Chapitre 11: Danser sur les braises. ( Calogéro)
Ce dimanche matin le réveil était difficile. La petite fête d'Hermione s'était finalement terminée très tard le soir, ou très tôt le matin. C'est avec une méchante migraine que Draco se réveilla. Sa nuit avait été très courte. Après avoir -enfin-avoué ses sentiments à Harry, il avait passé une bonne partie de sa nuit en sa compagnie. Les deux jeunes amoureux étaient restés très sombre, se contenant de petits baisers et de la découverte mutuelle de la corps de l'autre. Ils n'allèrent pas plus loin. Aucuns des deux ne se sentirent près à franchir cette barrière, ne sachant pas trop comment s'y prendre. Après tout se serait leur première fois à tous les deux. On sait bien comment cela se passe à ce moment, c'est plus souvent une déception qu'une réussite. Au petit matin Harry regagna sa chambre. Il était encore trop tôt pour que tout le monde sache qu'ils avaient passé la nuit ensemble.
Draco sorti de son sommeil plus tardivement que d'habitude. Ce qui ne l'empêcha de tout faire lentement, il avait encore sommeil. Il se leva, traîna des pieds, fit une rapide toilette et s'habilla, tout en bayant à plusieurs reprises. Il avait un peu faim, et espéra qu'il reste de quoi manger dans la grande salle. C'est au moment de quitter sa chambre, qu'il remarqua la présence d'une lettre sur sa table de nuit. C'était sans aucun doute un mot doux de son amoureux, qu'il était romantique celui là. C'est en la lisant qu'il comprit que cette fameuse missive était tout sauf un gentil mot.
« Draco,
Je suppose que tu désires venger la mort de ton père. Je peux faire quelque chose pour te venir en aide. Pour cela je vais te demander de venir aux café, les trois balais, à onze heures ce matin. Mais tu dois venir seul. Tu y seras reçu par un de mes fidèles serviteur. Il te servira de guide pour te conduire jusqu'à moi. Contente toi de le suivre sans lui poser de question. N'en parle à personne. Si jamais tu en touches mot à quiconque, je serais dans l'obligation d'annuler notre rencontre. Je te crois assez intelligent pour ne pas faire ce genre de bêtise, et de passer à coté la seule occasion que tu as de te rendre justice. Maintenant à toi de prendre une décision, celle qui va dans ton intérêt.
Signé, un ennemi qui te veut du bien. »
N'importe qui à sa place se serait méfié de ce genre de promesse. C'était trop bon pour être vrai, puisque cela arrivait exactement au meilleur moment. Mais pour lui c'était une chance inspirée. Quelqu'un était de son côté, quelqu'un d'autre que lui, tenait à donner à un meurtrier le châtiment qu'il mérite. Et rien que pour ça, il allait se rendre à ce rendez-vous. Il perdit toute notion de danger et de prudence.
Discrètement il sortit de l'enceinte de son établissement. La sécurité au niveau des portes laissait fortement à désirer, une vraie aubaine pour tous ceux qui voulaient passer sans se faire voir. Il ne mit pas beaucoup de temps pour arriver à destination. Il n'eut aucun mal pour trouver son futur guide, étant donné qu'il n'y avait qu'un seul client dans le pub. L'heure n'était pourtant pas si matinale que ça. Il s'avança vers lui, tout en le fixant du regard. Il avait devant lui l'homme le plus laid du monde. Il était petit, grassouillet, peu chevelu, un nez énorme, des oreilles d'éléphant, et un seul et unique sourcil qui reliait deux yeux vide de toute expression. Ce dernier se leva, lorsqu'il vit Draco, et l'invita à le rejoindre à sa table.
_Vous êtes Malefoy junior? Dit-il d'une voix très aiguë et peu agréable.
_C'est bien moi. Et vous, vous êtes qui?
_Mon nom n'a pas d'importance. Ce que je suis l'est plus. J'ai été envoyé par celui qui vous a envoyé la lettre, pour vous accompagner à lui. Vous avez eu la sagesse de suivre les instructions à la lettre et d'être seul.
_J'ai peut-être été suivi? Qu'en savez-vous?
_Tu as été surveillé tout au long de ton parcours, par des espions à notre service. On l'aurait su, si tu avais demandé de l'aide à quelqu'un.
Rien, il n'avait rien remarqué, et pourtant il avait été prudent, était revenu à plusieurs reprises sur ses pas, pris des chemins détournés. Cela ne lui disait rien qui vaille.
