A peine Ellie avait-elle franchi le portrait d'Ulric Le Follingue que Sevy lui sauta dessus. « Merlin tu m'as fait peur ! Râla t-elle.
-J'ai trouvé, annonça le Serpentard, fièrement.
-Trouvé quoi, mon bébé ? L'onguent ?
-Oui !! Regarde ! Voici la formule, il faut que je trouve des larmes de Phénix et je ne sais pas si Papa en a, il a fermé son placard personnel et je n'ai pas osé l'ouvrir.
-Fais-le, Sevy, il ne dira rien, c'est pour lui de toute façon. Montre-moi ce parchemin ? Beuuuurrrrkk ! De la bave de Veracrasse, c'est horrible, ça me fait penser à Lucius Malefoy ! Fit Ellie avec une mine dégoûtée.
-Tu as rencontré Malefoy ?
-Oui, en sortant d'ici ce matin. Ce mec me répugne ! Ce misérable a osé massacrer ton père, je n'ai pas encore demandé de détails à Severus d'ailleurs, j'ai un peu peur d'apprendre ce qu'il a subi. Tout ce que je souhaite maintenant, c'est qu'il se rétablisse complètement.
-Malefoy est gonflé d'être venu jusqu'ici ! Dans mon futur, il a fini à Azkaban avec son sale gosse, mais ici, je ne sais pas maintenant que tout est changé.
-J'espère qu'il finira mal ! C'est tout ce que je veux. Et je suis sûre qu'Oncle Albus pense comme moi. Ah ! oui, ton père nous a fait une autorisation permanente pour accéder à la Réserve tous les deux. Madame Pince va détester ça !
-Tu sais qu'elle est toujours là à mon époque ? Par contre, elle ne s'appelle plus Pince mais… Rusard. Elle a épousé cette vieille gargouille !
-Heinnnnn ?? Tu rigoles là ? La Mère Pince et le vieux Rusard ! Merlin, où va se nicher l'amour ?
-Eh bien, je dirais dans des endroits aussi impropables que chez un odieux Professeur de Potions et son élève de 7ème année, déclara Sevy en riant.
-Justement, si tu m'expliquais un peu. Comment on en est arrivé là ? Parce que tu sais comment est ton père, son amabilité naturelle est légendaire. Il ne se montre jamais sous son vrai jour. Ici ça a changé parce que tu es là, mais dans ton passé, comment avons-nous fait ? C'est un sacré mystère pour moi, et je ne sais même pas s'il le sait lui même.
-Je le sais, et Dumbledore aussi je lui ai raconté. J'ignore si Papa le sait, il faudra que tu lui demandes. Au cours de la première semaine de cours, il y a eu un accident de chaudron. Neville Londubat a gâché son chaudron, mais ce n'était pas de sa faute. Goyle a balancé un ingrédient dedans sans que Neville le voit et Papa a vu le danger, il s'est approché mais n'a pas eu le temps d'agir, il a pris le chaudron et l'a écarté de Neville. Seulement il s'est tourné vers toi qui était au premier rang et les vapeurs qui en sont sorties vous ont plongé tous les deux dans une sorte de coma magique. Les autres sont sortis vite fait en retenant leur souffle et il n'y a pas eu d'autres blessés. Et quand Dumbledore est entré dans la pièce ensuite, vous étiez allongés par terre. Vous êtes restés 4 jours dans cet état végétatif. On a su après que vous vous étiez retrouvés ensemble dans des sortes de limbes, comme à partager le même rêve. Le premier jour vous vous êtes traités de tous les noms, ensuite ça s'est calmé. Papa s'en voulait de ne pas avoir vidé le chaudron directement avec un sort et vous pensiez que vous alliez rester là pour toujours, comme si vous étiez morts. Donc je présume que vous avez fait contre mauvaise fortune bon cœur et appris à vous connaître, enfin je le suppose car vous ne l'avez jamais dit. Toujours est-il, qu'au bout de quatre jours vous étiez, on va dire, assez intimes. On a jamais trop su à quel point, vous avez été très discrets à ce sujet aussi. Mais il semble qu'aussitôt vous avez tout fait pour vous retrouver seuls : Retenues, RDV nocturnes, sorties à Pré Au Lard, vacances et autres du style. Le tout dans le plus grand secret. Et vous m'avez fait très vite, au bout d'un mois. Donc ça collait pas mal entre vous apparemment et dès le début. Tu te sauvais de la Tour de Gryffondor la nuit pour aller le rejoindre ici, et tu dormais avec lui presque une nuit sur deux.
-Incroyable ! Ça me ressemble si peu… Mais remarque, quand je vois comment je me comporte avec ton père depuis que tu es arrivé, je ne m'étonne plus de rien. Ça va très vite aussi entre nous à notre époque actuelle, et je ne sais pas pourquoi. J'ai tout le temps envie d'être avec lui, et lui, il a baissé sa garde aussitôt avec moi. Il a été gentil et je sais qu'il ne fait jamais ça avec personne. Alors pourquoi quelle que soit l'époque, on réagit comme ça ? Si Oncle Albus ne nous avait pas demandé d'attendre mes 17 ans, je sais que j'aurais couché avec lui depuis longtemps, peut-être même au bout de quelques jours.
-Je sais pourquoi, mais ce n'est pas à moi de te le dire. Dumbledore te le dira et à Papa aussi.
-Je commence à être jalouse qu'on puisse le toucher, j'ai envie d'être dans ses bras en permanence. J'ai l'impression de ne plus rien contrôler, d'être une marionnette.
-Te bile pas, Papa ressent la même chose et depuis le premier jour où il t'a vu. Il a flashé sur toi dès qu'il t'a aperçue. C'est pour ça aussi, qu'il a du mal à se contrôler avec toi.
-Est-ce que je suis restée toute l'année à Poudlard ? Enfin dans ton passé je veux dire.
-Oui, personne n'a su comment vous avez fait pour cacher que tu étais enceinte. Albus pense que Papa a utilisé un sortilège de confusion, mais il devait être d'une puissance jamais vue auparavant.
-Incroyable ! Et tu es né où ?
