Yuri on Ice – Roman
Enfin, l'épisode 7! Que je sépare en deux. Ou plutôt : que je raconte dans cette première partie, puis que je fais suivre d'une seconde partie, où on pourra découvrir ce qui arrive entre les deux APRÈS le baiser-surprise… Après tout, ils n'arrivent pas à l'épisode 8 (qui se passe trois semaines plus tard) sans que rien d'autre ne se passe! ;)
dry1410: Merci encore pour tes commentaires. Moi aussi, j'adore les réflexions de la sœur de Yuri!
Marie-Hlne 491 : Ah ah! J'écris pour vous, mais je dois avouer que je le fais pour moi d'abord! C'est un tel bonheur de fouiller la psychologie et l'amour de ces personnages! Mais votre enthousiasme et vos commentaires me motivent bel et bien à poursuivre l'aventure!
Marshall Skynfinity : je relis beaucoup, mais il peut rester des fautes, effectivement, malgré mes efforts. J'espère que mon interprétation des événements de l'épisode 7, du point de vue de Viktor, te plaira!
Myriel
Épisode 7 – Partie 1
Le baiser-surprise
Ce n'est qu'en arrivant à la patinoire, le matin de la compétition, que Viktor réalisa l'ampleur du stress de Yûri. Concerné, il constata le visage épuisé du patineur. Il soupira.
- Yûri, tu n'as pas dormi, n'est-ce pas?
Yûri agita les bras dans tous les sens, niant :
- J'ai dormi! J'ai dormi! Un peu, en tout cas.
Viktor s'en voulut de n'avoir pas remarqué son angoisse avant ce moment. Il partageait pourtant la même chambre que lui. Il aurait dû voir que le patineur était trop nerveux. Comment avait-il pu être si inattentif? Il n'avait pas à la hauteur comme coach, cette fois. Et il fallait remédier à cette fatigue…
Il prit Yûri par la main et le mena vers les ascenseurs.
- Viktor! Viktor, où on va?
Il ne répondit pas jusqu'à ce qu'ils soient rendus à leur chambre. À l'intérieur, Viktor se tourna vers le patineur et lui retira rapidement son manteau.
- Mais qu'est-ce que… Viktor…
Puis il tira sur le chandail de Yûri.
- Que… Quoi? Attends… Attends…
Et, sans tenir compte des protestations du patineur, il déboutonna son pantalon et le descendit. Il sourit en constatant que Yûri le fixait avec de grands yeux paniqués. Viktor le laissa là pour aller chercher le cache-yeux que Yûri utilisait toujours dans l'avion. Il lui posa sur la tête, voilant ses yeux.
- Ah! Mais Viktor, ça ne peut pas se passer comme ça…
Viktor ne put s'empêcher de sourire en l'entendant. Qu'est-ce qui ne peut pas se passer comme ça, Yûri? Tu as de telles pensées avant une compétition? Il le poussa vers le lit et le couvrit d'une couverture.
- Dors jusqu'à ce soir.
Il s'étendit près de lui et le tapota pour le rassurer :
- Tout va bien se passer. Je dormais toujours jusqu'à la dernière minute lors des compétitions, moi aussi.
Et Viktor s'étendit de tout son long sur les couvertures, le corps de Yûri sous lui. C'était parfait, finalement. Il avait trouvé une façon de retrouver Yûri pour une sieste! Viktor était tout à fait content de lui, mais Yûri cria :
- Viktor! As-tu mis une alarme?!
Mais Viktor s'était déjà endormi, l'oreille contre le cœur de Yûri. Le rythme apaisant des battements et l'odeur à la fois sucrée et réconfortante du patineur avaient eu raison de lui.
