Quasiment deux semaines s'étaient écoulées dans le plus grand calme depuis les dernières révélations. Deux semaines durant lesquelles le trio avait fait tout son possible pour se changer les idées en sortant chaque soir. Ils devaient connaître au moins tous les bars des plus grandes rues du Vieux Carré à présent. Pour Stefan, il fallait avouer le but était surtout de chasser toutes pensées concernant son grand frère et son ancienne petite amie adorée. Au début, cela n'avait pas été aisé d'autant plus que Caroline avait également hérité de sa part de gâteau il y a de ça quelques jours: Tyler avait enfin donner de ses nouvelles, telle une fleur, pour rompre purement et simplement, sans la moindre explication. Enfin si, l'habituel ''c'est pas moi, c'est toi'' enrobé de mots acidulés et autres excuses du genre, toutes plus confuses les unes que les autres.
Bien entendu, la blonde avait passé la soirée suivante à parodier toutes les scènes de rupture de films à la guimauve et ce même en dépit d'un Stefan enjoué, d'attaque pour une nouvelle virée nocturne. Cet échange de comportement avait de quoi soulever quelques questions.
A part cela, le duo n'avait strictement aucunes nouvelles des autres à Mystic Falls, ou éparpillés à travers le monde pour fêter ce nouvel été. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé de joindre Bonnie, en vain.
Ce soir là, Caroline était donc blottie sous la couette d'Eric qu'elle avait adoptée, un gigantesque pot de glace vanille noix de pécan entamé sur la table de chevet, Jessica de l'autre côté, tout aussi absorbée que son amie par l'épisode de Sailor Moon à la télévision. La chambre était plongée dans l'obscurité, les rideaux étaient étroitement tirés, le seul éclairage provenant de l'écran télévisé qui paraît les murs de reflets bleutés au fur et à mesure de l'avancée de l'épisode ponctué de cris hystériques et des rires de la rousse auprès d'une Caroline amorphe qui se contentait d'une ébauche de sourire par-ci par-là.
Stefan, pour sa part, prenait le repos du guerrier, étalé dans le lit de Pam qu'il avait fait sien malgré le camaïeu de rose guère à son goût, préférant dormir que de rester seul à ruminer ce qu'il avait perdu et auquel il était décidé à tourner le dos jusqu'à ce que le temps ne le guérisse totalement.
Il dormait donc paisiblement tandis que les filles n'allaient pas tarder à en faire de même lorsque des bruits de talons claquant suivit d'un bruit de porte qui s'ouvre brusquement retentissent et ne tirent tout le monde de son coma.
- NON MAIS QU'EST-C'QUE C'EST QUE CE BORDEL?! Hurla une femme sur le palier du premier étage, faisant claquer intentionnellement ses talons sur le parquet.
Si cette douce voix d'hystérique ne les avait pas déjà mis sur la voie, cette silhouette élancée et cette crinière blonde leur ôtaient tout doute.
Jessica se dépêtra de la couette le plus vite possible et traversa la pièce au pas de charge, ouvrant la porte à la volée pour apercevoir Pam, vêtue d'une robe fuchsia ajustée à col empire qui mettait ses formes en valeurs. Le rapace blond se tenait sur le pas de sa propre chambre, ses yeux lançant des éclairs au Roméo étalé sur son lit.
- Jessica, qu'est-ce que fait cet homme dans mon lit ? A dormir?
- Oh détend-toi, c'est bon, on s'est pas envoyé en l'air dans tes draps roses, panique pas..., râla la rousse en imitant sa moue capricieuse avant d'entrer dans la chambre où le prince charmant s'éveillait, perdu. Il est déprimé et fatigué.
- Et que veux-tu que ça me fasse? C'est pas un refuge pour ado dépressif, éructa la diva en entrant à son tour et se penchant sur le pauvre vampire totalement dépassé par la situation. Allez dehors Roméo, va pleurer ailleurs.
- Bien madame..., marmonna le jeune homme en abdiquant sans rien dire, ne préférant pas trop lui tenir tête vu sa mine menaçante. D'ailleurs, le contraste avec le rouge à lèvres assorti à la robe rose et son attitude était comique. Je suis Stefan.
- Ça me fait une belle jambe. Allez dehors, tu dors avec les filles monsieur joli cœur.
Caroline venait de les rejoindre, mais n'osa pas s'en mêler car sa dernière entrevue avec Pam lui avait laissé un goût amer dans la bouche. Elle préféra donc laisser la rousse s'en charger puisqu'elle la connaissait mieux.
- Arrête de faire ta diva, qu'est-ce que tu viens faire là? S'enquit Jessica qui faisait un rempart inutile entre la furie et le jeune Salvatore qui tentait de se donner un peu plus de contenance, se recoiffant à la va-vite. Oui oui, je sais , c'est chez toi... Mais vraiment, pourquoi tu viens?
