Luc, le fils du ministre, était un jeune homme de 17 ans, plutôt grand, mais incroyablement maigre, il souffrait d'une forme de cancer rare et agressif, et les traitements avaient fait fondre le peu de muscles qu'il n'eut jamais eu. L'adolescent était alité, et tentait de travailler sur ses cours, mais il était flagrant qu'il était à bout de force. Voyant son père entrer, il se redressa, essayant de caché son épuisement, Harry se prit un choc au cœur en le voyant faire. Ce garçon tentait de rassurer son père avant tout, alors que la majorité des gens dans sa situation n'auraient pas eue cette force.

« Il sait ? »

Le ministre approuva :

« Oui, il l'a appris par hasard.

- Très bien. Luc, bonjour, je m'appelle Harry, et je suis un sorcier, j'ai proposé à ton père de jeter un œil sur ta santé, peut-être que moi ou nos médecins pourrions t'aider. »

L'adolescent hésita, pas qu'il n'ait pas envie de guérir, mais il craignait d'être déçu une nouvelle fois, combien de médecins s'étaient présenter en disant qu'ils avaient des techniques qui pourraient le sauver ? Il ne les comptait plus depuis longtemps, mais le résultat avait toujours été le même, à savoir un échec absolu. Mais cette fois-ci, il ne s'agissait pas d'un nouveau protocole de chimio ou d'une étude sur une nouvelle molécule, cette fois, il s'agissait de magie.

Harry le laissa réfléchir, il n'avait pas trop de mal à comprendre que le garçon avait peur d'être de nouveau déçu, et c'était bien naturel.

« Luc, je ne te garantis rien, tant que je ne t'aurais pas examiné, ce serait malhonnête, nous n'avons pas ce genre de maladie chez nous, donc je ne peux rien affirmer. Mais si tu me laisse t'examiner, je pourrais te dire oui ou non. »

Le ministre intervint :

« S'il te plaît, mon grand, le roi a la gentillesse de prendre du temps pour tenter de te soigner…

- Monsieur le ministre, la décision lui appartient, il n'a plus 5 ans, c'est un adulte, le fait que je sois roi n'a aucune importance dans la situation présente, c'est à lui de choisir. »

Le malade parla pour la première fois :

« Vous êtes vraiment roi ? »

Harry sourit :

« Oui, je suis le descendant du roi Arthur, et je règne sur le monde magique, pour être tout à fait honnête, je pourrais même théoriquement régner sur ton monde aussi. Mais ce serait bien compliqué. Oublie cela, je suis Harry, j'ai 16 ans, et je peux, peut-être, t'aider, c'est tout ce qui compte. »

Luc hocha la tête :

« Ok. »

Harry s'assit sur le bord du lit et dit :

« Monsieur le ministre, pourriez-vous nous laisser, je vais devoir l'examiner en détail, et je doute qu'il apprécie d'avoir plus de témoins que nécessaires. »

Le ministre approuva, et fila dans la pièce adjacente, tandis qu'Harry souriait au jeune homme :

« Bien, Luc, je vais devoir te déshabiller, mais je n'aurais, à priori, pas besoin de te toucher. »

Le jeune homme rougit, et murmura :

« Les médicaments ont des effets très gênants. Je suis obligé de porter des protections. »

Le roi posa sa main sur celle du malade :

« Ce n'est pas comme si tu le faisait exprès, aucune honte à ça. Je vais t'examiner, ok ? »

Luc approuva, et Harry fit disparaître l'intégralité de ses vêtements, le corps de l'adolescent était marqué par les rayons et la chimio d'une façon atroce, on l'aurait cru sorti d'un camp de concentration.

Frottant vivement ses mains l'une contre l'autre, Harry demanda :

« A l'origine, le cancer était partis d'où ?

- Cancer du sang. »

Harry hocha la tête et passa ses mains au-dessus de tout le corps du garçon, sondant par magie son état. La chimio était assez efficace, les cellules anormales étaient assez restreintes, mais le traitement causait de tels ravages que le rapport coût/bénéfice était quasiment nul.

Délicatement, le survivant insuffla un peu de magie curative dans le corps de l'autre adolescent, et il fut ravi de voir qu'un système moldu y réagissait aussi bien. Ça avait été le grand point d'interrogation, est-ce qu'un moldu serait sensible à la magie curative ? Visiblement, oui.