La respiration de Yûri s'apaisa, Viktor tout contre lui. Il refusa de dormir, ne voulant pas manquer la compétition en risquant de passer tout droit, mais il se calma un peu. Quand Viktor était si proche, il ne pouvait faire autrement. Il n'avait jamais été aussi étroitement collé contre quelqu'un. Tout le poids de Viktor était sur lui. Et pourtant, c'était agréable. Sa chaleur l'entourait. Son souci pour lui le rassurait. Ses yeux malicieux quand il l'avait déshabillé tout à l'heure… Viktor savait fort bien désamorcer les situations de stress avec des gestes inattendus. C'est certain que Célestino n'était pas du tout comme cela! Pendant un moment, Yûri avait cru qu'il allait être distrait de la compétition à venir par autre chose qu'une sieste… C'était un peu étonnant, mais il n'aurait pas refusé, il le réalisait. La pensée l'amena encore plus loin du sommeil, le forçant à prendre une grande respiration pour se calmer. Avec le corps de Viktor ainsi appuyé sur lui, ce n'était pas facile de penser à autre chose… Jusqu'où était-il prêt à aller maintenant avec cet homme? Étrange comme tout semblait si facile avec lui.
Le temps passa ainsi, Yûri tout à ses pensées, Viktor dans ses rêves. Quand Viktor finit par s'éveiller, il se leva et sourit à Yûri :
- Alors, ça t'a fait du bien?
- Oui, oui…
Mais Yûri sentit le stress lui revenir dès que le poids de Viktor le quitta. Comme si l'angoisse était un petit animal assis au bord du lit, près à lui monter dessus pour l'agripper avec ses griffes. Il détourna le regard et chercha ses vêtements. Puis ils redescendirent ensemble.
En tentant d'ouvrir sa bouteille d'eau, Yûri n'arriva pas à tourner le bouchon. Viktor soupira une nouvelle fois. Yûri avait semblé plus détendu après le repos, mais l'angoisse semblait être revenue avec toute sa force. Le patineur n'était pas habitué d'être celui qui dominait la compétition, à être vu comme celui à battre par tous les autres, à vouloir faire aussi bien pour le programme libre… Il s'avança et agrippa le patineur par les épaules :
- Yûri… Tu n'as pas dormi pendant la sieste?
- Eh! J'ai dormi, j'ai dormi!
Il n'avait pas dormi. Son énergie n'était donc pas à son maximum…
- Je t'interdis de faire des sauts pendant les six minutes d'échauffement.
- Quoi?
- C'est un ordre de ton coach, Yûri…
Viktor gardait son sourire, mais sa voix était sérieuse. Si Yûri faisait des sauts pendant l'échauffement et qu'il les manquait parce qu'il n'avait pas toute sa force, surtout avec ce stress qui lui mettait des bâtons dans les roues, il allait diminuer encore davantage sa confiance, ce qui s'en ressentirait pendant son programme.
Mais Yûri effectua un saut et tomba. Viktor ferma les yeux. Que pouvait-il faire avec un patineur aussi têtu? Il tenta de l'encourager quand il vint le rejoindre :
- Bon… C'est commun qu'un patineur réussisse ce qu'il a manqué lors de l'échauffement, ne t'en fais pas, dit-il en riant.
Les épaules basses de Yûri ne remontèrent pas. L'humour ne fonctionnait pas, encore.
- Allez, continue à te réchauffer, lentement, mais sûrement.
Sa bouche était tellement crispée…. Et les cris retentirent quand Guang-Hong entra sur la glace, appuyé par le public chinois. Yûri était paralysé devant le téléviseur en regardant la performance du jeune patineur. Il ferma les écrans des télévisions et se recroquevilla sur le sol, le visage dans les mains. Il respirait vite, les yeux écarquillés.
Viktor réalisa que Yûri vivait un stress bien supérieur au trac ordinaire qu'il avait expérimenté lui-même avant d'entrer en piste. Non seulement Yûri était du genre à stresser rapidement, mais, lors des compétitions, il ne pouvait s'isoler sur la patinoire pour libérer son angoisse, qui se transformait alors en véritable panique. Viktor n'avait jamais réalisé que cela pouvait devenir aussi intense.
Chris embarqua sur la glace et, bien sûr, il fut excellent. Appuyé contre le mur, Yûri poursuivit les étirements, mais quand Viktor vit deux personnes approcher, il l'accrocha par l'épaule en l'entrainant. Il venait de réaliser qu'il devait sortir Yûri des environs de la patinoire où il ne cessait d'entendre l'enthousiasme de la foule pour ses compétiteurs.
Où y a-t-il le moins de gens en ce moment?, se demanda-t-il, préoccupé. Le stationnement souterrain…
Il le supporta pendant qu'ils descendaient ensemble les escaliers. Même dans le sous-sol de l'aréna, on entendit les cris quand le score de Chris fut affiché.
