Une Fille, Deux Pères

Disclaimer:Tengo nada. Como todas las semanas. Pour changer, changeons de langue.

Avertissement:Bon... Je promets de justifier mon tout nouveau "M" bientôt. Ou du moins dans pas longtemps. Mais pour ce chapitre euh...

Note de l'autrice:Coucou les gens! Avouez qu'en fait, quand j'update un vendredi après l'attente est encore plus insupportable, hin? Bref, samedi soir, pour faire dans l'habituel, un nouveau chapitre. Hum, je ne l'aime pas trop, pour changer. en fait, j'ai la curieuse sensation d'avoir perdu l'espece de transe que j'avais quand j'écrivais les pov de Lily alors fatalement là... J'ai eu du mal. Bref, j'espère que vous ne verrez pas la difference (même moi, sa Creatrice hihi, je la vois pas alors...) tout ca pour dire que j'espère comme toujours que vous aimerez même si encore une fois, le chapitre n'est pas très palpitant. Au moins, vous aurez la satisfaction d'apprendre que l'on découvre ENFIN le coupable (la?) de l'empoissonnement de notre blonde favorite.

Petite note sur l'histoire (ou l'avancement de l'histoire) :Ca y est. On y est. Le fameux jour où je vous annonce que je n'ai plus aucun chapitre d'avance. Ben vi, en onze semaines, j'ai jamais réussi à en écrire qu'un et demi. vous avez le un et je promets de bosser sur le demi cette semaine. Soy en congé alors peut-être (PEUT-ETRE) que ca va faciliter les choses. Je serais pas cruelle au point de pas être au rendez-vous la semaine prochaine quand même Allez, priez.

Remerciements infinis à toutes mes revieweuses anonymes et à toutes mes revieweuses en général, au fait. Saisei qui encore un fois, a battu un record et Cyzia, ma beta-lectrice adorée.

Liste des OC (ou Original Characters) secondaires :
Chez les Serpentards:
Narcisse Longbottom: Fils de Luna et Neville Longbottom. A les yeux bleus et le caractère de sa mère et les cheveux noirs de son père. Ami de Lily. Première année.
Lacus Gaunt: Parents encore inconnus. Longs cheveux noirs, yeux violets. Fourchelang timide. Amie de Lily et Narcisse. Surnommée Hyaline. Première année.
Camélia Nott: Fille de Romilda et Théodore Nott. Cheveux bruns et yeux vert terne. Bête et méchante (selon Lily comme toujours). Ennemie de Lily. Première année.
Catherine Crabbe:Fille de Milicent et Vincent Crabbe. Armoire à glace binoclarde et garde du corps de Camélia. Première année.
Nirvana Johansson: Prèfete et capitaine de l'équipe de Quidditch. Cheveux argentés, yeux dorés. THE Modèle A Suivre selon Lily. Cinquième année.
On a aussi Kevin Sanders, un sang-mêlé en cinquième année et les jumeaux Alexandre etDavid Vance qui sont dans la même année que Lily. Et enfin, Meredith Junius, une amie de Nirvana.
Chez les Gryffondors:
Altaïr Weasley: Fils de Ron et Hermione Weasley. Cheveux auburn et yeux noisette. Un rien craneur. Cousin et meilleur ami de Séléna. Première année.
Pollux Weasley: Fils de Fred Weasley et de sa femme. Roux, yeux marrons. Doté du caractère de son père et de son oncle. Troisième année.
Samuel Weasley: Fils de... Suspence... Bill et Fleur Weasley. Physique particulier (mais mignon). Capitaine de l'équipe de Quidditch. Ennemi de Nirvana. Cinquième année.
Paris Jordan:Fils d'Angelica et de Lee Jordan. Noir, petites dreads locks, yeux bleus. Dom Juan. Ami de Pollux. Troisième année.
Mais aussi Heidi Crivey, Jonesy Federer, Izual Li, Lana Finnigan et Nereïde Valpierre, les autres premières années chez gryffondor.
Ailleurs:
Markus Snape:
Le petit frère de Severus, voisin des Weasley. Moldu? Sorcier? Tueur en série? Cet homme est toujoursun point d'interrogation.
Arcturus Black, un serdaigle en quatrième année de naissance encore inconnue (mais je vous laisse hypothétiser)


Mardi 25 Octobre.

Lily courrait à perdre haleine à travers la forêt interdite. Ses jambes heurtaient sans cesse des branches basses et elle était tombée à plusieurs reprises avec fracas. Ses membres étaient éraflés, sa chevelure emmêlée avec de petits bouts de bois humide. Son cœur frappait contre sa poitrine et dans ses tempes, elle avait le souffle court et des douleurs dans tout le corps.

Un homme dont le visage était voilé par une grande capuche noire la suivait depuis des heures et elle se sentait sur le point de craquer. Si elle ne parvenait pas à lui échapper rapidement, soit elle s'évanouirait de fatigue, soit elle se laisserait attraper.

Elle fit un dernier effort pour enjamber une grosse racine et s'accroupir derrière un chêne. L'homme passa à côté d'elle sans la voir et elle reprit son souffle à l'aide de grandes inspirations paniquées. Elle resta ainsi un moment, recroquevillée et morte de peur quand son cauchemar prit forme : L'homme revenait sur ses pas.

Elle contourna le tronc de l'arbre, jetant sans cesse des regards inquiets en arrière, puis, soudain, son pied rencontra le vide et elle tomba… Dans une fosse remplie de veracrasses immondes et grouillants. Elle hurla d'horreur, encore plus fort lorsqu'elle réalisa qu'elle allait s'enfoncer dans cette masse vivante et ne jamais en ressortir. Elle glissait vers le fond qui semblait encore loin. Son cou, son menton, sa bouche, son nez furent engloutis. Puis ses yeux et tout devint noir.

Lily se réveilla en sursaut et se redressa tremblante. Pendant les trois minutes suivantes, elle s'acharna à palper toutes les parties de son corps pour s'assurer qu'aucune vermine dégueulasse ne se trouvait sur elle. Elle était en train de vérifier ses cheveux pour la troisième fois, les emmêlant encore plus que d'habitude, quand son regard se posa sur les grandes voûtes en pierre au plafond. Ses bras retombèrent mollement le long de son corps et elle poussa un soupir à fendre l'âme.

Elle était encoreà l'infirmerie.

Définitivement, le mode de vie d'une malade n'était pas fait pour elle. Elle avait tout d'abord passé trois longs et pénibles jours à l'hôpital Ste-Mangouste avec une aiguille dans le bras, des tas de médicomages zélés autour d'elle et peu ou pas d'intimité. Pendant ce long calvaire tout à fait inutile, elle avait tenté de faire entendre raison à tous ces hommes de médecine, en vain.

Elle leur avait répété en boucle qu'elle allait bien, mais même s'ils n'avaient jamais contesté ses dires, ils refusaient de la laisser sortir. Elle avait réussi à obtenir une sorte de compromis tout à fait pourri à force de harceler les médicomages et, au lieu de rester encore quatre jours à l'hôpital, on l'avait ramené à Poudlard pour qu'elle passe le reste de sa convalescence à l'infirmerie.

La blonde avait réellement cru gagner au change. La vie à l'hôpital était mortellement ennuyante, les médicomages étaient dotés de la compréhension d'un poulpe et d'un sens de l'humour inexistant et on la traitait affreusement mal.

Surtout au niveau de la nourriture.

Le premier jour, on lui avait demandé de rester à jeun pour les nombreux examens inutiles qu'on lui avait fait subir (et qui n'avaient servi qu'à confirmer qu'elle allait bien) et le deuxième jour, alors qu'elle agonisait littéralement, son estomac plus vide que jamais, on lui avait servi des biscottes dur comme du bois et du beurre végétal insipide. Matin, midi et soir.

N'y tenant plus, elle avait sauté sur la proposition de finir son séjour à l'hôpital à Poudlard, croyant naïvement qu'elle aurait au moins droit à un petit déjeuner dans les règles de l'art.

Dans ses rêves…

Les médicomages, ces sales tortionnaires, avaient pris soin de prévenir Pomfresh que Lily était au régime. Comment était-il possible qu'on sorte de l'hôpital en pire état que lorsqu'on y était entré ? Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne se nourrissait plus que de biscottes, qu'elle pouvait à peine se rappeler le goût d'un pain au chocolat, d'un pancake aux myrtilles ou même d'un jus de citrouille fraîchement pressé. C'était tout simplement inadmissible !

