Bonjour à toutes et à tous !
Voici déjà le chapitre 11 : ma productivité m'étonne moi-même ! Ne vous y habituez pas trop cependant, je ne tiens pas à sacrifier la qualité pour la quantité.
Et Kalas1209, il n'y a aucun problème ! Pas besoin de t'excuser. Allez, sans rancune, et j'espère que ce chapitre te plaira !
Sur ce, bonne lecture ;)
Disclaimer : Le monde d'Harry Potter et ses merveilleux personnages appartiennent intégralement à J.K. Rowling. Rien n'est à moi, à l'exception de l'intrigue et de quelques personnages originaux.
Must there be a secret me I'm forced to hide?
I won't pretend that I'm someone else for all time.
When will my reflection show who I am inside?
Faut-il qu'il y ait un moi secret que je sois forcé de dissimuler ?
Je ne vais pas prétendre que je suis quelqu'un d'autre pour toujours.
Quand mon reflet montrera-t-il qui je suis à l'intérieur ?
(Christina Aguilera - Réflexion, dans Mulan de Disney)
REMUS :
Je ne sais pas de qui il pense se moquer, songea Remus. Il sentait le regard désormais familier brûler son dos alors qu'il essayait de garder son attention fixée sur le cours du professeur Anders concernant les sorts de base en duel. Il remua sur sa chaise, luttant contre son instinct naturel qui lui criait de se retourner pour affronter ce que le loup en lui considérait comme un regard prédateur. Il aurait dû y être habitué à présent : cela faisait quatre mois, et pourtant Black n'avait toujours pas abandonné.
Remus ne pouvait que se montrer reconnaissant que Black n'ait pas essayé de lui reparler. À chaque fois qu'il revenait de l'infirmerie après ses transformations, Remus pouvait sentir les yeux gris le scruter en quête de signes de ce que Remus lui avait si imprudemment dévoilé lors de cette première pleine lune qui semblait à présent si lointaine. Il lui fallait mobiliser tout son talent d'acteur et son seuil élevé de résistance à la douleur pour traverser calmement les couloirs, la Salle Commune et les salles de classe dans les jours qui suivaient la pleine lune. Il savait que s'il montrait le moindre signe de faiblesse, le masque hésitant de Black se briserait et le garçon risquerait de chercher à confronter Remus de nouveau.
Remus se savait bon acteur. Il savait que les histoires qu'il racontait pour ne pas être découvert pouvaient duper quasiment n'importe qui. Mais il savait aussi que jouer la comédie ne marchait que jusqu'à un certain point. Black était persuadé que quelqu'un lui faisait du mal chez lui, et il était un peu trop près de la vérité pour que Remus se sente à l'aise. Si Black, avec ses yeux gris perçants et ses questions ouvertement inquisitrices, pouvait tirer de lui cette vérité honteuse, qui savait ce qu'il finirait peut-être par découvrir ? Malgré sa nature téméraire de Gryffondor, on distinguait clairement un peu de l'héritage Serpentard des Black dans ses yeux perçants et intelligents qui le scrutaient avec minutie.
Remus frissonna en pensant à ce que Potter, Black et Pettigrow seraient en mesure de faire s'ils découvraient qu'ils partageaient leur chambre avec un loup-garou. Au mieux, ils pouvaient exploiter cette information pour faire chanter Remus et le forcer à faire quelque chose d'affreux, mais dans le pire des cas…
Ils pouvaient le dire à tout le monde. Remus serait renvoyé. Le poste de directeur de Dumbledore serait en danger. Les loups-garous n'étaient pas autorisés à recevoir une éducation, et Remus avait lu assez de livres à la bibliothèque pour savoir exactement à quel point les préjugés du Monde Sorcier contre son espèce étaient graves. Si le Ministère apprenait la vérité, il aurait vraiment de sérieux ennuis. Son âge jouerait peut-être un peu en sa faveur, mais il était plus que probable qu'ils l'enfermeraient dans l'une de ces réserves de loups-garous, surtout si ses camarades leur disaient à quel point ils le pensaient dérangé. Ou ils pourraient même décider de le liquider. C'était ce qui arrivait à la plupart des Créatures des Ténèbres dont l'existence menaçait une vie humaine.
