NA : Dernier chapitre pour ce soir. J'attends votre avis, est-ce que je publie sans la correction de ma Bêta ou est-ce que j'attends malgré que ça risque de prendre un peu plus de temps ? (A savoir que ce chapitre, ainsi que les trois précédents, n'ont pas été relus par ma Bêta, juste corrigés par moi...)

N'hésitez surtout pas à me donner vos avis. C'est vraiment important pour moi (rappel : c'est ma première fic, et je stress un peu de savoir si oui ou non ça vous plaît... ^^)

Bonne lecture !
Dabisous !
YumiKate


DECEMBRE 2015

Samedi 12 Décembre 2015

Plus que trois semaines avant le bal du nouvel an. Hermione commençait légèrement à paniquer. Elle n'avait pas encore prévenu ses amis de l'identité de son cavalier. En même temps, personne n'avait cherché à savoir s'il elle viendrait accompagnée ! Et personne n'avait non plus essayé de l'inviter, à son triste regret.

Non pas qu'elle aurait préféré aller danser avec quelqu'un d'autre que Blaise, loin de là ! Elle se sentait parfaitement bien avec son ami. Il n'y avait aucune gêne, entre eux. Aucune ambiguïté, non plus. Elle avait confiance en lui, mais elle était légèrement inquiète à l'idée des conséquences de ce "couple" improbable. Une Gryffondor et un Serpentard. Ses amis n'allaient pas beaucoup aimer cette idée. Un Sang-Pur et une Sang-de-Bourbe, les siens allaient détester…

Elle soupira et secoua la tête avant de se remettre à courir plus vite encore. Cela faisait déjà deux heures qu'elle courrait, mais elle n'arrivait toujours pas à faire passer ses angoisses. Elle ne fut pas surprise de penser qu'elle devrait aller voir Blaise, pour en discuter avec lui. Au moins, il saurait trouver les mots pour la réconforter et la remettre d'aplomb, même s'il persistait à dire qu'il n'était pas doué pour ça. Hermione, elle, savait parfaitement que son ami avait ce don, en tout cas avec elle. Peut-être était-ce dû au fait qu'ils avaient réussi à tisser des liens forts basés sur la sincérité et la confiance ? Hermione n'en savait rien.

Elle décida d'aller prendre une douche avant de chercher son ami.

Quelques heures plus tard, elle ne l'avait trouvé nulle-part. Ni dans la Grande Salle, ni dans le parc, ni dans la cour arrière, ni dans la bibliothèque. Hermione regretta de ne pas avoir accès à la carte du Maraudeur. Mais elle refusait de la demander à Harry. Ou plutôt, elle refusait d'expliquer à Harry pourquoi elle en avait besoin…

Elle décida donc de se rendre jusqu'à la volière. Elle envoya un hibou à son ami, chargé d'un simple message :

"Rejoins-moi aux Trois Balais à 17h - HG"

Puis elle alla se promener à Pré-au-Lard en attendant l'heure du rendez-vous.

A 17h, elle attendait Blaise, assise dans un coin de la salle du pub, un verre de Whisky pur Feu devant elle. Hermione n'était pas habituée à boire de l'alcool, sauf peut-être de la bièraubeurre. Mais là, elle était en situation de crise et elle en avait besoin, du moins c'est ce qu'elle se disait pour garder bonne conscience.

Elle regardait dans le vide, perdue dans ses pensées, et sursauta quand une voix l'interpella :

- C'est pas un peu trop fort pour toi, ça ?

Elle leva la tête vers Malefoy qui se tenait fièrement devant elle et lui désignait son verre d'un signe du doigt. La Gryffondor leva un sourcil :

- Tu m'as prise pour une fillette ?

Il ricana et s'assit sans même lui demander la permission. Hermione s'apprêtait à lui dire de dégager, mais le Serpentard l'en empêcha :

- Blaise est collé. T'y crois, toi ? C'est quand même honteux, pour un Préfèt en Chef… Bref, il m'a demandé de venir te rejoindre pour t'expliquer… Histoire que tu ne pense pas qu'il te pose un lapin trois semaines avant le bal…

Hermione eut l'impression que son cœur s'était arrêté de battre. Blaise ne pouvait pas venir la rejoindre. Elle eut presque envie d'avaler son verre d'un seul trait, histoire d'oublier son désarroi, mais le sourire espiègle de Malefoy la tira de sa stupeur. Elle réalisa alors la portée de ce qu'il venait de dire :

- Tu es au courant ?