-Heuuuuu… ici à Poudlard, à l'infirmerie, Madame Pomfresh la pauvre, tu as failli lui faire avoir une attaque en pleine nuit. Papa t'a emmenée là haut car quand ça a commencé tu étais avec lui, et il a un peu paniqué, et je te dis pas le matin le choc pour toute l'école. En plein pendant le temps des ASPIC, Ellie Saint-Clair qui accouche à l'école et d'un gamin fait par le Prof de potions. Papa croyait que Miverva allait le tuer et puis au final elle l'a accepté. Evidemment, t'as pas passé tes ASPIC. Le reste tu le sais. L'école a été attaquée par Tu-Sais-Qui, tu étais encore ici avec Papa et moi et le pauvre s'est fait tuer par le serpent de l'autre cinglé, quand je pense… se faire tuer par le symbole de sa maison. Ça craint. Et puis il t'a eue aussi, parce que tu t'es montrée.
-Je comprends, c'est de ma faute si je suis morte et que tu es resté tout seul, constata Ellie avec tristesse.
-Non, Maman, tu n'aurais pas pu faire autrement. Je veux dire, je ne pense pas que tu aurais pu vivre sans Papa, j'en suis même sûr mais Albus t'expliquera.
-On s'aimait à ce point là ? Finalement ça ne m'étonne pas, pas vraiment. Je vois bien, je ressens des trucs très forts pour lui alors que je le connais finalement que depuis peu. C'est comme si on se connaissait depuis des années.
-Exactement, et il y a une raison, mais c'est un peu compliqué. Ecoute, je t'en ai déjà trop dit et je ne sais pas si Albus va apprécier. Alors tu ne dis pas que tu sais tout ça, d'accord ?
-D'accord, je ne dirai rien. Je… J'ai besoin d'une tasse de thé, je crois. Rien que d'avoir pensé à nos morts, j'en suis un peu… nauséeuse. J'ai beaucoup de mal avec ça. J'ai peur qu'on arrive pas à changer tout ça.
-Tout à changé, Maman, rien ne se passe plus comme prévu depuis longtemps. Je vais te demander du thé.
-Sevy, on descendra à la Grande Salle ce soir pour le diner, il faut qu'on reprenne nos places dans l'école, mais j'aimerais qu'on fasse l'onguent avant si c'est possible, je voudrais que ton père l'essaie ce soir, il sera trop heureux pour demain si y a du mieux. J'ai pas envie de le laisser tout seul toute la journée en train de se morfondre et se demander s'il est encore un homme, parce que je le vois bien, il en est là.
-OK. On s'en occupe. Mais le thé d'abord. DOLLY !! »
L'Elfe transplana aussitôt : « Le Maître a demandé Dolly ?
-Oui, tu pourrais nous apporter deux tasses de thé, Dolly, s'il te plait ? Juste ça, on n'a pas besoin de petits gâteaux ou autres choses.
-Bien sûr, Maître. Rien que deux tasses de thé. Dolly revient.
-Merci, Dolly. »
Ellie s'assit sur le canapé, l'air abattue. Elle avait vraiment du mal avec la notion de leur mort. Elle prit machinalement le livre qui était sur la petite table. « C'est dans ce bouquin que tu as trouvé l'onguent ?
-Oui, par hasard, le nom de l'onguent n'était pas très explicite. « Onguent calmant pour blessure honteuse ». C'est un peu tiré par les cheveux ! Mais vu l'époque où le grimoire a été imprimé, faut pas s'étonner. Il est sensé calmer la douleur, reconstituer les tissus endommagés et évacuer les hématomes. Par contre pour les séquelles éventuelles, j'en sais trop rien, c'est pas marqué comme tu le vois. On verra bien. C'est pas compliqué à faire, mais les ingrédients sont peu communs, tout le monde n'a pas de larmes de Phénix sous la main, mais on devrait s'en sortir. Après tout, y a un Phénix chez Dumbledore et ça m'étonnerait que Papa ne lui ait pas tiré quelques larmes ! »
Dolly revint avec un plateau contenant une théière, deux tasses, un sucrier, du lait et du citron. Et repartit aussitôt vers les cuisines après qu'Ellie l'eut remerciée.
Ellie fit le service. Sevy était planté devant l'armoire à ingrédients de son père. « Alohomora, essaya t-il. »
La porte s'ouvrit. « Ehhhhh !! il s'est pas fatigué, je pensais à pire que ça.
-Personne n'est sensé venir ici et ouvrir son armoire, Sevy. Alors ? Y a ce qu'il te faut là-dedans ?
-Minute, je regarde… ouais !! En voilà ! Larmes de Phénix ! Le reste est dans le labo c'est bon, je vais pouvoir faire l'onguent. J'aurais du essayer avant, je suis bête, ajouta-t-il en secouant la tête.
-Mais non, viens boire ton thé et après je te regarderai faire, petit génie. Je voudrais bien le lui apporter avant d'aller dîner, parce que je sens que j'aurai du mal à le laisser pour rentrer à la Tour de Gryffondor. J'aurai envie de rester avec lui, je le sais, j'en ai déjà envie, soupira-t-elle.
-Bientôt vous n'aurez plus à vous séparer, ni à vous cacher, je pense que Dumbledore va changer ça aussi. Vu que Malefoy est au courant, tous les Serpentards vont pas tarder à l'être, si c'est pas déjà fait. Et après, ça fera le tour de l'école, alors…
-Sevy, tu sais bien que les relations Profs/élèves sont interdites, je ne pense pas qu'Oncle Albus va le révéler.
-Pffff !! Il trouvera bien quelque chose, c'est un rusé tu sais, il aurait été bien à Serpentard !
-Oui, d'ailleurs je me demande ce que toi et ton père vous y faites, vous auriez du être à Gryffondor !
-Ben, tu demanderas ça au choixpeau ! Répondit-il pour ne pas s'étendre sur le sujet.
-Tiens, mon bébé, ton thé… dit Ellie en lui tendant sa tasse. »
Il restait une demi-heure avant l'heure du repas dans la Grande Salle. Sevy avait préparé des livres pour son père. Il n'avait pas dit à Ellie que parmi les ouvrages de potions, il en avait glissé quelques un sur la Magie Noire, elle n'aurait pas apprécié. Il avait rajouté Le Sorcier du Dimanche et Sorcière-Hebdo, ne sachant pas trop si son père apprécierait celui là, plus quelques rouleaux de parchemin.
Ellie avait le précieux pot d'onguent. Il n'était pas très gros et elle l'avait caché dans une des poches de sa cape.
Le jeune couple sortit du couloir des cachots et monta le grand escalier pour aller au premier étage où se trouvait l'infirmerie. Ils tombèrent nez à nez avec Harry, Ron et Hermione qui descendaient sûrement de leur salle commune pour aller diner.
« Ellie, Sevy ! Leur dit Harry. Vous allez bien ? On n'vous a pas vu de la journée. »
Harry regarda Ellie et continua « Je vois que vous n'êtes pas en uniforme, vous venez manger ?
