Hey, hey, hey ! Je m'excuse pour le retard de publication, mais c'est que ces derniers temps ma vie a été plutôt... Trépidante. Dans un sens positif, mais trépidante quand même.
Nous nous retrouvons aujourd'hui pour un nouveau chapitre qui je l'espère, ne vous décevra pas ! Mille mercis pour vos gentils mots, vos ajouts, etc, qui me font tellement plaisir à chaque fois. On a dépassé les 50 reviews, et ce qui est bien c'est que ce sont autant de supers discussions sympathiques, motivantes et constructives. Moralité, je vous aime trop. Oh, et je n'oublie pas les adorables guests Ines, Alexandra (bienvenue !) et Ewylyn : je ne peux pas vous répondre personnellement, mais franchement, le cœur y est croyez-moi !
Bonne lecture !
Chapitre 11
— Et donc tu vois, Lily et moi on se reparle, mais c'est pas pareil qu'avant.
Lionel la fixait depuis un moment, sans laisser quoique ce soit transparaître sur son visage. Un peu mal à l'aise, Iris but une gorgée d'eau, gentiment apportée par l'une des infirmières une dizaine de minutes auparavant. La jeune fille avait été particulièrement heureuse d'être autorisée à profiter de l'absence du professeur Tiddle pour rendre visite à son frère : cela faisait un grand trou dans son emploi du temps, et c'était bien plus sympathique de tenir compagnie à Lionel plutôt que d'essayer de se forcer à réviser à la bibliothèque. Mais son frère ne semblait vraiment pas en forme aujourd'hui, et elle avait l'impression de plus l'ennuyer qu'autre chose. D'un autre côté, elle était là, à lui raconter ses stupides disputes avec Lily alors qu'il essayait de se remettre d'une agression avec tortures. On avait vu plus délicat.
— Excuse-moi, je t'embête avec tout ça... Tu as l'air fatigué. Mrs McGonagall ne m'attend pas dans son bureau avant une vingtaine de minutes, mais tu peux dormir si tu veux, je vais lire la Gazette...
Son frère sembla émerger d'une longue réflexion et lui adressa un petit sourire désolé, avant de s'emparer de son ardoise et de son feutre : puisque Lionel ne savait plus parler, c'était le moyen qu'il avait trouvé pour communiquer avec eux. Il avait fallu opter pour une méthode moldue, la magie le fatiguant trop. L'écriture de son frère n'était pas très lisible, sa perte de mobilité n'arrangeant rien à sa façon d'écrire, qui avait toujours été très brouillonne. Néanmoins, Iris pouvait clairement reconnaître un "Continue" dans ces lettres hésitantes.
— T'es sûr ?
Lionel hocha la tête et ajouta un point d'exclamation sur l'ardoise, faisant sourire Iris.
— Donc, Lily et moi on est un peu en froid. On se parle pour l'essentiel, juste histoire de pas vraiment se faire la tête. Enfin, c'est comme ça que je le ressens.
L'ancien Serdaigle fit une tête triste pour lui montrer sa compassion. A nouveau, il se mit à écrire du mieux possible, même si Iris dut se concentrer pour déchiffrer "Parler avec elle ?" sur l'ardoise.
— Non, pas vraiment... D'un autre côté, je sais pas trop quoi lui dire. Elle m'en veut d'être avec Sirius, mais c'est bête parce qu'elle a trop rien dit au début.
Bien sûr, Lily n'avait pas sauté de joie lorsque Iris avait confié à ses amies que Sirius Black l'avait embrassée. Mais elle avait tout de même bien réagi, se contentant de hausser les épaules et de lui souhaiter bien du courage. Elle avait même ri en déclarant qu'Iris était sans doute la plus courageuse des Gryffondor. Et dans les premiers jours de leur "relation", même si Iris trouvait que bien peu de choses avaient changé car Sirius n'était vraiment pas du genre collant (et c'était tant mieux), Lily agissait de manière tout à fait normale, hormis quelques soupirs.
— C'est vraiment cette bagarre avec Severus qui a tout déclenché, reprit Iris. Oui je sais Lionel, c'est son ami... Mais il est... Enfin, tu le connais un peu, il a toujours été spécial. Mais cette année il... Moi, je ne trouve même pas que c'est encore Severus.
Lionel lui lança un regard compatissant avant de lui dire, ou plutôt de lui écrire que tout irait mieux bientôt. Un peu espiègle il ne tarda à lui montrer à nouveau son ardoise, sur laquelle il avait maladroitement tracé les mots "Avec Black ?". Iris rougit un peu plus fortement qu'elle ne l'aurait voulu, sous le regard moqueur de son aîné.
— C'est pas intéressant, tu sais.
"Si" contra Lionel, avant d'ajouter un "Frère curieux", ce qui la fit rire.
— On s'entend bien et il est gentil, qu'est-ce que tu veux que je te dise de plus, Lionel ?
En voyant le "Sages ?" sur l'ardoise, Iris piqua un nouveau fard et se fit la réflexion que son frère avait beaucoup de chance d'être blessé car sinon, elle lui aurait sans doute déjà mis un coup dans l'épaule.
— Mais qu'est-ce que tu crois ? Ouais, ouais "Grand frère obligé", bien sûr... Pour qui te me prends ? De toute façon, faut pas t'inquiéter, je suis pas du genre à me laisser bécoter pendant deux heures en public dans la Grande Salle. Déjà, Maman m'enverrait la Beuglante de l'année. Et puis, c'est pas comme ça, avec Black.
Iris s'était effectivement faite la réflexion que Sirius ne l'embrassait pas souvent, sur la bouche en tout cas. Seulement lorsqu'ils n'étaient que tous les deux, et cela n'arrivait vraiment pas souvent. Le reste du temps, il se contentait de passer un bras autour de ses épaules, ou de l'attraper par le bras. Parfois aussi, lorsqu'ils étaient assis dans la salle commune avec les autres, il lui arrivait de s'avachir contre elle. En revanche, Sirius n'était vraiment pas le genre de petit ami à vous tenir par la main. Ce qui était un peu étrange, c'était que la seule raison pour laquelle cela dérangeait Iris, c'était parce que ses amies lui avaient fait remarquer.
— En tout cas, faut vraiment pas que Maman l'apprenne... Mila Jovi, tu vois qui c'est ? Elle est à Poufsouffle, en sixième année, une rousse avec les cheveux bouclés ? Bref, c'est la fille d'un collègue à Maman et apparemment, le fait qu'elle sorte avec Justin Palmers, un sixième année de Gryffondor, un mec très gentil d'ailleurs, est connu de tout le service. Mrs Butch, la secrétaire, l'a vue embrasser Justin près de chez Gaichiffon, à Pré-au-Lard. Bref, on s'en fiche... abrégea Iris. Mais en gros dans sa dernière lettre, Maman m'a écrit un truc du genre comme quoi elle était bien contente que je ne joue pas les "dévergondées" comme ça. T'imagines ?