Il sourit de plus belle :

- De ? Ah, tu parles du fait que Blaise t'a invité au bal du nouvel an ? Évidemment je suis au courant !

Hermione se tapa la tête contre la table, avant de réaliser qu'elle venait d'agir aussi stupidement devant MALEFOY ! Elle se reprit et le fusilla du regard :

- Si tu oses en parler à qui que ce soit…

- Du calme, Granger ! Je ne dirais rien. Personnellement, ça m'est complètement égal. Blaise est un grand garçon, il a le droit d'inviter qui il veut à aller danser. Par contre, en ce qui concerne tes amis… Tu sais qu'il finiront par s'en rendre compte, quand même ? Ne serait-ce que le jour J…

Hermione fut à nouveau prise de panique. Son cœur s'accéléra, sa respiration devint laborieuse. Elle sentait les larmes monter, accompagnées de l'hystérie habituelle. Malefoy sembla s'en rendre compte :

- Hé, Granger, respires. Calme-toi, c'est rien. Après tout, ce n'est qu'un bal…

Hermione ouvrit les vannes :

- Ce n'est pas qu'un bal, Malefoy ! Ça représente bien plus que ça, espèce d'idiot ! Je n'ai pas peur parce que je vais me retrouver à danser avec Blaise, j'ai peur parce que je sais parfaitement que mes amis vont très mal réagir en apprenant que je suis amie avec lui ! Et que les tiens vont réagir de façon encore pire ! Et j'adore Blaise, je refuse de perdre son amitié simplement parce qu'une bande de cancrelats répugnants vont venir foutre la merde ! Ok ? Alors ta fausse gentillesse, tu peux te la garder, pigé ?

La Gryffondor bouillonnait littéralement de rage. Perdant toute pudeur, elle bu son verre d'une seule traite et fit signe à Mme Rosemary de lui en servir un autre. Malefoy leva deux doigts en l'air, signe qu'il en voulait un également. Hermione le fusilla du regard :

- Au cas où tu n'aurais pas comprit, c'était une façon courtoise de te dire de dégager !

Le Serpentard sourit de plus belle :

- J'avais bien comprit, Granger. Ne t'en fais pas. Mais avant de partir, je vais boire mon verre. Pour deux raisons, la première : parce que j'ai besoin de ça pour éviter de t'étriper après tout ce que tu viens de me balancer au visage. Et la seconde : parce que j'en ai besoin pour me donner le courage de te dire ce qui va suivre.

Hermione leva les yeux au ciel face à la menace voilée mais se reprit brutalement face au ton presque inquiet du jeune homme. Elle était intrigué. Qu'avait-il à lui dire qui mérite qu'il boive un verre avant ?

La patronne du bar vint déposer leurs verres sur la table. Le blond avala le sien cul sec avant de regarder la brune droit dans les yeux :

- Bon, maintenant que tu as finit par déverser toute ta rage sur moi, et ne me remercie pas, c'est un plaisir d'être ton défouloir, je vais être clair, net et précis. Tu es une idiote, Hermione Granger. Non, non, non ! Ne me coupe pas.

La jeune fille avait ouvert la bouche avec rage pour lui dire d'aller se faire voir mais elle la referma docilement. Il sourit en reprenant :

- Tu es une idiote, parce que tu continues à te préoccuper du regard des autres. Parce que tu continues de tenter tant bien que mal de satisfaire tout le monde, quitte à mettre tes propres désirs de côté. Certes, c'est une attention très noble, mais faire preuve d'égoïsme, de temps à autres, ne fait de mal à personne. Tu dois apprendre à penser à toi, Granger. Parce qu'au final, le jour où tu te retrouveras face à la mort, il n'y aura personne pour t'accompagner. Alors sois un peu plus égoïste, de temps en temps ! Parce que, si j'ai bien tout comprit, tu penses plus souvent à tes amis que eux ne pensent à toi ! Et ça, Granger, c'est de la bêtise à l'état pur !

