Chapitre 11 : Une chaîne de briser …
Le soleil apparaissait à l'horizon, mais aujourd'hui, elle ne le regardait pas, préférant lui tourner le dos. Non, aujourd'hui, ses yeux ne remerciaient pas le destin de lui donner une nouvelle journée à vivre. Aujourd'hui elle observait une dragonne allongée sur une colline. Nanciléa était là, debout, alors que tout le monde dormait encore à cette heure matinale, elle, seule parmi ce monde, seule dans tout ce qu'elle faisait. Ses yeux n'avaient cillé, ils étaient posés sur le haut de la colline d'à côté. Une main sur son épée, l'autre pendant à son côté, elle était immobile telle une statue de marbre. Son visage ne reflétait aucune émotion, contrairement à ses yeux qui en étaient remplis. Ses habits, d'un bleu océan rappelant ses yeux, se confondaient avec le ciel clair derrière elle. La journée était belle, aucun nuage à l'horizon. Pourtant l'orage n'était pas encore passé, elle le savait. Le tonnerre s'était fait entendre, les éclairs avaient été vus, mais l'orage n'était pas encore survenu. La dragonne avait remarqué la présence de l'espionne, et elle en était certaine, cela ne tarderait pas avant qu'elle lui parle. Personne ne peut cacher quelque chose à un dragon, cependant elle le faisait pour leur bien, pour leur liberté. Un jour, elle le savait, pouvoir leur cacher deviendrait chimère mais ils étaient déjà des prisonniers sans chaînes et elle voulait en ajouter d'autres le plus tard possible. La dragonne ne s'était pas levée, refusant d'imiter le soleil, pour une raison qui lui décrocha un petit sourire. Saphira laissait son dragonnier profiter du moment présent, cet instant où il avait la princesse des elfes au creux de ses bras.
« - Je devrais sûrement être surprise de te voir là, pourtant je ne le suis pas. »
Il s'agissait là des mots qu'elle attendait, les mots de la dragonne qui venaient s'enivrer dans son esprit. Des mots qui d'ailleurs surprirent Nanciléa, laquelle s'attendait à des questions, de la haine, ou toute autre chose bien différente de cette simple affirmation. Elle ne voulait lui donner les raisons de sa présence, dont elle ne savait rien. Elle lui répondit alors une phrase qui aurait stupéfié n'importe quel elfe :
« - Si tu n'es pas surprise de ma présence en ces lieux, pourquoi penses-tu que tu devrais l'être? »
Aucun elfe n'aurait osé manquer de respect à ce point à un dragon mais était-elle encore une elfe à part entière? Saphira releva la tête, sa bouche se courbant dans une sorte de sourire. Elle paraissait plus amusée par la réponse de l'espionne qu'en colère, ou même vexée.
« - J'ai l'impression que c'est un dragon qui m'a répondu, lui dit Saphira. Pourquoi donc ai-je dit cela? Une bonne question, s'ajoutant aux nombreuses autres que tu as fait sonner dans ma tête, Nanciléa. »
L'espionne baissa la tête, ne quittant pas le sourire qu'elle abordait. Et sur un ton un tant soit peu ironique, elle répondit à la dragonne :
« - Crois-le ou non mais, je suis le plus sincèrement désolée que mon humble personne puisse provoquer ce dérangement chez un être aussi merveilleux que toi. »
L'amusement de la dragonne était maintenant bien perceptible dans son esprit. Elle s'excusait comme un elfe, malgré tout l'arrogance des humains était bien là, sans être clairement affichée. Elle s'excusait sans être désolée. Elle caressait ses écailles dans le bon sens, sans s'en cacher.
« - J'aimerai croire que tu es désolée, mais malheureusement je n'y arrive pas, lui annonça Saphira amusée. »
« - Il ne suffit pas de croire, il faut savoir. »
L'amusement qui régnait jusqu'à présent disparu aussitôt, le sérieux reprenant sa place. Saphira reprit la parole après quelques minutes de silence.