Lionel esquissa un sourire et écrivit "Éducation" sur son ardoise, et Iris soupira en levant les yeux au ciel. Certes, sa mère avait grandi auprès d'une famille vraiment très à cheval sur les principes traditionnels, mais quand même. Depuis le temps, Iris trouvait qu'elle avait largement eu l'occasion de s'imprégner d'autres modèles que celui des Castwell. Sa mère avait peut-être reniés les principes racistes mais ce n'était pas le cas pour les bonnes manières, les relations filles-garçons, et ce n'était pas pour arranger les affaires d'Iris qui aimait les jeans, mettre ses mains dans ses poches, les Who, Jimi Hendrix et passer du temps avec Sirius Black. Heureusement que son père était là, plus conciliant et plus en phase avec son temps.
— Ce qui m'agace Lionel, c'est qu'elle ne vous embêtait pas autant, Hector et toi. Quand t'as fait le mur pour la première fois, je me souviens qu'elle t'a passé un savon, mais après elle a dit "Ah, les garçons..." : moi, je mets un poster de David Bowie dans ma chambre, et c'est le drame !
Son frère lui rappela qu'elle était la petite dernière et la seule fille, et que lui, il aimait bien David Bowie aussi. Iris leva les yeux au ciel, tout de même tracassée à l'idée de la réaction de sa mère si elle apprenait qu'elle sortait réellement avec un garçon. Iris avait l'impression que plus elle vieillissait, plus sa mère imaginait qu'elle allait se comporter comme... Comme quoi, exactement ?
— Bah de toute façon, vu les ennuis que ça m'apporte, je devrais peut-être arrêter, avec Black. Entre Lily et Maman, les drames, c'est pas mon truc... soupira Iris.
Lionel lui lança un regard un peu triste, qui avait l'air de la traiter d'idiote. La sorcière sourit et ils continuèrent de discuter encore un petit moment, malgré l'humeur devenue plus mélancolique de son frère. En dépit de ses efforts, Iris ne réussit pas à le dérider et c'est le cœur gros qu'elle le quitta après un dernier petit signe en passant la porte.
D'un signe de tête, Iris salua l'Auror aux cicatrices. Déjà un peu en retard et ne voulant pas risquer de faire s'impatienter le professeur McGonagall, Iris se dépêcha de rejoindre la cheminée pour rejoindre le bureau de sa Directrice de Maison. En arrivant, elle eut la surprise de trouver Sirius et James Potter en train de se faire copieusement incendier.
— Je suis à deux doigts de vous mettre en retenue jusqu'à la fin de votre scolarité, Black, alors ayez la décence de vous taire ! Oh, Miss Leighton...
— Excusez-moi Professeur, je ne voulais pas vous déranger, dit Iris en essayant de faire abstraction des grimaces que faisaient les deux Gryffondor derrière l'enseignante.
— Ne soyez pas sotte, Miss Leighton, vous ne dérangez personne. Quant à vous, dit plus sévèrement Mrs McGonagall en se retournant, en plus des points que vous avez fait perdre à votre maison, vous êtes en retenue jusqu'à la fin de la semaine. Et en sortant de ce bureau, j'exige que vous vous rendiez immédiatement dans votre salle commune et que vous ne sortiez pas des quartiers Gryffondor pour la soirée, hormis pour le dîner.
— Même pour aller travailler votre devoir à la bibliothèque ? tenta Potter en replaçant ses lunettes sur son nez d'un air qu'il voulait sans doute sérieux.
Iris ne put s'empêcher de pouffer face à ce mensonge éhonté, trouvant l'audace des garçons vraiment surréaliste. Mais devant le regard noir de Mrs McGonagall, elle baissa les yeux et se dirigea vers la porte en la remerciant encore de lui permettre d'utiliser la cheminée.
— Oh et j'ai bien pensé à transmettre vos salutations à mon frère, il en était très touché, pensa à dire Iris, espérant ainsi distraire un peu l'enseignante de sa colère contre les deux garçons.
Iris se sentit un peu coupable d'utiliser son frère de la sorte, mais elle se dit très vite qu'au contraire, cela le ferait beaucoup rire lorsqu'elle le lui raconterait à sa prochaine visite. Lionel avait l'air de vivre un peu par procuration sa vie à Poudlard. Le regard du professeur McGonagall s'adoucit quelques secondes et elle congédia Iris après avoir pris quelques nouvelles de la santé de Lionel.
— Ne refermez pas la porte Miss, ces jeunes gens vont vous suivre. Hors de ma vue, vous deux !
Une fois sortis, Potter referma la porte derrière lui le plus précautionneusement du monde, en essayant visiblement d'éviter d'éclater de rire. Iris allait les interroger mais Sirius lui mit une main sur la bouche avant de lui faire signe d'avancer. Ils n'avaient pas fait une dizaine de mètres dans le couloir que les deux Maraudeurs éclatèrent de rire en se tapant dans les mains.
— Vous avez fait quoi ?
— On a emprunté les boucliers des chevaliers du troisième étage et on a dévalé les escaliers dessus, répondit Black, les yeux brillants de rire.
— Hein ? Mais vous avez quel âge, sérieusement ? Onze ans ? s'écria Iris.
— On devait pas se faire prendre, le coin était désert... Mais on a croisé le professeur Tiddle, qui est apparu comme par magie en bas des escaliers, poursuivit-il sans s'occuper des réflexions d'Iris.
— Plus exactement, Tiddle nous a ralentis avec un sort et a complètement cassé notre effet. Il aurait pu au moins nous laisser dévaler jusqu'en bas, pour l'audace, protesta Potter.
— Mais qu'est-ce qu'il faisait à Poudlard au fait ? Je croyais qu'il était absent, demanda la sorcière.
— Il a dû rentrer plus tôt que ce qu'il pensait, répondit Potter.
— Ou alors, Tiddle a un double... dit Sirius d'un air mystérieux.
— Réfléchis Patmol, s'il avait un double, il l'aurait utilisé pour nous faire cours. Au fait Leighton, ton frère allait comment ?
— Un coup de bonne humeur, un coup aussi joyeux qu'un Détraqueur. Mais il a l'air de récupérer, répondit Iris, les mains dans les poches. Et Remus, il se sent mieux ?
Depuis la veille, Remus était aussi blanc que s'il avait été trempé dans un baril de lessive. Il avait même fini par partir à l'infirmerie dans la matinée. Même si elle essayait d'être discrète par respect pour son camarade, Iris se demandait vraiment quel problème le pauvre garçon pouvait avoir pour avoir une aussi mauvaise santé.
— Mrs Pomfresh a décidé de le garder pour l'instant, histoire de le requinquer un peu, dit simplement Sirius.
— Pas de Remus pour vous canaliser ce soir ? fit remarquer la jeune fille avec un air faussement paniqué.
— Et oui, nous sommes livrés à nous-même.
— Un soir de pleine lune en plus, vous allez être intenables.
