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Disclamer : Les personnages et l'univers de FullMetal Alchemist ne m'appartiennent pas.
Rating : M (d'une part pour la sécurité et d'autre part car il risque d'y avoir des relations sexuelles)
Bêta (lecteur/correcteur) : Kaga78
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Dédicace : Je souligne qu'aucune poule ou coq n'a été blessé lors de l'écriture de ce chapitre.
Petite dédicace à POow et Astate qui je l'espère comprendront pourquoi
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Discutions sous la couette
Chap 11
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Roy quitta l'Hôpital aux alentours de vingt et une heures, fatigué par cette journée qui avait été rempli de stress et autres émotions assez intenses. Vu l'heure, il décida de prendre la direction d'un petit restaurant tranquille entre son appartement et l'Hôpital, souhaitant manger un morceau avant d'aller dormir. Il commanda un plat assez simple, une fois installé à une table un peu à l'écart de la foule de personnes présentes, encore en uniforme, il faisait légèrement tache dans ce genre d'endroit. Alors que son plat venait de lui être amené, il se retrouva avec une bière donc il n'avait pas souvenir d'avoir demandé.
-Excusez-moi, appela Mustang, je n'ai pas souvenir de vous avoir commandé une bière.
-C'est la jeune femme là-bas qui m'a dit de vous l'amener, informa le serveur en désignant d'un vague signe de la main une femme installée plus loin.
Roy leva le visage dans la direction indiquée par le serveur, remarquant une charmante jeune femme assise seule à une table qui lui montrait sa bière avant d'en boire une gorgée. Mustang fit de même avec un sourire avant de se lever, rejoignant cette charmante personne. Finalement, un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal, ça lui changerait les idées.
-Puis-je ? interrogea Roy.
-Avec plaisir, sourit la jeune femme.
Roy l'observa alors tandis que celle-ci picorait dans son assiette. Une peau de porcelaine, un regard marron-vert, des vêtements assez simples mais élégants et des cheveux blonds remontés en chignon. Pour tout dire, le colonel la trouvait fort attirante et très à son gout.
-Puis-je savoir le pourquoi de cette bière ? interrogea tout de même Roy.
-Vous aviez l'air d'en avoir besoin, sans doute une dure journée vu que vous êtes militaire, argumenta la femme. Mais je manque à tous mes devoirs, je m'appelle Agathe, sourit la jeune femme en tendant une main fine et délicate vers Roy.
-Roy, sourit le colonel en retour, attrapant cette main tendue pour la serrer.
Elle était douce, comme une peau de bébé. Leurs regards se croisèrent alors. Roy avait envie de se vider la tête, c'était pour ça qu'il était venu dans ce restaurant en particulier.
-Chez vous ou chez moi ? questionna soudain Agathe.
-Chez vous, sourit Roy.
Ainsi la femme avait compris ses intentions et avait sûrement les mêmes. Mustang n'avait jamais vraiment eu besoin de forcer pour se faire aimer de la gente féminine, il avait un charme naturel et un physique plutôt attirant, ça plus les avantages de l'uniforme. Il ne comprenait toujours pas ce qui attirait tant les femmes dans l'uniforme, mais ne s'en plaignait pas pour autant.
Ils finirent leur repas, discutant de choses sans vraiment d'importance avant que Roy, en homme galant, ne paie l'addition, suivant Agathe en dehors, arpentant les rues jusqu'à son appartement. Agathe sortit ses clés avant d'ouvrir la porte, faisant entrer son invité qui se débarrassa de son manteau et ses chaussures tout comme la jeune femme. Roy s'avança vers elle, laissant déjà courir ses mains sur ce corps fin. Agathe passa ses bras autour du cou de l'homme, l'entrainant avec elle vers la chambre. Mustang esquissa un sourire, suivant docilement la femme tout en déposant quelques baisers dans son cou. Une fois arrivés dans la chambre, Roy guida Agathe du mieux qu'il put pour qu'elle tombe sur le lit, l'entrainant dans sa chute. Elle laissa échapper un léger rire cristallin.
-Vous êtes toujours aussi direct ? interrogea la femme avec un fin sourire.
-Dure journée, se contenta de répondre Mustang avec un sourire charmeur.
Agathe ne dit mot, se contentant d'enlever la veste du colonel qui de son côté avait passé ses mains dans son dos pour enlever la fermeture de sa robe, laissant ainsi se révéler devant ses yeux la jeune femme, vêtu désormais d'un ensemble de lingerie noir avec des bas noir.
-J'ai toujours eu un faible pour les bas, avoua Mustang en faisant courir ses mains sur ceux-ci, s'attaquant par la suite à la dure tâche de les retirer, faisant frémir sa compagne d'un soir sous le geste.
La femme semblait particulièrement sensible, se tortillant au moindre contact, en réclamant toujours plus. Mustang s'en amusa quelque peu avant de céder à ses désirs et ainsi commencer à la préparer pour la suite des événements.
-Colonel, gémit la femme.
Mustang se stoppa alors, fixant la jeune femme. Ses cheveux blonds, défaits autour d'elle, ce regard presque doré, cette peau douce… Un autre visage, une autre personne prit soudain place dans l'esprit de Roy. Le visage d' Agathe fut remplacé par un si semblable et tellement différent. Roy secoua la tête, souhaitant oublier cette illusion mais celle-ci s'accrochait.
-Roy ? interrogea la femme, qui s'inquiétait de l'arrêt de cette activité pourtant bien entamée.
-Je, souffla Mustang, désolé, termina-t-il en se retirant, s'asseyant sur le lit, la tête dans les mains.
-Un souci ?
-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. On ne se connait pas plus que ça, et j'ai vraiment eu une journée compliquée, ce ne serait pas correct.
-Mais pourtant tout à l'heure au restaurant, j'ai cru que...
-Désolé Agathe, vous êtes une femme charmante, vraiment, continua Roy dans un sourire sincère en se levant, mais vous n'êtes pas pour moi, termina-t-il en quittant la pièce.
Il laissa Agathe seule, remettant manteau et chaussure avant de quitter l'appartement.
