Chapitre 11 : Critiques et Rencontre
C'est...Très bizarre.
Voilà trois jours que cet horrible événement s'est produit et je n'ai entendu que deux remarques à ce sujet, dont une de Pénélope bien évidemment. Personne n'en parle ! J'ai eu très peur le premier jour, j'évitais tout le monde, mais au fur et à mesure, je me suis rendu compte que personne ne me cherchait pour m'humilier encore plus comme ils le font d'habitude, il n'y a pas eu de blague à voix haute à ce sujet durant le dîner ou les cours...Pas de « souvenirs » oubliés dans mon sac, pas d'agression à part dans les couloirs...On ne m'asticote pas, on ne me martyrise pas. Lorsque j'avais été enfermée dans les toilettes, certains avaient tentés de recommencer et d'autres m'avait jeté de l'eau croupie à la figure au cas où j'aurai pu oublier ce souvenir, tandis que le reste de l'école riait sans se cacher sur mon passage.
Qu'est-ce qu'il se passe ? Ca me met mal à l'aise. J'ai peur : au moins, je m'étais faite à l'idée de me faire une nouvelle fois humilier par toute l'école, mais là, j'ai peur de m'habituer à cette douceur et que l'on me fasse un coup en traître.
Il y a plusieurs suppositions : -je suis devenue sourde...mais j'entends toujours très -hum- trop bien les murmures dans mon dos à propos de ma laideur ou du fait que Opieka doit avoir pitié de moi donc non.
-Une potion dangereuse -peut être celle dont parlait Black l'autre jour- a dégagé d'immenses vapeur créant un oubliette collectif dans les couloirs au moment où j'étais dans ma salle secrète...Mais les professeurs auraient réagis, non ?
-Ils n'ont pas trouvé ça amusant...Cependant, vu comment ils riaient au moment où c'est arrivé, j'en doute.
…Toute l'école doit être au courant et pourtant, je n'entends rien à ce propos.
On me jette des regards mais à part ça, on me laisse plutôt tranquille, si on oublie le quotidien des boulettes gluantes durant les cours, des murmures désapprobateur et dégoûté sur mon passage et des croche-pieds dans les escaliers.
Aurai-je été épargnée ? Pour une fois dans ma vie ?
Ou est-ce ma bonne étoile qui fonctionne enfin ? Le travail est loin d'être complet mais si elle arrive à réaliser ce genre de miracle, je ne peux que la féliciter, non ?
Bonne étoile...Ou ange gardien : même le préfet de notre classe, Lupin, est venu me voir le lendemain avant un cours pour me parler.
Il m'a dit qu'il avait vu ce qui s'était passé la veille et qu'il était désolé de n'avoir rien pu faire. Je trouve ça hypocrite et mal placé de sa part mais il avait vraiment l'air perdu...Et ça m'a quand même touché. Si je ne l'ai pas vu c'est qu'il devait être trop loin, non ? Il m'a aussi demandé de le prévenir si quelqu'un me cherchait des ennuis à ce sujet ou à propos de quoique ce soit d'autre.
C'était...trop gentil. J'ai rougit, je le sais, puis je lui ai dit que ça allait avant de le remercier et d'aller en cours. Je ne vais pas dénoncer les gens, je ne suis pas comme ça...De toute façon, mis à part Pénélope et des filles jalouses de l'attention d'Opieka, personne ne s'en prend physiquement à moi...sauf dans de rare -ou moins rare- occasions. En tout cas Lupin semble faire un peu plus attention à moi et ça me rend toute chose. Bon, ce n'est vraiment pas le moment de me faire des idées...Ce n'est jamais le moment de se faire des idées sur un prétendu soupirant lorsqu'on est un souffre-douleur.
Le même jour James m'a fait un signe de tête, le genre de signe qu'on fait pour saluer de loin par manque de temps mais démontrant une volonté de reconnaître l'autre malgré tout. J'étais tellement estomaquée que je ne lui ai pas répondu à temps. Je me suis sentie très bête à hocher la tête toute seule dans le couloir. J'espère que personne ne m'a vu.
D'ailleurs c'est étrange si on pense qu'i peine quelques jours, il riait publiquement de moi, et qu'il me dénonçait injustement. Est-ce parce que Pénélope a insulté notre famille qu'il a décidé de changer de comportement ? Il lui a fallu ça pour qu'il comprenne que la manière dont il me traitait était mal ? Pas terrible le temps de réaction. Mais je dois avouer que c'est assez violent comme transformation. Ah moins que ce ne soit un piège...Il veut endormir ma vigilance et ainsi, m'attaquer de la pire manière qui soit pour montrer la haine qu'il ressent envers le souffre-douleur que je suis.
