AVERTISSEMENT : le passage en gras est un extrait du journal de James. Âmes sensibles s'abstenir !
Chapitre 11
Onzième leçon : rien ne sert de fuir, d'une manière ou d'une autre, cela nous rattrape toujours !
Je me sentais épuisé et faible, comme jamais je ne l'avais été… Pourtant, j'ouvris les yeux tout doucement… Il faisait très sombre… Si bien que je n'arrivais presque rien à distinguer de l'endroit où je me trouvais.
Je tâtonnai à ma droite dans l'espoir de trouver ma lampe, posée sur ma table de chevet. En vain… Ce n'était que du vide. Les battements de mon cœur s'accélérèrent considérablement en réalisant que je n'étais certainement pas dans ma chambre… Je n'aimais vraiment pas ça…
Je forçai sur mes yeux pour distinguer un objet ou quoi que ce soit qui puisse me renseigner sur le lieu où je me trouvais, mais la seule chose que cela m'apporta fut un mal de crâne… Je me laissais retomber sur le lit, lorsque de la lumière vint m'aveugler.
« Edward ! » S'écria ma mère.
Elle vint m'enlacer avec une force que je ne lui connaissais pas… Je sentis ses larmes couler sur ma joue. Mes bras l'encerclèrent également et je lui murmurai des paroles réconfortantes. Je rouvris les yeux progressivement. La lumière semblait moins aveuglante à présent. Je vis mon père, juste à côté de ma mère. Il était soucieux et avait des cernes sous les yeux. Je fronçai les sourcils. Était-il arrivé quelque chose de grave ? Je n'eus pas besoin d'une réponse venant de sa part. Je pouvais déjà y répondre par moi-même… Il suffisait juste de me rappeler mes derniers souvenirs en date pour cela…
« Mon dieu Edward ! » Souffla ma mère dans un sanglot. « Ne nous refais plus jamais une frayeur pareille ! »
Elle s'éloigna de moi et s'assit sur le bord du lit. Je n'y avais pas prêté attention avant, mais je reconnus ce lit, comme étant l'un de ceux meublant les chambres de l'hôpital de Forks. Mon frère avait dû subir une appendicectomie durant l'été dernier, et j'étais venu lui rendre visite.
« Tout va bien maman… » Mentis-je en essuyant ses larmes de mes pouces. « Je peux juste savoir, pourquoi je suis à l'hôpital ? » Demandai-je faiblement.
Ma mère prit l'une de mes mains entre les siennes, tandis que mon père vint se poster à côté de moi, et posa une main sur mon épaule.
« De quoi te souviens-tu exactement pour la dernière fois ? » Me demanda-t-il.
Je compris que c'était mauvais signe… Quand c'est quelque chose de futile, on n'hésite pas à dire les choses directement. Là, mon père essayait d'introduire ça avec délicatesse. J'imagine…
Je tournai la tête de sorte à ce que mes parents ne voient plus mon visage. La dernière chose dont je me souvenais était Bella dans la salle de bains et de mon comportement aussi monstrueux que celui de James. Je m'écœurais à nouveau par mes actes. Pire que ça, je me haïssais ! Et je mettais tout mon cœur dans cette haine qui m'était destinée, car je n'acceptais absolument pas ce que je lui avais fait subir. Pourquoi mon corps a-t-il réagi et continue à réagir de cette manière, dès qu'elle s'approche de moi ? Pourquoi ne puis-je pas être maître de moi-même ? Tous les autres y arrivent, sauf moi, alors que j'en ai le plus besoin… Pourquoi ?
« Ce n'est pas ta faute, mon cœur… » Tenta de me réconforter ma mère, comme si elle lisait mes pensées. Seulement, rien ne pouvait m'apaiser en ce moment, même pas ma mère ! « Je sais à quoi tu penses, mais tu n'as pas à te sentir coupable ! »
« Bien sûr que si je le suis ! » M'écriai-je. « J'aurais dû réagir ! Et à la place je suis resté planté là, à la laisser faire ! »
« Calme-toi… Tout le monde a le droit à des faiblesses… »
« NON ! » La coupai-je. « Je n'ai pas le droit d'avoir ce genre de faiblesses ! Pas le droit, tu comprends ! » Criai-je.