Là, dans les rues sombres, éclairées par les réverbères et les étoiles, Mustang se mit à penser à ce qui venait d'arriver. Pourquoi avoir imaginé Edward à la place de cette jeune femme ? De quel droit son esprit lui faisait un coup pareil ? Il commença par mettre ça sur le coup de la fatigue, mais il était en pleine forme malgré cette journée, pas envie de dormir et par-dessus tout ça, il était désormais frustré. Mustang était bon pour une douche froide, gelée même. Trainant les pieds, il rentra chez lui après s'être laisser porter au rythme de la nuit, il caressa distraitement le chat qui l'attendait, pelotonné sur le canapé avant de prendre le chemin de la salle de bain. Là il se fit couler une douche, d'abord tiède, puis constatant qu'il était toujours en pleine forme, il prit les choses en main, préférant ça à l'eau froide. Commençant par de lents mouvements le long de son membre avant de les accélérer, savourant l'eau tiède qui coulait sur son corps, il se mit à repenser à ce qui venait d'arriver, à cette journée, aux paroles d'Hugues…
« -Dis-moi, entama Hugues. Il s'est passé quoi entre vous deux durant sa mission à New Optain.
-Je ne vois pas où tu veux en venir.
-Roy, avertit Hugues, je te connais suffisamment pour voir quand quelque chose te tracasse. On tient tous à Edward, mais ta façon d'agir ces derniers temps, ça va plus loin que ce que tu ferais pour n'importe qui d'autre. Prendre le train en pleine nuit, lui rendre service, l'avertir de cette mission avec Meylan, venir le sauver… Qu'est-ce que vous avez découvert qui mérite autant d'implication de votre part à tous les deux, et surtout qu'est-ce qui s'est passé quand vous étiez bloqué par la neige.
-…
-Allez racontes, vous étiez bloqué tous les deux dans la neige, ne me dis pas que ça s'est arrêté là. Vous avez bu ? Eté draguer des filles ? proposa avec un sourire le lieutenant-colonel.
-Non, on s'est retrouvé bloqué au milieu de nulle part et après qu'Edward se soit épuisé à essayer de dégager les rails nous sommesallé trouver refuge dans un village. Maintenant si tu veux tout savoir Edward est tombé malade et j'ai dû le soigner.
-C'est étrange, souffla Hugues.
-Quoi donc ? interrogea Mustang qui s'attendait au pire.
-C'est plus lui que j'imagine en infirmière que toi, confessa l'homme avec un sérieux rarement vu.
-Mais c'est pas vrai, gronda Mustang. Tu ne penses donc qu'à ça. Défoules-toi sur ta femme pas sur moi.
-Trouves-toi une poule ! »
Hugues avait peut-être raison, il lui fallait une « poule », quelqu'un dans sa vie, avec qui il pourrait parler et tout ça, enfin autre chose que le chat. A cette pensée le visage d'Edward refit surface, il accéléra les mouvements sur son membre, imaginant malgré lui que le nabot était face à lui, pire encore, qu'il était dans le Fullmetal, le pénétrant avec énergie et… amour.
-Je ne suis pas dans la merde, souffla Roy entre deux mouvements de main, réalisant soudain l'ampleur de la situation.
« -Trouves-toi une poule »
-Au final c'est un coq qu'il me faut, et pas le plus simple à attraper, souffla Roy tandis que son plaisir se déversait dans sa main.
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Aux alentours de deux heures du matin, Edward se réveilla, il avait mal, ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas réveillé à cause de la douleur. Il entendit la porte s'ouvrir lentement, faisant apparaitre Fuery, le jeune militaire avait sans doute entendu qu'il y avait du mouvement dans la chambre.
-Edward, appela le sergent-chef.
Le jeune militaire était visiblement inquiet pour son collègue.
-Il y a une infirmière dans le coin ? interrogea Edward.
-Je vais voir, ça va aller ? s'inquiète l'homme à lunettes.
-Oui, merci, réussit à rassurer Edward avec un faible sourire.
A peine cinq minutes plus tard, une infirmière était à son chevet, lui remettant de la pommade et lui donnant un anti-douleur, espérant qu'ainsi il pourrait se rendormir sans trop de mal. Edward se leva tout de même avec précaution, allant soulager un besoin naturel avant de retourner dans le lit. A peine sa tête avait touché l'oreiller qu'il sombra de nouveau entre les bras de Morphée.
Dans le couloir, Fuery et Amstrong discutaient, cherchant à se maintenir éveillé entre deux parties de cartes.
-ça fait drôle de le voir ainsi, il fait….
-Fragile, termina Amstrong. On a tendance à oublier qu'il est encore jeune.
-C'est vrai, je n'étais pas encore dans l'armée quand il est arrivé, mais je le connaissais déjà au travers de ce que les gens en disaient. C'est certes une arme humaine, comme beaucoup dise, mais je suis certain qu'il est aussi l'alchimiste et militaire le plus apprécié, toutes catégories sociales confondues.
-Sa manie de venir en aide à tous sans prêter attention au grade ou rang social, a fait de lui ce qu'il est désormais.
-J'ai du mal à croire qu'on puisse lui vouloir du mal à ce point-là.
-Il s'est mis du monde à dos depuis son entrée dans l'armée, Scar, les homoculus, Tuckers et j'en passe.
-On ne peut pas plaire à tout le monde, soupira Fuery en regardant brièvement la porte de la chambre.
Quand Breda arriva pour prendre le relais un peu avant quatre heures, il amena avec lui café et croissants, se disant qu'aucun des deux militaires n'avaient dû quitter leur poste. Fuery le remercia avec un bâillement avant d'avouer qu'il allait se coucher, comptant bien arriver au QG aux alentours de neuf heures, chose étrange mais compréhensible, le jeune homme était bien souvent arriver au bureau en premiers, faisant son apparition au alentour de sept heure trente.
De l'autre côté de la porte, Edward dormait paisiblement, bien calé sur le ventre, les bras sous l'oreiller et la jambe gauche hors des couvertures. Quand Roy arriva avec Riza un peu avant huit heures, il prit Amstrong à part, souhaitant avoir un rapport rapide des activités de la nuit.
-Pas grand-chose, il s'est réveiller aux alentours de deux heures, une infirmière lui a donné un calmant et remis de la pommade, hormis ça, le calme plat, résuma Amstrong.
-Tant mieux, souffla Mustang. Je vous laisse aller vous reposer, je prends la relève.
-A ce soir.
Roy approuva d'un signe de tête avant de saluer Breda qui était lui aussi sur le départ, s'installant ensuite auprès de son lieutenant pour commencer la surveillance.
-Comment allez-vous faire pour la paperasse ? interrogea Riza en se souvenant de la pile de dossiers présents sur le bureau de l'alchimiste de flamme.
-J'ai demandé du renfort hier soir, un alchimiste devrait venir dès demain, prenant l'horaire de quatre heures à midi.
-Pourquoi ce créneau en particulier ? s'intéressa Riza.