— On est pas des enfants, Leighton, rétorqua Sirius en échangeant un regard avec son meilleur ami.
— C'est vrai que ce n'est pas comme si vous faisiez de la luge dans les escaliers avec des boucliers historiques.
Sirius ricana et la poussa un peu, la faisant rire. Une fois arrivés à la salle commune, Iris rejoignit Orthia dans un canapé, se doutant que Lily devait occuper la chambre. Le froid entre Iris et Lily avait eu la conséquence assez inattendue de réellement rapprocher les deux filles.
— Tu tombes bien, lui dit Orthia alors qu'elle s'installait à côté d'elle. Je galère à mettre mon vernis sur la main droite.
— Je suis pas très douée pour ça, tu sais.
— Ce sera toujours mieux que moi.
— T'as fait quoi cet après-midi ? lui demanda Iris en essayant de s'appliquer le mieux possible à peindre l'ongle de son amie.
La couleur du vernis était d'un rouge assez criard, qu'Iris n'aurait jamais osé porter. D'ailleurs, sa mère lui enverrait sans doute la Beuglante de l'année si elle s'avisait d'arborer une telle couleur sur ses ongles. Mais Orthia avait toujours été plus en avance sur ce genre de choses, un peu comme si elle grandissait plus vite que les autres. Peut-être était-ce dû au fait qu'elle avait toujours été un peu plus livrée à elle-même, ses grands-parents étant toujours très occupés. Bien sûr, ils avaient l'air d'adorer Orthia et semblaient la gâter plus que de raison pour compenser l'absence de ses parents, tragiquement décédés des années auparavant ; néanmoins, les rares fois où Iris les avait rencontrés, elle avait trouvé qu'ils avaient ces attitudes propres aux gens mondains, toujours un peu pressés.
— J'ai rien fait de bien intéressant. J'ai essayé de réviser mais bon... Tu me connais.
— Tu as fini en lisant Sorcière Hebdo et en mangeant des Chocogrenouilles ?
— En mangeant une bonne partie de tes Chocoballes, pour être exacte, lui répondit Orthia, mi-désolée, mi-amusée.
— Avec Black qui engloutit déjà la moitié à lui tout seul, heureusement que j'ai du stock.
Les parents d'Iris culpabilisaient énormément de l'avoir un peu "délaissée" durant la période de coma de Lionel, et ils avaient une certaine tendance à la compensation depuis son réveil. Iris recevait donc régulièrement des colis remplis de pâtisseries maison, de chaussettes tricotées et de confiseries en tout genre.
— Les filles font quoi ?
— Lily et Mary se racontent leurs plus profonds secrets depuis une bonne heure, et Karen est partie poster une lettre il y a une bonne vingtaine de minutes, elle doit être en train de bavarder avec un beau garçon dans un couloir.
Iris esquissa un sourire en revissant le flacon de vernis : Orthia était presque plus en froid avec Lily qu'elle, c'était assez curieux à constater.
— Quoi ? lui demanda Orthia, trouvant son sourire suspect.
— L'ironie dans ta voix en parlant de Lily et Mary était à peine décelable.
— Et je m'en tamponne comme de mon premier cours d'Histoire de la Magie. Mais je sais pas comment tu fais pour être aussi... Sirius a raison, t'es vraiment un peu trop bonne poire des fois.
— Je ne suis pas bonne poire ! C'est juste que... Oh, laisse tomber.
— Lily abuse clairement dans cette histoire, c'est tout ce que je dis. Elle est toujours tellement excessive quand il s'agit de Rogue et maintenant ça se met entre vous, ça craint. T'es sa meilleure amie, elle devrait pas se comporter comme ça.
— Je sais très bien ce que tu penses Orthia, ça fait cent fois que tu me le dis...
— Bah ça a pas l'air de te faire réagir pour autant.
Iris haussa les épaules, essayant de se donner un air décontracté. En vérité, ce froid entre Lily et elle l'affectait bien plus qu'elle ne voulait l'admettre à voix haute. Ce n'était pas vraiment naturel, de s'éloigner de sa meilleure amie. D'ailleurs, cela lui brisait le cœur. Mais c'était ce sentiment qui lui permettait de ne pas être trop dure envers son amie. Si Iris souffrait autant du comportement de Lily, elle n'imaginait même pas combien celle-ci devait être perdue face à celui de Severus.
Par une coïncidence plutôt malheureuse, Lily et Mary descendirent à ce moment-là du dortoir, s'attirant par la même occasion l'un des fameux regards noirs d'Orthia.
— Oh Iris, tu es rentrée, lui dit Mary avec son habituelle douceur. Comment va ton frère ?
— Dans l'ensemble, ça a l'air d'aller, répondit sobrement la jeune fille, qui ne savait jamais comment expliquer l'état de son frère.
— Tant mieux. On va faire un tour, Lily doit retrouver Darius, expliqua Mary.
Le "Okay" très abrupt d'Orthia ne laissait que très peu de doutes concernant son envie de continuer à discuter, les deux filles partirent. Iris et Lily échangèrent un rapide regard, un peu étrange.
— Je sais pas comment tu fais, insista encore Orthia, une fois leurs camarades sorties de la pièce.
— Et toi, tu fais une obsession.
— C'est ta meilleure amie. Ça te dérange pas, qu'elle ta fasse la tête parce que tu sors avec Sirius ?
— C'est pas ça le problème...
— Bien sûr que si, c'est ça. Tu la vois plus mature qu'elle ne l'est, sur ce coup.
— Oh et puis j'en sais rien...
— Et c'est vraiment ridicule, elle devrait être contente pour toi. Ça se voit, que vous êtes faits pour être ensemble.
Iris ne réussit pas à s'empêcher d'avoir l'air surprise, trouvant la remarque d'Orthia assez étonnante. D'abord parce qu'elle avait beaucoup de mal à imaginer le duo qu'elle formait avec Sirius comme un exemple de couple idéal. Elle était plutôt convaincue qu'ils devaient avoir l'air de deux manchots obstinés, lorsqu'ils étaient tous les deux. Ensuite, Orthia avait pendant longtemps eu des sentiments pour le Gryffondor.
— Quoi ? lui demanda Orthia, avant de lui demander si ajouter une deuxième couche de vernis sur ses ongles ne serait pas mieux.
— Euh, peut-être oui... répondit Iris. Dis Orthia... Ça fait un moment que je me pose une question...
— Oui ?
— Tu... Le fait que je sois avec Black, je veux dire... On en a jamais parlé toutes les deux, et j'ai jamais pris la peine de te demander si tu étais d'accord avec ça. Enfin, tu sais c'est arrivé comme ça et du coup...
— Je sais, la coupa Orthia avec un sourire. Il n'y a pas de problèmes. Vous êtes bien tous les deux, ça me fait plaisir de vous voir ensemble.
— Ah ouais ?