« Bien, Luc, bonne nouvelle, ton corps accepte la magie, je vais continuer et nous allons voir ce que ça donne. »

Harry déversa un peu plus de magie dans le corps fragile du malade, il devait y aller pas à pas, car un apport trop brusque aurait pu tuer l'adolescent. Il travailla ainsi pendant une demi-heure, avant de cesser, et de scanner à nouveau l'était général de son patient, le traitement lui avait fait énormément de bien, on était très loin d'une guérison complète, mais Luc allait déjà mieux.

« Comment te sens-tu ?

- Plus en forme que je ne l'ai été depuis longtemps. Ça marche ?

- Oui, mais cela va prendre du temps, beaucoup plus que je ne le pensais. Accepterais-tu de venir t'installer chez moi ? Le temps du traitement, j'y passe toutes mes nuits et donc je pourrais te soigner tous les jours, alors que si tu restes ici, tout va être beaucoup plus compliqué pour moi.

- C'est magique chez vous ?

- Oui, mais je ne pense pas que tu sois trop dépaysé. Et tu n'es pas obligé de me vouvoyer, Harry c'est amplement suffisant. Bon, je vais en parler avec ton père, du moins si tu es d'accord. »

Luc avait découvert l'existence du monde magique, en laissant traîner une oreille près du bureau de son père, pas pour l'espionner, mais parce qu'il avait besoin de le voir et attendait que son rendez-vous se termine, et il avait surpris une discussion entre son père et un nommé Fudge, qu'accessoirement il avait tout de suite détesté pour prendre ainsi son père de haut. Depuis ce jour, il rêvait de voir ce monde magique si proche mais inaccessible, et toutes les merveilles qu'il pouvait receler. Alors s'il en avait l'occasion, d'autant plus pour avoir une chance de guérir, il n'allait certainement pas refuser, il acquiesça donc, et Harry sortit trouver son père pour le mettre au courant.

Luc était très intrigué par ce garçon, ce roi, d'un an son cadet, mais il était clair que même avec la maturité que lui avait enseignée sa maladie, il restait un gamin face à ce garçon. Il y avait quelque chose chez Harry, un passif plus grand que le sien, qui l'avait fait murir bien au-delà de ce que l'on pouvait considérer comme normal pour un adolescent. Ce genre de maturité ne s'acquérait pas sans de très nombreuses souffrances, or la majorité des gens ayant traversés de telles épreuves se repliaient sur eux-mêmes, alors que lui était résolument tourné vers les autres, et il voulait comprendre comment une telle chose était possible.

Harry revint assez rapidement, en souriant :

« Ton père est d'accord, Luc. Je vais t'emmener à mon manoir, et comme ça je pourrais te soigner au mieux de mes capacités. »

Le malade approuva, Harry le souleva du lit sans effort, et, un instant plus tard, ils se trouvaient dans un autre endroit. Le roi le déposa dans un nouveau lit, et le recouvrit de draps doux et tièdes.

« Kery. »

Une petite créature à la peau verte, avec de grands yeux brillants et des oreilles immenses et pointues, apparus faisant sursauter Luc. Harry le calma :

« Ne t'inquiète pas, Kery est un elfe de maison et l'intendant du manoir, tu n'as qu'à l'appeler et il t'apportera tout ce dont tu as besoin. J'ai des amis qui vivent ici une partie du temps, si tu le souhaite, je peux te les présenter, mais si tu préfères rester seul, tu en as évidemment le droit. C'est toi qui choisis.

- Heu, pour le moment je suis surtout fatigué.

- Pas de soucis. Kery, voici Luc, il est souffrant, et va rester ici un pendant un moment, le temps que je le soigne. Il est moldu, donc il faudra faire très attention à lui.

- Bien maître.

- Je sais que je peux compter sur toi et les autres, mon ami. Luc, tu as besoin de quelque chose ?

- Heu, je prendrais bien un peu de thé et des biscuits.

- Tout de suite, monsieur Luc. »

La petite créature disparut, pour réapparaître quelques instants après, avec un chariot chargé d'une théière fumante et d'un nombre impressionnants de gâteaux et biscuits. Harry sourit :

« Les elfes de maisons craignent toujours que ceux qu'ils servent meurt d'inanition. Ne te force surtout pas. Merci Kery. »

Le petit être s'inclina et disparut de nouveau. Harry servit lui-même une tasse de thé au jeune homme et dit :

« Je vais devoir retourner au bureau, Kery et les autres elfes prendront soin de toi, et me préviendront au moindre problème. Repose-toi, je passerais te voir en rentrant.

