Le travaux de canevas étant en passe de se terminer, revoilà un nouveau chapitre. Je n'ai pas rattrapé tout mon retard et je peux encore loupé un ou deux soirs, mais pour l'instant, c'est sur les rails, l'entracte est terminé. Bonne lecture.
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Chapitre 11
Goten se réveilla perclus de douleur et transi de froid. Il s'étira précautionneusement pour permettre à ses muscles de se remettre doucement en place et éternua. Il repensa avec nostalgie à son écharpe qu'il avait laissée à Piccolo avec le bébé. Ce n'était pas la première fois qu'il dormait à la belle étoile, il n'y avait pas d'autre méthode avec son maître Namek. Il se frotta les bras pour se réchauffer et aussitôt la sensation de faim l'emporta sur le froid.
Il repéra un prunier sauvage et escalada l'arbre jusqu'aux plus hautes branches pour petit-déjeuner. Il commença à engloutir tous les fruits qu'il trouvait sur son passage, crachant négligemment les noyaux du haut de l'arbre, tout en scrutant les environs. Le soleil venait tout juste de se lever, ce qui lui permit de vérifier qu'il avait suivi la bonne direction. Ca avait été un peu difficile, sans boussole, mais il avait pu s'arrêter en chemin, la veille, pour interroger les habitants des contrées qu'il avait traversées.
Il avait remarqué qu'on le regardait bizarrement. Pourtant, il avait veillé à ses manières et s'était efforcé d'utiliser tous les usages de politesse. Il avait redouté que quelqu'un ne s'étonne de trouver un enfant comme lui, seul sur les routes, mais personne n'avait rien demandé. Il avait lu tout au plus un certain étonnement dans les yeux des adultes mais on ne lui avait posé aucune question. On s'était même bizarrement empressé de le renseigner avec exactitude.
Quoiqu'il en soit, il avait atteint le Mont Paozu à la tombée de la nuit. Il s'était aperçu alors qu'il ne savait pas exactement où il devait chercher dans cette zone étendue. Avec l'obscurité, il avait décidé de s'arrêter pour dormir. S'il devait se battre pour délivrer Videl, il aurait besoin de force.
Il fourra une poignée de prunes dans sa poche et prit de l'altitude et mieux observer le paysage. Il survola la forêt un bon moment avant de repérer une cabane. Il commençait un peu à désespérer, les occupants sauraient sûrement l'orienter et lui dire si des saïyens étaient passés dans le coin. Il piqua vers l'habitation. Avant d'atterrir dans la clairière herbeuse, il s'immobilisa. Le corps de C-17 gisait au milieu de traînée d'herbe brûlée. Il se précipita.
Le corps du cyborg était partiellement calciné et Goten grimaça un peu en détournant le regard. Il releva la tête de C-17 qui avait heureusement gardé à peu près forme humaine. Il la souleva avec précaution. Ses yeux s'entrouvrirent.
- Tu es vivant ! s'exclama Goten avec soulagement.
Le cyborg sourit faiblement en reconnaissant l'enfant.
- Qu'est-ce que tu fais là ? articula-t-il péniblement.
La question figea un peu Goten, pointant sa faute. Il n'ignorait pas qu'à son retour, les sanctions seraient terribles. En plus, il avait pris le bébé et Piccolo… Il préférait ne pas penser à ce que Piccolo lui ferait subir. Le garçon déglutit un peu.
- Je vais délivrer Videl, annonça-t-il finalement avec aplomb.
Le corps de C-17 fut agité d'un petit rire contenu.
- Rentre à la maison, Goten. Ma sœur va te scalper, conclut le cyborg.
- Et toi ? Qui t'a fait ça ? demanda Goten avec révolte.
C-17 toussa un peu et fit signe à Goten de s'approcher.
- Il y a mon sac quelque part dans un buisson. Trouve-le. A l'intérieur, il y a un émetteur. Contacte C-18 avec et dis-lui où nous sommes. Elle viendra me récupérer ce n'est pas grave, tu sais, on va pouvoir me réparer, souffla-t-il à voix basse.
Goten hocha la tête pensivement. Il n'avait jamais vu C-17 dans un état si lamentable. Il n'avait même jamais pensé que quelqu'un, même un saïyen, puisse lui faire ça.
- Tu as retrouvé Videl ? demanda l'enfant sans faire mine d'exécuter les instructions du cyborg.