- Eric m'a demandé de garder un œil sur vous, avoua Pam avec une grimace, roulant des yeux et une main sur les hanches. Il sait que je HAIS faire la nounou, mais aux grands maux, les grands remèdes. Donc je suis là, faites avec!
- Magnifique...
- On a qu'à sortir, qu'est-ce que vous en dites? Proposa subitement Caroline qui osa sortir de sa cachette, derrière la porte. Pam, en boîte, ça te dérange pas?
- Pas le moins du monde, Barbie, fit joyeusement son modèle adulte avec un haussement d'épaules enjoué, parée d'un large sourire ironique, le rose de ses lèvres brillants à la faible lumière du plafond.
Caroline lui rendit à l'identique, se demandant bien comment ils allaient se débrouiller avec cette Cruella d'Enfer sur le dos, mais sans nul doute qu'elle les laisserait faire toutes les bêtises qu'ils souhaitaient. C'était peut-être une plaie à supporter, mais elle était laxiste , elle était barmaid après tout, et il fallait avouer que son attitude était amusante en définitive ... Du moins lorsque l'on n'était pas la cible de ses sarcasmes.
- Il va falloir penser à vous trouvez un autre squat, si vous comptez héberger d'autres enfants en détresse, ajouta Pam tandis qu'elle descendait l'escalier d'un pas souple, félin, sa main glissant le long de la rambarde, ses bagues brillants sur le bois ciré.
Jessica grimaça dans son dos, prenant un faux air hautain dans une tentative d'imitation puis elle retourna dans sa chambre attitrée afin de se préparer dignement pour la soirée.
Cette perspective la ravissait car cela allait peut être enfin redonner le sourire et un peu de peps à sa nouvelle amie qui faisait peine à voir. Sans parler de Stefan qui semblait de nouveau plonger dans les méandres de la dépression. Comme quoi, il fallait impérativement sortir tous les soirs pour tenter d'apaiser ce pauvre garçon.
Elijah traversait la rue Bourbon habitée d'une multitude d'adolescents de sortie, une cigarette à la commissure des lèvres, un verre à la main et riant le plus fort possible comme s'il s'agissait d'un véritable concours. C'était le même spectacle chaque soir en période estivale, tout le monde se retrouvait ici puisque la rue Bourbon était le centre névralgique de la vie nocturne, mais il avait finit par s'y habituer.
Certes, il détonnait avec son costume gris deux pièces ouvert sur un pull beige, sa vision du style décontracté, au milieu de ces jeunes délurés vêtus de cuir et de robes minuscules qui ne laissaient rien à l'imagination, mais il se sentait à l'aise.
Le lieu où il se rendait était déjà ouvert, comme toujours. C'était même curieux qu'une résidence au beau milieu d'une rue si animée soit ouverte à tous les vents, mais ce n'était pas son problème. Il entra donc dans la cour, vaste étendue, déserte pour le coup à l'exception d'un doberman couché au pied d'un pilier de marbre. Il s'approcha du chien avec un sourire amène, mais ce dernier se redressa et grogna.
Bien, il allait donc se concentrer sur le véritable objet de sa visite.
L'originel finit par repérer la porte d'entrée sur la droite et alla donc frapper, remarquant que l'agencement de la maison, celle de sa fratrie auparavant, était une catastrophe. Aucune logique.
Il entendit des pas légers dans le couloir de l'autre côté puis la porte s'ouvrit sur une ravissante adolescente aux boucles châtains, vêtue d'une robe pourpre banale, mais rehaussée d'un pendentif avec une améthyste en son centre. Elijah sembla la reconnaître et, pire encore, sentit une vague de puissance envahir la pièce et provenait de ce minuscule petit être... mais il décida d'élucider ce mystère plus tard.
[Claude Debussy - Rêverie]
- Bonsoir mademoiselle, je viens voir Marcel. Est-il là?
- Bonsoir! Vous avez de la chance, il est de repos ce soir, entrez, fit Davina avec un sourire engageant, s'écartant sur le côté pour le laisser entrer sans la moindre méfiance malgré sa récente expérience. Elle jeta un coup d'œil au doberman qui s'était approché et semblait observer la scène, la mine piteuse. Ce chien est à vous?
- Pas du tout.
- Je dirai à Marcel de le mettre dehors et fermer le portail, il me fait peur... Vous souhaitez boire quelque chose?
Il l'avait bien dressé cette petite, nota-t-il avec un froncement de sourcil avant de lui rendre son sourire, touché par sa gentillesse alors qu'elle se trouvait dans la gueule du loup. En tout cas, elle était chaleureuse, serviable et loyale. Un peu trop peut-être.