- Je comprends, merci pour tout, Harry. »

Le brun chassa le remerciement d'un geste négligent de la main :

« Je le fais avec plaisir, Luc. A ce soir. »

L'adolescent répondit de même, et vit disparaître le jeune roi sans le moindre bruit. Il observa la pièce où il se trouvait, cela ressemblait à une infirmerie, mais sans l'habituelle odeur affreuse, outre cela, rien ne démarquait la pièce comme étant magique, en tout cas rien qui ne lui saute aux yeux. Il avait même une télé au pied de son lit, et la télécommande sur la table de nuit. Il zappa un moment, avant de tomber sur un programme lui convenant, il regarda distraitement la télé tout en avalant un thé excellent et des biscuits tout aussi délicieux. Dire qu'il croyait que le personnel de Downing Street était le must, ils auraient eus des cours à prendre en comparaison !

Harry, rejoignit le ministère, passant comme toujours, par l'atrium et regagna son bureau, où l'attendait Kingsley et Kev', présentement vautré sur les genoux du ministre à se faire grattouiller le ventre. Le roi ricana, ce à quoi le dragon répondit en lui tirant la langue et en précisant :

« Il a de plus grandes mains que toi, mais tu as une meilleur technique ! »

Harry sourit :

« Tu testeras les autres ce soir, en attendant, laisse donc King reprendre son travail ! »

Kev' grommela mais obéit, et alla se vautrer sur son coussin devant le feu, Kingsley sourit :

« Difficile de croire que c'est le même Kev' qui a combattu les détraqueurs ! »

Le survivant approuva, et dit :

« Je dois faire un saut à Poudlard pour jeter un œil sur la malédiction du poste de professeur de défense, et, si j'ai le temps, chercher un objet laissé par Tom. Je veux deux hommes parfaitement sûrs avec moi.

- Je te les envois tout de suite !

- Parfait, merci Kingsley.

- A votre service, votre majesté. »

Sur ce, ministre sortit, tandis que le roi se laissait tomber sur un canapé en soupirant, le transfert de magie l'avait plus fatigué qu'il ne l'avait crût, peut-être devrait-il remettre sa visite à Poudlard à plus tard ?

« Kyle ! »

Le secrétaire apparus instantanément :

« Votre majesté ?

- Est-ce que j'ai un créneau ces jours-ci pour aller à Poudlard et m'occuper de la malédiction et de l'horcruxe ? »

L'ancien serdaigle réfléchit une seconde, puis secoua la tête :

« Non, votre majesté, à moins de mordre sur les congés que vous devez prendre.

- Quels congés ? »

Le blond rougit :

« Je pensais que vous étiez au courant, Lady Londubat, ainsi que presque tous les ministres, m'ont rappelés à plusieurs reprises que vous comptiez prendre une ou deux semaines de congés à partir de demain. Ce que, visiblement, vous ignoriez. »

Harry sourit, et lâcha :

« Fais venir Lady Londubat, Kyle. Et fait moi porté du café. »

Kyle hocha la tête, mais ne sortit pas, et après avoir hésité une seconde, osa :

« Harry, vous tenez à peine debout, ce n'est pas une tasse de café qui changeras quoi que ce soit. Vous devez prendre soin de vous, très honnêtement, vous avez une tête à faire peur. »

Le brun soupira :

« Merci pour ta franchise, Kyle, et pour ce genre de choses n'hésite jamais à me le dire. – Le secrétaire approuva – Oublie le café, fais simplement venir Lady Londubat, et annule mon escorte pour Poudlard, fais savoir à la directrice que je dois remettre ma visite, et que je m'en excuse. »

Kyle afficha un grand sourire, comprenant que son roi avait décidé de se reposer, et fila pour convoquer la présidente du conseil royal.

Lady Londubat, en tant que premier ministre du roi, avait son bureau au même niveau mais à l'opposé du bâtiment, suffisamment proche pour répondre rapidement à une convocation, mais suffisamment loin pour ne pas pouvoir être la cible d'une seule attaque.

La vieille dame se présenta donc assez rapidement, et fronça légèrement les sourcils en voyant l'état de fatigue du jeune roi.

