.
.
.
Chapitre 10 : Capitaine de vaisseau Zoé Niemann
.
Durant la journée, nos deux hommes ont tenté de masquer la nouvelle réalité de leurs relations aux yeux de ceux qu'ils côtoient quotidiennement. Ils préfèrent garder pour eux encore un moment la relation naissance qui vient de s'instaurer comme si le fait de la dévoiler pouvait mener à une catastrophe. C'est du moins la raison que se donne Gibbs pour éviter de porter constamment son regard sur son italien et de garder ses mains à bonne distance de son corps.
.
Il décide donc de houspiller ses troupes et de leur en demander toujours plus pour trouver des corrélations entre tous les meurtres qui les frustrent non seulement par le manque d'indices mais aussi par l'absence de liens entre toutes les victimes. Il doit certainement y avoir une connexion qu'ils ont manqué. Alors, la journée se passe à revoir les dossiers des victimes, à compléter leurs informations par de nouveaux interrogatoires.
.
Le soir venu, Gibbs laisse ses deux plus jeunes agents partir en premier. Puis, il se tourne vers Tony et le contemple. Son agent termine de taper une info, concentré, il se mordille la lèvre. Il lève soudain la tête et rencontre le regard bleu posé sur lui, il sourit à son boss.
.
« J'ai bientôt fini, patron » dit-il tout en sauvegardant son travail et en éteignant son ordinateur. « Voilà, c'est fait. »
.
Il se lève de sa chaise, prend son sac et son arme et contourne son bureau. Là, il stoppe et attend visiblement que son aîné le rejoigne.
.
« Bien, alors on y va. Tu me suis, je t'attends à la maison » propose le senior.
« Ok, Jethro, sur tes six heures. A tout de suite, chez toi » répond le junior.
.
Alors, Gibbs se rapproche et une main sur les reins de Tony, les deux hommes traversent les bureaux déserts en direction de l'ascenseur. Chacun monte dans son véhicule, et Tony suivant Gibbs, ils quittent le parking. Arrivés à destination, les voitures garées, les deux hommes pénètrent dans la maison et d'un seul geste, comme s'ils avaient déjà fait ça ensemble, chacun dépose ses clés sur le meuble de l'entrée et l'arme dans le tiroir. Puis étonnés d'une telle synchronisation, Tony ne peut s'empêcher d'émettre un léger rire.
.
« Eh bien ! On dirait que nous avons les mêmes habitudes, Jethro. »
« J'ai toujours pensé que j'avais déteint sur toi, Tony » le détrompe l'ancien marine.
.
Leur première soirée ensemble chez le patron se passe calmement, l'un apprenant de l'autre. Tony pose ses marques, Gibbs le regarde évoluer et évaluer son nouvel environnement un peu plus longuement que lors de son dernier passage quelques jours plus tôt. L'italien reprend possession de l'espace qu'il connaît, ou plutôt a connu, il y a quelques mois lorsque son boss l'a hébergé durant une certaine période. De petits riens ont changé, surtout le fait qu'il ne squatte pas la chambre d'ami mais partage désormais celle de son amant.
.
La nuit est tout aussi simple, tous deux allongés dans le grand lit, Tony lové contre un corps chaud mais masculin, enlacé par Jethro qui le serre contre lui. Et les deux hommes plongent dans le sommeil veillés par l'astre lunaire.
.
.
.*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*.
.
Et dès le lendemain, le cycle infernal repart de plus belle. A peine une heure après l'arrivée du dernier membre de l'équipe, en l'occurrence McGee, le téléphone de Gibbs fait entendre sa sonnerie. Le son aigrelet fait sursauter les agents plongés dans les recherches complémentaires sur tous les dossiers en cours. Gibbs décroche finalement et au ton de sa voix, il est incontestable qu'une nouvelle victime est à déplorer. Ce n'est plus un mystère pour eux lorsque Gibbs raccroche brutalement le combiné sur son socle et aboie ses ordres.