Un petit air de Debussy lui parvenait depuis un coin plus reculé de la demeure, lui ôtant le petit côté sinistre que le nouveau maître des lieux avait su lui apporter. Il avait l'impression de ne plus vraiment reconnaître le lieu bien que la décoration n'ait pas changé. Toujours les mêmes riches tapis persans sombres et les tentures d'un autre âge.
- Non merci, vous êtes un ange...?
- Davina.
- Enchanté Davina, fit-t-il en lui serrant doucement la main, sentant une décharge d'énergie passer entre eux par ce contact, arrivant enfin à mettre un visage sur un nom. C'était donc elle l'arme fatale? La force émanant d'elle avait tout l'air de corroborer l'assertion, il fallait être sur ses gardes, mais il devait admettre que voir une si frêle créature prise dans les griffes du monstre lui pinçait le cœur. Je suis Elijah.
- Le fameux Elijah Mikaelson?! s'exclama-t-elle avec une spontanéité et une stupéfaction touchantes, des étoiles plein les yeux.
- N'exagérons rien jeune fille, fit-il avec un sourire amusé, flatté par cette réputation et attendri par sa réaction. Qui ne le serait pas?
- Suivez moi, je vais vous mener à Marcel.
Sans plus de cérémonie, elle le mena au premier étage où le concerné bouquinait tranquillement dans sa chambre, un de ses uniques sbires restant après la descente de Lestat montant la garde à la porte. Durant le trajet, l'originel et la sorcière avait discuté innocemment de la vie ici, au Vieux Carré. Il avait deviné que c'était tout nouveau pour elle. Elle semblait en effet avoir gagné son indépendance récemment et cela l'enchantait. Ses yeux brillaient d'un éclat voluptueux et son sourire était éclatant. Cette petite était adorable.
Il la remercia d'un chaleureux sourire et lui offrit un baise-main qui la fit rougir, Marcel vint lui baiser le front puis elle s'éclipsa, les laissant en tête à tête car Thierry avait reçu l'ordre d'en faire de même.
Ils prirent donc place dans les fauteuils en vis-à-vis devant l'imposant foyer de marbre, toujours en silence. Marcel se doutait que cette visite incongrue n'était pas pour le féliciter des derniers événements. La tension était palpable entre les deux hommes malgré leurs mines joviales.
- Marcel, je ne suis pas comme le reste de ma famille, je ne vais pas tourner autour du pot, commença Elijah, les mains posées sur les accoudoirs, lui donnant une posture royale. Ce que tu vas entendre ne vas pas te plaire, d'autant plus que ce ne sera pas la première fois , et probablement pas la dernière. Je te prie de mettre un terme à ces querelles stupides. A celle entre mon frère et toi, ainsi qu'avec les sorcières, et à présent contre Lestat.
- Sinon quoi? Vous allez vous liguer contre moi pour me jeter dehors? S'enquit-il le plus posément du monde et d'un ton lourd de défi. Il recevait des menaces à ne plus savoir qu'en faire, il finissait par conséquent par rester de marbre. Vous semblez tous oublier que j'ai toute la ville derrière moi: humains, vampires et sorcières.
- Nous sommes plus puissants qu'une bande de sauvages mai qu'importe, je ne suis pas là pour te menacer avec des visions de guerre sanglante et interminable même si cela risque de vous retomber sur le coin du nez. Je viens à toi car il est impossible de raisonner mon frère, mais toi, j'ose croire qu'il te reste une once de bon sens. Te rends-tu comptes que, si vous dépasser les limites, le Talamasca va vous tomber dessus?
- Le Talamasca, encore ce maudit Talamasca... Que veux-tu qu'ils nous fassent? Nous envoyer des télépathes, télékinésistes et autres humains dotés de dons? Allons Elijah, tu ne peux pas sincèrement penser qu'ils représentent une véritable menace, pas toi.
- Et que fais-tu de la vengeance des autres ajouter à cela? Si tu massacres Lestat et d'autres innocents? Ne ne te fais pas d'illusions, il pourrait te tordre le cou en un battement de cils, ses congénères vont te faire payer cet affront... Et alors, qu'importe ton armée? Si on peut encore parler de cela puisque Lestat l'a grandement réduite. Tu ne peux rien faire contre une dizaine d'entre eux pouvant vous faire brûler ou exploser vos organes. De plus, je te prie ne pas oublier pas mes propres...''talents''.
Marcel dévisagea longuement le sage des originaux, les lèvres pincées, à la recherche d'un indice de bluff ou quoi que se soit d'autre, mais il dut bien reconnaître qu'il marquait un point. Les enfants des millénaires, même si ils étaient peu, n'étaient pas à prendre à la légère. Même un, en solitaire, pouvait décimer la moitié de son empire en un claquement de doigt, alors imaginer la déferlante de pouvoir de dix vampires de la sorte...
