Titre : Kokoro's cards
Disclaimer : Toute l'intrigue est de moi, les personnages pour la plupart sont également miens, seuls les éléments du passé appartiennes aux CLAMP.
J'étais oppressée, même si j'avais envie de sortir pour retrouver la lumière, l'ombre rendait mes mouvements lents et fastidieux. Respirer cet air lourd me faisait tourner la tête.
Un flot de pensées confuses noyait ma conscience. Comment ma grand-mère savait pour les cartes, pourquoi ne voulait-elle rien me dire ? Pourquoi les cartes étaient si hostiles ?
Malgré le battement régulier de mes ailes, mes pieds avaient fini par toucher le sol. Cette solidité sous mes pieds m'avait ramené à la réalité. Mon souffle court trahissait le manque d'oxygène de la brume noire dans laquelle je me trouvais. J'essayais de réfléchir au mieux tant que ma tête voulait bien suivre, mais rien ne me venait. J'essayais de me souvenir de quel côté je venais en vain. Plissant les yeux pour entrevoir un rayon de lumière qui, peut être, aurait pu filtrer à travers l'ombre. Je n'ai rien vu d'autre que les ténèbres. J'ai fais un pas vers ce que je croyais être l'avant et déjà des fourmis d'engourdissement courraient le long de mes muscles. Les bras tendu, j'avançais prudemment.
Le silence qui m'entourait ne m'avait frappé que quand mon portable avait vibré dans ma poche. Incertaine, j'écoutais les vibrations s'enchainer, une vague lueur traversant ma poche. Plus rien, il s'était arrêté me laissant dans le doute avant de recommencer à nouveau. Ma main avait lentement sortit l'objet de ma poche, inondant l'ombre d'une lumière douce. Je devinais tout autour de moi l'ombre rétractée et fulminante, une sorte de grondement sourd résonnait, lointain.
La dernière sonnerie allait retentir, mes esprits retrouvés, j'ai décroché.
La voix de Namie avait détonné moins d'une seconde après, posant une avalanche de question sur mon état. Avant de répondre, j'avais pris une bouffée d'air qui m'avait parut moins dense.
-Je vais bien.
J'ai jeté un coup d'œil au sol en y dirigeant la lumière, ignorant les cris sortant de l'appareil.
-Je suis sur la ligne des trois points du terrain.
-Quels trois points ? De quoi tu parles ?
Un peu agacée, je lui ai expliqué de quoi je parlais après un soupir de lassitude.
-Je suis sur le terrain de basket derrière les tatamis. Je parlais des lignes au sol, pour me situer j'ai besoin que tu m'indiques vers quelle ligne est l'interrupteur, je vais essayer d'y aller.
Elle poussa un petit cri angoissé après quelques secondes.
-Quoi ? Il y a un problème de ton côté ?
Elle s'était empressée de démentir d'une voix blanche.
-Non-non, pas exactement.
-Qu'est ce qu'il se passe alors ?
Un peu irrité, j'attendais sa réponse. Plus vite je sortirais de cette poix moribonde, plus vite je me sentirais mieux.
-Je ne vois pas le terrain, ni le boitier électrique… L'ombre s'est étendue jusqu'au plafond.
Après un long soupir j'ai coupé la communication.
-Eclairage maximum.
Le téléphone exauça docilement ma demande et l'ombre recula plus encore.
Suivant les lignes au sol, je me dirigeais vers le mur accompagnée par les vibrations incessantes de mon portable. Les ombres tournaient autour de moi, attendant patiemment un faux pas de ma part. Quand ma main rencontra le mur d'escalade, un vague sourire étira mes lèvres et une nouvelle fois, je décrochais le téléphone.
-Je suis au mur, je raccroche. J'ai besoin de mes mains.
L'image de Namie pestant contre son téléphone, relançant frénétiquement l'appel qui s'obstinait à la diriger vers ma boite vocale, me fit ricaner. J'étais consciente qu'elle allait me le faire payer à la sortie, que j'étais en tords mais qu'importe.