.
« Allez, on s'active. Un nouveau corps au United States Navy Memorial. »
« Je vais chercher la voiture, Gibbs » annonce Tony, sac sur l'épaule et arme à la hanche.
« Je vais prévenir Ducky » précise Kate qui préfère descendre à la morgue plutôt que téléphoner.
« Et moi, je vais avec elle » dit simplement Tim désireux d'éviter les foudres de leur irascible patron.
« Eh bien ! Voilà ce que j'appelle des agents efficaces » approuve le patron en se dirigeant vers l'ascenseur.
.
Le trajet se fait en silence dans la voiture de l'équipe suivie du fourgon du légiste. Une fois sur place, chacun se déploie et entreprend d'effectuer sa tache désormais coutumière. La victime, comme toutes les autres, gît au pied du mémorial. Le corps d'une femme entre deux âges est allongé sur le dos. Gibbs s'approche et détaille la femme avant de céder la place à Ducky qui procède à un examen préliminaire visuel.
.
« Bon, qu'avons-nous là ? Une mort par arme blanche également, je suppose. Pourquoi changerait-il son mode opératoire pour vous, ma chère ? »
« Ducky ? » entend-on soudain.
« Un instant, Jethro. Tu permets que je me munisse de mes instruments avant de faire mes constatations, s'il te plait » lui répond tranquillement le légiste. « Elle ne va pas s'envoler, tu sais, je crois qu'il est trop tard pour çà. »
.
Deux minutes plus tard, il fait part de ses premières observations.
.
« Bon, décès au début de la journée, selon la température vers six heures. Usage d'une arme blanche, profonde lacération dans l'abdomen. Voilà pour l'instant, Jethro. »
« Merci, Ducky. Tu peux procéder au départ, nous cherchons nos indices et on rentre. »
« D'accord, à tout à l'heure. Monsieur Palmer, brancard pour cette dame, s'il te plait. »
.
Une fois le fourgon parti, Gibbs peut se préoccuper de ses agents. Les premiers témoignages obtenus, ils se sont mis à la recherche des différents éléments désormais familiers. Et c'est McGee qui gagne la course en trouvant l'arme, un couteau comme d'habitude. Kate arrive bientôt avec le portefeuille de la victime. Tony, un sachet en mains, furète encore. Gibbs le regarde un instant avant de l'interpeller.
.
« Tony, tu as trouvé ? »
« Juste le papillon, patron » précise l'italien. « Je cherche… »
« Quoi donc ? »
« La photo, il doit y en avoir une s'il respecte le schéma » lance Tony en réponse.
.
Et quelques secondes plus tard, ils voient en effet Tony franchir la corde. Un cliché de McGee a été déposé à 3 mètres après le cordon de sécurité. Muni de ces indices, il revient vers le groupe et tend les sachets.
.
« Le papillon est une femelle, c'est un Proserpine et la photo est celle de McGee. Vous avez l'arme ? »
« Oui, celle-ci » indique McGee en montrant le sachet.
« Oh ! Super, un khandjar, une arme persane. Drôle de choix » remarque Tony.
« Bien, nous verrons le reste au bureau. On rentre, nous n'avons plus rien à faire ici » indique l'ancien marine. « Tony, les clés, je prends le volant. »
.
Chacun monte en voiture et à peine les ceintures bouclées, le véhicule démarre sur des chapeaux de roue. Tony s'agrippe comme il peut au siège lorsque le boss lève sensiblement le pied de l'accélérateur en constatant que l'agent a crispé ses mains sur le cuir du fauteuil. Tony pousse un léger soupir que Gibbs a capté et qui amène un sourire aux lèvres de l'agent senior.
.