« Votre majesté, vous m'avez fait demander ? »

Harry approuva :

« En effet, Lady Londubat, je viens d'apprendre par Kyle que j'étais mis en vacances forcées pendant la prochaine semaine ? »

Comprenant que le roi n'était pas fâché, la digne Lady répondit franchement :

« Harry vous en faites trop ! Je comprends, comme tous les autres membres du gouvernement, que vous vouliez faire le maximum de chose, mais vous avez besoin de vous reposer. Aujourd'hui plus que jamais, la bataille d'hier, n'a été que la goutte d'eau, vous restez le plus puissant sorcier que je n'ai jamais vu, mais vous êtes aussi un jeune homme dont le métabolisme a besoin de beaucoup de sommeil ! Rentrez chez-vous, amusez-vous avec vos amis, reposez-vous, Minerva m'a dit que quand vous étiez passé à Poudlard peu après avoir accepté la couronne, vous l'aviez poussez à ne pas trop en faire, le conseil est valable pour vous ! Vous avez constituez votre gouvernement, j'ose croire que vous avez confiance en nous ?

- Bien évidemment !

- Eh bien, dans ce cas, faites-nous confiance pour gérer les choses sans vous pendant quelques temps, si quelque chose réclame véritablement votre attention ou votre intervention, vous prévenir alors que vous êtes chez vous, au lieu d'ici, ne prendras pas beaucoup plus de temps. »

Harry n'essaya même pas d'argumenter, ce qui était la preuve de sa fatigue d'ailleurs, il hocha simplement la tête :

« Très bien, je vais prendre quelques jours, mais au moindre problème…

- Au moindre problème qui ne puisse attendre jusqu'à votre retour, je vous ferais prévenir, vous avez ma parole ! »

Sachant qu'il n'obtiendrait rien de plus, le jeune roi acquiesça, et dit :

« Dans ce cas, je vais rentrer, je vous souhaite une bonne soirée, ma chère. »

La vieille dame sourit :

« Bonne soirée à vous, votre majesté. »

Quelques instants après, le jeune roi réapparaissait dans le hall de son manoir. Comme toujours, il gagna la piscine, et sourit en voyant Théo et Colin s'attaquer, sans grand succès, à la masse de muscle qu'était Charlie. Drago fut le premier à le repérer et sortit de l'eau pour l'embrasser avec passion :

« Tu rentres tôt, mon ange. »

Harry sourit et lui rendit son baiser :

« J'ai été mis en vacances forcées par Lady Londubat. »

Le blond approuva sans hésiter :

« Elle a raison, tu as l'air épuisé. »

Le roi ne nia pas, et rejoignit bien vite les autres garçons dans l'eau chaude. Ce n'est qu'après avoir embrassé chacun des garçons, qu'il remarqua une absence :

« Où est Ben ? »

Ce fut Charlie qui répondit :

« De ce que j'ai compris, il a reçu un message d'Avalon, et il est allé vérifier un truc.

- Quel genre de « truc » ?

- Genre pas bon, vu la tête qu'il faisait. »

Harry soupira, tandis que Charlie se prenait une tape sur la tête de Théo pour avoir inquiété le brun pour quelque chose dont ils ne savaient rien. Si le survivant apprécia la réaction de Théo, il apprécia davantage la réponse du rouquin, qui souleva le petit serpentard pour l'embrasser profondément. Il s'était visiblement passé quelque chose entre ces deux-là.

Se laissant porter par l'eau semi-solide, Harry dit :

« On verra, c'est peut-être rien ! Oh, pour info, nous avons un invité dans la salle de soin, le fils du premier ministre moldu, il souffre d'une grave maladie et j'ai offert de le soigner. Pour le moment il préfère rester seul, alors évitez ce coin. »

Drago se blottis contre lui en disant :

« Un autre membre de ton harem ? »

Le brun secoua la tête :

« Non, je le crois foncièrement hétéro, c'est juste que si je peux éviter à quelqu'un de souffrir… »

Le serpentard l'embrassa :

« Mon fier héros, défenseur de la veuve et de l'orphelin. Je ne vais pas te dire que ce n'est pas une bonne chose que tu veuille aider les gens, mais n'oublie pas que tu restes un humain, tu ne peux pas tout faire ou aider tout le monde ! Si tu essayes tu vas t'étioler et souffrir parce que tu ne peux simplement pas y arriver ! »

Les autres garçons approuvèrent, et le roi sourit en hochant la tête :