_Mais qui êtes-vous? Draco commença à s'énerver, et à s'inquiéter aussi.
La question était simple, pourquoi ne pas y répondre? L'inconnu lui gardait parfaitement son sang froid. Il se contenta de poser son index sur ses lèvres, comme pour lui dire: c'est un secret.
_Vous n'avez pas à le savoir. Je ne suis qu'un simple serviteur. Maintenant levez-vous et suivez-moi maintenant. Et arrêtez de poser autant de questions.
_Je ne peux pas faire confiance à quelqu'un qui ne veut pas me dire son nom.
_Je n'ai que faire de votre confiance. Mon rôle consiste à vous conduire jusqu'à la personne qui désire vous parler. Soit vous me suivez gentiment sans me poser des questions. Comme ça vous pourrez tuer l'assassin de votre père. Je pense que votre présence ici prouve à quel point vous le désirez. Ou vous faites demi-tour et perdez à jamais cette possibilité. Moi, à votre place, je ne ferais pas autant de manière pour un simple nom. Je veux bien vous accorder une minute pour y réfléchir. La balle est dans votre camp.
_C'est bon. J'accepte de vous suivre, monsieur le messager.
_Voilà qui est une sage décision. Venez.
Le trajet se fit en silence. Ces deux là n'étaient pas amis, pas ennemis non plus, ils n'étaient rien l'un pour l'autre. Alors pourquoi parler? Après une heure de marche ils arrivèrent enfin au véritable lieu de la rencontre. Là où le diabolique Voldemort l'attentait avec une certaine impatience.
_Tu m'as fait attendre. Au moins tu es venu.
_Vous? C'est vous?
_Tu t'attendais à qui? Un ami? Au père Noël? Sois un peu sérieux.
Il congédia son serviteur, et le félicita pour avoir réussit à faire quelque chose d'un peu utile. Ce dernier s'en alla, non sans une certaine fierté.
_Te voilà enfin devant moi Draco, reprit le seigneur des ténèbres. C'est une bonne chose, pour moi, pas pour toi.
_Si je suis là, c'est parce que vous m'avez trompé. Vous êtes la dernière personne que j'ai envie de voir. Il répondit sur le ton de la colère.
_Trompé? Je n'ai rien fait de tel. Je t'ai juste proposer un rendez-vous. Tu pouvais refuser mon invitation. C'est donc de ton plein grès que tu es là.
_C'est la seule que vous obtiendriez de moi. Je ne suis pas comme mon père, vous ne ferez pas de moi votre marionnette. Jamais je ne serai un mangemort!
_Mais je n'attends plus rien de ta part. Je n'ai plus besoin de toi, ni de ta famille. J'ai des projets plus grand. Et c'est pour cela que j'avais besoin de ta coopération. Tu vas le faire venir à moi.
_Le? Il me déteste! Jamais il ne se déplacera pour moi. Vous avez fait une erreur en me faisant venir. Je ne vous suis d'aucune utilité.
_Après ce que tu lui as fait, c'est un peu normal, non? Mais il viendra quand même.
_Non Harry ne fera pas le déplacement. Il va se douter que c'est un piège pour le capturer. Il est bien plus intelligent que ça.
_Pourtant, vous vous êtes bien embrasés hier soir, et devant tout le monde. Ce n'est pas vraiment très intelligent ça? Il va peut-être venir ou pas, c'est comme il le veut. Mais cela ne fait absolument pas parti de mon plan. C'est de quelqu'un d'autre dont j'ai besoin.
_Qui? Personne d'autre ne prendra de risque pour me sauver.
_Mais ton cher professeur voyons. Thomas Salinger. Lui, il va le faire.
_Ce n'est pas mon cher professeur. C'est peut-être lui qui a tué mon père. C'est pour ça que vous vouliez que je vienne, pour le tuer?
_Mon pauvre enfant. Thomas n'a rien fait à ton père, il n'a d'ailleurs jamais tué personne. Il ne peut pas être le responsable de la mort de ton père.
_Mais l'article dans le journal? Son absence le soir du crime?
_Tout monté de toute pièce. Des témoins imaginaires, avec une description bidon. Quant à son absence, c'était prévu. Il se rend toujours à la même date au cimetière pour fleurire les tombes de sa famille. Il ne t'en a pas parlé?
_Mais pourquoi avez-vous tout fait pour que je le crois coupable?
_Pour que tu demandes son renvoi. Pour qu'il perde toute crédibilité, qu'il se retrouve seul. Il m'aurait été plus facile de le récupérer.