Le roi de la Nouvelle-Orléans ne comptait pas s'en prendre à Lestat en personne, simplement le dissuader de se mêler de leurs affaires en attaquant ses proches. Il n'était pas fou. Il n'allait pas faire marche arrière maintenant, cela n'irait pas aussi loin que tout le monde le pensait, c'était évident.
Lorsqu'il sortit de ses pensées, il remarqua que l'originel était à présent debout à la fenêtre, ne lui accordant pas la moindre attention, pourtant il continua, toujours aussi posé:
- Que te faut-il pour que tu arrêtes Marcel? Que veux-tu vraiment?
- Qu'on me laisse en paix chez moi.
- Certes... Que te faut-il pour que tu nous laisses en paix et que tu laisses tomber mon frère dans ce délire? Que j'appelle ma sœur pour qu'elle te cajole?
- Je ne crois pas que se soit une bonne idée de la mêler à ça, fit Marcel avec un petit rire gêné, bien qu'ayant hésité à répondre. Elle ne ferait qu'envenimer les choses.
- Voilà qui est bien vrai... En tout cas, Marcel, n'oublie pas auxquelles menaces tu t'exposes réellement, souffla Elijah avec un large sourire avant de disparaître tout simplement le laissant seul dans sa chambre.
Non, il n'allait pas faire demi-tour. Sûrement pas alors qu'il n'avait jamais été si proche de sa précieuse Davina.
Cela faisait plus d'une heure que le quatuor se trouvait au Bourbon Heat. Les plus jeunes dansaient à en perdre haleine parmi la foule en délire qui les pressait un peu plus les un contre les autre, leur peau luisant de sueur , les cheveux humides, les vêtements collés à leurs corps enfiévrés, mais chacun avait le sourire aux lèvres, les yeux clos tandis que Pam les surveillait tel un oiseau de proie, assise au bar, ses longues jambes croisées, un verre – plein bien entendu à la main - , sa robe rose et son opulente poitrine mise en avant attirant une nuée de jeunes gringalets en quête d'une ''cougar'' comme on disait de nos jours. Elle les congédiait tous d'un regard sombre qui aurait fait détaler n'importe quel homme mal attentionné.
La musique était assourdissante, faisant vibrer les murs, mais entêtante. Caroline et Stefan avaient chacun un verre à la main, peu importe le contenu, et oubliaient les revers de la vie. Ce genre de désagréments arrivaient à tout le monde bien entendu, mais le tout assemblé devenait lourd à porter.
[Usher-More]
Soudainement, Caroline aperçut Klaus à l'opposé avant qu'une vague de la foule ne l'emporte. Elle crut avoir halluciné, à cause de l'alcool et le poids de la trahison lui tenaillant sans cesse les entrailles, pourtant non. Il refit surface après un nouveau détour de l'énorme monstre que formait la foule.
La pire idée du monde lui vint alors à l'esprit. Enfin, le ''pire'', elle s'en rendit compte seulement après. Alors elle laissa ses amis en tête-à-tête, qui n'y trouvèrent rien à redire, en profitant même pour se rapprocher , les mains jointes, chantant à tue-tête, tandis qu'elle se frayait un chemin , la tête haute. Le morceau électronique, sensuel, lui donnait la force et la confiance de prendre les devants.
La blonde se moquait de savoir comment l'hybride était arrivé là, si il les avait suivi ou si c'était une pure coïncidence. Elle se moquait aussi de passer pour une fille facile, de ne pas y mettre les formes. Elle le voyait juste lui, au point que les gens autour devenaient flous.
Lui et tous ses mensonges. Toute la mythologie cachée par un désir dévorant de s'imposer.
Les paroles du morceau prenait un tout autre sens alors qu'elle avait Klaus en ligne de mire. "I'm a beast, i'm an animal, I'm that monster in the mirror". Elle n'aurait vraiment pas pu dire mieux.
Alors que l'hybride souriait , fier comme un paon, en la voyant arriver doucement car dansant en rythme, radieuse dans sa petite jupe noire et son ample haut pourpre, elle, elle n'avait qu'une seule envie, vomir. Elle le plaqua pourtant contre le mur d'une main, accrocha son regard au sien, tentant d'y trouver la moindre petite once de gentillesse, de regrets. Rien. Cet homme vivait sans remords.
Alors elle prit une profonde inspiration et écrasa ses lèvres contre les siennes, son corps fébrile s'écrasant contre le sien. Un cri de surprise échappa à Jessica qui s'était rapprochée pour la surveiller, Stefan contre elle, sa petite main fourrée dans la sienne, qui s'arrêta sur le coup. Même Pam avait rappliqué, quittant sa place confortable, en laissant même choir son verre au sol.
