Chapitre 10 : Scaretale (Part 1)
Tom marchait dans les couloirs de Poudlard, à peine éclairé par la lueur des torches. Derrière lui il pouvait entendre les pas légers de Brite qui se dépêchait afin d'être à sa hauteur. Arrivée près de lui elle lui lança un regard en coin.
- Quoi ? Fit-il.
- Je n'ai rien dit.
Tom soupira :
- Alors pourquoi me regardes-tu comme ça ?
- Je croyais que tu aimais ça, que l'on fasse attention à toi, se moqua-t-elle.
- Ce que j'aimerais Brite c'est que tu arrêtes de croire tout savoir sur moi.
- Ce n'est quand même pas ma faute si tu es si facile à comprendre ! S'exclama-t-elle en le doublant souplement.
- De la part de la personne la plus évidente à cerner au monde c'est pas mal ! Répliqua Tom en avançant plus vite.
- Ah oui ? Alors vas-y, dit moi tout sur moi !
Le jeune homme se retrouva de nouveau à ses côtés et l'observa de haut en bas. Il prit une brève inspiration et se lança avec une pointe d'amusement :
- Tu fais semblant d'être très sûre de toi pour cacher le fait que tu n'as aucune confiance en tes capacités. Tu parles tout le temps car tu as peur du silence. Tu as de bons résultats mais pas pour ta propre réussite, juste pour faire plaisir aux autres. Et tu ne supportes pas que les gens ne t'aiment pas.
La jeune fille le regarda avec des yeux ronds qui lui arrachèrent un léger rire.
- J'ai vu juste on dirait bien.
- D'accord Monsieur Je-sais-tout, à mon tour, claironna-t-elle avec ardeur. Tu es incapable d'accepter l'échec, donc tu n'entreprends que ce que tu es certain de pouvoir réussir. Heureusement pour toi tu as des facilités qui font que tu n'as aucune idée de ce qu'est le travail. Tu fais semblant de ne pas te soucier de l'avis des autres mais tu crains par-dessus tout l'indifférence. Tu veux que l'on te remarque, en bien ou en mal. Tu n'as aucun véritable ami parce qu'en réalité tu ne sais pas comment t'en faire. Tu as peur que l'on te parle car tu ne sais pas ce que qu'il faut répondre, donc, dans le doute, tu étudies les gens pour mieux les manipuler et ne pas avoir à te montrer vulnérable.
Tom en eut un instant le souffle coupé et ne parvint pas tout à fait à dissimuler son expression. Brite portait un léger sourire, mais il n'était ni moqueur, ni méchant. Le jeune homme se demanda un instant si elle avait pu utiliser sur lui la légilimancie, comme il le faisait souvent afin de mieux comprendre les personnes à qui il faisait face. Mais, étrangement, il commençait à assez la connaître pour savoir que ce n'était pas son genre. Il n'eut pas le temps de confirmer ou d'infirmer les suppositions de Brite comme ils arrivaient devant la bibliothèque.
La porte grinça lorsque la jeune fille, qui de nouveau l'avait dépassé, l'ouvrit. A l'intérieur régnait une épaisse obscurité et, en même temps, les deux adolescents lancèrent un lumos du bout de leurs baguette. Doucement, ils avancèrent, cherchant à tâtons le prochain indice. Brite se tenait proche de lui et Tom ricana doucement :
- On dirait que tu as peur du noir Brite.
- Oui, encore une chose que tu peux ajouter à ta liste, répondit-elle dans un souffle.
- Ne soit pas idiote, c'est le but de nous faire peur. J'imagine que d'un instant à l'autre quelque chose va surgir de derrière une étagère pour…
Un hurlement sinistre les fit tous les deux sursauter alors qu'un spectre bondissait de derrière eux. Brite poussa un cri et Tom retint de jeter un sortilège qui aurait, de toute façon, été totalement inefficace sur le mort.
- Ce n'est rien, lança-t-il à la jeune fille dont l'écho du cri se faisait encore entendre. C'est juste Nick Quasi-Sans-Tête…
- Sir Nicolas, merci, lança le fantôme en réajustant sa tête, visiblement vexé de ne pas avoir effrayé Tom.
Cela provoqua un rire nerveux à la jeune Poufsouffle et tira un sourire au jeune garçon.
- Et notre indice ? Demanda-t-il au spectre bougon.
Celui-ci leur indiqua un pupitre sur lequel était déposé un parchemin avant de disparaitre dans un mur, probablement pour attendre les prochains arrivants. Brite le lu à voix haute :
- « Déjà morte quand vous m'observez. Je possède des branches mais ne suis pas un arbre. Je peux aussi être de mer. »
- Facile, fit Tom en haussant les épaules. Une étoile.
- Ça pourrait vouloir indiquer l'observatoire, fit remarquer justement la jeune fille.
Acquiesçant, le jeune homme se dirigea avec elle vers la sortie.
- Qu'est ce qu'il y aura cette fois pour nous faire peur tu penses ? Questionna-t-elle.
- Avec toi je pense qu'une simple personne criant « bouh » suffirait, ironisa Tom.
- Tu n'as pas peur du tout ? S'exclama la jeune fille, sans trop se vexer.
- Pourquoi aurais-je peur ? Tout est faux.
Brite haussa les épaules :
- J'ai beau le savoir, quand quelque chose apparait d'un coup en hurlant, je ne peux pas m'en empêcher.
- A ce point ? S'étonna Tom avant d'avoir un sourire malicieux.
Il laissa Brite le dépasser et posa brusquement ses mains sur ses épaules :
- Bouh !
La jeune fille le regarda d'un air blasé.
