À l'extérieur, le soleil réchauffe du mieux qu'il peut le parc, mais le vent rappelle que l'hiver approche à grand pas. Malgré tout, la température est assez clémente.

Shawn, Jeff et moi s'installons sous un grand chêne à admirer le lac. Là, nous discutons de tout et de rien et nous apprenons à nous connaître.

Après une quarantaine de minutes, j'entends une personne qui semble se chamailler avec quelqu'un. Je me retourne pour voir au loin un Serpentard, que je reconnais comme étant la brute qui m'avait défié juste avant d'entrer dans la Grande Salle pour la répartition, debout devant un Poufsouffle de première année par terre. Je me lève et m'approche tranquillement.

Je constate alors que le costaud insulte et est violent avec son interlocuteur, lui donnant des coups de pied dans les côtes. Shawn et Jeff se lèvent à leur tour ne sachant quoi faire. Je me mets à courir vers le Serpentard et le pousse de toutes mes forces. La brute passe près de tomber puisqu'elle ne s'attendait pas à cela. Avant qu'il est le temps de réagir, je me jette devant le Poufsouffle et le protège de mon corps.

-«Dégage la traite!, grogne le costaud. C'est pas de tes affaires.

-Que ce soit de mes affaires ou pas, je ne laisserai pas quelqu'un dans cette situation, réponds-je en le fixant dans les yeux. Je ne crois pas qu'il ait mérité ce que tu lui fais subir.

-Ah oui? Et qu'est-ce que tu en sais, toi? C'est juste un minable Sang-de-Bourbe sans défense. Alors tasse-toi.

-Non.»

Il laisse échapper un grognement et m'agrippe à l'épaule pour me frapper. J'ai le souffle coupé mais rapplique en lui donnant un coup au visage. Cela semble ne lui avoir fait aucun mal; il est beaucoup plus fort que moi. Quelques autres coups s'échangent avant que la voix du professeur McGonagall se fasse entendre.

-«Arrêtez immédiatement!»

La brute se relève aussitôt comme s'il a reçu un choc électrique; il a peur d'elle. Je me redresse tranquillement, mes côtes étant endolories.

-«À quoi avez-vous pensé tous les deux?, demande-t-elle en nous regardant l'un après l'autre. J'enlève à chacun trente points et vous serez punis, ça je peux vous le garantir. Suivez-moi et ne trainez pas.»

Le professeur s'éloigne à grandes enjambés suivis de près par mon adversaire. Je tourne la tête pour voir le Poufsouffle entre Jeff et Shawn, toujours apeuré.

-«Ça va?, lui demandé-je.

-Ou... Oui... Merci.»

Je lui souris, jette un regard aux deux Gryffondors et cours pour rattraper le professeur McGonagall.

Bien entendu, elle descend vers les cachots. C'est Severus qui va décider de notre punition.

Le maître des potions est derrière son bureau, concentré à écrire sur des parchemins. Il semble mécontent que quelqu'un le dérange. Il lève lentement la tête, observe le professeur McGonagall, suivi de la brute et me fixe avec colère. Soutenant son regard, je m'approche de lui et m'assois devant son bureau avec quelques difficultés, nos yeux se lâchant jamais.

-«Professeur Rogue, commence McGonagall, ses deux élèves se sont battus dans le parc et...

-Je sais, coupe Severus. Ça se voit. Je m'occupe d'eux, professeur. Vous pouvez aller vaquer à vos occupations.

-Je... euh... Bien, répond-elle déconcertée.»

Elle quitte la pièce en refermant la porte derrière elle.

-«Monsieur Ryall, à tous les soirs, pendant les deux prochaines semaines, vous irez nettoyer l'école avec une brosse à dent en compagnie de monsieur Rusard. Maintenant, partez.»

Rapidement, le jeune homme quitte à son tour le bureau l'air effrayé. Puis, un long silence s'installe. Au bout d'un moment, je baisse les yeux. Même si je ne le vois pas, je peux sentir la colère émaner du professeur.

