Disclaimer : Les personnages appartiennent à Marvel. L'histoire, elle, est à moi, et j'ajoute que je ne touche rien pour l'écrire. Modeste bénévole.

Pairing : Tony/Loki.

Résumé : Anthony Stark, aka Iron Man, n'aime personne d'autre que lui-même. Sa vie, il en contrôle le moindre détail. Les méchants, il sait comment les stopper. Sauf Loki Laufeyson. Ça ne devait être qu'un simple sauvetage de l'Univers. Ce qui va en découler ne faisait pas du tout partie de ses plans.

Merci Lily Elebore Michaels pour ta review !

Alors, j'espère que ce chapitre vous plaira un peu plus. Lentement mais sûrement, je glisse vers le genre que je préfère, celui dont j'ai le plus de mal à me défaire : l'angst pur et dur. Ça commence par ce chapitre, cela ne fera que s'accentuer par la suite, mais c'est soft, vraiment, comparé à ce que j'ai déjà pu écrire, pour ceux qui connaissent mes autres fics.

Dans ce onzième chapitre, on parle du passé de Loki, qui pour moi est un élément principal de l'intrigue. Il a bien fallut que Loki devienne ce qu'il est, j'essaye d'en donner une possible raison. J'ai fais quelques recherches, j'ai accommodée les légendes à ma sauce pour que cela reste plausible et surtout très humain. Ainsi, pas de serpent, de loup, de cheval, etc. Et, Naor veut dire « serpent » en islandais (me semble bien), une alternative convenable au nom imprononçable de l'enfant de Loki. Bref, c'est vraiment du personnel là, je mixe, je recompose, j'espère que vous apprécierez l'effort et le visage donné au récit.

Oh, et Loki et Tony font des bêtises, à la fin. C'est très soft, mais cela mérite d'être souligné.

Voilà, sur ce, bonne lecture !

NATIONAL ANTHEM , LANA DEL RAY.


XI – THE PIECES OF MY HEART.

Tony & Loki.

Tony aimait le regarder de loin, quand il pensait que son regard était tourné ailleurs. Il aimait surtout l'observer depuis que les autres étaient au courant de tout.

Cela avait été difficile, au début. Surtout ce soir là où ils s'étaient présentés face aux autres justiciers. Clint s'était étouffé avec son verre de limonade, en avait recraché la moitié sur un Bruce qui avait vu vert, mais était resté d'un calme olympien. Ils avaient tous été incrédules. Cela ne les avaient pas empêchés de dégainer revolver, flèches, bouclier une fois leur bon sens retrouvé.

Tony ne sait plus vraiment ce qui s'est passé par la suite. Entre les cris, les menaces, il est parvenu à expliquer les choses, bien certainement. Il y avait eut un long silence, les regards s'étaient tournés vers Loki. Il n'avait eut qu'à passer sa main dans la sienne pour qu'ils comprennent tous que ce n'était pas une blague.

Loki était enroulé dans un plaid, assis en boule dans un coin du canapé. Il regardait, fasciné, un film qu'avait choisit Clint, l'ancien Robin des Bois avec Kevin Costner. Natasha était assise à ses côtés, et répondait à ses questions quand il se demandait à quoi servait ces châteaux, ou pourquoi ce que faisait le personnage principal était mal vu par ses pairs. Avec grande patience, elle prenait le temps d'argumenter ses réponses, sous le regard noir de Clint qui essayait juste d'écouter, à l'autre bout.

Steve souriait en coin, plongé dans un croquis, assis à la table du salon, et à ses côtés, Bruce regardait le film de loin, bras croisés, détendu.

-Pourquoi utiliser des armes aussi primitives ? Ils ne parviendront jamais à les tuer ainsi.

-Dis quelque chose de mal sur les arcs et je te fais avaler ton chapeau à cornes.

Clint ronchonne et Loki lève les yeux au plafond en souriant. C'est assez amusant de les voir se chamailler ainsi. L'archer lui en veut, mais il comprend. Cependant, il ne le dirait jamais au Dieu. Il préfère lui faire penser qu'il le hait pour ce qu'il lui a fait – c'est à dire presque rien -, sans savoir que Loki le sait déjà, il lit en lui comme dans un livre ouvert.

-Tony, ce stupide mortel m'ennuie.