« Edward calme-toi ! » Dit-elle plus fort.
« NON ! Je ne peux pas me calmer ! Pas après ce que j'ai failli faire à Bella ! Elle va me détester plus tard ! Ce que j'ai fait est monstrueux ! MONSTRUEUX ! Ce n'est que ce que je suis… un monstre… » Chuchotai-je désormais. « Laissez-moi seul ! Je sais que vous m'aimez et que vous voulez m'aider, mais c'est la seule chose que vous puissiez faire pour le moment… »
« Edward… » Insista ma mère.
« S'il te plaît… J'ai juste besoin d'être seul… »
« Esmé, viens… » Lui dit mon père. « Une infirmière passera te voir d'ici quelques minutes pour tes perfusions. Tâche de te reposer. Nous t'aimons tous les deux et nous serons là pour toi, quoiqu'il arrive. Nous sommes tes parents après tout ! »
Il n'ajouta rien de plus et s'en alla avec ma mère. Dès que la porte fut fermée, je me mis les mains sur le visage. Les mêmes questions me revenaient en tête. Les mêmes images apparaissaient derrière mes paupières et dans mon esprit.
Bella, ne me le pardonne pas… Je ne le mérite pas. Pas après ce que je t'ai fait ! Je me demande bien pourquoi tu tiens tant à moi… À me faire assister à tes séances… À me provoquer en me faisant des attouchements… Cela t'amuse-t-il autant que ça de me torturer comme tu le fais ? Peut-être désires-tu seulement que je te donne une bonne raison de me détester plus tard… Sans cela, nous pourrions avoir une si belle et simple relation. Pourquoi faut-il que tu viennes tout gâcher ? Pourquoi faut-il que je vienne tout gâcher… ?
La porte s'ouvrit et une infirmière vint vers moi. Je retirai mon bras, lorsqu'elle s'approcha pour me mettre des perfusions.
« Monsieur, vous devez me laisser faire mon travail. »
« Et ceci est mon corps. Je n'ai pas envie que l'on m'enfonce des aiguilles dedans, ni que l'on m'injecte des produits ! »
Elle souffla et fit une nouvelle tentative. Elle l'avait espérée discrète, de sorte à ce que je ne vois pas son jeu en me faisant les yeux doux. Un regard rempli de compassion, ainsi qu'un peu de charme, qu'elle ne faisait que jouer. Alors, elle sortit de la chambre et revint avec un homme en blouse. Mon médecin, supposai-je.
La fatigue se faisait ressentir dans tout mon corps, si bien que lorsqu'il me tint, je ne cherchai pas à me débattre. À quoi bon de toute manière… Je sentis une piqûre dans mon bras. Je tournai la tête vers la source de la gêne. L'infirmière m'injectait le contenu d'une petite seringue. Immédiatement, je sentis mes paupières s'alourdir et se fermer d'elles-mêmes. La pression du médecin se relâcha et peu à peu, je sombrai…
À mon réveil, je me sentais mieux. Reposé surtout. Il faisait jour et il y avait un soleil radieux à l'extérieur. Ses rayons illuminaient la chambre dans laquelle je me trouvais.
Sur la table à roulettes à côté de moi, je vis une enveloppe qui m'était destinée, posée contre un verre. Je reconnus l'écriture de ma mère. Je relevai mon lit pour m'asseoir. Je déchirai proprement l'enveloppe sur le côté et sortis les feuilles de papier.