Hermione reçu ces mots comme une gifle en plein visage. Elle sentit les larmes monter beaucoup trop vite pour les retenir et, en quelques secondes seulement, elle dû baisser la tête pour tenter de cacher ses joues trempées.

Cet imbécile avait raison. Elle pensait plus à ses amis que eux ne pensaient à elle. La preuve : personne n'avait chercher à l'inviter ou à savoir si elle serait accompagnée pour le bal. Comme si l'idée qu'elle puisse y aller seule était soit parfaitement normal, soit tout à fait inintéressant. Personne n'avait remarqué qu'elle passait beaucoup de temps avec Blaise, voir même tout son temps, en fait ! Sauf peut-être Carlie, mais elles se connaissaient à peine et la sorcière ne pouvait pas vraiment la considérer comme une amie.

Non, personne ne s'intéressait vraiment à elle. Pas en profondeur, pas en détails. Personne, sauf Blaise. Même Harry et Ginny s'étaient éloignés progressivement, malgré toutes ses tentatives pour resserrer les liens…

De son côté, Drago Malefoy continuait de regarder la jeune fille face à lui, complètement perdu. Il n'avait pas voulu la faire pleurer, et il culpabilisait. Ce qui ne lui arrivait vraiment pas souvent. Presque jamais, d'ailleurs. Il avait simplement essayé de l'aider, ce qui était tout aussi rare, en fait. Et voilà ce qu'il la mettait en larmes sans même comprendre comment.

Il tenta un geste d'excuse et posa sa main sur l'avant bras de la jeune fille :

- Désolé, Granger. Je voulais pas te faire de mal, vraiment.

Elle releva la tête et le regarda avec une expression particulièrement étrange sur le visage. Il se sentait complètement mis à nu, percé à jour, par ce regard envoûtant.

De son côté, Hermione tentait de définir s'il était sincère ou non. Au bout de quelques secondes plutôt gênantes, elle s'essuya le visage avec sa manche, dans un geste absolument disgracieux, et répondit :

- Non, Malefoy. C'est toi qui a raison. Mais entendre la vérité, ça fait mal. Surtout quand elle est dite par une personne qu'on a trop souvent haït.

Drago sourit et répondit, d'une vois blasée :

- Bah, si tu veux continuer de me détester, je t'en prie, fais-toi plaisir. Il parait que j'ai le profil idéal.

La jeune fille éclata de rire, à la grande surprise du jeune homme qui finit par l'accompagner. Elle reprit sa respiration et lança :

- Oui, c'est sûr et certain. Tu as le profil parfait pour ce job, ça ne fait aucun doute. Mais vraiment, merci. J'apprécie et le geste, et le contenu.

Il sourit, gêné, et secoua les épaules avant de faire un signe à la serveuse :

- Une bouteille de Whisky pur Feu, s'il vous plaît !

Puis il se tourna vers la Gryffondor dans un clin d'œil arrogant :

- Celle ci, c'est pour moi.

Avant d'ajouter, l'air presque inquiet mais sur un ton de défi :

- A moins que tu ne préfères que je m'en aille ? Ou que tu aies peur de ne pas tenir la route ?

Elle le fusilla du regard et avala le reste de son verre d'un seul trait :

- Pari tenu, Malefoy.

Ils éclatèrent de rire.

Quelques heures plus tard, Hermione titubait jusque dans son lit, tentant tant bien que mal de ne réveiller personne. Une petite voix désapprobatrice dans sa tête lui dit qu'elle n'aurait pas dût boire autant, surtout pas avec Malefoy, et surtout pas en tant que Préfète en Chef ! Mais elle ricana, elle s'en foutait complètement !