« - Les elfes le croient mais ils ne savent pas. Nous laisseras-tu vraiment savoir ou resteras-tu aussi vague que tu l'es encore en ce moment même? »
« - Nasuada demande votre présence une heure après le lever du soleil, répondit Nanciléa. »
Elle ne regardait plus la dragonne, préférant poser ses yeux sur le soleil qui se levait. Les couleurs chaudes de cette étoile se mélangeaient aux couleurs froides du ciel, le spectacle était splendide comme à chaque fois.
« - Tu détournes la conversation, Nanciléa, commenta la dragonne d'une voix calme. »
« - Le savoir est parfois une chose terrible, Saphira, nous le savons toutes les deux, affirma l'espionne d'un ton qui laissait entendre qu'elle en avait fait tristement l'expérience. »
« - Mais il est aussi la source de bien des bonheurs, contra Saphira. Même si le terrible est là ne crois-tu pas que les elfes ont le droit de savoir, le droit de finir leur deuil? »
« - Le deuil sera terminé le jour où Galbatorix mourra, ça je ne le crois pas, je le sais, affirma l'espionne d'une voix d'où ne perçait aucune émotion. »
« - Tu ne répondras pas. »
Ces quatre mots résumèrent les longues phrases qui furent prononcées auparavant. Non, elle ne répondra pas, elle ne dirait rien, du moins jusqu'à ce que Galbatorix ne soit plus. Elle secoua la tête, confirmant les mots de Saphira. Chacun a ses secrets, mais Nanciléa n'était faite que de ça, pire que tous les elfes réunis, elle avait autant de secrets que d'hommes tournant la tête à son passage. Le silence s'en suivit, un silence plein de questions sans réponses, plein de doutes sans certitudes. Qui était vraiment Nanciléa ? Telle fut la question qui surplombait les autres dans l'esprit de la dragonne. Un simple nom, un simple visage qui, elle le savait maintenant, n'étaient pas les siens. Mais il y avait ce sentiment qui la perturbait, un sentiment de protection, comme si à elle seule, Nanciléa arrivait à faire que le monde soit plus paisible. Elle était la clé, mais la clé de quoi?
« - Gardienne. »
Un seul mot qui résonnait dans sa tête, prononcé par son maître. Il était sortit de son deuil pendant quelques secondes pour dire ce simple mot, qui apportait pourtant plus de questions qu'il n'éclaircissait la situation. Saphira voulut parler à Glaedr mais l'ancien dragon était à nouveau reparti dans sa léthargie. Que voulu-t-il dire par ce mot? Parlait-il de Nanciléa? Mais de quoi serait-elle la Gardienne? Des tas de questions s'entremêlaient dans l'esprit de la dragonne, alors qu'elle suivait des yeux Nanciléa qui redescendait la colline.
Eragon se réveilla doucement avec les pensées confuses qui tourbillonnaient dans l'esprit de sa compagne. Il essaya de savoir ce qui se passait mais n'arriva à rien d'autre qu'à avoir un mal de crâne. Il grimaça et coupa sa connexion avec Saphira. Ouvrant les yeux, il reprit conscience avec la réalité et sa grimace se transforma en sourire. Voilà une nouvelle nuit que la princesse des elfes avait dormi dans ses bras, il se sentait paisible. Et elle aussi paraissait paisible. Il ne bougea pas souriant comme un idiot, jouant avec ses cheveux. Il se sentait bien, la guerre, il la gagnerait, quitte à partir sur le champ à Uru'baen pour tuer Galbatorix. Il voulait juste qu'ils soient, tous les deux, comme cela pour toujours. Deux ans auparavant un toujours ne pouvait exister pour le simple garçon de ferme qu'il était se limitant juste à la durée de sa vie, mais maintenant, pour le dragonnier ce toujours signifiait l'éternité. Quoiqu'elle puisse dire, quoiqu'elle puisse faire, il savait que l'amour qu'il avait pour la femme qui dormait dans ses bras était sincère et fort. Il l'aimait, tel était la pure et dure vérité, une vérité qui le faisait sourire aujourd'hui, une vérité qui l'avait fait pleurer après le Serment du Sang.