Mon cher petit Edward,
Je sais que cela peut te sembler étrange de t'écrire une lettre, mais tu sais comment je fonctionne. J'ai besoin de parler de mes émotions et de dire à quel point j'aime les gens autour de moi. Tu fais partie de ces personnes que je chérie le plus au monde. Te voir ainsi me fait extrêmement de peine… Je sais que je ne peux rien faire de plus que de rester distante, mais ça me tue de l'intérieur de te savoir mal. Je me répète, je sais…
À l'hôpital, ton père et moi-même n'avons pas eu le temps de t'expliquer la situation. Suite à ce qu'il s'est produit dans ta salle de bains, tu t'es évanoui. Nous avons, dans un premier temps, pensé que tu étais dans un état de choc et que tu allais reprendre vite connaissance. Seulement, le lendemain, ce n'était toujours pas le cas… Nous t'avons donc emmené à l'hôpital et avec des examens plus approfondis, nous avons appris que tu étais entré dans une sorte de coma, cependant assez léger d'après le médecin. Tu ne t'es pas réveillé avant huit jours. C'est-à-dire que lorsque tu as ouvert les yeux, nous étions vendredi. D'ailleurs, je suis désolée si nous avons autorisé le médecin à t'injecter un calmant. Tu auras le droit de nous en tenir rigueur et de nous détester pour cela, mais sache que nous ne pensions qu'à ton bien. Tu n'étais pas dans ton état normal... Pardonne-nous…
À la maison, Bella est perturbée comme jamais… Elle ne cesse de pleurer et de répéter ton surnom. Elle est restée éveillée durant plus de trois jours avant de tomber de sommeil. Le docteur Snow, nous a dit qu'il ne fallait pas s'inquiéter. Même si c'est extrêmement mauvais pour sa santé, c'est ce qu'elle a toujours fait au centre… J'ai encore du mal à me dire que c'est possible, voire humain… Comme nous ne sommes pas toujours avec elle, ton père pense qu'elle dort juste quand elle en a besoin. Elle n'a jamais été forcée à dormir toute la nuit. Elle dort peu, mais elle le fait quand elle en a besoin et que ses heures de sommeil lui seront vraiment utiles. Ainsi, une heure et demie de sommeil peuvent lui suffire pour rester éveillée des heures !
Je ris moi-même de ce que j'écris… Ça n'a aucun sens et intérêt d'écrire cela, mais ça me calme. Du moins, ça m'est nécessaire pour me calmer.
J'espère te voir de nouveau sur pied très rapidement. Te voir sourire. M'embrasser la joue le matin, quand tu descends dans la cuisine. Admirer Bella avec tendresse. Tu as certainement compris, j'espère simplement te voir vivre librement de nouveau. Tu n'as pas à vivre avec de la culpabilité. Tu n'es encore qu'un enfant à mes yeux, qui n'a pas à vivre toutes ces difficultés que tu traverses. Ton père et moi songeons à renoncer au projet. Nous voulons ton bien et le mieux serait d'éloigner la source des problèmes. Évidemment, dans une vie où tout est simple, il suffirait que Bella parte pour que tout aille pour le mieux, comme autrefois. Dans notre réalité, je pense que tu te sentirais encore plus mal. Je te connais par cœur, tu chercheras à la repousser, dégoûté par toi-même et les évènements derniers. Pourtant, tu es incapable de vivre loin d'elle. Je ne peux pas comprendre ce que tu ressens, ni ce qu'il se passe entre vous. J'aime ton père plus que ma propre vie et pourtant, je suis certaine que votre relation est totalement différente de la nôtre. C'est beaucoup plus fort. Quelque chose de plus indescriptible encore que l'Amour. Ça se voit. Ça se ressent. Mais ça ne s'explique pas avec des mots…
Bien que tu sois toujours mon petit Edward -celui qui courait tout nu dans la maison pour éviter de prendre son bain, ou bien celui qui s'asseyait dans son coin entouré par trois belles blondes- je te vois aujourd'hui comme un homme. Quand je regarde ton visage, je n'ai pas l'impression de voir un adolescent qui vient tout juste de fêter son dix-septième anniversaire. Je vois le visage d'un homme responsable et mature. Je vois le visage de ton père, quand il était plus jeune…
Je sais que tu vis une période difficile. Je sais également que ce n'est pas la dernière, loin de là. Mais, il faut que tu tiennes ! Tu dois le faire pour Bella mais, aussi pour toi et l'affection que tu lui portes. Si tu abandonnes, tu le regretteras toute ta vie. Tu la vois comme une enfant, incapable de marcher, de parler, d'aller aux toilettes comme nous. Je la perçois comme la femme de ta vie, ton âme sœur. Une occasion comme celle-ci ne se représente pas ! Des personnes la cherchent toute leur vie, sans jamais parvenir à la trouver alors que dans ton cas, elle est venue jusqu'à toi. Le destin, aussi cruel soit-il, fait parfois bien les choses… Il vous a réunis, même si le prix est cher à payer. Le prix d'une enfance volée. Le prix d'une vie à jamais marquée… Le bonheur a aussi un coût. Aujourd'hui, c'est dur… Mais, demain sera certainement plus doux…
Courage et sache que je serais toujours là pour toi,
Ta maman qui t'aime de tout son cœur.
