Fanfic Crows Zero: Michishirube


Héhé voici le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira ! Et encore merci à ceux qui me suivent^^


Chapitre 10: A un carrefour, par une journée blafarde.

Il marchait tranquillement dans la rue afin de rentrer chez lui, ayant décidé ce soir de se poser au calme et de ne voir personne. C'est alors qu'il entendit les bruits distinctifs d'une bagarre un peu plus loin.
Pas du genre à rechigner à assister à un spectacle musclé, il était curieux de savoir ce qui se tramait dans cette rue adjacente, il bifurqua donc pour se diriger vers cette nouvelle destination.

La ruelle était telle que ses occupants n'étaient pas en mesure de le voir arriver, ce qui l'arrangeait bien afin de pouvoir jauger la situation en cours.
Quelle ne fut pas son étonnement en découvrant Amako en mauvaise posture. Au vu de l'état et du comportement des gars autour d'elle, elle avait dû leur en donner pour leur argent. Mais voilà, il n'est jamais très avisé de s'en prendre à des Yakusas, à moins bien sûr que ce soit eux qui aient commencé à chercher la merde.

Sans tergiverser plus longtemps, il s'approcha discrètement et envoya un habile coup de pied dans le bras de celui qui tenait le couteau. Ce dernier retomba quelque part à terre et son possesseur n'eut même pas le temps de s'en rendre compte et de chercher après qu'il se prenait un nouveau coup, cette fois un bel uppercut en plein visage le rétamant complètement.

Amako ne prit pas la peine de voir celui qui était venu la tirer de ce mauvais plan, et profita de cet effet de surprise pour se libérer de ses adversaires. Elle envoya une droite à l'un d'eux et agrippa un second le repoussant violemment avant de lui asséner un coup de pied dans les côtes. Elle voulut donner un nouveau coup au gars d'avant mais celui-ci esquiva son poing et contre-attaqua en la frappant au ventre. Il n'eut cependant pas l'opportunité de continuer car quelqu'un le saisit brusquement par derrière et lui fila de toute évidence une bonne correction.
Amako, quand à elle, tentait de reprendre son souffle, un genou à terre. Lorsqu'elle releva le visage ce fut pour voir tout ses assaillants étalés sur le bitume et une main tendue vers elle, manifestement pour l'aider à se remettre sur pieds. Elle leva alors un peu plus son visage, découvrant avec stupéfaction celui qui était venu lui prêter main forte. Elle ne prit pas cette main tendue et se redressa seule, faisant ainsi face à ce récent arrivant.
Ce dernier, du peu qu'il avait vu de cette jeune femme, n'était guère surpris de la voir décliner ainsi sa proposition d'aide. Il remit donc les mains dans ses poches sans pour autant bouger de sa position.

- Ca va ? demanda-t-il alors d'un ton calme et d'une voix grave et douce.

Amako n'en revenait pas qu'en si peu de temps il ait pu calmer ces abrutis, les envoyant giser au sol. Mais au final, il ne fallait pas en attendre moins d'un élève de terminale de Suzuran, et pas n'importe lequel, l'un de ceux qui étaient parmi les plus réputés.
Et bien que cela lui en coûtait, elle était forcé d'admettre que sans son intervention, cela aurait pu mal finir. Même si elle restait persuadée qu'elle aurait su s'en tirer seule, cela se serait sans doute fait dans un état bien plus amoché que celui dans lequel elle se trouvait actuellement.
Pour autant, elle aurait préféré que ce soit quelqu'un d'autre. N'importe qui sauf lui.

Ce dernier la fixait de ses yeux sombres qui la mettaient mal à l'aise. Qu'avait-il en tête ?
Elle cracha le sang qui lui restait dans la bouche et s'étrangla presque en prononçant une faible réponse à sa question.

- Ouais, ca va. Merci.

Elle avait prononcé ce remerciement l'air de rien, comme si elle le remerciait simplement de se soucier de son état et non de l'avoir « secouru ».

Izaki esquissa un bref sourire.

- On ferait mieux de dégager d'ici et de soigner ta blessure.

Elle ne s'était même pas donnée la peine de repenser à cette blessure et maintenant qu'il le lui rappelait, elle sentait en effet un picotement désagréable et découvrit le tissu déchiré et taché de sang de son gilet. L'adrénaline avait jusqu'à présent masqué cette douleur.

- Exact.

Ils sortirent tout deux de la rue, abandonnant les loques qui se trainaient à terre.

Une fois qu'ils furent suffisamment éloignés, elle estimait ne plus avoir besoin de sa présence. Bien qu'avant non plus, quand elle y réfléchissait, mais elle n'avait pas su quoi lui dire alors qu'ils se dirigeaient vers un environnement plus fréquenté et ils avaient tout deux gardé le silence.

- Je vais me débrouiller, ok. Lui lança-t-elle alors, d'un ton quelque peu abrupt.