-«Tu m'as grandement déçu et mis en colère il y a quelques jours. Maintenant, tu te bats contre une personne clairement plus forte que toi. Je crois que le fait que tu te tiens avec des Gryffondors te rend stupide. Tu aurais dû être dans cette maison et non la mienne.»

Il s'arrête de parler quelques instants.

-«Tu ne réagis même pas... M'écoutes-tu au moins?»

Je lève les yeux vers les siens.

-«Je t'écoute et je ne réagis pas puisque je veux éviter une guerre entre nous deux. Je sais parfaitement que tu ne veux pas m'aider, que tu ne veux pas m'apprendre à bien utiliser ma magie et que tu me détestes. Tu es pris avec moi alors que tu veux rester seul et tu te cherches diverses raisons qui font que nous ne travaillerons pas ensemble. Je peux parfaitement comprendre ça. Toutefois, je sais très bien que m'apprendre me sauvera la vie. Mon père me tuera certainement si je ne suis pas assez forte à son goût. Eh puis, j'ai envie que ça soit toi qui m'enseigne et personne d'autre.

-Pourquoi?

-Parce que j'ai confiance en toi. Malgré que je ne te connais pas vraiment, je sais que je peux me fier sur toi.

-Pourtant, je...

-Non. J'ai des raisons et la première est la façon dont tu m'as défendu face à Maugrey. Ensuite, tu n'arrêtes pas de garder un œil sur moi pour t'assurer que je vais bien. Tu as beau me détester pour je ne sais quelle raison, et je ne veux pas la savoir, tu veilles tout de même sur moi.

-Le professeur McGonagall...

-Non, arrête! C'est toi que je veux et personne d'autre. Et c'est plus logique que ça soit toi à cause du lien qui nous uni à mon père. Mais nous nous éloignons du véritable sujet qui est que je me suis battue.

-En effet.

-Et si tu connaissais la raison, tu saurais que j'ai fait une bonne action.»

Severus lève un sourcil et garde le silence; il veut la suite. Je lui conte alors tout ce qui s'est passé dans le parc en omettant aucun détail.

-«Prend une grande inspiration, m'ordonne t-il.»

Je m'exécute.

-«As-tu mal?

-Un peu, mais pas beaucoup. Pourquoi?

-Je voulais simplement m'assurer que tu n'aies pas de côtes endommagées.»

Je hoche doucement de la tête.

-«Je ne te punirai pas pour ce que tu as fait. McGonagall t'a certainement enlevé des points de maison et cela sera assez.

-Merci.

-Tu peux partir.»

Je me lève et sors dans le couloir. Plus loin, Shawn, Jeff et le jeune Poufsouffle m'attendent. Ce dernier a les cheveux blonds et les yeux bleus.

-«Eh puis?, me demande Jeff.

-Je n'ai rien.

-Tu n'as rien?, questionne Shawn incertain du sens de ma réponse.

-Je ne suis pas punie et ça c'est très bien passé avec le professeur Rogue.

-Tu es chanceuse!

-J'ai simplement expliqué ce qui est arrivé et il a compris mon geste. Et toi, ça va?

-Oui, je vais bien maintenant, me répond le garçon que j'ai défendu. Merci! Je ne sais pas quoi dire d'autre que merci.

-C'est correct et ça me fait plaisir. Quel est ton nom au juste?

-Jack.»

Je lui souris. Puis, nous nous mettons en route vers un coin tranquille pour terminer l'après-midi.

Lorsque, le lendemain matin, j'entre dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, plusieurs personnes de Poufsouffle, de Serdaigle et de Gryffondor me regardent en souriant. Je m'approche des tables et des gens me saluent, me félicitent ou me donnent une tape amicale dans le dos. Ces gestes me déstabilisent tout en me rendant heureuse. J'ai l'impression qu'une douce chaleur se répand dans tout mon corps. C'est avec un sourire que je rejoins mes amis de Gryffondor.

Le jeudi suivant, en après-midi. Le cours de Sortilèges débute. D'une petite voix enjouée, le professeur Flitwick annonce aux élèves qu'ils passent de la théorie à la pratique. C'est le premier cours où la magie va être utiliser. Suite à la nouvelle, mon cœur s'accélère. Je regarde autour de moi et tout le monde semble excité alors que je suis de plus en plus nerveuse. Pourtant, l'exercice est simple: faire léviter une plume.