Les larmes coulaient sur mon visage et mouraient sur les feuilles de papier qui tremblaient entre mes mains. Enfin… c'étaient plutôt mes mains qui tremblaient… Tout comme mon corps.
Je reposai la missive à sa place avec son enveloppe et me rallongeai. J'étais totalement perdu. Pour imager, j'avais l'impression d'être en plein milieu d'un carrefour avec une multitude de chemins. Des chemins semblables à des labyrinthes… Des chemins menant à différentes issues, que je ne connaissais pas…
Je soufflai et m'assis sur le bord du lit. Je tentai à plusieurs reprises de me lever, mais ma tête me tournait de trop. J'attendis une bonne demi-heure assis à attendre que l'effet se dissipe. Quand enfin je me mis sur pieds, je marchai jusqu'au placard contenant mes vêtements datant du jour de l'incident… Je fouillai dans la poche de mon jean et y pris mon portable. Par chance, il était resté éteint jusqu'à maintenant. Je l'ouvris et envoyai un message à ma mère.
Je m'excuse sincèrement de mon attitude de la dernière fois envers toi et papa … Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Je crois que j'ai un peu pété les plombs… E.
Je remis le portable dans ma poche. Je pris un pyjama dans le sac que mes parents avaient certainement dû ramener. Puis, je pris une douche. Comme dans tous les hôpitaux, un ou une infirmièr(e) avait dû venir me laver au gant, dans mon lit… Même si je ne préférais pas y penser, je ne pouvais m'en empêcher. Essentiellement, parce que ça me faisait penser à ma situation par rapport à Bella. Je suis celui qui occupe la position de dominé. Une personne vient me voir nu tous les jours, touche mon corps et lui lave les moindres recoins… Bella quant à elle, veut me voir certainement nu, toucher mon corps et de manière intime… Et je ne peux rien contrôler !
Je m'aspergeai le visage d'eau froide au-dessus du lavabo. Je devais absolument me faire sortir les images de Bella de ma tête. C'est ce qui m'avait fait perdre l'esprit la dernière fois et je ne tenais pas à ce que cela se reproduise derechef. Je ne pouvais pas m'empêcher de me blâmer, mais il fallait que j'avance, que j'assume mes erreurs. Que je m'accepte tel que je suis… et surtout mes défauts !
Je soufflai. Plus facile à penser qu'à faire !
Je balançai sur une chaise la tenue d'hospitalisation –qui laissait voir mes fesses- et me rallongeai sur mon lit. Je ne sais combien de temps je restai ainsi, les yeux fermés, mais lorsque je les rouvris, je vis ma mère à l'extérieur de ma chambre. Elle regardait par le hublot de ma porte, guettant mon réveil avec une mine plus que soucieuse.
Je lui souris et lui fis un signe pour qu'elle rentre. Cela sembla lui redonner un peu de bonne humeur. Je me levai et vins l'enlacer. Elle blottit sa tête dans mon cou. Je l'entendais qui pleurait.
« Je suis vraiment désolé… Si tu savais à quel point je m'en veux ! » Murmurai-je.
Elle prit mon visage en main et me sourit tendrement.
« Tu n'as pas à faire ça. Ce qui est fait est fait. N'en parlons plus d'accord. L'important, c'est que tu ailles mieux. »
Nous nous assîmes l'un à côté de l'autre, sur le bord du lit. Elle posa sa tête sur mon épaule et nous restâmes ainsi, silencieux…
Trois jours passèrent. Étant donné que j'avais fait une sorte de mini-coma et que je n'avais pas mangé de nourriture solide depuis un bon moment, les médecins avaient préféré me garder encore un peu et me surveiller. J'avais perdu du poids et ce n'était certainement pas de la graisse ! Mon frère, qui était passé me voir, m'avait promis qu'il serait mon entraîneur personnel et qu'il me remettrait à niveau rapidement.