Une fois au bureau, chacun des agents se plonge dans les arcanes du web pour trouver de quoi satisfaire leur patron. Alors que ce dernier monte au MTAC faire un compte rendu des affaires au directeur, le reste de l'équipe tente de trouver ce qui pourrait relier ce sixième meurtre aux cinq précédents. Deux heures plus tard, il revient vers ses agents, prêt à entendre les premières infos recueillies.
.
« Qu'avez-vous trouvé ? » attaque t-il d'office avant même de s'asseoir à son bureau.
« Et d'abord, le curriculum de notre victime » annonce Tony. « Iris Niemann, 42 ans, elle était infirmière à Bethesda depuis plus de 15 ans, veuve, sans enfants. Ses parents sont décédés dans un accident de voiture il y a 10 ans, son mari était avec eux. Elle habite dans une petite maison à Bethesda, entièrement payée avec l'assurance vie de son mari. »
« Pas de problème avec ses supérieurs ou ses collègues, était appréciée de ses patients » énonce Kate qui a pris le relais. « Elle faisait partie d'un club de bridge dont le rendez-vous hebdomadaire avec lieu chez elle tous les mardi soir. D'après ses dames, aucun souci n'est venu perturbé sa vie ces derniers temps. Elle avait même rencontré un homme charmant qu'elles ont vu à la séance d'il y a deux semaines. »
« L'analyse de ses comptes bancaires est nickel, patron, comme pour les autres. Les appels téléphoniques n'ont rien montré de suspect non plus, un crédit pour une voiture achetée il y a deux ans, c'est tout. »
« Non, ce n'est pas tout, McGee. Ca ne nous dit pas pourquoi cette femme sans histoire a été la cible d'un tueur qui prend un malin plaisir à laisser une photo de mes agents sur le lieu où il dépose le corps. »
« Gibbs » souffle doucement Tony en s'approchant de son boss et en posant une main sur son bras.
.
Et à la stupéfaction de McGee et Todd, le simple nom de leur boss prononcé par l'italien met fin à la colère de leur patron. Se séparant de l'étreinte de l'italien, il se passe une main sur le visage et soupire un bon coup.
.
« Je sais, Tony, je suis déso… »
« Tsss, tu sais ce qu'on dit des excuses, boss, alors ne vas pas plus loin. »
« Il arrive parfois pourtant que les excuses soient nécessaires, Tony et là, je crois que c'est une occasion où elles sont inévitables. »
« Bon, ben, pas la peine d'en faire tout un plat, on a compris, je crois » fait l'italien en consultant ses collègues du regard. « Kate et le bleu ne t'en veulent pas pour cet écart, n'est ce pas ? »
« En effet, Gibbs » renchérit Kate. « Nous sommes aussi frustrés que toi de ne pas avoir plus à annoncer mais on ne trouve rien qui relie toutes les victimes entre elles. »
« Les lieux de travail sont divers… » commence McGee
« Mais toutes les victimes sont à Washington au moment de leur mort » remarque doucement Tony. « Comment fait-il pour savoir çà alors que nos marines sont d'horizons différents. Coronado n'est pas la porte à côté, Norfolk, çà peut se comprendre, c'est à trois heures d'ici. Je crois que si on découvre comment il fait pour que chaque victime présente les caractéristiques qu'il veut, on pourrait certainement remonté jusqu'à lui. »
« Tu songes à quoi, Tony ? » demande Jethro.
« En fait, je ne sais pas vraiment, il n'y a pas tellement de façon de se procurer des renseignements sur des marines. A part le personnel administratif, quelles sont les constantes qui peuvent fournir ce genre de données ? Je pencherais pour des entreprises qui travaillent pour la marine, des sous traitants par exemple. »
« Pourquoi tu t'orientes vers ce type d'infos ? » interroge Kate toujours dubitative sur les soudains traits de génie de l'italien.
« Parce que j'ai déjà rencontré le même schéma lors d'une enquête quand j'étais flic. Le gars avait accès à des listes de victimes potentielles de par son travail. Peut être que c'est la même chose pour nos tueurs. »
« Et quel serait son métier, d'après toi ? » questionne McGee.