- J'en ai marre, gémit-elle en massant son ventre désespérément vide.

En plus, Pomfresh était une sadique. Sérieusement, cette femme avait un goût immodéré pour les cris, l'aboiement d'ordres arbitraires et la séquestration. Depuis son arrivée, la blonde n'avait eu droit qu'à des :

Restez dans votre lit !

Mangez-ça !

Buvez-ça !

Restez couchée !

Allez-vous rester tranquille ?!

Cessez donc de grimacer comme ça, cela pourrait être pire !

Vous avec besoin de repos, jeune fille, de REPOS !

Lily ricana sans joie. De repos ! Comme si se reposer n'était pas exactement la seule et unique chose qu'elle avait faite ces trois derniers jours.

Elle n'arrêtait pas de se reposer.

Sérieusement, elle était devenue maître dans l'art de se reposer à force. Combien de temps encore avant qu'ils ne comprennent qu'on ne pouvait pas être plus reposé qu'elle-même ?

Sans parler du fait qu'on ne lui avait tout simplement jamais parlé sur ce ton. Elle n'avait jamais été habituée à subir les ordres absolus et venimeux de qui que ce soit. C'est simple, si Pomfresh lui criait encore dessus une seule fois, elle allait péter un plomb.

Si au moins elle avait droit à de la nourriture décente, elle pourrait supporter ce calvaire, mais là… C'était trop dur. Elle se sentait sur le point de fondre en larmes pratiquement toutes les dix minutes. Même si son orgueil de fille de onze ans refuserait toujours de l'admettre, elle mourrait d'envie d'être chez elle, entourée de ses parents. Ils la cajoleraient, ils lui feraient des pancakes aux myrtilles en s'inquiétant pour elle et elle se sentirait la petite fille la plus aimée du monde dans son grand lit douillet qui lui manquait tant.

Et puis, quitte à se reposer, autant le faire dans de bonnes conditions, non ? Ce n'était pas une cure de repos, ni même un parcours de santé, qu'elle subissait là, c'était une mise à mort psychologique. On avait tenté de l'empoisonner, par l'enfer! Elle ne méritait pas un tel traitement ! On devrait la chouchouter, lui préparer de la soupe maison (et peut-être même des pancakes) et être entourée de toute sa famille, aux petits soins pour elle. C'est ce qu'on fait lorsqu'un enfant est malade !

Quoiqu'à bien y réfléchir, Lily n'avait jamais été malade auparavant. Mais elle était certaine que les choses se passeraient comme cela chez elle. Et les pancakes feraient définitivement partie de l'équation.

Elle mourrait d'envie de pancakes aux myrtilles.

Peut-être qu'on lui en ferait aux cuisines ? Dobby serait sûrement ravi de la revoir…

La blonde se redressa nettement à cette pensée, boostée par l'idée d'aller en douce jusqu'aux cuisines demander aux elfes de lui préparer quelque chose de mangeable (des pancakes, des pancakes !). Puis elle s'affaissa à nouveau dans un grand élan de désespoir. Elle ne pouvait plus s'approcher des cuisines depuis cette histoire de régime. Elle soupira à nouveau et se laissa retomber sur son lit.

C'est le karma, dit la voix d'oncle Severus dans sa tête.

Juste. Même si elle avait été chez elle, elle aurait eu droit à ce régime abusif…

Flash-back (Lundi 24 Octobre

- C'est le karma, dittranquillement oncle Sev après que Lily leur ai raconté son régime.

Ses parents, sa grand-mère et son oncle étaient venus lui dire au revoir avant qu'elle ne parte à Poudlard et elle avait sauté sur l'occasion de se plaindre des nombreux désavantages d'être alitée. Inutile de dire qu'elle s'était attendue à une toute autre réaction.

- Qu'est ce que c'est, le karma ? demanda-t-elle en faisant la moue, déçue par un tel manque de compassion.

Son oncle commença alors un long sermon vaseux sur le fait que son régime était une punition des Dieux suite à l'épisode « Je laisse mourir mes professeurs de faim pour avoir un poste dans l'équipe de Quidditch ».

Malgré elle, Lily se mit à paniquer à l'idée qu'elle puisse actuellement subir les conséquences de ses actes, orchestrées par une puissance divine mystérieuse et insondable.

- Tu crois ? fit-elle, les yeux écarquillés d'horreur.

- Non. Mais c'est bien fait, rigola Severus.

Visiblement, il n'avait toujours pas digéré le fait que son régime ait été plus long que les autres. Lily se tourna vers ses parents, pleine d'espoir :

- Mais vous, vous n'allez pas me laisser mourir de faim, hein ?

- Si, dit calmement son père, l'air songeur.

- Draco !

- Oh allez Pansy, ne viens pas me dire qu'elle ne le mérite pas. En plus, c'est apparemment le meilleur pour sa santé, fit son père avec un sourire qui en disait long.

- Mais… commença Lily, abasourdie.

Mais son père l'ignora et continua :

- Severus a raison. Subir ce que tu as infligé aux autres t'apprendra à réfléchir à l'avenir. Tu n'es pas au-dessus des règlements Lily, que c soit ceux de Poudlard ou ceux de l'hopital. Tu t'en sors toujours avec moi parce que dès que tu souris, je deviens très mou, mais ça ne marchera pas comme ça avec tout le monde. Parfois, il faut savoir s'incliner.

Lily dévisagea son père avec des yeux ronds, ne croyant pas à ce qu'elle venait d'entendre. Narcissa, elle, semblait au moins aussi surprise que sa petite-fille :

- Dieu Draco, je ne t'ai jamais fait ce genre de sermons…

- Justement Mère.

Fin du flash-back.

Pourquoi tout le monde se montrait si contrariant, ces temps-ci ? Elle soupira de dépit et frotta ses yeux du revers de la main. Bon, son propre père lui avait tourné le dos, mais ce n'était pas ça qui allait l'arrêter. Elle jeta un regard vers le bureau de Pomfresh, puis poussa en douceur ses couvertures et se leva en essayant de faire le moins de bruit possible. Avec un peu de chance, elle aurait assez de temps pour retourner au dortoir des Serpentards et se changer avant que le petit-déjeuner ne soit fini. Elle courut sur la pointe des pieds jusqu'à la porte et enroula sa main autour de la poignée avec mille précautions. Alors qu'elle s'apprêtait à la pousser, la voix stridente et désormais habituelle de Pomfresh retentit derrière elle :

- Vous êtes impossible ! Allez tout de suite vous recoucher !

Elle se retourna et darda des yeux implorants vers la vieille femme.

- Mais je meurs de faim, gémit-elle.

Il n'y avait pas besoin d'être convaincante, elle était réellement affamée. Pomfresh roula des yeux et soupira :

- Vous mangerez dans une demi-heure. D'ici là, tenez-vous tranquille, c'est compris ?

Lily soupira à nouveau et avec autant de volonté que quelqu'un qui monte l'échafaud, elle reprit le chemin de son lit. Cependant, avant qu'elle n'ait eu le temps de l'atteindre, la porte de l'infirmerie s'ouvrit et quelqu'un chantonna :

- C'est ici qu'elle est, notre grande malade ?

Elle n'avait pas besoin de se retourner pour reconnaître le timbre de voix inimitable de Pollux Weasley. Elle lui adressa un sourire ravi. Les visites étaient sa seule distraction dans cette espèce de purgatoire médical. Elle lui dit d'un ton sinistre :

- Je ne suis pas malade, mais personne ne semble s'en rendre compte.

- Dans votre lit, mademoiselle Malfoy ! rugit l'infirmière.

Lily obéit en grommelant en silence. Elle se pelotonna sous les couvertures et jeta un regard malheureux à son visiteur.

- Promets moi de ne pas te jeter par la fenêtre de désespoir, dit Pollux avec un rire en s'asseyant près d'elle. J'ai plusieurs trucs pour toi.

- Des cadeaux ? demanda la blonde impatiemment, toute tristesse disparue de son visage.

- Si on veut, sourit-il.

Il sortit de son sac un petit paquet d'enveloppes ficelées ensemble, un sachet de dragées surprises de Bertie Crochue et un gros cahier rempli de feuilles cornées.

- Des admirateurs, une ration de survie et des notes sur tous ces trucs ennuyeux qu'on apprend en première année.

Elle prit le tout avec empressement en le gratifiant d'un merci vigoureux. La première chose qu'elle ouvrit fut évidemment le paquet de bonbons sur lequel elle se jeta sans retenue. Elle en proposa un à Pollux, mais il refusa :

- J'ai peur que tu me bouffes la main si je me risque à en prendre un.

