ATTENTION, ce chapitre contient des scènes TRES violentes qui peuvent peut-être choquer les plus sensibles, je tiens à prévenir !

Sinon, bonne lecture !


Stockholm syndrome

Chapitre 11

-Non ! Non-non-non-non ! NON-aaaaah ! Aaaaaaaaaah ! Il criait à la mort. On était en train de lui crever les yeux, il hurlait sa douleur insupportable.

Emilie était là, juste en face de lui, elle essayait de baisser la tête pour ne pas le voir, mais elle entendait toujours ses cris stridents. Elle ne pouvait rien faire à part souffrir avec cet homme qu'elle ne connaissait pas.

Ses cris s'arrêtèrent pour laisser place à des gémissements. Emilie leva la tête, Vaas se tenait devant sa victime, empêchant Emilie de poser les yeux sur le pauvre homme. Mais le pirate s'éloigna, et la jeune fille découvrit le spectacle macabre qu'était le visage de l'homme.

Il n'avait plus aucune forme, seulement des boursouflures rougeâtres. Ses orbites ensanglantées laissaient paraitre deux trous noirs béants. Sa bouche et sa mâchoire ne ressemblaient en rien à ce qu'elles devraient être. Une de ses oreilles coupée laissait une traînée de sang dévaler son cou bleui par les hématomes.

Emilie faillit vomir en le voyant. Elle baissa rapidement la tête. C'était trop pour elle, comment pouvait-il être encore vivant ?! Elle pleurait. Vaas s'approcha d'elle, lentement, ses mains dégoulinaient de sang frais, son sourire diabolique ornait son visage, un démon.

Il se posta devant la jeune fille. Il tendit sa main luisante de liquide écarlate et la posa sur sa joue. Il lui fit lever la tête pour la regarder dans les yeux. Des yeux, comme toujours, pleins de tristesse, de colère, de haine et de peur. Il caressa sa joue avec son pouce, salissant la blancheur de sa peau avec ce rouge immonde. Elle tremblait, ses dents claquaient.

-Tu vois, commença-t-il avec un ton horriblement doux, moi aussi je suis un artiste…

-Ar-te, s'- te p-ait, a-r-te… Ses paroles étaient cassées par les pleurs.

-Qu'est-ce que tu dis ? Répète ! Il haussa le ton, elle sursauta et se remis à parler.

-S'il-te plait, ar-rête, je ne peux pas… supporter plus… Suppliait-elle.

Il la lâcha violemment et lui mit une gifle qui la fit vaciller.

-ALORS ARRÊTE DE ME REGARDER COMME ÇA ! Lui cria-t-il au visage. ARRÊTE DE ME REGARDER COMME SI J'ETAIS UN FOU, UN SADIQUE, UN MEURTRIER ! Continuait-il en revenant vers l'homme mourant.

Il prit un couteau de sa ceinture, elle ferma les yeux. Qu'allait-il encore lui faire ?

-REGARDE-MOI !

Elle ouvrit les yeux pour découvrir Vaas, pointant le couteau vers la bouche grande ouverte de sa victime. Il avait l'air mort, il ne réagissait presque plus, mais quand le pirate commença à enfoncer la lame dans son palet, il se mit à crier. Des cris déformés par le sang qui stagnait dans sa gorge, les transformant en grommellements horribles. La lame s'enfonçait, centimètre après centimètre, le sang giclait, l'homme convulsait.

S'en fut trop pour Emilie, elle vomit le peu de nourriture qu'elle avait dans le ventre. L'acide lui brûlait la gorge, son estomac se contractait encore et encore, jusqu'à se vider totalement. Ses larmes doublèrent d'intensité.

Rapidement, l'homme arrêta de bouger. Il ne faisait plus aucun mouvement, plus aucun bruit. Il était mort. Vaas retira avec force la lame de la bouche de la victime. Sa tête tomba en avant, elle pendait mollement sur ses épaules, le sang coulait encore de sa bouche à peine ouverte. Emilie le regardait, horrifiée. L'image était insupportable, mais elle ne pouvait pas détacher ses yeux du corps sans vie, et cette image se gravait petit à petit dans sa mémoire.