-Oui, répondit Ellie, mais on va à l'infirmerie avant, Sevy voudrait apporter des livres à son père. »
Sevy montra son sac d'un geste banal. Ron insista « Pourquoi vous êtes pas venu aux cours ?
-Pour raison familiale, on va dire, répondit Sevy, un peu gêné.
-Ouais, toi c'est ton père qui est malade, mais Ellie elle est pas de ta famille, nan ? A part que c'est ta copine. C'est du favoritisme ! Bouda Ron.
-Ronald Weasley ! De quoi je me mêle !? Si Dumbledore leur a permis de manquer, tu n'as pas à t'en mêler, gronda Hermione. »
Puis se tournant vers Ellie et Sevy, elle rajouta aimablement : « Si vous voulez les cours et les devoirs, y a pas de problème, enfin pour ceux qu'on a en commun, Sevy.
-Merci Hermione, c'est gentil, on verra ça demain, on vous rejoint dans une demi-heure. »
Puis il prit Ellie par la main et il grimpèrent les escaliers quatre à quatre. « Je déteste les escaliers et y en a partout ! C'est une horreur ! Haletait Ellie essoufflée.
-Pleure pas, on ne grimpe qu'un étage ! Pouffa Sevy.
-Ouais, mais moi je vis à la Tour de Gryffondor au 7ème étage, je te ferais dire, et toi dans les cachots de Serpentard et ceux de ton père ! »
Ellie frappa doucement à la porte de l'infirmerie et entra sans attendre. Severus tourna la tête et leur adressa un sourire qui fit chaud au cœur de la jeune Gryffondor. « Tu te sens mieux mon cœur ? Lui demanda-t-elle en s'approchant du lit.
-Fatigué, mais ça va.
-Tiens, Papa, je t'ai apporté des livres. »
Sevy se pencha pour les déposer dans la table de nuit et en profita pour glisser à l'oreille de son père : « Ne les regarde pas devant Maman, y a pas que des potions, heuuuu… je t'ai mis de la Magie aussi… »
Severus, amusé, lui fit un clin d'œil. Ellie toute contente, sortit le pot d'onguent de sa poche « Regarde ! C'est Sevy qui a fait ça pour toi ! »
Sevy s'assit sur une chaise près du lit de son père et attrapa la Gazette du Sorcier. « Ouais, mais bon, pour l'essayer vous attendrez que je sorte, hein ! Tiens.. y a une promo chez Weasley au Chemin de Traverse, faut que j'en parle à Teddy, on va bien trouver des trucs pour mettre de l'ambiance ! »
Ellie s'assit sur le lit près de Severus et se pencha pour lui donner un baiser, puis elle se tourna vers son fils : « Tu vas pas mettre la zizanie avec Teddy hein ? Quoique… ça pourrait être drôle… ça me ferait du bien de rire un peu.
-Tu veux rigoler ? OK ! On va s'en occuper, déclara Sevy sans lever la tête de son journal.
-Je te signale que tu parles devant ton Directeur de Maison, Sevy, ne crois pas que je vais te laisser faire ! Râla le maître des cachots.
-Mon petit Papa, n'espère pas que je vais faire ça devant toi, ni t'en parler avant ! Pouffa Sevy. Quelques bombabouses n'ont jamais tué personne. J'ai même envie d'en mettre dans le lit de Malefoy ! Ça serait rigolo… »
Severus s'obligea à prendre l'air sévère, mais ça n'eut pour effet que de faire rire Ellie et Sevy. Celui ci replia son journal et leur dit : « Bon, les amoureux, je vous laisse en tête à tête, je redescends, faut que je vois Ted pour la logistique, ajouta-t-il provocateur.
-Je vais tuer ce Sirius Black, ronchonna Severus.
-Mais non, tu ne tueras personne ce soir, lui assura Ellie. Sevy à tout à l'heure. Et sois sage !
-Oui M'man, bonsoir P'pa ! »
Sevy fila en riant et en leur tirant la langue. « Sale gosse, lui dit Ellie, morte de rire »
Le terrible maître des potions souriait, il semblait content de voir son fils tout gai. Il savait par Dumbledore que Sevy avait beaucoup pleuré en voyant son père blessé et ça avait beaucoup touché Severus qui avait du mal à imaginer qu'on puisse s'inquiéter et avoir du chagrin pour lui. Il n'était pas habitué à toutes ces marques d'affection et d'intérêt et trouvait ça agréable, même s'il savait que ça le rendait plus vulnérable auprès du Seigneur des Ténèbres.
« Et si nous essayions cet onguent, mon cœur ? Maintenant que nous sommes seuls ? Madame Pomfresh est descendue dans la Grande Salle, non ? »
Severus hocha la tête en silence et souleva le drap en poussant en soupir découragé. « Tu as mal Severus ? demanda Ellie inquiète.
-Non, je prends de la potion antidouleur régulièrement.
-Sevy a laissé un pyjama pour toi dans le sac à livres, je lui ai dit de t'en apporter un mais je ne sais pas ce qu'il a pris, tu regarderas tout à l'heure. Tu as encore de la fièvre ?
-Non, je ne crois pas, la potion a bien marché.
-Alors il faudra que tu mettes un pyjama pour ne pas prendre froid, les nuits commencent à se rafraichir. C'est fou comme la température baisse vite dans ce pays, je sens que l'hiver va être dur, j'aime pas le froid.
-Je te réchaufferai la nuit, déclara Severus très sérieusement.
-Ne me tente pas mon cœur, sinon je vais avoir du mal à partir tout à l'heure. On essaie l'onguent miracle de ton fils ? »
Severus repoussa le drap et la couverture et Ellie ouvrit le pot. Elle reposa le couvercle sur la table de nuit et demanda à son amant. « Tu veux le faire tout seul ? »
Il la regarda droit dans les yeux et lui dit. « Fais-le, j'aime bien quand tu me touches.
-Severus chéri, j'ai adoré te toucher, murmura t-elle mais là, les conditions sont différentes.
-Fais-le quand même. »
Ellie prit une bonne noisette du pot d'onguent. C'était gluant, blanc, un peu bizarre mais ça ne sentait pas mauvais comme l'autre de la nuit précédente. Severus prit le pot et le renifla, très intéressé. Puis il en tata la consistance. « Bave de veracrasse ? et quoi d'autre ?