_Le récupérer? Mais pourquoi vous donner autant de mal, juste pour qu'il vienne à vous?
_Parce qu'il est bien meilleur que toi, bien meilleur que ton père aussi. Il ne m'était de plus aucune utilité, c'est pour cela que je l'ai fait tuer.
_Après tout ce qu'il a fait pour vous. C'est comme ça que vous le remercier?
_Il a échoué lors de sa dernière mission. Il ne méritait plus de vivre. Si tu tiens tant que ça à le venger, il te reste à te suicider. C'est toi le seul responsable dans cette histoire.
_Moi? Comment ça moi? Je n'ai rien fait.
_Si, tu as refusé de le suivre. Tu as refusé mon invitation. Ton père connaissait les risques, il savait qu'il serait tué s'il ne te ramenait pas. J'ai demandé à un de mes hommes de main de le tuer sans le torturer. Je lui devais bien une mort rapide.
_Vous croyez tout de même pas que je vais mettre un terme à ma vie?
_A vrai dire, je m'en moque un peu. Fais le ou pas, c'est toi que ça regarde après tout. Maintenant je vais te demander de ne plus parler. Je ne supporte plus le son de ta voix. Tu vas rester là bien gentiment, pendant que je me prépare pour l'arrivée de notre invité.
Thomas était bien fatigué lorsqu'il se coucha. Il n'avait plus l'habitude de veiller aussi tard. Malgré cela, il ne réussit pas à dormir, et il fit une nuit blanche. Pourtant, il l'avait passé tout seul. Personne n'aurait pu l'empêcher de prendre un peu de repos réparateur, ou presque. Toutes ses pensées étaient dirigées vers sa charmante collègue Natacha. Il ne pensait pas qu'un jour, il puisse plaire de nouveau, au point de se faire voler un baiser. Cela faisait si longtemps que cela ne lui était arrivé, si longtemps qu'il ne croyait pas que cela pourrait lui tomber dessus. Surtout qu'il n'avait rien fait pour cela. Il était bien embarrassé, il ne savait pas comment réagir; continuer tranquillement comme si rien s'était passé, ou au contraire faire de deuxième pas. Mais la vraie question était sur l'attirance qu'il avait envers Natacha et les sentiments qu'il pourrait avoir pour elle. Était-il capable d'aimer à nouveau, ou était-il encore trop tôt pour se poser ce genre de question. Il ne se sentait prêt pour vivre une nouvelle aventure. Surtout qu'il ne savait rien au sujet de la jeune fille. Elle était la petite sœur de Remus Lupin, et elle avait sa collègue à l'O.M.S, pendant cinq ans. Il ne l'avait appris que récemment. Il aurait dû le savoir bien avant, étant donné qu'il avait travaillé au même endroit. Mais il ne l'avait jamais croisée une seule fois, ni même vue. Pour cela, il aurait dû passer plus de temps autre part que enfermé dans son bureau, et ne pas autant déléguer son travail sur les autres. Le comble, s'il en avait un, était qu'il s'était moqué de Fudge, alors que lui aussi ignorait que Natacha était un Fondateur. Il n'était pas le mieux placé pour faire la morale.
Il finit par sortir de son lit, et il se leva en même temps que le soleil. Il n'avait plus rien à faire couché puisqu'il ne dormait pas. Il prit tout de même le temps de faire sa toilette, puis il s'habilla. Il mit des vêtements tout simple, il n'avait pas l'intention de quitter sa chambre de la journée, puisque c'était dimanche. Il se rendit tout de même dans son bureau, il avait un peu de travail à faire, cela l'occuperait une partie de la matinée. Mais avant il devait prendre son médicament. C'est avec un certain dégoût qu'il regarda la tasse contenant la potion, celle qu'il devait prendre quatre fois par jour, afin de soulager les douleurs que lui faisait endurer son genou blessé.
La porte du bureau s'ouvrit brutalement. Pourtant personne ne s'était donné la peine de frapper avant de le faire, comme si le manque de temps pouvait justifier cette absence de politesse.
_Bonjour Harry. Je t'en prie entre donc.
Il était inutile de lui demander d'entrer, il l'avait déjà fait.
_Sais-tu que Draco a disparu? Demanda t-il de but en blanc.
_Oui.
_Ce qui ne t'empêches pas de rester assis dans ton bureau à te prélasser devant une bonne tasse de café? Tout le monde le cherche partout, enfin pas tout le monde puisque tu ne le fais pas.