La blonde s'en rendit compte bien sûr, mais n'écouta pas son esprit révulsé qui lui disait d'arrêter. Au contraire, elle força le barrage de ses lèvres pour donner un tournant plus torride au baiser , leurs langues se mêlant en une danse sensuelle, tandis quelle faisait sauter les premiers boutons de sa chemise, découvrant son torse du bout des ongles. Le rythme battait dans son sang, son esprit, son bassin se déhanchant en rythme. Elle ne pouvait plus penser à rien d'autre.
Malgré son dégoût, elle ne pouvait pas nier cette puissante attirance.
- Wow wow wow Caroline, il se..., fit Klaus, essoufflé, mais le visage éclairé par un sourire immense, avant de se faire interrompre.
Son rêve se réalisait enfin, il n'osait y croire.
- Tais-toi. Emmène-moi chez toi, ordonna la jeune vampire avant de reprendre là où ils s'en étaient arrêtés.
L'hybride ne se fit pas prier, l'attrapa par la taille et la collant au plus près de lui tandis qu'il quittait le club sans se soucier des gens sur son chemin et de son allure débraillée avec la chemise ouverte. Elijah aurait fait un ulcère devant cet accoutrement.
Le trio restant les suivit du regard, tous les sourcils froncés, la bouche entrouverte.
- Qu'est c'qu'elle nous fait cette abrutie?! Vociféra le vautour rose en se tournant vers Jessica dans l'espoir d'avoir une explication. La rousse hocha la tête, innocente, ce qui la fit grimacer de nouveau. J'ai honte.
- Je suis choqué... Je viens de voir ma meilleure amie rouler des pelles à ce psychopathe, marmonna Stefan, le front plissé, tentant de comprendre le pourquoi du comment. Il a même voulu la tuer!
- Oh c'est romantique, elle va se faire tuer en pleine action, ronronna Pam avec un sourire de ravissement avant d'asséner un coup de coude à un homme éméché trop proche à son goût. On rêve toutes de se taper un mauvais garçon.
- Elle aurait pu se contenter de mon frère..., commenta Stefan, avant de se rendre compte de ses mots.
- Je vais te consoler mon chaton, fit Jessica en lui ouvrant grand les bras , se dandinant toujours, où il alla aussitôt se blottir pour enfouir le nez dans sa chevelure de feu, serrant son corps frêle contre le sien. Sa chaleur, son enthousiasme étaient salvateurs. Tu vois que ça va mieux. Allez souris et danse maintenant, c'est un ordre... sinon tu dors sur le porche.
- Je vais tuer ce salopard d'Eric, grinça la plus âgée en tournant les talons envoyant carrément valser à terre un petit jeune qui s'approchait en moonwalk avec une moue se voulant séductrice.
Jessica et Stefan reprirent leurs pas de danses effrénés, les bras en l'air et tête en arrière tandis que le couple dépareillé rentrait chez l'hybride, manquant de renverser un vase sur la desserte en acajou dans l'entrée lorsqu'il l'assit brutalement dessus pour déposer des baisers sulfureux le long de sa mâchoire puis de sa jugulaire, flattant ses cuisses satinées d'une main et arrachant son haut de l'autre dans un mouvement trop abrupte.
Elle s'en fichait, elle était bien trop concentrée sur ses caresses étrangement tendres et la chaleur de ses lèvres, de son souffle contre sa peau moite.
Plein de savoir-faire, il la redressa pour la prendre dans ses bras et monta les escalier alors qu'elle enroulait ses jambes autour de sa taille, sans jamais cesser de dévorer ses lèvres, couvrir sa poitrine d'un chapelet de baisers.
Une fois dans sa chambre, royale il fallait bien l'avouer, il la déposa sur le lit avec la plus grande tendresse du monde et prit le temps d'admirer sa déesse sous toutes les coutures.
D'accord, il sentait la férocité du loup monter en lui, mais c'était Caroline, sa douce Caroline. Jamais il ne la brusquerait, lui ferait le moindre mal.
En revanche, la blonde n'y allait pas par quatre chemins, sa sauvagerie trahissant sa haine, mais il fallait bien aussi l'avouer, son désir. Tout cela se sentait lorsqu'elle se débarrassa de son short et le tira sur le lit par la main, ce qui le fit rire, pauvre innocent qu'il était. Cela se sentait aussi lors qu'elle le poussa en arrière d'une main autoritaire.
Une fois- là, allongé à son aise, aux anges, sur l'édredon, elle s'assit à califourchon sur lui, ses doigts de fée glissant le long de son torse jusqu'à son sous-vêtement tandis qu'elle se penchait sur lui, ses boucles d'or leur formant un rideau comme pour les cacher du reste du monde. Il frémissait d'impatience, complètement à sa merci.
- Tu es merveilleuse, souffla Niklaus en toute sincérité, la dévisageant. Il avait du mal à croire que ce dont il rêvait depuis si longtemps arrivait se concrétisait.