-Je n'ai pas spécialement confiance dans des alchimistes que je ne connais pas, celui-ci sort tout juste de formation, il est donc novice. Avec vous et Breda il y a aucun risque, vous êtes sans doute la meilleure à l'arme et le Sergent Breda se défend également bien, si jamais il y a quoi que ce soit, vous serez en mesure d'intervenir en attendant d'éventuel renfort.
-Votre confiance fait plaisir, avoua Riza.
Elle s'étonnait toujours autant de cette barrière qu'ils mettaient en place au travail, le vouvoiement et le reste alors qu'une fois dehors, ils ne se gênaient pas pour se tutoyer et partager de bon repas ensemble.
Roy souffla, face au calme du couloir. L'Hôpital Saint James était réputé pour avoir des patients privilégiés, parmi eux un certain nombre de militaires, ce qui expliquait que le corps médical ne proteste pas face à la présence de ceux-ci et encore moins face aux vigilances misent en place par le colonel. Ce n'était pas non plus la première fois qu'ils accueillaient Edward.
-Vous êtes retourné à l'appartement ? interrogea Roy.
-Non, Fuery et Falman n'avaient pas fini de ramasser les preuves, le commandant a proposé que je reste chez sa famille le temps nécessaire, Alphonse lui est chez les Hugues.
-ça lui fera du bien un climat plus familial, je doute que celui proposé par les Amstrong soit ce qu'il lui convienne.
-En effet, il est nettement mieux avec Elysia et Gracia qu'avec la sœur cadette de notre cher commandant.
-Effectivement. Cela vous dérange si je m'absente un instant ? interrogea Mustang qui était fixé sur la porte depuis son arrivé dans le couloir.
-Allez-y, passez-lui le bonjour, sourit Riza en sortant son arme de service avec la ferme intention de la nettoyer comme elle le faisait chaque jour.
-Vous pourrez le faire tout à l'heure, déclara Mustang.
Riza approuva d'un signe de tête avant de s'installer plus confortablement sur la chaise. Mustang tapa un coup à la porte, entendant un faible « entrez » de l'autre côté. Il pénétra donc dans la chambre, observant Edward qui, allongé sur le dos, avait tourné la tête vers lui.
-Colonel, salua Edward.
-Comment te sens tu ?
-J'ai connu mieux mais pire aussi, affirma le blondinet dans un sourire.
-Aucun doute là-dessus. J'ai parler avec les infirmières à propos de ton petit déjeuner, sauf erreur, ils devraient t'amener un café noir avec un sucre.
-Que d'attention, sourit Edward. La mise à mort est pour quand ?
-Ne plaisante pas avec un sujet pareil nabot.
Edward serra les points, fixant Roy avec son regard noir.
-ça vous avait manqué…
-Si peu, sourit en retour Mustang. Je te laisse te reposer, ça n'est pas comme si tu pouvais faire autre chose, je repasserais plus tard, informa le colonel en se dirigeant vers la porte.
-Vous n'êtes pas obligé, souffla Edward.
-J'y tiens, et puis comme ça je m'assure que tu ne …
-… meurs pas sous mon commandement, répondit Edward en même temps que Roy.
Roy esquissa un sourire, était-il si prévisible que ça ? Ou bien Edward le connait tellement bien qu'il en arrivait à deviner ses taquineries, un peu comme Hugues ? Peut-être un peu des deux. Roy souffla avant de faire un distrait signe de main vers le malade, quittant enfin la pièce.
Edward fixa la porte, même une fois celle-ci fermée. Il repensa au sourire de Roy, son inquiétude visible vis-à-vis de lui. Il n'aurait jamais pu penser qu'il s'inquièterait autant pour lui. Déjà quand il était venu l'aider à New Optain, ça l'avait surpris, puis quand il était tombé malade en s'écroulant dans la neige. Entre temps il avait aussi appris que c'était Roy qui l'avait sorti du bâtiment cette nuit et accompagné à l'Hôpital, comme hier. Il n'avait pas souvenir, le peu de fois où il était présent auprès du colonel, de l'avoir vu agir ainsi avec quelqu'un d'autre. Le faisait-il à cause de son âge ? Non, c'était lui qui était venu le chercher à Resembool cette nuit-là. Se sentait-il coupable pour tout ce qui leur étaient arrivé à Alphonse et lui ? Peut-être, mais Mustang ne l'avouerait sûrement pas. Cela dit, culpabilité ou non, on ne passe pas sa nuit dans un train inconfortable pour aller chercher un bout d'os dans une maison perdue au milieu de nulle part, pour une personne lambda. Se pourrait-il qu'il est une certaine importance aux yeux du colonel ? Si oui, en tant que quoi… Ami, collègue, petit frère…
Dans le couloir, Riza observait Mustang avec attention tout en continuant de nettoyer son arme. Il avait changé, à bien des niveaux, mais quand ça concernait Edward c'était flagrant. Elle voulait en avoir le cœur net, mais comment lancer le sujet ? Elle se creusa la tête durant toute la durée de leur garde sans trouver de solution. Elle était restée là, silencieuse, observant Mustang qui surveillait avec une attention qu'elle ne lui connaissait pas cette porte. Elle l'avait vu guetter le petit déjeuner, regardant avec précaution le contenu de la tasse disposée sur le plateau, avant qu'il ne déclare à l'infirmière qu'Edward préférait la confiture de fraise. Riza ignorait comment il pouvait savoir un truc pareil, elle-même ne l'avait appris que récemment. Se pourrait-il que se soit son court séjour en compagnie d'Edward qui lui ai permis d'apprendre ça ? Mustang avait toujours été quelqu'un d'observateur, elle le soupçonnait même de s'être amuser lors du pari où il devait amener le café d'Edward. Se pourrait-il qu'il sache tout d'Edward ? Cette situation était compliquée. Riza se mit alors à penser que le colonel avait sans doute ses raisons pour agir ainsi. Havoc arriva un peu avant midi, libérant Riza de son obligation. Avec un léger sourire elle salua ses deux collègues avant de toquer à la porte d'Edward, rentrant dans la chambre une fois qu'il eut donné l'accord. Riza passa un petit moment avec lui, discutant de chose sans vraiment d'importance, uniquement pour tenir compagnie à Edward.
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Le lendemain matin, Mustang avait accompagné la nouvelle recrue dès trois heures trente à l'Hôpital, faisant les présentations avec Amstrong et Breda, confiant au commandant le bon soin de lui résumer la situation et lui expliquer ce qu'il avait à faire. Après quoi il retourna se coucher, se disant qu'un peu de sommeil ne serait pas du luxe. Il se réveilla un peu avant sept heures, maudissant le chat qui l'avait réveillé pour une envie de croquette. C'est en ronchonnant qu'il prépara son café, avant de filer sous la douche, mettant son uniforme et terminant de se préparer avant de filer au QG.
