Bonjour ! Bonsoir ! Bon matin !
Nouveau chapitre, avant dernier chapitre...
Il est possible que je laisse trainer le suspence... XD
N'hésitez pas à donner votre avis dans une review !
Sur cela, bonne lecture !
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XI - Il coule...
Une boule dans la gorge, il se dirigea vers son géniteur. Le pied de Balthazar butta contre quelque chose qui glissa au sol. Le lycéen remarqua alors l'arme qui avait appartenu à Shinddha. Il allait dire quelque chose en continuant son chemin quand il croisa le regard de Mani. Un regard sombre perdu dans l'obscurité, mais étrangement brillant et perçant. Celui-ci lui sourit et lui fit un discret clin d'œil. Balthazar leva un sourcil à cet échange avant de se figer. Il venait de comprendre quelque chose. Il venait de TOUT comprendre.
Et il se mit à rire. Un rire sombre. Un rire perdu. Tout le monde se retourna vers lui. Enoch, soupira d'agacement et sa langue claqua contre son palet.
- Cesse de faire ton intéressant B.O.B., nous-
- ESPECE D'ENFOIRE !
Balthazar explosa. Il n'en revenait pas et la rage se peignit sur ses traits. D'un geste leste, il envoya son poignard droit sur Mani. Le garde n'eut aucun mal à l'éviter.
- Tu m'as bien eu, putain ! Je commençais presque à avoir foi dans tes paroles. Mais tu ne trahis pas tes serments, hein ?! Tu restes avant tout un homme de la Méta !
- Balthazar, calme-toi, et dit nous rapidement ce qui se passe ! On a plus de temps à perdre.
- Ce qui se passe Grunlek, ce qui se passe ?!
- Oui !
Le restaurateur dévisageait Balthazar, il ne lui avait jamais parlé ainsi. Il n'avait jamais levé la voix sur lui. Mais il ne l'avait pas non plus jamais dans un état de détresse pareil. La haine et la terreur se mêlaient et Grunlek se retrouvait impuissant devant ce déballage d'émotion. Il attendit, comme les autres, que le rire mauvais du lycéen cesse pour avoir ses réponses.
- Ce qu'il y a, c'est que si on s'en va maintenant, dans quelques jours, la Milice viendra arrêter Shinddha pour implication dans le massacre ayant eu lieu dans un entrepôt du Pendulus ! Il sera jugé puis condamné à vie à la prison !
- Comment ça ?
- Demande à Mani ! Il avait un coup d'avance sur nous ! Il a très bien compris qu'en franchissant les portes de l'entrepôt, mon amitié avec Théo ne serait plus possible. Je serais un Diable et sa promesse de ne pas me faire de mal ne tiendrait plus. Il nous a piégés !
Il cracha presque ses derniers mots avant de reprendre légèrement contenance. Il se pinça l'arête du nez en fronçant ses sourcils et reprit d'une voix lourde.
- Dans l'action, on ne s'en est pas rendu compte, mais d'où viennent les armes qu'il nous a fournies ? On n'en sait rien ! J'aurais dû y penser, merde ! On ne trace pas une arme blanche, mais la balistique d'une arme à feu oui ?! Alors, si mon nom disparait du dossier avec mon arme, tous comme celui de mon père, Mani lui sera protégé par la Milice ! Mais Shinddha… Shinddha a tiré sur Finéas et sur d'autres personnes ! Ils remonteront facilement jusqu'à lui, peu importe la manière ! Sauf si…
- Sauf si ?
Balthazar se pencha alors et récupéra l'arme avec le silencieux. Il passa ses mains dessus comme s'il était fasciné. Il entendit à nouveau son père claquer sa langue contre son palet. Il avait compris ce qu'il allait dire.
Il releva alors le regard vers ses amis. Grunlek avait compris, son regard s'était éteint et il s'était tendu. Il était prêt à intervenir, s'il le fallait. Théo et Victoria était neutre et il évita de se tourner vers Mani. Pourtant sa colère, s'effaça complétement quand il s'attarda sur le regard clair de Shinddha. Il prit alors un sourire triste.
- Sauf si cette arme est considérée comme mienne, et que je me fais arrêter.
- Quoi !