- Videl ? murmura le blessé.
Il eut l'air de réfléchir un instant. Son expression s'illumina comme s'il venait de se souvenir de quelque chose. Il attrapa Goten par sa chemise et le rapprocha encore de lui.
- Ecoute bien, Goten. Le saïyen qui garde Videl a un terminal de communication. Sa fréquence est 010709, tu retiendras ? Dis-le à ma sœur. Elle pourra le localiser. Il faut faire vite.
- 010709 ? C'est ça ? marmonna Goten.
- Dépêche-toi. Ca doit faire plus de cinq heures qu'ils se sont enfuis maintenant, cracha le cyborg en crispant son poing sur le vêtement de Goten.
Le garçon reposa prudemment la tête de C-17 en acquiesçant. Comme si la conversation l'avait vidé de toute l'énergie qui lui restait, les yeux du blessé se refermèrent.
Le garçon comprit que C-17 avait dû essayer de se battre avec celui qui gardait Videl captive. Il serra un peu les dents avec colère. Puis, il se leva et se mit à fouiller frénétiquement la nature environnante pour découvrir où C-17 avait caché son sac à dos. Quand il le découvrit, il poussa un petit cri de joie. Il tomba tout de suite sur l'appareil de transmission. Il le contempla un instant avec hésitation. Il inspira profondément et alluma le transmetteur en le réglant sur la fréquence pré-enregistrée de C-18.
- Goten ! Petite saleté ! Où es-tu ? hurla-t-elle, les yeux exorbités, dès que son image apparut sur l'écran.
Goten se mit aussitôt à bafouiller, sans formaliser de phrase sensée.
- Et la petite ? Tu es avec la petite ? Goten ! Tu as pris ce bébé avec toi ? Kami, c'est pas une poupée ! Ramène-la immédiatement ! renchérit la cyborg, au bord de l'hystérie.
Goten tendit les bras pour éloigner le terminal de transmission de lui, comme si elle avait pu en surgir pour lui sauter à la gorge.
- Je suis avec C-17, finit-il par bégayer, il est blessé.
C-18 cessa aussitôt ses remontrances pour reprendre une attitude plus calme et plus habituelle.
- Où êtes-vous ? demanda-t-elle simplement.
- Quelque part sur le Mont Paozu.
- Tu as vu des saïyens ?
Goten tressaillit. Il n'avait même pas vérifié s'il y en avait aux alentours. Il jeta un coup d'œil circulaire sur la clairière et la maisonnette. Tout semblait silencieux et désert.
- Il n'y a personne marmonna-t-il piteusement.
- Bon, la machine vient de localiser ton appel. Cache-toi dans la forêt. On vient vous chercher, conclut-elle simplement.
Avant que Goten ne pût ouvrir la bouche, elle coupa la communication. Il soupira et scruta à nouveau les environs. Il n'avait pas réellement l'intention d'attendre sagement qu'on vienne le chercher pour le punir et l'enfermer à nouveau au quartier général, avec pour seule perspective de remplir inlassablement les pages de son cahier. Son regard tomba sur le cabanon. Il eut subitement la curiosité d'aller en inspecter l'intérieur. D'après ce que C-17 avait dit, Videl avait été retenue ici à la garde d'un seul saïyen. Un seul. C'est plus simple, c'est carrément possible. Même s'il était suffisamment fort pour blesser C-17.
L'enfant marcha jusqu'à la cabane sans lâcher le terminal. Dès qu'il entra, il ne regretta pas son initiative en découvrant de la nourriture entassée dans un coin. Il s'assit à table et entreprit de compléter son faible petit-déjeuner.
Tout en mastiquant il détaillait l'endroit où il se trouvait. Il lui plaisait. Curieusement, il se mit à penser que lorsqu'ils auraient débarrassé la Terre du joug des saïyens, il viendrait volontiers vivre dans un lieu comme celui-là. Il retrouverait sûrement des proches de sa mère et pourrait se reconstituer une sorte de famille.
Pendant qu'il mangeait, il remarqua un livre et un cahier posés sur le bord de la table. Il les tira vers lui et ouvrit le livre. Sur la page de garde, il lut une inscription manuscrite au crayon à papier : « Gohan Son ». Ca devait être le nom du propriétaire, il se fit la réflexion qu'il ressemblait beaucoup au sien. Peut-être était-ce un cousin éloigné qui avait habité cette cabane.
