Orgueil et Obséquiosité
« A mon terrible flatteur de correspondant.
Je n'arrive pas à me contrôler lorsque je lis vos lettre, et plus précisément, vos cajoleries : je suis atteinte du même problème que vous, c'est-à-dire, je deviens écarlate.
Autant cela m'exaspère, autant, je ne saurai me passer de ces douceurs sur vos courriers.
Bref, je vous remercie de continuer cette correspondance : je me suis rendue compte, en attendant votre réponse, que vous auriez pu vous arrêtez ou en avoir une autre, et que l'attention que vous m'accordez malgré mes soupçons est un véritable présent.
D'ailleurs, avez-vous une autre correspondante ? Car, sachez-le, je suis d'une nature possessive !
D'autre part, en parlant de possessivité, seriez-vous jaloux de ce jeune homme dont je parlais ? Cela me flatte au plus au point, par ailleurs je me remets à glousser. Je me sens si idiote d'être encore si puérile et démonstrative.
Le fait étant que je vous admire et, moi aussi, je deviens dépendante de vous : ces discussions, simples, agréables, sans ressentir le besoin de dissimuler mon point de vue par le fait que je cache mon identité, sont devenues pour moi un lieu de recueil et de joie –sans oublier les vagues non méritée d'éloges que vous faites à mon égard.
Ne vous inquiétez pas, vous êtes le seul être magnifiquement mystérieux de mon entourage. D'ailleurs, le soupçon concernant ce garçon comme étant Vous s'est envolé car…Oh, je viens de me rendre compte à quel point j'ai été arrogante moi-même. J'ai cru qu'il était amoureux de moi, et, comme il était très timide, il envoyait ces lettres pour me séduire mais en réalité, ce n'était pas le cas vu qu'il aime une autre fille que je croyais être une idiote sans cervelle et qui en réalité se trouve être une personne de valeur.
Voilà un certain nombre de préjugés que se brisent : le garçon n'est plus timide mais au contraire extraverti, voir espiègle ; la fille est réfléchie et sympathique et le garçon arrogant ne l'est finalement plus autant, enfin, il respecte les filles…
Tout cela doit être confus pour vous, mais ce dernier avait un lien avec la fille, lien que je croyais méprisable et qui s'est révélé noble.
Mon orgueil en souffre, je peux vous l'assurer.
Je préfère, tout comme vous, fuir ce sujet désormais.
Vous parliez de votre peur, ce n'est pas une honte, c'est d'ailleurs tout à votre honneur et un témoignage de courage, pour ma part, ma plus grande peur est l'altitude…Les cours d'astronomie ne me gênent pas vu qu'on observe le ciel mais dès qu'il s'agit de monter sur un balai, je suis prise de tremblements et je panique. Je suis jalouse des joueurs de quidditch…et en même temps je ne comprends pas comment ils font pour ne pas avoir peur !
Oh, et je ne doute pas le moins du monde de votre hygiène, car, si celle-ci est comme votre écriture, elle doit sûrement être irréprochables.
Par contre je me demande si vous ne me mentez pas un petit peu : j'ai beau être une fille qui a du mal à s'entendre avec les garçons, je connais tout de même certaines facettes de leurs personnalités, et je doute franchement que, le jour où vous êtes tombés sur ce fameux livre, vous l'ayez refermés, ou en tout cas, que vous ne l'ayez pas lu.
Allez, avouez ! Qu'y avait-il à l'intérieur ? (Je me déçois en écrivant ça…)
Je me sens puérile face à votre contenance.
Bon, à propos de notre discussion sur les cours : vous avez raison, j'ai du mal à comprendre comment la métamorphose peut autant vous apporter. Pourtant, vous m'avez convaincu de son importance.
Il est vrai que j'ai été confuse dans ma lettre précédente, je m'en excuse, je n'ai pas votre talent et je ne l'aurai sûrement jamais : en réalité, ma matière favorite est la fabrication de potion.
Peut-être est-ce parce que j'aime cuisiner –oh, et n'allez pas penser à un cliché de la femme !
Voir les différentes réactions face à tel élément ou avec tel ingrédient, les effets des potions, rendre magique ce qui ne l'est pas…Les potions de guérisons, les remèdes d'amélioration physique ou mentale et les philtres d'amour.
Tout ça continue de me faire rêver…
Dommage de devoir les faire dans un lieu aussi sombre que les cachots.
Etrangement, lorsque vous avez parlé de votre premier amour j'ai eu un pincement au cœur….Je vous l'ai bien dit, je suis d'une possessivité monstrueuse.
Mais je comprends ce que vous ressentez, par contre, quand je repense à cette époque où j'étais follement amoureuse, je suis heureuse et je me moque de moi-même pour avoir été aussi naïve.
Oh, et pour finir, je trouve Plume plus que ravissant, j'accepte avec plaisir ce surnom ! (Malgré ma peur pré-citée)
Pour votre cas, que pensez vous de…Je comprends le mal que vous avez ressentit en devant écrire mon surnom…
Duc ?
Pour les hiboux que nous nous envoyons et la noblesse de vos écrits…Bien, passons, c'est vraiment trop gênant de parler de ce genre de choses…Duc.
J'ai l'impression d'avoir changée depuis que nous nous connaissons, ou plutôt, que j'arrive enfin à…ce que les gens disent « être moi même ». Me feriez vous du bien cher duc ? Je commence à y croire.
En tout cas, dès que je reçois une de vos lettres, je me retrouve dans un état de béatitude comme si l'on m'avait jeté un sort d'allégresse. (Cacheriez vous des sorts dans vos écrits ?)
Je ne vois pas quoi dire d'autre…oh, si vous vouliez bien cessez de vous rabaisser ! Vous n'êtes arrogant en rien et les règles que vous proposez me semblent juste, si je les trouverais arbitraires ou tyranniques, je vous en ferai part ! Vous ne méritez ni insulte ni mépris, et encore moins de beuglante, sauf si vous continuez tous ces compliments ! Vous finirez par savoir qui je suis juste en regardant qui glousse et rougit en lisant ses lettres…Quoique je fasse bien attention de les lire dans mon dortoir.
Une jeune sorcière qui voit ses préjugés se détruirent. »
