En arrivant au cours de métamorphose du lendemain, Seamus s'empressa de s'installer à côté de Ron, qui fut légèrement étonné mais le laissa faire. De son côté, Harry se plaça à côté d' Hermione, tout en faisant attention à ce qu'elle puisse entendre tout ce que diraient les deux autres garçons. McGonagall les regarda avec un air bizarre puis commença son cours sans perdre de temps, par une petite interrogation orale sur la leçon qu'ils étaient censés avoir appris. Elle posa une première question, et comme d'habitude, la première main levée fut celle d' Hermione. Quelques autres main se levèrent timidement, mais McGo, qui avait sans doute envie de bien commencer la journée, les ignora. Ce fut donc Hermione qui eut le privilège de donner la première bonne réponse. Après ceci, une dizaine d'autre questions s'enchaînèrent, dont la réponse fut pour la plupart brillamment donnée par celle-ci après qu'un autre élève s'y soit essayé en vain. Après un certain temps, leur professeur se tourna vers Hermione en déclarant, avec un léger sourire de fierté :

- Quinze points pour Gryffondor grâce à l'esprit curieux et alerte de miss Granger.

Sur ce, Harry vit Seamus lui adresser un sourire entendu et se tourner vers Ron, bien décidé à déclencher ce qu'il espérait être la dernière des célèbres disputes des deux amis. Il lui chuchota quelques mots, avant de mimer Hermione en train de lever frénétiquement la main. Ron pouffa puis s'y mit lui aussi, avec sa discrétion légendaire, si bien qu'au bout de quelques secondes, son amie le remarqua. La jeune Gryffondor soupira de dédain puis fit mine de détourner la tête rapidement, ce qui n'empêcha pas Harry de remarquer son air blessé.

La fin du cours se déroula de la même façon, Ron se moquant tellement bien d' Hermione que Seamus n'avait même plus besoin de le relancer. Plusieurs fois, celle-ci lui envoya deux ou trois répliques bien cinglantes au visage, ce qui ne suffit pas à le calmer, et à la fin du cours, les deux s'éloignèrent chacun de leur côté, encore une fois brouillés. Seamus et Harry s'apprêtaient à les suivre quand McGonagall rappela ce dernier.

- Potter, je peux vous parler s'il vous plaît ?

- Bien sûr, professeur, je vous écoute, répondit un Harry légèrement inquiet.

- Vous n'avez pas oublié notre petit accord, je suppose ? Parce que vu le niveau sonore atteint par Monsieur Weasley et Miss Granger à la sortie de mon cours, vous n'avez pas l'air très bien parti... constata le professeur.

- Oh, ne vous inquiétez pas, en fait, tout ça fait partie du plan... sourit le Survivant, énigmatique.

- Très bien, fit son interlocuteur, perplexe, alors si les laisser se disputer fait partie du plan pour qu'ils ne se disputent plus, tout est parfait, vous pouvez y aller.

A ces mots, Harry salua sa professeur une dernière fois avant de s'en aller rejoindre ses amis.


Le reste de la journée se déroula dans l'ambiance habituelle que laissait chaque dispute des tourtereaux. Harry eut l'impression de jouer les hiboux entre ses deux meilleurs amis, qui refusaient de se parler et préféraient donc s'envoyer des vannes par Harry interposé plutôt que directement. La seule exception fut qu' Hermione en profita pour tenter de rapprocher Ginny et Harry. Son plan était très simple, rejoindre Ginny à chaque fois qu'elle était seule avec Harry, aux repas, entre les cours... puis trouver une bonne excuse pour s'en aller et les laisser tous les deux. Sur ce point, elle rivalisa d'imagination, allant même pendant un repas, jusqu'à faire semblant de s'intéresser au catalogue de vente de robe de sorcières par correspondance que venait de recevoir Lavande Brown. Elle y repéra une "jolie petite robe vert pomme pour le Bal", ce qui mit légèrement la puce à l'oreille d' Harry. Hermione en train de discuter fringues avec Lavande, ça relevait quasiment de la science-fiction!

Le Survivant fut malgré ces quelques moments passés seul avec Ginny, bien content quand le soir arriva et que ses deux amis furent séparés, Hermione à la bibliothèque, Harry et Ron dans la salle commune de Gryffondor. Il s'en alla vite se coucher, ce qu'il considérait comme une très bonne excuse pour éviter de supporter la mine renfrognée de son ami. Quelques minutes plus tard, il fut rejoint par un Ron qui semblait totalement excédé.

- Ça ne va pas ? demanda-t-il. Qu'est-ce qui se passe ?