- J'ai faim ! justifia-t-elle en enfournant une demi-douzaine de dragées d'un coup.

Le mélange de saveurs se révéla immonde, mais elle avala le tout avec plaisir. Elle aurait pu manger n'importe quoi qui n'eut pas le goût d'une biscotte.

- C'est marrant, dit soudain Pollux en l'observant. Séléna mange aussi avec cette espèce de sauvagerie animale dans les yeux.

Lily reposa immédiatement le paquet de dragées, furieusement vexée.

- Dis, tu joues les livreurs maintenant ? répliqua-t-elle d'un ton agacé.

- Non, répondit calmement le roux, j'ai été attaqué par deux petits serpentards inquiets pour leur meilleure amie mourante.

La blonde haussa les sourcils, étonnée :

- Tu as du te tromper. Je n'imagine pas du tout Narcisse se faire du souci pour moi. Et Lacus…

Elle s'arrêta soudain, peu sûre de ce qu'elle comptait dire après. Elle ne savait plus trop quoi penser de Lacus, à vrai dire. Elle finit par hausser les épaules :

- Peu importe.

- Eh bien, tes amis t'apprécient plus que tu ne le crois, fit-il avec un sourire. Ils m'ont presque fait peur. De toute façon, je n'ai pascours avant dix heures, alors ça ne me dérange pas. Et puis, ajouta-t-il avec un air sérieux qu'elle ne lui avait jamais vu, je voulais aussi m'excuser.

- T'excuser ? répéta-t-elle surprise, en prenant une dragée avec prudence. Pourquoi ?

- Le truc qui t'a envoyé à l'hôpital provient quand même du magasin de mon père, expliqua-t-il d'un air penaud et désolé.

- Oui, mais c'est pas comme si il l'avait mis lui-même dans mon plat, rétorqua la blonde. Et puis, si j'ai bien compris, cette poudre n'aurait pas du être mise en vente, c'est ça ?

Pollux hocha la tête.

- En fait, ton petit accident leur a permis de se rendre compte qu'il y avait eu un gros problème à l'entrepôt. Mon père et mon oncle avaient déjà produit une grande quantité de poudre d'Euphorie avant qu'ils ne constatent ce sale effet secondaire. Ils ont ordonné l'arrêt de la production et la destruction de tous les stocks, mais, apparemment, il y a eu un malentendu à l'entrepôt. Les ouvriers ont confondu la poudre d'euphorie avec la poudre de Ballerine et des milliers de pots étiquetés pour la poudre de Ballerine se sont retrouvés remplis de poudre d'Euphorie. Il y a eu un grand rappel de marchandises et tout le bataclan après ton accident…

Lily acquiesça en signe de compréhension. Son père lui avait expliqué la même chose la veille.

- Donc en gros, j'ai sauvé le monde, conclut-elle avec un sourire.

- Ta modestie deviendra légendaire, Lily Malfoy ! rigola-t-il en se levant.

- Pas que ça, répondit-elle avec orgueil alors qu'il partait déjà.

Cependant, elle l'interpella avant qu'il ne passe la porte :

- Pollux, qu'est ce qu'elle fait la poudre de Ballerine ?

- Hum… Principalement, elle te fait danser d'une façon ridicule. Comme si tu essayais de voler en battant des bras.

Il lui fit une démonstration hilarante et elle éclata de rire en le regardant gesticuler en remuant les bras comme si c'étaient des ailes. Il s'en alla peu après en lui souhaitant un prompt rétablissement et elle resta assise un instant, perdue dans ses pensées.

Alors cela se confirmait. La personne qui avait essayé de « l'empoisonner » avait cru acheter de la poudre de Ballerine et en avait sûrement mis dans son plat dans le but de la ridiculiser publiquement. Elle ne connaissait que deux personnes assez tordues et la haïssant assez pour perdre leur temps à monter un tel coup. Et l'une d'elles était la cousine de Pollux.

Mais, malgré tout ce qui avait bien pu se produire entre elle et Poil de Carotte, elle avait du mal à croire que Potter ait quelque chose à voir dans cette histoire. Même si tout semblait accuser cette perfide rouquine, Lily avait la conviction que ce n'était pas elle. Peut-être parce que depuis l'épisode de la lettre d'amour, elles s'étaient royalement ignorées. Alors, de quoi Potter aurait bien voulu se venger ces derniers temps ? En plus, si elle avait voulu l'humilier, Poil de Carotte n'aurait eu qu'à raconter à tout le monde le contenu de la fausse lettre d'amour de Lily.

Non, plus elle y pensait, moins Potter semblait coupable.

La deuxième personne susceptible de vouloir se venger de la petite dernière des Malfoy était bien évidemment l'adorable Camélia Nott. Elles ne s'étaient jamais vraiment aimées, surtout après que Lily ait essayé de lui apprendre à voler sans balai, mais leurs relations s'étaient nettement détériorées au cours du mois. D'abord avec cette altercation au sujet de Prongs et, ensuite, toutes ses manigances autour de Lacus. Lily avait bien senti que quelque chose de louche se tramait. Mais malgré le comportement bizarre de son amie, la blonde avait du mal à croire que Lacus ait quoique ce soit à voir avec cette histoire.

Mais il fallait bien admettre que les faits étaient troublants…

Narcisse était passée la voir à l'hôpital l'autre jour, mais il était seul. Il lui avait dit que Lacus n'était pas très en forme depuis l'accident de la blonde et qu'il n'avait pas voulu lui imposer le stress d'une sortie illégale de Poudlard. Elle l'avait cru à moitié, mais peu importe.

Ça doit être le choc. Tu nous as foutu une sacrée frousse, Lily Furie, avait-il dit.

Ouais, le choc. Ou la culpabilité.

Après tout, n'était-ce pas Lacus qui avait sorti en premier l'hypothèse qu'on ait mis quelque chose dans son plat ? Et ce, bien avant qu'ils sachent qu'elle était effectivement empoisonnée ? Peut-être… Qu'elle était déjà au courant.

Lily grimaça et, pour se forcer à penser à autre chose, elle ouvrit le paquet de lettres. Il y en avait trois. Une de son père, une de Narcisse et une des jumeaux Weasley. Elle ouvrit cette dernière en premier, curieuse de savoir ce qu'ils pouvaient bien avoir à lui raconter. Ça devait être une vague lettre d'excuses pour toute cette histoire. Pourtant, ses yeux s'écarquillèrent en atteignant la troisième ligne et un peu plus jusqu'à la fin de la missive. Elle la relut trois fois pour être certaine de ne pas avoir halluciné. Mais non, c'était bien là, écrit noir sur blanc :

Mon frère et moi sommes sincèrement désolés pour cet incident et nous voudrions nous rattraper en t'invitant, ta famille et toi, à dîner chez moi le mercredi 2 Novembre. Nous enverrons une lettre à tes parents dès demain pour les prévenir, mais nous voulions que tu sois la première informée. En tant qu'invitée d'honneur, je te laisse le choix du menu. Tâche simplement de me l'envoyer au moins la veille. Les Potter seront également présents. Grandes retrouvailles avec ton sauveur en perspective. Envoie-moi ta réponse par retour de hibou.

Amicalement,

Fred Weasley.

Les Potter seront également présents. Les Potter seront également présents !

Salazar, elle allait revoir Harry Potter ! Après avoir élaboré plan tordu sur plan tordu et poussé le vice jusqu'à écrire une lettre d'amour à Altaïr Weasley dans l'unique but de faire connaissance avec le Survivant, elle allait carrément dîner avec lui par un merveilleux coup du destin !

Elle en trépignait d'impatience. Elle allait dîner avec lui, lui parler et peut-être même en apprendre plus sur cette histoire de trahison entre lui et son père qui la taraudait depuis un petit temps maintenant. Et en plus, son père serait là aussi ! Excellent, excellent ! Elle avait adoré leur show lors de son réveil à l'hôpital même si, concrètement, elle n'y avait rien compris. Son père avait dit le détester et pourtant ils avaient discuté comme de vieux amis. Du moins, c'est l'impression qu'ils lui avaient donnée.

En entendant Harry dire « Tout est fini entre nous», Lily avait du se faire violence pour ne pas éclater de rire. Mais cette réplique expliquait beaucoup de choses. Harry et son père avaient du être de grands amis pendant la guerre, comme Harry lui avait suggéré l'autre jour. Au point que son père lui confie sa relation avec un autre homme, le second père de Lily. Peut-être même que Harry savait qui c'était. Elle devrait peut-être lui demander ?