-Larmes de Phénix et je ne sais plus quoi, Sevy te montrera la formule »
Ellie déposa la substance gluante sur le sexe de Severus le plus délicatement possible. Elle le fit même glisser dans sa main pour l'en imbiber et faire pénétrer le produit. Severus ne disait rien, il fermait les yeux. Ensuite elle reprit le pot pour en prendre une nouvelle dose et en enduisit ses testicules le plus doucement possible. Il grimaça. « Je te fais mal ? Interrogea-t-elle.
-Quand on touche c'est sensible, mais tu ne me fais pas vraiment mal. J'aurais du réagir normalement quand tu me massais tout à l'heure et rien. C'est foutu, Lucius m'a démoli ce salaud.
-Non. Tu es blessé, c'est normal que ça ne marche pas. Ton corps doit guérir, il n'a pas envie de s'amuser, laisse-toi le temps, Severus. Sevy dit que c'est efficace et que tu n'auras plus rien dans 48 heures. »
Ellie prit sa baguette du bout des doigts. « « Tergeo », lança t-elle pour se nettoyer les mains. C'est gluant, c'est dégueu.
-C'est froid. L'onguent, il me fait tout froid.
-Je sais, et ensuite ça va te chauffer un peu quand ça va agir, il paraît que c'est bon signe. Si ça le fait, c'est qu'il marche bien sur toi. Tu veux mettre ton pyjama maintenant ? Je t'aide si tu veux. Tu as essayé de te lever ? Pour aller aux toilettes par exemple ?
-Non. Madame Pomfresh ne voulait pas. J'ai eu le droit au bassin. Horreur de ça. Grommela t‑il.
-Ne te plains pas, cette nuit tu as eu le droit au sortilège de vidange. Et si on avait été des Moldus, tu aurais eu un tuyau enfoncé dedans ! Dit-elle en lui montrant son pénis.
-JAMAIS ! Glapit-il, dégoûté, en remontant ses couvertures d'un geste protecteur.
-Oh ! Mais on ne t'aurait pas demandé ton avis, mon cœur, fit Ellie, en riant de son air outragé.
-Tu en sais des choses toi sur les Moldus, tu as pris le cours d'Etude des Moldus ou quoi ?
-A Beauxbâtons oui, ici non. Mais je lis des magasines moldus, c'est assez intéressant. On apprend des tas de choses utiles, tu sais. Comme par exemple, comment faire baisser la fièvre d'un pauvre petit Professeur de Potions en train de convulser, alors qu'il n'y a plus de potions et que de toute façon, il ne peut pas l'avaler.
-Albus m'a dit. Merci, ma douce, dit-il tendrement.
-Severus, je ne te laisserai jamais mourir, tu le sais ça ? Du moins pas sans me battre.
-Pourquoi tu es comme ça avec moi ? Je n'en vaux pas la peine pourtant. Je ne suis qu'un Mangemort, un sale bâtard graisseux comme m'appellent les élèves. J'ai tué des tas de gens, et toi tu me traites comme si j'étais important.
-Peut-être parce que tu es très important pour moi, Severus, même si nous ne comprenons pas pourquoi. Nous sommes liés par quelque chose qui sort de l'ordinaire c'est plus qu'évident, et je crois qu'Oncle Albus sait pourquoi et j'attends qu'il nous le dise. Je ne pense pas que j'aurais fait un enfant un mois après la rentrée avec un horrible professeur pas très gentil sans une bonne raison.
-Je suis vieux, je suis moche et pas gentil.
-Tu n'es pas vieux, tu as 37 ans, c'est pas vieux. Tu n'es pas si moche que tu le penses et tu es gentil quand tu le veux bien.
-Qu'est ce que tu trouves de beau en moi, hein ? Soupira-t-il.
-J'adore ta voix, murmura Ellie, quand tu me parles elle vibre dans ma poitrine, je sens ses ondes dans mes os, ça me fait tout bizarre. J'aime ta bouche, tu as une belle bouche, j'adore l'embrasser. Et tu sais avoir le regard tendre quand tu veux. Tu as de beaux cheveux quand tu te décides à en prendre soin, et j'aime tes mains. Dois-je aussi parler du reste de ton corps ? Ou bien ça te suffira pour ce soir ?
-C'est la première fois qu'on me dit de belles choses comme ça, tu sais, confirma Severus en prenant Ellie dans ses bras.
-Et ce ne sera pas la dernière, j'ai l'éternité pour te rentrer ça dans le crâne, je crois, ajouta Ellie en embrassant Severus. Je vais t'aider à mettre ton pyjama et je vais descendre manger. »
Ellie fouilla dans le sac de Sevy et qui avait contenu les livres. Il n'y avait plus que le pyjama. Elle le prit et le déplia. « Joli, un peu Serpentard comme tout ce que tu as, mais joli malgré tout. Je ne savais pas que tu aimais la soie.
-Tu ne sais pas tout de moi, ma douce.
-J'espère bien, sinon je vais m'ennuyer très vite, lui répondit-elle souriante. Tu veux commencer par le bas ou le haut ?
-Pas d'importance, lui dit Severus en haussant les épaules.
-Bon alors la veste. »
Ellie déboutonna la veste de pyjama, se leva et aida Severus à l'enfiler puis elle ferma un à un les boutons. Ensuite elle retira les couvertures et passa les jambes de Severus dans celles du pantalon de pyjama. Il le fit remonter tout seul jusqu'à sa taille et Ellie remit les couvertures sur lui. « Je te retire un oreiller ?
-Oui, bonne idée, répondit-il tout heureux de cette sollicitude."
Ellie fit disparaître l'oreiller d'un coup de baguette. « Ça me chauffe, Ellie, tu crois que ça marche ?
-On le dirait. J'en suis ravie. Demain midi je viendrai te voir, je dois rattraper les cours et faire les devoirs manquants et Sevy aussi, donc je n'aurai pas trop de temps, j'en suis navrée, vraiment. Tu vas me manquer mon cœur.
-Toi aussi, Ellie. J'ai le droit à un baiser ?
-Un très gros… »
Ellie se jetta dans les bras de l'odieux Maître des Potions et ils s'embrassèrent avec fougue, serrés l'un contre l'autre. Severus retenait Ellie de ses deux bras et ne semblait plus vouloir la lâcher.
« Chéri, si tu continues à m'embrasser comme ça, je ne pourrais plus jamais m'en aller. C'est dur ce que tu me fais.
-Peut-être que je n'ai pas vraiment envie que tu partes, mon ange, avoua-t-il. »
Elle soupira et nicha sa tête dans son cou, en le couvrant de petits baisers tendres qui le firent rire.