« Je sais, je n'ai pas l'intention de parcourir le monde entier pour soigner tous les malades, mais celui-ci est différent, j'ai eu envie de l'aider dès que j'ai appris sa situation. Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose me dit qu'il est important. »

Drago grogna :

« Mouais, t'es sur que ce n'est pas son cul qui est important ? »

Le roi ricana :

« Mon amour, tu sais bien que je te le dirais si c'était ça. Non il n'est pas un complémentaire, et même s'il est mignon, ce serait une erreur politique de mélanger sexe et diplomatie ! Mais il y a un truc. De toute façon, je voulais simplement vous prévenir de sa présence, que vous ne soyez pas surpris si jamais il décide de faire un tour. »

Les autres approuvèrent, et le roi annonça :

« Pour ce soir, j'aimerais qu'on se fasse une séance de ciné tous ensemble, en mangeant devant comme des grosses larves. »

Charlie ne connaissait que le concept du cinéma, mais devant l'intérêt des autres, il approuva également. Satisfait, Harry se laissa aller à fermer les yeux et ne tarda pas à s'endormir, la joue posée contre les doux cheveux blonds de son petit ami qui sourit en le sentant se détendre. C'était Théo et lui qui avait signalés à Lady Londubat à quel point le roi était fatigué, et cette dernière les avait suivi, poussant les autres ministres à la soutenir pour imposer à leur jeune roi quelques jours de vacances.

Harry ne regretta pas ses congés, qui tombaient en même temps que les vacances de noël, vacances durant lesquelles il aurait normalement dût donner un grand bal en tant que Lord Potter-Black, mais son accession au trône avait tout changé, et il avait pût reporter cette corvée. Le seul devoir qu'il eut, et assura, pendant ces deux semaines de vacances, fut de passer matin et soir voir Luc pour des séances de guérison. Le moldu finit par d'ailleurs par sortir de la salle de soin et se joindre aux autres, quand il prit cette décision, Harry lui expliqua la situation sans gêne :

« Luc, comme je ne veux pas que tu sois choqué, tu dois savoir deux choses sur les gens qui vivent ici pour les vacances, d'une part ils sont tous mes amants et le savent, et d'autre part, nous passons tout notre temps nu, parce que nous passons nos journées à la piscine. »

Luc avait affiché plusieurs expressions à cette annonce, en premier lieu la gêne, une gêne qui venait de l'idée que son ami et sauveur, était gay, n'était plus puceau, contrairement à lui, et qu'il avait son harem. Cette gêne naissait aussi de l'idée de s'exposer totalement à des inconnus, en effet il n'allait pas être le seul à porter un maillot de bain, alors que tous les autres étaient nus. Vint ensuite la colère, mais contre lui-même, Harry avait été adorable avec lui, et lui tiquait sur ses préférences sexuels comme le premier crétin venu. Il avait également ressentit une certaine envie, n'importe quel adolescent rêvant secrètement d'avoir son harem, dans son cas de filles, prêt à tout pour le satisfaire.

« Luc, ne crois pas que mes garçons sont simplement des esclaves qui ne vivent que pour me satisfaire, avant tout ils sont mes amis, et nous nous aimons profondément. Il existe un phénomène magique qui fait qu'ils sont attirés par moi et moi par eux, mais cette attirance n'aboutis pas forcément au sexe. Ont dit qu'eux et moi ont des magies complémentaires, et l'un des garçons dont la magie est la plus complémentaire avec la mienne, n'est pas mon amant, il est mon grand frère d'adoption, mais nous n'avons jamais eu la moindre interaction sexuelle.

Les garçons sont libres de refuser mes avances, ou d'aller voir ailleurs, et non, je n'ai pas ce genre de pensées envers toi ! Je t'aime bien, tu es mon ami, mais ce n'est pas pour autant que je vais te sauter dessus ! Ok ? »

Le moldu avait approuvé, puis suivit son hôte jusqu'à la piscine, tous les garçons s'étaient tournés vers lui et l'avait salués en souriant, et en lui souhaitant la bienvenue. Luc avait été surpris de voir le nombre de garçons, et surtout du fait que 3 d'entre eux étaient visiblement de la même famille.