« Voyons, McGee » fait Gibbs. « Nos victimes n'habitaient pas la capitale… »
« Donc, elles avaient besoin de se loger » note Kate, toute excitée. « Je me charge de vérifier… »
« Kate, ce n'est valable que pour une partie d'entre elles. De plus, certaines ont logé à l'hôtel, donc aucune chance de trouver quelque chose par ce biais » fait remarquer Gibbs.
« Euh ! Oui, c'est vrai » fait Kate dépitée de s'être fourvoyée surtout devant Tony tout en baissant la tête.
.
Elle s'attend à ce que le jeune homme jubile et lui fasse remarquer son erreur mais rien ne vient de la part de l'italien. En relevant la tête, elle constate que Tony et Gibbs sont tous deux plongés dans le regard de l'autre, elle ne parvient cependant pas à décrypter la signification de cet échange intense. Ils ne détachent leur regard de l'autre avec un petit sourire qu'au bout de quelques interminables secondes sans avoir capter la curiosité de leurs collègues stupéfaits.
.
« Que leur prend-il de se comporter de cette façon ? » se demande la jeune femme, frustrée de ne pas comprendre leur attitude. « Profiler ou pas, je sèche là. »
.
« Alors quel est le lien entre tous les marines, de quelque base qu'ils soient ? interroge McGee. Comme le fait remarquer Tony, les lieux de travail sont différents, les emplois occupés aussi. Que reste t-il de commun à tous ? »
« Cherchez et vous trouverez sûrement, McGee. Fouillez plus attentivement ce qui se rapporte à leurs habitudes en tant que marine » indique le patron.
« Eh bien, puisque nous ne trouvons aucun lien, il faut peut être chercher dans ce qui les différencie » propose Kate.
« Pour trouver quoi, au juste ? » demande perplexe Gibbs ne voyant pas où veut en venir la jeune femme.
« A vrai dire, je l'ignore. »
« Alors ça ne servira à rien de s'orienter dans cette voie conclut son boss. On va voir Ducky et Abby pour l'instant. »
.
Les quatre agents s'avancent donc en direction de l'ascenseur en file indienne, Kate et Tim en tête puis Tony et enfin Gibbs, qui comme d'habitude, à poser sa main dans le creux des reins de son homme. Et pour donner le change, il le houspille pour l'inviter à accélérer l'allure que, volontairement, Tony a ralenti entrant ainsi dans le jeu désormais familier de son amant.
.
La cabine stoppe au niveau de la morgue et tous les quatre quittent l'habitacle et s'engagent l'un derrière l'autre dans le couloir et franchissent la porte de l'antre de Ducky. Ce dernier, dos à la porte, discute avec son assistant tout en disséquant le corps de leur dernière victime. Le sifflement caractéristique des portes automatiques indique au légiste que son domaine vient d'être envahi. Il se retourne et sourit aux arrivants puis reprend son activité.
.
« Alors, Ducky, qu'as tu trouvé ? » demande Gibbs en tournant autour de la table, visiblement énervé.
« Oh ! Rien de différent par rapport aux autres victimes, Jethro. Elle est morte éventrée par arme blanche, perforation des intestins et hémorragie interne, elle a été privée de nourriture et d'eau durant les deux derniers jours. Elle est morte aux premières heures de la journée et la scène de crime n'est pas celle où on l'a trouvée. Rien d'inhabituel sinon, elle aurait pu encore vivre des années. Je n'ai rien observé de curieux mais toujours aucun poil ou cheveu qui nous aiderait à démasquer notre ou nos assassins » commente le légiste d'un ton résigné et triste. « Peut être Abby pourra t-elle t'en dire plus, elle a eu les échantillons que j'ai prélevés. »
« Bien, dans ce cas, nous allons la rejoindre et voir ce qu'elle peut nous apprendre de plus. Ton rapport dès que possible, docteur. »
« Bien évidemment, Jethro, ça va sans dire. »
.