Ah je sais ! Ce n'est pas une histoire d'ange gardien ! Il devait y avoir des gouttes de potion hallucinogène dans les bombabouses et donc maintenant je vois des choses qui n'existent pas !
Voilà, j'ai trouvé une réponse tout à fait logique.
Paf !
Encore plus logique désormais car je viens de recevoir un coin de quelque chose de dur dans le crâne alors que je suis debout, et non pas accroupi comme ça arrive le plus souvent. Je plaque une main contre la zone meurtrie, ressentant une douleur fraîche et aiguë bien particulière à ce genre de choc. En me retournant, je me trouve face à Pénélope qui me regarde de haut, un livre sous le bras...C'est donc avec ça qu'elle m'a cognée ?
-Tu as les réponses pour le devoir d'enchantement ?
Bonjour Pénélope, comment ça va ? Oh, tu es venu t'excuser pour ces années d'enfer ? Fallait pas, de toute façon je t'aurais craché à la figure...
Oui j'ai les réponses...Mais tu ne les auras pas.
-Pas sur moi.
-Donc tu les connais. Tu peux me les dire ? demande-t-elle en tentant de mettre un zeste de politesse dans sa voix mais avec une telle mauvaise foi qu'elle même n'oserait pas nier qu'elle me méprise.
-Non, je ne me souviens pas.
Ce serait plus rapide de les lui dire mais je ne suis plus son chien...J'obéis aux autres par peur mais elle, non, plus jamais. Ce n'est pas une rébellion, c'est juste de la haine : je la connais, elle m'a utilisée, donc je peux la haïr légitimement. Et je n'aime pas mentir, alors si je lui disais que des réponses fausses, elle s'en rendraient compte et me le ferait payer.
-Arrête, tu peux me les passer, à moi.
-A toi ? je répète en feignant la perplexité.
-Je te passais mes devoirs avant !
-Euh...Je crois que tu confonds avec ton amie imaginaire : tu n'as jamais aidé personne.
-Je t'ai aidée, tu n'avais aucune amie et j'ai accepté de te fréquenter alors que franchement tu...
-Je ?
Je hausse un sourcil méprisant, fière de la voir se contredire : elle voulait se faire passer pour la « gentille » mais elle vient juste de montrer qu'elle n'était qu'une idiote qui ne juge que sur les apparences.
Elle lève le visage en fronçant le nez et puis crache sa réplique.
-Alors que tu n'es qu'une sale bourge puante !
-Comme ça a du être dur pour une fille aussi superficielle -hum, pardon- superbe. Alors pourquoi tu viens me voir si je pue autant ? Ca te fait penser à toi ?
-La ferme.
-Ca te rappelle ta nature profonde et putride ?
Je me prends une claque. Je n'ai jamais su donner de gifle à qui que ce soit, pas assez rapide et je n'y pense jamais aux bons moments.
-A ta place, le chien-chien, je donnerais gentiment le devoir et les réponses avant que je ne m'énerve, siffle-t-elle.
Quand il y a du monde, elle me terrifie car elle symbolise toute les humiliations passées, mais toute seule, je sais qu'elle ne peut que porter des coups physiques ou verbaux ce que je peux endurer sans broncher.
-Ah oui ? Mais tu n'es pas à ma place, bien que tu sois une chienne.
Deuxième claque, bien plus forte. Je l'ai peut être méritée celle-là. Soudain je la sens m'arracher mon sac et le fouiller. J'attends patiemment, tentant d'afficher un sourire narquois mais la douleur aux joues m'en empêche. Je ne vais pas essayer de le lui arracher des mains, je me prendrais d'autre coup et je veux juste que tout ça se termine rapidement. Au bout d'un moment, elle comprend que le devoir n'est pas là et décide de jeter le sac à plusieurs mètres devant elle, contre une étagère. Un bruit de verre qui se brise éclate dans la pièce et je devine qu'un flacon d'encre doit désormais déverser son contenu sur mes parchemins. Quelle joie. Mon coeur se serre de dégoût face à la quantité de travail que je devrais reprendre.
-Ca t'apprendra, Rubbish, me murmure-t-elle, essoufflée, un sourire victorieux sur les lèvres et une longue mèche bouclée tombant devant ses yeux.