La porte de l'infirmerie s'ouvrit doucement et la tête d'Albus Dumbledore apparut. Il souriait de les voir enlacés. « Je vois que je vous dérange encore ! Hélèna tu devrais aller diner avec tes amis, ma puce, je vais rester un peu avec Severus.
-J'y allais, Oncle Albus ! Je disais à demain à Severus. »
Ellie se retourna vers Severus qui l'avait lâchée en voyant le Directeur de Poudlard entrer et se manifester. Elle lui caressa la joue : « Dors bien Severus et mets de l'onguent tout seul, pour guérir plus vite !
-Promis, à demain, Ellie. Dors bien toi aussi. »
Elle lui fit un petit baiser sur les lèvres, se releva et se dirigea vers la porte. « Tu descends diner, Oncle Albus ?
-Oui, ma puce, dans quelques minutes. »
Ellie referma la porte derrière elle et s'éloigna dans le couloir. Albus s'approcha du lit de Severus, prit une chaise et l'approcha du lit, puis il s'assit sans un mot. Severus le regardait avec attention, attendant qu'il rompe le silence. « Dites-moi mon cher garçon, n'avez-vous jamais pensé à vous marier ? »
Ellie descendit l'escalier sans se presser. Que voulait donc bien l'Oncle Albus à Severus ? Lui tenir compagnie ? prendre de ses nouvelles ? ou lui parler encore de Lord Voldemort… ou d'eux et de leur avenir ? Quel était donc ce grand mystère que Sevy n'avait pas voulu révéler et qui expliquait selon lui, les sentiments que Severus et elle ressentaient l'un pour l'autre ?
°Merlin, est-ce qu'on nous a jeté un sort ? une malédiction ? On ne s'aime pas vraiment et quand le sort va être levé, on va s'apercevoir qu'en fait on se déteste ? Mais… c'est que j'ai pas envie de le détester moi, je suis bien avec lui. J'ai pas envie que ça s'arrête et lui non plus. Crotte ! qu'est-ce qu'on va devenir ? Il faut qu'Oncle Albus parle, ça commence à me gaver cette histoire et tous ces secrets. On ne sait même pas comment Ted et Sevy ont débarqué ici, ni pourquoi… Va falloir des réponses, sinon j'oblige Sevy à parler. Marre ! Je ne veux pas être manipulée sans rien piger !°
Quand elle entra dans la Grande Salle, tous les regards se figèrent sur elle. Ellie avait oublié qu'elle n'était pas vêtue comme les autres et que forcément elle détonnait dans le lot.
Elle entendit Pansy Parkinson s'adresser à Drago Malefoy : « Evidemment, faut qu'elle se fasse remarquer, regarde sa robe, elle vaut un prix fou, elle n'est pas obligée de montrer qu'elle a de l'or ! »
Drago n'eut pas le temps de répondre que Sevy sautait sur l'occasion. « Jalouse Pansy ? Rien ne t'empêche d'acheter la même, et tu demandes à ton Elfe de maison de te coiffer pareil, où est le problème ? ajouta-t-il un sourire en coin. »
Pansy rougit et répondit en baissant les yeux vers son assiette : « Mes parents ne m'offriraient pas une telle robe, et je n'ai pas d'Elfe de maison ici, moi ! »
Sevy amusé, ne rajouta rien. Il attendait une réaction de Malefoy qui ne vint pas. Etonnant, celui ci avait plutôt le verbe haut d'habitude et Sevy sentit que sa discrétion inhabituelle n'était pas normale. Même puni par son père il aurait trouvé le moyen de se manifester. Sevy commençait à se demander si Malefoy ne préparait pas un mauvais coup. Crabbe, Goyle, Zabini et Nott ne mangeaient pas. Ils étaient fixés sur Ellie qui s'installait à présent près d'Hermione après avoir fait la bise à Ted.
Malefoy, agacé par le comportement de ses amis, se lâcha enfin. Il donna un grand coup de coude à Blaise Zabini qui expira bruyamment l'air qu'il avait dans ses poumons et protesta en se frottant la poitrine.
« Eeeehhhh !! Drago merdeuuuu !! Tu m'as fait mal ! Qu'est-ce qui te prend ?
-T'as pas un peu fini de baver devant cette traitre-à-son sang, là ? répondit Malefoy à Zabini.
-Malefoy, fait attention à ce que tu dis, rugit Sevy, j'aime pas tes insinuations.
-Ta petite copine fréquente Granger la sang-de-bourbe, les Weasley qui sont connus comme traitres-à leur-sang, Potter ce minable sang-mêlé et le fils du loup-garou. Ça ne te dérange pas ? On dirait que tu les aimes aussi ! Non ? D'ailleurs c'est ton pote, le Lupin, t'as pas peur qu'il te bouffe un soir de pleine lune ?
-Ta gueule, Malefoy ! Asséna Sevy qui commençait à sentir la moutarde lui monter au nez. Ted n'est pas un loup-garou, c'est un métamorphomage et tu le sais très bien, McGonagall l'a expliqué en cours.
-Ça ne te dérange pas de fréquenter ces raclures là ? Ici, c'est pas admis, dans ton ancienne école ça se faisait peut-être, mais tu es à Serpentard, t'as pas à parler aux Gryffondors ! Ton père t'a pas expliqué ça ? Non… trop occupé à baiser ta p'tite copine derrière ton dos ! Ça te dérange pas de passer derrière lui ? »
VLAAAAAMMMM !!
La claque que Malefoy se prit dans la figure résonna dans toute la Grande Salle et fit tourner les têtes, surtout celles de la table de Gryffondor.
Sevy attrapa Malefoy par le col de sa chemise, menaçant. Ses yeux lançaient des éclairs, sa machoire était crispée, son visage dur. Il ressemblait à Severus en colère et ce n'était pas rassurant. Sa carrure elle-même, n'était pas rassurante non plus. Et Pansy apeurée, secoua le bras de Drago. « Tais-toi Drago, tu parles du Professeur Rogue quand même !
Sevy, enragé, avait sorti sa baguette magique de la poche de sa cape et la pointait à présent sur le cou de Drago Malefoy.
-Malefoy, je t'interdis de dire quoi que ce soit sur mon père ou sur Ellie, tu entends ? Ou je pourrais aussi l'ouvrir sur le tien !
