Hello ! Voici l'épilogue de cette courte histoire. Il pourrait être mieux écrit mais en le relisant, bien que son imperfection me sautait au yeux, je ne voyais pas du tout ce que je pouvais mettre à la place de tel ou tel mot. Donc je n'ai rien touché. C'est bête mais cette histoire est sortie de nulle part. J'ai oublié ce qui me l'avait inspiré, allant jusqu'à oublier au fur et à mesure ce que je cherchais à faire passer au lecteur. Je l'ai commencé dans une bulle qui a malheureusement éclaté avant que je puisse clôturer ma fic. Tout ce que je peux dire, c'est que je me suis accrochée à ce qui me restait de cette idée. Si vous parvenez à trouver ce que j'ai égaré entre mes lignes, si cette bulle vous est familière, si elle vous dit vaguement quelque chose ou si vous comprenez où mes mots veulent en venir, c'est que j'ai bien fait d'écrire cette histoire. Merci à tous !
Peneloo, ah l'aventure ! A bientôt ma chère, je ne me lasserai jamais de travailler avec toi :)
Wouldn't mind it
If you were by my side
But you're long gone
Yeah you're long gone now...
/
Cela n'aurait pas d'importance
Si tu étais à mes côtés
Mais tu es parti depuis longtemps
Oui, tu es parti depuis longtemps maintenant...
Keane- A Bad Dream
« Vous vous figurez bien que je lui ai poliment proposé de trouver quelqu'un que son babillage intempestif intéresserait. Le malheureux s'en est allé pleurer dans les jupes de Donovan ! »
Saisissant la tasse de thé lui faisant face, l'inspecteur poursuivit, sourire aux lèvres :
« C'est deux-là m'en font voir de toutes les couleurs depuis que vous n'êtes plus là. Je crois que vous leur manquez. Bien sûr, ce sont des fats qui ne l'avoueraient même pas sous la torture.- il eut un rire rauque alors qu'il confiait, une tendre mélancolie embrassant ses traits- Je n'ai pas honte de le dire, vous me manquez Sherlock. À votre logeuse également. Dieu, si vous saviez tous les biscuits que je dois manger à votre place ! Puis... je crois que votre frère, bien qu'il soit aussi aisé à comprendre que vous ne l'étiez, ne parvient pas à s'en sortir. Tout cela est si compliqué ! »
Reposant délicatement sa tasse sur la table basse, Gregory présenta un figure fardée de regret à celui qui fut un jour son consultant, assis sur le canapé aux côtés de John Watson, leurs mains liées tandis que leurs visages dénonçaient un éloignement que nul esprit sain n'était en mesure de comprendre.
« Je crois que je vais y aller. » Déclara l'aîné, remettant de l'ordre dans ses vêtements comme il se dressait sur ses jambes fatiguées, prêt à se retirer. « Je reviendrai dès que possible. »
Avec un dernier regard pour les deux protagonistes, Lestrade quitta l'appartement, prenant soin de fermer derrière lui avec la clé confiée par Mycroft Holmes. Quel homme que celui-là ! Descendant nonchalamment les marches, le quadragénaire se questionnait au sujet de celui que d'aucuns nommaient ''l'homme de glace''. L'héritier Holmes était pourtant bien loin d'en être un. Il semblait que ses apparences étaient tout ce qu'il lui restait et accessoirement tout ce que les personnes le côtoyant (si tant est que l'on puisse côtoyer pareille entité) voyaient de lui. Pourtant, lorsque son frère tombât dans ce qui se rapprochait le plus de la démence il y a maintenant un an de cela, Mycroft fit appel aux meilleures infirmières afin de prendre soin de lui ainsi que de son compagnon, des agents en civil patrouillant de jour comme de nuit d'un bout à l'autre de Baker Street et lui Lestrade ayant la tâche de s'entretenir aussi souvent que possible avec le génie. Bien évidemment, il l'aurait fait même sans l'intervention du gouvernement cependant, n'était-ce pas là la preuve irréfutable que Mycroft détenait, quelque part au fond de sa poitrine bombée d'orgueil, un cœur en état de marche ?
Son pas ralentit graduellement avant de se stopper tout à fait tandis qu'il se souvenait du jour étrange où il eut la visite de l'agent gouvernemental :
Une agitation phénoménale résonnait en une centaine de voix alarmées, faisant vrombir ses murs et ses tympans quand la sonnerie particulièrement haut perchée du téléphone se décida à l'achever.
« Qu'y a-t-il ? » S'enquit Lestrade, sa fatigue étant telle qu'il lui était inconcevable de se laisser aller à l'irritation grandissant en lui.