-Tous les mortels t'ennuient Loki, c'est un fait.

Clint marmonne dans ses dents, sous le sourire de Natasha, qui passe un bras autour de ses épaules. Tony vient s'asseoir sur l'accoudoir, près de Loki, et pose ses lèvres sur les siennes, ce que l'archer n'oublie pas de commenter d'un gémissement écœuré.

-Prenez une chambre, la dernière chose que j'ai envie de voir c'est bien vous deux en train de vous peloter !

La vie suivait son cours. Cela faisait longtemps que Tony n'avait pas connu une telle paix, une telle quiétude. Il se réveillait chaque matin aux côtés de Loki, se couchait enlacé à lui. Parfois, le Dieu se levait, passait un moment à regarder les étoiles derrière la baie vitrée du salon. Mais, il revenait toujours. Tony ne s'inquiétait pas. Quand ils sortaient, Loki devenait Vega – Fury n'était encore au courant de rien, apparemment -, et ce qui le fascinait le plus était le cinéma.

Clint se faisait un plaisir de lui faire découvrir toute sorte de films d'action et d'aventure – ça lui plaisait, malgré ce qu'il en disait tout haut en soupirant. Tony lui procurait une culture musicale plus large. Steve parlait stratégie militaire, dessin, technologies passé et moderne. Bruce avait toujours une question scientifique à lui poser, ou des questions sur ses pouvoirs et leurs origines. Natasha l'emmenait faire les boutiques, avec une Pepper qui avait été assez réticente au début, mais qui finissait avec le temps par accepter. Loki se pliait à tout, grimaçait ou soupirait parfois, mais avait toujours du temps pour tous. Montre une belle facette de ta personnalité, force les à t'accepter.

Désormais, ils reconnaissaient que la rédemption était possible, qu'une seconde chance pouvait lui être accordé. Tony avait longtemps bataillé, avait même faillit en venir aux mains avec Steve. Mais, finalement, ils s'y étaient faits. Ils ne sursautaient même plus quand il apparaissait à leurs côtés.

Loki délaissa le canapé, laissa Tony s'asseoir à sa place. Ce dernier soupira un peu en le voyant s'éloigner, mais finit par oublier. Loki posa son front contre la baie vitrée, observant la neige recouvrir les rues new-yorkaises. Là-bas, on avait retiré sa photographie de l'immeuble-musée. Demande personnelle des Avengers. La reconstruction allait bon train. Loki aurait aimé pouvoir détruire ce dernier vestige de cet instant d'égarement. Il en était la dernière preuve terrestre, le dernier élément tangible. Après lui, l'oubli. Salvateur, réconfortant.

Peut-être pouvoir enfin se dire qu'une page était tournée.

Ancienne vie tourmentée, Asgard, la haine, la rage, Jotunheim. Quand il se concentre assez fort, ses mains virent au bleu, ses yeux au rouge. Il n'a pas froid, jamais. La glace parcoure ses veines. Il ne comprend plus comment il est parvenu à haïr tout ce qu'il avait un jour aimé. Frigga est une femme douce et aimante, Odin n'est pas si tyrannique, Thor est peut-être idiot, mais il n'en reste pas moins son frère. Adoptif, de cœur. Son frère, quand même.

C'est sûrement parce qu'il sait qu'une lourde menace pèsent sur eux, sur lui. On apprécie d'autant plus les choses quand on sait que le temps vous est compté.

-Tu sais, j'ai fais un peu de recherches, sur la mythologie nordique et tout cela, et je me demandais … tu vois quoi, s'il y avait quelque chose de vrai là-dedans ?

Il a lu tous ces contes. Certaines choses sont vraies, d'autres non. Il a bien rit en voyant qu'ils avaient osés écrire que ses fils avaient respectivement été un cheval, un loup et un serpent. C'était bien les humains, imaginaire dégradant.

Loki ne détacha pas son regard du ciel cotonneux. Tony, qui travaillait aujourd'hui dans un des laboratoire aménagé pour Banner – physique quantique ou il ne savait quoi d'autre oblige -, aimait que Loki vienne lui tenir compagnie. Cela ne le dérangeait pas. Il aimait le voir travailler. Et, aujourd'hui, il posait des questions. Il était peut-être temps.

-Que veux-tu savoir, Anthony Stark ?