_Aurais-tu la gentillesse de t'asseoir?
_Je n'ai pas le temps moi. J'étais juste venu te prévenir, c'est tout.
_J'insiste assis-toi.
Harry ne comprenait pas pourquoi son professeur était si apathique, si mou et peu réactif. Il aurait dû se lever, lui proposer de l'aider dans ses recherches et non l'inviter à s'asseoir. Et pourquoi pas lui proposer à boire le thé tant qu'on y est. Il obéit tout de même et prit place sur la chaise libre, il se doutait bien que son professeur insisterait jusqu'à ce qu'il le fasse.
_Merci. Je tiens à préciser que je ne bois pas de café. C'est un médicament contre la douleur que j'ai dans ma tasse. Je ne suis pas superman non plus, je ne sais pas voler. Comment pourrais-je partir en courant à la recherche de quelqu'un alors que j'ai déjà beaucoup de difficultés à marcher?
Sur le coup Harry ne savait plus quoi dire. Il était si préoccupé du sort de son ami, qu'il en avait oublié la blessure de son professeur, et son incapacité à se déplacer. Mais cela n'excusait pas son manque de réaction. Il n'avait pas l'air si inquiet que ça, il ressemblait juste à quelqu'un qui avait trop fait la fête la vieille.
_Ce n'est pas une raison pour ne rien faire.
_Qui te dis que je ne vais rien faire.
_Tu ne bouges pas de ton bureau.
_Ce n'est pas nécessaire. Je sais où il se trouve.
_Et tu n'as rien dis à personne? Pourquoi hurla Harry.
_C'est à toi à qui je ne voulais pas en parler.
_Pourquoi? Je suis tout de même le plus concerné, non?
_Justement, tu es trop proche de lui. Si tu savais où il est, tu irais le chercher sans réfléchir aux conséquences de tes actes. Tu es trop impulsif. La situation pourrait tourner rapidement au drame.
_C'est toujours mieux que ne rien faire. Qui d'autre va le faire, si ce n'est pas moi ?
_Mais je fais le faire.
_Quand? Quand il sera déjà mort?
_Quand cela doit être fait, pas avant. J'ai reçu des instructions pour ça, avec le lieu du rendez-vous et l'heure à laquelle je dois me rendre. J'irai donc en temps voulu, et seul.
_Déjà je viens avec toi, et on y va maintenant.
_Et que comptes-tu faire une fois arrivé? Hurler, crier, donner des ordres? Penses-tu vraiment que c'est la bonne solution? Ce n'est pas un enfant de cœur qui le retient, c'est Voldemort.
_Parce que toi tu en as un de plan?
_Parfaitement. Voldemort a même eu la courtoisie de me prévenir, et de m'envoyer une lettre.
_Et je peux la voir cette lettre?
_Non, ce n'est pas utile.
_Et que comptes- tu faire exactement.
_Me rendre au rendez-vous, et prendre sa place. Je n'ai pas vraiment le choix.
_Je ne te crois pas. Tu ne vas pas te sacrifier pour quelqu'un que tu n'aimes pas.
_Et pourquoi je ne le ferai pas? Parce que Draco m'a traité de meurtrier? Tu me connais si mal que ça? Je vais le faire, parce qu'il y a eu assez de mort, et que je dois moi aussi prendre des risques. Puisque je suis lâche à tes yeux, tu vas venir avec moi.
_Merci.
_Je n'avais pas fini. Tu feras tout ce que je te dis. Tu partiras avec Draco dès qu'il est libre, sans jamais te retourner? Tu peux le faire?
_Oui, je pourrai. Excuses-moi, je me suis laissé un peu emporté. Tu aurais réagi comme ça, si une personne à laquelle tu tiens était en danger de mort.
_Qui te dit que ce n'est pas déjà le cas? C'est parce que je suis l'ermite, et que par conséquences, il n'y a plus personne à qui je tiens ? Détrompes-toi, je suis exactement dans la même situation que toi, sauf que personne ne le sait et qu'il le fait dans le plus grand secret. On ne pas tarder à y aller, c'est bientôt l'heure. Laisse-moi seul cinq petites minutes, tu veux ?
_Oui, je t'attends dehors. Et je suis vraiment désolé pour toi, et j'espère que tout se passera bien pour la personne que tu aimes. Et je te remercie de bien vouloir m'aider.