- Viktor, est-ce que tu as l'heure?, lui demanda Yûri, inquiet.
- Oui, oui, c'est bon, Yûri. Premièrement, prends de grandes respirations.
Mais le patineur regardait vers le plafond alors que la performance de Phichit soulevait l'enthousiasme. Viktor lui demanda de continuer son échauffement. Yûri enchaîna les mouvements de bras, détendant les muscles, les écouteurs sur les oreilles. Mais la foule cria si fort que le son fit vibrer tout l'espace, ce qui attira le regard de Viktor fixa le plafond. Quand il se tourna vers Yûri, ce dernier avait retiré la musique de ses oreilles et il tremblait de panique. Viktor s'élança vers lui et lui boucha les oreilles, furieux.
- N'écoute pas!
Les yeux dans les yeux, ils restèrent ainsi à se regarder. Les pensées de Viktor courraient à toute vitesse devant le visage de Yûri paralysé par la peur. La peur d'échouer, la peur de ne pas être à la hauteur. En oubliant totalement le plaisir de patiner, l'ivresse de sauter sur la glace, de danser devant un public. Évidemment qu'il comprenait que les réussites des autres patineurs augmentaient la pression sur lui, mais à son âge, avec son expérience, cela n'aurait pas dû le stresser autant! Qu'est-ce qu'il pouvait trouver à dire pour le motiver, pour qu'il oublie cette peur qui le paralysait? Il n'en avait aucune idée! Il ne savait pas du tout quoi faire pour le libérer de son angoisse.
Les mains de Yûri le forcèrent à s'éloigner.
- Viktor? C'est presque l'heure. Il faut retourner en haut.
Le cœur des patineurs est aussi fragile que le verre, pensa Viktor. Peut-être que de le mettre en pièces permettrait à Yûri de mieux se relever après le choc? Comme lors du Onsen on ICE, au moment où Yûri avait réalisé que Viktor repartirait pour la Russie s'il ne gagnait pas, Yûri avait peut-être besoin qu'il mette sa place auprès de lui en jeu? Si Yûri avait un autre but, une motivation pour gagner, il pourrait vaincre son angoisse… Viktor se décida à ce moment-là.
Yûri s'était mis à marcher vers la sortie. Nerveux, Viktor se tourna vers lui et lui dit, très sérieusement :
- Yûri! Si tu échoues ce programme libre et que tu n'es pas sur le podium, j'en prendrai la responsabilité et je te donnerai ma démission de coach.
Un silence suivit sa déclaration. Yûri, immobile, le fixait sans réaction. La sueur se mit à couler du front de Viktor devant cette longue pause anormale. Puis il vit les larmes, le torrent de larmes, qui se mettaient à couler des yeux du patineur.
- Oh!, se surprit Viktor, mal à l'aise.
Ce n'était pas cela! Ce n'était pas cela du tout qu'il avait voulu provoquer. Yûri était complètement démoli maintenant!
- Pourquoi? Pourquoi me dis-tu quelque chose comme ça, maintenant, comme si tu voulais me tester?
Viktor s'avança, tentant de calmer le chagrin immense qu'il venait de causer.
- Je suis désolé, Yûri, je n'étais pas sérieux…
Mais Yûri l'interrompit en criant au milieu de ses larmes :
- Je suis habitué de me blâmer moi-même pour mes propres échecs! Mais là, je suis nerveux parce que mes erreurs vont avoir une influence sur toi aussi! Je me suis toujours demandé si tu cherchais secrètement un moyen de démissionner, Viktor!
- Bien sûr que non!
- Je le sais bien!, hurla Yûri.
Les sanglots secouaient tout le corps du patineur. Viktor ne savait plus quoi faire. Il n'était visiblement pas un très bon coach… Il avoua son impuissance :
- Je n'ai jamais été très bon pour consoler les gens qui pleuraient… Je ne sais pas quoi faire. Est-ce que, si je t'embrassais ou…
- C'est pas ça!, répondit Yûri. Tu as juste à avoir davantage confiance en moi que moi je peux le faire! Et être sûr que je peux gagner! Tu n'as rien d'autre à dire, rien d'autre à faire! Juste à être là, près de moi!