Je lui jette mon regard le plus neutre tandis qu'elle s'en va, remettant ses cheveux en place d'un geste de la main. Une fois hors de vue, je me rue sur mon sac pour limiter les dégâts. Heureusement que j'ai caché le dit devoir dans mon roman d'aventure !
Au moment où je me penche pour le ramasser et jeter un sort de séchage, je remarque deux jeunes hommes apparemment de Serpentard qui semblent avoir un conflit. Dois-je m'éloigner ? Je ne vois pas comment ils pourraient s'en prendre à moi -en se rendant compte de ma présence ils s'arrêteraient ou me diraient de « dégager »- mais on ne sait jamais.
Puis je reconnais Jugson et...Le deuxième est en septième année, très grand, une aura très adulte, même pour son âge, renforcée par son bouc et une fine et très élégante moustache. Je ne sais plus comment il se nomme...
-Il m'en faut un de plus grande qualité ! Sinon je ne vais pas pouvoir réussir. Tu sais que c'est extrêmement important pour mon futur !
-Ca ne me concerne pas ! C'est ton devoir, c'est à toi de le faire...Alors je ne vois pas pourquoi je devrais t'aider !
-Je pourrais te citer, plus tard...
Ils doivent parler d'une recherche pour un devoir de septième année. Il paraît que l'on doit faire nos propres recherches dans les matières principales -comme les potions ou la métamorphose- et laisser une étude sur un sujet aussi épais qu'un livre d'arithmancie. Ca fait peur. Par contre, on peut utiliser ces travaux pour notre futur et, s'ils sont réussis, ça aide énormément pour l'obtention d'un emploi, surtout dans le milieu de la recherche magique ! C'est mon grand père qui m'a raconté tout ça. Il aurait lui même développé de grandes théories à son époques ce qui lui a permis de bâtir une jolie fortune aujourd'hui.
-Et où pourrais-je en trouver ? Ca coûte une fortune ces trucs là ! Franchement, ne compte pas sur moi, Dolohov.
Dolohov ! Mais oui ! Je l'ai déjà rencontré à un repas de famille... Je devais avoir sept ans, il ne faisait pas attention à moi. Nos familles sont bien trop éloignées pour que l'on ai besoin de se parler...
Ce dernier tourne la tête comme pour chercher un autre argument à dire à Jugson tandis qu'il s'éloigne puis croise mon regard alors que je suis toujours à moitié accroupie, les mains tâchées d'encres, le sac dégoulinant.
Je m'attendais à un regard méprisant ou neutre. Je m'attendais à un sourire narquois ou une grimace de dégoût. Je m'attendais à un reniflement méprisant ou une remarque cinglante.
Cependant, Dolohov me fixe, moi, mon sac, mes parchemins, surpris. Puis il s'avance vers moi d'un pas sûr et grave, d'une manière très noble pour un homme, démontrant son excellente éducation. Je réalise un mouvement de recul malgré moi, relâchant quelques rouleaux par terre au moment où il sort sa baguette de sa poche. Parfois, les septième années aussi s'en prennent à moi. C'est rare mais d'autant plus terrible.
-Purgo.
Hein ?
Soudain je sens un vent doux autour de mes mains qui sont désormais aussi propre que si je sortais d'un bain. Mes feuilles aussi sont redevenues intactes tout en conservant les notes inscrites quelques heures auparavant. Dolohov répète le sort sur mon sac qui se débarrasse de toute l'encre imbibé jusqu'alors et reprends un aspect convenable.
Toutes mes affaires sont intactes ! C'est comme si il n'y avait jamais eu de flacon d'encre !
-C'est quoi ce sort ? je ne peux m'empêcher de murmurer, plus pour moi même que pour le jeune homme.
Je me sens soudain très idiote d'avoir formulée ma question d'une manière aussi puérile. Surtout devant un septième année. Moi qui aimerais tant paraître plus mature que je ne le suis, mais Dolohov ne semble pas en tenir compte et m'explique son fonctionnement comme si j'étais un élève de sa maison, de sa classe, et non pas « Rebberka ».
-Le sort de purification : purgo. En y ajoutant un autre nom, la précision augmente. Il se réalise en bougeant le poignet ainsi -il réalise le geste sous mon regard attentif. Il a été découvert il y a seulement quelques années donc on ne l'étudie pas encore à l'école.
Je hoche la tête en signe de compréhension, fascinée par ce qu'il me raconte : voilà un sort qui me sera plus qu'utile. Je constate que son regard cherche à rencontrer le mien et dirige immédiatement mes yeux sur le bout de mes chaussures, mes joues tellement brûlante qu'une salamandre s'y installerait sans problème.