— Ouais, vous êtes complices et je sais pas... Ça vous va bien. Je sais que j'ai été un peu jalouse quand vous vous êtes rapprochés tous les deux, mais c'était agaçant de vous voir aussi proches. Mais je suis vraiment contente pour toi. Et je me suis rendue compte que je pourrais pas supporter Sirius comme petit ami, finalement, je suis bien contente que ce soit tombé sur toi, plaisanta Orthia.
Iris sourit et chercha du regard Sirius, occupé à ricaner avec Potter à l'autre bout de la pièce. Avec ses manches relevées et sa cravate défaite, il jouait comme d'habitude de son allure décontractée, faussement débraillée. C'était un peu agaçant, car il faisait cela parfaitement bien.
— Tu sais où est Peter ? demanda soudain Iris à Orthia, remarquant l'absence de ce dernier pour la première fois depuis son retour de l'hôpital.
— Il drague Emeline.
— Joyce ? La copine de Victoria Truman ? Tu déconnes ?
— Bah non.
— Non mais non... Potter qui sort avec cette idiote de Victoria, ça fait assez... Peter a pris un coup sur la tête ou quoi ?
— Moi je trouve qu'il a raison... Il est plutôt mignon dans son genre Peter, il y a pas de raisons pour qu'il regarde sagement tous ses potes être en couple.
— Être en couple, faut pas exagérer, ça fait hyper sérieux, genre fiancés.
Orthia s'apprêtait à répondre quand Sirius vint s'affaler à moitié sur le fauteuil, à moitié sur Iris, dans un soupir déchirant d'ennui. Iris le repoussa un peu avant de le laisser partiellement l'écraser, hilare.
— Orthia a sa tête de commère. De quoi vous parlez ? demanda Potter en s'asseyant sur un rebord de fenêtre.
— Du fait que je vais peut-être devoir rompre avec Black si Peter décide de sortir avec Emeline Joyce, plaisanta Iris, à moitié cachée par les cheveux noirs de Sirius.
— Hé ! Non, en fait... Je comprendrais ta décision. Mais si peu de temps avant la Saint-Valentin, c'est cruel quand même.
— Merde... La Saint-Valentin, c'est vrai... sembla réaliser Potter.
Sirius éclata de rire en se redressant, avec un regard victorieux qui n'échappa à Iris.
— Mon pauvre Jamesie ! La Saint-Valentin avec Truman ! Tu vas devoir sortir le grand jeu !
— Mais je t'emmerde, Sirius. Et puis t'es pas célibataire non plus, je te signale, fit remarquer Potter.
— Ouais mais toi, tu sors avec Victoria Truman. Victoria Truman, mon gars. Cette fille rêve de passer des heures avec toi chez Madame Piedoddu, entourés de petits angelots à bouclettes blondes qui chanteront votre amour éternel. Moi, je suis avec Leighton, c'est pas le même genre, rétorqua Sirius.
— Ouais, on sait, Leighton est parfaite...
— En tout cas, elle me traînera jamais chez Piedoddu.
XXXX
— Miss Leighton, voyons un peu ce que vous avez réussi à faire...
Iris adressa un sourire désolé au professeur Slughorn avant de le laisser observer sa potion. Penché au-dessus de son chaudron, elle vit le visage de l'enseignant se décomposer. Lorsqu'il releva la tête vers elle, interrogatif, la sorcière ne sut pas quoi faire d'autres que hausser les épaules.
— Quelle couleur devait atteindre votre potion, Miss ?
— Pourpre. Translucide mais pourpre.
— Très décevant. Il va falloir travailler Miss, beaucoup travailler, dit le professeur avant de se détourner pour aller inspecter le travail des autres élèves.
Iris ne pouvait pas en vouloir au professeur Slughorn, sa potion était vraiment catastrophique. Elle était trouble, transparente, entre un prototype de bouillon et d'après l'odeur, de soupe à l'oignon. Sachant qu'il n'y avait évidemment aucun oignon dans cette potion, cela tenait du prodige.
— Ah Miss Evans, elle est presque parfaite ! Bravo ! Mais pourquoi suis-je encore surpris ? Cinq points pour Gryffondor !
Nettoyant son plan de travail, Iris sentit une vague d'amertume l'envahir et faillit renverser le reste de ses scarabées pilés. D'ordinaire, Iris n'était pas mauvaise en Potions. Des années à profiter des conseils de Lily, qui avait un talent indéniable pour cette matière, lui avait permis d'atteindre un niveau très honorable. D'ailleurs, le cours de Potions avait toujours fait partie des cours préférés de la jeune fille, parce qu'elle pouvait y bavarder et y rire avec Lily, au milieu des vapeurs qui s'échappaient des chaudrons. De voir que Lily continuait d'être distante avec elle l'avait vraiment déconcentrée, sans compter le fait que la potion à réaliser était assez compliquée et donc, demandait beaucoup de concentration. Bien sûr, Iris ne pouvait pas mettre tout son échec sur le dos de Lily, c'était elle qui ne savait pas faire la part des choses. Mais cela n'empêchait pas qu'elle était agacée de voir que sa meilleure amie continuait de briller, apparemment peu perturbée par la situation.
— J'espère que le cours du professeur Tiddle sera bien, histoire de mieux finir la journée...
— Te plains pas, il n'y avait plus de liquide dans ma préparation. C'est quand même embêtant, vu le principe même de la potion, lui dit Karen.
— Oui mais toi t'as toujours été une catastrophe dans cette matière, lui dit Orthia en évitant de peu les Maraudeurs, qui s'étaient mis à courir à travers le couloir.
Le cours de rattrapage du DCFM n'était pas particulièrement ennuyant (comparativement à un cours du professeur Binns) mais n'était pas suffisamment captivant pour sortir Iris de ses réflexions sur Lily, qui était assise juste devant elle, une place vide à côté d'elle gardée pour Mary. Assise derrière avec Karen et Orthia, Iris ruminait sa mauvaise humeur en écoutant d'une oreille distraite les réflexions du professeur Tiddle sur les difficultés éthiques que représentaient la régulation des Créatures Magiques.
— Mais qu'est-ce qu'elle fout Mary ? Ça fait un quart d'heure que le cours a commencé. Ça prend pas autant de temps d'aller aux toilettes, lui chuchota Orthia.
— Elle devait pas se sentir bien, j'en sais rien...
— MISS LEIGHTON !
Iris sursauta comme si elle s'était retrouvée nez à nez avec un Troll, tant le professeur Tiddle avait hurlé son nom. Elle avait pourtant pris l'habitude du caractère très instable du professeur et de ses démonstrations d'autorité.
— Puisque mon cours ne vous intéresse absolument pas, allez donc porter ce message à votre Directrice de Maison, cela vous occupera ! Vous en profiterez pour lui expliquer la raison pour laquelle je vous ai choisie comme hibou personnel.
Orthia lui adressa un regard désolé alors qu'elle se levait pour aller récupérer le message auprès de son professeur, en essayant de ne pas avoir l'air trop agacée. Une fois dans les couloirs, ruminant sa malchance, maudissant ce qu'elle vivait comme une profonde injustice, elle s'arrêta soudainement en découvrant une silhouette recroquevillée contre un mur. Inquiète, Iris s'approcha lentement avant de reconnaître avec horreur Mary, convulsant presque sur le sol.
