Me revoilà ! Je vous ais pas trop manqué ? En tout cas, voici la suite !
Chapitre 10 : Frappe de toutes tes forces
La colère a parfois sa place, mais elle ne t'aidera pas ici. C. Paolini, Eragon, Tome 4.
«-En route. On a déjà perdu assez de temps comme ça, lança Sakura aux deux Uchiwa derrière elle.
-La faute à qui ?
-À toi, Sasuke. Tu as dormi pendant presque trois heures. Pas ma faute si tu nous as retardé. »
Sasuke murmura un mot que le raiting K+ ne me permet pas de reproduire ici, puis il se leva.
Contrairement à ce qu'avait affirmé Itachi dans le chapitre précédent, le chemin allait être assez long. L'effondrement de la grotte ayant bouché le passage prévu par le corbeau, ils devraient passer par un petit couloir, monter trois marches et arriver dans une salle dont Itachi ignorait la fonction. À partir de là, il suffisait de se glisser dans un trou pour revenir à la salle piégée du haut. Simple, non ?
Le petit couloir était vraiment petit. Sakura et Sasuke devaient baisser la tête pour avancer et Itachi avait depuis longtemps renoncé à voler. C'était ça ou se prendre le plafond.
«-Sakura, pourquoi tu t'es arrêtée ?
-Parce qu'il y a une porte.
-En quoi une porte te gêne ?
-Regarde un peu. »
Vous voyez les portes dans les hôtels ? En bois verni, une poignée en faux bronze et une petite plaque marqué «Privé». Vous voyez maintenant ? Alors rajoutez un décor de caverne sombre et humide, avec des murs inégaux et sales. Ça aussi, vous le voyez ? Et bien, fusionnez les deux et vous comprendrez pourquoi Sakura s'était arrêtée. La seule différence, c'est qu'il n'y avait pas marqué «Privé» mais «Poneys interdits».*
«-Poneys interdits ? C'est une blague ?
-Je pense, oui. Qu'est-ce qu'on fait ?
-On entre. Quoi qu'il y ait derrière cette porte, ça ne peut pas être si terrible. »
Cette affirmation et la preuve par A+B qu'un Uchiwa peut se tromper.
La salle dans laquelle ils entrèrent était gigantesque. En ovale, les murs et le sol parfaitement lisse, un puits de lumière trouant les ténèbres de la caverne. Sur les murs s'étalaient des fresques, certaines usées par le temps, d'autre encore visibles. L'ambiance était identique à celle de ces vielles églises où la seule chose qui bouge est la poussière sur l'autel.
Sakura s'approcha des murs pour regarder les peintures. Toutes, sans exception, parlaient de guerres, de morts violentes et d'assassinats. En frissonnant, elle se demanda si les fantômes commémoraient ici leur mort en la peignant sur les murs.
Puis, elle en vit une différente des autres. Sur l'image, un homme et une femme se battaient dans une folie furieuse. La femme était vêtue d'une robe de style japonais, et l'homme d'une tenue de combat semblable à celle de Sasuke. L'un et l'autre semblaient aussi drogués et sanguinaires que les zombies de Left 4 Dead.
En regardant mieux, elle vit autre chose. La femme portait une sandale blanche à son pied gauche, et l'homme une à son pied droit. Saï, qui s'essayait à l'histoire de l'art, lui avait expliqué que ce motif signifiait que les personnes étaient mari et femme.
« Pour quelle raison un couple se battrait à mort ? »
Puis elle cria, et son cri résonna dans toute la salle :
« Sortez ! Sortez tout de suite d'ici ! »
Sasuke ne se le fit pas dire deux fois et courut vers la sortie en face, le corbeau dans son sillage. Il ne fit pas trois pas qu'il s'effondra, la tête entre les mains.
Sakura se précipita vers lui, mais tomba à son tour sur le sol, une douleur atroce dans la tête, et la vision trouble. Elle s'évanouit.