-T'as rien à dire sur mon père, tu ne le connais pas ! Ricana Drago, mais tu ferais mieux de surveiller ta p'tite copine, conseil d'ami ! Et range ta baguette, tu n'oserais pas devant les Profs ! De toute façon tu n'es pas assez bon en duel pour me battre ! »
« Que tu crois, Malefoy, que tu crois… pensait Sevy, un jour je te prouverai le contraire… un jour. »
Une voix sonore retentit alors depuis la Table Professorale. «Un problème, Monsieur Rogue ?
-Non, Professeur Dumbledore ! Rien que je ne puisse régler moi-même, répondit Sevy en se rasseyant et en lâchant Drago qui garda son petit sourire narquois.
-C'est quoi cette histoire, Malefoy ? murmura Théodore Nott, assis en face de Drago.
-Je vous dirai ça dehors, les mecs… répondit le blond platine sur le même ton. »
Pansy Parkinson et Millicent Bulstrode se penchèrent pour écouter, subitement très intéressées par ce qui semblait être la nouvelle du siècle ! Le Professeur Rogue ? Avec Ellie Saint-Clair ? Nooooon ? Mais l'assurance de Drago face à Sevy les interpellait, il se passait quelque chose et elles voulaient savoir quoi.
A la table de Gryffondor l'altercation Drago/Sevy n'avait échappé à personne. Ellie était blême et Teddy la regardait ennuyé en lançant des coups d'œil discrets vers Sevy.
« C'est quoi encore ces conneries que balance Malefoy, pesta Ron. C'est tout ce qu'il a trouvé pour faire chier le monde ? Tout le monde sait qu'Ellie sort avec Sevy Rogue, ça craint qu'il soit à Serpentard et le fils de Rogue, mais bon il est cool pour un Serpent ».
Harry regardait Malefoy à présent. Il était évident que cette vermine savait quelque chose, ça commençait à sentir mauvais. Malefoy au courant, les Serpentards allaient tous le savoir sous peu et ensuite… les ennuis pour Ellie. « Merlin, pourquoi elle s'est mise dans cette galère ! Sortir avec Rogue ! Elle pouvait pas choisir le fils ? Et pourquoi les Profs ne disent rien ? »
Hermione était ennuyée aussi pour Ellie, tous les Gryffondors semblaient penser que Malefoy avait juste menti pour mettre la zizanie entre la jeune blonde et Sevy à cause de l'inimitié entre les deux maisons. Mais elle savait que c'était plus grave que ça, que Malefoy avait vu ou deviné quelque chose, et qu'il allait leur causer des ennuis.
Albus Dumbledore lui, réfléchissait. Rien ne lui avait échappé, il avait entendu les allégations de Drago, et bientôt toute l'école serait au courant. Le Ministère risquait de demander une enquête, de suspendre le maitre des potions. Il fallait agir et vite.
A la table des Gryffondors, Neville avait changé de conversation. « Vous savez que le labo photo de l'école a été forcé ? Quelqu'un a volé un des appareils-photos de Colin Crivey. »
Harry sauta sur la nouvelle : « Non ? on a volé un appareil-photo à Colin ? Eeeeeehhhh !! Colin !! viens ici, c'est quoi cette histoire ? »
Colin, qui était assis un peu plus loin près de son frère Dennis, se pencha vers le centre de la table pour pouvoir répondre à Harry. « On m'a volé un appareil ce week-end, je l'ai dit à McGonagall. Quelqu'un a forcé la porte du labo et a mis le foutoir. Mais les photos de l'anniv' d'Hermione sont sauvées, je les avais rangées dans mon dortoir. Ça me fait suer quand même ! Merlin ! Un bon appareil ! Voilà qu'il y a un voleur à Poudlard !"
Cette nouvelle alimenta la conversation pour le reste du repas. Il fut admis que le voleur ne pouvait être qu'un de ces satanés serpents. Même si ce n'était pas l'un d'eux, le penser était agréable, ça leur permettait de pouvoir évacuer leur ressentiment envers la maison de Salazar Serpentard, la Némésis de Gryffondor.
Ellie n'en pouvait plus. Le repas était une véritable torture. Elle n'avait qu'une hâte : s'enfuir ! Teddy le remarqua « Reste zen, Ellie, ne montre rien, dit-il en français.
-Ted, murmura-t-elle dans la même langue, tu as entendu Malefoy, pour demain toute l'école est au courant, et on va faire quoi ? Severus est blessé, je ne sais même pas s'il va récupérer totalement, si je lui dis, ça ne pas l'aider. Lucius Malefoy l'a torturé à mort, tu le sais je suppose… Remus a du te raconter.
-Oui, je sais, mon père m'a dit qu'il était dans un sale état.
-Si les Malefoy commencent à fouiller dans nos vies, ils risquent d'apprendre pour toi et Sevy et ils le diront à Tu-Sais-Qui, déjà qu'il sait pour moi et Severus. Je ne sais pas comment ce monstre l'a su, mais j'ai peur que ça finisse mal.
-Dumbledore ne les laissera pas faire ! Ellie, t'inquiète pas. Tu sais, on a commandé des trucs Sevy et moi chez Weasley, Ron nous a parlé des oreilles à rallonge et de plein d'autres machins géniaux que ses frères ont inventés, on va s'en servir pour savoir ce que Malefoy prépare. En attendant Ron m'en a refilé une, de ces oreilles, c'est pour écouter en cachette, on va les essayer Sevy et moi tout à l'heure.
-Teddy, faites attention tous les deux, ils sont tous des enfants de Mangemorts, ils sont dangereux.
-Eeehhhh ! Sevy aussi est un fils de Mangemort non ? Fit Ted en clignant d'un œil.
-Merci de me le rappeler Ted, soupira Ellie.
-Je plaisantais, Ellie. Allez, souris ! On va s'en sortir !
-Ce sera une première alors. J'ai presque l'impression que ça va être pire ! »
Ted lui tapota la main se voulant rassurant, et il se resservit en tarte aux pommes en essayant de se concentrer sur la conversation entre Harry, Dean et Seamus.
Hermione qui tournait le dos à Ellie, semblait occupée à jouer avec Arnold le boursouflet de Ginny. La rouquine l'avait sorti de la poche de sa cape, afin de le montrer aux filles de la tablée qui s'extasiaient sur l'animal. En fait, Hermione avait tendu l'oreille dès qu'elle avait entendu parler français et n'avait rien manqué de la conversation. Innocemment elle se retourna et demanda à Ellie qui pinaillait un éclair au café dans son assiette. « Tu viens à la bibliothèque Ellie ? J'ai envie d'y faire un tour. »
Ellie sauta sur l'occasion : « Bonne idée, Mione, j'ai des recherches à faire, et je dois rattraper les devoirs, tu me passeras les cours ?