Mais non, c'était stupide. Harry refuserait sûrement de lui dire et lui conseillerait d'en parler directement avec son paternel chéri.

Comme si Draco allait lui révéler quoi que ce soit de plein gré. Il y avait longtemps maintenant que Lily avait compris, qu'à moins d'y être forcé, son père préférait nettement garder ses secrets pour lui. Si jamais elle échouait à retrouver elle-même son second père, elle le harcèlerait pour qu'il lui dise. Après tout, elle avait le droit de savoir même s'il la trouvait encore trop jeune. C'était quand même son père.

Elle se demandait souvent à quoi il pouvait bien ressembler. L'année passée, quand elle avait appris que Pansy n'était pas sa vraie mère et qu'en fait, elle n'avait pas de mère, elle avait été choquée. Mais pas autant qu'on pourrait le croire. Quelque part, elle l'avait toujours su. Ça avait presque été un soulagement qu'on le lui dise clairement.

Maintenant, elle avait totalement assimilé l'idée que son père l'avait portée en elle et qu'il avait aimé un homme il y a onze ou douze ans. Son deuxième père devait sûrement être quelqu'un de fabuleusement beau, intelligent et gentil. Après tout, il avait aidé à faire une fille parfaite, non ?

Il ignorait son existence, alors il était sûrement étranger. Un sorcier de passage en Angleterre, qui serait reparti vivre dans un pays retiré, comme le Japon ou les Etats-Unis. Il était sûrement chercheur, peut-être même qu'il avait inventé quelque chose qu'elle utilisait tous les jours sans le savoir. Il devait sûrement repenser sans cesse à son père et à leur histoire en regrettant qu'elle n'ait pas duré plus longtemps. Peut-être qu'un jour, tiraillé par ses souvenirs, il reviendrait voir son père et que ce serait elle qui lui ouvrirait la porte. Elle le verrait et il la verrait et ils sauraient immédiatement qu'ils sont père et fille.

Oui, sans aucun doute.

Elle chassa ses rêveries avec regret et ouvrit la lettre de son père. Il se contentait de lui raconter l'évolution de l'affaire sur son empoisonnement et lui disait de surveiller ses arrières et se comporter discrètement. Lily le trouvait assez bizarre depuis qu'elle s'était réveillée. Il avait l'air un peu à cran et terriblement épuisé. Elle s'inquiétait.

Elle lui écrivit sans attendre une réponse où elle lui demandait des nouvelles des autres et de l'elfe. Tipy lui manquait cruellement aussi. Elle lui demanda également de lui envoyer quelque chose pour survivre à la faim sans grand espoir qu'il réponde positivement. Mais on pouvait toujours essayer. Elle hésita à lui parler de l'invitation des jumeaux Weasley et finit par ne rien dire. Il aurait lui-même la surprise demain.

Lily espérait qu'il ne refuse pas d'aller simplement parce que les Potter avaient été invités.

Elle s'arrêta soudainement d'écrire, pétrifiée.

Une minute.

Les Potter ? Les ?!

Est-ce que par hasard, par lesPotter, Fred Weasley avait voulu sous-entendre le grand, le magnifique Harry Potter et sa foutue débile de fille ?!

Par l'enfer, ça ne pouvait pas être vrai ! Son sourire mourut presque instantanément. Elle allait devoir passer toute une soirée avec Poil de Carotte pendant les vacances !

Elle gémit d'anticipation. Il y a encore une semaine, elle aurait dit que c'était un petit prix à payer pour connaître Harry Potter et en apprendre plus sur sa vie et par la même occasion sur celle de son père. Mais entre-temps… Entre-temps, Séléna avait lu sa lettre d'amour adressée à son prétentieux cousin et avait été gentille, voire miséricordieuse avec elle. Malgré le temps qu'elle avait consacré à analyser cet évènement, elle ne savait toujours pas si elle devait considérer ça comme moyennement bien ou extrêmement mauvais.

Peut-être que si Poil de Carotte s'était cantonnée à son rôle de cruelle et vicieuse Gryffondor en l'humiliant devant Weasley, cela aurait été mieux pour tout le monde. Lily aurait pu survivre à l'humiliation. Mais que Potter se taise et refuse une telle occasion de la démolir, c'était tout simplement perturbant.

Lily fonctionnait beaucoup sur le principe : « Je suis gentille avec toi si tu es gentille avec moi ». Et même si elle brûlait de rage dès qu'elle se remémorait l'épisode des veracrasses ou de l'engrais ou même de toute altercation avec la rousse avant cette fameuse lettre, elle savait pertinemment qu'elle ne pourrait pas s'empêcher d'être un peu moins cruelle avec Séléna à l'occasion. Et cette idée ne lui plaisait pas du tout.

D'un autre côté, ce n'est pas comme si insulter Potter devant son père était une bonne façon de se rapprocher de lui. Peut-être qu'elle pourrait presque être sympa avec Séléna pendant ce dîner, en faisant un effort considérable… Mais malgré tout, c'était la honte intégrale de se retrouver en face de votre ennemie jurée qui est convaincue que vous aimez son cousin si fort que vous lui écrivez des lettres d'amour anonymes et pathétiques.

Ce dîner s'annonçait catastrophique. Pénible, long et catastrophique.

Encore une fois dans l'espoir de se changer les idées, elle ouvrit la dernière lettre, celle de Narcisse. Elle était très courte comme la blonde s'y était attendue. Narcisse était doué pour le dessin, mais définitivement pas pour la conversation ou la prose.

Lily Furie,

Comme tu prends toujours note de tout, même des détails les plus inutiles, Lacus et moi avons joint nos prises de notes pour tous les cours que tu as raté. J'espère que tu seras satisfaite avec autant d'informations. On passera te voir ce midi, ou ce soir si le temps manque.

A plus.

Narcisse.

Définitivement désespérant.

Elle sourit néanmoins et rangea la lettre dans son enveloppe en se demandant comment les choses allaient se passer avec Lacus. Elle avait bien réfléchi pendant ses journées à l'infirmerie et avait fini par décider que le mieux était encore de poser directement la question à la brune et d'observer sa réaction. Lily espérait fortement que son amie la détromperait et lui dirait qu'elle n'avait rien à voir dans cette histoire. Ou alors qu'elle avait simplement entendu Nott mentionner quelque chose qui lui avait mis la puce à l'oreille. C'était sûrement ça, d'ailleurs. Quoi d'autre ?

Un peu rassurée, elle rangea les lettres dans le tiroir de la table de chevet, finit le paquet de dragées et entreprit de lire les notes de ses deux amis. L'écriture de Narcisse était vraiment jolie, calligraphiée et tout à fait lisible, mais le contenu était très concret. Apparemment, il s'en tenait au strict minimum et passait le reste de son temps à griffonner des petits dessins dans les marges. Elle sourit en reconnaissant une caricature du professeur Tonks et un dessin de Nirvana entre autres. Les notes de Lacus étaient nettement plus conséquentes. Elle semblait prendre beaucoup de notes (mais pas autant que Lily évidemment), seulement son écriture était pratiquement indéchiffrable.

Lily passa donc une bonne partie de sa journée à déchiffrer les hiéroglyphes de la brune et à ajouter des notes au crayon sur celles de Narcisse. Il la remercierait plus tard de tant de prévenance, à coup sûr. Vers la fin de l'après-midi, alors que le soleil commençait à décliner et qu'elle regrettait amèrement de ne pas avoir gardé quelques dragées pour les coups durs, elle reçut de la visite.

- Coucou, fit-elle d'un ton joyeux sans prendre la peine de lever la tête de son devoir.

Elle savait déjà qui étaient ses visiteurs et ce devoir devait être fait avant demain.

- Je savais que potasser des notes de cours toute la journée te mettrait de bonne humeur, fit la voix de Narcisse.

- Tu me connais trop bien, rigola-t-elle en levant enfin la tête.

Son sourire diminua d'un cran. Narcisse était seul. Elle se forgea une expression surprise, cachant son mécontentement de ne pas enfin voir Lacus et demanda, l'air de rien :

- Où est Hyaline ?

Le serpentard passa la main dans ses cheveux noirs, l'air embêté et bredouilla :

- Oh, elle était très en retard pour ce devoir de potions et… Tu sais combien le professeur Snape lui fait peur. Elle est allée à la bibliothèque pour…

- Narcisse, l'interrompit Lily calmement. Tu mens très mal.