Itachi venait de passer à travers la porte pour sortir quand il se rendit compte que personne ne le suivait. À l'instar de Sakura, il avait compris ce qui arrivait à ceux qui s'attardaient dans la pièce. Ils sombraient dans la folie et s'entretuaient. Les hommes, les femmes, les enfants, les parents, les jeunes, les vieux, personne n'était épargné. Cette folie ne portait qu'un nom, dont souvent on ignorait le vrai sens.
La Colère.
Ça y est. Ils avaient sombré dans la colère. Les fantômes sont insensibles à ce sort, mais Itachi sentait quand même la noirceur de la haine à travers la porte.
Il avait peu de temps pour les sortir de là avant qu'ils ne sombrent totalement.
Tue-les. Frappe-les, déchire-les, écrase-leur tête dans une marre de sang, brise chacun de leurs os, étrangle-les à mort, arrache-leur les tripes, mords-les jusqu'au sang, crève leurs yeux, arrache leurs dents, détruit un à un leurs organes, explose leur poitrine, sors-en tous ce que tu y trouves, lynche-les, regarde-les se tordre sur le sol, frappe, frappe, frappe, encore et encore, continue, frappe-les encore, ne t'arrête pas.
Tue-les. Et commence par lui.
Tu sens la haine. Une odeur profonde et plus enivrante qu'aucun alcool, une douceur qu'aucun plat n'égalera jamais. Le parfum du sang et celui de la mort.
Tu sens la haine parce que tu l'as en toi. Elle est attaché à ta nature comme ton nom, et même plus puisque, amnésique, tu te souviendras toujours de la haine. Toujours. La haine. Tombe dans ce gouffre noir et prends-la. Deviens la folie furieuse de la mort et tue.
Tue-les tous. Et commence par elle.
Un fantôme, même sous forme humaine, dispose d'une force physique limitée. Et traîner un furieux sombrant dans la folie jusqu'à un endroit où il se calmera est tout simplement hors de leur portée.
Seule solution : l'hypnotiser. Ce qui arrangeait bien les affaires d'Itachi.
Il s'approcha donc furtivement de sa cible et siffla une note. Quand l'autre se retourna, Itachi n'eu qu'à l'envoyer au tapis en clin d'œil. Sans mauvais jeu de mots. Sa cible était, bien sûr, le plus dangereux des deux vivants. Sakura s'effondra comme une masse.
Pourquoi Sakura ? Tout simplement parce que les deux sombraient dans la colère à peu près à la même vitesse. Ils avaient donc commencé à s'entre-tabasser en même temps. Mais Sakura possédait un sérieux avantage sur Sasuke. Elle cognait plus fort. Autrement dit, et pour la première fois de sa vie, Sasuke se faisait exploser par une fille.
La trainer jusqu'au couloir ne fut pas facile, mais il y arriva. Et pour Sasuke, ce fut encore plus facile, pour la bonne raison qu'il avait déjà hypnotisé Sasuke par le passé, et qu'on réussi mieux ce qu'on a déjà expérimenté avant.
Sa besogne finie, Itachi s'appuya contre le mur. Il n'avait plus qu'à attendre que les ensorcelés se réveillent. Il hésita un moment entre leur avouer qu'ils venaient de se tabasser sans raison, ou trouver une excuse. Mais en regardant la collection de bleus sur le corps de Sasuke, il se dit qu'aucune excuse ne marcherait jamais pour expliquer ça.
«-Ça y est, ils sont sortis de la Salle Capitale.
-Tant mieux. Il ne reste plus qu'à espérer que ce n'était pas la luxure, et attendre qu'ils remontent. »
*Je vous assure que ce n'est pas une blague et qu'il y a une explication très logique : les poneys sont interdits parce qu'ils sont les seuls être vivants à résister au sortilège…
P-S : pour ceux qui l'ignorent, la luxure est le pêché des relations charnelles… genre interdit aux moins de 18 ans. Libre à vous d'imaginer ce qui se serait passé si Sakura et Sasuke avaient atterrit dans la luxure… No comment