« Les garçons, je vous présente Luc, il va rester avec nous pendant quelques temps. Je compte sur vous pour faire attention à lui, vu qu'il est moldu et malade. »

Un petit châtain, qui devait avoir 15 ans, s'approcha de lui et lui tendit la main en disant :

« Colin. »

Il lui serra la main et ce fut bientôt un défilé, tous les garçons vinrent lui serrer la main, jusqu'à un blond, que même lui reconnus comme très beau, et qu'Harry présenta lui-même :

« Et le dernier, mais pas le moindre, Drago, mon petit ami. »

Luc avait souri :

« Celui qui est spécial, n'est-ce pas ? »

Harry et le blond avait hochés la tête d'un seul mouvement, avec quelque chose d'éminemment possessif dans cette simple action. Le sourire du moldu s'était renforcé :

« Enchanté, heu… surtout ne vous gêner pas pour moi, perso je suis totalement hétéro, mais j'ai plein de copains gays, alors tant que vous restez convenables devant moi… »

Les autres avaient ricanés, et Harry expliqua :

« Outre quelques baisers, nous ne faisons rien tous ensemble, Luc. Comme tu l'as surement compris, les trois roux sont frères, et Théo est comme un petit frère pour Drago. On est tous très sages, t'inquiète pas. »

Et c'était le cas, les choses les plus osées que Luc vit, fut quelques mains caresser des fesses nues, mais rien de plus.

Le moldu s'intégra assez facilement au groupe, les garçons étaient tous gentils et prévenants avec lui, prenant très au sérieux les recommandations de leur roi sur le fait de le garder à l'œil, car même s'il allait mieux, il avait encore beaucoup de très gros coups de fatigue, et ce n'était pas rare qu'il s'endorme d'un coup en pleine conversation. Tant qu'il était hors de l'eau, cela n'avait pas d'importance, mais, comme les autres, il restait souvent dans l'eau chaude, se délectant d'être à l'abri de la neige qu'on voyait s'accumuler à travers la véranda.

Le repas de noël, rassembla beaucoup de gens, toute une famille de rouquins, ainsi que certains ministres du jeune roi, mais surtout une jeune femme brune. Luc tomba sous le charme presque instantanément, et découvrit rapidement que non contente d'être magnifique, elle était en plus brillante et cultivée. Ce fut la première fois qu'il sentit Harry circonspect à son endroit, visiblement le jeune roi considérait la jeune fille comme sa petite sœur et agissait comme beaucoup de grands frères avec leur sœur, veillant à ce qu'aucun garçon animés de mauvaises intentions ne s'approche d'elle.

Hermione, était ce que les autres appelaient, une sorcière de première génération, et avait donc grandit dans le monde non magique, en cela elle pouvait parler de milliers de choses que Luc comprenait. La jeune fille, après avoir constatée la surveillance vigilante dont elle était l'objet de la part du roi, le frappa sur la tête en disant :

« Harry James Potter ! Je suis assez grande pour me défendre toute seule, alors tu es prié de cesser de fusiller ce pauvre garçon du regard ! »

Le roi avait grogné, mais visiblement les colères de la jeune femme étaient légendaires, et il avait préféré renoncer :

« Ok, petite sœur, je veux juste qu'il soit conscient de ce qui l'attends si jamais il te fais…. Aïe ! »

Le cri de douleur venait du fait que la jeune fille lui tirait l'oreille :

« Ne finis pas cette phrase si tu ne veux pas perdre ton titre de survivant ! »

Harry avait boudé, brièvement, puisque les autres riaient gentiment de lui. Drago avait lâché :

« Tu as affronté des dragons, des détraqueurs et le seigneur des tarés, mais tu t'écrase devant Hermione – l'intéressée l'avait fusillé du regard – ce que je comprends d'ailleurs, je me souviens encore du coup que je me suis pris en troisième année ! »

Les autres avaient ri de plus belle, et la soirée s'était déroulée dans la joie.

Après les plats, ils avaient fait une petite pause, et Hermione avait entraîné le moldu dans le parc enneigé, Luc avait pût savourer le côté éminemment pratique de la magie, alors qu'il ne portait qu'une chemise et un pantalon, la jeune sorcière lui avait lancé un charme qui lui donnait l'impression d'être couvert par un chaud manteau. Ils avaient fait le tour du manoir, parlant de tout et rien, pour la première fois depuis longtemps, Luc s'était laissé aller à envisager un avenir, il ne s'agissait évidemment pas de mariage, il s'estimait bien trop jeune pour seulement y penser, même s'il avait appris que dans le monde magique ont se mariait généralement avant d'avoir 20 ans.