- Je me suis encore disputé avec ma chère sœur... Il faut croire que ça ne me suffit plus de me disputer sans cesse avec la fille dont je suis amoureux, maintenant, il faut aussi que je me dispute avec ma petite sœur, alors que je l'adore, se plaignit-il. Est-ce que je suis voué pour toute ma vie avec toute les filles que j'aime le plus ? C'est vrai, je n'arrête jamais, Hermione, Ginny, ma mère...

- Qu'est-ce qui s'est passé avec Ginny ? voulut savoir Harry.

- Elle était dans la salle commune en train de discuter avec Mc Laggen, Peakes et Sloper, et tout ce que j'ai trouvé à faire, c'est de lui reprocher de draguer tous les garçons qui lui passent sous les yeux... Le pire, c'est que je suis presque sûr qu'ils parlaient seulement Quidditch, expliqua Ron. Je ne sais pas ce qui m'a pris.

- Tu as passé une mauvaise journée, c'est tout, tu es de mauvaise humeur, le rassura son meilleur ami. Et c'est normal que tu veuilles protéger ta petite sœur, c'est la seule que tu as.

- Aucun garçon au monde ne la mérite, mais si au moins elle pouvait choisir de flirter avec quelqu'un en qui j'ai confiance, je serais rassuré, continua le grand roux. Toi, par exemple, je te fais confiance, je sais que tu ne lui ferais pas de mal, donc ça ne me dérangerait pas.

A ces mots, Harry, qui était en train de boire un coup avant de dormir, s'étouffa à moitié avec sa bouteille. Il n'aurait jamais cru entendre un jour son meilleur ami lui donner sa bénédiction pour sortir avec sa petite sœur.

- Toi, au moins, je te connais, et puis je pourrais toujours te garder à l'œil, termina Ron faisant mine de n'avoir rien remarqué.

En entendant ça, Harry laissa échapper sa bouteille de ses mains, éclaboussant à la fois son T-shirt et ses draps. Sans un mot de plus, il vit Ron, qui avait fini de se changer, se coucher sous ses draps. Celui-ci lui souhaita rapidement bonne nuit, avant d'éteindre sa lumière et de fermer les yeux. Harry finit par faire de même, mais dans une atmosphère nettement plus confuse, et quelque peu humide...


Hermione rangea ses affaires, reposa un dernier livre sur une étagère, puis reprit le chemin du dortoir. Il était bientôt l'heure du couvre-feu, et de nombreux élèves se hâtaient dans les couloirs pour rejoindre leur salle commune respective après avoir passé la soirée à la bibliothèque, dans la Grande Salle ou encore à discuter dans les couloirs. En arrivant en haut d'un escalier, elle vit de loin un petit attroupement. Les jumeaux, Dean, Seamus et Neville étaient entassés près d'un mur auquel il semblaient... parler! Hermione pour en savoir plus, et ce fut uniquement en arrivant derrière eux qu'elle put apercevoir Ernie McMillan adossé au mur, jusque-là caché par les silhouettes des jumeaux. Le pauvre Poufsouffle semblait terrorisé...

- Qu'est-ce qui se passe ici ? lança Hermione d'une voix dure.

En l'entendant, les cinq Gryffondor se retournèrent vivement tout en s'éloignant légèrement de McMillan, lequel lança un regard plein de reconnaissance à la nouvelle venue.

- Tiens, salut Hermione! lança un Fred étrangement souriant. Tout va bien, pourquoi ?

- On discutait juste un peu avec Ernie, ajouta George en donnant un claque mi-amicale mi-menaçante sur l'épaule du Poufsouffle, on lui donnait quelques bons petits conseils sur le Bal, comment inviter une fille, comment bien la choisir... N'est-ce pas Ernie ?

- Euh... oui! Tout à fait, acquiesça celui-ci lorsque George lui pressa légèrement l'épaule avec sa main restée là.

- Mouais... répondit Hermione, franchement pas convaincue par leur histoire. Quoi qu'il en soit, ça va être l'heure du couvre-feu, alors tout le monde rentre à son dortoir, allez, hop!

- Très bien ma chère Hermione, tes désirs sont des ordres! s'exclama Fred, en faisant signe aux autres de le suivre. Et n'oublie pas, Ernie, choisis bien ta cavalière!

Sur ce, Ernie prit le chemin de son dortoir sans un mot de plus, et Hermione fit de même, suivant les garçons de quelques mètres.

Quelques minutes plus tard, tout ce petit monde se préparait à se coucher, l'une se demandant ce qui avait bien pu se passer dans ce couloir, les autres plutôt fiers de la façon dont ils avaient éliminé en un après-midi les derniers concurrents de Ron, le dernier se promettant de ne plus jamais envisager d'inviter Hermione à un bal...