Harry sortit sans demander à Thomas ce qu'il comptait faire pendant ces cinq petites minutes. Il pourrait très bien en profiter pour partir par une autre porte, s'enfuir en courant. Non il ne fit rien de tous ça. Il resta assit, le regard vide, il cru même le voir pleurer. Il réalisa que ce n'était pas correct de l'espionner de la sorte. Son professeur avait bien le droit à un peu d'intimité. Cinq minutes plus tard, ils partirent ensemble, en silence. Les mots n'avaient plus leurs places à ce moment.
Voldemort attendait avec une certaine impatience son invité. Avait-il trouvé les mots juste pour le convaincre de venir? En théorie oui. Il le connaissait bien assez pour cela, il était si prévisible. Il avait mis le doigt sur l'une de ses plus grandes faiblesses. Il était incapable de laisser mourir quelqu'un par sa faute, tout comme qu'il ne supportait pas d'être traité de lâche. Maintenant il ne lui restait plus qu'à attendre, tout en espérant que pour une fois il sache se montrer ponctuel.
Il se donna la peine de bien ficeler son otage. Ce dernier ne s'était pas suicidé, il ne devait pas regretter d'être le responsable du décès de son père. Ce qui était une bonne chose, un otage mort n'avait plus aucune valeur, et ne servait à rien. Il se devait de le garder avec lui, et d'empêcher toute évasion. À présent, il ne lui restait plus qu'à attendre. Afin de passer le temps, il imagina toutes sortes de scénarios possible. Il ne pouvait pas se laisser dépasser par les événements. Il devait tout maîtriser, aussi bien ses mots, ses gestes, ses réactions. Ne pas montrer sa peur et surtout ne pas perdre son sang froid. Et si la chance était de son coté, ce soir, il serait l'homme, enfin le sorcier, le plus puissant du monde. Ses attentes étaient grandes, et l'échec était inenvisageable. Il ne pouvait pas se le permettre.
Il fut coupé dans ses pensées par l'arrivée tant attendue de son prestigieux invité. Ce dernier était arrivé pile à l'heure. Ce qui était pour Voldemort un bon présage. Par contre il ne marchait pas très vite, et en plus il devait s'appuyer sur une béquille. Pourquoi? Qu'avait-il pu se passer? Finalement, ce n'était pas si important que ça, ce qu'il l'était, c'était qu'il soit bien là. Et en plus il n'avait pas fait le déplacement seul. Harry Potter était là lui aussi.
Voldemort s'en voulu de ne pas l'avoir pris en compte dans ses plans. Parce que si cela avait été le cas, il serait venu avec une fiole de sa potion inachevée. Il avait juste sous la main le dernier ingrédient qu'il lui fallait, et il avait aussi la possibilité de tuer Harry Potter en même temps. Il aurait fait un retour triomphale dans son repaire. Devait-il tout de même tenter sa chance, ce n'est pas tous les jours que l'on peut avoir le beurre, et l'argent du beurre. Il était trop tôt pour se décider. Il avisera en temps voulut. Il ne devait pas agir sur un coup de tête, et bien réfléchir avant d'agir.
_Bonjour Thomas, et merci d'être venu et de ne pas m'avoir fait attendre. Et plus tu n' es pas venu seul. Bienvenue à toi aussi Potter.
Voldemort parlait comme s'il s'agissait d'une visite de courtoisie. Ce qui n'était pas vraiment le cas. Il n'y avait aucune raison qu'il se montre aussi aimable, si ce n'est pour énerver ses invités malgré eux.
_C'est bon je suis là Voldemort. Ne perdons pas de temps, et procédons immédiatement à l'échange.
Thomas n'avait pas envie que cela traîne plus que nécessaire. Il devait assurer la sécurité de ses élèves, et les éloigner de tout danger le plus rapidement possible. Voldemort quant à lui ne semblait pas aussi pressé d'en finir.
_Ne me brusques pas, tu sais pourtant que je n'aime pas ça.
_ Pas plus que je n'ai aimé ce que tu as écrit dans ta lettre.
Draco baissa les yeux et n'osa pas le regarder. Il avait honte de lui, il l'avait mis en danger. Le pire ce que Harry l'était aussi.
_Draco, tu vas bien? Lui demanda Thomas, inquiet pour lui.
_Oui, oui, ça peut aller. Répondit-il.
Ce qui était vrai, il était entier et ne souffrait pas, physiquement au moins.
_C'est bientôt finit, tu vas pouvoir repartir avec Harry.