- Je sais, chuchota-t-elle dans un murmure avec un sourire enjôleur avant de l'embrasser de nouveau, en profitant pour lui mordre la lèvre inférieur jusqu'au sang, s'en abreuvant goulûment tandis que ses ongles le griffaient, l'entaillaient tout le long de son torse, traçant un sillon sanglant jusqu'à sa virilité dénudée.
Cette nuit, c'était elle qui menait la danse.
Caroline s'assura qu'il dormait profondément, faisant elle-même semblant d'être assoupie à épier sa respiration, les paupières à moitié closes. Une fois qu'elle en fut assurée, elle se redressa et quitta le lit à la va vite avec une moue de dégoût après avoir noté qu'ainsi endormi, il avait l'air en paix. Elle était restée bien plus longtemps qu'elle ne l'aurait souhaité: Klaus s'était révélé insatiable et autant être honnête, elle n'allait pas s'en plaindre, l'amour charnel ne semblait plus guère avoir de secrets pour lui, ou du moins il avait su l'apprivoiser. Encore heureux avec un millénaire à son actif!
A pas de loup, elle contourna l'imposant lit à baldaquin pour récupérer ses sous-vêtements qu'elle enfila, ainsi que son short qu'elle retrouva dessous. Elle traversa la pièce, et sortit sans le moindre bruit. Ce ne fut qu'une fois dans le couloir plongé dans les ténèbres qu'elle osa reprendre sa respiration, une main sur le cœur et les paupières closes. Elle tendit l'oreille pour s'assurer qu'elle ne s'était pas trompée puis elle traversa le couloir avec un grand sourire, toute contente de son coup, s'empressa de descendre l'escalier à petit trot, la fraîcheur du marbre sous ses pieds nus lui faisant un bien fou.
Elle s'apprêtait à récupérer son t-shirt sur la table d'appoint lorsque une voix retentit derrière elle.
- Alors Caroline, on file en catimini?
La blonde se redressa aussitôt en déglutissant, les mains vides, la boule au ventre. Elle s'était faite prendre la main dans le sac, mais elle aurait dû s'y attendre puisque de la lumière filtrait sous les doubles portes de la pièce à sa droite. Mais Dieu soit loué, ce n'était pas la voix de Klaus... Simplement celle d'Elijah. Ce qui s'avérait encore plus gênant puisqu'elle avait la sensation de se faire surprendre par son grand-père. D'autant plus qu'elle ne portait pas son haut.
Sentant le regard du plus intimidant des Originaux lui criblé le dos, elle se força à lui faire face avec le peu de dignité qu'il lui restait, les bras croisés sur la poitrine. Elijah souriait comme si elle venait de lui annoncer qu'elle lui avait acheté sa pâtisserie favorite.
- Es-tu au courant que ce que tu viens de faire va le mettre encore plus en colère qu'il ne l'est déjà?
- Oui. C'était pour me venger, répondit la blonde d'une voix faible, n'osant le regarder droit dans les yeux.
- Et de quoi donc ma chère?
Des bruits de pas retentirent derrière elle, la faisant se figer de nouveau. Un bruissement de tissu lui indiqua que la personne se penchait puis se relevait avant de la contourner pour se positionner face à elle. C'était une femme de taille moyenne aux longs cheveux bruns ramener en épais chignon désordonné, quelques courtes mèches ondulées encadrant son fin visage. C'était la femme qui quittait la demeure de Lestat lorsqu'ils étaient venus pour la séance historique.
Le monde était petit, décidément!
- Je pense que c'est ce que vous cherchez, Fit-elle de sa voix grave, mais douce, similaire à la caresse du velours, lui tendant son haut pourpre et sa paire d'escarpins avec un sourire indulgent.
''La honte'' pensa Caroline en enfilant le t-shirt et les chaussures en quatrième vitesse. Elle ne se souvenait pas avoir jamais été aussi gênée de toute sa vie, même lorsque sa mère l'avait surprise en train de s'envoyer en l'air dans son propre lit. La femme avait rejoint Elijah, et se tenait dans ses bras, la tête posée contre son torse. Elle avait l'air à l'aise, en sécurité, mais c'était un véritable choc pour la jeune femme qui découvrait qu'Elijah avait des relations. Elle qui le croyait hermaphrodite ou au moins ayant fait vœux de chasteté pour prendre soin de sa fratrie.
D'ailleurs, ce dernier ne cessait de la fixer, en attente d'une réponse à sa question précédente. Sans trop savoir pourquoi, elle se décida à tout révéler. Elle avait déjà frappé fort cette nuit de toute manière, alors elle n'était plus à une erreur ou deux.
- Il faut que je vous avoue quelque chose, mais allons là où il ne peut pas nous entendre.