-Mer..., je commence à bégayer, gênée mais il me coupe dans ma phrase.
-Tu es Rebbeca Foist, n'est-ce pas ?
Je hoche la tête violemment. Il me reconnaît ?
…
Ah, non, ce doit juste être à cause de toutes ces humiliations et farces à mon encontre, je suis connue de cette manière désormais...
-On s'est vu il y a...Huit ans je crois...A un dîner familial chez les Yaxley, non ?
Je hoche à nouveau la tête, un sourire naissant sur mes lèvres contre ma volonté : il se rappelle de moi ! Il a une mémoire hors du commun ! Hihi.
-Je sais que ce n'est pas très polit de te demander cela alors que nous nous parlons pour la première fois mais...Ton père travaille bien dans les affaires avec l'étranger ?
-Oui..., je réponds précipitamment.
Je ne trouve pas du tout cela impoli ! Il m'aide à réparer les dégâts de l'autre idiote et m'apprends un nouveau sort...Et en plus il est gentil avec moi. Je suis au contraire ravie de pouvoir continuer la discussion !
-Vois-tu, j'ai une thèse à fournir au professeur Slughorn au sujet des différents philtres de l'esprit et je n'arrive pas à connaître parfaitement l'usage d'un des ingrédients clés dans la plupart de ces potions parce qu'il me fait défaut, ainsi que certains autres éléments, me raconte-t-il l'air contrit.
Punaise, le langage plus que parfait, c'est magnifique. Je me croirais dans un roman...STOP ! Pas de scénarios hâtifs et ridicules comportant de grandes déclarations enflammées !
-Tu voudrais que mon père te fournisse de quoi terminer ta thèse ? je réponds en hésitant sur les termes à employer.
-Je ne veux vraiment pas te forcer la main mais ça m'aiderait énormément. Je paierai les commissions et tout ce qu'il faut si ça le gêne, déclare-t-il d'un ton fort sans être ridicule, comme pour prouver sa détermination.
J'hésite un moment : s'il est si cher et si rare cet ingrédient, il ne doit pas être très utilisé, et peut-être même à la limite de la légalité. Mais si mon père peut l'obtenir, c'est peut être juste parce qu'il est rare en Grande Bretagne. De plus, Dolohov est charmant avec moi donc je ne vois pas pourquoi je refuserai de contacter mon père...Mais je ne veux pas le décevoir en cas de refus...J'ai une idée.
-Je...Je vais écrire une lettre de recommandation à mon père, comme ça, vous pourrez choisir vous mêmes des clauses de votre... « contrat ». Ca...te convient ? j'ose demander, pas très sûre de la manière dont je dois lui parler.
-C'est bien plus que je n'espérais, me répond-il avec un sourire rapide mais sincère. Tu m'aides bien plus que je ne l'espérais. Merci.
Je rougis violemment en faisant signe que non, que ce n'est pas encore fait...Et je n'arrive pas à retenir un sourire.
-Ca à l'air intéressant comme sujet de thèse, je déclare, cherchant à me rendre intéressante.
-C'est fascinant, renchérit Dolohov. Si tu veux, je pourrais t'en apprendre un peu plus à ce sujet.
-Ah ! No-Non, j-j-je ne veux pas te gê-gêner ! je réponds précipitamment.
-Ca ne me gênerait pas le moins du monde, finit-il alors que la sonnerie retentit, plongeant ses yeux dans le mien.
Je lui fais un rapide signe d'au revoir auquel il répond puis je m'enfuis en direction de mon antre.
Ohmondieuohmondieuohmondieu ! J'ai parlé à un septième année ! J'ai discuté avec un septième année ! Septième année !
Et il m'a demandé un service ! Et il a été super gentil avec moi ! Je suis trop contente !
Je devrais arrêter d'agir ainsi, je déteste les filles aussi frivoles alors je ne dois pas me comporter comme elles. Cependant, la vague de chaleur continue de m'inonder. On va sûrement se reparler...Il faut vite que j'écrive la lettre à mon père et que je l'envoie !
Je rentre dans ma salle avec une bonne humeur qui est aussi rare que les phénix et jette les sorts habituels -renforcés par ma bonne humeur- au povrebine. Je sors un parchemin est écrit de ma plus belle écriture, réfléchissant à chaque mot pour mieux amener mon père à exaucer le souhait de Dolohov, et ainsi, me permettre de le revoir. Je précise bien qu'il est plus que sérieux et m'a rendu de grands services -un seul mais...par rapport aux autres, c'est plus qu'énorme.
