Salut ! :D

En fait je m'étais trompée, c'est le chapitre douze qui mettra, du temps, il est très long, je l'ai commencé hier soir mais quand même !

Allez, bonne lecture !

Chapitre Onze.

Je me réveille pour me retrouver seule au lit, l'odeur du chocolat chaud arrivant de la cuisine. Peeta se réveille tôt en ce moment, je ne sais pas pourquoi. Je me frotte les yeux et descends les escaliers. Je trouve Peeta assis à la table de la cuisine, une tasse de chocolat chaud dans la main et une demi-douzaine de feuilles de papier sur la table. Un crayon est dans son autre main, et je réalise qu'il est en train de dessiner. Je le regarde pendant un moment avant de finalement marcher dans la cuisine.

Il sourit en me voyant arriver. Je saisis ma tasse et m'assois à côté de lui, m'appuyant sur son épaule. Mes yeux s'ébahissent sur le papier et suivent les mouvements de Peeta à mesure qu'il continue de dessiner. Je vois qu'il travaille sur un dessin de sa famille. Je n'ai jamais vu ses frères, mais je reconnais son père et sa mère. J'attends un moment avant de parler à voix haute.

"C'est formidable, Peeta."

Mes yeux rencontrent les siens, et il sourit en tirant légèrement sur ma tresse avant de me dire "Merci."

Je prends une autre gorgée de chocolat chaud et regarde Peeta dessiner. Son père est tel que je m'en rappelais; Peeta a réussi à ramener son père à la vie avec son croquis. Je peux sentir la chaleur derrière ses yeux, et je peux également voir la froideur dans les yeux de sa mère. Le jour où Peeta m'a jeté le pain me revient en mémoire, et je me souviens combien sa mère l'a frappé, et les contusions qu'il avait le jour suivant. Cela me déchire d'y penser.

Je regarde les autres dessins de Peeta, les prenant un à un dans mes mains. Je vois d'autres dessins de sa famille, la plupart étant de ses frères et de son père. En soulevant un des dessins, j'en vois un autre, presque caché. Il y a de la couleur sur celui-là; je vois du jaune.

Je le soulève doucement, et je ne sais pas quoi faire d'autre que murmurer, "Peeta…"

Peeta a dessiné Prim. Elle sourit et rit, entourée par les petites fleurs jaunes qui lui ont donné son nom. C'est comme si elle était là de nouveau, parlant, juste à côté de moi. Chaque tasse de rousseur, chaque cheveu blond est comme dans mes souvenirs.

Je sais qu'il y a des vidéos de Prim, qu'il y a des photos. J'avais peur de les regarder; j'avais peur qu'elles ramènent des mauvais souvenirs et me fassent faire une crise. Mais, ce dessin de Prim à fait le contraire. Cela me rappelle qu'elle riait, qu'elle était heureuse, alors que je ne pense qu'au jour où elle est morte.

Prim a eu des centaines de jours où elle ne souffrait pas. La vie était dure, et parfois nous n'avions pas beaucoup à manger, mais elle a mangé. Je m'en assurais. Elle avait Buttercup, et sa chèvre, et moi. Peeta me l'a ramenée.

Je vois un autre croquis. Je pose le dessin de Prim très lentement et prends l'autre. Je suis surprise de voir que c'est un dessin de moi. Je suis assise sur un canapé que je reconnais être celui du train pour l'Expiation. Je tiens une tasse, et je souris, en réalité. Je réalise que c'est arrivé, et je suis abasourdie qu'il ait pu capturer un moment qui est arrivé il y a si longtemps, et avec tant de précision.

Je ne me suis jamais trouvée charmante, mais avec la façon dont Peeta m'a dessinée, on sent combien il tient à moi. Pour la première fois je me vois belle, et je réalise que c'est comme ça qu'il me voit. Tenant toujours l'image, je lève les yeux vers lui.

Il dessine toujours, sans me regarder. Je crois qu'il est embarrassé. Je décide d'éliminer ces pensées de son esprit. Je me penche vers lui et l'embrasse sur la joue, sentant sa chaleur sur mes lèvres. Je sais maintenant qu'il rougissait, aussi. Je lui dis, "Merci." Et je sais qu'il sait ce que cela veut dire.