Il était trop tard pour faire marche arrière. Shinddha voulut retourner vers Balthazar pour lui reprendre l'arme des mains, mais Grunlek le retenu. Le Lycéen recula également de lui-même, s'éloignant de la sortie et se rapprochant du Magister qui écoutait toute cette conversation avec attention.
- Grunlek lâche-moi ! Il n'est pas question que- ! Balthazar ! Tu n'as pas à faire ça pour-
- SHIN ! S'il te plait…
- N-non…
- C'est ce que tu voulais Mani ?! Que je me sacrifie pour mes amis ?! C'est chose faite ! Ma vie contre la sienne ! Aaaah putain… Si t'as un tant soit peu d'honneur, fait au moins en sorte qu'il n'arrive rien à Shinddha.
Le garde hocha juste la tête. Théo et Victoria sortirent du hangar. Grunlek, soutenu par Mani, traina avec difficulté l'étudiant qui se débattait. Il criait le nom de Balthazar submergé par la peine et la douleur.
Balthazar ne murmura qu'un vulgaire « Je suis désolé. » inaudible, la gorge serrée, alors que son ami disparaissait dans la nuit.
Ne restait alors dans la pièce plus que le Magister, le lycéen et son père.
- Cette situation est fâcheuse. Je n'avais pas prévu l'implication directe de la Méta avec nous.
- Comme personne ne s'attendait a te voir arriver ici, papa. Sinon, je pense sincèrement que Mani aurait changé de cible. Tu es un bien plus beau trophée que moi.
- Tu es conscient du choix que tu as fait ? demanda Enoch, soudainement plus énervé
- A toi de me dire ce qui te convint le mieux ? Tu préfères avoir un pantin sans âme qui exécute la moindre de tes envies, exactement comme n'importe lequel de tes sbires ? Ou bien, avec le terme des agissements du Pendulus, étendre ton pouvoir et la gloire de ton nom grâce au sacrifice de ton propre fils qui va finir en prison.
- On dirait que tu y as réfléchi longtemps. fit-il remarquer avec suspicion
- Aah ! Ne te moque pas de moi ! Tu sais très bien que je n'ai jamais voulu faire partie de ton Clan. Je vais disparaitre, tu n'auras plus à t'occuper de moi. Je ne serais plus un poids. Fait de moi un martyr pour les tiens, ou un exemple, je m'en fiche. Je suis ton sang, mais intimement, nous le savons tous deux, je n'ai jamais été un Diable.
Un silence relatif tomba dans la pièce pendant que le père et le fils se fixaient. Finalement, Enoch leva les mains au ciel et recula avant de tourner les talons et de se diriger vers la sortie.
- Qu'il en soit ainsi, mon fils.
Sa silhouette disparue alors, elle aussi, derrière la porte.
Le calme s'empara alors de l'endroit, le rendant presque étouffant et pourtant complétement salvateur.
Il reprit alors sa respiration qui s'était coupé le temps de la décision de son géniteur.
Le Magister s'avança face à un Balthazar complétement amorphe, le regard vide.
- Ton arme.
Le lycéen laissa tomber l'objet dans un sachet.
- Tes mains, tournes toi.
Le jeune homme s'exécuta et sentit l'électricité lui piquer la peau et lier ses membres.
- Avance. Vous avez le droit de garder le…
Balthazar marcha sans vraiment écouter ce que disait le Magister.
Il franchit les couloirs du hangar qu'il avait déjà foulé, sans les voir. Les différents membres de la Milice qui semblaient sécuriser la zone qu'ils rencontraient n'étaient que des silhouettes informes. Il sortit du bâtiment par la porte principale et remarqua à peine les navettes éclairant l'endroit de jaune et orange. Les renforts venaient juste d'arriver.
Il fut poussé à rentrer dans une des navettes. Regardant par la fenêtre, il vit le Magister Oppenheimer traiter avec ses collègues. Puis ces derniers partirent, et il rentra dans le véhicule. Elle finit par décoller et ils prirent la route. La tête contre la vitre, Balthazar regardait les rues de Lyoto défiler. La ville basse, la ville moyenne, la ville haute. Il n'avait jamais foutu les pieds ici, mais l'endroit était superbe et il se mit à sourire.
Le Magister finit par le faire sortir, et l'emmena dans un grand bâtiment. Balthazar n'eut même pas besoin de savoir où il était, parce qu'il l'avait deviné. De toute façon, il s'en fichait.