-Tout. Si tu as des enfants, si tu as … un compagnon ou une compagne sur Asgard, s'il y a quelque chose que je dois savoir … Thor ne parle pas beaucoup d'Asgard. Toi non plus.

-Si nous n'en parlons pas, c'est qu'il doit bien y avoir une raison, tu ne crois pas ?

Lui dire tout. Ses enfants, Sigyn, sa nature profonde, sale monstre dégénéré. Il ne se tourne pas vers lui, croise les bras. Remuer le passé n'est jamais bon. Les plaies sont encore ouvertes, le sang est sur le point de couler.

Tony remue sur son siège, et sort de sa poche quelques feuillets jaunis. Il les déplie, à plat sur la table et en lit une partie, ce qui force Loki à reporter son attention sur lui.

-« Loki est beau et splendide d'apparence, mauvais de caractère, très changeant dans son comportement. Plus que les autres êtres, il possédait cette sagesse qui est appelée rouerie, ainsi que les ruses permettant d'accomplir toutes choses. Il mettait constamment les dieux dans les plus grandes difficultés, mais il les tirait souvent d'affaire à l'aide de subterfuges. ».

-Splendide d'apparence ?

-Ça vient d'un vieux recueil de poèmes nordiques. Assez ressemblant, je trouve. Ça parle aussi de Sigyn, Hela, Fenrir, et tous les autres. Alors, y a-t-il quelque chose de vrai ?

Loki vient s'asseoir face à lui, lui prend les feuillets des mains. Tony le regarde, faussement impassible, trépignant d'impatience sur son tabouret.

-Si c'est ce que tu veux savoir, j'ai quatre enfants. Tous parfaitement « normaux », si c'est ce que tu cherches dans tes absurdes recherches, le loup, le serpent, le cheval, la déesse claire-obscure, ce n'est que du baratin. J'ai été marié à une femme merveilleuse. C'est de l'histoire ancienne.

Si belle Sigyn, si adorés Fenrir, Naor, Sleipnir, Hela. Abandonnés, délaissés, morts. Il sent la nausée l'envahir.

-Ils sont morts. N'en parlons plus, s'il te plait.

Loki s'enfuit, rapidement, dans un souffle d'air glacé. Il laisse Tony assommé de surprise. Il oublie parfois que Loki vit depuis deux millénaires. Il souffre un peu de n'avoir pas été le seul. C'est stupide, c'est humain. Il savait qu'une femme avait un jour eut son cœur, il ne pensait pas qu'il en souffrait encore.

-Racontes-moi.

Il retrouve Loki dans la salle de bain, sous l'eau glacée d'une douche. Il ne semble pas sentir la morsure qui parcoure sa peau, mais Tony, lui, grimace sous son emprise. Il ne se glisse dans le dos de Loki que lorsque celui-ci daigne remettre un semblant de température vivable. Le Dieu soupire, las, peut-être agacé de son acharnement. Tony est curieux et la curiosité est un vilain défaut. Un menteur pour une fouine. Ils se sont peut-être bien trouvés.

-Cela va-t-il changer quelque chose ? En quoi cela a-t-il de l'importance pour toi ? Tu ne les connaîtras jamais.

-Ils ont faits partis de ta vie. C'est important.

Il pose son front contre le dos nu de son amant. Sa peau est si froide, mais cela ne l'empêche pas de poser ses mains sur ses hanches osseuses, de se rapprocher de lui. L'eau chaude roule sur eux, et Tony aimerait que ce moment ne prenne jamais fin. Mais, Loki se tend et sa voix est presque tremblante, quand il parle. Il n'est plus temps pour la tendresse.

-J'ai fais beaucoup d'erreurs. Plus jeune, au premier millénaire, l'«adolescence », comme vous dites. J'étais très jeune quand Sleipnir est né. C'était une erreur, mauvaise rencontre, mauvais moment. Il y avait une fête, qui c'est mal terminée, je venais d'entrer dans un de ces programmes d'études et de conditionnement dont raffolent Odin et ses nobles, moi j'avais choisis la magie, et pour le début, les autres étudiants avaient décidés d'accueillir les nouveaux à leur façon. L'alcool n'est pas mon fort. Je ne l'ai su que par la suite.

