Chapitre 12
1. Maintenant, je peux t'arrêter.
Le commissariat était en ébullition. Une nouvelle annonce avait été trouvée sur le clavier du "Piano d'Argent". Une annonce… un peu... euh... déconcertante…
- Non mais c'est quoi ce binss ? grogna le Commissaire Saéhara, la carte en main.
Demain à 21h30,
La lumière et les ténèbres uniront leurs forces pour voler le "Piano d'Argent".
Dark et Light, Voleurs Fantômes.
- OK ! Ils vont s'attaquer à plus fort qu'eux ! Nous les aurons demain soir !
- OUAIIIIIIIIIIIIS ! crièrent les policiers dans la pièce.
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Chez les Niwa, la famille dînait. Quoi de plus normal ? Sauf que… aucun des adolescents n'étaient présents. Ni Daisuké ou Etzumy, ni Dark et Light.
- Pffff ! Qu'est-ce qu'ils fabriquent ? souffla Emiko. Ça fait bientôt deux heures qu'ils sont enfermés là-haut !
- Sûrement en train d'organiser leur vol de demain…, lui dit son père avant d'avaler une bouchée de riz.
- "Organiser" ? Dark n'en n'a jamais eu besoin !
- Parce que Dark travaillait toujours seul, mais cette fois, ils sont deux ! déclara Daiki. Ils ne doivent pas faire n'importe quoi ! Sinon, ils sont voués à l'échec !
- Dark et Light sont des professionnels, laissons-les faire, la rassura Kosuké.
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- Dark, tu connais bien le terrain ? demanda Light.
- Comme ma poche ! On n'aura pas de soucis à se faire, j'aurai même le temps de m'amuser avec mon Commandant ! jubila-t-il.
- En tout cas, c'est un musée que je n'ai pas eu l'occasion de visiter… Je sors. Wizu !
Le petit démon répondit à l'appel de la voleuse et se transforma en ailes noires. Après quelques secondes, Light était déjà loin.
- Elle ne peut pas rester en place…, soupira Etzumy.
- Elle me rappelle quelqu'un ! pensa Daisuké à voix haute.
Dark tourna son regard vers son partenaire qui le fixait.
- Pourquoi tu me regardes comme ça ?
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Daisuké était assis à sa table en classe, dans ses pensées, comme à son habitude… et comme à chaque fois :
- Daisukéééééééééééééééééééé ! hurla Saéhara en entrant dans la classe.
Le dénommé releva la tête.
- Il va se passer un truc ééééénoooooooorme ce soir ! dit-il en attrapant "affectueusement" son ami.
- J'ai déjà entendu ça quelque part ! pensa le petit voleur avec un soupçon d'ironie.
- Je tiens ça de mon vieux !
- Et qu'est-ce qui va se passer de si « ééééénoooooooorme » ce soir ? demanda Riku en rejoignant les deux garçons.
Saéhara ricana et dit aux personnes qui s'étaient rassemblées autour de lui :
- Ce soir, Dark et Light vont travailler main dans la main !
Les expression d'étonnement ne se firent pas attendre, sauf peut-être :
- "Main dans la main", c'est très exagéré ! pensèrent Daisuké et Etzumy en même temps.
Les exclamations fusèrent. Des remarques par rapport à la taille de l'œuvre visée. Des exclamations de peur ou d'enthousiasme. Des demandes de rendez-vous pour se rejoindre au futur lieu du crime. Saéhara planta son regard dans celui de son ami.
- Et toi, tu vas te décider à venir ?
Daisuké croisa le sourire d'Etzumy.
- Comptez sur moi pour ce soir !
- Encore une chose… Je vais devoir me préparer… je te laisse passer le balai dans la salle d'art plat. !
- sa…Saéhara !
- Wa ha ha ! Merci mon chéri ! lança le journaliste en s'enfuyant.
Daisuké soupira. Combien de fois cela faisait-il ?
- 'sais rien ! C'est toi le larbin, lui répondit Sékimoto.
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Le jeune Niwa, maudissait son imbécillité légendaire, portait les chevalets et les posa dans le coins de la salle où ils étaient assignés. Une fois ceci finit, il aida un autre élève à ranger correctement les peintures dans l'armoire.
- Niwa !
L'interpellé se retourna, c'était Hiwatari. Il se trouvait à coté de la porte, la main sur la poignée.
- Nous avons finit tous les deux. J'aimerais faire un peu de chemin avec toi.
Vu le regard que l'adolescent aux cheveux bleus arborait, il voulait lui parler de ce soir. Ils prirent leurs affaires et sortirent. Ensemble, ils prirent le tramway.
Hiwatari n'ouvrit la bouche que lorsque le train était à mi-descente :
- Ce soir…
Si Daisuké avait parié là-dessus, il aurait gagné le gros lot ! Il regardait le jeune Commandant qui continua sa phrase :
- Comme Dark n'est plus dans ton corps, je le capturerai et je mettrai fin à la malédiction qui pèse sur ma famille.