Le couple acquiesça d'un signe de tête synchronisé puis ils prirent le chemin de la sortie, main dans la main, silencieux. C'était assez angoissant , mais elle les suivit à l'extérieur de la résidence, prit soin de fermer la porte sans bruit, puis s'achemina jusqu'à un banc de dans le jardin avant. L'hymne de la faune nocturne était plus agréable que le silence pesant de la résidence. Le chant des criquets mêlé aux hululements, au bruissements de l'herbe sous le trot de divers petits animaux et à la musique des feuilles secouées par le vent étaient apaisants.
- Nous t'écoutons, l'encouragea Elijah, les bras serrés autour de la taille de sa dulcinée qui avait prit place sur ses genoux pour laisser un peu de place à Caroline sur le banc. Que l'on sache si mon frère va complètement devenir fou pour une bonne raison.
- J'ai appris la vérité sur les branches. La votre, créée par sorcellerie et la véritable qui vient du démon Amel, il y a maintenant 6000 ans et donc que Klaus a menti de long en large afin de se faire respecter de tous. Je suis désolée, tellement désolée... Mais ça m'a mise dans une rage folle. Je me suis sentie trahie comme jamais. Au début, quand on m'a transformé, j'ai eu dû mal à accepter ma condition, mais au final je me disais que j'étais plus forte, plus maligne... J'étais fière de ce que j'étais et je ne cache pas que quand Klaus a fait son entrée fracassante en clamant à qui voulait bien l'entendre qu'il était le premier, j'étais bluffée. Notre ''roi'' était charismatique, notre puissance venait de vous... Ce qui est toujours vrai, bien entendu, ce n'est pas comme si il avait inventé cette histoire de sort pour vous transformer. Apprendre la vérité, m'a fait redescendre au stade 0 de ma confiance. Moi aussi je faisais la fière pour rien, surtout quand je vois des vampires comme Lestat ou Eric... Oh mon dieu et je vous parle comme si vous étiez mes potes, je suis désolée... De vous apprendre cela.
Aucun n'avait l'air de lui en vouloir, bien au contraire. La brune lui offrait un sourire compatissant et un regard bienveillant, ses mains refermées sur celles de son compagnon qui semblait abîmé dans de profondes réflexions. Elle avait l'air un peu navrée, d'ailleurs.
Quelques instants, le silence régna en maître, ce ne fut que quelques secondes, mais Caroline crut qu'elle allait fondre en larmes. Ses mains tremblaient , posées sur ses cuisses nues, les paupières closes afin de ne pas céder tandis que le vent faisait voleter ses boucles d'or autour de son visage.
- Tu n'as pas à t'excuser, je le savais déjà, lâcha finalement Elijah. Caroline ouvrit brusquement les yeux et le considéra comme si il venait de dire une énormité. Grâce à ma superbe compagne, Cassandre.
- Mais je croyais que... Quel âge avez-vous Cassandre?
- Disons simplement que je peux attester de la naissance du petit Jésus.
Prise de court, la blonde ne savait pas quoi répondre, ne cessant d'ouvrir la bouche, prête à parler, puis la refermait avec un froncement de sourcils. Elle devait offrir un spectacle bien comique.
- Vous vous êtes rencontrés quand? Ne trouva-t-elle qu'à demander, deux doigts sur chaque tempe.
- Quelques années avant sa transformation , répondit Cassandre, le regard voilé avant de battre des cils et de déposer un baiser sur la joue d'Elijah. Je lui ai dit juste après sa transformation. J'aurais pu empêcher ça, mais c'était trop tard. Dans le fond, ce n'est pas une si mauvaise chose, ça a permis à certaines personnes de survivre, vous notamment, Caroline.
- C'est vrai... Mais pourquoi Klaus raconte-t-il ça sans arrêt? Il doit bien se douter qu'il existe des gens qui peuvent balayer sa version d'un simple mot. Et puis si vous êtes si vieille Cassandre, il devait bien savoir que son propre frère était au courant.
- Niklaus a désespérément besoin d'attention et d'amour et ce depuis toujours. Malheureusement, il ne s'y prend pas de la bonne manière, expliqua Cassandre.
- Je n'aurais pas mieux dit. Il est au courant que je le suis aussi, mais nous avons attendu un bon moment après notre transformation pour lui en faire part. C'est pour cette qu'il ne s'en est pas trop pris à moi, mais c'est aussi à cause lui que Cassandre et moi avons été séparés si longtemps. Il a accepté que je partage son vilain petit secret et nous laisserait tous les deux en paix à condition que je ne le mette pas en danger en restant avec Cassandre qui était une véritable menace pour lui, ou en parlant au reste de notre branche.
- C'est débile! Il ne pouvait pas vous faire chanter, il n'avait rien contre vous.