Il semble hésiter. Tony sourit un peu dans son dos, remarquant certaines similitudes avec ces soirées d'intégration qu'organisent les étudiants pour accueillir les bizuts, dans les facultés. Il se souvient avoir été un de ces élèves humilié le temps d'une soirée, et se souvient aussi en avoir humilié bien d'autres les années suivantes. Bons souvenirs.

-Sleipnir est né neuf mois plus tard.

D'accord. Pas d'alcool pour le Dieu des Mensonges. Tony s'en souviendrait.

-Écoutes, tu sais bien que je peux changer de sexe. Les Jotuns n'ont pas de « genre », ils naissent ni homme, ni femme, androgynes, mais ils peuvent toutefois choisir. Lorsque Odin m'a recueillit, il m'a choisi homme. Mais, grâce à mes pouvoirs, retrouver la forme que j'aurai pu avoir s'il avait préféré l'autre option est très simple. C'est ce qui s'est passé cet autre soir. C'était un ami de Thor, il était vraiment beau, et je savais qu'il parlait beaucoup de moi, mon frère en était malade de rage. Quelques années après la fin des études. Je voulais aller faire une balade à cheval dans les bois qui entouraient notre domaine, et il s'est proposé pour m'accompagner.

-Attends une minute. Un homme. Ne me dis pas que …

Loki se tourne vers lui, sourit tristement sous ses yeux écarquillés de surprise. Tony cille à peine quand Vega apparaît sous ses yeux pour disparaître de nouveau. D'accord, il commence à comprendre où il veut en venir.

-Tu peux … tomber enceinte.

-Oui. Cela n'a pas plu à Odin. J'étais si jeune quand Sleipnir est né, j'ai préféré le confier à une famille convenable, à quelqu'un qui saurait bien l'éduquer. Naor était aussi un accident, mais … En ce temps là, je n'avais déjà pas une bonne réputation. La magie était l'art des femmes, j'étais frêle, faible, j'étais moqué par les amis de Thor et par la Cour toute entière, mon frère faisait tourner les têtes des femmes et moi elles n'étaient que mes amies. Pathétique. Deid, il savait tout cela. Ce n'était pas un tendre, ni quelqu'un à qui on pouvait dire « non ». Je n'en ai de toute façon pas eut le temps. Odin ne voulait pas d'un bâtard comme petit-fils, ni d'un enfant né de violences. Il a fait tuer Deid … et Naor. L'histoire fut étouffée. Par la suite, j'ai beaucoup voyagé.

Rien n'a vraiment d'importance. Il y a tellement longtemps, il se souvient peut-être toujours du visage de ce guerrier, du poids de son corps sur le sien, et sait qu'il s'en souviendra toujours, mais cela n'est rien. La souffrance qui en a découlé n'est rien non plus. Thor a tranché la tête de son meilleur ami, il a pleuré pour lui, alors qu'il est resté muré dans son silence. On lui a retiré son fils juste après la libération. Jeté dans un puits. Il n'a rien dit non plus.

Tony le regarde, blême, stupéfié d'effroi. Loki voit bien le cheminement que prend sa pensée. Quand il finit par serrer sa main dans la sienne, c'est la rage qui fait briller ses yeux sombres. Le Dieu le coupe avant qu'il n'ait eut le temps de parler.

-C'est du passé. Les années suivantes furent calmes, Thor fut d'un grand soutien un moment, mais il fini par oublier et passer à autre chose. Moi aussi. J'ai visité les Neuf Mondes. Au Moyen-Âge, Midgard était très intéressante. Vos mythologies, vos intrigues, vos rites. Je suis resté un moment en Europe. J'ai dû m'enfuir au moment des grandes chasses aux sorcières. Les flammes du bûcher ne m'auraient rien fait, mais je préférais tout de même les éviter. J'ai rencontrée Sigyn bien des siècles plus tard, en revenant sur Asgard. Je voguais ça et là de ce monde. Elle était une simple fille de paysans, travailleuse, intelligente, belle à en mourir. Je suis tombé amoureux d'elle à l'instant même où j'ai croisée son regard.

Il a peur d'ajouter quelque chose qui passerait mal, ou qui serait déplacé. Il passe juste ses doigts sur la joue de l'humain, compare ses yeux marrons avec ceux de son ancienne bien-aimée. Si proches, semblables. Tony s'adoucit.