_Thomas… Je suis vraiment désolé je n'aurais pas dû douter de ton innocence.
_Ce n'est pas grave Draco, on va en reparler plus tard. Ce n'est pas le bon moment pour ça.
_Épargnez-moi vos bons sentiments, par pitié répliqua Voldemort. Où en étais-je moi? Ah oui. Cela fait longtemps que je n'aie plus eu de tes nouvelles. Ce n'est pas gentil de ta part de m'ignorer de la sorte, mon cher cousin.
Les deux adolescents firent de gros yeux, ils ne s'étaient jamais doutés qu'il pourrait avoir un quelconque lien de famille, entre ces deux là. Pour cause, il n'y avait aucune ressemblance, quelle soit physique, mentale, voir de caractère.
_Cousin, cria Harry. Comment ça vous êtes cousin ?
_Thomas ne t'a jamais parlé de ça? Ceci dit on n'est pas très proche non. On est cousin au dixième degré ou quelque chose de ce genre là. Mais en ce qui me concerne, il est bien pour moi le meilleur de mes cousins.
_Thomas, s'indigna Harry. Pourquoi tu ne me l'as pas dit?
_Tu sais bien que je n'aime pas parler de moi. Je n'aurais pas pu me présenter comme Thomas Salinger, professeur contre les forces du mal, et surtout cousin de Voldemort. Je ne pense pas que cela aurait été la meilleur chose à dire, pour faire connaissance. Aurais-tu eu confiance en moi, si tu avais su la vérité?
_Effectivement tu as un cousin peu fréquentable, tout comme moi. Tu ne m'as pas jugé d'après ma famille, alors moi non plus je ne le ferai pas. Je sais que je peux te faire confiance, que tu n'es pas quelqu'un de mauvais. Je peux comprendre que tu n'aies pas parlé de ton lien avec lui. Moi non plus je ne l'aurais pas fait.
_Merci Harry, dit-il avec reconnaissance.
Ce qui déplut grandement à Celui Dont On Ne Doit Pas Dire Le Nom, qui était mis à l'écart, comme s'il n'était pas présent.
_Au fait Thomas, demanda t-il froidement, comment va ta charmante femme Mélinda, et ton adorable fils Mathieu ? Cela fait un moment que je n'aie plus de leurs nouvelles. Ils vont bien au moins?
_Comment oses-tu me parler d'eux?
_Pourquoi? Parce qu'ils sont morts? Je suis désolé avec l'âge on perd un peu la mémoire.
_OUBLIER? TU TE FOUS DE MOI? COMMENT PEUX-TU OUBLIER CE QUE TU AS FAIT ?
_Oui, c'est vrai. C'est moi qui les ai tués. Veux-tu que je te raconte comment elle est morte? Comment elle m'a supplié de ne pas la tuer ? Tu savais qu'elle était enceinte à ce moment?
_QUOI ?
_Visiblement non. Il n'était peut être pas de toi, après tout. Il est bien possible que tu ne sois pas un très bon coup au lit, et elle a été voir ailleurs. Si c'est ça, on ne pourra pas lui en vouloir.
_Arrête, par pitié arrête, supplia Thomas la voix nouée par l'émotion.
_Pourquoi avez-vous fait ça, demanda Harry sur un ton très autoritaire.
_Il le sait très bien pourquoi. Demandes le lui. Il l'a bien cherché.
_Cherché? Comment ça cherché? De quoi parlez-vous?
La carapace que Thomas s'était créée, était cassée. Pour une fois il ne cacha pas ses sentiments devant les autres. Il y avait tant de souvenirs douloureux qui lui revenaient en mémoire. La perte de sa femme, de son enfant, le deuil, la solitude forcée. Les larmes coulaient toutes seules de ses yeux, et il ne fit rien pour les arrêter. Voldemort prenait toujours un grand plaisir à remuer le couteau dans la plaie.
_Visiblement, il n'est plus en état de parler. Ce n'est pas grave. De toute façon l'histoire n'est pas intéressante non plus.
_Vous êtes un monstre. Hurla Harry.
_Je ne pense pas. Tu sais sa femme, Mélinda était une simple moldue. Est-ce un crime de la tuer alors que sa vie ne valait rien?
_Mais, elle était enceinte.