« Un certain Mycroft Holmes désire s'entretenir avec vous. Je le fais entrer ? »
« Oui… bien sûr. » Souffla-t-il, surpris au possible. « Vous a-t-il informé du pourquoi de sa visite ? »
La jeune femme claqua sèchement de la langue comme elle récitait avec un certain mépris :
« Non, car cela ne me concerne en rien et que je ne suis pas payée pour me mêler de ce qui ne me regarde pas. »
Grimaçant, une main lasse couvrant son visage, Gregory rétorqua :
« Excusez-le, Macy. Il ne le pensait pas. »
« Ah ça ! Sûr, qu'il le pensait monsieur ! Je vous l'envoie. »
L'inspecteur raccrocha non sans une mine désolée pour sa secrétaire et pour lui-même. Une poignée de secondes plus tard, le représentant de la famille Holmes pénétrait dans son bureau, un manteau inestimable pendu au bras, son parapluie taraudant sèchement le sol au fil de son avancée.
« Monsieur Holmes. » Salua respectueusement Lestrade, allant à son encontre comme il lui présentait un main polie.
« Inspecteur. » Répondit froidement celui-ci, consentant à lui serrer négligemment la main.
''Sherlock n'aurait pas mieux fait''. Songea-t-il sombrement alors qu'il invitait l'homme à s'asseoir. Un silence tendu, mêlé d'une gêne que le quadragénaire semblait être le seul à ressentir, s'abattit soudain. Le roux se refusant à engager la conversation comme l'auraient souhaité les convenances sociales, Gregory se racla la gorge avant de lancer d'une voix rauque :
« Eh donc, que puis-je faire pour vous ? »
Mycroft détourna gracieusement le regard de ses ongles qu'il étudiait avec attention pour le planter sur son vis-à-vis, manquant de le faire reculer sur son siège tant ses prunelles dépourvues de vie étaient difficiles à soutenir.
« Vous étiez relativement proche de mon frère. En outre, vous avez pour lui, une certaine affection. »
« Cela est vrai. » Approuva Lestrade devant la pause marquée par son interlocuteur.
« J'ai de plus noté que vous lui aviez rendu visite à la nouvelle de... son état. » Poursuivit Mycroft, son ton monocorde et impersonnel remplissant étrangement la pièce.
« Hmm… c'est normal. »
« Non. » Cingla le gouvernement, son sourcil tiquant nerveusement.
« Je vous demande pardon ? »
« Votre inquiétude n'avait rien de normal lorsque l'on sait qu'elle était dirigée vers mon frère. Vous n'êtes pas sans savoir que vous avez été sa seule visite. Il n'a aucun ami, nul ne tient à lui, il n'est aimé de personne. » Décréta l'agent gouvernement, d'une sécheresse sans pareille.
« Vous tenez à lui, John Watson également. Je ne suis pas le seul. » Fit remarquer l'aîné, fronçant les sourcils de désapprobation.
Son confère se garda de répondre, reniflant dédaigneusement alors qu'il reprenait, nonobstant la tension à présent palpable :
« Le but de ma visite n'est autre que de vous demander de réitérer votre acte aussi régulièrement que faire se peut. Je veux que vous évoquiez avec lui les souvenirs que vous avez en commun, peut-être y réagira-t-il. »
« Et vous ? Le ferez-vous ? Il est peut-être mon ami mais vous monsieur, vous êtes son frère. » Siffla Gregory, sans pouvoir s'expliquer la perte de son sang-froid.
« C'est mon affaire. Je vous laisse la clé, faites-en ce que bon vous semble. » Clôtura l'héritier avec mépris, délaissant gracieusement son siège, son manteau trouvant place sur ses épaules crispées.
Lestrade eut un regard courroucé pour l'homme lui faisant face, tandis qu'une clé échouait sur son bureau, son interlocuteur l'ignorant avec superbe comme il prenait la porte.
« Vous êtes le seul à pouvoir éveiller quelque chose en lui et vous le savez. » Déclara durement Gregory, figeant momentanément la silhouette élégante dans l'embrasure de la porte.
« Au revoir inspecteur. »
Et il savait avoir raison. Bon Dieu ! C'était de son petit frère dont il s'agissait ! L'inspecteur n'avait pas eu la chance d'avoir des frères et sœurs cependant il était certain que si cela avait été le cas, il n'aurait pas été aussi flegmatique que le gouvernement. D'autant plus que Sherlock, bien que particulier, froid et parfois (souvent) odieux, était un garçon des plus touchants car au fond, il était comme un enfant dont la croissance s'était stoppée, l'enfermant dans des palais d'imagination, de jeunesse éternelle. Gregory ne pouvait qu'imaginer la douleur ressentie par l'aîné Holmes, il n'y avait dans celle-ci rien de factuel après tout. Toutefois, elle existait et du fait de cette souffrance dénonçant un amour certain, Mycroft ne se devait-il pas de tenter l'impossible ?