Mon père n'avait pas emmené Bella à l'hôpital pour me voir, bien qu'elle n'ait pas arrêté de me demander à la maison. Elle ne faisait que pleurer et ne laissait personne l'approcher. Mon père avait dû recourir de nombreuses fois à des calmants afin de pourvoir la nourrir ou la laver. Cela faisait donc plus d'une semaine que Bella ne progressait pas dans son apprentissage. Mon père m'avait même informé que le jeudi où j'étais dans le coma, Bella n'avait pas voulu se masturber. Je craignais le pire pour mon retour… Peu importe le jour, elle voudrait peut-être se rattraper…
J'avais donc pris la décision de rester éloigné le plus possible de Bella. Je ne voulais pas qu'un nouvel incident intervienne et ne gâche encore plus notre relation. Chaque fois que je la regarderai, des images de notre échange dans ma salle de bains me dégoûteraient de moi-même. Bien sûr, pour d'autres personnes je pouvais en faire de trop… Seulement, Bella me tient tellement à cœur, que je ne pourrais pas me pardonner…
Aujourd'hui, d'ici quelques heures, je serais à la maison… J'étais heureux et en même temps paniqué.
Le médecin vint me voir dans ma chambre d'hôpital et m'ausculta une dernière fois avant de donner les papiers administratifs à mon père pour ma sortie. Une fois la paperasse remplie et mon sac fermé, nous rentrâmes à la maison. Quand il se gara devant la villa blanche, je lui demandai de vérifier si Bella était dans le salon. Je ne voulais pas qu'elle me voit, même si cela devait ajouter à son malheur.
Il partit vérifier et revint quelques minutes après.
« Tu peux y aller. La voie est libre. »
Je le remerciai et le plus silencieusement possible, je montai jusque dans ma chambre. Je fermai la porte à clé et partis ouvrir la fenêtre pour aérer. Je défis mes affaires et allai dans la salle de bains. Des post-its roses en forme de cœur, collés un peu partout, attirèrent mon attention. Je m'approchai du plus proche de moi.
Bienvenue…
Puis, j'allai au suivant. Et ainsi de suite…
…dans…
…ton…
…nouvel…
…enfer!
MOUHAHA!
Alice…
…avec…
…la…
…participation…
Ensuite, il y avait la première apparition de pense-bêtes bleus et carrés, rien de plus basique comparé aux post-its extravagants de ma sœur. Je jetai un coup d'œil sur le reste de mon mur, maintenant tapissé de nombreux papiers… Les papiers alternaient de couleur, selon la personne.
…d'Emmett!
Nous sommes ravis, que tu sois rentré à la maison!
Parle pour toi espèce de lutin!
Pourrais-tu s'il te plaît, me rappeler celui qui n'arrêtait pas de se plaindre durant l'absence d'Edward, parce que personne ne se laissait taper l'épaule sans rien dire?
Personne…
Menteur!
Arrête les post-its! Si tu veux me parler, viens le faire en face! Et la prochaine fois évite de parler en mon nom!
Mais, si c'est ce que tu penses, où est le problème?
Le problème, c'est tes p*** de post-its!
Jaloux!
Les pense-bêtes avaient été remplacés par des morceaux de papiers scotchés. Blanc pour Emmett et toujours rose pour Alice…
Jaloux de quoi? D'une taille de naine, une paire de nichon égale à celle d'une fillette de neuf ans et d'une voix de crécelle? Jamais de la vie! En plus, tu ne disposes pas d'un avantage de taille, qui fait ma fierté et qui se situe entre mes jambes!
Ah bon ? Tu viens de m'apprendre quelque chose là! Je savais qu'il y avait quelque chose entre les jambes de mon Jasper, mais pas entre les tiennes… À moins que, tu ne parles des paires de chaussettes que tu y mets pour faire semblent de croire qu'il y a quelque chose ?
Tu es un lutin mort ma petite Alice! Oser s'attaquer à ma virilité ! Sale petite *** ! Vas t'acheter du rembourrage à brassière au lieu d'écrire des débilités pareilles!