J'ai regardé mon épée, elle ne me servirait pas à grand-chose, en la faisant retourner à l'état de sceptre, je l'ai glissé dans ma ceinture. Après m'être assurée que les cartes ne risquaient pas de tomber de mon autre poche à cause de mon ascension, j'ai pris quelques secondes pour me préparer. Le portable dans la main gauche, mon bras droit étant plus habile et fort, donc, plus utile. J'ai cherché ma première prise.
Pierre par pierre, j'ai commencé à gravir le mur, mes ailes faisaient trop d'ombre, j'avais choisis de les rétracter. Le mur faisait environ six mètres de haut, le boitier électrique se trouverait à portée de bras une fois là haut. Qu'est que j'aurais donné pour avoir cette fichue télécommande d'action à distance ou la voix du principal. L'escalade à une main se révéla rapidement épuisante, à chaque mouvement le sceptre venait taper contre mes mollets pour ajouter à l'effort. Le souffle court, je devais lutter contre les ombres tirant mes pieds qui ne recevaient pas assez de lumière. Un mètre au dessus de moi, j'ai enfin aperçu mon but. Un sourire de victoire fleurissant sur mon visage, j'ai grimpé de cinquante centimètres. Alors que je levais le pied, encore une fois, un grondement sourd résonna dans l'ombre. Un craquement sinistre me fit hurler de douleur, une ombre venait sans aucun doute de me déboiter la cheville. Tenant le bras bien haut, je me suis entièrement éclairée avant qu'un autre bras d'ombre ait la mauvaise idée de faire subir un sort similaire à mon autre jambe. Haletante, j'ai fermé les yeux pour essayer de repousser la douleur. En vain.
J'ai poussé un long soupir plaintif avant de me remettre en route, toujours le bras levé, avec une jambe en moins. Plus qu'une vingtaine de centimètre avant de pouvoir atteindre le boitier.
Tirant sur tous les muscles présents dans mon bras droit, je me suis laborieusement hissée d'environ huit ou dix centimètres. Voyant que ça ne suffirait pas, j'ai du faire un choix.
Tout s'est passé en quelque secondes. J'ai lâché mon portable, désorganisant l'ombre quelques centièmes de seconde seulement avant qu'elle ne s'accroche à moi de toutes ses forces. Mes deux bras m'ont tiré avec plus de puissance que je pensais pouvoir déployer et mon bras s'est détendu en un instant vers le bouton de marche. J'ai appuyé sur le bouton en même temps que mes pieds basculaient dans le vide. La lumière est apparut en un instant, me brûlant les yeux.
Si seulement j'avais gardé mes ailes.
Un instant, je regrette que les ombres ne soient plus là pour m'attraper, je continue de tomber. J'essaye vaguement de me rattraper et un de mes pieds ripe sur le mur, me basculant la tête vers le sol. Une palette d'émotion se peint sur mon visage quand j'aperçois, Shaolan, en train de couper l'ombre en deux après tous mes efforts. Une longue liste d'insultes fleurit dans mon esprit, sans qu'aucune ne passe mes lèvres. Je jette un coup d'œil vers le sol qui se rapproche dangereusement et je me replie sur moi-même, essayant de protéger mon corps d'une chute plus violente qu'elle ne le sera déjà.
Le choc me coupe le souffle après avoir fait sortir tout l'air contenu dans mes poumons. Une douleur cuisante à l'épaule et aux côtes, sans parler de ma cheville qui semble s'être, soit remise en place, soit complètement détachée. Arrivant finalement à inspirer, je sens de la bile qui me remonte la trachée. Deux yeux marron clair me surplombent une pointe d'amusement les faisant briller.
-Rends à la carte sa forme rapidement, à moins ce que tu préfères recommencer du début.
Le coin de sa lèvre s'est relevé et tant bien que mal, je me suis redressée sur le côté quand ma tête a basculé sciemment vers ses pieds, pour régurgiter le maigre repas que j'avais pris avant l'entrainement. C'était une vengeance parfaitement immonde, mais tellement satisfaisante. Je me suis relevée en titubant vers l'ombre et j'ai repris le sceptre toujours pendu à ma ceinture.
-Carte de Sakura reprend ta forme originelle moi Mizuno ton nouveau maître te le demande !