- Dis pas n'importe quoi. Laisse-moi t'aider à soigner ta blessure. Protesta-t-il d'une voix toujours calme.

- Pourquoi ? J'ai pas besoin de ton aide.

- Tu me fais penser à Genji, une vraie tête de mule. Plaisanta-t-il. Au vu de l'état de ta blessure tu vas avoir besoin de points de suture, et c'est toujours mieux quand c'est fait par une tierce personne.

Il n'avait pas tort, même si elle s'en passerait bien.

- Crois pas que je te sois redevable de quoi que ce soit, blondinet.

- Mais je n'ai rien dit.

D'un air entendu, elle continua la marche en direction de son appartement, Izaki sur ses talons.


Elle avait sorti la trousse de soin et l'avait posé sur la table du salon. Izaki attendait sagement debout qu'elle soit prête à le laisser l'approcher. Elle le regarda de ses yeux noirs chargés de méfiance et de menace. Il avait très bien compris qu'au moindre geste déplacé de sa part, il le regretterait. Elle paraissait mal en point mais ce n'était qu'une façade.

Elle ôta devant lui son gilet, tressaillant sous le frottement avec la plaie encore ouverte. Izaki ne se gêna pas pour détailler discrètement la silhouette de la jeune femme.
En débardeur noir, elle s'assit ensuite sur le canapé et il vint alors se poser à côté d'elle afin d'entreprendre ce pourquoi il était ici.

Elle observait le moindre de ses mouvements, croisant de temps à autre son regard qui la dérangeait toujours autant. Il nettoya consciencieusement la plaie, la referma avec du fil en prenant soin d'être le plus doux possible ce qu'elle ne manqua pas de remarquer, puis il enroula un bandage autour de son bras.
Durant toute la manœuvre, elle avait senti son cœur s'accélérait. Cette situation ne lui plaisait pas, elle était nerveuse et ne savait pas quoi penser de ce type. Il avait par ailleurs lancé la conversation tandis qu'il la recousait.

- Tu ne m'as toujours pas dit, pourquoi est-ce que tu te bats?

Elle croisa alors ses yeux bruns qui la fixait avec toujours autant d'intensité. Elle avait du mal à soutenir son regard mais se refuser à baisser ou détourner les yeux. Ce serait un signe de faiblesse supplémentaire qu'elle ne pouvait se résoudre à montrer.

- Pourquoi est-ce que tu tiens tant à le savoir ?

- Eh bien, c'est la première fois que je rencontre quelqu'un comme toi…

Cet aveu continua à alourdir l'atmosphère de la pièce.

- Une fille qui se bat, tu veux dire ?

- Non. Ce que je veux dire c'est que tous ceux de Suzuran ne sont pas à Suzuran pour rien. C'est notre façon de vivre. Mais toi, tu n'es pas du bahut, ni d'aucune autres factions. Alors quelle est ta motivation ?

- Ma motivation ?

La question revêtait un certain intérêt il est vrai. Tout un tas de raisons se bouscula dans son esprit. Le fait qu'elle avait toujours été ainsi, participant à des bagarres dès son plus jeune âge. Son père, ce Corbeau inconnu, qui lui avait sans doute légué cette rage de combattre. Son besoin de toujours se dépasser. Et surtout cette étincelle qui l'animait à chaque fois.

Elle lâcha une réponse, les mots sortant tous seuls de sa bouche, sans qu'elle ne le veuille vraiment.

- Elle ne diffère pas grandement de la vôtre au final. Je ne cherche pas à conquérir ou asseoir un statut, c'est vrai. Mais simplement à prouver ma valeur. A me sentir vivre.

Elle commençait à être fatiguée, elle le sentait dans cette manière de baisser ainsi ses barrières alors que normalement elle aurait du chercher à l'embrouiller encore pour éviter de lui répondre franchement.
Il faut dire qu'elle avait accumulé trop de tensions et de fatigue ces dernières semaines, il fallait bien à un moment que cela finisse par la faire flancher pour lui rappeler de faire plus attention.

Mais pourquoi est-ce qu'il avait fallu que ce soit avec lui ?

Tandis qu'il finissait son office, sans n'avoir émit aucune remarque à ses propos, elle se saisit de son téléphone pour appeler Yoshi.

- Salut. Juste pour te dire que je ne viendrais pas bosser ce soir, je suis pas en état.
Non t'inquiète pas, je vais bien.
Oui je t'assure.
Mais non, tu me connais ? De toute manière je serais là demain, ok. Ca ira ?
Oui, ne t'en fais pas.
D'accord.
Ciao.

Izaki referma au même moment la trousse de soin, et Amako se releva.

- Merci. Je te retiens pas davantage.

- Et c'est tout ?

Il s'était relevé à son tour, la toisant de ses quelques centimètres qu'il avait de plus sur elle.

- Quoi ? S'interloqua-t-elle.