_Cela ne change rien. Je ne l'ai jamais aimée. Mon cousin n'aurait jamais dû l'épouser. Elle n'était pas digne de son rang, de notre rang. C'était une pauvre débile. Elle a osé mélanger son sang avec le nôtre. Elle a souillé notre héritage en donnant naissance à un enfant anormal, un moldu. Elle a même poussé le vice à vouloir en faire un autre. Je ne pouvais pas accepter ça. Je l'ai tuée pour libérer mon cousin de son influence néfaste. Il pourrait me remercier pour tout ce que j'ai fait pour lui. S'il le veut, il a le droit de prendre une nouvelle femme et avoir d'autre enfant, du moment que ce soit avec une sorcière digne de ça, bien entendu. On bavarde, on bavarde trop, et on en oublie la raison de ce rendez-vous. Il est temps à présent de procéder à l'échange.
Thomas releva la tête, après s'être essuyé les yeux, puis le regarda méchamment.
_D'accord, finit-il par dire. Mais tu libères Draco de ses liens. Tu m'as moi, et je n'ai pas l'intention de m'enfuir.
Il se mit difficilement en marche. Il n'avait pas eu le temps de prendre toute sa potion, et sa blessure lui faisait affreusement mal. C'est en boitant et en s'appuyant sur sa béquille qu'il s'avança vers son cousin.
_Peux-tu marcher un peu plus vite. Je n'ai pas que ça à faire moi.
_Je ne peux pas. Tu vois bien que je boite.
_Ne fais pas semblant d'être blessé pour ralentir ta marche.
_Je ne fais pas semblant, j'ai mal.
_C'est ça. Bon je te laisse dix secondes pour me rejoindre. A dix je tue Draco. Dix, neuf, huit…
Pendant que Voldemort commençait son compte à rebours morbide, Thomas lui alla directement vers le bord de la falaise. Tom comprit tout de suite ce que son cousin avait l'attention de faire. Il s'arrêta de compter, lâcha son otage, et se précipita vers lui.
_Thomas, non, tu ne peux pas faire ça. Tu es fou? Cria t'il
_Je vais rester là jusqu'à ce que les enfants, soient en lieu sûr. Si tu les laisses partir et je te suivrai gentiment. Sinon je saute. Je peux aussi compter jusqu'à dix si tu veux.
_Ne te donnes pas cette peine.
Il retira les cordes qui maintenaient Draco prisonnier. Et le laissa rejoindre Harry en courant.
_Harry, tu te souviens que tu m'as promis de m'obéir? C'est le moment, tu pars en courant avec Draco et tu ne te retournes pas.
_Uniquement si tu viens avec nous.
_Tu sais bien que je ne le peux pas. Je dois le suivre, je dois respecter ma part du marché.
_Ce qui est tout a tout honneur, mon cher cousin. Je vais donc les épargner puisque tu y mets un peu de bonne volonté.
Voldemort n'avait pas tout prévu. Il ne s'était pas imaginé un tel revirement de situation. Il décida donc d'aller au plus urgent, récupérer son cousin, Harry Potter pouvait attendre un peu. Il se dirigea vers Thomas, qui était un peu trop prêt du bord, il ne fallait pas qu'il tombe accidentellement dans le gouffre.
_Je ne peux pas te laisser mourir. Si jamais tu sautes, Managua me tuera.
_Ce serait peut-être une bonne chose dans ce cas. Il débarrasserait le monde d'une ordure.
_Comment peux-tu me dire ça? J'ai pris des risques pour le récupérer et m'assurer qu'il ne s'en prenne pas à toi. Et c'est comme ça que tu me remercies?
_Tu ne l'as pas fait pour moi. Et tu ne crois pas sérieusement que tu puisses lui donner des ordres?
_Pourtant ce sera bientôt le cas. Car grâce à toi, je serai plus fort que lui, et il se soumettra à ma volonté.
_Comment ça grâce à moi? Je n'ai pas l'intention de t'aider.
_C'est pourtant ce que tu fais, puisque tu as accepté de me suivre en échange de la vie de Draco.
_Tu ne m'as pas laissé le choix non plus. Tu sais qu'il risque de ne pas aimer ce que tu fais dans son dos.
_C'est possible, mais je prends le risque. Et puis il n'en saura jamais rien.
_Je pourrai lui en parler, le prévenir.
_Ce ne sera plus un problème.
_Plus un problème? Que veux-tu dire par-là?
_Tu n'as pas besoin de le savoir. Et puis tu ne le connais pas aussi bien que moi.
_Bien plus que tu ne le crois.
_En attendant ne reste pas aussi près du bord, viens.