Il finit le dessin de sa famille, posant le crayon et buvant le reste de son chocolat chaud. Je remarque qu'il regarde son dessin, ses yeux s'arrêtant sur chaque visage avant de se fixer sur un autre.

"Ils te manquent?"

Il s'arrête un instant avant de répondre.

"Tout le temps."

"Ton père était un homme bien. Il est venu me voir avant les Jeux."

"Ah oui? Il t'a dit de gagner?"

"Non, Peeta. Il m'a donné des cookies. Il m'a demandé d'être indulgente avec toi."

Maintenant nous nous arrêtons tous les deux; il se tourne et me regarde. Cela brise mon cœur quand il demande, "C'est mal si ma mère ne me manque pas? Parce qu'elle ne me manque pas."

Je n'ai jamais vu ce regard dans ses yeux. C'est étrange. Je vois qu'il se sent coupable. Peeta est si doux et bon; il culpabilise pour une femme qui a abusé de lui pendant des années.

"Je n'aime pas la façon dont elle est morte, mais je ne suis pas désolé qu'elle le soit. Je ne t'en voudrais pas si tu ne comprends pas."

"Non, Peeta, je comprends. Je me rappelle du jour des pains, et combien elle t'a frappé."

Je vois sa mâchoire se serrer, et je serre sa main sous la table. Je n'ai jamais été frappée comme ça par mon père ou ma mère. Je ne sais pas ce que c'est d'avoir quelqu'un qui est supposé prendre soin de vous faire quelque chose comme ça. Je comprends mieux maintenant pourquoi Peeta est si ennuyé quand il pense à ses épisodes, et comment il me blesse.

"Elle le faisait beaucoup. Elle hurlait sur mes frères et mon père, mais elle ne frappait que moi. Je ne sais pas pourquoi. Je pense qu'elle était heureuse quand Effie a tiré mon nom à la Moisson."

Je me rapproche de lui, reposant ma tête au creux de son cou, continuant à tenir sa main. Je ne dis rien. Peeta tourne sa tête vers moi, serrant ma main à son tour.

"Je suis content qu'Effie ait tiré mon nom à la Moisson."

Je lève les yeux vers lui, et je ne sais pas quoi lui dire. Je me réjouis de ne pas en avoir besoin, car il se penche vers moi et m'embrasse. J'essaye de lui dire dans le baiser qu'il est le meilleur homme que je connaisse, et que moi non plus, je ne suis pas désolée que sa mère soit morte. Nous nous séparons enfin après un long moment, et je dis,

"Merci d'avoir dessiné Prim."

En réponse, il sourit, tout simplement. Puis, ça me frappe.

"Peeta, et si nous faisions un livre avec ces dessins? Nous pourrions écrire sur tout le monde. Ils ne seraient pas vraiment partis, tu vois? Comme Prim."

"Comme l'herbier de ton père?"

"Exactement comme l'herbier de mon père."

Il sourit et je retourne la faveur. Je ne sais pas comment, mais l'image de Prim m'a donné du bonheur. À quoi sert sa mort si l'on ne se rappelle pas d'elle, si nous ne reconnaissons pas les bons moments qu'elle a eu? Il n'y a pas que Prim. Nous avons besoin de nous souvenir de Cinna, et Rue, et Finnick.

Ce jour-là, après que Peeta soit allé à la boulangerie, j'ai décroché le téléphone et ai demandé à Plutarch de m'envoyer du papier. Il est vite arrivé, et Peeta et moi y avons mis ses dessins. Je ne suis pas encore prête à écrire sur Prim, mais c'est un sentiment agréable de savoir que je l'ai toujours.

Le premier jour que nous commençons le livre nous y mettons la famille de Peeta. Il me raconte des histoires sur ses frères, et comment son père lui a appris la pâtisserie. Il omet sa mère. Quand nous avons fini et que nous sommes allongés sur le lit, je l'embrasse à l'endroit où sa mère, je me souviens, lui a laissé une lésion.

Hihi