !
Observant l'heure sur l'horloge murale, le maître des lieux décida qu'il était largement temps pour ses deux invités de goûter. Oui ses deux invités, car il avait dans l'intention de les chouchouter autant qu'il le pourrait.
D'un coup de baguette, il fit apparaître sur la table deux tasses de thé déjà infusé et d'un accio il amena des cuisines un paquet de scones.
Il se serait légèrement moqué de voir à quel point sa moitié avait l'air déçu de devoir se décoller de lui s'il avait pas été lui même dépité de devoir perdre le contact avec son calice. Merlin, cette situation allait le rendre fou.
Par contre il rit intérieurement en voyant ses deux liés se précipiter vers la nourriture comme deux affamés. Il avait pourtant bien déjeuné, non ? Enfin pour Teddy il comprenait, les enfants avaient en règle générale toujours faim. Mais Sirius ? Severus s'amusa à croire que c'était le chamboulement émotionnel qui lui donnait aussi faim ou encore qu'il était toujours un gamin au fond. Ce serait sans doute un bon sujet de plaisanterie quand ils auraient une relation plus stable. Encore faudrait-il que son calice comprenne son humour noir, ce qui était -comme bien d'autres choses- pas encore gagné.
Le reste de la journée se passa incroyablement calmement, entre la première potion de Teddy qui fut une grande réussite, à la plus grande joie de l'ancien professeur, et les légers effleurements que s'échangea le couple en construction. Le soir arriva donc bien vite.
Ce fut qu'après un dîner qui vit le petit babiller tout le long du repas sur sa potion d'explosion de paillette plus que réussie, sur ce qu'il allait faire de celle-ci, quelle serait la prochaine potion qu'il allait faire, qu'il couchèrent enfin le mulâtre. Il commençait à se faire tard et aucun des deux ne voulait dormir.
Il retournèrent dans le petit salon qui allait être en passe de devenir la pièce préférée de Sirius, et cela main dans la main. Ils savaient l'un comme l'autre qu'ils avaient l'air de collégiens mais ils étaient vraiment bien ainsi.
Ce fut alors que Sirius qui prit la parole.
« - Il faut que je rentre chez moi.
- Pourquoi ? »
Severus sentait la panique arriver et il essayait tant bien que mal de la retenir. Merlin, que ferait-il si son calice avait changé d'avis et ne voulait plus de lui ? Ce dernier par ailleurs essaya d'occulter le fait qu'il avait entendu un léger accent de panique dans la voix de son vampire car il savait que celui-ci avait été « légèrement » marqué par son précédent départ.
« - Si je veux rester ici il faut que j'aille chercher quelques vêtements de rechange et j'ai aussi un hiboux à nourrir. J'en ai pour dix minutes voir un quart d'heure maximum et je reviens tout de suite après. »
Le vampire se sentit tout de suite rasséréné. Aucun de ses deux liés n'avaient l'intention de le fuir et c'était pour lui le plus important.
Il regarda attentivement Sirius s'activer pour faire la liste des choses qu'il devrait emmener, et il s'attendrit à sa plus grande horreur en voyant à quel point son cher et tendre pouvait être excité à l'idée de rester chez lui quelques jours.
Il avait envie de le suivre jusqu'à chez lui mais il savait aussi très bien que Sirius avait besoin d'un peu d'éloignement pour complètement accepter le fait qu'ils formaient dès à présent un couple. Et s'il ne lui laissait pas son petit quart d'heure de paix, son calice exploserait sous la pression, et Merlin il ne voulait pas assister à ça. Pas qu'il soit lâche, bien loin de là, mais il pourrait le rejeter sans le vouloir et la réaction du vampire en lui pourrait faire des étincelles qui seraient bien mal reçues de la part de son calice.
Il se contraint donc à le regarder partir en transplanant et attendre impatiemment son retour, tel le vieux mythe de la femme attendant impatiemment le retour de son mari.
Peu de temps après que Sirius soit parti, il vit arriver au loin une invention moldue qu'ils avaient nommée « voiture ». Intrigué, il la regarda parcourir le petit chemin de terre mal entretenu. A une certaine distance, il put enfin voir qui conduisait cette objet du diable. Quelqu'un qu'il n'avait plus vu depuis maintenant une semaine.
Luc n'avait pas l'air du garnement dont il avait quelquefois les traits, mais plus de quelqu'un de sobre et de réfléchit. Le vampire blond avait sans doute bien des facettes différentes, et beaucoup de secrets enfouis en lui. Le stéréotype vampire en quelque sorte.
Il attendit encore quelques instants que la voiture s'arrête non loin de lui et ouvrit la portière à son invité surprise. Celui-ci avait repris sa facette de joyeux luron et arborait un sourire qui lui mangeait la moitié du visage. Il ne dit rien, attendant juste que Luc lui dise la raison de sa venue. Ses quelques entrevues avec lui avaient toujours été brèves et succinctes. Cette fois-ci ne fit pas exception et Luc entra directement dans le vif du sujet.
« - Tu as trouvé ton calice, n'est-ce pas ?
- Oui, il ne devrait pas tarder à revenir, je l'attendais quand je t'ai vu arriver.
- J'en suis content pour toi, tu sais. Ne fais pas de bêtises avec lui ! Enfin pas la peine de me regarder comme ça ! J'ai sentit ta détresse cette dernière semaine, tu sais. Enfin... »
Étonnamment, Luc prit un air mélancolique. Enfin il se tourna vers sa voiture.
« - Quelle merveilleuse invention que les moldus ont faite ? Tu ne trouve pas ? Rapide et mortelle à la fois. Et pourtant grâce à elle, ils peuvent secourir plus vite leurs pairs en danger. Mais la lame est à double tranchant. Enfin... »
Après un dernier hochement de tête, Luc rentra dans sa voiture et reprit le chemin par lequel il était arrivé.
Severus pouvait vraiment dire que c'était la rencontre avec son alter ego la plus bizarre des deux précédentes, déjà chargées en anomalies. Les phrases sibyllines échangées avec lui donnaient des frissons dans le dos à l'ancien maître des potions. Une sorte d'avertissement.
A peine la machine avait-elle disparu au loin que Severus entendit le bruit caractéristique du transplanage. Il se retourna vers son calice et lui sourit doucement. Celui-ci en fut tellement surpris qu'il en rougit. Merlin, il allait le rendre fou.