- D'accord, soupira ce dernier. En fait, elle m'évite pas mal ces temps-ci.

La blonde fronça les sourcils :

- Elle traîne avec Nott ?

Le garçon secoua la tête en signe de négation.

- Même pas. Elle reste seule et quand j'essaie de lui parler, elle s'arrange pour écourter la conversation. Je peux difficilement la harceler…

Lily eut un petit rire sceptique :

- C'est ça, Narcisse. Tu n'es pas du tout doué pour harceler les gens. Il faut te rappeler comment tu m'as embêtée pour que je demande à Severus de me dire la potion qu'il comptait demander pour le test de la semaine passée ?

- Tant d'efforts en vain, fit le garçon avec dépit.

- J'ai beau être sa nièce, il accorde beaucoup d'importance à ses cours, expliqua-t-elle avec un sourire. Enfin… Puisque tu es là, tu vas pouvoir m'aider à déchiffrer les notes de Lacus. Elle a vraiment une sale écriture.

Ils passèrent une bonne heure ensemble à jouer les traducteurs tout en discutant des récents évènements que la blonde avait loupés. Evidemment, rien de bien marquant n'était arrivé en son absence, à part hier où Séléna était arrivée en retard au cours de Severus. Il l'avait réprimandé, comme à son habitude et Poil de Carotte, qui d'après Narcisse était visiblement de méchante humeur, l'avait carrément interrompu pour lui dire que si c'était pour la renvoyer du cours, il pouvait le faire sans lapalissades.

Sans grand étonnement, elle avait écopé d'une retenue et avait du assister au cours malgré tout, ce qui était bien le genre de sadisme propre à son oncle. Lily avait bien ri, trop triste d'avoir loupé l'épisode avant d'ajouter, quand même un peu choquée :

- Elle a peur de rien, Poil de Carotte !

- Oh, je crois qu'elle était juste très en colère.

Elle secoua la tête, absolument pas d'accord avec ça.

- C'est pas une raison pour manquer de respect à un professeur. Surtout à oncle Sev !

Narcisse la dévisagea, puis se mit à rire doucement :

- C'est vrai. Toi, tu ne ferais jamais ça.

Lily s'offusqua et lui tira la langue, mais ne répliqua pas. Elle devait bien admettre que sur ce coup-là, il avait marqué un point.

Etrangement, ni l'un, ni l'autre ne remit sur le tapis l'étrange comportement de Lacus ces derniers jours et la blonde fut convaincue que Narcisse avait des soupçons lui aussi. Mais ils n'en parlèrent pas et le garçon alla finalement dîner sous le regard franchement envieux de Lily, quand Pomfresh apporta le repas hautement frugal de la blonde.

La soirée passa plus lentement, Lily étant perdue dans ses pensées et tiraillée par sa faim.

Elle était en train de regarder par la fenêtre près de son lit en se disant qu'elle aurait rêvé faire un tour sur son balai quand, peu avant le couvre-feu, la porte de l'infirmerie s'ouvrit à nouveau et elle eut la surprise de voir la frêle et timide Lacus s'avancer jusqu'à son lit.

Lacus était indéniablement dans ses petits souliers. Si elle avait été pleinement innocente, elle n'aurait pas eu de raison de l'être, aussi, la blonde trouva ses doutes confirmés dans son attitude. Mais elle persista à se dire que ça ne voulait rien dire.

- Salut… fit la brune d'une petite voix.

- Salut, répondit froidement Lily.

Elle n'avait pas vraiment voulu prendre un ton si sec, mais il lui était venu malgré elle. Lacus rougit et un ange passa avant qu'elle ne trouve le courage de reprendre la parole. Elle lui tendit un sac en papier.

- Narcisse m'a dit que tu mourrais de faim, alors je t'ai emballé ça.

Lily lui prit le paquet des mains sans rien dire et regarda à l'intérieur. Elle se mordit la lèvre, se sentant un peu coupable de se montrer si sèche envers son amie, alors, qu'au fond, elle n'avait aucune preuve que Lacus était coupable. Juste beaucoup de doutes qui s'accumulaient à toute allure maintenant qu'elle avait son amie sous les yeux. Si seulement, elle se comportait plus normalement, Lily pourrait se rassurer, mais non. Hyaline gardait les yeux rivés au sol et paraissait à deux doigts de s'enfuir.

- Ce… C'est juste quelques sucreries, fit la brune d'un ton hésitant. C'est pas très nourrissant, mais…

La fin de sa phrase mourut sur ses lèvres et elle se tortilla les mains, hautement mal à l'aise. La blonde la remercia d'un ton glacial. Un long silence s'installa entre les deux filles. Lacus devait être trop intimidée pour parler et Lily se complaisait dans sa colère silencieuse. Elle était vraiment énervée de constater que tout ce qu'elle avait supposé semblait vrai.

- Tu… Tu vas mieux ? demanda Lacus, toujours hésitante.

- Nettement mieux qu'avant, oui, répliqua la blonde immédiatement. Ça doit soulager un peu ta conscience, non ?

La brune recula d'un pas comme si Lily l'avait giflée. Cette dernière se redressa dans son lit, replia ses jambes sous elle et ancra son regard émeraude dans les yeux violets de son « amie ».

- Je... Je ne comprends pas.

- Oh, pitié Lacus, tu peux à peine me regarder dans les yeux, fit la blonde, agacée. Tu étais au courant.

Ce n'était même plus une question désormais. Lacus était tellement nerveuse face à elle que c'était comme si elle portait une pancarte COUPABLE lumineuse au-dessus de la tête.

- Je… Ce n'était pas sensé se passer comme ça, bredouilla la jeune fille en évitant son regard. C'était un truc inoffensif, juste…

- Juste pour me ridiculiser, siffla la blonde.

Lacus hocha la tête et recula encore d'un pas, l'air mortifiée.

- Tu aurais du me prévenir.

Elle ne savait pas comment elle faisait pour ne pas hurler. Peut-être que la présence de Pomfresh dans son bureau la retenait. Ou peut-être qu'elle ressentait trop de déception pour qu'il reste de la place pour la colère.

- J'ai essayé de t'empêcher d'aller dans le parc pour ne pas que tout le monde te voie, commença la brune d'une petite voix. Mais tu… Tu voulais absolument sortir.

- Parce que j'étais sous l'effet d'une poudre qui peut tuer les gens, répliqua-t-elle.

- Je ne pouvais pas le savoir ! gémit la brune d'un ton pitoyable.

Elle le savait bien. Elle ne confondait pas tout, elle prenait bien garde à ne pas se mettre à penser que d'une certaine façon Lacus l'avait laissée s'empoisonner. Son amie pensait que c'était juste de la Poudre de Ballerine qui causerait simplement un grand moment de ridicule chez Lily. Mais malgré ça, elle était furieuse que Lacus se soit rendue en quelque sorte complice d'une possible humiliation menée par cette connasse de Nott.

- Tu aurais du me le dire ! s'écriaLily, laissant enfin s'exprimer sa colère.

Lacus recula encore un peu, au point d'heurter un autre lit. Ses mains s'accrochèrent aux tenants du lit et elle détourna la tête, accablée. Lily continua, sans l'ombre d'un remord :

- Même si c'était sensé être inoffensif, c'était dans le but de me ridiculiser. Pourquoi tu ne m'as rien dit Lacus ? Est-ce que c'est quelque chose qui se fait entre amis ? Du moins, je pensais que nous étions amies. Crois-moi que si j'avais entendue parler d'une bête vengeance dirigée contre toi, je ne me serais pas tue, moi !

- Je suis tellement désolée.

Ses longs cheveux noirs cachaient son visage, mais Lily avait compris au tremblement de sa voix, qu'elle était en train de pleurer. Elle respira profondément et reprit d'un ton plus calme :

- Pourquoi tu ne me l'as pas dit, Lacus ?

La brune renifla sans répondre. Lily, qui se sentait épuisée, ouvrit le sac de bonbons et grignota un sucacide d'un air absent, toute son attention dirigée sur Lacus. Finalement, cette dernière reprit la parole :

- Je ne pouvais pas. Elle… Camélia… Elle m'a dit que ça ne te ferait rien, que tu te mettrais juste à danser. Elle voulait juste se venger de toi, mais elle n'a jamais voulu que tu te mettes à vomir et que tu… Que tu meures.