— Mary ! s'écria Iris en se précipitant à ses côtés.
La blonde tremblait à s'en briser les os, le visage couvert de larmes et crispé de terreur. Elle ne pouvait pas parler et ses pleurs se muaient en hoquets silencieux, comme si elle risquait de perdre son souffle à tout moment.
— Mais qu'est-ce que tu as ? Merde, merde, merde... Je reviens tout de suite !
Frappant à la première porte en réclamant de l'aide, une dizaine de mètres plus loin, Iris fit la peur de sa vie au professeur Flitwick. Même si elle n'avait pas besoin de l'avis de son avis pour comprendre que la situation était grave, elle ressentit une vague de panique en voyant le visage horrifié de son professeur lorsqu'il examina rapidement Mary, avant de d'essayer quelques sorts infructueux.
— Je vais envoyer un élève chercher Mrs Pomfresh, je ne veux pas prendre le risque de la déplacer sans savoir ce qu'il se passe. Restez avec elle et rassurez-la, ordonna-t-il.
Quelques secondes plus tard, Iris vit Garrick Davies passer en courant à toute vitesse alors que Mary lui broyait presque la main sous ses doigts crispés. Observant le visage de Mary, complètement terrorisée, elle essayait de la rassurer du mieux qu'elle le pouvait, mais avec bien peu de succès.
— Professeur, qu'est-ce qu'elle a ? demanda Iris, sa propre angoisse résonnant à ses oreilles.
Le professeur Flitwick ne lui répondit pas, se contentant de lui adresser un regard lourd de sens. Iris l'observa pendant un moment qui lui semble une éternité essayer de nouveaux sorts sans plus de succès qu'auparavant.
— Elle tremblait déjà ainsi lorsque vous l'avez trouvée ?
— Oui, elle n'a pas arrêté une seule seconde.
— Par Merlin, ce ne serait tout de même pas...
Le visage tendu, le professeur Flitwick essaya un nouveau sort, à plusieurs reprises. Il semblait compliqué et une lueur orangé, très chaleureuse, s'échappait de sa baguette alors qu'il psalmodiait la formule. Retenant son souffle, Iris attendait, espérant que Mary cesse ses tremblements tellement violents qu'ils avaient presque l'air grotesques. Elle entendit à peine Mrs Pomfresh arriver et s'agenouiller près de son amie, les interrogeant du regard. Les tremblements de Mary finirent par s'apaiser sans cesser pour autant, et son visage sembla progressivement se détendre : après quelques secondes de flottement, Iris respira à nouveau en voyant le professeur Flitwick pousser un soupir de soulagement.
— Filius, qu'est-ce que... commença Mrs Pomfresh en examinant rapidement Mary.
— Elle a été attaquée...
— Attaquée ? s'étrangla l'infirmière, hébétée alors qu'Iris sentait tout doucement ses jambes lui faire faux-bond.
— Il faut la réchauffer... Des sorts simples, des potions et des bonnes couvertures devraient suffire maintenant que j'ai... Pompom, c'est un sort de magie noire qu'on lui a lancé. Sortilège de Gelarsi.
Lentement, Iris se laissa glisser le long du mur, s'asseyant sur le sol, le regard dans le vide. Elle ne savait pas très bien si c'était le soulagement de savoir Mary sortie d'affaire, le contre-coup de l'avoir vue dans un tel état ou bien l'idée que la douce Gryffondor avait été victime d'un sort de magie noire, mais elle avait l'impression que le monde s'écroulait autour d'elle.
— Filius, Pompom !
Mrs McGonagall venait d'arriver, alertée par Garrick Davies à la demande de Mrs Pomfresh. Rapidement, le professeur de Sortilèges et l'infirmière lui exposèrent la situation et Iris entendit sa directrice de maison pousser un cri outré en entendant ce qui était arrivé à Mary.
— Iris ? T'as pas l'air bien...
Garrick s'était accroupi près d'elle, l'air visiblement inquiet. Constatant qu'aucun son ne voulait sortir de sa bouche lorsqu'elle essayait de parler, elle tenta de le rassurer d'un regard, apparemment bien peu convaincant.
— Miss Leighton, vous êtes pâle à faire peur... Le choc sans aucun doute, dit Mrs McGonagall en s'approchant. Vous allez descendre à l'infirmerie avec nous, vous avez bien besoin d'un peu de chocolat et d'un peu de repos.
Suivant la corps en lévitation de Mary ainsi que Mrs McGonagall et Mrs Pomfresh, Iris avait l'impression de marcher dans un épais brouillard, de ceux capables de vous embrouiller vos pensées. Remarquant son air hagard, sa directrice de maison marcha à côté d'elle, prête à la soutenir si besoin était. Une fois à l'infirmerie, on l'envoya s'installer sur un lit et Mrs Pomfresh disparut avec Mary, qui semblait tout doucement émerger de sa transe. Mrs McGonagall revint vers Iris quelques minutes plus tard, une plaquette de chocolat à la main.
— Mangez, lui dit-elle en lui tendant quelques carreaux. Albus !
Croquant dans son morceau de chocolat sans réelle conviction, Iris regarda le directeur marcher vers elle avec cet air grave qu'elle avait déjà eu l'occasion d'observer chez lui lors de l'annonce de l'hospitalisation de Lionel.
— Comment va-t-elle ? dit le directeur sans plus de cérémonie.
— Elle est en état de choc, la pauvre enfant...
— Filius m'a expliqué la situation. Fort heureusement, un Sortilège de Gelarsi n'a pas l'habitude de laisser de séquelles, hormis la terreur éprouvée. Miss Leighton, vous avez trouvé votre camarade, n'est-ce pas ?
Iris hocha la tête avant de répondre docilement aux questions de son directeur : avait-elle vu quelqu'un dans le couloir ? Avait-elle entendu quelque chose ? Mary s'était-elle fâchée avec quelqu'un récemment ? Autant de questions auxquelles Iris répondit par la négative.
— Mangez votre chocolat, reposez-vous un peu et retournez dans vos quartiers quand vous vous sentirez mieux. Il est inutile que vous retourniez en cours pour le temps qu'il reste, lui conseilla sa directrice de maison.
La jeune fille ne resta pas très longtemps à l'infirmerie, mal à l'aise dans cette pièce qui lui rappelait un peu trop Sainte-Mangouste. Elle était en pleine forme, il ne lui était rien arrivé, elle n'avait aucune raison de rester à l'infirmerie. Une fois dans son dortoir, elle se laissa tomber sur son lit en poussant un long soupir.
Cela avait été particulièrement dur pour Iris de voir Mary dans un tel état. La détresse de Mary, sa souffrance, son air hagard l'avait automatiquement confrontée à ce qu'avait vécu son frère alors qu'Iris essayait toujours d'éviter de penser à l'ampleur des souffrances qu'il avait subis.