Il feuilleta l'ouvrage mais ne parvint pas à lire les symboles torturés qui couvraient les pages. Il reconnut le langage saïyajinn. Il ne savait pas encore le lire mais avait commencé à l'apprendre. Il referma le livre d'un claquement sec. Son regard tomba alors sur le terminal.
- Flûte ! lâcha-t-il.
Il avait oublié de donner la fréquence du saïyen à C-18. Il ralluma l'appareil. Ses doigts flottèrent un instant au-dessus du clavier numérique. Subitement, au lieu de composer la ligne de C-18, il tapa les chiffres que C-17 lui avait donnés. 010709.
L'écran se mit à crépiter, envahi de neige. Au bout d'une minute, l'image se clarifia et Goten se retrouva nez à nez avec un jeune homme brun, visiblement mal réveillé qui avait toutes les apparences d'un saïyen. Les deux interlocuteurs se fixèrent sans un mot. Le visage du saïyen sembla s'animer brusquement d'une stupeur abasourdie.
- Goten ? souffla-t-il.
Goten se recula vivement, comme si l'appareil de transmission venait de le piquer. Comment ce saïyen pouvait-il connaître son nom ? Il fronça les sourcils et se reprit, convaincu qu'il s'agissait d'un piège pour le déstabiliser.
- Je sais que vous avez Videl ! Relâchez-la ! Je vais venir la chercher, je vous préviens ! s'écria naïvement l'enfant.
- Goten, c'est toi ? demanda encore le jeune saïyen à l'autre bout de la ligne.
Le ton n'était pas menaçant, plutôt presque bienveillant, incrédule. Goten serra les dents. Videl l'avait mis en garde contre les manœuvres vicieuses des saïyens.
- Si vous avez fait du mal à Videl, je vous poursuivrai jusqu'à votre mort ! insista Goten du ton le plus impressionnant qu'il put composer.
- Où es-tu ? A la cabane de grand-père Gohan, c'est ça ?
- Je comprends rien à ce que vous dites ! Où est Videl ? Comment va-t-elle ?
- Videl ?... Elle est là, tout va bien. Ne bouge pas, on va venir te chercher.
- Certainement pas ! hurla Goten, c'est moi qui vais venir vous chercher !
Gohan réprima un sourire.
- D'accord. On est dans une maison, à environ cinquante kilomètres nord-ouest de là où tu es, tu sauras venir ?
- Vous croyez m'avoir comme ça ? grinça Goten, je veux voir Videl.
- Oh… Bien sûr.
L'écran se troubla un peu avec le mouvement tandis que Gohan le transportait.
Le visage de Videl apparut enfin. Elle dormait enroulée dans une couverture.
- Qu'est-ce qu'elle a ? interrogea Goten avec inquiétude.
- Rien de spécial, elle dort, expliqua la voix de Gohan.
- Réveille-la !
Gohan secoua l'épaule de Videl. Elle cligna des yeux péniblement et tourna un regard embrumé vers l'écran. Elle reprit ses esprits en une fraction de seconde.
- Goten, bordel ! s'écria-t-elle d'une voix encore rauque en sursautant.
Elle saisit le terminal en jetant un œil noir à Gohan.
- Videl ! Je t'ai retrouvée ! Attends, j'arrive pour te délivrer !
- Imbécile ! rugit Videl, rentre immédiatement ! Je me débrouille très bien sans toi !
Gohan lui arracha aussitôt le terminal des mains. Elle se jeta sur lui pour le reprendre mais il la tint à distance à bout de bras.
- Tu te souviens où on est ? On t'attend ! lança Gohan à l'image interloquée de Goten.
La communication coupa, laissant l'enfant indécis. L'accueil de Videl ne correspondait pas exactement à celui qu'il attendait. Elle voulait qu'il l'abandonne ? C'est déjà ce qu'il avait fait quand ils avaient été poursuivis et maintenant elle était leur prisonnière. Il refusait de renouveler l'erreur, au contraire, il était bien déterminé à la réparer.
Il empocha le terminal et se gratta la tête. Il n'aurait peut-être pas d'autres occasions de lui venir en aide. Il réfléchit. C-17 serait bientôt récupéré et soigné par sa soeur. Pour sa part, il avait une maison à retrouver à environ cinquante kilomètres au nord-ouest d'ici.
Alors que sa résolution était prise, un fracas terrible se fit entendre derrière lui.
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