Mustang était plus ou moins affalé à son bureau, il repensa à Edward, il hantait ses pensées depuis leur séjour à New Optain avant de se retrouver bloqué par la neige et maintenant il était hospitalisé suite au retour de Corto à Central. Edward allait devoir passer le nouvel an à l'Hôpital, heureusement Alphonse passait les après-midi avec lui, lui tenant compagnie autant que possible. Roy serait bien resté à son chevet, faisant sa garde directement dans la chambre du nabot plutôt que derrière la porte, mais il doutait que celui-ci apprécie d'être ainsi surveillé et puis il avait encore pas mal de paperasse à faire, plus les recherches à diriger sur Corto et toute cette affaire. Il essaya de se reconcentrer sur sa pile de documents mais la chose était plus difficile que prévue, à chaque fois son esprit dérivait sur un certain alchimiste caractériel. Ses cheveux blonds, ses automails, sa façon de se gratter la tête quand il réfléchissait, sa manière de s'énerver quand on parlait de sa taille… Il fut sorti de ses pensées par l'arrivée de Hugues dans son bureau.
-Yoh ! Dit donc tu en fait une tête, souffla Hugues.
-Souci personnel, répondit Roy sans lever la tête de sa feuille.
-Trouve toi une poule ! s'exclama Maes avec entrain.
-C'est plutôt un coq que je convoite, soupira Roy.
Le lieutenant-colonel fixa le colonel, étonné par cette réponse, jamais il n'aurait pensé entendre une telle phrase de la part de Roy, même s'il se doutait de certaines choses concernant son ami depuis quelque temps.
-Depuis quand ? Faut avertir Havoc que c'est fini la concurrence, entama Hugues avec joie, jouant le jeu de la surprise.
Mustang se leva, contourna son bureau avant de mettre la main sur la bouche de son ami.
-Tu ne diras rien à personne, menaça Roy, d'ailleurs tu vas oublier ce que je viens de dire.
-Aucune chance, réussit à articuler Hugues, sauf si tu confesses tout, termina-t-il avec un sourire.
Mustang souffla, retirant sa main de la bouche du brun en se renfrognant. Avouer un tel truc à Maes équivalait à prendre le risque de l'entendre faire des sous-entendus en la présence de la personne et qu'il se mêle de cette histoire.
-Tu ne veux pas ? interrogea Hugues avec malice. Pas grave, je sais déjà qu'il s'agit d'Edward, termina-t-il avec un grand sourire.
-Que…Comment ?
-Tu te penses discret ? Non mais sérieusement Roy, il t'appelle à l'aide et tu y vas sans attendre, dès qu'il fait une connerie tu le défends. Tu n'es pas monté en grade depuis qu'il est dans l'armée uniquement parce que c'est toi qui endosse ses bêtises et qui en paie le prix.
Roy observa son ami en soupirant. Se pourrait-il que depuis sa rencontre avec Edward, il se voile la face ? Non, ce n'était pas possible, c'était un gosse à ce moment-là.
-Et puis votre façon de vous disputer, franchement Roy, comment tu peux t'en rendre compte que maintenant.
C'est vrai qu'il aimait leurs disputes et Edward aussi, il lui avait avoué à mi mot. Roy était sans doute le seul qui ne risquait rien en l'appelant « nabot » ou « demi-portion ».
-Je suis foutu, soupira Mustang en se laissant tomber sur l'un de ses canapés.
-A qui le dis-tu ! L'avantage c'est qu'il sera majeur dans trois jours, donc tu ne feras rien de mal.
Certes, légalement parlant il ne ferait rien de mal, mais ils étaient tous les deux militaires, l'armée interdisait ce genre de relation entre collègues. Roy aimait trop son métier, il avait trop travaillé pour en arriver là, il ne s'imaginait pas abandonner ses hommes. Il aimait son travail, et Edward… disons que c'était compliquer et s'il devait choisir entre l'un ou l'autre, il en serait incapable.
-Si toutefois il venait à se passer un truc entre nous.
-C'est une histoire entre vous.
-Tu ne vas pas t'en mêler ! s'étonna Mustang.
-Ne compte pas trop sur ça, avoua avec un sourire Hugues. Mais vu que c'est toi et que j'aime bien Edward, je vais y aller doucement.
-Quelle délicate attention, répondit avec un faux sourire Roy.
-En effet, tu te souviens à l'école militaire quand il y avait cette fille, rappela Hugues.
-M'en parle pas, j'ai mis deux ans à m'en débarrasser, se souvient avec un sourire Roy.
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Edward était assis sur le lit, discutant avec Alphonse de chose et d'autre quand Havoc arriva trainant devant lui un chariot repas rempli de plats et boissons diverses.
-Heu… Je sais que je mange beaucoup mais là il y a de quoi manger pour dix ! déclara Edward avec un sourire.
-Douze, rectifia Havoc.
Edward fixa le sous-lieutenant qui échangeait un sourire avec Alphonse.
-Douze ? questionna Edward en faisant aller son regard de l'un à l'autre.
-Oui, sourit Alphonse. Le sergent Breda, le sergent-chef Fuery, l'adjudant-chef Falman, Havoc, Riza, le commandant Amstrong, Hugues et sa famille et le colonel, en plus de nous deux, énuméra Alphonse en comptant sur ses doigts, ne se rendant pas vraiment compte de l'oubli de grade pour trois des militaires cités.
-En quel honneur ? interrogea Edward. Ce n'est pas mon anniversaire.
-Non, mais on change d'année ce soir. Du coup on s'est dit qu'on pourrait faire un truc entre nous, expliqua Havoc.
Edward sourit alors face à cette délicate attention. Il avait déjà oublié Noël, et là il était sur le point d'oublier le nouvel an, quel piètre grand frère il faisait pour Alphonse. Au fond, il savait que le cadet ne lui en tiendrait pas rigueur, il savait comment était Edward, depuis tout petit il n'avait pas vraiment eu de mémoire pour ces choses-là. Noël, le nouvel an et même son anniversaire lui échappait complétement alors qu'il se souvenait parfaitement de celui d'Alphonse, Winry et Pinacco et que certains évènements tel que leur première tentative de transmutation, étaient restés gravé dans sa mémoire. En quelques sorte Edward avait une mémoire sélective.
-Et puis ce sera plus joyeux pour tout le monde, rétorqua Breda en arrivant dans la pièce avec une table qu'il soutenait avec l'aide de Fuery.