Voldemort l'attrapa par un bras, et le força à le suivre. Ce dernier ne mettait pas beaucoup de bonne volonté, il avançait lentement. Trop lentement, et c'était énervant, exaspérant. Voldemort décida de passer à la vitesse supérieur, il fit un geste brusque, qui eu pour effet de faire perdre l'équilibre à son cousin, et de le faire chuter lourdement au sol.
_Relève-toi!
_Je crains de ne pas pouvoir le faire.
_ Fais un effort, veux-tu.
Les choses ne sont pas toujours aussi facile que ça. Il ne suffisait pas de faire un effort pour y arriver. Voldemort était arrivé au bout de sa patience. Cela n'allait pas assez vite pour lui. Il devait faire quelque chose, puisque son cousin ne faisait rien pour se remettre debout. C'est sans ménagement qu'il l'attira vers lui. Ce dernier se débattu comme il le pouvait, tout en essayant de le repousser.
_Ne me touche pas, dit-il sèchement.
Vexé par ce manque de reconnaissance, Voldemort lui donna un coup de poing. Il le regretta juste après l'avoir fait. Thomas était bien trop proche du bord, et il n'avait pas besoin de ça. Cela eut pour effet, de le faire basculer dans le vide. Le seigneur des ténèbres eut le réflexe de le rattraper par un bras avant qu'il ne tombe.
Harry, qui une fois de plus, n'avait pas obéit à son professeur, il était toujours là avec Draco. Impuissant il assista à toute la scène, comme un simple spectateur.
_Thomas, non, hurla Harry. Tu ne m'avais pas dit que cela se passerait comme ça.
_Et moi ne t'avais-je pas dit de partir, sans te soucier de moi.
_Mais tu vas mourir.
_Je n'en ai pas l'intention. Je ne risque rien.
_Ne dis pas n'importe quoi. Tu risques de tomber de haut, et tes chances de survivre sont très mince. Si tu veux vivre tu dois faire quelque chose.
Voldemort ne pensait pas être aussi attaché à son cousin. Au point de tout faire pour le retenir. Mais il n'avait pas assez de force pour le remonter seul, il était bien plus lourd qu'il ne l'avait pensé.
_Que veux-tu que je fasse? Je n'ai aucune prise.
_Tu n'es a pas besoin. Tu dois te transformer en dragon. Tu es si beau sous cette forme.
_Il en est hors de question.
_Tu le feras, parce que j'ai besoin de toi, et que je t'aime, malgré le fait que tu aies trahit ta famille.
La dernière chose à laquelle Thomas s'était attendu, était que son cousin lui fasse cette étrange « déclaration d'amour». Il n'aimait que lui, et personne d'autre. Non, il ne voulait pas entendre ça, il ne le pouvait pas, il ne le supportait pas. Il se débattit, il ne voulait pas lui devoir la vie, lui être reconnaissant pour cela. Voldemort essaya de tenir, mais à bout de force finit par le lâcher, avant d'être entraîné à son tour dans le vide sans fond.
Harry qui sous le choc et la surprise n'avait eu le temps de faire quelque chose, tout ceci était passé si vite. Il finit par agir mais trop tard. Il se dirigea directement vers le bord de la falaise. Il pourrait peut-être faire quelque chose. Draco qui le retient en passant un bras autour de sa taille.
_Lâche-moi. Je dois faire quelque chose.
_C'est trop tard. Tu ne peux plus rien faire.
_Alors il est mort? Par ma faute.
_Tu n'y es pour rien. Rien de tout cela ne se serait passé si je l'avais cru. Si je n'avais été assez bête pour m'enfuir du château dans l'espoir de venger mon père.
_Je n'aurais jamais dû te laisser tout seul ce matin. Tu ne serais jamais parti.
_Ne restons pas là. Cela ne sert plus à rien. Rentrons à Poudlard.
Draco dû ramener Harry de Force. Ce dernier ne voulait pas partir. Si Thomas était toujours en vie, il trouverait un moyen pour remonter. Il était bien assez fort pour ça non ? Malheureusement non, il n'avait pas assez de super pouvoir pour cela, n'étant pas superman comme il l'avait si bien dit.
Pardonnes-moi Thomas pensa t-il tout bas, se demandant si cela servait à quelle chose, si les morts pouvaient entendre ce genre de prière.
À suivre, chapitre 12: Qui parlait?
J'espère que vous avez aimé. Merci à ceux qui lisent et à ceux qui ont laissé des messages. Vous avez le droit de me dire ce que vous en pensez, mais je ne force personne à le faire.
See you