Il n'y a que la vérité qui blesse!
Si je n'avais vraiment rien entre les jambes, tu ne serais pas venue te plaindre à moult reprises pour le boucan que Rosalie et moi faisions dans ma chambre!
Tu sais, l'industrie du sexe est de plus en plus performante et innovante! Les vibros sont de plus en plus compétents, pour remplacer les appareils génitaux non-fonctionnels des hommes! Eux au moins, ne connaissent pas les pannes!
Et si tu n'as plus de piles au moment fatidique?
Même si cela arrive, ça ne me changera pas beaucoup des compétences masculines!
Wow, wow, wow! Jasper a des pannes? Et t'as un vibro? MA SŒUR A UN VIBRO! Quelle horreur! Maman le sait?
En quoi les performances de Jasper t'intéressent? Tu veux simplement lui demander ses astuces merdiques, pour pas que je m'en aperçoive ou tu es tellement pervers, que tu t'intéresses même à la vie sexuelle de ta petite sœur? Et ne fais pas ton air choqué en parlant de vibro et de moi dans la même phrase! Si tu veux tout savoir, je n'ai pas un vibro, mais plusieurs! Tous très bien cachés, pour que maman ne tombe pas dessus en voulant faire le ménage… Je ne suis pas stupide!
Je suis choqué à jamais!
Rooo, ça va! Maman aussi en a si tu veux tout savoir! Papa aussi a des jouets très intéressants… Regarde dans la bibliothèque dans leur chambre. Il y a une rangée de dictionnaires. Du moins, ça en a l'air en aspect, mais quand tu les ouvres…
Comment tu as découvert ça?
Un jour, j'ai fait l'erreur de vouloir m'instruire…
Je vois très bien quel genre d'instruction tu cherchais, petite perverse!
Arrête les post-its! T'imagine, si maman veut nettoyer la salle de bains d'Edward et qu'elle lit tout ça?
T'inquiète! Ton grand frère assure (et pas qu'au lit, parce que je n'ai pas de panne!) et a tout prévu!
Revenons à nos moutons! Contente que tu reviennes parmi nous Edward! *-*
(Mes leçons portent ses fruits! Enfin!) Moi aussi, petit frère! (Tu me diras si toi aussi t'as déjà eu des pannes?)
Emmett, tu viens de te trahir, avec 'toi aussi'!
Pas du tout! Je faisais référence à Jasper!
Jasper n'a pas de panne!
Ce n'est pas ce que tu as laissé entendre avec tous tes messages…
Je vais retirer tous les messages, si tu continues et je les donne à bouffer à Jake.
Je ne pense pas que, Jake apprécie des encres roses à paillettes. Si tu le fais, Edward prendra ça comme une tentative d'empoisonnement et tu risques de le déprimer encore plus! Il faut que je rappelle, que si mon pauvre petit frère est parti de la maison la dernière fois pour aller camper je ne sais où, c'est par ta faute!
Arrête de le traiter comme un enfant! On dirait que c'est ton gosse!
Je n'ai pas de môme! C'est chiant, ça coure de partout, ça crie, ça demande pleins de cadeaux et d'affections, ça parle sans retenue… Oh! Mais en fait, c'est tout à fait ta description!
Bravo Einstein! Tu as trouvé ça tout seul?
Comme un grand! Bébé Alice est-elle fière de grand frère Emmett?
Cours toujours! Un peu comme tu le fais sur un terrain de foot…
Si tu ajoutes un message de plus, je les mets à brûler dans notre cheminée!
On n'a pas de cheminée! (Du moins, aucune de fonctionnelle…Comme les appareils génitaux des hommes!)
Qu'est-ce que je viens de dire?
Ok, j'arrête! Seulement, ce n'est pas de ma faute, si tu ne réfléchis pas avant d'écrire!
Alice…
Quoi?
Arrête!
Arrête-toi-même!
Non, je veux avoir le dernier mot!
Moi aussi!
Arrêêêêêêêêête!