Edward regarda les deux hommes arriver avec un sourire puis les suivants. Falman et Riza arrivèrent avec des chaises pliantes, Amstrong avec deux tables qu'il tenait sous les bras, et en dernier, les Hugues qui amenait la vaisselle.
-Où est le colonel ? interrogea Edward, inquiet de ne pas le voir parmi cette joyeuse troupe.
-Il finit de donner les ordres à l'équipe qui nous remplace, informa Hugues avec un sourire.
Ainsi donc Edward s'inquiétait de l'absence de Roy parmi eux pour ce passage à la nouvelle année. Il garda l'information dans un coin de sa tête, se rappelant cette phrase stupide que lui rappelait sa mère à chaque passage d'année : « on passe l'année comme on fête le nouvel an »
-Quel bande de bras cassés, souffla justement Roy en arrivant dans la pièce et en refermant la porte.
-Un souci ? interrogea Edward en entamant un mouvement pour sortir du lit.
-Disons juste que tout le monde n'a pas autant l'habitude que nous pour ce genre de situation. Deux sont en train de pleurnicher car ils loupent les fêtes en famille, un autre est aussi aimable qu'une porte de prison et le dernier est plus intéressé par les infirmières que par son ordre de mission, informa Roy.
-Je ne compte plus le nombre d'évènements qu'on a loupé, souffla Amstrong.
-Les risques du métier, confirma Hugues en prenant Elysia entre ses bras.
Edward acquiesça avant de se lever pour de bon, se dirigeant avec précaution jusqu'à la salle de bain, refusant l'aide silencieuse de ses collègues pour l'aider à atteindre la pièce. Une fois à l'intérieur il soulagea un besoin naturel avant de se donner un coup de brosse, refaire sa natte et passer un débardeur.
-Il a l'air d'aller mieux, observa Gracia.
-Quelques douleurs sont encore là, informa à mi-voix Alphonse. Il ne le dit pas, mais… il s'arrêta de parler, observant la porte de la salle de bain avant de reprendre, disons juste que je le sens quand il a mal.
Tous affirmèrent d'un signe de tête, comprenant parfaitement les mots d'Alphonse. Ils se mirent alors à installer la chambre, la transformant en un tour de bras en salle à manger, installant tout correctement, y comprit sur la table privatisée d'Edward. Elysia déposa même un dessin sur la table à roulettes (vous savez ces trucs qu'on a dans les hôpitaux qui roule pour qu'on puisse manger correctement dans le lit). Quand Edward sortie de la salle d'eau, il fut émerveillé par la transformation de la pièce. Ce n'était pas grand-chose, mais savoir que ses collègues et supérieur avaient organisé cette soirée pour qu'il ne la passe pas seul dans son coin, lui faisait chaud au cœur. C'est dans une bonne ambiance général que le repas commença, animé par diverses conversations, toutes emplies de souvenirs plus ou moins récents.
-Et tu te souviens de cette fois où on était à South City, rigola Hugues à l'adresse de Mustang.
-La dernière année où tu étais célibataire ? Comment oublier. Tu étais tellement plein que nous nous sommes trompés de chambre, on a atterri dans celle de notre supérieur qui nous l'a bien sûr fait payer au centuple.
-Tu aurais pu m'arrêter aussi, gronda faussement Hugues.
-Pourquoi faire ? La soirée avait été d'un ennui, je n'allais pas me priver d'un surplus d'animation gratuite en plus.
-Je ne me souviens pas avoir entendu parler de cette histoire, souligna Gracia.
-C'est sûrement parce que notre cher Roy à…
Hugues ne finit jamais sa phrase, Mustang s'étant précipité sur lui pour le faire taire en le bâillonnant de ses mains, le faisant tomber à la renverse. Après quoi, tous eurent droit à une chamaillerie comme seul eux deux savait le faire, chamaillerie qui se finit bien vite en éclat de rire, emportant les autres occupants de la pièce avec eux. Intérieurement Edward se dit que ça aurait été dommage de ne pas passer cette soirée ainsi. Tous semblaient si différents, lui montrant un autre visage, une autre facette, le colonel plus encore que les autres.
Jamais il n'aurait pensé le voir ainsi, Elysia sur ses genoux, la faisant bouger au rythme d'une chanson quelque peu oubliée « à dada sur mon bidet », Gracia discutant à voix basse avec une Riza qui couvait du regard le colonel. Hugues et Falman lancés dans une partie de cartes. Havoc et Amstrong qui parlaient entrainement sportif à un Fuery qui aurait fait n'importe quoi pour disparaitre. Breda qui discutait avec eux deux, bien qu'Edward soit à moitié attentif à ses paroles, Alphonse lui avait un réel échange avec l'homme, ils semblaient discuter mécanique. L'alchimiste était préoccupé par Riza et Roy, cette manière qu'avait le lieutenant d'observer son supérieur, ce sourire légèrement dessiné sur ses lèvres, et Elysia qui riait aux éclats sur les genoux de cette oncle adoptif.
Edward eut bien du mal à décoller son regard de ce spectacle, trouvant au sourire que Roy avait pour la petite Elysia quelque chose d'adorable. Elysia allait bientôt avoir six ans, ou peut-être sept, elle avait grandi si vite. Ce fut justement quand la petite fille quitta les genoux de son « oncle » pour grimper sur le lit, qu'Edward détacha son regard de Roy, celui avait désormais croisé ses jambes, un verre à la main et s'était joint à la partie de cartes entre Hugues et Falman.
-Tonton Edward, sourit Elysia en s'approchant doucement du blond.
-Comment tu vas ? sourit-il en retour.
-Bien. Regarde, j'ai fait un cercle magique, répondit-elle en lui montrant le dessin qui était jusque-là sagement posé sur la table privée d'Edward.
-Il est très joli, répondit Edward, constatant malgré tout que celui-ci ne risquait pas de faire la moindre transmutation.
Il se garda bien de le dire à la fille de Hugues, qui avait dû passer un certain temps à le réaliser.
-Tu pourras me montrer quand tu iras mieux ?
-Te montrer ?
-Oui, quand tu fais ça, elle claqua des mains avant de les appliquer sur la couverture dans une parfaite imitation du geste que faisait Edward pour déclencher une transmutation, faisant sourire le jeune homme sous le mime.
-Oh, bien sûr, répondit Edward.
Il regarda Elysia qui se tordait les doigts, elle semblait vouloir lui dire un truc sans oser formuler sa phrase.
-Elysia, amorça Edward à voix basse.