Lily arrêta de suçoter son bonbon et dévisagea la brune, qui évitait toujours son regard, choquée. Alors en réalité, Lacus n'avait pas entendu Nott avoir cette conversation, elle y avait carrément participé ?

- Je ne voulais pas, mais… Je n'avais pas le choix. Oh, Lily, je suis tellement désolée.

Elle recommença à sangloter, mais Lily n'était plus en état d'être attendrie. Elle était toujours sous le choc. Trop calmement, elle demanda :

- Tu as participé à ça ? TU AS PARTICIPE A ÇA ? répéta-t-elle d'une voix beaucoup plus forte comme Lacus ne répondait pas.

- C'est moi… Qui ai mis la poudre dans ton plat, souffla Lacus.

Un long silence retomba sur les deux jeunes filles et Lily finit par détourner la tête de son ex-amie. Elle avait mal au ventre et ses yeux se mettaient à picoter. Elle n'arrivait pas à y croire. Des milliers de questions lui brûlaient les lèvres. Elle avait envie de se lever, de secouer Lacus et de lui demander comment elle avait pu, pourquoi elle l'avait trahie de cette façon. Mais elle ne bougea pas, elle n'ouvrit pas la bouche, elle resta assise à regarder les draps froissés de son lit, les yeux écarquillés. Une larme glissa sur sa joue, mais elle l'effaça d'un geste rageur du revers de la main.

- Tu devrais t'en aller, fit-elle au bout d'un moment sans relever la tête.

Elle entendit un sanglot étouffé, des pas qui s'éloignaient et le bruit d'une porte qu'on ouvre et qu'on referme. Le silence retomba à nouveau sur l'infirmerie. Doucement, Lily se pelotonna dans ses couvertures et commença à sangloter. A force, elle s'endormit.

Vendredi 28 Octobre.

Les jours suivants passèrent comme dans un rêve. Narcisse vint lui rendre visite le mercredi en lui apportant ses notes. Celle de Lacus manquaient, mais elle ne lui demanda pas pourquoi et il n'en parla pas non plus. Elle passa une bonne partie de ces journées à lire ses manuels de cours, à essayer de sortir le maximum des notes de Narcisse et à faire ses devoirs en retard. Après une journée entière de harcèlement verbal, elle finit par convaincre Pomfresh qu'elle était assez rétablie pour aller faire un petit tour dans les couloirs, juste pour s'aérer. On lui refusa catégoriquement l'accès aux cours malgré tous ses efforts, mais elle ne se plaignit pas, trop contente de pouvoir au moins sortir de l'infirmerie. Et comme prévu, Pomfresh lui dit jeudi soir qu'elle était tout à fait guérie et qu'elle pourrait retourner au dortoir le vendredi matin pour préparer ses affaires. Mais sans aller au cours.

Au petit matin du vendredi, Lily avait déjà emballé toutes ses affaires, ses cadeaux et ses lettres et était fin prête pour rentrer à son dortoir. Pourtant, à bien y réfléchir, elle n'était pas vraiment impatiente d'y être. L'idée de croiser Lacus l'ennuyait fortement.

Pendant les derniers jours, elle s'était efforcée de ne pas y penser sachant pertinemment qu'elle pleurerait de rage si elle s'y risquait. Elle ne tenait pas à gâcher tous ses efforts en arrivant au dortoir trop tôt. Elle prit donc son mal en patience, écrivit une lettre à son père pour lui affirmer une fois de plus qu'elle ferait tout son possible pour ne pas assassiner Séléna Potter lors de ce dîner chez les Weasley et l'informer de l'heure à laquelle elle arriverait à la gare de King Cross.

Les vacances de Toussaint tombaient à pic, à vrai dire, et elle était impatiente d'être chez elle. Même si, en toute honnêteté, sa famille et elle avaient reçu tellement d'invitations qu'ils ne passeraient sûrement que peu de temps ensemble au Manoir.

Il y avait d'abord l'invitation du professeur Lupin chez lui, qui avait été fixée à demain. Invitation qu'elle ne comprenait toujours pas vraiment, pas plus que les deux visites qu'il lui avait faite ces deux derniers jours. Visiblement, Lupin était bien plus inquiet pour elle que ne devrait l'être un simple professeur. Mais d'un autre côté, Lily l'appréciait plus qu'un simple professeur aussi. Et puis, son père et Lupin étaient amis. C'était peut-être normal.

Lundi, c'était Halloween et, depuis des années, les Malfoy et les Zabini fêtaient l'évènement ensemble. Elle était impatiente de revoir enfin son petit Romulus. Ce garçon était une véritable crème. L'année passée, il avait même consenti à ce qu'elle le déguise en fille pour Halloween. Il était vraiment trop mignon dans son déguisement. Elle n'avait pas encore eu le temps d'élaborer un déguisement à la hauteur de ceux des années précédentes, mais elle trouverait forcément le temps avant lundi.

Mercredi, il y avait évidemment le dîner chez Fred Weasley, où elle aurait l'immense honneur de manger face à face avec Harry Potter. Et sa débile de fille. Mais peu importe.

Et enfin, hier soir, Narcisse l'avait invité à dormir chez lui vendredi prochain. L'occasion de rencontrer enfin la fameuse Luna Longbottom, la mère de Narcisse.

Ces vacances s'annonçaient palpitantes, elle pouvait déjà le sentir.

Pomfresh sortit soudain de son bureau et s'arrêta sur le pas de sa porte pour dévisager Lily qui rêvassait à ses vacances à côté de son sac, le regard perdu.

- Je m'étonne que vous soyez encore là, mademoiselle Malfoy. Après avoir mis tant de motivation à essayer de vous échapper, vous perdez votre temps à regarder par la fenêtre ?

- Oh, vous savez, madame Pomfresh, je crois que cet endroit va me manquer, fit Lily avec un sourire tout à fait hypocrite.

Pomfresh lui adressa un regard hautement sceptique qui fit rigoler la blonde.

- Retirez-moi ce sourire faux de votre visage, Melle Malfoy et dépêchez-vous de filer avant que je ne change d'avis.

Elle obéit sans la moindre hésitation et empoigna son sac avant de tourner les talons. Elle leva vaguement la main pour saluer Pomfresh :

- Bye bye Madame Pomfresh ! cria-t-elle avant de sortir rapidement.

- Et ne revenez pas trop vite, surtout ! répondit la vieille femme avant qu'elle n'aie fermé la porte.

Lily se retrouva dans un couloir, son sac sur le dos, ses robes de Poudlard sur elle. Elle eut un large sourire ravi et s'éloigna à grands pas. Elle ne prit pas le chemin du dortoir et bifurqua pour se rendre directement à la Grande Salle. Il y avait des chances pour qu'elle y trouve Narcisse, il ne dormait jamais très tard contrairement à elle. Et puis au pire, elle pourrait s'asseoir avec Nirvana qui lui avait aussi rendu visite la veille. La jeune sorcière aux cheveux argentés lui avait affirmé que c'était uniquement pour s'assurer que Lily serait d'attaque pour le prochain match de Quidditch, mais la blonde avait quand même été touchée.

Samuel Weasley était aussi passé, un peu après elle. Elle l'avait trouvé un rien absent, mais sa visite lui avait fait plaisir également. Elle n'aurait jamais cru qu'ilse déplaceraient pour elle et recevoir ces visites surprises lui avait définitivement fait comprendre la phrase que Lacus lui avait sorti un jour lointain :

Lily ? Comment tu fais pour t'attirer la sympathie de tous ceux que tu croises ?

Apparemment, les gens comme Pollux, Samuel et Nirvana l'appréciaientplus qu'elle ne l'avait supposé. Et ça lui faisait plaisir. Après sa discussion avec Lacus, elle s'était nettement sentie haïepar approximativement tout le monde.

Oh, elle n'avait vraiment pas envie de penser à ça maintenant.

Elle arriva en face de la grande salle et entra d'un pas joyeux. Quelques murmures s'élevèrent à droite à gauche, mais contrairement à son habitude, elle ne releva pas la tête d'un air fier et continua sa route un peu plus vite vers la table des Serpentards. Etrangement, elle ne ressentait pas cette grande satisfaction d'être le centre d'intérêt de Poudlard cette fois-ci. Qu'ils soient tous en train de parler de son accident et de sa convalescence l'agaçait fortement. Elle avait presque envie de sortir, tellement ça l'énervait.

Lily repéra alors Narcisse qui s'était mis, comme par hasard, à côté de Nirvana. Il lui fit un signe de la main et elle alla s'asseoir à ses côtés, toute colère envolée.