-Ah oui, je vais aller te les chercher, tu n'auras qu'à aller directement à la bibliothèque.
-Euuuhhh… nan, faut que je prenne mon sac de cours, j'ai rien avec moi.
-Merlin, je n'avais pas fait attention ! »
Les élèves commençèrent à sortir par les portes de la Grande Salle. Ted sauta sur Sevy et l'entraîna dehors. Ellie, l'air épuisée, montait l'escalier en tenant la rampe. Vu sa vitesse elle ne serait pas au 7ème avant un bon moment. Hermione en profita pour attraper Harry par la manche de son pull et l'entraina derrière la statue de sanglier ailé qui était dans le hall.
« Harry, j'ai écouté la conversation en français entre Ellie et Teddy.
-Oui, j'ai entendu qu'ils parlaient français entre eux. Et alors ? Tu as appris des trucs ?
-Rogue n'est pas malade, Lucius Malefoy l'a torturé assez salement il paraît, il est blessé, Teddy le sait par Remus. Il paraît que Malefoy est au courant pour Ellie et Rogue et va le dire aux Serpentards.
-Oui, ça j'avais compris ! Torturé ? Merlin, je les croyais copains, moi ?
-Il semble que ce soit fini, ou alors il a agit sur les ordres de Tu-Sais-Qui, mais y a autre chose. Ellie a peur que Tu-Sais-Qui apprenne la vérité sur Sevy et Teddy.
-La vérité ? Quelle vérité ?
-J'en sais rien. Teddy lui a répondu que Dumbledore ne laisserait pas faire.
-Merlin, mais c'est quoi ce bordel ? On se doutait qu'il y avait un secret entre Rogue et Ellie, mais pas pour Sevy et Ted ! Tu vas à la bibliothèque avec elle ? Essaie d'en savoir plus… on sait jamais.
-Ok. Je te tiens au courant.
-Moi, je crois que je vais ressortir la cape de mon père et aller voir ce que Malefoy et ses p'tits copains fabriquent dans le parc. »
« Me marier ? Moi ? Albus ! C'est quoi cette idée ? Je n'ai jamais songé de toute ma vie à me marier. »
Albus sourit en voyant l'air choqué de son Professeur de Potions. « Ne faites pas l'enfant, Severus ! Dans l'autre futur vous ne vous êtes pas gênés pour le faire dans mon dos.
-Quoi ? balbutia Severus Rogue, les yeux écarquillés de surprise.
-Oui mon cher, vous avez épousé Hélèna Saint-Clair en cachette le jour de la Saint-Valentin. Je sais bien que nous sommes encore loin de cette date, mais à priori cette idée ne vous sera pas si saugrenue dans quelque temps.
-Merlin ! Moi ? C'est pas possible ! J'avais perdu l'esprit dans ce futur-là ! Grogna Severus en secouant la tête.
-Non, vous étiez tout simplement très amoureux.
-Mouais… Si vous me racontiez ce que vous savez maintenant, hein ? Au lieu de me faire tourner en bourrique !
-Connaissez-vous le principe des âmes sœurs, Severus ?
-Oui, pourquoi ?
-Eh bien, Hélèna est votre âme sœur, mon cher garçon. Ce qui explique vos comportements un peu… inhabituels… pour le moins.
-Merlin, achevez-moi… pourquoi me faire subir tout ça ? J'ai pas eu assez dans ma vie ?
-Vous connaissez je présume, les règles qui régissent les âmes sœurs ? »
Severus remonta ses couvertures jusqu'à son menton, et acquiesça, les yeux fixés sur le Professeur Dumbledore. « Nous ne pouvons pas nous séparer, ni vivre l'un sans l'autre.
-Tout à fait. Et Voldemort souhaite que vous mettiez fin à cette relation pour préserver votre place d'espion. Or, si vous obéissez vous mourrez tous les deux de désespoir. En êtes-vous conscient ?
-Oui.
-Avez-vous envie de quitter Hélèna, Severus ? »
Le Maître des Potions tourna la tête vers la fenêtre, gêné, et dans un souffle murmura : « Non.
-Je m'en doutais, figurez-vous. Or, il y a une solution. »
Severus se tourna de nouveau vers le vieux Directeur et attendit. « Si vous épousez Hélèna, officiellement, au vu et au su de tout le monde, et non pas en vous cachant comme vous en aurez bientôt l'idée, Voldemort ne craindra plus que vous perdiez votre place pour elle, pour une relation interdite. Et cela aura aussi le mérite d'écarter le jeune Malefoy définitivement. Je ne vous cache pas que le fait qu'il sache plus ou moins la nature de vos relations avec elle –car c'est Drago qui renseigne Voldemort, ne nous leurrons pas– m'inquiète un peu, disais-je. Il risque de le raconter dans toute l'école, ça peut remonter jusqu'au Ministère via les parents d'élèves, en bref nous causer des ennuis et j'en ai bien assez comme ça. De plus, je ne voudrais pas que Voldemort devine la provenance de Sevy et du jeune Lupin. Et si Drago Malefoy continue de fouiller dans vos vies, des informations pourraient lui parvenir. Je préfèrerais lui jeter un os plus gros pour qu'il s'amuse et oublie les deux petits.
-Et l'os c'est moi, soupira Severus. Vous voulez que j'épouse Ellie pour contrer Lucius et le Seigneur des Ténèbres. Et à elle, vous lui en avez parlé ?
-Non. Ne pensez-vous pas que vous pourriez le faire vous même ? Fit le vieil homme avec un sourire.
-Je… Je…
-Oui ?
-Je ne suis pas sûr que ce soit le moment, avoua le brun ténébreux des cachots.
-Vous semblez pourtant très… attachés l'un à l'autre, et plutôt intimes, si je ne m'abuse.
-Oui mais…
-Severus ! Acceptez-vous d'épouser ma pupille, Hélèna Saint-Clair ? Je vous le demande officiellement.
-Demandez-lui son avis d'abord. Je répondrai… après. »
Harry était monté à toute vitesse vers la Tour des Gryffondor, il avait dépassé Ellie qui se trainait perdue dans ses pensées, entourée d'un groupe de filles de 3ème année qui s'extasiait sur la beauté de sa robe et de sa coiffure. Hermione gagnait du terrain sur Ellie, bientôt elles arriveraient ensemble à la salle commune rouge et or. Harry se faufila dans son dortoir, cacha sa cape dans son pull over et ferma sa robe de sorcier. Puis il sortit de la salle commune en évitant Neville qui lui semblait-il, s'avançait vers lui, un pot de fleur bizarre dans les bras.