- Oui! Mais il est vraiment doué pour pourrir des vies, ajouta Cassandre avec un soupir alors qu'Elijah embrassait sa clavicule, il avait l'air perturbé. Donc nous avons gardé le silence et sommes restés loin de l'autre jusqu'à ce que je décide que je n'allais pas me faire tenir en laisse par un sale gamin que je pouvais faire flamber si l'envie m'en prenait.
- Mais vous êtes tout les deux perdants dans l'histoire, ça me dépasse... , marmonna la jeune vampire, la tête dans les mains. C'était vraiment trop d'un coup pour elle.
- C'est du passé, nous vivons ensemble et Klaus se tient calme en présence de Cassandre , il la tolère, même s'il n'aime pas me voir heureux avec quelqu'un alors qu'il ne l'est pas, expliqua Elijah après jeté un coup d'œil à la façade de la demeure plongée dans l'obscurité. S'il tente quelque chose, je dévoile tout à Rebekah, qui je l'estime, à le droit de savoir. C'est mon frère, je l'aime, mais il y a des limites à ne pas dépasser.
- Je l'avais oubliée celle-là , mon dieu... Kol et Finn savaient?
- Non, ils n'avaient pas le moindre soupçon. Finn était dans son cercueil trop longtemps, quant à Kol, il avait autre chose à faire que de se préoccuper d'histoire.
- D'accord... Y a-t-il d'autres petits secrets sur lui que je devrais savoir?
- Il a mit une louve enceinte, fit Cassandre le plus innocemment du monde, ce qui lui valut un regard sombre de la part de son compagnon. Elle ne savait vraiment pas tenir sa langue. Pour se faire pardonner et l'empêcher de répliquer, elle l'embrassa tendrement ce qui fit grimacer Caroline , cela défiait tout entendement. Elle s'appelle Hayley.
- Comme Hayley la sale garce qui vivait chez Tyler à Mystic Falls? Siffla Caroline entre ses dents , les yeux plissés sur le coup de la colère.
- Oui, cette même Hayley et un peu de respect je te prie, s'indigna Elijah tandis que Cassandre étouffait un petit rire derrière l'une de ses mains manucurées avec goût.
- On s'en fiche d'elle au pire, comment c'est possible que Klaus puisse avoir des gosses?! C'est impossible.
- Malheureusement oui, souffla la brune, la tête tournée, le regard perdu dans les acacias à sa gauche, offrant son profil parfait à la vue de Caroline. Cela avait véritablement l'air de la chagriner et elle était bien placée pour la comprendre. Toutes deux se retrouvaient incapable de procréer. Les sorcières disent que c'est son côté loup-garou, une histoire de faille. Moi je dis que c'est du favoritisme, voilà tout. Quelqu'un là-haut ne veut pas le voir mourir et lui offre tout et n'importe quoi, ce dont il ne se rend même pas compte. Il a une famille qui l'aime véritablement, il a du pouvoir, quelques amis, mais il veut plus, toujours plus.
Elijah ne trouva rien à dire. Tous trois n'avaient plus un mot à ajouter, chacun perdu dans ses propres pensées. Pour Cassandre, c'était cette vie passée gâchée et cette famille biologique qu'elle n'aurait jamais. Elle s'estimait malgré tout heureuse puisqu'au bout du compte elle avait retrouvé l'amour de sa vie, tout le monde ne pouvait pas en dire autant.
Pour Elijah, c'était à tout ce piège qui était en train de se refermer sur son frère et l'ensemble de sa famille de parvenus. Il avait beau déployer tous les efforts possibles, rien n'y faisait, il était décidé à foncer droit dans le mur en compagnie de Marcel. Cassandre avait raison, il ne serait jamais satisfait de rien. Par conséquent, il voulait toujours aller plus loin dans l'intime espoir de combler ce vide que Mikael avait créé.
Quant à Caroline, c'était cette haine grandissante qui ne cessait de se renforcer de jour en jour. Plus elle en apprenait sur le personnage, sur ce passé tumultueux, plus elle souhaitait le tuer de ses propres mains... Sauf qu'elle en était incapable. C'était le premier hybride après tout. Cassandre le pouvait apparemment, mais il faisait partie de sa famille, elle n'allait pas le transformer en brochette de loup alors qu'il était le frère de son compagnon.
Une chose était sûre , c'était que l'action de Caroline n'allait pas changer grand chose tout compte fait, la machine de guerre était déjà lancée. Alors oui, il serait encore plus hargneux qu'auparavant, mais elle en serait sans nul doute la seule à en faire les frais.
Comme un automate, elle se redressa, raide, déposa une bise sur la joue de chacun des vampires qui avait su l'écouter sans même la connaître. Sous ses lèvres, la joue d'Elijah était souple et chaude tandis que celle de Cassandre était dure comme la pierre.
Aucun n'esquissa le moindre geste, se contentant de la regarder s'éloigner en silence , telle une âme en peine, ses cheveux blonds brillants dans la nuit.