— JE SUIS PAS SOURDE REMUS J'AI COMPRIS LA PREMIÈRE FOIS ! JE VAIS LUI DEMANDER MAIS PAR LE CALEÇON DE MERLIN, CALME-TOI !
Iris, qui était jusque là perdue la contemplation de photos de famille, haussa un sourcil en entendant la voix de Karen menacer de faire trembler les murs. Lorsqu'elle la vit ouvrir la porte de manière comme si elle était poursuivie par un Scroutt à Pétards, la Gryffondor comprit tout de suite ce qu'on attendait d'elle. Après tout, elle était la seule à avoir vu Mary.
— Bon sang Iris, c'est quoi cette histoire ? Quelqu'un a lancé un sort à Mary ? Comment elle va ? Remus est en train de devenir complètement fou là !
— Je descends, répondit simplement Iris en fermant son album.
Karen eut la délicatesse de ne pas la harceler de questions le temps de redescendre dans la salle commune. Arrivée en bas des marches, Iris marqua un temps d'arrêt en se retrouvant face à une bonne partie de ses camarades de maison gesticulant et parlant dans un indescriptible brouhaha digne d'un poulailler, qui s'arrêta tout net lorsqu'ils remarquèrent sa présence.
— Iris ! s'écria Remus. Il s'est passé quoi ? T'as vu Mary ?
En sentant tous les regards tournés vers elle, Iris prit instinctivement le réflexe habituel de fourrer ses mains dans ses poches. Elle avait toujours particulièrement apprécié Remus, qui était à ses yeux l'incarnation parfaite du gentil camarade de maison, sérieux mais farceur et surtout, solidaire de ses amis. Le voir aussi inquiet toucha particulièrement Iris, qui pensa à l'importance de la relation entre Mary et lui, qui durait depuis plusieurs mois sans accrocs maintenant.
— McGo a dit quoi exactement ? demanda-t-elle en continuant de fixer Remus.
— On s'en fout ! Il s'est passé quoi ? répondit-il d'un ton assez agressif, inhabituel aux oreilles de la jeune fille.
— Tout doux Remus. Faut l'excuser, Mrs Pomfresh lui a refusé l'accès à l'infirmerie, intervint Potter juste à côté de lui.
— Dans les couloirs, j'ai vu Mary sur le sol en train de... En train de trembler comme une folle, c'était impressionnant. Le Professeur Flitwick a eu du mal mais a fini par réussir à la calmer avec un contre-sort. Le directeur était à l'infirmerie, il a dit que Mary irait vite mieux, qu'elle n'aurait pas de séquelles. Elle est choquée.
— Quel sort ? Qui l'a attaquée ? continua de lui demander Remus.
— Ils ont parlé de Sortilège de Gelarsi, je sais pas trop ce que c'est Remus... Et je sais pas, j'ai vu personne moi. Mais tu sais, McGonagall va sans doute venir nous donner des nouvelles.
Remus partit s'assoir dans un fauteuil, les épaules voûtées et la mine défaite, rapidement rejoint par ses amis. La plupart de ses camarades étaient repartis dans leurs discussions et Iris observa Lily, en train de discuter avec Beatriz et Alice, les larmes aux yeux. La jeune sorcière ne se sentait pas très bien elle non plus, et en cet instant, pouvoir parler avec sa meilleure amie lui manquait plus que jamais.
— Iris, tout va bien ?
La voix de Peter la tira de sa rêverie et elle acquiesça a la tête rapidement, comme pour se convaincre elle-même. Gentiment, Peter lui sourit et Iris trouva qu'il avait vraiment un beau sourire, encore très enfantin, avec ses joues encore un peu rebondies.
— Tu devrais venir t'assoir avec nous... Remus est sur les nerfs mais ça va lui passer, t'inquiète pas.
Iris le remercia et alla s'installer avec les Maraudeurs, n'écoutant que distraitement les discussions des garçons pour distraire Remus de son inquiétude. Assise sur le tapis, près des jambes de Sirius, elle se sentait incroyablement seule. Elle avait envie d'être réconfortée, et elle se surprit à se demander ce que cela ferait, de se blottir contre Sirius pour qu'il la console. Plus d'une fois, elle eut envie d'aller se serrer contre sur le canapé mais Iris, qui se demandait toujours ce qu'elle pouvait bien fabriquer à Gryffondor, n'osa pas et resta assise par terre, ses bras enroulés autour de ses genoux.
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— Je pensais qu'avec l'agression de Mary, vous vous seriez réconciliées...
— J'ai pas envie d'en parler, Black.
— Mais du coup, dans le dortoir, vous faites comment ? Vous vous parlez pas ?
— Toujours pas envie d'en parler, grogna Iris une nouvelle fois.
— Mais je sais pas moi, vous partagez un dortoir, une salle de bains... Ça doit être hyper tendu non ?
— Sérieusement Black, je vais te frapper. Ferme-la tu veux ? Concentre-toi sur la médecine moldue au moins deux minutes, d'accord ?
Sirius soupira et se mit à se balancer sur sa chaise, la narguant du regard. Résistant à la tentation de le faire tomber d'un très léger coup de pied, Iris essaya de se concentrer sur les explications concernant la chirurgie moldue du professeur Swanson. C'était sans compter sur le caractère buté de Black, auquel la jeune fille devait pourtant comment à s'habituer.
— Peter l'a vue discuter avec Servilius hier.
— Et ?
— Bah elle lui parle encore.
— C'est pas nouveau, répondit Iris en prenant des notes sur les progrès de l'anesthésie.
— Non, mais depuis ce qui est arrivé à Mary, elle lui parle encore, répéta Black, un peu comme s'il s'adressait à une idiote.
— C'est quoi le rapport ?
— Evans continue d'être amie avec un mec qui a sans doute agressé sa copine, il y a que moi qui trouve qu'on la perd définitivement ?
— Mary a accusé Mulciber, tu le sais très bien, rétorqua Iris avec une voix pleine de reproches.
— Comme s'il pouvait penser et faire ça tout seul, celui-là. Un Sortilège de Gelarsi... Il lui a au moins soufflé l'idée.
Iris ne connaissait pas très bien Mulciber, et elle ne savait pas si un tel sortilège pourrait venir à l'idée du Serpentard. Mary leur avait expliqué qu'elle avait eu l'impression d'être gelée de l'intérieur, comme si de la glace se formait sur ses os, dans sa peau. Elle avait eu tellement froid qu'elle en avait perdu connaissance. Et Iris se refusait à penser que Severus puisse être à l'origine d'une aussi mauvaise blague. C'était la défense pour laquelle avait optée Mulciber : une blague qui avait mal tourné. Le directeur n'y avait pas vraiment cru, et pour l'instant, le septième année avait été renvoyé chez lui en attendant son conseil de discipline.
— Severus ne ferait jamais ça, assura Iris.