Les élèves sortent leur baguette, prêts à relever le défi. Je fais de même en gardant un œil sur les gens autour de moi. Flitwick donne le signal et tous s'essayent en même temps. Pour ma part, je panique. J'ai l'impression qu'à tout moment quelqu'un va m'attaquer, que je vais souffrir. Je commence à trembler. Je sais que je deviens de plus en plus dangereuse. Mes émotions vont prendre le dessus et je peux blesser ou tuer une personne. Mon cerveau envoie alors un signal d'alarme à mon corps: s'enfuir.

Je prends rapidement mes effets personnels et marche vers la sortie. J'entends le professeur prononcer plusieurs fois mon nom, mais je l'ignore; je dois sortir au plus vite.

Dans le couloir, je peux de nouveau respirer, mais je n'ai pas le temps de reprendre mon souffle: je dois m'éloigner. Je cours vers la salle commune de Serpentard et m'enferme dans le dortoir des filles. Je m'assois dans mon lit et essaye de mon mieux de me calmer. Soudain, une très forte envie de quitter Poudlard me prend de plein fouet. Sans réfléchir plus loin, je fais ma valise et me dirige à l'extérieur de l'école.

Le parc est couvert de boue dû à un récent orage. Le sol et ma valise vont énormément me ralentir, mais cela ne me décourage pas.

Je regarde d'un côté. Le lac. Ce n'est pas un bon choix. Devant moi, la route vers le portail, Pré-au-Lard et le train. Je serai rapidement retrouvée. Je me dirige donc vers la forêt interdite.

Je progresse lentement, mais je ne m'arrête jamais. Je veux mettre le plus de distance entre l'école et moi.

Après ce qui me semble être des heures, sur le bord d'un petit étendu d'eau, j'entends une branche qui craque. Je sursaute et tourne la tête. J'aperçois une magnifique licorne qui se penche pour boire de l'eau. J'arrête de marcher et je suis subjugué par sa beauté.

Après quelques gorgées, elle lève la tête et me regarde. Elle étire son cou vers moi et sent l'air. La créature finit par faire de petits pas dans ma direction. Je souris et me détends d'un coup. Lorsqu'elle est près de moi, je lève doucement la main pour la caresser. Docile, elle me laisse faire tout en humant mes vêtements. Un autre craquement.

Toutes les deux, nous nous tournons vers le bruit. Une forme sombre s'approche. L'animal s'enfuit et je recule. Plus elle approche, plus elle semble familière. Je reconnais enfin: Severus Rogue. Je soupire, reprends ma valise et m'éloigne de lui.

-«Séléna, reviens ici, ordonne t-il avec colère.»

Je l'ignore. J'ai alors l'impression qu'il court, mais avant même de pouvoir réagir, il est à ma hauteur. Il agrippe solidement mon bras droit et m'empêche de continuer ma route.

-«Mais qu'est-ce qui te prend de t'enfuir de Poudlard! Penses-tu vraiment que tu avais une chance de survivre en traversant la forêt interdite? Tu sais qu'il y a une bonne raison pour que cette forêt porte ce nom!

-Je me suis totalement sentie en danger avec cette licorne, répliqué-je avec sarcasme.

-Tu as été chanceuse! Tu aurais pu tomber sur un Troll ou pire encore!

-Je m'en fous! Alors lâche-moi!

-Je ne te laisserai pas aller plus loin. C'est assez tes conneries.

-Laisse moi partir!

-Pas avant de savoir la raison que ta fugue.

-C'est pas de tes affaires.

-C'est moi qui s'occupe de toi alors ce sont mes affaires aussi!

-Parce que tu t'occupes de moi maintenant?, crié-je, en colère. Tu es frustré contre moi, ça fait une semaine que tu ne me parles plus et soudainement, tu te soucis de moi? Tu crois vraiment que je suis assez stupide pour te croire! C'est simplement Dumbledore qui t'a ordonné de me retrouver et qui t'a menacé de te faire je ne sais quoi si tu ne le fais pas.