-C'est vrai ? interrogea Elysia.
-Quoi donc ?
-Que c'est parce que tu es le meilleur que les méchants ils te veulent du mal ? questionna avec sérieux Elysia.
L'agitation de la pièce se tut soudain, tous regardaient Edward, assis sur le lit avec Elysia à ses côtés qui le regardait avec sérieux. Qu'allait-il répondre à ça ? Edward observa les militaires puis son frère qui le regardait peiné.
-Je ne suis pas sûr d'être le meilleur alchimiste d'état, cela dit, il est vrai que beaucoup de personnes veulent savoir comment je fais, du coup ils sont jaloux et deviennent méchants.
-Comme Agathe quand elle veut me prendre mon goûter préparé par maman ?
-Comme Agathe, sourit Edward.
-Mais tu sais tout faire, je suis sûr que si tu prends le gant de tonton tu peux aussi faire des flammes.
Edward leva les yeux vers Mustang qui semblait tout aussi étonner que lui par ses paroles. Certes Roy avait déjà imaginé la scène, voir Edward prendre ses gants et le rabaisser en lui prouvant qu'il était capable d'en faire autant, mais jamais il n'aurait pensé qu'une fillette puisse elle aussi imaginer une telle chose.
-Je ne pense pas Elysia, c'est la spécialité de ton oncle, tenta Edward.
-Mais tu pourrais essayer ? Et puis même sans le cercle, papa dit que tu n'en as pas besoin.
-Elysia, je… commença Edward.
-Qui veux du gâteau, coupa Hugues, sentant que la conversation risquait de tourner étrangement s'ils continuaient ainsi.
-Moi ! s'enjoua Elysia oubliant dans la seconde la conversation qu'elle venait d'avoir avec Edward.
Edward lui était fixé sur les mains de Roy, dénuder de leur gant, se demandant si en effet c'était possible. Qu'arriverait-il s'il mettait les gants de Roy ? Arriverait-il à faire jaillir les flammes ? D'ailleurs où sont ses gants… Mustang avait suivi la conversation (comme tous) mais également le regard d'Edward, porté désormais sur ses mains. Le colonel se rapprocha du blond, profitant que tous étaient occupés à choisir leur part de gâteau.
-Elysia a touché un point sensible, entama le brun.
-Désolé.
-Pas de quoi, j'avoue que depuis quelque temps je me pose aussi la question, histoire de savoir tes limites.
-Mais de là à prendre tes gants, souffla Edward.
Il avait plus de facilité à tutoyer Roy quand il était fatigué, chose qui arrangeait grandement celui-ci. Roy observa Edward, celui-ci était tête baissée et semblait vraiment réfléchir à la question malgré tout, il suffirait de trois fois rien pour que celui-ci attrape les dit gants dans ses poches et claque des doigts juste pour prouver à Mustang qu'il savait aussi y faire. Il se voyait mal cependant engager un tel pari au sein de l'Hôpital un soir de nouvel an.
-On en rediscutera, affirma Mustang.
Edward opina avant de se lever, enfin tenter, Roy le stoppa, lui disant de profiter encore de la situation car celle-ci n'allait pas durer et alla lui-même prendre une part de gâteau pour Edward avant de s'en prendre une pour lui. Il apporta une belle part de fondant au chocolat tandis que lui avait une part de gâteau aux fruits rouges, rien de bien exceptionnel, comme le reste du repas qui avait été assez simple, le principal étant de profiter de cette soirée tous ensemble. Mustang ne remarqua pas les regards de Hugues et Riza qui pesaient sur lui quand il retourna auprès d'Edward avec les deux assiettes de desserts. Quand Edward se décala pour lui laisser une place sur le lit et ainsi qu'il puisse s'asseoir à ses côtés, il ne remarqua pas le sourire des deux militaires tandis que Mustang prenait place le plus naturellement possible, comme si c'était habituel pour eux. Pas plus quand Roy gouta le gâteau d'Edward et inversement, à ce stade, tout le monde était braqué sur eux, qui enfermés dans leur bulle ne se rendirent pas compte du spectacle qu'ils offraient à leur camarades et famille. Alphonse de son côté, observait la scène, se disant que ce n'était pas trop tôt. Depuis qu'il avait retrouvé son corps, il voyait les choses différemment et la relation qu'avait son grand frère avec son supérieur avait quelque chose d'étrange. Leur manière de se disputer, de se rendre service, de se mettre en danger l'un pour l'autre… C'était l'image que se faisait Alphonse d'un couple, et quelque part leur manière de se comporter à l'instant précis confirmait ses pensées. Un jour Edward et le colonel serait ensemble !
La soirée se termina assez calmement. Quand minuit sonna, tous se souhaitèrent une bonne année et tout ce qui allait avec, échangeant des embrassades à tour de bras. Elysia se jeta presque sur Edward.
-Tu sais Edward, quand je serais grande, je me marierais avec toi.
Edward rigola avant de réaliser ce que la petite venait de lui dire, il se stoppa alors, rougissant malgré lui, chose qui fit beaucoup rire les autres.
-Elysia, gronda faussement Maes. Edward est beaucoup trop vieux pour toi, tenta-t-il d'expliquer.
-Mais il fait presque ma taille.
-Elysia ! gronda Gracia.
-Désolée, souffla Elysia en déposant un baiser sur la joue d'Edward. Mais je t'aime quand même tu sais, en plus c'est toi le plus fort, termina-t-elle en descendant du lit.
Après quoi, et vu l'heure, tous quittèrent la chambre, emportant avec eux les restes de plats ainsi que le mobilier qu'ils avaient déplacé. Amstrong et Fuery prirent leur garde, congédiant les autres pour qu'ils puissent retourner dans leur famille ou à la caserne. Alphonse partit avec la famille Hugues, un grand sourire aux lèvres.
-ça fait plaisir de le voir ainsi, déclara Edward à Mustang qui était resté à ses côtés, installé sur le fauteuil.
-ça change des autres jours, et le passage à la nouvelle année a toujours été une soirée particulière.
-Oui. A Resembool, tous les habitants se réunissaient pour cette fête, se rappela Edward. Et pour toi ?
-Les fêtes étaient plus calme, enfin jusqu'à ma rencontre avec Hugues, sourit Mustang.
Edward rigola, imaginant parfaitement la chose, surtout après le court aperçu qu'il avait eu ce soir.
-Outch, laissa échapper Edward en posant sa main sur ses côtes.
-ça fait combien de temps qu'on ne t'a pas mis de pommade ?
-Depuis midi, répondit Edward.