« - Bonjour Petit Homme, lui dit la partenaire de son cœur. »
« - Bonjour Saphira, lui répondit Eragon ouvrant totalement leur lien, comment vas-tu? J'ai trouvé tes pensées bien confuses ce matin. »
« - C'est qu'elles y étaient, lui affirma la dragonne d'un ton pragmatique, puis elle dévia la conversation. Nasuada a demandé une réunion une heure après le lever du soleil et cette heure est à moitié entamé, Petit Homme. »
Le dragonnier semblait étonné de l'information de Saphira. Elle lui répondit en lui montrant tout ce qui c'était passé pendant la matinée avec Nanciléa. Il comprit ainsi pourquoi les pensées de sa partenaire étaient aussi troublées ce matin car maintenant des questions tourbillonnés dans son esprit à lui aussi. Mais qui était-elle donc et pourquoi Glaedr était-il intervenu pour après disparaître? Avant qu'il puisse prononcer une seule parole, il sentit Arya bouger dans ses bras. Un sourire se dessina sur ses lèvres même si ses sourcils étaient légèrement froncés. Arya ouvra les yeux, et se redressa lentement pour croiser le regard et le sourire lumineux du dragonnier. Son esprit était tranquille, se réveiller dans cette situation était merveilleux, ses lèvres se dessinèrent en un sourire vrai qui fit sauté un battement de cœur à Eragon. Puis quittant les yeux du dragonnier, elle s'assit et s'étira alors que Saphira se leva. Eragon ne quitta lui pas des yeux la princesse pendant qu'elle s'étira et se leva. Arya sentant un regard sur elle alors qu'elle remettait son épée sur le côté se retourna vers lui. Eragon détourna la tête, Arya afficha un petit sourire espiègle.
« - Si vous voulez bien arrêter ce jeu vous deux. Je vous rappelle que Nasuada a demandé une réunion dans un quart d'heure, dit Saphira interrompant cet instant qui devenait gênant pour le dragonnier et amusant pour la princesse. »
Se levant, Eragon suivit Arya qui descendait la colline pour se rendre à la tente de Nasuada alors que la dragonne saphir s'envola au dessus d'eux.
Quand les deux Tueurs d'Ombre entrèrent dans la tente rouge, ils furent surpris de ne trouver que Nasuada qui les attendait. La tente paraissait vide à ce moment-là, une table, des chaises, des meubles, un miroir étaient les seules choses qui accompagnaient la fille d'Ajihad.
- Asseyez-vous, leur dit Nasuada souriante, cette réunion est privée.
Les deux elfes s'avancèrent et prirent les deux chaises les plus proches d'elle alors que Saphira posa sa tête sur le sol de la tente. Se tournant vers Eragon, elle commença son discours :
- J'ai beaucoup réfléchi, Eragon. Tu étais un jeune dragonnier sans véritable formation quand tu m'as faite un serment, un jeune homme faisant des erreurs et qui avait besoin d'un guide. Aujourd'hui, non seulement, tu n'es plus ce jeune homme fonceur mais tu es devenu un grand dragonnier qui prend des décisions et qui les assume, tu es maintenant le chef des dragonniers. Un dragonnier est symbole de liberté, non? Mais comment peut-il être ce symbole s'il n'est pas vraiment libre ? Eragon, en ce jour, je ne suis plus ton chef, en ce jour je te redonne ce que je n'aurai jamais dû te prendre même si je ne regrette pas cette décision qui était d'ailleurs la seule, en ce jour, j'espère que la liberté que je te rends ne t'empêchera pas d'aider les Vardens dans cette guerre, de ne pas nous abandonner. Et que l'amitié qu'il y a entre nous perdurera.