-Tu sais très bien que je garde constamment un œil sur toi. C'est toi-même qui me l'a dit et c'est vrai. Et si tu veux vraiment savoir, Dumbledore n'est pas au courant que tu t'es enfuis. Il a dû quitter l'école en début d'après-midi et il n'est pas encore de retour. J'ai pris moi-même l'initiative de te retrouver.»

À ces propos, je baisse la tête et garde le silence. Je sens aussi que Severus desserre son emprise sur moi et semble se calmer.

-«Le professeur Bibine est venue me voir pour me demander si tu étais malade puisque tu n'étais pas dans son cours, m'explique le maître des potions. Ça m'a mis la puce à l'oreille. Tu n'étais pas non plus dans la Grande Salle et je voyais que tes amis de Gryffondors jetaient souvent un œil vers les portes ou vers la table de Serpentard. Je savais parfaitement qu'ils ne savaient pas où tu te trouvais. Le professeur Flitwick s'est alors approché de moi pour m'apprendre que tu avais fui son cours où vous deviez faire léviter une plume et que tu semblais paniqué. J'ai su au fond de moi que tu avais quitté l'école. J'ai suivi les traces de tes pas et celles de ta valise. Maintenant, Séléna, explique-moi ce qui s'est passé.

-Je... je suis un monstre, c'est tout.

-Séléna, tu...

-Je savais que j'allais tuer quelqu'un. Mes émotions avaient pris le dessus. Il fallait que je parte.

-Tu as pris la bonne décision en quittant la classe, mais...

-Il y aura d'autres cours où je devrai utiliser de la magie. D'autres occasions de perdre le contrôle et je... je... J'ai peur Severus. J'ai peur de moi-même. J'ai peur de la magie, de ma magie. Je... je ne suis pas faite pour rester à Poudlard, je suis un danger pour tout le monde. Je devrais retourner à Azkaban et...

-Non, arrête. Tu as ta place à Poudlard et personne ne me fera croire le contraire. C'est de ma faute tout ça. Dumbledore m'a averti que tu as besoin d'aide et que tu es très puissante. Au lieu de l'écouter, j'ai laissé une querelle construire un gouffre entre nous deux et je ne me suis pas occupé de toi comme j'aurais dû.

-Non, ce n'est pas de ta faute.

-Oui, ce l'est. Et tout ce qui est arrivé aujourd'hui aurait pu être évité si je t'avais aidé. Je suis désolé.

-Je suis aussi désolé pour tout ce que j'ai fait.

-À partir de maintenant, je te jure de t'enseigner tout ce que tu dois savoir.»

Je souris.

-«Viens, suis-moi, me dit-il.»

Il prend ma valise et nous retournons vers le château.

Après plusieurs minutes de marche, je remarque à ma gauche une grande clairière. Je ralentis mon pas avant de m'y approcher. Severus m'attend en silence.

Tout autour de moi pousse des fleurs sauvages, les dernières de la saison. Leur odeur m'enivre. Cachés dans les arbres, les oiseaux chantent gaiement avant d'aller dormir. Après quelques minutes, je peux ressentir l'effet calmant de l'endroit. Bientôt, la main du professeur se dépose gentiment sur mon épaule.

-«Nous devrions y aller, me dit-il. Le soleil se couche rapidement et nous ne verrons plus.»

J'acquiesce doucement et regarde une dernière fois la clairière avant de reprendre la direction du château.

Sortie de la forêt, je fige de stupeur. Devant moi, le coucher du soleil dans toute sa splendeur. C'est la toute première fois que je peux voir ce spectacle. Je observe donc le ciel médusée par les différentes couleurs.

-«Viens, ordonne Severus.»

Je le suis sans lâcher du regard le soleil. Il m'amène sur le bord du lac où nous nous assoyons sur une grosse roche. Ni l'un ni l'autre ne parle. Nous nous contentons d'observer le ciel.

Une pensée me vient en tête. J'ai l'impression que la magie du territoire de Poudlard essaye de me convaincre de rester en me montrant quelques unes de ces plus belles facettes. La licorne, la clairière remplie de fleurs et maintenant le coucher du soleil. Ce n'est peut-être qu'une coïncidence, mais j'aime penser que c'est la magie qui me montre tout ça. Je souris à cette idée.