Une grande agitation régnait dans l'endroit et on accostait régulièrement Oppenheimer pour différentes questions auquel il ne répondait jamais. Il guida juste le plus jeune vers l'endroit où il devait être.
Un homme se mit au garde-à-vous quand le Magister entra dans l'aile des cellules avec Balthazar. Le gardien alla ouvrir celle que lui demanda son supérieur. Elle était un peu à l'écart des autres et un peu mieux équipée aussi, comme si elle était faite pour des personnes qui restaient un peu plus longtemps que seulement quelques heures de garde à vue.
- Personne ne doit être mis avec lui ou à côté de lui. Je suis le seul décisionnaire de s'il doit sortir ou non. J'ai été clair, soldat ?
- Oui, Monsieur.
- Laissez-nous.
Le gardien repartit à son bureau, pendant qu'Oppenheimer détachait les entraves. Balthazar se retourna vers lui.
- Tu es intelligent. Tu sais que le chemin sera long et semé d'embuches ?
- Je n'ai jamais été autant lucide de toute ma vie.
L'homme hocha la tête et recula pour sortir de la cellule et ferma la porte à barreau. Il commença à s'en aller quand Balthazar l'interpella. Le Magister se retourna pour voir la silhouette du jeune homme le regarder avec un grand sourire. Ses yeux vairons, qu'il ne cachait pas derrière sa mèche, brillaient légèrement.
- Monsieur.
- Oui.
- … Merci.
Oppenheimer le fixa un instant, avant de se détourner et de remonter dans les étages. Oui, ce gosse était intelligent, très intelligent. Il avait trouvé le cryptage de ses données, réussi à monter une opération en un jour avec l'un de ses ennemis mortels et à la réussir, et comprendre ou était les intérêts des siens et son propre intérêt.
Il avait de l'avenir, c'était sûr, et Grunlek VonKrayn avait eu raison de plaider sa cause ce soir-là et de lui parler de la vie de ce jeune. Sans lui, le complot n'aurait pas pu être déjoué et de nombreuses vies n'auraient pas pu être sauvées, à petite, comme à grande échelle. Et heureusement aussi que Mani lui était loyal et avait le sens des initiatives. Le Magister Oppenheimer n'aurait pas pu rêver de meilleur dénouement. Il était vraiment satisfait de la tournure qu'allait prendre les choses maintenant.
Dans sa cellule, Balthazar se massa légèrement les poignets, sentant encore le picotement électrique des menottes, et avança de quelques pas. Il finit par s'allonger sur la bannette à sa disposition. Pas si inconfortable que ça en plus. Il commença à fixer le plafond clair sans se départir de son sourire. Cette longue journée s'achevait enfin, avec son fort lot d'émotion. Il se sentait vidé. Mais surtout, il n'en revenait toujours pas qu'il avait failli passer à côté de la plus grosse erreur de sa vie.
Ce Mani…
La prochaine fois qu'il le verrait, il ne savait pas ce qu'il lui ferait. S'il devait le traiter de génie ou d'enflure. Evidemment qu'il avait un coup d'avance sur eux. Le Magister avait dû lui faire un rapport complet sur les « amis » de Théo en l'engageant comme garde du corps. C'était évident qu'il savait qui ils étaient, tous, avant même leur rencontre. Pourtant, il avait joué la comédie, et il avait eu raison ! Balthazar aurait trouvé ça vraiment trop suspect qu'un membre de la Méta ne l'agresse pas. Mais il ne s'attendait pas aux choix qu'il avait dû faire ce soir, grâce à lui.
Il avait sauvé Shinddha !
C'était déjà énorme.
Pourtant, il n'y avait pas que ça…
Cette action, elle l'avait sauvé également. De sa vie. De ce qu'aurait pu être sa vie. Une vie de Diable. Il était en prison. Loin de tout ça. Même si c'était également loin de ceux qu'il aimait.
Balthazar ferma les yeux avec un soupir heureux. Il se sentait léger, débarrassé de sa chimère. Il s'endormit presque instantanément.
Il n'avait jamais été autant libre que derrière ces barreaux.
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Merci d'avoir lu !
Dans deux semaines, le dernier chapitre, l'épilogue, la conclusion de tout ça, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé jusque là ; )
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