- Un café peut-être ? Ce serait la moindre des choses, tu ne crois pas ?

Il lui avait suggéré cela en penchant légèrement sa tête vers elle, ce qui la déstabilisa quelque peu. Elle n'arrivait pas à réfléchir convenablement et réagit à l'inverse de ce qu'elle aurait vraiment fait dans un autre contexte.

- Un café ? Ok, mais après tu te casses.

Elle se dirigea alors vers la cuisine, suivie d'Izaki. Tandis qu'elle s'afférait à préparer le café, il s'était accoudé au comptoir qui séparait la cuisine du salon.

Elle sentait son regard foudroyant fixé sur elle et l'épuisement n'aidant pas, elle fut incapable de se contrôler.

- Pourquoi tu me regardes ainsi ? Tu sais quoi, j'ai changé d'avis. Je veux que tu dégages.

- Vraiment ?

Elle avait contourné le comptoir pour lui faire face, le poing serré malgré la tension qu'elle ressentait au niveau de sa plaie.
Izaki esquissa un sourire, tout cela semblait l'amuser, ce qui ne faisait que renforcer l'agacement de la jeune femme.

- Tu crois pouvoir me battre ? Avec cette blessure ?

- Il n'y a qu'une façon de le savoir.

Elle ne se fit pas davantage prier pour élever son poing vers lui, mais son bras encore faible l'handicapait immanquablement et son coup fut interrompu sans difficulté et avec une nonchalance moqueuse par son destinataire. Pourtant il s'évertuait à ne pas trop forcer sur ses mouvements afin de ne pas rouvrir la blessure d'Amako. Mais quoi qu'il fasse, cela avait toujours pour effet de la faire sortir un peu plus de ses gonds.

Elle le repoussa alors avec violence, et ce malgré la douleur qui s'était ranimée dans son bras. Elle s'en fichait pas mal, il était hors de question qu'elle se laisse maitriser par ce type. Depuis qu'elle l'avait rencontrée, il ne cessait de jouer avec elle et elle en avait assez. Elle réussit à lui donner un coup de pied qui le plaqua contre le mur en face. Et alors qu'elle engagea un nouveau coup, il l'esquiva et c'est elle qui se retrouva cette fois plaquée contre le mur, coincée par Izaki. Il lui offrit un nouveau sourire tandis qu'il la maintenait fermement contre le mur, entravant ses possibilités de dégagement.

Son sang palpitait dans ses veines et elle regrettait d'avoir été si stupide.

- Tu te calmes ? Lui demanda-t-il, manifestement satisfait.

- Ca va être difficile ! Le fait de me sentir prisonnière n'aide pas, je t'avouerais.

- Tu l'as bien cherché. Ceci dit je reconnais volontiers que tu te défends bien.

Elle soupira, tentant alors de calmer la tempête qui faisait rage au fond d'elle.

- Je croyais pourtant t'avoir prévenue.

- Comment ça ?

- Tu as beau vouloir être tenu à l'écart. Dès l'instant où tu as posé ton regard et ton attention sur Suzuran, tu t'es liée à ce bahut et forcément tu vas croiser de plus en plus de gens qui vont savoir que tu traines avec des Corbeaux, qui vont savoir que tu aimes te battre et qui vont avoir des intentions bonnes ou mauvaises à ton encontre.
La preuve.

Il désigna de la tête la blessure d'Amako. Il est vrai qu'elle l'avait reçu par des Yakusas qui avaient été informés de ses fréquentations avec Suzuran et en particulier avec Serizawa.

Elle ne trouva rien à lui répondre.

Ils étaient très proches l'un de l'autre et ne se lâchèrent pas du regard. On pouvait lire aisément dans celui d'Amako de la rage et de la frustration, qui avait ensuite laissé place à une certaine réflexion.
Mais celui d'Izaki, intensément posé sur elle, demeurait toujours aussi énigmatique.
Elle se sentait comme paralysée, et cela n'avait rien à voir avec le fait qu'il la tenait en respect.
Comme une impression de se tenir au bord d'un gouffre.

Izaki pencha légèrement la tête sur le côté.

- Nous sommes parti sur de mauvaises bases. Si on recommençait ?

Elle mourrait d'envie de lui en coller une. Mais, même en zappant le fait qu'elle n'était pas vraiment en position favorable pour cela, elle était aussi tentée de cesser les hostilités entre eux.

- Ok. Mais à une condition.

- Je t'écoute.

- Tu m'en dois une. Lorsque je serais totalement guérie, je veux un duel digne de ce nom. Toi et moi.

Elle éprouvait soudainement un regain d'assurance, sentant les mains d'Izaki moins fermes sur ses épaules elle se redressa un peu le fixant au fond des yeux, se jetant en plein dans le gouffre.

Il lui offrit un sourire en coin ravageur et lâcha entièrement son emprise, sans pour autant reculer.

- Très bien. Marché conclu alors.


A suivre^^