Ce fut sur le pas de la porte, juste avant de rentrer, qu'il avait osé l'embrasser, timidement, car même si elle avait clairement laissé entendre qu'elle était intéressée par lui, il n'oubliait pas qu'elle était une sorcière et que le roi veillait sur son honneur. Hermione avait souri, et lui avait rendu son baiser, avec tendresse. C'est main dans la main qu'ils étaient revenus dans la salle à manger, les sourires des autres avaient grandement rassuré le jeune homme, même Harry semblait en fait approuver. Même si Luc se doutait qu'il aurait droit à un avertissement plus tard, quand sa toute nouvelle petite amie serait rentrée chez ses parents.

La soirée c'était terminée dans la bonne humeur, et chacun était rentré chez soi, ou avait gagné ses appartements.

Hermione se fit beaucoup plus présente dans les jours suivants, mais elle évitait religieusement la piscine depuis qu'elle y était entrée un jour sans que personne ne l'attende, le souvenir seul la transformait en écrevisse. Elle et Luc passait un temps considérable dans la bibliothèque, à lire ou discuter, le moldu, tout en sachant parfaitement que les ouvrages de magie ne lui serviraient jamais à rien, adorait lire les livres d'Histoire, qu'il recoupait avec l'Histoire du monde moldu, ce qui donnait lieu à de grandes discussions avec sa petite amie sur les interactions entre les deux mondes.

Luc était heureux comme il ne l'avait jamais été depuis qu'on lui avait diagnostiqué son cancer, il allait beaucoup mieux, était entouré d'amis qui veillaient sur lui, et avait trouvé cette fille belle et intelligente. Malheureusement ce bonheur sembla voler en éclats, quand, un matin après une séance, Harry dit :

« Je pense que tu es guérit, Luc. »

Sans doute que le jeune roi ne s'attendait pas à ce que son ami affiche une mine aussi triste à cette idée. Il mit une seconde à comprendre, avant de l'attirer contre lui, si les premiers temps, il avait été gêné de cette habitude des garçons de se faire des câlins, il avait finis par apprécier la chose.

« Luc, ce n'est pas parce que tu es guérit que tu n'es plus le bienvenue ici, d'ailleurs Hermione me tuerait si jamais l'idée me traversait l'esprit ! Je vais te faire un portauloin réutilisable, pour que tu puisses venir quand tu veux. Tu es notre ami, Luc, il n'est pas question pour nous de t'exclure de nos vies, espèce de crétin. »

La tête contre le torse du roi, le moldu l'avait remercié, il était bien ici, mieux qu'il ne l'avait jamais été, et savoir qu'il pourrait revenir quand il le souhaiterait, lui procurait une joie immense. Ils étaient restés ainsi un moment, puis Harry avait dit :

« Je vais faire un dernier scan magique, pour être sûr que tout va bien, et ensuite, si tout roule, je ferais prévenir ton père. De toute façon tu as encore quelques jours de vacances, et nous aussi. Donc tu n'as pas à partir avant. »

Luc avait approuvé, et s'était rhabillé avant de se rallonger, il avait vu le regard du roi se faire lointain, comme toujours quand il le sondait avec sa magie. À chaque fois, cela faisait naître en lui des sensations bizarres, comme si Harry lui transmettait ses sentiments pour lui, rien de romantique, mais un véritable attachement, et un fort désir de protection, Harry était peut-être plus jeune que lui, mais se comportait comme un grand frère.

Mais cette fois, quelque chose était différent, il ressentait ses impressions avec beaucoup plus de force, en fait, depuis peu il ressentait des choses étranges, particulièrement avec Hermione, il se sentait... « complet » quand il était avec elle, et même s'il n'avait pas eu l'occasion d'avoir beaucoup de copines, c'était la première fois qu'il ressentait cela.

Il s'était même dit que la fameuse « complémentarité » qui liait Harry à ses amants, était peut-être possible entre sorciers et moldus.

Harry était ressortit de son état de transe en fronçant les sourcils, ce qui l'avait inquiété :

« Un problème, 'ry ? »

Le roi avait fait la moue :

« Non, enfin rien qui ait de rapport avec la maladie, simplement un truc curieux. Je vais te faire passer un ou deux tests, si tu permets. »

Luc avait approuvé, et une seconde après, il s'était retrouvé avec une baguette en main.