Il croisa Hermione qui avait rattrapé Ellie au 6ème étage, elles avançaient maintenant toutes les deux vers le portrait de la Grosse Dame. Il lui fit un clin d'œil et partit en courant. Il dévala les escaliers des sept étages à toute vitesse et se retrouva dans le parc. Où était cette fouine de Malefoy ?
Harry contourna le mur du château et se retrouva derrière un petit buisson d'épineux. « Bon, personne ne viendra par ici, je peux sortir ma cape, mais faut que je fasse gaffe de ne pas l'accrocher. »
Il souleva son pull en regardant à droite et à gauche et déplia la cape d'invisibilité qu'il avait héritée de son père, James Potter. Puis il ouvrit la carte du maraudeur et sortit sa baguette magique. Assis par terre dans l'herbe humide, il cherchait dans le parc où pouvait bien se trouver son ennemi mortel.
« Là ! Pas loin du saule cogneur, et il est en bonne compagnie… Crabbe, Goyle, Nott, Zabini, Parkinson, Bulstrode, Greengrass et Davis le grand rendez-vous hein ? Et bien vous allez avoir un invité surprise, mes gaillards ! »
Il se leva, grimaçant, en frottant ses fesses humides, quelle idée de s'être assis dans l'herbe ! Faisant attention de s'accrocher nulle part, penché en deux pour qu'on ne voit pas ses pieds, il s'approcha du petit groupe et s'arrêta net devant eux lorsqu'il put entendre clairement ce qu'ils disaient. Malefoy avait sorti un paquet de cigarettes et en avait offert à tout le monde, seule Daphné Greengrass refusa ce vice de moldu. Apparemment, songea Harry amusé, ils ne rejetaient pas toutes les créations moldues.
« Bon Malefoy, c'est quoi ce que tu as à dire ? Demanda Nott, tu as balancé des trucs à table, d'où ça sort ? C'est quoi ces histoires de Rogue avec la fille Saint-Clair ?
-Elle sort avec Sevy, non ? Annonça Daphné, ça fait pas mal chier certaines à Serdaigle et à Poufsouffle d'ailleurs.
-Chez nous aussi, confirma Pansy en regardant Millicent du coin de l'œil. »
Drago se mit à ricaner, l'air important. « Cette pute se tape le père et le fils.
-Hein ? Rugit Zabini, d'où tu tiens ça, toi ?
-Je les ai vu… dans la bibliothèque, un soir, tard. »
Drago tira sur sa cigarette en silence, ménageant son suspense. Crabbe plissait son front l'air concentré, avait-il tout compris ? Harry en doutait. Goyle dansait d'un pied sur l'autre en regardant ses chaussures mouillées par l'herbe de la prairie.
-Tu as vu Sevy et la Saint-Clair ? Demanda Pansy.
-Bordel, Pansy ! Tu vas écouter ou quoi ? Je te dis que j'ai vu le Professeur Rogue et Ellie Saint-Clair se rouler des pelles près de la réserve.
-Oh merde ! Fit Nott en portant une main à sa bouche.
-Mon père est au courant, et le Maître aussi. Il s'est salement fait engueuler le père Rogue, il s'est même pris quelques Doloris. Père dit que le Maitre a utilisé la légilimancie pour voir dans les souvenirs de Rogue, il couche bien avec Ellie Saint-Clair, c'est confirmé. Le Maître a donné l'ordre à Rogue d'arrêter avant que Dumbledore ne le fasse virer pour ça.
- Il est malade, le Professeur Rogue, Dumbledore dit qu'il est à l'infirmerie, fit Pansy.
-Tu parles ! Malade ! Il s'est fait salement punir par le Maître oui, le vieux fou raconte partout qu'il est tombé de son balai, s'il croit cette connerie il est sénile le vioque ! Ricana Drago Malefoy. »
Contre toute attente, Goyle ouvrit la bouche : « Pourquoi il a fait ça, Rogue ? C'est la meuf de son fils non ?
-Ça, chais pas, avoua Drago, paraît que c'est pour le cul. »
Zabini objecta : « L'est p't'êt tombé amoureux de la copine de Sevy et lui l'a taxé ?
-Tu vois Rogue amoureux, toi ? déclara Drago, et franchement entre le père et le fils y a pas photo !
-C'est clair, ajouta Millicent Bulstrode, Sevy est vachement mieux ! Cette fille est débile, je ne vois pas ce que Sevy a pu lui trouver, une Gryffondor en plus, une trahison !
-Tu vois pas ? T'es aveugle ou quoi, réagit Zabini, c'est une bombe c'te meuf, la moitié des mecs de l'école tuerait pour l'avoir dans son lit ! En plus c'est une sang-pur ! Et bourrée d'or à ce qu'il paraît ! T'as essayé toi aussi Drago, non ? De te la faire ?
-Bon ça va ! On est pas là pour causer de moi, s'énerva Drago qui n'avait pas envie de se farcir une Pansy hystérique pour le restant de la semaine.
-Bon, ben on fait quoi avec ça ? Si tu nous as raconté ça c'est que tu veux faire quelque chose avec l'info, non ? Demanda Théodore Nott à Malefoy. Mais moi je te préviens, je fous pas Rogue dans la merde, c'est notre Directeur de Maison, ok ? Et son fils est un Serpentard aussi ! Et Rogue a toujours été réglo avec nous. Il baise avec qui il veut, j'ai pas envie qu'il me tombe dessus moi ! »
Tous les autres acquiesçèrent en chœur, ils ne toucheraient pas à leur cher Professeur ni à son fils. « OK, mais la pute… c'est une Gryffondor. Et en plus c'est la pupille de Dumbledore ! Alors… on va bien se marrer… annonça le blond peroxydé de sa voix trainante, un sourire mauvais aux lèvres. »
Le petit groupe se rapprocha soudain et le ton baissa. Harry n'entendait plus rien. Il essaya de s'approcher discrètement mais avait peur que les traces de ses pas dans l'herbe grasse et haute soient visibles. Il perçut juste « Putain, c'est excellent ! » et « Merlin, on va bien se marrer » il entendit aussi Pansy protester qu'elle ne voulait pas le faire, que Drago n'avait qu'à en prendre une autre.
« Faire quoi ? Prendre une autre quoi ? » enragea silencieusement Harry.
Malheureusement, il n'en sut pas davantage et lorsque le groupe des Serpentards satisfait, se sépara, il dut se résoudre à rentrer au château.