Rien à dire ou à faire. Être là, près de lui. Si peu? Que cela? Yûri lui avait demandé d'être lui-même cet été, de ne pas chercher à être un autre. Peut-être qu'il avait voulu être le coach qu'il n'était pas, cette fois? Avait-il gâché les chances de Yûri de l'emporter en tentant de jouer un rôle qui n'était pas tout à fait le sien? Yûri n'avait pas besoin qu'il lui dise des bons mots, qu'il lui rappelle ce qu'il avait appris en entrainement. Yûri avait simplement besoin qu'il lui fasse confiance, que Viktor croie en lui quand il vivait des moments de doute. Évidemment qu'il était convaincu du talent de Yûri! Il était le patineur qui l'avait convaincu de tout quitter! Il était si beau sur la glace! Comment avait-il manqué de lui communiquer son admiration pour lui? Il avait véritablement échoué dans son travail de coach…
En revenant dans l'arène, les regards interrogatifs des gens sur eux, il n'y avait aucun sourire ni chez l'un ni chez l'autre. Ni leur habituelle complicité. Viktor était triste, Yûri avait le visage marqué par ses larmes récentes. Viktor avait appuyé la main sur son épaule et ils marchaient tous les deux, mais les yeux baissés.
Alors qu'ils prenaient place près de la bande, ils s'évitèrent du regard. Viktor avait croisé les bras, honteux d'avoir provoqué cette crise. Il aurait dû demander des conseils à Yakov avant de s'embarquer dans ce travail. Il avait été arrogant de croire qu'il pourrait réussir à encadrer convenablement un patineur professionnel.
Il aurait dû le comprendre avant. Il était resté parce qu'il tombait amoureux de Yûri et qu'il voulait être près de lui. Partout, tout le temps. Mais il lui avait nui. Tout le monde le lui avait dit qu'il « jouait » à être coach. Il avait été égoïste. Il aurait dû se contenter de créer de belles routines pour Yûri, puis le convaincre de se trouver un coach, de retourner auprès de Célestino tiens!
Yûri prit quelques mouchoirs dans la peluche Makkachin, s'essuyant le nez une dernière fois. Viktor tendit la main pour prendre le mouchoir souillé, mais Yûri le déposa juste à côté, ce qui força Viktor à se pencher par-dessus la bande pour le rattraper. Ainsi incliné, il sentit la main de Yûri sur ses cheveux. Le patineur lui tapota la tête.
Ainsi, Yûri avait vu son découragement. Et il le réconfortait, encore une fois. Comme lors de la compétition Onsen on ICE où il avait également perçu l'angoisse de Viktor qui redoutait de devoir repartir en Russie à cause d'une promesse faite trop vite à Yurio.
Le patineur partit sans un mot. Et la musique démarra. Les notes de piano qui glissaient comme ses patins sur la glace. Yûri avait un léger sourire au visage. Viktor ne comprit pas la raison de ce sourire. Jusqu'à ce qu'il voit l'ampleur du patinage de Yûri. Un Yûri calme et sans hâte. Un Yûri qui avait une telle douceur… Quadruple, double… La combinaison se réalisa sans peine. Il se réjouit de ce bon début, ne comprenant pas tout à fait ce qui était en train de se passer. Qu'arrivait-il au patineur? Il y a quelques minutes à peine, Yûri se décomposait dans le sous-sol de l'aréna. Et maintenant, il était maintenant tout à fait relax, absolument solide dans tous ses gestes, tous ses sauts. Viktor n'y comprenait plus rien. Yûri réalisa un quadruple Salchow.
- Parfait, Yûri!, cria Viktor, les bras dans les airs.
Et le patineur poursuivit la routine. C'était magnifique, à la fois très doux et techniquement très exigeant. Le cœur de Viktor se gonfla devant tant de beauté. Il plaça la main devant son visage devant la grâce que Yûri démontrait au milieu du programme… Oh, sa main vient de toucher la glace pour le triple Axel. Mais le nombre de tours était bon, la hauteur aussi. Yûri poursuivit avec un triple flip… Parfait! Quoique la combinaison était un peu inégale… Puis… Oh! Un triple Lutz, un triple boucle piquée! Viktor n'en revenait pas! Mais c'est la fin du programme! Et tu ne montres aucun signe de fatigue! Ça dépasse tout ce que je t'avais imaginé capable de faire, Yûri!