— Je pensais que t'avais un peu ouvert les yeux sur lui, dit Sirius sur un ton un peu plus virulent.
— Il serait peut-être capable de te faire ça à toi ou à tes copains. Mais pas à Mary, ni à personne d'autres. C'est pas son genre.
— Ben voyons.
— Tu penses vraiment que Severus serait capable de faire de la magie noire, surtout aussi horrible, sur une camarade de maison qui ne lui a jamais rien fait, qu'il connaît depuis ses onze ans ?
D'un regard, Sirius lui fit comprendre que oui, avant de daigner prendre une ou deux phrases du cour en notes. Un peu mal à l'aise et surtout très étonnée par les certitudes du Gryffondor, Iris se mordit longuement la lèvre avant de poser cette question qui lui revenait de plus en plus en tête ces derniers temps.
— Mais pourquoi tu le détestes autant ?
— Et toi pourquoi tu le détestes pas ? Il adore la magie noire, il traîne avec les élèves les plus racistes de l'école, il te brouille avec ta meilleure amie... Tu devrais être la première à le détester, sérieusement.
— Laisse tomber.
Sirius était peut-être quelqu'un de très intelligent, en témoignaient ses notes remarquables alors qu'il était né avec le plus long poil dans le main qui pouvait exister au monde. Mais Iris trouvait qu'en ce qui concernait les relations sociales et les gens en général, il était incroyablement incompétent. D'ailleurs, cela semblait empirer avec l'âge, et c'était un peu inquiétant. Elle ne se voyait donc pas lui expliquer la nature de ses sentiments et ressentiments pour celui qui avait été son presque-ami, et à qui elle avait tenu et finalement, tenait encore. De toute manière, dans la mesure où elle n'y comprenait pas grand-chose elle-même...
Iris regretta cependant le soir même de ne pas en avoir été capable, lorsqu'une fois de plus, les Maraudeurs firent de très mauvaises blagues sur l'hygiène de Severus et qu'une fois de plus, Lily le défendit. Assise à une table l'autre bout de la salle commune, en train de rédiger un parchemin, elle fusillait les garçons du regard. Iris vit Mary, qui était assise avec Lily, échanger un regard embarrassé avec Remus. La jeune fille, qui s'était installée avec Orthia et Karen non loin des garçons, éprouva une certaine satisfaction à l'idée qu'elle n'était pas toute seule à se sentir partagée entre deux groupes, prise à parti.
— C'est un espace commun ici Evans, si ça te plaît pas tu peux toujours aller travailler dans ton dortoir. Libre à toi d'y instaurer une ambiance de merde si tu veux, mais ici t'es gentille, tu nous laisses vivre, rétorqua Sirius avant de reprendre la partie de cartes qu'il avait entamée avec Peter.
— Tu trouves que t'instaures une bonne ambiance en insultant les gens ?
— J'ai entendu personne se plaindre à part toi. T'as entendu quelqu'un te plaindre, Peter ?
Peter esquissa un sourire moqueur, qu'Iris trouva bien différent de son sourire habituel, et secoua négativement la tête en regardant Sirius. Ce dernier se tourna vers ses autres camarades et répéta sa question : si Remus s'abstint, Potter ne se priva pas pour en rajouter une couche.
— Je dirais plutôt qu'il y a une réelle demande d'insultes contre Servilio, Patmol.
Sirius s'était déjà retourné vers Lily avec un air triomphant, s'apprêtant visiblement à l'humilier en continuant à humilier Severus, comme il avait si bien pris l'habitude de le faire. La préfète avait les joues rouges et les poings serrés, droite comme un i.
— Black, intervint Iris alors que Black ouvrait la bouche pour lancer une réplique cinglante à Lily.
— Quoi ? J'explique à notre naïve préfète ce qu'elle ne parvient pas à comprendre...
— Tu défendrais James aussi, si on l'insultait... C'est bon.
Elle espérait que l'allusion à cette gentille phrase qu'il lui avait dite après sa dispute avec Lily, lorsqu'il lui avait expliqué que Lily était le James d'Iris, suffirait à lui faire prendre un peu de recul et à le faire taire. Elle ne le saurait jamais, Lily ayant décidé de sauter sur l'occasion de pouvoir rabattre son caquet à l'héritier des Black.
— Pour qui tu te prends à la fin Black ? Le prince des Gryffondor ? Pour ton information, je ne suis pas la seule personne dérangée par la harcèlement constant que vous faites subir à Severus ! Du moins, je ne l'étais pas jusqu'à il n'y a pas si longtemps !
Le regard que Lily lança à Iris était sans appel et si cette dernière le soutint, ce fut avec beaucoup de peine. Lancée, Lily continua sa tirade dans le silence relatif de la salle commune, une partie des élèves s'étant tue tandis que l'autre ne semblait pas trouver d'intérêt à les écouter, à raison sans doute.
— Si tu avais un peu de respect pour ta copine, tu n'insulterais pas comme ça quelqu'un qui a été son ami ! Mais ça, ça passe au-dessus du grand Sirius Black !
— Ah ouais, quand même, même celle-la tu l'oses, plaisanta Black, faisant rire Potter.
— Et toi ! continua Lily en s'adressant à Iris, cette fois. Sortir avec le type qui prend plaisir à humilier un de tes meilleurs amis ? Honnêtement, au début, je pensais que tu allais essayer de calmer le jeu, d'ouvrir les yeux à ce gros crétin, bref, que ça irait mieux ! Mais non, t'as même pas le cran de lui dire quoique ce soit !
Orthia allait prendre la défense d'Iris, déjà redressée sur le fauteuil pour lui dire sa façon de penser mais la sorcière l'arrêta en posant une main sur son bras.
— Lily si t'as enfin envie qu'on s'explique, on va faire ça ailleurs qu'au milieu de la salle commune... commença Iris.
Elle s'était levée et approchée de Lily, pour rendre les choses plus discrètes, mal à l'aise à l'idée que tous les élèves de cinquième année et une partie de la salle commune assistent à leur dispute.
— Il y a rien à expliquer Iris, lui répondit Lily alors qu'elle était maintenant toute proche d'elle. Tu sors avec un crétin égoïste, narcissique et cruel, et tu ne rends même pas compte parce que tu te laisses aveugler par ses beaux yeux. T'es pas plus maline que les autres... Au début je pouvais comprendre, parce que t'étais dans une situation difficile... Avec ton frère dans le coma, j'avais pas envie de faire d'histoires, mais maintenant...
— Mais maintenant quoi, Lily ? la coupa Iris.
Elle voyait rouge, comme si tout ce qu'elle avait emmagasiné comme rancœur depuis plusieurs jours s'apprêtait à exploser au visage de sa meilleure amie. Cette discussion qu'elle aurait dû avoir avec Lily mais qu'elle n'avait pas eue, le curieux malaise qu'elle ressentait depuis le réveil de son frère, encore ravivé par la peur qu'elle avait ressentie en trouvant Mary, oui, tout cela, Iris avait terriblement envie de le dire, enfin.