Remus sentit qu'il commençait à trembler et à transpirer de peur. Madame Pomfresh ne l'avait libéré de ses soins que la veille, et ses défenses étaient affaiblies car il luttait encore contre la douleur de son corps meurtri. L'orage qui avait éclaté dans la nuit de la pleine lune avait agité le loup, et ses blessures étaient aussi graves qu'elles l'avaient été à la première pleine lune de l'année. Les crocs du loup avaient infligé une déchirure impressionnante à sa cuisse, juste au-dessus du genou. Remus avait dû mobiliser toute sa volonté pour rentrer en classe sans boiter.
Prenant tout à coup conscience d'une ombre au-dessus de lui, Remus leva les yeux.
« Monsieur Lupin, êtes-vous avec nous ? » demanda le professeur Anders, debout devant lui.
« Je… euh… »
« Cela fait trois fois que je vous pose la même question. »
Remus fouilla son cerveau, espérant y trouver une vague idée de ce que pouvait être la question.
Après un moment, le jeune Auror fronça les sourcils et se pencha en avant pour étudier le visage de Remus de plus près. Remus vit ses yeux se tourner brièvement vers la fenêtre à travers laquelle on pouvait voir le ciel toujours orageux. Il vit la compréhension s'inscrire sur les traits de l'homme et, pas pour la première fois, il regretta que tous les professeurs dussent être informés de sa nature.
« Vous n'avez pas l'air d'aller très bien, Monsieur Lupin », dit le professeur Anders, la sévérité faisant place à l'inquiétude sur son visage juvénile. « Peut-être devriez-vous aller voir Madame Pomfresh ? »
Il n'y avait rien que Remus désirait davantage qu'une excuse pour fuir la salle de classe et les yeux gris qui l'observaient encore et encore, cherchant des failles dans son armure. Mais il savait également qu'il ne pouvait partir. Sortir maintenant serait un signe de faiblesse, et il était certain que Black en tirerait des conclusions. Il pensa aussi à sa mère et à la promesse qu'il s'était faite de faire de son mieux à l'école afin d'obtenir des notes dont elle aurait pu être fière. C'était l'une des raisons pour lesquelles il avait persuadé Madame Pomfresh de le laisser sortir aussi vite.
« Non, tout va bien, Monsieur. Je rêvassais, c'est tout. Pourriez-vous répéter votre question, s'il vous plaît ? »
Anders eut l'air de vouloir protester, mais finit manifestement par se raviser. « Je vous ai demandé si vous vouliez bien faire la démonstration du sortilège de Jambencoton sur Monsieur Longdubat ici présent. » Il fit un geste vers Frank, qui se tenait debout près du tableau noir, visiblement résigné à servir de cobaye.
« Euh, oui. Oui. Un instant. »
Remus se plongea dans ses archives mentales en espérant y trouver un souvenir du sort en question. Il avait été perdu dans son monde plus longtemps qu'il ne pensait et se rendit compte qu'il n'arrivait même pas à se souvenir de la démonstration. Par chance, il avait trouvé son livre de Défense contre les forces du Mal fascinant, et puisque son père l'avait gardé enfermé dans sa chambre pendant la majorité de l'été, il avait eu tout le temps nécessaire pour l'étudier.
Il se leva, essayant de ne pas grimacer quand la douleur traversa sa jambe blessée. « Désolé, Frank. »
« Pas de problème, mon vieux. » Il haussa les épaules et sourit à Remus. « Rassemble cette magie ! »
Remus inspira profondément et lança le sortilège. Il ne s'attendait qu'à moitié à le voir fonctionner, car son état de fatigue était tel que les contours de sa vision ne cessaient de se brouiller quand il bougeait trop rapidement. À son grand étonnement cependant, Frank commença à vaciller devant la classe comme si ses jambes étaient faites de caoutchouc.