La troupe, bien silencieuse, se dirige vers les portes, pénètre dans la cabine et descend au niveau du labo de la jeune scientifique du NCIS. La musique, bien que présente, ne résonne pas à fond pour une fois. Elle s'accorde certainement à l'humeur de la laborantine, elle est triste presque sinistre, des sons rarement entendus dans la pièce.
.
« Abby, as-tu quelque chose pour nous ? » l'interpelle l'ancien marine.
.
La jeune femme se retourne vers le groupe, le visage grave et les lèvres pincées. Elle plante aussitôt son regard dans celui de l'italien et ne le lâche qu'au bout d'un moment lorsque Gibbs pose une main sur son bras. Elle reprit ses esprits et répondit à son mentor.
.
« A vrai dire, ce que j'ai ou plutôt ce que je n'ai pas, ne va pas te plaire. Toujours aussi méticuleux, les vêtements ne portent aucun poil ou cheveu, rien qui puisse nous aider. Le sang sur l'arme est bien celui de la victime comme tu peux le supposer, je présume. Cependant… je suis géniale, j'ai trouvé une goutte de sang sur le revers de la manche de la veste de notre capitaine de vaisseau… »
« Aurais-tu un nom à nous proposer ? » demande avidement l'agent Todd.
« Non, la base de données n'a pas trouvé de correspondance, ni dans celle de l'armée, ni celle de la police. Et puis, je ne pense pas que ce soit le sang de notre assassin… »
« Pour quelle raison mets tu en doute cette hypothèse, Abby ? »
« Tout simplement, Tim parce qu'il appartient à une femme et non à un homme » souligne la gothique.
« Et notre tueur ou l'un d'eux ne pourrait pas être une femme ? » questionne Kate intriguée.
« Impossible, la tâche est ancienne et remonte à plusieurs jours avant le meurtre. Je dirais trois jours vu sa dégradation. »
« Donc, le jour de l'enlèvement du capitaine Niemann » résume Tony resté silencieux jusqu'alors.
« Bien vu, beau brun » sourit Abby.
« Mais on ne peut écarter que l'un de nos tueurs soit une femme » renchérit Gibbs voulant encore croire qu'il peut trouver un indice si minime soit-il. « Il faut trouver à qui appartient ce sang. »
« Peut être à l'un de ses patients, Boss, elle était infirmière, ne l'oublie pas. Elle a pu être enlevé à la sortie de son boulot et n'avoir pas eu la possibilité de se changer. »
• « Tu as raison, Tony. Nous allons vérifier ce fait avec Bethesda. Tu donnes les éléments à Kate, s'il te plait, Abby. »
« Bien sûr, bossman, je fais ça. »
.
Comme toujours, le manque d'indices frustre Gibbs. Leur tueur ne peut avoir autant de chances ou alors, comme l'a fait remarquer Tony, il s'est fait une épilation totale. Six meurtres et pas un cheveu ou un poil ne s'est déposé sur les vêtements des victimes.
.
« Qu'avons-nous d'autre ? »
« Les chaussures nettoyées comme les autres, aucun indice de ce côté. L'arme. Ah ! Très curieux choix comme arme. »
.
Les quatre agents regardent curieusement la scientifique. Troublée, celle-ci quémande une explication et c'est Tim qui s'y colle.
.
« C'est la réflexion que nous a faite Tony lorsqu'il a vu l'arme. »
« Ah ! Eh bien, ça prouve que nous sommes sur la même longueur d'ondes tout simplement, McGee » répond Abby en lui tapant sur le bras. Ne vas pas chercher autre chose, compris » lui intime t-elle. « Bon, alors, voyons notre poignard. Le Khandjar est un poignard d'origine persane et ottomane employé par les Cosaques, plus comme armes d'apparat que comme arme de combat bien qu'à l'origine, c'était dans cette optique. Il en existe de nombreuses versions, dont les plus longs peuvent atteindre 45 cm, avec une lame à double tranchant de courbure variable, atteignant 30 cm. Celui-ci suggère qu'il devait appartenir à un jeune homme » leur explique doctement la gothique.