Le silence se fit dans la tente. Saphira et Arya n'avaient pas bougé d'un fils, n'étant pas le moins du monde surprises par cela. Après tout, elles estimaient Nasuada et savaient qu'elle prendrait les bonnes décisions, et cela prouvait qu'elles n'avaient pas tord. Eragon, lui, était bouche bée. Le fait que Nasuada le libère de son serment était bien la dernière chose à laquelle il pensait en entrant dans cette tente. Il regardait cette chef qui n'avait que deux ou trois ans de plus que lui. Elle était une magnifique jeune femme, il comprenait mieux les paroles qu'avaient prononcées Murtagh il y a bien longtemps. Elle avait un aura de puissance et de commandement qui était bien rare et qui lui rappelait une certaine princesse. Le dragonnier regarda tour à tour Arya et Nasuada, elles étaient si semblables et pourtant si différentes, orphelines toutes les deux de leurs pères, possédant une mère qu'elles ne connaissaient pas ou peu, puissantes, très jeunes pour leur peuple, et ayant des tas de décisions a prendre, toutes les deux si peu ouvertes sur leurs sentiments même s'il ne connaissait pas vraiment Nasuada. Une note mentale de Saphira le ramena à la réalité alors que Nasuada et Arya le regardaient maintenant intensément attendant une réponse.
- Je suis honoré que tu m'estimes autant Nasuada, et pour ma part je t'estime tout autant. La liberté que tu me donnes ne change en rien ce que je veux. Je veux tuer le roi et accompagner les Vardens et tous les peuples de l'Alageasia. Tu es mon ami et j'espère que tu le resteras aussi.
Par ces mots simples, il la rassurait, il lui disait une simple vérité qui était là. Nasuada se leva en souriant et tendit la main. Eragon, lui, s'agenouilla par terre et lui présenta son épée à plat sur ses mains tendues. Elle la prit et la posant sur les épaules du dragonnier, elle dit :
- Eragon, je te connais depuis maintenant un an, tu m'as donné ta confiance alors qu'on ne se connaissait à peine, tu m'as donné ton allégeance et offert ton épée. Aujourd'hui, je te la redonne, puisse que toi, mon unique, dernier et ancien vassal soit aussi libre que le vent et que ton épée mette fin à la souffrance et la tyrannie de Galbatorix. Relève toi et marche en homme libre et en chef des dragonnier que tu es.
Puis souriante, Nasuada rendit Brisingr à Eragon qui se releva lui aussi souriant avant de le serrer dans ses bras.
- Merci, lui souffla-t-elle dans l'oreille, merci d'être ce que tu es.
- Et merci à toi de m'avoir libérer, lui répondit-il sur le même ton, merci d'être cette jeune femme que j'admire.
- Il n'y a pas que moi que tu admire, lui dit-elle si bas qu'Eragon, même avec ses sens accrus, eut peine à entendre alors que Nasuada mit fin à l'étreinte.
Il rougit de ses paroles quand il comprit qu'elle faisait référence à Arya et à l'amour qu'il lui portait.
« - Tu croyais vraiment qu'elle ne l'avait pas remarqué ? Rigola Saphira avant de rire de son rire si particulier attirant le regard d'Arya , les sourcils froncés, qui n'avait pas remarqué les dernières paroles prononcées alors que Nasuada accompagnait Saphira dans son rire. »
Eragon, vexé, se rassit sur sa chaise, les bras croisés. Arya le regardait maintenant d'un regard pénétrant qu'il savait exiger une réponse.
- Tu ne voudrais pas savoir, lui dit-il d'une voix quelconque.
Arya le regarda encore quelques secondes avant de détourner le regard. Pendant ce temps là, Nasuada qui s'était ressaisit, avait ,elle aussi, repris sa place sur sa chaise. Le silence se fit, amical, plein de complicité. Les minutes passèrent, Eragon perdit son air vexé pour afficher un visage joyeux, Arya semblait détendue, même si aucune émotion se lisait sur son visage à part peut-être une réflexion profonde.
- Nasuada, j'ai une question qui ne veut sortir de mon esprit depuis quelques temps déjà, comment sais-tu qui est ma mère? Demanda Arya dans un murmure même si la tente était à l'abris des oreilles indiscrètes depuis que le Du Vrangr Gata l'avait insonorisée pour maintenir les réunions secrètes.
Nasuada regarda l'elfe les sourcils froncés.