« Excellent, Monsieur Lupin ! » Le professeur Anders lui sourit, son visage arborant une expression proche de la stupéfaction. « J'espère que vous avez tous noté le mouvement très précis de sa baguette. Ce n'est pas tant la force mise dans le sort que la précision qui importe pour ce type de sortilèges de base. Finite Incantatem ! » Frank retrouva son équilibre. « Vous pouvez aller vous asseoir, tous les deux. »
Soulagé, Remus regagna sa place, déterminé à rester concentré sur la leçon jusqu'à la fin du cours. Le temps semblait traîner en longueur et Remus eut envie de pleurer de soulagement quand Anders leur demanda enfin de ranger leurs affaires. Toutefois, alors que la classe était sur le point d'aller déjeuner, Remus sentit sur son bras une main qui l'empêchait d'avancer vers la porte. Il tenta de dissimuler sa grimace tandis que la main, si douce fût-elle, appuyait sur une plaie aux bords sensibles sur son bras.
« Un moment, s'il vous plaît, Monsieur Lupin. »
Remus jeta un regard plein d'envie à la porte et repéra Black et Potter juste à la sortie de la salle, le regardant tous les deux avec curiosité. Tout compte fait, il pensait pouvoir s'en sortir plus facilement face aux questions d'Anders que face aux leurs. Il adressa à son professeur un hochement de tête.
« Allez, messieurs, oust ! » dit le professeur Anders à Black et Potter. Il ferma la porte et y jeta un sort de Silence d'un mouvement de poignet.
« Vos amis débordent de curiosité », commenta-t-il en allant s'asseoir à son bureau. « Asseyez-vous. »
Remus s'assit nerveusement à l'une des tables proches du bureau professoral. « Ce ne sont pas mes amis. »
« Ah non ? » dit Anders. Il regarda Remus avec calme. « Qui sont vos amis, dans ce cas ? »
Remus baissa les yeux sur sa table. « Euh… J-je n'en ai pas. »
« Et pourquoi pas ? Avez-vous peur qu'ils découvrent votre secret ? »
Remus ne savait que répondre. Il n'arrivait pas à regarder l'homme dans les yeux. Il continua à fixer la surface abîmée de la table et secoua négativement la tête.
« Eh bien, de quoi s'agit-il alors ? »
« Je… Enfin, j-je ne veux pas qu'ils sachent, bien sûr », dit Remus en rougissant et en jetant un rapide coup d'œil au ciel dehors. « Mais ce n'est pas pour ça que je n'ai pas d'amis. »
« Alors pourquoi n'en avez-vous pas ? »
« Je ne sais pas ! » Remus se rendit soudain compte qu'il avait peut-être là, enfin, quelqu'un qui puisse lui dire ce qu'il faisait de travers. « J'essaie d'être gentil avec les gens, mais ils pensent tous que je suis fou et ils m-m'appellent Zinzin. Et même quand ils ne me détestent pas, ils se sentent seulement d-d-désolés pour moi parce que je n'ai aucun ami. Mais comme je n'ai aucun ami, personne ne veut être mon ami parce que dans ce cas ils n'auraient aucun autre ami non plus. S'il vous plaît… qu'est-ce qui ne va pas dans ce que je fais ? »
« Remus, il faut que tu comprennes que ta malédiction et les épreuves que tu as traversées dans ta vie t'ont conduit à voir le monde d'une façon très différente de la plupart des enfants de ton âge. Tu regardes les choses un peu comme un adulte le ferait. Tu n'as aucune illusion sur l'équité de la vie ou les aspects les plus sombres de la magie. Un enfant de onze ans ordinaire n'a jamais eu d'autre préoccupation que la Maison dans laquelle il va être réparti, ou bien ce que ses camarades vont penser de lui. Ils sont prompts à émettre un jugement et rejettent tous ceux qui ont l'air un peu différents. »
« Mais je ne sais pas comment être comme eux ! » Remus abattit ses poings sur la table qui se trouvait devant lui avec frustration. Le bois céda et se fendit, et son poing gauche traversa complètement la table. « P-pardon », murmura-t-il, mortifié. La force des loups-garous : une autre chose qui le mettait à l'écart. Animal. Bête.