Sans attendre, les étoiles noires que je commençais à voir depuis un certain temps m'emportèrent vers l'inconscience. Dans ma chute, j'ai entendu Namie crier, la voix de Kero faisant écho à la sienne.
Je me suis réveillée le lendemain dans ma chambre. J'ai cligné des yeux en me redressant déclenchant une vague de douleur. Le temps de me pencher vers le sol de la bile gicla, inondant le tapis à côté de mon lit. Kero se réveilla en sursaut avant de voler vers moi.
-Tu te sens bien ? Surtout ne bouge pas ! Tu n'as rien de grave, rien de cassé en tout cas, juste une foulure à la cheville et des bleus.
Sans réfléchir plus, je me laisse glisser dans mon lit pour repartir vers un sommeil plus réparateur.
Quand j'ouvre de nouveau les yeux, le soleil est déjà couché et la voix de Namie me parvient du salon. J'entends ma grand-mère s'excuser et la renvoyer chez elle. Tout de suite après, j'entends ses pas dans l'escalier, puis un faux pas, contre le robot ménager surement. En voyant que je suis réveillée, elle perd immédiatement son expression de contrariété pour céder place à l'inquiétude.
-Tu ne te sens pas trop mal ?
Une simple dénégation de la tête suffit à la rassurer et elle tire la chaise de mon bureau à elle pour s'y installer. Elle me regarde tendrement, quant soudain elle semble se rappeler de quelque chose, elle explique donc à mon intention tout en sortant son portable.
-Le docteur Axel m'a demandé de le rappeler dès que tu serais réveillée. Tu aurais vu sa tête quant il t'as vu.
Puis elle marmonne tout bas mais pas suffisamment pour que je n'entende pas.
-Quoique, si tu avais vu la mienne, ce n'était pas mieux.
Elle me fait un signe de la main puis sort dans le couloir le temps de son appel. Kero entre à son tour, le regard affligé.
-Mizuno, il faut que je te parle de quelque chose.
J'approuve silencieusement tandis qu'il cherche ses mots.
-Les cartes, il y a quelque chose qui ne va pas. Elles ne devraient pas être aussi… violentes. Je ne comprends pas ce qui se passe.
J'assimile sans surprise sa phrase, connaissant Kero, il n'aurait jamais demandé à quelqu'un de risquer sa vie sans le prévenir à l'avance. Puis je pose la question qui me taraude depuis un certain temps.
-Combien y a-t-il de cartes ?
Je vois son regard se perdre dans le mien tandis qu'il hésite alors je répète une nouvelle fois.
-Combien ?
-Au départ il y en avait cinquante deux, enfin cinquante trois. Puis Sakura en a créé mais je ne sais pas pourquoi mes souvenirs la concernant sont tous flous, je ne peux pas t'aider de ce côté-là.
J'avais haussé mon épaule valide puis ma grand-mère était revenue dans la chambre peu après.
-Il y a quelque chose que tu voudrais que je te prépare ?
Encore une fois, j'ai essayé de me redresser, plus prudemment cette fois là et mon corps bien que raide a accepté la manœuvre. Adossée au mur de ma chambre, je lui ai répondu en souriant.
-Je veux que tu m'aides à faire un gâteau.
Ma grand-mère à levé un sourcil sceptique.
-Que crois tu que je vais te laisser faire dans ton état ?
-Regarder ?
Elle a sourit avant de rire en s'éventant de la main.
-Très bien, très bien. Je vais t'aider à descendre, qu'est ce que tu ne fais pas faire à ta vieille grand-mère.
Souriante, j'ai fais glisser mes jambes hors de mon lit. Grand-mère est allée vers l'escalier pour mettre en marche le monte-charge afin de pouvoir me descendre sans effort. Ses bougonnements me font rapidement comprendre qu'une fois encore, quelque chose est tombé en panne dans la maison. Alors que j'entends ses pas sur les marches, elle me crie qu'elle se rend chez les voisins.
-Mizuno, il y a autre chose dont tu dois t'occuper rapidement.
Je tourne mon regard vers Kero, l'interrogeant d'un haussement de sourcil.
-Tu dois écrire ton nom sur la carte, pardi !