XXX
Resserrant dans sa paume le paquet aux effluves exotiques, Mycroft s'employa à récupérer son souffle. La tête lui tournait, son cœur le lançait, il ne pourrait pas. Les yeux rendus humides par ce qu'il décida être la température, le gouvernement prit place devant la porte du logis de son petit frère, une nausée douloureuse lui tenaillant les tripes. Un an maintenant depuis que Sherlcok l'avait lâchement abandonné au nom de ce qui se rapprochait manifestement de l'amour. De l'amour pour qui ? La seule personne l'ayant jamais protégé, soutenu envers et contre tous, l'ayant chéri autant qu'il le pouvait ? Il eut un rire sinistre. Le plus bête était que dans les premiers jours, il y avait cru. Oui, il s'était cru capable de le ramener. Après tout, il y était toujours parvenu. Mais pouvait-on récupérer quelque chose qui n'existait plus ? Sherlock s'était effacé, son corps demeurait intact, son visage reflétant par moments ses expressions d'antan, celles qui le définissaient si bien tout en ne leurrant personne, son regard hagard désavouant toute rumeur de conscience, ses mouvements jadis vifs et instinctifs enlisés dans une lourde torpeur de malade en fin de vie.
Et Mycroft devait l'observer en permanence, sa chute. Elle s'étalait sans pudeur devant ses rétines vacillantes, le narguant, provoquant en lui une vague insupportable de frustration tourmentée. Il n'avait pas pensé à lui, pas à un seul instant. Si Mycroft était en mesure de se laisser submerger par une nuée de sentiments misérables et inutiles, l'indifférence dont avait fait preuve son cadet lui déchirerait le cœur. Toute son enfance durant, jusqu'à ces jours funestes, Mycroft avait cru en son frère. Sherlock était destiné à accomplir de grandes choses, il était brillant, l'homme le plus brillant qu'il connaisse. Jamais il n'avait douté du contraire, un jour viendrait où son génie s'étalerait aux yeux de tous, où les rires moqueurs se tairaient enfin et où il pourrait essuyer les souvenirs infâmes des blâmes subis. Quelle déconvenue ! Ce jour, à l'instar de sa foi, de son frère, s'était éteint sous le souffle de John Watson.
Comment se pardonner ? Comment lui pardonner, non pas à Watson à qui on ne pouvait décemment reprocher sa folie mais bien à Sherlock ? Il avait eu le luxe de choisir et n'avait pensé qu'à lui. De quelle manière annoncer cela à leur mère, elle qui gardait en son sein une sensible préférence pour le scientifique? Inspirant bruyamment, le gouvernement se redressa mécaniquement, ajusta son costume débraillé, passa une main agitée dans ses mèches et reprit son rôle. Mentir était son choix, son luxe. Mentir à sa mère, à tout le monde en passant par lui-même.
« Je vous ai apporté vos ignobles biscuits au gingembre. » Entonna-t-il, tentant en vain de calmer le tremblement de sa voix comme il avançait à l'encontre des silhouettes fixes au centre du salon. « Bon Dieu, allez-vous cesser d'ouvrir ces maudites fenêtres ? Vous allez finir par attraper froid. »
L'héritier Holmes s'en allait fermer lesdites fenêtres lorsque sa chaussure rencontra une enveloppe. Abandonnant son but initial, il ramassa la missive, interloqué à la vue de l'écriture calligraphique indiquant le consultant comme destinataire. Un vent glacial dansait dans la pièce, les rideaux se balançaient paresseusement, John et Sherlock l'observant avec leur curiosité habituelle. Ses doigts coururent pensivement sur le papier avant qu'il n'ouvre précautionneusement le courrier :
Monsieur Holmes,
J'espère que vous avez savouré ce moment de répit car me voilà revenu !
A tout bientôt monsieur,
JM
Rangeant soigneusement la lettre dans sa poche, Mycroft fit face aux deux individus le fixant, mains liées, souffle paresseux, leurs figures pâles aux traits détendus baignées par les rayons joueurs d'un soleil taquin et faisant fi de son cœur cognant brutalement dans sa poitrine, de la détresse imbibant son être tout entier, il sourit :
« Je vais préparer le thé. »
-The End-
Ah ça ! Pour sûr, c'est bien la fin ! Quand je parlais de happy end, je voulais juste dire que notre couple préféré restait ensemble et que je ne tuais personne...pour l'instant. Haha je rigole ! J'espère que ça vous a plu ! On se retrouvera bientôt avec une histoire on ne peut plus légère où il y aura du fun, des jeunes, du fun (ouais doublement fun le machin) et Mike Stamford dans toute sa splendeur !
Merci pour tout et à très très bientôt !
A.