Un autre grand silence qui dura plusieurs minutes.
- Je ne crois pas qu'il va se laisser faire, fit par répliquer doucement l'ancien hôte, ne sachant pas quoi dire d'autre.
- Je sais.
Le tramway s'arrêta. Le petit voleur et le jeune policier du soir descendirent. Après un salut des plus froid, ils se séparèrent.
- Il a l'air déterminé…, pensa Daisuké.
Il s'attendait à ce que Dark lui réponde et mit plusieurs minutes à se souvenir que le voleur fantôme n'habitait plus son corps. D'après la grand-mère d'Etzumy, ce n'était que temporaire… mais il se sentait un peu perdu sans sa présence au fond de lui. Il se souvenait de ce qui s'était passé avec le "Sage du Sommeil" et le miroir. Rien que d'y repenser, il en frissonnait. Que réservait Hiwatari au voleur fantôme ? Est-ce que Light saurait empêcher le pire ? Light… Il avait dû mal à la cerner… Il l'avait toujours vue en train de rire ou de sourire… Sauf pendant son altercation avec Krad… Elle avait été bien plus sérieuse, à ce moment-là… Et Dark et elle semblaient bien se connaître… Qui était-elle en réalité ?…
2. Préparation.
Il était 21h30. Dans la salle de bains des Niwa, Light réajustait le col de sa veste noire, fredonnant « Le Trille du Diable » de Tartini. Quelqu'un frappa.
- Entrez !
Dark passa la porte. D'abord la tête, puis en entier. Ne sait-on jamais.
- Prête pour le vol de ce soir ?
- Plus que prête !
Il soupira, toujours aussi excitée, en 250 ans, elle n'avait pas changé ! Toujours à rire et sourire pour cacher ses pleurs et ses faiblesses… Enfin bref ! C'est du Light…
Son regard fut inévitablement attiré par le petit sac à dos noir qu'avait rapporté Light de Tokyo. Lui demandant ce que c'était, elle lui fit signe de sortir ce qu'il y avait dedans. Le voleur découvrit une sorte de bouteille de verre, un écrin, en forme de plume.
- Avec ce petit bijou, le vol de ce soir est pratiquement dans la poche ! lui assura-t-elle avec un clin d'œil.
- Et tu vas me dire que…
- Oui, le piano rentrera là-dedans ! Et ceci grâce à une incantation spéciale ! Pendant que je scellerai l'œuvre, tu devras détourner l'attention des flics !
Dark fit une mine boudeuse et Light lui répondit par un sourire.
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22h15. Daisuké et sa famille était déjà sur place, Kohané et Etzumy venaient à peine d'arriver. Saéhara arriva avec les sœurs Harada. Pendant qu'il réglait sa caméra, le journaliste demanda :
- Lia-san va venir ?
Daisuké fut soudain très mal à l'aise et il regarda ses parents pour y trouver de l'aide. Light n'avait pas ré-abordé le sujet depuis sa rencontre avec le jeune journaliste.
- On est là ! cria une voix familière.
Tout le monde se retourna, ils virent "Lia" et "Daichi" arriver en courant. Lia, habillé d'un chemisier blanc, une cravate en cuir relâchée et d'un pantalon bleu foncé, et Daichi, chemise rayée blanche et noire et d'un pantalon crème, s'arrêtèrent pour reprendre leur souffle.
- Désolés ! … On s'est perdu, … on connaît pas encore très bien Azumano…, fit Lia.
Daisuké et Etzumy étaient terrifiés, si Dark et Light étaient ici, comment allaient-ils commettre leur vol sans attirer l'attention ? Les Niwa aussi s'en faisaient. Kohané, elle, décrocha un sourire aux deux ados qui le lui rendirent. Lia décrocha un clin d'œil à un Daisuké perdu ! Elle se pencha à l'oreille du petit voleur et lui murmura :
- Ne t'inquiète pas, Light nous a demandés une faveur.
Cette fois, Daisuké était bel et bien perdu. Il sentit une main se poser sur son épaule. Il se retourna et vit "Daichi" :
- T'en fais pas Dai-kun !
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Heure H -5 min. Tout le monde avait le nez pointé en direction du ciel. Lia et Daichi y compris.
- Bonsoir chers téléspectateurs ! Nous sommes en direct du Musée Lougar, où aura sûrement lieu le vol le plus spectaculaire de l'année. Kaitô Dark et Kaitô Light, deux voleurs fantômes rivaux, vont s'associer pour voler le "Piano d'Argent", œuvre d'art de la lignée des Hikari d'une valeur inestimable, qui a été offert il y a 4 jours au musée. Comment vont-ils réussir cet exploit ? Vont-ils être capturés ? Vous le saurez bientôt !
Mais pour qu'il y ait un vol, faudrait-il encore y avoir les voleurs…