-Allez allonge toi, je vais m'en occuper, déclara doucement Roy en s'emparant déjà du tube tandis qu'Edward se mettait en place.
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Edward vérifia ses affaires avant de quitter sa chambre d'hôpital, Roy l'attendait dehors, discutant avec Riza et le docteur.
-Il faudra encore appliquer de la pommade pendant quatre à cinq jours et éviter de se surmener ou d'autres bagarre pendant au mieux une quinzaine.
-Je ne peux rien garantir sur ce point-là, souffla Edward en franchissant la porte.
-Nous allons finir par garder cette chambre juste pour vous. Ça fait deux fois en trois mois, mais nul doute que vous avez déjà fait mieux, sourit le docteur en constatant que son patient allait mieux et souriait malgré la situation.
-Merci docteur, mais j'espère ne pas revenir trop vite, sourit Edward avant de se tourner vers Riza pour lui faire la bise et tendant la main à Mustang, faute de savoir quoi faire d'autre. Aucun des deux n'étaient en service, on pouvait donc considérer qu'ils étaient venus en « ami ».
-Je vous dis quand même à bientôt, taquina le docteur avant de faire demi-tour.
-A bientôt, répondit Edward en levant la main droite dans un signe de main pas tellement approprié.
Les trois militaires prirent donc la direction de la sortie, arpentant avec habitude ses couloirs blancs.
-Où est Alphonse ?
-Chez Hugues, il voulait venir mais Elysia l'a kidnappée pour jouer. Vu qu'on te ramène là-bas, il s'est dit que ce ne serait pas tellement grave, informa Mustang.
-Il a bien raison, faut qu'il profite un peu, ça lui rappelle sans doute des souvenirs, sourit Edward. Et l'appartement ?
-Tout va bien, rien n'a été saccagé ou quoi que ce soit d'autre, le propriétaire va renforcer la vigilance, je vais pouvoir y retourner dès ce soir, confirma Riza.
-Je suis rassuré, avoua Edward. Je me sentais un peu mal pour toute cette histoire.
-Tu n'y es pour rien, rassura Mustang.
-Un petit peu quand même.
-N'en parlons plus, souffla le colonel en entrant dans la voiture.
Le chemin jusque chez Hugues se fit quasiment en silence, Riza et Mustang discutaient à voix basse, laissant Edward dans ses pensées profitait du décor. Une quinzaine de minutes plus tard, Riza fut déposée en chemin chez Amstrong pour récupérer Black Hayate et ainsi repartir prendre possession de son appartement. Mustang et Edward se retrouvèrent donc seuls dans le véhicule, Edward ayant pris la place de Riza à l'avant.
-J'ignorais que vous saviez conduire, entama Edward au bout d'un moment.
-J'ai même une voiture, celle-ci a été emprunté à l'armée, informa le colonel.
-Pourquoi ?
-Pas assez de place dans la mienne, se contenta de dire Roy.
-Et Corto, il court toujours ? interrogea Edward sentant qu'il n'en saurait pas d'avantage.
-Malheureusement oui, mais nous sommes tous sur cette affaire, affirma le gradé.
-Je devrais peut-être…
-Edward, j'ai reçu un ordre de mission pour toi, coupa Roy sentant la suite de la phrase arriver, je voulais t'en parler demain, mais… Roy souffla avant de continuer. Disons juste que le général Lang pense que ce serait mieux pour toi d'être éloigné de Central quelque temps.
-Le temps que Corto soit capturé et enfermé ?
-Exactement.
-Je part pour où ? souffla Edward.
-Weom, soupira Roy qui n'était pas enchanté de voir Edward partir aussi loin.
-Weom, c'est pas loin de Dublith ça.
-Exactement, étant basé à Central, tu peux intervenir partout dorénavant.
-Et Alphonse ? On devait passer un moment ensemble, enfin en dehors de l'Hôpital.
-ça me semble compromis, tu dois partir le cinq, donc dans deux jours.
-Ils veulent vraiment me mettre dehors, taquina Edward.
-C'est juste qu'en procédant ainsi, l'information sur ta sortie de l'Hôpital ne sera pas encore connue, donc Corto risque de rester plus longtemps dans le coin pour finir le travail. Amstrong s'est proposé d'escorter Alphonse jusqu'à Resembool.
-C'est gentil de sa part, il a toujours été protecteur envers nous, même quand Alphonse était en armure.
Roy esquissa un sourire en garant la voiture devant la maison de Hugues. Edward en sortit, prenant sa valise avec lui avant de remonter l'allée qui menait à la porte d'entrée, Roy sur ses talons. Le chemin lui avait paru court malgré les nombreux détours que Roy avait fait pour des raisons inconnues d'ailleurs, Edward n'avait pas vu de travaux ou autre sur le chemin, mais bon, c'était peut-être un mauvais raccourci indiqué par Hugues pour jouer une farce à son ami. Jamais il ne se serait attendu à ce qui allait suivre en ouvrant la porte. Il ouvrit la porte, et comme une habitude entra dans le salon, s'attendant à voir Elysia et Alphonse en train de jouer quoi que vu l'heure c'était plus autour d'un goûter qu'ils auraient dû être. Au lieu de ça, le salon était vide, enfin presque, une grande banderole courait sur le plafond avec inscrit en lettre de toutes les couleurs « JOYEUX ANNIVERSAIRE »
-J'ai oublié Elysia, s'exclama Edward en se frappant la tête de sa main de chair.
-S'il n'y avait que ça, taquina Roy.
Edward se tourna vers son supérieur, s'apprêtant à lui répondre qu'il avait autre chose à penser mais en voyant son sourire il se retint, se demandant qu'est-ce qu'il avait pu oublier. On était le trois janvier… le trois janvier 1917.
-Je… C'est… bafouilla Edward en réalisant soudain.
-Joyeux Anniversaire ! s'exclamèrent soudain une dizaine de voix.
Edward fit volteface, découvrant que l'équipe de Mustang au grand complet ainsi que la famille Hugues et Alphonse était là, lançant des cotillons et des confettis sur lui tandis que dans un coin de la pièce, une table accueillait cadeaux et gâteaux pour Elysia et lui.
-Comment tu peux oublier ton anniversaire, pouffa Hugues.
-C'est un mystère, souffla Alphonse en prenant son frère dans ses bras. Tu ne changeras jamais hein.
-Pour être pire, ne compte pas sur moi, taquina Edward en répondant à l'accolade avec joie.
-Dit tonton, on va déballer nos cadeaux, implora Elysia en prenant une main d'Edward pour l'attirer vers la table.