La noirceur installée, Severus et moi retournons dans le château. Dans le hall d'entrée, Shawn et Jeff courent vers moi.

-«Séléna!, s'exclame Shawn. Où étais-tu?

-Nous t'avons cherché dans toute l'école!, ajoute Jeff.

-Euh... eh bien..., commencé-je.

-Elle était avec moi, déclare le maître des potions.»

Ce n'est pas tout à fait vrai, mais les deux Gryffondors semblent se contenter de cette réponse. Je lance un regard de remerciement vers le professeur. Soudain, les deux garçons prennent conscience que Severus est présent. Leurs yeux se baissent et ils deviennent plus calmes. Ce changement d'attitude me fait sourire.

-«Et que faites-vous ici?, demandé-je en croisant mes bras sur ma poitrine.

-Charlie t'a vu dans le parc lorsqu'il est revenu de chez Hagrid, explique Jeff. Il savait qu'on te cherchait, alors il est venu nous dire où tu étais. Nous sommes descendu te voir.

-On s'est inquiétés, avoue Shawn. On a entendu parlé que tu es parti du cours de Sortilèges sans donner d'explications et que tu as disparu du château.

-Désolé de vous avoir inquiétés, mais j'étais entre de bonnes mains, dis-je en faisant un signe de tête vers Severus.»

Les deux garçons sourient timidement, mais je peux voir dans leur yeux qu'ils n'ont pas confiance en Rogue.

-«Séléna, murmure le maître des potions, accompagnez-les jusqu'à l'entrée de la salle commune de Gryffondor. Je vous y rejoindrai plus tard, le temps que je rapporte votre valise à votre dortoir. Et ne traînez pas, le couvre-feu est dans quelques minutes.

-Bien professeur.»

Je suis alors les deux garçons en répondant à leurs questions sans leur révéler le motif de ma fuite du cours de Sortilèges.

À 20h00 exactement, Severus apparaît au sommet de la tour de Gryffondor. Je souhaite bonne nuit à Jeff et Shawn et descends dans les donjons aux côtés du professeur.

Après quelques minutes, le château devient complètement sombre. Les braseros et les chandelles se sont éteints en même temps, plongeant les couloirs dans une obscurité totale. Seule la lumière de la lune vient parfois éclairer la route. Le maître des potions se déplace sans problème alors que, de mon côté, je ne vois strictement rien. Je m'approche de lui afin de sentir sa présence. C'est la seule manière que j'ai trouvé pour ne pas me perdre. Au bout d'un certain temps, ma vision nocturne prend le relais et je peux de nouveau me déplacer avec aise.

Severus ouvre la porte de son bureau et entre sans la fermer. Je fronce un peu les sourcils et ouvre la bouche pour lui dire bonne nuit lorsqu'il me fait signe d'entrer. Il allume quelques chandelles, laissant la pièce dans la pénombre. Il m'indique une chaise et je m'assois en silence. Il fait de même devant moi.

-«Ce que je vais t'apprendre, je veux que tu le répètes à tous les jours sans exception et, ce, jusqu'à ce que tu maîtrises cet enseignement, dit-il.»

J'acquiesce doucement pour lui faire comprendre que j'ai tout saisi.

-«Ferme les yeux.»

Sa voix grave est devenue très douce et calme. Un léger sourire étire mes lèvres en l'écoutant. Puis, j'obéis.

-«Repousse toutes pensées, tous souvenirs. Fait un vide dans ta tête. Prends de grandes inspirations et expire le plus longtemps possible par la bouche. Recommence. Encore. N'oublie pas de faire le vide.»

Au fur et à mesure qu'il parle, mon corps devient de plus en plus lourd. Dans ma tête, il y a qu'une pièce complètement noire et vide. Mon esprit est calme et serein. Jamais de ma vie, je me suis sentie aussi bien qu'en ce moment. Severus est certainement en train de m'ensorceler...

La voix du professeur disparaît. En fait, je me suis endormie.