On dirait une gonzesse! Qui écrit très mal, c'est tout…
Edward, tu m'excuseras, mais il faut que je mette un terme à cette discussion. Donc, si tu ne vois pas la suite des messages stupides et puérils d'Alice (ça ne change pas de d'habitude), c'est parce que, comme je l'ai marqué un peu plus à gauche sur un autre morceau de papier : j'assure! J'ai donc pris l'initiative de fermer la porte de ta chambre à clé, grâce à ma brillante argumentation auprès de papa. Comme quoi, il n'y a pas que de la matière dans mon boxer, mais j'en ai aussi dans le crâne! Et puis, il faut aussi que tu saches que ta chambre est le repère préféré de Bella! Quand elle n'est pas dans son coin en train de pleurer, ni nue dans le panier de Jake à la cave (p'tit veinard! La levrette est certainement sa position favorite), elle vient soit dans ta baignoire (d'ailleurs, elle a une grosse bosse sur le front à cause de ça!), soit sur ton lit. Si tu veux mon avis, cette fille est complètement dépendante vis-à-vis de toi! Je suis certain, que si elle avait pu se faire greffer un bout de ton oreiller dans les narines afin d'avoir ton odeur à jamais près d'elle, elle l'aurait fait! Et pour finir, je voulais simplement te dire que j'étais très content moi aussi que tu reviennes! Même si tu es toujours discret à la maison et que je ne t'embête pas assez, quand tu n'es pas là, tu laisses comme un grand vide dans cette maison. Je ne te dirais pas que je t'aime pour terminer cette lettre, car ça fait trop sentimental pour un homme. En plus, je réserve ces mots à ma Rose pendant qu'on est en train de le faire… C'est presque toujours à ce moment-là, qu'elle se met à trembler et à crier mon prénom… L'orgasme quoi! Prends-en de la graine p'tit frère! (Mais prends garde à l'endroit où tu vas la semer! Sinon, ça peut donner des mioches! Mais ça, papa, ou ton prof de biologie, te l'a déjà expliqué. Enfin j'espère! M'enfin… si tu choisis Bella comme mère de tes enfants, je reconnaîtrais mon onclénité [construit sur paternité ou maternité, mais avec oncle, si t'avais pas compris], mais si tu fais ça avec quelqu'un d'autre, je pars apprendre l'art de la castration humaine et je viens ensuite t'utiliser, comme premier essai!)
Je n'arrêtais pas de sourire depuis un petit moment. Leurs échanges m'avaient redonné le moral. Je me sentais plus léger et je me sentais prêt à affronter le monde entier! Je devais tout surmonter pour ma famille, pour ne pas retomber dans mon état dépressif qui avait touché ma mère, mon père, mais également ma sœur et mon frère, que j'oubliais de prendre en compte dans cette histoire.
J'essuyai mes larmes. J'aurais bien voulu dire qu'elles n'étaient dues qu'à mes rires, mais ce n'était pas le cas. Leurs paroles m'avaient également énormément touché.
Je m'accordai un petit moment pour me ressaisir et m'amusai ensuite à décoller chacun des messages. Je les mis tous dans une pochette plastique, que je rangeai dans mon bureau. Je m'installai ensuite sur mon lit et repris ma lecture du premier journal de James.
Samedi 28 septembre :
Tout semble être redevenu à la normale. Comme je l'avais dit, le médecin s'est bien occupé de mon ange. Elle va mieux. Beaucoup mieux même! Tout comme moi d'ailleurs. Je me porte comme un charme, mais je sens tout d'un coup, le poids des années me peser sur les épaules. J'ai arrêté de calculer mon âge, depuis que j'ai passé la trentaine. À l'époque, j'étais avec ma troisième fille. Elle avait cinq ans, lorsque je l'ai récupérée. Une petite fille qui parlait trop et pleurait trop… Elle hurlait aussi trop fort. Elle mordait également…
Je me souviens d'elle parfaitement, bien que cela remonte à plusieurs années. Quand j'y pense, toutes les filles m'ont marqué, car elles avaient toutes quelques choses en particulier, que ce soit physique ou bien au niveau du comportement. Chacune avait un point que j'adorais. Chacune avait son défaut, que je détestais. Mais, aucune d'entre elles n'arrivait à la cheville de mon ange. Elle est banale et pourtant… quand on l'observe, elle n'a rien de banale… Elle est unique…
Avec elle, chaque souvenir reste gravé dans ma mémoire. Je me revois encore la capturer sous leurs regards, alors que sa mère avait le dos tourné. Depuis ce jour, je me souviens de chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde à la perfection! C'était comme si mon esprit n'était fait que pour l'enregistrer… Lorsque j'essaye de me souvenir des autres filles, tout me semble flou… Ce n'est pas le temps qui les efface, j'en suis sûr! C'est comme si, mon esprit ne leur donnait pas autant d'importance, que les moments passés avec mon ange. Je me souviens des évènements principaux et quelques anecdotes, mais parfois je me demande si tout ceci n'est pas le fruit de mon imagination ou bien comme un rêve qui se ferait passer pour un souvenir… Tout ceci est tellement flou… Ils me racontent parfois des anecdotes, si bien que parfois, je crois me rappeler du souvenir. Seulement, le médecin me dit que j'invente tout et que c'est mon esprit qui invente des choses pour combler les pièces manquantes d'une anecdote.