-On a réussi à la faire tenir jusque-là par miracle, informa Hugues en rigolant.
-Allons-y, affirma Edward en suivant Elysia en rigolant.
La pièce fut vite envahie par les nouveaux jouets d'Elysia jusqu'au moment où Edward se mit au sol, il avait promis quelque chose à Elysia.
-Elysia, vient voir, souffla Edward en lui tendant sa main de chair. Colonel, vous avez une…
Edward ne finit pas sa phrase que Roy lui tendit une craie sortie de sa poche de pantalon. Edward ne se demanda pas comment il avait deviné qu'il en avait besoin, trouvant ce geste des plus banal entre eux.
-Merci.
Edward se mit alors à dessiner un cercle sur le sol, rassurant Gracia en disant que celui-ci disparaitrait d'un coup de claquement de main, avant de demander quelque chose à l'oreille de Hugues qui revint bien vite avec un vieux bout de tissus bleu et du fil (sans doute emprunté à Gracia) de couleur or.
-Regarde, souffla Edward, oubliant le monde qui l'entourait.
Tous l'observèrent, un peu surpris de le voir faire de l'alchimie de manière traditionnelle. Il appliqua ses mains sur le cercle, transmutant comme lorsqu'il était petit, faisant apparaitre un nounours revêtant l'uniforme militaire. Elysia regarda la peluche puis Edward avant d'attraper le doudou et sauter sur Edward le faisant tomber sur le dos sous la surprise du geste et de l'élan de la jeune fille.
-Merci tonton.
Edward ne répondit pas, laissant Elysia se relever et sauter sur son père pour lui montrer le nounours, Edward se saisit par automatisme de la main tendue devant lui avant de constater qu'il s'agissait de Roy, il esquissa un sourire avant de se relever avec cette aide précieuse. Il s'agenouilla pour taper des mains et ainsi faire disparaitre le cercle comme promis à Gracia.
-A ton tour, s'enjoua Elysia dans les bras de son père.
Edward approuva d'un signe de tête avant de s'approcher des nombreux paquets. Il commença par un paquet de petit taille, emballé dans du papier kraft duquel il retira une pipette d'huile toute neuve.
-Winry a pensé que la tienne devait être en sale état, déclara Alphonse avec un sourire
-Et elle a bien raison, affirma Edward en se saisissant d'un autre paquet bleu ce coup-ci.
Il en sorti une photo d'Alphonse et lui, prise à la dérobée à l'hôpital il y a quelques mois quand Alphonse venait juste de retrouver son corps, ils étaient tous les deux sur le lit du plus jeune, endormis. Edward montra le cliché à Alphonse qui sourit avant de sortir un cadre d'un autre paquet bleu aussi et une carte signée par Havoc, Fuery, Falman, Breda et Amstrong. Dans une petite boite carrée jaune, il trouva le double des clés de l'appartement de Riza, ce geste de pure confiance fit chaud au cœur de notre petit alchimiste qui se retint difficilement de lui sauter au cou pour la remercier. Il faisait vraiment partie de sa famille. Dans une boite emballée d'un papier enfantin il trouva des élastiques de couleurs avec des motifs dessus comme des cerises ou des pâquerettes, Hugues éclata de rire en voyant la tête d'Edward et son regard envers sa personne avant de lui donner son vrai cadeau, à savoir des élastiques basiques noir et rouge.
-J'ai ouïe dire que tu n'en avais plus, souffla Hugues avec un clin d'œil.
Alphonse lui avait emballé une petite figurine de vache comme il faisait étant petit, faisant remonter une foule de souvenirs dans la mémoire d'Edward. Le dernier cadeau était celui de Mustang qui lui avait simplement offert une écharpe en laine bleu militaire, comme un automatisme il passa l'écharpe autour de son cou, prétextant ne pas savoir où la mettre d'autre.
Alphonse observa son frère puis le colonel, le regard de celui-ci vis-à-vis d'Edward ne cachait pas ses sentiments, comment Edward pouvait-il ne pas s'en rendre compte ? Ou alors il était au courant mais vu leur position et leur métier ils s'interdisaient cette relation ? Tout ceci était une prise de tête du point de vue du cadet qui esquissa un sourire quand Edward rangea finalement ses cadeaux dans sa valise, mettant les clés dans une petit trousse et pliant l'écharpe avec soin avant de glisser le cadre en dessous, le protégeant ainsi de tout choc possible. Edward fixa la figurine puis son frère, tous étaient occupés à choisir la part de gâteau, Alphonse fut donc le seul à le voir déposant un léger baiser sur la vache avant de la ranger elle aussi avec soin, pour lui éviter de se casser.
La soirée se passa dans cette ambiance d'anniversaire, jouant avec Elysia, discutant ou taquinant Edward à cause des élastiques que Hugues lui avait « offert ».
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-ça fait du bien des soirées comme ça, souffla Alphonse en se laissant aller dans le lit que Hugues leur prêtait pour leur court séjour.
-Oui, on est en famille, répondit Edward à ses côtés.
-Une famille étrange mais une famille quand même.
-Remarque je suis pas sûr de vouloir considérer Amstrong comme un oncle, rigola Edward.
-C'est sûr que là c'est un peu extrême, ou alors un oncle éloigné.
-Très éloigné alors.
Les frères rigolèrent alors, se remémorant d'autres soirées, d'autres fêtes si semblables à celle-ci.
-Al, entama Edward soudain plus sérieux.
-Oui.
-Tu vas devoir rentrer plus tôt que prévu.
-Je sais, Hugues m'a expliqué que pour ma sécurité il serait préférable que je rentre à Resembool, tout le monde sera rassuré si je ne suis pas dans les parages alors que ton ravisseur court toujours.
-Oui, je n'ai pas envie de prendre le risque qu'il t'arrive quelque chose. Le commandant te raccompagnera à Resembool, affirma Edward.
-Et toi, ça va aller ?
-Oui, je pars aussi, on m'éloigne de Central pour une question de sécurité.
-On va encore rester un moment sans se voir du coup, souffla Alphonse.
-Désolé.
-Ne t'en fait pas, je comprends.
Un lourd silence s'installa alors avant que Alphonse le brise.
-Tu pourrais quitter tout ça ? Ne plus être alchimiste pour l'armée, quitter l'uniforme ?
-Je ne sais pas, répondit Edward en tout sincérité. J'aurais pu, quand tu as retrouvé ton corps, mais je ne l'ai pas fait, se souvient l'ainé. Je… En vérité je n'y ai jamais réellement pensée.
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A SUIVRE
le 27 Mai 2019