Une fois allongée sur son lit, la nausée toujours présente, elle réalisa avec stupeur qu'elle avait passé une agréable soirée en compagnie du blond. Non seulement, il avait tenté de la réconforter, et y était plutôt bien arrivé, mais en plus, il avait sut lui changer les idées ! Pendant ces quelques heures passées avec lui, ils avaient revécu certains souvenirs d'écoles, comme le jour où Seamus Finnigan avait fait brûler sa plume en cour de sortilège, la première année. Ou bien quand Neville s'était évanouit à la vue de sa première mandragore. Ou quand Buck, l'hyppogriffe d'Hagrid, devenu celui d'Harry, avait cassé le bras du Serpentard. Ou bien quand le professeur Treylawney avait fait cette prémonition au sujet d'Harry, bien que réelle, elle avait fait un drôle d'effet sur toute la classe, c'était indéniable. Ou alors quand Hermione lui avait envoyé son poing en plein visage. Quand le professeur Quirrell s'était évanoui en annonçant qu'un troll était entré dans le château…

La jeune fille s'endormit, en repensant à tout ces moments qui, au fur et à mesure du temps qui s'écoule, était devenu comique à évoquer...

- Tu lui as dit quoi ?!

Drago porta les doigts sur ses tempes, comme pour essayer de maintenir sa migraine. Il tenta de calmer son ami :

- Oh, pitié, Blaise ! Tu lui aurai dit exactement la même chose, en passant par des chemins moins directs, certes. Mais l'idée reste la même. Alors arrête de me regarder comme si j'étais devenu fou.

Blaise leva les yeux au ciel. Son ami venait de lui raconter sa conversation avec Hermione. Et le Serpentard au teint mat avait envie de hurler. Il inspira un grand coup avant de poser la question dont il redoutait la réponse :

- Elle a pleuré ?

Drago grimaça. Blaise n'eut pas besoin d'entendre la suite, et il partit au quart de tour :

- Tu vois ! C'est exactement pour ça que je t'avais dit de ne pas lui parler ! Je connais Hermione, elle est trop émotive, trop sensible ! J'aurais put lui dire les bons mots pour éviter les larmes… Mais non, il a fallu que Monsieur Manque-de-Tact s'en mêle ! C'est quand même incroyable d'être aussi con et borné que…

- Elle m'a remercié.

Blaise se figea :

- Pardon ?

Le blond soupira :

- Tu as très bien entendu.

Son ami insista :

- Elle t'a remercié ? Mais de quoi ?

- D'avoir été franc et honnête avec elle. En fait, elle m'a dit que ce n'était pas la façon dont je lui avait parlé, qui était blessante. Mais la vérité en elle-même. Et le fait que ça vienne de moi, mais ça semblait secondaire.

Blaise sembla réfléchir quelques instants à la portée de ces mots. Il s'assit en face de son ami, qui souriait victorieusement, et demanda :

- Et en suite ?

- En suite, je lui ai lancé un défi et nous avons passé le reste de la soirée à se descendre une bouteille complète de Whisky pur Feu…

Le Préfet en Chef secoua la tête, exaspéré :

- Tu es irrécupérable, Drago. La pauvre, elle va avoir une gueule de bois carabinée, demain.

- Elle tient très mal l'alcool…

Il souriait de toutes ses dents, ce qui agaça encore plus son ami :

- Merde, Drago, franchement…

- C'est bon, Blaise, calme toi ! Elle a passé une bonne soirée, je t'assure ! On a parlé de tout et de rien, de tout nos bons souvenirs en communs, et on a passé la soirée à rire. Je te le promets. Tu n'auras qu'à lui demander...

Blaise observait son ami, tentant de définir le vrai du faux. Mais Drago semblait sincère. Il finit par lâcher, d'une voix plutôt étonnée :

- Tu as changé, Drago. Tu as l'air plus… joyeux, plus innocent.

Le blond leva les yeux au ciel, mais ne dit rien. Oui, il se sentait différent. Légèrement. Il avait comprit qu'il était inutile de continuer de se battre perpétuellement avec la Gryffondor. Déjà, parce qu'il trouvait ça particulièrement éprouvant, et puis aussi parce que ça ne l'amusait plus. Et, après cette soirée passée à rire ensemble, il avait réalisé qu'il s'amusait beaucoup plus avec elle que contre elle. Blaise le sortit de ses pensées :

- Tu l'aimes bien, hein ?

- T'emballe pas, Blaise. Ça veut pas dire qu'on va devenir les meilleurs amis du monde, elle et moi.

Celui-ci leva les yeux au ciel, à son tour :

- Tu m'exaspères, Drago.

- Je sais.

Ils se sourirent sans plus rien dire. Quelques minutes plus tard, il décidèrent d'aller se coucher.