Même si tout est redevenu à la normal, j'ai la sensation que tout a changé. J'ouvre peut-être enfin les yeux sur à peu près tout. Quand, je regarde mon ange dormir si paisiblement tel qu'elle le fait en ce moment, je me dis que tout ce que je fais est mal. Que tout serait plus simple, si je la libérais maintenant. Elle pourrait encore tout apprendre. Mon égoïsme et mon amour veulent que je la retienne encore. Au moins pour tester une nouvelle fois les relations sexuelles. Qu'elle se souvienne de moi, comme son premier. Mais, ma raison me ramène à la réalité. Tout ceci n'est pas normal. Une enfant de neuf ans, qui ne sait ni marcher, ni lire, ni parler, ni manger avec des couverts, ni être propre, captive d'un homme et qui vit nue, ne peut pas avoir une vie normale… Ne peut pas avoir son premier, dans de telles conditions…
Je voudrais la laisser s'en aller et qu'elle profite de tout ce que je ne peux pas lui offrir ici. Mais, ils la trouveraient et la tueraient… C'est ce dont j'essaye de me persuader du moins… Parce que s'ils n'étaient pas là comme excuse, la relâcherais-je malgré tout dans son propre intérêt? Je me connais, je trouverais toujours une excuse. La suivante serait : il est trop tard pour changer quoi que ce soit pour elle, alors pourquoi ne pas en profiter? Mais, je sais que c'est faux! Si elle trouve un objectif dans la vie, elle s'accrochera pour vivre et progresser. Autrement…
Si, je ne suis pas capable de la laisser partir, il vaudrait mieux que quelqu'un le fasse pour moi. Qu'il me retienne, pour que je ne puisse pas la rejoindre ou la retrouver. Qu'il me tue ou me laisse mourir, pour que plus jamais, je ne fasse ce genre de chose à une petite fille…
Pour une fois, j'aimerais que le médecin lise ces lignes… Qu'il fasse ce que je suis incapable de lui demander de vive voix… Et maintenant que mon ange me considère comme sa seule famille, ne m'en voudrait-elle pas de l'abandonner si lâchement ?
Voilà qu'elle se réveille… Je vais lui tenir compagnie avant de revenir à toi, cher confident…
Vers l'heure du dîner, ma mère vint frapper à ma porte. Je déverrouillai la serrure de la porte et la vis avec un air gêné, mais aussi inquiet.
« Crois-moi, je ne serais pas venue te déranger, si ce n'était pas important, d'autant plus que, je sais que tu es très mal à cause de l'incident de la dernière fois avec Bella et que ton hospitalisation est certainement liée à tout ceci. Je sais que, je ne devrais pas te demander une telle chose, mais comme je l'ai dit c'est important. Pourrais-tu mettre de côté tout ce qu'il s'est passé et me suivre auprès d'elle? » Dit-elle gravement.
« Que se passe-t-il? » Lui demandai-je, presque paniqué.
À ce moment-là, j'entendis un cri provenant du rez-de-chaussée. Un cri que j'aurais identifié parmi un million d'autres.
Parce que ce cri, c'était celui de Bella…