-Elle t'aurait beaucoup plu. Elle aimait inventer de nouvelles choses, bricoler, elle voulait changer le monde, le rendre meilleur. Elle voyait bien que notre monde était une hypocrisie, qu'il n'était bon que pour les plus aisés, qu'eux, paysans, avaient beaucoup de mal à survivre. Nous nous sommes mariés très vite, nous ne voulions pas attendre. Odin a fini par l'apprendre, mais contrairement à ce que j'aurai pu croire, il ne s'en est pas offusqué. Maintenant, je comprend mieux pourquoi, après tout je n'étais que son fils adoptif, mais je sais que ce qui m'était arrivé l'avait également marqué. Dans un sens, il voulait effacer Deid. Sigyn y était parvenue. Nous nous sommes installés au palais. Elle détestait cette vie, faite de mondanités, superficielle. Je l'entendais parfois pleurer quand elle pensait que je dormais. C'était une idéaliste, une entité de la nature. Je l'y ai arraché. Dans un sens, j'aurai dû prévoir ce qui allait arriver.

Tony se souvient bien de ce qu'il avait dit. Ils sont tous morts. Alors, cette femme, celle qui a apparemment tant comptée à ses yeux, n'est plus. Doucement, il commence à comprendre l'homme. Le sang qui bouillonne dans ses veines, c'est celui de Loki, c'est sa rage. Il comprend mieux.

-Nous avons eut Hela. Merveilleuse, si belle, ce fut dix années de paix, de bonheur. J'étais heureux, Sigyn rayonnait. Notre fille était intelligente, douée, elle nous rendait tellement fiers … Nous avons décidés d'avoir un autre enfant. Sigyn voulait un garçon. Elle est tombée très vite enceinte. Seulement, elle avait voulue accoucher dans la ferme de ses parents, loin des guérisseurs du palais, entourée de sa mère et de sa grand-mère. Ça s'est mal passé. Elle y vivait depuis déjà plusieurs semaines, j'étais resté au palais, Thor avait quelques ennuis avec Amora, qui avait essayée de le tuer, et j'avais promis de l'aider. Sigyn est tombée lors d'une ballade en cheval. Tout s'est passé trop vite et trop tôt. Fenrir est mort né. Elle ne s'en est jamais remise.

Si Thor n'avait pas pris la menace que représentait Amora à la légère, elle aurait été vaincue plus tôt. Loki aurait été là pour Sigyn. Tout aurait pu être différent.

-Malgré Hela, malgré le soutien de sa famille et de ses amis, malgré tout ce que j'essayais de lui apporter, elle ne parvenait pas à s'échapper des ténèbres qui lentement la recouvrait. Un matin, avant le lever du jour, elle s'est levée. Je dormais, Hela aussi. Elle est montée sur le toit, elle a observée le soleil se lever. Puis, elle s'est jetée dans le vide. Elle n'était pas une déesse, elle n'avait pas droit aux pommes immortelles. Elle est morte en heurtant le sol. C'était ma faute. Ils ont tout fait pour me le rappeler.

Son souffle est heurté, les sanglots sont un carcan, sa voix faille. Tony transpire la rage, il en tremble, Loki le sent sous ses doigts. Ses yeux sont ancrés dans les siens. Loki sait qu'il ne doit pas craquer.

-Ils ont voulus me prendre Hela. J'ai dû m'enfuir. La famille de Sigyn réclamait vengeance, ils disaient que c'était moi qui avait poussé celle que j'aimais au suicide. Ils voulaient ma fille, ils voulaient ma mort. Odin ne l'aurait pas permis, mais pour les calmer, il fallait que Hela leur soit rendue. Sur Asgard, elle était en danger, et elle était si jeune, elle ne comprenait pas que sa mère était morte, que son frère n'avait jamais vu le jour, que si elle restait nous serions séparés. Ils ne comprenaient pas pourquoi j'agissais ainsi. Certes, Hela aurait pu être heureuse avec eux, mais je savais qu'ils ne voulaient pas d'elle. Elle était la fille du Dieu des Mensonges, du Mal. Elle était le Mal. Ils voulaient la voir mourir. Je ne pouvais pas les laisser faire. J'ai passé un accord et je l'ai emmenée au seul endroit où ils n'auraient pas été la chercher. Je ne l'ai pas revue depuis.