Quand Vaas se mit à marcher vers elle, elle ramena brusquement son regard vers lui et trembla de plus belle. Elle essayait de libérer ses mains attachées à la chaise sans y parvenir. Vaas s'approchait lentement, il avait les yeux rivés sur la jeune fille et un sourire diabolique sur le visage. Quand il fut assez près, il attrapa le cou d'Emilie violemment, lui arrachant un petit cri aigu. Ils restèrent immobiles quelques secondes avant qu'Emilie ne soupire d'une voix tremblante :

-Sale monstre…

Il resserra son emprise autour de son cou en serrant les dents. Il avait toujours le couteau sanglant dans la main. Emilie savait qu'avec un seul geste de sa part, elle mourrait. Voilà où elle en était, sa vie ne tenait plus qu'à un fil, et tout ça pour un mauvais regard, un seul petit regard qui ne lui avait pas plu.

-Allez… tue-moi, je sais que tu en meures d'envie… Soufflait-elle avec rage et terreur.

Il brandit la lame, se stoppa un instant et l'abattit sur l'accoudoir de la chaise pour couper la corde qui retenait Emilie. Cette dernière fut surprise, mais avant qu'elle puisse réaliser, elle était déjà debout, se faisant traînée jusqu'en dehors de la pièce. Vaas lui attacha les poignets entre eux et lui banda les yeux. Emilie gesticulait pour se débattre mais le pirate lui mit un coup violent sur la tête qui la fit se calmer un peu.

Ils marchèrent pendant quelques minutes. La fraîcheur du soir laissait mourir l'horrible chaleur de la journée. La rosée rendait le sol humide et glaçait les pieds nus d'Emilie. Elle ne voyait rien, elle ne pouvait que suivre les mouvements de Vaas pour s'orienter. Elle ne dit rien pendant tout le trajet, mais quand elle sentit Vaas ralentir un peu, elle se remit à se débattre, tentant de se libérer de son emprise. Vaas ne la lâcha pas, il la tourna en face de lui et entoura chacun de ses bras avec une main pour la tenir fermement.

-Lâche-moi ! Lâche-moi ! Répétait-elle en criant.

-Tu veux que je te lâche ?! Très bien ! Dit-il en libérant son emprise et levant les bras.

Emilie sentit ses mains chaudes quitter sa peau glacée. Elle était totalement déstabilisée, elle ne voyait rien, elle essaya de reprendre son équilibre en faisant un pas en arrière mais à ce moment-là, elle trébucha et tomba en arrière.

Elle ne savait pas sur quoi elle avait marché mais elle le sentait. C'était froid, doux par endroits, comme des… cheveux humains !? Affolée, elle entreprit de relever le bandeau qui lui couvrait les yeux avec ses mains tremblantes. Une fois fait, elle découvrit avec horreur ce qui se trouvait en face d'elle.

C'était un homme… enfouis dans le sol ! Seule sa tête dépassait de la terre, elle pendait sur le côté. Son teint était blanc. Sa bouche ouverte laissait sortir des asticots et des mouches répugnants. Emilie crut vomir une nouvelle fois à la vue du cadavre. Elle eut le réflexe de s'éloigner immédiatement. Mais en tendant le bras en arrière, elle posa la main sur autre chose. Elle regarda aussitôt ce que c'était, une autre tête ! Elle se mit alors à regarder partout autour d'elle, elle en vit des dizaines d'autres. Elle bougeait dans tous les sens pour essayer de se tirer de cette situation morbide.

Vaas n'avait pas bougé, il se tenait debout, les bras croisés. Il la regardait se débattre et s'affoler en riant. Elle finit par se remettre sur pieds et, par un réflexe étrange, courut vers Vaas pour trouver refuge dans ses bras. Elle se serra contre lui, s'accrochant à son débardeur pour ne pas tomber une nouvelle fois. Les larmes coulaient à flot, sa respiration était irrégulière, elle regardait avec horreur les cadavres éparpillés au sol.

Vaas continuait de rire en voyant Emilie dans cette situation.