Elle était ravie de recommencer à être une élève normale.

- Te voilà revenu parmi les vivants, fit Narcisse de son éternel ton nonchalant.

Elle sourit et commença à se servir allégrement de tout ce qui se trouvait à sa portée. Son régime draconien était sur le point de prendre fin et ses mains tremblaient carrément d'anticipation.

- Il y a des pancakes ? demanda-t-elle avec une lueur vorace dans les yeux.

- Là-bas, fit Nirvana d'une petite voix ensommeillée. Contente de te revoir, Lily.

Cette dernière semblait encore plongée dans les brumes de son sommeil. Les yeux hagards, les cheveux emmêlés et la bouche pâteuse. A croire qu'elle n'avait pratiquement pas dormi de la nuit.

- Contente d'être revenue, répondit la blonde avant de chercher les pancakes dans la direction que lui avait indiquée la préfète.

Elle le trouva. Juste à côté de Lacus. Elle se rembrunit et détourna le regard. Elle pouvait se passer de pancakes après tout.

Et puis non. Elle se pencha sur la table et héla :

- Hey Lacus ! Tu peux me passer le plat de pancakes ?

La brune sursauta et dévisagea Lily comme si elle ne croyait pas ce qu'elle venait d'entendre. Mais lorsque Lily lui jeta un regard noir, Lacus s'affaissa et prit le plat avant de le lui tendre. Elle le prit d'un geste brusque et se servit sans retenue. Elle planta sa fourchette dedans avec violence et commença à manger d'un air bougon.

- Oui, c'est la solution. Passer ta colère sur la nourriture…

- Narcisse, tais-toi, fit-elle entre deux bouchées énervées.

- D'accord. Je ne poserais pas de questions.

Lily hocha la tête vigoureusement pour marquer son accord avec cette décision et continua de manger. Au bout d'un moment, elle parla :

- Franchement, on peut m'expliquer comment je peux être apte à sortir de l'infirmerie, mais pas à assister aux cours ? C'est complètement stupide.

- Faire de la magie prend beaucoup d'énergie, expliqua Nirvana d'une voix pâteuse. Si t'es pas en forme, c'est le meilleur moyen de retourner à l'infirmerie.

- Ridicule, pesta la blonde. Je me repose depuis une semaine. Je suis sûre que j'ai accumulé autant d'énergie magique que Merlin ou Harry Potter.

Nirvana se mit à rire :

- Tu compares Merlin à Harry Potter ?

- Non, intervint Narcisse. Elle secompare à Merlin et à Harry Potter.

Lily l'ignora et se tourna vers la préfète :

- Quoi ? Harry Potter est un homme incroyable !

- Evidemment, il t'a sauvé la vie, fit le serpentard avec un sourire.

- Il est génial même quand il ne me sauve pas la vie, répliqua-t-elle d'un ton convaincu.

Elle commençait vraiment à ressembler à une fan hystérique.

- Marrant comment tu adores Harry Potter alors que tu ne perds jamais une occasion d'énerver sa fille, fit Nirvana.

- Elle ne doit pas avoir les mêmes gènes que lui, c'est évident, fit Lily.

- Tu le portes en haute estime…, commenta la préfète du même ton fatigué.

- Pas toi ? demanda la blonde, étonnée.

- Si, marmonna Nirvana. Mais il fait genre partie de ma famille alors…

Lily en lâcha sa fourchette.

- Il fait partie de ta famille ? beugla-t-elle, hallucinée.

Nirvana sembla se réveiller brusquement. Elle se tourna pour la première fois vers la blonde, les yeux enfin pleinement conscients.

- C'est une façon de parler, fit-elle d'un air vague avant d'ajouter. Mais c'est quand même bizarre que tu t'intéresses à Harry Potter à ce point. T'es amoureuse ?

Lily grimaça à cette supposition, franchement dégoûtée.

- J'ai plus faim, là, fit-elle en repoussant son assiette.

Nirvana et Narcisse éclatèrent de rire. Lily pas.

Les paroles de Nirvana l'avaient un peu perturbée. Elle pensait que cette curiosité pour Harry Potter était normale. Après tout, il était célèbre, il était gentil et elle l'avait rencontré. Il lui avait même sauvé la vie, alors c'était logique qu'elle s'intéresse à lui, mais…

Mais sa passion pour la personne d'Harry Potter datait de bien avant qu'il ne l'empêche de mourir. Elle s'était convaincue que si elle s'intéressait autant à cet homme, c'était surtout pour en apprendre plus sur son père et sur la trahison qui les liait tous les deux. Pourtant, au delà de ça, elle voulait tout simplement le connaître. Le revoir, lui parler et faire en sorte qu'il l'aime bien.

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle y tenait à ce point, mais depuis qu'elle l'avait rencontré sur le stade de Quidditch l'autre jour et quand il lui avait pris la main pour la ramener à ses parents, elle s'était retrouvée incapable d'accepter qu'il ne fasse pas partie de sa vie.

En effet, c'était bizarre.

Un peu plus tard, elle regarda Narcisse partir rejoindre son premier cours avec une intense jalousie. Elle poussa le vice jusqu'à l'accompagner devant la porte de la classe et le regarder s'asseoir. Puis, Tonks arriva derrière elle alors qu'elle regardait les élèves assis à leur banc avec envie et toussota. Lily se retourna, grimaça et partit sans rien dire, dégoûtée. Si elle en venait à envier ses camarades d'avoir cours avec Tonks, elle était vraiment en manque de cours. Avec son sac sur le dos, elle se rendit à la volière pour envoyer ses lettres. En revenant dans le hall, elle eut la mauvaise surprise de trouver McGonagall, les mains sur les hanches, visiblement en train de l'attendre.

- J'ai à vous parler, Melle Malfoy, fit la directrice, les lèvres pincées.

De toute évidence, cela n'enchantait aucune des deux. Lily soupira et la suivit d'un pas lourd jusqu'à son bureau. Elle entra et s'assit rapidement face au bureau de la vieille. Cette dernière n'avait pas desserré les dents depuis qu'elles étaient parties du hall et ne semblait pas plus amène à le faire maintenant. McGonagall dardait ses furieux yeux gris sur elle. Peut-être qu'elle prévoyait de la tuer et de la cacher dans une de ses armoires…

Légèrement agacée, Lily se bascula sur sa chaise en regardant autour d'elle, attendant que la femme prenne la parole. Ce qui ne se produit pas. Elle remarqua qu'un nouveau bibelot (le bureau de la directrice était plein d'objets bizarres) venait remplir le dessus d'une table basse. C'était une sorte de boule en verre qui changeait de couleur et de forme d'une façon arbitraire en émettant une douce lumière. Jolie lampe, pensa Lily avant d'en revenir à McGo. Qui ne semblait toujours pas décidée à parler.

- Je peux faire quelque chose pour vous ? hasarda la blonde d'un ton badin au bout d'un moment.

La directrice ouvrit son tiroir d'un geste sec et en sortit une boite métallique. Elle l'ouvrit et prit un biscuit sec avant de pousser la boite vers Lily avec un regard soutenu.

- Oh, non merci, fit-elle avec un mouvement de la main.

Elle n'avait pas que ça à faire ! Quand est-ce que la vieille allait dire quelque chose ?

- Je n'avais pas réalisé l'importance de ces biscuits avant qu'ils ne soient inaccessibles pendant toute une semaine, fit la directrice d'un ton froid.

Lily prit un air ennuyé malgré elle. Si c'était encore pour cette histoire de cuisine, elle ne se sentait vraiment pas d'humeur.

- Est-ce que vous saviez, mademoiselle Malfoy, que lorsque j'ai interrogé les elfes des cuisines sur l'incidentqui s'est produit le mois passé, ils m'ont répondu, à grands renforts de veritaserum, que l'investigatrice de cette mascarade n'était autre que Melle Potter ?

Lily se retint de sourire et prit un air étonné :

- Séléna ? Je n'aurais jamais cru ça d'elle.

- Oh, mais elle était aussi surprise que vous semblez l'être, fit la directrice d'un ton plein de sous-entendus.

La jeune fille haussa les sourcils et détourna légèrement le regard. Elle avait envie d'éclater de rire. Plus encore lorsqu'elle se rappela l'histoire de Narcisse. A tous les coups, c'était la raison pour laquelle Poil de Carotte s'était montrée si vindicative avec Severus.

- Elle s'est mise à crier que vous étiez derrière tout cela et que vous aviez tenté de la piéger, continua la directrice.