- N'exagérons rien, je ne suis pas si impressionnable.
- Tu veux dire que je ne te fais pas peur ? Lança Tom avec un rire.
- Désolé de te décevoir mais non. Pas le moins du monde.
- Ah oui ?
- Pourquoi aurais-je peur ? Tout est faux, le singea-t-elle en lui lançant un regard amusé.
Le jeune Serpentard haussa les sourcils, faussement vexé. Ils se glissèrent ensuite dans l'escalier menant à l'observatoire.
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Penny regardait la silhouette élancée de Jedusor, grimper les marches devant elle et ne put s'empêcher de sourire. C'était la première fois qu'elle voyait le jeune homme se dérider et enfin rire un peu. Il semblait même, l'espace d'un instant, avoir oublié l'animosité qu'il avait habituellement à son égard. Cela rendait Penny particulièrement joyeuse et, même si elle ne l'aurait pas cru avant de commencer la chasse au trésor, elle passait une très bonne soirée.
Lorsqu'ils arrivèrent dans l'observatoire, Penny, oubliant un instant qu'on cherchait à lui faire peur, admira le ciel étoilé que les nuages avaient eu la gentillesse de quitter en cette soirée d'Halloween et qui n'était troublé que par le vol d'une chouette qui se posa sur le toit.
- Tu veux un fauteuil et un thé aussi ? Siffla Jedusor. Aller, il faut qu'on trouve le prochain indice ! Je veux cette potion !
En soupirant, Penny se mit à inspecter les étranges instruments de la pièce à la recherche de l'indice.
- Qu'est ce que tu en feras ce cette potion ?
- Tu continues de me poser ce genre de question comme si j'allais te répondre Brite.
- Ça s'appelle « apprendre à se connaître » Jedusor. C'est assez répandu chez les humains.
- Tu m'en diras tant.
La jeune fille sourit malgré tout et regarda de nouveau le plafond.
- Eh ! Je crois que j'ai trouvé ! S'exclama-t-elle soudain.
- Où ça ?
Elle pointa du doigt le plafond auquel était fixé un imposant astrolabe de plusieurs mètres de hauteurs et sur lequel été pendu avec une corde un morceau de parchemin roulé. Malgré leurs tentatives d'accio, il ne bougea pas d'un pouce.
- Bien, et comment on l'attrape ? Souffla le jeune homme en cherchant des yeux un moyen d'atteindre l'indice.
Penny dégotta alors un escabeau, accolé à une large bibliothèque. Elle le saisi avec Tom et le tira vers le centre de la pièce. En bougeant l'escabeau, cependant, elle vit tomber, juste devant elle, un corps désarticulé, pendu et mort, flottant dans le vide à quelques centimètres de leurs visages. Cette fois, même Tom laissa échapper un glapissement à la vue du cadavre. Dès son petit effet accompli, le fantôme du Baron Sanglant se redressa et, dans un rire lugubre, s'en alla en faisant trainer derrière lui sa chaîne. Encore livide, Penny trouva tout de même la force d'en rire en pointant Jedusor du doigt :
- Ahah, t'as eu peur !
- J'ai juste été surpris, renifla dédaigneusement le jeune homme.
Mais son visage était encore un peu pâle de l'apparition macabre et Penny poussa l'escabeau jusque sous l'astrolabe avant de grimper dessus. Elle tendit la main pour saisir le parchemin mais, même sur la pointe des pieds, elle ne parvenait pas à le saisir. Agacé, Jedusor l'attrapa par le bras, prenant sa place sur l'escabeau :
- Descend de la, tu vas finir par tom…
Avant qu'il n'ait fini sa phrase, Penny fut surprise par le battement d'aile et l'ululement d'une chouette passant au-dessus de sa tête et, écarquillant les yeux, elle eut tout juste le temps d'agripper le garçon par le col et de le renverser vers elle avant que l'astrolabe ne se fracasse sur l'escabeau où il se trouvait un instant plus tôt. Les deux ayant perdu l'équilibre, Penny se retrouva écrasé sous Jedusor qui se redressa au-dessus d'elle, un peu sonné par la chute.
- Ça va ? S'inquiéta la jeune fille, le visage tout proche du jeune Serpentard.
Celui-ci la regarda avec une sorte d'incrédulité avant de secouer brièvement la tête et de se redresser précipitamment.
- Ça va, fit-il en l'aidant d'une main à se relever. Je crois que ça aurait pu être pire, ajouta-t-il en montra l'instrument éclaté sur le sol de l'observatoire.
Penny acquiesça, le cœur encore battant.
- Au moins, maintenant, on est quitte, souffla-t-elle.
Jedusor hocha la tête, une moue amusée sur son visage fin et se pencha pour farfouiller les décombres. Il finit par en sortir victorieusement le parchemin.
- Alors, voyons ça : « Les pieds sur terre mais à hauteur des poissons. Toujours terreur de l'écolier, mais plus pour ses leçons que pour son fouet. C'est là-bas qu'est né le trésor, et qu'il attend encore. »
Penny réfléchit un instant :
- Sur terre à hauteur des poissons ?
- Ce sont les cachots, s'exclama Jedusor. Depuis la salle commune des Serpentard on peut voir sous la surface du lac.
- Bien sûr, et c'est là qu'est la classe de potion où est « né le trésor » ! Vite !
Et sans attendre, les deux adolescents descendirent quatre à quatre les escaliers.
Première partie du chapitre sur la chasse au trésor ! J'espère que vous avez apprécié ! Continuez de partager votre point de vue par commentaire, cela me fait toujours super plaisir ! La deuxième partie arrivera dans le cours de la semaine !
See ya !
A.