-Tu aimes ? C'est mon jardin, j'y ai beaucoup travaillé, il est joli n'est-ce pas ? Demanda-t-il d'un ton ironique.

Elle lâcha le vêtement, arrêta de pleurer et s'éloigna un peu du pirate. Elle le regarda avec un air toujours aussi horrifié.

-C-c'est t-toi qui a f-fais ça…? Demanda-t-elle en bégayant.

Il sourit de plus belle et tendit la main pour attraper son bras. Elle eut un mouvement de recul pour l'en empêcher en criant :

-Non, ne me touche pas. Espèce de psychopathe !

La rage le saisit une nouvelle fois à ces mots. Il la frappa un grand coup sur le visage, elle tomba au sol une nouvelle fois. Avant qu'elle ne puisse se défendre, il commença à lui asséner des coups de pieds violents dans le ventre.

-De quel droit tu te permets de m'insulter, sale chienne ! Apprends le respect !

Il continuait, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle se mette à cracher du sang. Il s'arrêta. Il s'accroupit à côté d'elle et prit son menton pour tourner sa tête et la regarder dans les yeux.

-Tu dois savoir qui commande ici, perra. C'est moi le roi ici, je gouverne ce putain de royaume, je gouverne mes hommes, je te gouverne, tum'appartiens, t'as compris ?

Les larmes coulaient de ses yeux pleins de rage.

-V…e f…r f…t…e. Marmonna-t-elle.

-Pardon ?!

-Vas. Te. Faire. Foutre. Répéta-t-elle plus distinctement.

Il attendit un instant. Et se remit soudain à la frapper avec ses poings, encore et encore. Emilie essayait de se défendre mais tout mouvement était vain. Il défoulait toute sa colère sur la jeune fille qui criait à s'en déchirer les cordes vocales. Les autres pirates qui se trouvaient non loin riaient en voyant la scène.

Vaas continuait, sans relâche. Il s'en prenait à son visage, son ventre, ses jambes, ses vêtements. Bientôt, Emilie n'en put plus, elle supplia avec une voix cassée :

-Pitié, arrête ! Je t'en supplie ! Arrête !

-Pourquoi ?! Pourquoi je devrais arrêter, hein !? Donne-moi une raison de le faire ! Répliquait-il sous les cris incessants de la jeune fille.

Sans réfléchir, elle répondit :

-Parce que-parce que tu m'aimes !

Silence, plus de cri, plus de larmes, plus de bruit. Vaas avait stoppé net, il était comme gelé sur place, les yeux écarquillés. Emilie tentait de reprendre son souffle et de faire taire la douleur insupportable qui envahissait son corps. Elle tremblait comme une feuille, nue sur le sol, remplie de bleus et couverte de sang. Elle attendait sa réaction, elle savait qu'elle n'aurait pas dû dire ça, mais elle n'avait pas réfléchi, elle avait cédé.

Il se remit debout, attrapa la jeune fille qui gisait parterre et la mit sur son épaule pour la porter comme un sac à patates. Elle ne se débattait plus, elle était assaillie par la douleur et, très vite, elle perdit conscience.

Quand elle se réveilla, elle était allongée sur le sol dur et froid. Dès qu'elle bougea, elle entendit des grincements de métal et sentit quelque chose de glacé qui l'entravait. Elle était enchainée par la cheville. Ses yeux s'ouvrirent finalement, elle découvrit son environnement. Elle était dans une cellule, humide et obscure. Elle ne voyait rien, elle sentait juste le béton glacé sous sa peau nue, elle entendait les gouttes d'eau tomber une à une, heurtant le sol dans un fracas qui résonnait dans le vide de la pièce. Elle tremblait, elle avait peur, elle avait froid. Elle se recroquevilla pour se tenir chaud, c'était inutile. La douleur se faisait de plus en plus forte à mesure que son corps se réveillait. Elle pleurait, encore une fois, elle pleurait.


Un chapitre riche en émotions ! J'espère que ce n'était pas trop…

Bref, merci d'avoir lu, à la prochaine !

Badi-otaku.