« Comment peux-tu faire cette déduction ? » demande Tim.
« La longueur de la lame le prouve » indique Tony soufflant la réponse à la scientifique. « Les lames les plus courtes étaient destinées à l'apprentissage des jeunes et seuls les hommes les plus expérimentés pouvaient manier les plus longues, la pratique intensive aidant. »
« Exact, encore un sans faute, Tony. Décidément, tu m'épates de plus en plus, tu le sais ça » dit-elle tout en déposant un baiser sur la joue du jeune homme.
.
Cette fois, aucun commentaire de la part de Gibbs ne vient interrompre ce moment, il a compris que les liens des deux jeunes gens ne menacent en rien ceux qu'il vient de tisser avec l'italien. Ils sont de nature différente et la gothique n'est en aucune manière une menace à son tout nouveau bonheur. Il sourit même de les voir continuer ce jeu réalisant qu'ils avaient besoin autant l'un que l'autre de ces tendres moments pour valider leur amitié. Il se rend compte aussi que l'italien, marqué par la vie, recherchait certainement dans ses étreintes amicales la chaleur et la tendresse qui lui avait fait défaut jusqu'à présent.
.
« Bon, pour en revenir à nos moutons, ou plutôt à nos papillons devrais-je dire » fait-elle avec humour. « Je laisse la parole à notre spécialiste es papillons maison, j'ai nommé M. DiNozzo si toutefois tu sais quelque chose » le charrie t-elle.
« Ce papillon fait partie de la famille des Papilionidae. C'est un Zerynthia rumina qu'on appelle aussi Proserpine. Son envergure est en moyenne de 4,5 cm. Sa période de vol va de février à fin mai. On le trouve en général dans les pentes rocailleuses. Celui-ci est une femelle bien évidemment. »
« Donc, toujours un papillon de collection, il ne déroge pas à sa signature. Voilà, Gibbs, c'est tout ce que j'ai » récapitule la scientifique navrée de ne pouvoir apporter autre chose à l'enquête.
« Bien, nous remontons » indique t-il en prenant le chemin de la sortie.
.
Alors que Tim et Kate le suivent et que Tony leur emboîte le pas, Abby lui accroche le bras et le retient. Elle jette un œil sur la porte et sans plus se préoccuper des autres, elle étreint le jeune homme, pose sa tête sur son épaule. Après quelques secondes, Tony fait de même sous l'œil de Gibbs qui attend l'ascenseur. Un pouce en l'air, Abby lui fait comprendre que tout va bien. Elle dénoue ses bras et pose un baiser léger et rapide sur les lèvres de Tony signifiant qu'elle est avec lui, leur code secret pour les moments difficiles.
.
Elle laisse ensuite Tony lui répondre de même avant de le laisser partir rejoindre son patron. Tony sort et prend place à côté de Gibbs, seul à attendre la cabine, les deux jeunes agents sont déjà partis. Ensemble, les deux hommes pénètrent dans l'habitacle de métal, laissent les portes se refermer et au bout de quelques secondes, la cabine s'immobilise sous l'impulsion de l'agent senior. Lui aussi a envie de prendre son homme dans ses bras, ce qu'il fait sans plus de cérémonie répondant ainsi au vœu silencieux de Tony. Un baiser vient les unir pour leur plus grand plaisir.
.
Ensuite, tous deux reprennent une attitude digne et professionnelle tout en se souriant. A l'étage des bureaux, ils sortent tranquillement et rejoignent leurs bureaux.
.
.
.
.
A suivre…