Tony arrête l'eau. Elle est froide. Il sort de la douche, sans un mot, attrape deux serviettes et enveloppe Loki dans l'une d'elles. Il le force presque à sortir.

-Elle est vivante, tu la reverras.

-Cinq cents ans, Tony. Ma petite fille vit dans les ténèbres depuis cinq siècles. J'ai su me racheter, j'ai su apaiser la famille de Sigyn, mais la haine, la rancœur, la rage m'ont changés, m'ont détruits. Je ne suis pas en mesure d'aller la rechercher. Je n'ai pas de nouvelles d'elle. Elle est peut-être morte, qu'en sais-je. J'ai détruit leurs vies, à tous, mes fils, ma fille, ma femme. Je ne veux pas détruire la tienne.

Les boucles noires d'Hela et ses yeux bleus, pâles, pétillants de malice et de vie, son rire libérateur. Contraction de celui qu'il avait été avant Deid, de ce qu'avait été Sigyn avant de l'épouser. Innocente enfant, elle devait désormais sortir de l'adolescence. Il avait peut-être été sa perte. Les parents de Sigyn ne voulaient peut-être pas la tuer, juste l'élever et veiller sur elle. Non, pensée absurde et proscrite. Ils n'avaient pas sourciller, n'avaient pas pleurés quand Fenrir était né, cyanosé et sans vie, et l'avaient très vite incinéré, bien avant que Loki n'ait eut le temps de les rejoindre.

Tony fut surpris quand il vit deux larmes rouler sur les joues pâles du Dieu. Il ne savait pas que c'était possible, Loki qui pleure, qui sombre, qui craque. Un instant, il reste sans armes, bras ballants, devant les sanglots qui traversent son amant. Non, il ne s'était pas préparé à devoir essuyer ses larmes. En même temps, il ne s'imaginait pas non plus que derrière cette volonté de destruction de la Terre se cachait des drames et des ténèbres opaques. Loki avait le droit de pleurer. Tony disait que sa vie était misérable. En voilà un autre spécimen.

-Je ne veux pas de ta pitié.

Loki le repousse, se détourne, siffle entre ses dents. Il essuie ses larmes rageusement, vacille, et Tony passe un bras autour de sa taille pour le soutenir. Il l'embrasse, il passe ses doigts sur son corps.

-Tu te prends pour une malédiction, ou quoi ? Tu ne me détruiras pas, bien au contraire. Loki, écoutes, je t'aime. Voilà, c'est dit, ne me regardes pas comme ça. Je suis amoureux de toi. Je ne vais pas te laisser, ni t'abandonner, je vais rester là, avec toi, si du moins tu le souhaites autant que moi. Arrête de te punir pour tout ce qui t'a été fait.

Loki le regarde, surpris, ses grands yeux verts brillants de larmes. Tony l'embrasse avidement. Loki finit par passer un bras autour de son cou, ses doigts dans ses cheveux. Son amant en profite pour le soulever de terre, le plaquant contre le mur, son corps contre le sien, sa peau brûlante, enivrante, contre la sienne si glacée. Choc thermique. Bombe atomique.

-Tu ne comprends pas, Tony, arrêtes, tu ne comprends pas …

-Tu es l'homme que j'aime, tu es ma vie, mon monde désormais. Personne ne viendra m'arracher à toi. Personne ne viendra t'arracher à moi. Qu'ils essayent. Je suis Iron Man.

Il sourit, pas peu fier. Cela fait un peu rire Loki.

Le premier coup de rein le fait haleter de douleur. Il embrasse Tony, s'accroche à ses épaules, gémit. Il comprend. Il est en sécurité. Dans une tour emplie de super-héros, dans les bras d'un homme de fer, d'un amant aimant. Les démons chassés par la lumière. Il se penche à l'oreille de l'homme, qui pose ses lèvres dans son cou, le fait gémir. Un sourire, un espoir.

-Moi aussi je t'aime, Anthony Stark.

Son cœur est empli de joie. Quelque chose se ploie au fond de lui. Il préfère ne pas y penser.


Héhé, voilà, la suite jeudi ! Et tiens, on va dire, une review = un strip-tease de Tony ! N'hésitez pas, le fourbe n'est pas pudique et n'a pas froid aux yeux ! A vos claviers et à jeudi ! ;D