« Ce n'est pas grave, Remus, ce n'est pas grave », dit le professeur Anders. Il n'avait l'air ni horrifié ni effrayé, seulement triste. « Et tu ne devrais pas faire semblant d'être comme eux. » Il se leva et s'approcha de Remus en faisant un rapide mouvement de baguette. « Reparo. » La table retrouva son état d'origine. « Black passe beaucoup de temps à te regarder », continua Anders. « C'est pour ça que j'ai cru que vous étiez amis. »
Remus remua la tête négativement. « Je suis dans sa chambre. Un jour, il a vu quelques-unes de mes… euh… c-cicatrices et tout. Je crois qu'il pense que quelqu'un chez moi me fait du m-mal. »
« Pourquoi pense-t-il cela ? » demanda le professeur Anders en fronçant légèrement les sourcils.
« Je leur ai dit que je rentrais chez moi pour voir ma mère m-malade pendant les nuits de pleine lune. C'est facile de comprendre pourquoi il en a déduit cela, je suppose. »
Le silence s'installa dans la pièce et Remus vit bien qu'Anders s'efforçait de trouver quelque chose qui puisse l'aider tout en sachant que, sans révéler sa lycanthropie, il n'y avait pas grand-chose à faire.
« J'essaie de leur dissimuler mes blessures », dit Remus. « C'est pour ça que je ne pouvais pas quitter la classe aujourd'hui. »
« Alors vous n'allez pas bien ? Et malgré tout vous avez réussi à jeter un remarquable sortilège de Jambencoton. Une vraie prouesse, Monsieur Lupin. »
Remus sourit et baissa la tête. « Merci. »
« Vos parents seront fiers de vous. »
« Ma mère est morte. »
« Je suis navré. Votre père, dans ce cas. »
Remus sentit naître en lui le même rire hystérique qui l'avait envahi à la gare face à la mère de Potter et se leva rapidement avant qu'il ne puisse s'échapper de sa bouche. « Je pense que je vais aller à l'infirmerie maintenant », murmura-t-il en se pressant vers la porte aussi vite que le lui permettait sa jambe blessée.
« Monsieur Lupin ! » Le ton brusque le fit hésiter et il regarda par-dessus son épaule. « Personne ne vous fait vraiment du mal chez vous, n'est-ce pas ? »
Le cœur de Remus cogna douloureusement dans sa poitrine sous l'effet de la peur. Son père le tuerait si quelqu'un apprenait la vérité. « Le loup, monsieur. Il me fait du mal où que je sois. » Il fut stupéfait de constater à quel point sa voix était assurée. Il se retourna et se dépêcha de sortir de la pièce avant qu'Anders ne pût dire quoi que ce soit d'autre. Il fut incapable d'empêcher le rire de s'échapper de sa bouche quand l'ironie de la situation le percuta. Avec Black, il utilisait les mauvais traitements de son père pour cacher sa lycanthropie, et avec Anders, il utilisait sa lycanthropie pour cacher les mauvais traitements de son père.
Il prit à la hâte le chemin de la tour des Gryffondor, ne se souciant plus de son boitement et peu désireux de subir les soins affairés qui l'attendaient s'il retournait à l'infirmerie. Il ne remarqua pas les deux garçons aux cheveux noirs qui s'étaient attardés dans le couloir et le regardèrent s'éloigner, perplexes.
J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à reviewer pour me donner votre avis !
À bientôt pour la suite :)