« Agite-la. »

Il avait obéit, et avait eu la surprise de voir un bocal en face de lui éclater.

« Harry ? »

Le brun avait haussé les sourcils :

« Je ne comprends même pas que ce soit possible !

- Harry? Harry explique-moi! HARRY! »

Le roi sortit enfin de ses pensées et adressa un sourire rassurant à son ami :

« Ce n'est pas grave Luc, simplement incroyable, visiblement tu es sorcier. »

Le châtain, Luc avait récupérer ses cheveux grâce à une potion, secoua la tête :

« Mais c'est impossible, je l'aurais su avant ! Hermione m'a dit que les enfants sorciers étaient repérés dès leur première manifestation de magie ! »

Harry fit venir une chaise d'un mouvement de main, et s'assit en soupirant :

« Écoute, je n'ai pas d'explication, seulement des théories. La première étant que tu avais le potentiel pour être sorcier, mais dormant, pour une raison ou une autre, et qu'à force d'insuffler de la magie en toi, ton potentiel s'est réveiller. La seconde serait que tu as « absorbé » ma magie comme une éponge et que tu arrives à l'utiliser, si c'est ça, ça peut être très intéressant, tu serais une sorte de « réservoir » à magie, et si tu arrives à absorber la magie sous toutes ses formes, cela signifierait que tu es invulnérable aux sorts.

- Mais tu m'as guérit avec ta magie !

- Peut-être pas, peut-être que, en tant que réservoir, ma magie à simplement été stockée en toi et que ce n'est qu'à partir de là que cela t'a guérit. Comme je te l'ai dit quand on s'est rencontré, les sorciers n'ont pas de cancer, à cause de la magie en eux. Écoute, que ce soit l'un ou l'autre, c'est une bonne chose, ça veut dire que tu as ta place dans ce monde. Mais je préfère attendre que Ben rentre d'Avalon, j'imagine que lui saura ce qui s'est passé, et même si ce n'est pas le cas, j'ai encore des gens qui pourraient répondre à nos questions ! En attendant, profites-en ! »

Luc hocha la tête, et les jours précédant le retour de l'avalonien furent ponctués de cours plus ou moins sérieux concernant les sortilèges les plus utiles et accessibles.

Benjamin ne revint que quelques jours avant la rentrée, et s'il en était besoin, son expression prouva à tous qu'il se passait quelque chose de grave.

Il prit à peine le temps de saluer les autres, avant d'entraîner le roi dans le bureau de ce dernier.

Voyant à quel point son ami était perturbé, Harry le fit asseoir sur un fauteuil et s'installa sur ses genoux pour l'embrasser langoureusement, avant de dire :

« Dit-moi ce qu'il y a. »

Ben soupira :

« C'est un peu long à expliquer mon petit lion. »

Le brun l'embrassa à nouveau, et répondit :

« Nous avons tout notre temps ! Explique-moi en détail ce qu'il se passe. »

L'avalonien referma ses bras autour de lui et commença :

« Comme je te l'ais dit, toi et tous tes ancêtres ont été observés de leur naissance à leur mort. Ce que je ne t'ai pas dit, c'est qu'à chaque naissance dans ta lignée, nos voyants se plongeaient dans les brumes du temps pour établir une liste de gens qui allaient avoir une influence sur le nouveau-né. Ces gens-là étaient également surveillés, et dans ton cas, cela signifie évidemment Voldemort, mais aussi Dumbledore, Drago, Ronald, sa sœur, et beaucoup d'autres. Dans le cas de Tom nous n'avons jamais pût mettre en place le sort, mais pour les autres, cela n'a posé aucun problème. Le sort en question cesse quand la personne ciblée décède, or celui de Dumbledore ne s'est jamais arrêté. Il ne montre plus rien, mais continue de fonctionner. Les veilleurs ont d'abord pensés que c'était à cause de la puissance du vieux fou, qu'il fallait du temps pour qu'elle se dissipe, cela c'est déjà vu. Mais il y a plus que cela, puisque même aujourd'hui, le sort continue.

- Ben, c'est impossible, j'étais là, j'ai vu la hache du bourreau tombée, et aussi puissant soit-il, aucun sorcier ne peut survivre quand on lui coupe la tête… À moins de… »

Harry avait viré au blanc, il venait d'avoir une idée particulièrement dérangeante.