-La carte ?
Troublée, j'essaye de puiser dans mes souvenirs. Shaolan avait sans aucun doute, porté le coup de grâce. Alors pourquoi la carte était elle en ma possession ? Namie avait elle subtilisé la carte à Shaolan ? Bégayant un « pourquoi » confus, Kero aborda un grand sourire.
-Tu as impressionné la carte plus que l'autre morveux. Alors évidemment elle t'a choisie ! Tu as vu ton état ? C'aurait été un comble qu'elle ne te prenne pas pour maître !
Il se mit à rigoler franchement quand le claquement de la porte l'interrompit brusquement. Grand-mère était rentrée accompagnée et Kero vola jusqu'à mon tiroir pour se camoufler. Un pas trainant résonne dans le couloir quand la tête de Steven apparait dans l'encadrement de la porte.
-Ami du soir…
-…Bonsoir.
J'ai répondu machinalement à cette phrase qu'il a toujours aimé répéter. Son regard bleuté me détaille de haut en bas et avec un soupir mêlé d'une grimace, il déclare d'un ton consterné.
- Comment peux-tu encore rentrer dans cette horrible chemise de nuit orange ?
-Tout simplement par ce qu'avant elle était trop grande.
Il me dédaigne du regard avant de me fixer à nouveau dubitatif.
-Tu es tombé du mur d'escalade ?
Son ricanement m'indique clairement qu'il n'y croit pas une seconde mais je sais qu'il ne me posera pas de question. Pourtant alors qu'il me surplombe de toute sa hauteur, il me fait hésiter un instant.
-Ca te fait mal ?
Joignant le geste à la parole, il m'enfonce son doigt dans les côtes pour tester à quel point. Je retiens un cri autant de surprise que de douleur. Cherchant mon oreiller à l'aveuglette, je lui lance à la figure alors qu'il s'éloigne déjà en ricanant.
-Dégage crétin !
Loin de le traumatiser mon insulte l'amuse encore plus, comme toujours.
Alors que je préparais un monologue salé, grand-mère entre avec des biscuits et du chocolat chaud. Sautant sur l'occasion Steven chipe ceux que je préfère avant de les manger goulument. Entourant ma grand-mère de ses deux bras, il lui glisse dans le creux de l'oreille sur le ton d'une confidence outrée.
-Mamie votre petite fille me violente, même alité !
-Que veux-tu, en tout cas ce n'est pas de moins qu'elle tient ça.
Un coup d'œil mauvais vers ma grand-mère, je me rabats rapidement vers les biscuits. Steven répare rapidement le monte charge et alors que grand-mère installe la chaise, il entre à nouveau dans ma chambre. Après une révérence grotesque, il s'agenouille aux pieds de mon lit.
-Mademoiselle, si vous permettez.
Retenant bien mal un gloussement, je me laisse soulever du sol. Il me transporte sans mal jusqu'en bas des escaliers, sous le regard réprobateur de ma grand-mère.
-Si tu te fais mal au dos, tu rentreras en rampant. Ne compte pas sur moi pour te trainer jusqu'à chez toi.
Je ricane sans me cacher et à nouveau, un doigt vient rencontrer mes côtes me coupant le souffle. Un regard noir vers le coupable, me démontre qu'il simule l'innocence. Un coup de coude bien placé, le faisant à peine tressaillir, ramène son attention à moi. Un sourire idiot flotte sur son visage quand il me dépose sur une chaise dans la cuisine.
-Bon, il va falloir que je rentre avant que ma mère ne signale ma disparition.
-Balivernes ! Ta mère sait parfaitement où tu es.
Elle lui tapote l'épaule avec un regard bienfaisant.
-Merci pour la réparation.
-C'est toujours un plaisir. A bientôt.
Après un dernier signe de la main, j'entends la porte claquer et quelques secondes plus tard Kero se montre de nouveau. Ma nouvelle carte à la patte, il me la tend en souriant.
J'y inscris mon nom au stylo bille.
Mot de l'auteur : J'essaye d'amorcer une réflexion, l'intrigue commence doucement après tout il reste encore énormément de cartes à capturer =p