- Elle me l'a dit elle-même, ou plutôt cela lui a échappé, répondit-elle avant d'ajouter d'une voix plus dure. Et Orik m'en avait fait part en revenant d'Ellesméra. J'aurai préféré que tu m'annonces toi-même que l'ambassadrice que tu es et en fait la princesse des elfes.
Arya se crispa, le dos droit, et avec une voix froide elle répondit :
- J'avais mes raisons.
- Mon père était-il au courant ? Demanda Nasuada sans tenir compte du manque de réponses d'Arya.
- Seul Brom était au courant hors de la forêt de mon peuple, dit-elle d'un ton sans timbre.
Les deux femmes se regardaient maintenant dans les yeux, se confrontant avec des regards furieux. Eragon, lui, les regardait sans oser intervenir, ne voulant s'attirer les foudres d'une ou l'autre des jeunes femmes. Saphira de son côté avait l'air de s'amuser de la fureur qui émanait d'elles. Des fois, le dragonnier ne comprenait vraiment pas l'humour de sa dragonne.
- En parlant de secret, pourquoi n'ai-je jamais su pour cette espionne que tu engages? Demanda Arya d'une voix froide en se levant.
- Elle n'est pas sous mes ordres, et je croyais que tu le savais, la contra Nasuada d'un voix où perçait la colère alors qu'elle s'était elle aussi levé faisant face à Arya.
- Ni toi, ni ton père ne me l'avait dit et je ne l'ai jamais vu chez les Vardens. Comment peux-tu lui faire confiance?
- C'est Brom qui a recommandé Nanciléa à mon père et il avait confiance en Brom. Elle a fait ses preuves et acquit ma confiance.
Elles criaient maintenant toutes les deux et même si Arya s'était figé pendant une seconde après avoir entendu la phrase de Nasuada, elle continua sur le même ton.
- Elle mérite de mourir autant que Galbatorix.
- Elle ne mourra pas tant qu'elle sera sous ma protection et cela jusqu'à la fin de la guerre.
- Elle ne mérite pas ta protection ni ta confiance.
Cette phrase fut dite avec rage alors qu'Arya se détourna.
- Peut-être , peut-être pas mais elle les a au même titre que toi, dit Nasuada d'un voix plus calme en se rasseyant.
Arya commença à avancer vers la sortie sans regarder en arrière mais Eragon qui avait été prévenu par Saphira qu'elle réagirait comme cela, se plaça entre la sortie et elle. La princesse le regarda furieusement.
« - La colère ne résout rien, Arya, lui dit la dragonne, et tu le sais autant que moi. Nanciléa ne fera de mal à personne de notre côté au cours de cette guerre, je te le promets. Après tu feras ce que tu veux d'elle. »
- Ne prononce pas ce nom, lui lança-t-elle du venin dans la voix.
- Arya, je t'ai fait une promesse hier, et je compte la tenir, affirma Eragon d'une voix douce. S'il te plaît, mettons de côté cette histoire, c'est Galbatorix qui doit être tuer pour l'instant. Il ne sert à rien de compromettre nos chances pour une seule personne.
Un silence se fit, personne ne bougea. Arya, les poings serrés et les yeux fermés , se tenait debout droite comme une statue devant Eragon. Nasuada, toujours assise, avait le visage entre les mains. Eragon, lui, ne quittait pas des yeux celle qu'il aimait. Saphira regardait tour à tour Arya et Nasuada. Les secondes passèrent se transformant en minutes avant que Nasuada, relevant la tête, déclara :
- Je suis désolée, Arya, je n'aurai jamais dû te parler comme cela sur ta position même si je ne comprends pas vraiment tes raisons.
L'elfe ouvrit les yeux et la regarde. Elle hocha la tête puis confia :
- Mes paroles étaient déplacées, la colère a pris le dessus et je m'en excuse, Nasuada.
- Alors n'en parlons plus, termina-t-elle.
Arya hocha la tête et Eragon eut un sourire qu'abordèrent les deux femmes quand Saphira leur dit :
« - Tu as bien agis, mon Petit, calmer la colère de deux femmes n'est pas donné à tout le monde. »