- Elle est un peu paranoïaque, dit Lily du même ton badin qu'elle avait adopté dès le début de la conversation.

- Je n'en suis pas si sûre.

- Oh, alors je devrais peut-être me mettre à crier que je ne suis pas derrière tout ça et que Séléna a tenté de me piéger, répliqua-t-elle d'un ton sarcastique.

Cela ne marcherait pas aussi facilement pour elle sans le moindre doute.

- Melle Potter n'avait rien à gagner dans cette histoire, contrairement à vous.

- Pourtant, j'ai entendu dire qu'elle cherchait à rejoindre l'équipe de Quidditch.

- Et elle a obtenu son autorisation, glissa McGonagall dans la conversation.

Lily sentit son sourire intérieur s'évanouir et elle dévisagea la directrice avec horreur. Mcgonagall lui adressa un large sourire ironique.

- Je me voyais mal lui refuser cela après avoir donné mon accord pour vous, malgré votre comportement. Le prochain match risque d'être intéressant.

Elle n'arrivait pas à le croire ! C'était de la provocation ! Potter dans l'équipe de Gryffondor ?! A tous les coups, elle n'était même pas capable de tenir dix secondes sur un balai ! C'était ridicule, tout simplement ridicule. Tout ça pour l'énerver !

- Je n'en doute pas, finit par répondre la blonde les lèvres pincées, déterminée à ne pas donner à McGo le moindre motif de retenue.

Frappée par l'évidence, elle grimaça à la pensée qu'en fin de compte, son diabolique plan de régime avait permis à Séléna Potter de rentrer dans l'équipe. Dans l'art de tout obtenir sans se fouler, elle était douée, Poil de Carotte ! Dire que c'était elle qui avait tout fait, tout mis en place, tout orchestré. Et au final, quel était le résultat ? Elle était à la limite du renvoi et Potter était un martyr récompensé ! Raaaah, elle détestait cette fille !

Sans parler que maintenant que Potter était au courant pour cette petite blague avec les elfes, elle serait sûrement dans d'aussi bonnes dispositions que Lily à faire la paix. Le dîner chez Fred Weasley s'annonçait houleux. Oh, qu'allait penser Harry ?

- Mais venons-en au fait, fit la directrice d'un ton satisfait comme si elle avait assez torturé son élève. J'ai suivi de près l'affaire de votre empoisonnement et j'ai mené ma propre enquête au sein de l'école. Il est évident que la personne qui vous a joué ce mauvais tour n'avait pas l'intention de vous tuer, mais simplement de vous ridiculiser. Ce qui allonge considérablement la liste des suspects.

Vous devez entrer dedans, pensa Lily en gardant le silence.

- Avez-vous une idée de qui pourrait vous en vouloir ?

- A quoi bon vous le dire ? marmonna la blonde qui n'avait pas digéré le « Ce qui allonge considérablement la liste des suspects ».

Vieille harpie.

- Melle Malfoy, commença McGonagall d'une voix plus sérieuse que jamais. Même si cette blague n'avait pas si mal tourné, le responsable aurait été sévèrement puni. Les vengeances puériles entre élèves sont courantes, mais je suis intraitable avec ceux qui s'y risquent.

- Dites ça à Séléna quand elle a mis des veracrasses dans mon plat.

- Vous auriez du rapporter ce fait à l'un de vos professeurs ou à moi-même, mais vous avez préféré faire justice vous-même, répliqua sèchement la vieille femme.

Lily lui jeta un regard désabusé. Elle croyait vraiment que les élèves avaient directement le réflexe d'aller se plaindre auprès d'un professeur ?

- Cette histoire est grave, Melle Malfoy. J'ai besoin de votre coopération, continua la directrice. Avez-vous une idée sur le responsable ?

Elles se fixèrent un moment en silence avant que Lily ne dise :

- Non.

La lueur furieuse dans les yeux de McGonagall l'informa qu'elle n'en croyait pas un mot. Mais Lily n'était pas prête à lui dire quoique ce soit. La responsable directe était Camélia Nott et ça ne l'aurait pas vraiment dérangé de balancer cette sale peste, mais c'était Lacus qui avait mis la poudre dans son plat. Et même si Lily n'était pas capable de pardonner à la jeune fille, ni même de lui demander une explication, elle n'était pas non plus capable de la dénoncer. Elle règlerait ça toute seule. Comme elle l'avait toujours fait jusqu'à présent.

Après s'être assurée que la directrice n'avait plus rien à lui dire, Lily prit congé et se rendit directement au dortoir.

Tout le monde était en cours et le dortoir était vide. Personne n'avait touché à ses affaires en son absence et quelqu'un avait même refait son lit. Et Prongs avait été nourri. Elle se demanda vaguement si c'était l'acte des elfes ou de Lacus.

Elle s'allongea sur son lit et resta immobile quelques instants. Le phénix vint se percher sur le rebord du lit et commença à chanter. Lily se détendit immédiatement en entendant ce chant mélodieux.

L'entretien avec la directrice avait été pénible. De plus, elle avait pris un chemin sans retour en affirmant ne pas avoir d'idée sur les coupables. Peut-être le mauvais. Elle n'était plus très sûre, tout d'un coup.

La porte du dortoir s'ouvrit et elle se redressa immédiatement. Elle pria pour que ce ne soit pas Lacus et ses vœux furent exaucés. Enfin, façon de parler. C'était Camélia.

Cette dernière s'arrêta net en apercevant la blonde et sembla soudain regretter fermement d'être là. Elle regarda autour d'elle comme si elle cherchait une issue et Lily se rassit avec un sourire mi-furieux, mi-amusé. Cette pauvre Camélia devait paniquer sec à l'idée que la blonde découvre qu'elle était derrière tout ça.

- Salut Malfoy, fit la jeune fille d'un ton haché.

- Salut Nott, répondit-elle froidement.

- Je suis contente que tu ailles mieux, soupira Nott avec un air détaché en se dirigeant jusqu'à l'armoire.

- Je n'en doute pas, sinon tu aurais été la plus jeune meurtrière d'Angleterre, répliqua Lily en se levant tranquillement.

Camélia se figea et se tourna vers elle dans un mouvement lent.

- Ecoute… Je ne sais pas ce que Gaunt t'a raconté, mais…

- Elle ne m'a rien dit, mentit Lily. J'ai bluffé et tu viens de confirmer mes doutes.

Elle s'avança jusqu'à Nott qui ne bougea pas, l'air figée d'horreur.

- Ce n'était pas moi, fit Camélia d'un ton paniqué.

Lily pencha la tête sur le côté et considéra la jeune fille quelques secondes :

- Pas très convainquant, fit-elle finalement avec une grimace.

Camélia esquissa un geste pour saisir sa baguette, mais Lily fut plus rapide et planta la sienne juste sous le menton de la jeune fille. Elle ne connaissait toujours pas de sort vraiment violent, mais au cours de ces deux mois, elle avait quand même appris quelques petits sortilèges amusants. Il n'était de toute façon pas question d'utiliser la magie cette fois.

- Je viens d'avoir une petite conversation avec la directrice, fit Lily avec un grand sourire en voyant Nott blêmir sensiblement à cette phrase. Oh, ne t'inquiète pas, je n'ai rien dit. Pour l'instant. Mais si tu ne veux pas que je me sente soudain très bavarde, tu vas faire deux petites choses pour moi. Premièrement, tu arrêtes d'ennuyer Lacus. Si je te vois lui tourner autour encore une seule fois, je vais directement voir McGonagall. Deuxièmement, tu t'écrases, c'est clair ? Ou je te jure que tu regretteras de ne pas m'avoir tuée avec ta petite blague.

Nott hocha la tête, le teint cadavérique et Lily rangea sa baguette tranquillement. Elle adressa un dernier sourire des plus hypocrites à sa colocataire, comme si elles venaient juste d'avoir une conversation sympathique, et lui tourna le dos pour retourner à son lit. Prongs, qui avait arrêté de chanter dès l'arrivée de Nott, s'envola du tenant du lit pour se percher sur son bras et émit un cri qu'elle supposa être appréciatif. Elle sourit avant de froncer les sourcils :

- T'as grandi toi, non ?


J'espère que vous avez apprécié. Prenez deux minutes de votre temps pour m'envoyer des encouragements. Ou je risque de mettre treeeees longtemps à updater, les gens.

Je plaisante. Mais ca ne vous empeche pas de me laisser un com.

Vous aime!

RAR demain. Serieux.