11) Dyonisie
— Iona, tu comptes dormir toute la journée ? C'est la fête aujourd'hui ! Debout !
— Assez Aida !
— Va prendre ton bain ! Je t'ai préparé de l'eau chaude et ta tunique est elle aussi prête.
Elle revint vers son amie qui l'attendait dehors avec d'autres. Les petites rues du port étaient bondées par bien plus d'Athéniens arrivés en bateaux que de Méliens, tous attendaient de faire la fête. Avant l'amusement populaire, une procession avec la statue d'Athéna démarra accompagnée d'un défilé militaire.
— Enfin ! Tu as pris ton temps, ça vient juste de commencer. Regarde cette petite troupe, ce sont les orphelins de l'île qui sont pris en charge par la grande Cité, ils seront eux aussi à son service.
Iona debout parmi les petites gens trouva cette succession d'individus tout à fait ennuyeuse.
— Est-ce le Leo ? Lui demanda Aida. Il n'est pas mal non plus !
Laissant son amie à ses rires, son regard était attiré par le compagnon du Lion. C'était la première fois qu'elle le regardait en tant qu'homme et il était effectivement attirant et très intrigant portant cette armure.
Après le cortège la fête commença avec des tables royalement fournies de fruits frais et secs, de poissons, de viande, pain et le vin, lui coulait à flot, tandis que les chants et les jeux amusaient la galerie.
Bien que cette journée de célébration fut un égaiement pour tous, il n'était néanmoins pas question de mélanger les gens de différents statuts sociaux ensemble. Ainsi, Iona était attablée, s'abreuvant avec d'autres esclaves et des non-citoyens, lorsque Aida accourut vers elle.
— Iona, te voilà !
— Je m'amuse Aida, je m'amuse !
— Iona, tu dois suivre ce soldat.
— Skorpio vous demande. Lui fit-il.
On lui ouvrit les portes du quartiers des officiers:
— Entre, lui dit Aiolia. Milo m'a dit que tu aimerais aller au théâtre... Eh bien, nous allons t'y emmener tous les deux.
— Tu porteras cette cape et ce masque, lui dis-je.
— Un masque, mais pourquoi ? Demanda t-elle.
— Bien que lui et moi soyons citoyens et ayons le droit d'être accompagné... Nous ne voulons pas qu'il y ait jalousie sur ta personne... donc, le masque.
Elle s'habilla et nous partîmes.
Dans le petit amphithéâtre campagnard en construction de pierres, sur cette colline de sièges, nous étions assis en tant que spectateurs au premier rang.
— J'espère que tu aimeras la tragédie.
Aiolia enchaîna:
— Milo n'aime pas le théâtre, Iona.
Un petit orchestre se trouvait en avant-scène et au centre, il y avait une estrade de bois en guise de scène, complétée par deux ailes de coulisses, d'où sortirent des personnages masqués.
— Ça commence ! Dit Iona excitée.
Le spectacle s'ouvrit sur des chants accompagnés de danses et puis, enchaîna sur une poésie tragique mise en scène.
La troupe de retour sur scène pour être saluée, l'œuvre terminée, nous nous levions.
— Alors ? As-tu aimé ?
— Oui, merci Seigneur Lion.
— On la reprend avec nous, Milo ? Nous pourrions prendre notre repas ensemble.
— Comme tu veux...
De retour au quartier général, elle se démasqua, mal à l'aise devant l'entrée de l'appartement privé du Skorpio, elle entendit Aiolia l'appeler.
— Entre Iona, n'aie pas peur, prend place.
— Je ne peux pas m'asseoir à la table où je sers le Scorpion tous les jours. Dit-elle timidement.
— Bien ! Allons alors sur la terrasse ? Lui dit Aiolia.
— Non, ça ira ...
— Ne sois pas idiote !
Il l'entraîna sur un balcon couvert.
— Couche-toi et appuie-toi sur ce coussin, cette coutume, nous vient des Phéniciens.
— C'est horriblement inconfortable !
Le Lion et Iona étaient allongés, sirotant leur gobelet de vin, lorsque Milo s'avança vers eux pour en faire tout autant.
— Qu'as-tu pensé du drame joué ? Lui demanda Aiolia.
— Le poète s'est passionné pour la jalousie et l'orgueil, me semble t-il. Répondit la jeune fille.
— Vois-tu Iona, je pense que tu as tout à fait raison ! D'ailleurs, vois-tu, Milo est un orgueilleux qui doit être pour l'instant fou de jalousie ! Me lança mon en ami en s'amusant. — Qu'est ce que tu peux être drôle ! Lui dis-je en soufflant de l'air hors de ma bouche.
Les joues de l'invitée s'empourprèrent sous l'œil amusé d'Aiolia qui garnissait son assiette de raisins tandis que le Scorpion, lui, ébauchait un sourire en buvant une gorgée de vin.
La soirée se terminait, Aiolia prit congé et je l'accompagnai. Elle, gênée, avait fini par s'amuser.
« Aiolia est gentil de me prendre comme si j'étais des leurs mais demain le service reprendra... »