La séquence des pas s'enchaîna, sans un moment d'arrêt pour Yûri qui tenta ensuite un quadruple flip, mais ne réussit pas l'atterrissage, même si le nombre de tours y était. Un quadruple flip, Yûri! C'est ma signature! Viktor avait la bouche grande ouverte, complètement renversé par l'audace de Yûri. Il n'avait jamais tenté un quadruple flip à la fin d'une routine! Yûri était complètement fou! Et complètement renversant aussi!
Le patineur s'immobilisa au milieu de la patinoire sous un tonnerre d'applaudissements. Viktor se rendit compte que son cœur battait à toute vitesse. Il se masqua les yeux, tenta de ravaler ses larmes, de contenir son émotion. Pourquoi Yûri avait-il fait un programme aussi époustouflant? Où avait-il trouvé la force? Qu'est-ce que ça voulait dire? Ne venait-il pas de lui envoyer le message qu'il avait besoin de lui pour poursuivre? Que sa présence à ses côtés valait quelque chose?
Il venait de comprendre. Il se mit à courir vers la sortie de la patinoire. Sa place était toujours aux côtés de Yûri. En tant que coach, oui, mais surtout en tant que lui-même. Et ce que Viktor souhaitait par-dessus en ce moment, ce que l'homme, et non pas le coach, désirait le plus en ce moment, ce n'était pas de féliciter Yûri. C'était de lui faire comprendre, une bonne fois pour toutes, à quel point il l'aimait. À quel point il n'y en avait aucun autre qu'il l'impressionnait à ce point. À quel point il n'y avait personne qu'il chérissait autant que Yûri Katsuki.
Yûri s'élança vers lui, joyeux, patinant rapidement pour le rejoindre.
- C'était bien, non?, s'exclama-t-il.
Viktor lui sourit doucement et le laissa rejoindre la bande. Puis il sauta. Directement dans les bras ouverts de Yûri. En plaçant les mains derrière sa tête pour empêcher qu'elle ne cogne la glace.
Et il l'embrassa. Sur la bouche. Devant les milliers de spectateurs. Devant les caméras du monde entier.
À peine une seconde. Une éternité.
Ils tombèrent tous les deux sur la glace, enlacés. La foule était en délire. Viktor s'éloigna un peu, souriant et ému, les mains de Yûri dans son dos.
- C'est la seule chose que j'ai pu penser pour te surprendre davantage que tu m'as surpris, lui expliqua-t-il.
Le regard de Yûri devint très doux et il sourit :
- Vraiment…
Ils sortirent de la patinoire sous les acclamations. C'est Phichit qui gagna la médaille d'or, Yûri se méritant l'argent, Chris le bronze. Lorsque les journalistes interviewèrent Yûri, les questions tournèrent beaucoup autour de leur relation, mais Viktor ramena l'attention sur la performance de Yûri, évitant de répondre.
- Maintenant que Yûri peut faire des quadruples flip, il va sûrement gagner en Russie. Et se rendre en finale du Grand Prix! C'est un bonheur d'être son coach!
Yûri avait souri, un peu intimidé, mais confiant avec sa médaille d'argent autour du cou. Qu'auraient-ils pu dire de toute façon? Pour l'instant, ils ne savaient plus trop où ils en étaient maintenant…
Ils venaient de terminer une entrevue et se dirigeaient vers la sortie. Le sourire de Yûri n'avait pas diminué quand il dit, d'un ton enjoué :
- Viktor?
- Oui Yûri?
- Ne m'embrasse plus devant public, d'accord?
Viktor stoppa net sa marche.
Yûri avait-il vraiment dit : « Devant public »?
Oui, il avait dit : « Devant public ».
Ce qui voulait dire…
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Ce qui veut dire que, demain, on entre dans une partie beaucoup plus intime entre Viktor et Yûri… Oh j'ai hâte de vous poster ça!
Qu'en dites-vous, ça décrit bien les émotions de Viktor, ce chapitre? Myriel