— Maintenant quoi ? Lionel est réveillé, alors tout va bien dans le meilleur des mondes ? Mais oui bien sûr Lily, mon frère se porte comme un charme. C'est pas du tout perturbant de rendre visite à quelqu'un qui de temps en temps, a l'air d'avoir envie de mourir parce qu'il a l'impression que sa vie est fichue. Pas du tout perturbant de le voir sourire, parce que bon, hein, quand il me voit, il fait toujours des efforts pour se montrer de bonne humeur. Tu sais pourquoi c'est perturbant ? T'imagines à quoi ressemble son visage ? Tu sais ce que ça fait, de voir un visage que t'avais tellement l'habitude de voir bouffé par les cicatrices ? De plus entendre mon frère parler parce que quand il essaie, on dirait un bébé qui essaie d'apprendre et que ça le rend malade, qu'il en a honte ? Mais oui Lily, tu as raison, tout s'est arrangé et dans ces circonstances merveilleuses, je n'ai absolument pas besoin de passer du temps avec quelqu'un qui me fait rire et avec qui je m'entends bien.
A la fin de la tirade d'Iris, qu'elle avait eu la délicatesse de ne pas crier, le visage de Lily sembla se décomposer et la jeune fille vit quelque chose de vaguement honteux apparaître dans les yeux de la préfète. Pendant un instant, Iris faillit lui prendre le bras et lui proposer d'aller parler plus calmement, afin qu'elles se réconcilient. Mais Iris avait l'impression que c'était toujours elle qui se retrouvait à faire des concessions dans sa relation avec Lily, en raison du caractère très affirmé de cette dernière. Et pour l'instant, elle n'avait pas du tout envie de mettre de l'eau dans son vin. Lily tourna les talons et rassembla ses affaires avant de monter dans leur dortoir.
Même si Iris n'avait pas parlé très fort, les personnes proches d'elles avaient entendu son petit discours. Les Maraudeurs semblaient un peu mal à l'aise et Sirius la regardait d'une manière un peu étrange. Faisant comme si de rien n'était elle retourna s'installer à côté d'Orthia. Mary était restée à la table qu'elle partageait avec Lily, visiblement hésitante sur le comportement à adopter. Iris vit Remus se lever et finalement, la blonde vint s'installer près de lui.
— Bah ça va être tendu, ce soir... dit Karen dans un soupir.
— Iris a eu raison de s'affirmer un peu, répondit Orthia. Je sais pas ce que tu lui as dit, j'ai pas bien entendu, mais ça a eu l'air de la faire réfléchir.
— J'espère parce que franchement, j'en ai marre de cette situation, mais marre...
— T'as rien à te reprocher Iris, essaya de la rassurer Orthia.
Iris de son côté, n'en était pas si sûre. Elle savait parfaitement que Lily avait bien des torts dans cette histoire, mais elle avait la désagréable impression qu'elle aussi, même lorsqu'elle essayait de se persuader. Replaçant une mèche de ses cheveux châtains qui la gênait, elle soupira.
— Comment ça, je suis mauvais perdant ? Moi, Sirius Black, mauvais perdant ? Comment oses-tu Remus ? Continue comme ça, et je te provoque en duel ! s'écria la voix de Black non loin.
— Et je vais gagner ce duel, et tu ne le supporteras pas. Tu es mauvais perdant, Sirius, rétorqua le préfet.
— Le pire mauvais perdant qu'on puisse imaginer, affirma Potter. Pas vrai, Pete ?
— Une plaie, confirma Peter.
Sirius, aussi théâtral que d'habitude, feint de recevoir une flèche en plein cœur avant de se lever, l'air faussement dédaigneux. En observant le petit groupe, elle commença à retrouver le sourire.
— Puisque vous avez décidé d'être contre moi, je vais voir Leighton. Elle au moins, elle m'apprécie à ma juste valeur.
— Une Noise, tu veux dire ? se moqua Peter, ce qui lui valut un coussin en pleine tête.
— Tu es sévère Queudver, il en vaut bien deux, il porte bien la cravate, continua Potter.
Sirius éclata de rire et comme à chaque fois, Iris eut l'impression d'entendre un aboiement de chien quelque part dans ce rire sans retenue. Le nez en l'air mais hilare, il s'approcha et s'installa en face d'elle, par terre, tournant le dos à ses amis.
— Mes copains sont pas chouettes, se plaint Sirius.
— Et qui te dit que ta copine le sera ?
— Parce qu'elle doit me soutenir envers et contre tout ?
— J'ai jamais signé pour ça moi. T'imagines le boulot, surtout avec un cas comme toi ?
— Tu veux aller faire un tour, histoire de prendre l'air avant d'aller manger ? répondit-il du tac au tac, sans aucune transition.
Avec un sourire, Iris accepta : soit Sirius avait toujours de bonnes idées, soit il commençait à vraiment bien la connaître. Lorsqu'ils sortirent de la salle commune, l'habituel bras de Sirius autour de ses épaules, elle réalisa à quel point elle aimait cette manie qu'il avait prise. C'était comme s'il s'apprêtait toujours à lui chuchoter quelque chose à l'oreille.
— T'es pas trop remuée, après ce truc avec Lily ?
Iris haussa les épaules, ne sachant pas trop quoi répondre. Elle se souvenait de son comportement dans la salle commune, loin d'être exemplaire et hésitait à lui en parler.
— Ce que tu as dit à propos de ton frère... Tu sais, moi non plus j'avais pas trop réalisé. J'étais tellement content pour toi quand il s'est réveillé... C'est con, mais j'avais l'impression que ne pas mourir c'était tellement bien que... J'ai pas pensé que pour lui, ce serait difficile de continuer à vivre des fois. Je voulais pas minimiser. Je veux dire, j'espère que je l'ai pas fait, enfin pas trop. Putain, faut que j'arrête d'essayer de dire des trucs moi, ça donne pas grand-chose.
Vraiment, pour elle, Sirius Black ne comptait pas pour une mornille.
J'espère que vous avez passé un bon moment en lisant ce chapitre. Plus de Lily dans le chapitre suivant, mais pas que... Il y aura plein de choses.
Je sais que Lily est souvent vue dans les fics comme une fille avec un caractère de feu, voire un sale caractère et ça ressort un peu dans ce chapitre. Je me permets quand même de préciser (je l'excuse un peu, par là même) que pour moi, elle n'est pas aussi catégoriquement donneuse de leçons : c'est juste que pour l'instant dans cette fic elle est dans une période de sa vie vraiment pas facile, où ses liens familiaux et amicaux sont bouleversés (Pétunia, Severus), confrontée au racisme croissant, et qu'elle le gère d'une manière particulière. J'adore le personnage de Lily, et c'est son caractère entier, avec sa douceur et cette manière qu'elle a de défendre ses convictions, que je trouve touchant.
N'hésitez pas à reviewer, j'ai arrêté de mordre il y a quelques années ;)
Gardez la pêche !
