Hello ! Pardon mes bichons, je suis encore en retard. Bref, pas grand-chose à dire sur ce chapitre, hormis que je l'aime bien et que j'espère que ce sera le cas aussi pour vous. On se retrouve au bas de la page !
11- Confrontations
La marionnette contemplait le château de loin, une impression de malaise lui serrant le ventre. Elle tenait la lettre entre ses mains fébriles. Rassemblant suffisamment de courage pour s'approcher, elle rabattit sa capuche pour dissimuler son visage. Certes, personne ne la connaissait, mais sa ressemblance avec Kairi pourrait troubler les Porteurs s'ils l'apercevaient.
Ce n'était pas une bonne idée du tout, mais elle ne pouvait pas faire autrement. Néo avait tellement insisté pour ne pas s'y rendre... Il avait trouvé comme prétexte que personne ne la reconnaîtrait, elle, si elle se faisait voir en leur portant l'information. Xion savait bien que ce n'était pas tout à fait vrai mais si elle l'avait avoué, Néo aurait su qu'elle mentait à propos de son amnésie. Il se posait déjà des questions à son sujet, elle le voyait dans son regard... et le soupçonnait d'ailleurs d'avoir proposé cette solution rien que pour voir ce qu'elle allait dire. Il se montrait borné lorsqu'il s'agissait de son ego personnel, mais ceci mis à part, il était loin d'être bête.
Elle ne pouvait et ne voulait pas lui dire la vérité sur son passé. Déjà parce qu'il ne la croirait pas – puisque personne ne pourrait confirmer son histoire, il penserait sûrement qu'elle avait tout inventé. Et même dans l'hypothèse où il la croirait... Elle n'en avait aucune envie. Cela ne servait strictement à rien et ce ne serait que trop douloureux pour elle de remuer un passé qui n'existait plus. Xion était un fantôme, une marionnette qui avait joué son rôle, rien de plus. Tout ceci ne compterait plus, une fois qu'elle aurait trouvé un moyen de... De quoi, en fait ? De disparaître à nouveau, comme elle l'avait souhaité au début ? Elle ne savait même plus. Si c'était pour retourner compléter Sora, ça ne valait pas le coup.
Quoiqu'il en soit, il fallait qu'elle avance. Elle aperçut de la lumière derrière une fenêtre au rez-de-chaussée et s'y dirigea. Le plan était de poser la lettre et de frapper au carreau pour être sûre qu'ils la verraient, puis de disparaître dans la nuit. Pas très brillant, certes, mais il fallait bien que quelqu'un prévienne les Porteurs des plans de Maléfique, sans quoi...
A mesure qu'elle avançait, les silhouettes se précisaient derrière la fenêtre. Elle fit de son mieux pour se cacher dans l'ombre et garder son regard fixé au sol, sentant que ce qu'elle verrait la blesserait forcément d'une manière ou d'une autre.
Une fois contre le mur cependant, elle ne put faire autrement que de jeter un œil dans la cuisine, où quatre personnes étaient attablés, dont une femme qu'elle ne connaissait pas et Riku, qui semblait beaucoup moins triste que lorsqu'elle le connaissait. La vision de ce dernier aurait pu la soulager, en d'autres circonstances.
Mais dans la pièce se trouvait aussi Sora, qu'elle voyait vraiment pour la première fois mais qu'elle reconnut tout de suite. Il discutait bruyamment avec un jeune homme aux cheveux rouges et à la silhouette élancée. Rien que sa vue donna à la marionnette l'envie de pleurer, mais ce n'était pas le pire. Le pire, c'était avec quelle facilité Sora pouvait lui parler sans l'ombre d'un remord, alors qu'il avait tué son Simili.
Remarque, Lea devait lui être reconnaissant. Grâce au meurtre d'Axel, il avait pu revenir à la vie...
Elle serra les poings jusqu'à s'en faire mal, observant la scène paisible avec un profond sentiment d'injustice. L'envie de vengeance lui rongeait tellement le cœur qu'elle se trouvait près d'atterrir dans la pièce pour... Pour quoi, hein ? Pour rien. Elle ne pouvait rien y faire, même s'il aurait fallu que Sora paie pour tout ça, pour Axel, pour l'Organisation, même si c'était complètement absurde que lui ait tout ce dont elle avait toujours rêvé, alors qu'elle se contentait de l'observer dans l'ombre de la nuit, alors qu'elle n'avait pas – plus – de famille. C'était absurde qu'il soit réel et pas elle, ni Roxas. Roxas méritait cette vie-là, Axel aussi.
Mais elle s'était attardée trop longtemps et elle vit Riku lever le regard vers elle en fronçant les sourcils. Avec une exclamation de surprise, elle posa la lettre sur le rebord de la fenêtre, en évidence, et courut se réfugier dans un Couloir Obscur avant qu'il n'ait pu ne serait-ce qu'esquisser un geste dans sa direction.
Une fois en sécurité dans le Passage, elle se persuada qu'il n'avait pas pu apercevoir son visage, à cause de l'obscurité et de sa capuche. Au pire, il croirait avoir rêvé sa ressemblance avec deux filles qu'il connaissait, il se dirait que ça ne se pouvait pas. Car ça ne se pouvait pas, de toute façon.
Néo et elle s'étaient réfugiés dans un nouveau monde, mais elle ne tenait pas à le rejoindre maintenant, pas dans cet état. Depuis sa renaissance, elle avait très envie d'aller quelque part, mais s'en empêchait de peur que les souvenirs ne l'assaillent. Cependant, là, elle pourrait difficilement aller plus mal, alors...
Ce fut donc naturellement que ses pas la guidèrent sur les pavés de la Cité du Crépuscule. Il faisait sombre, mais un liseré orange persistait à la limite du ciel. Il ne faisait jamais complètement nuit, ni complètement jour, dans ce monde, bien que le soleil se fasse discret durant la nuit.
L'atmosphère paisible de la petite ville déposa un sourire sur les lèvres de Xion malgré son cœur qui se serrait douloureusement et les larmes qu'elle s'efforçait de faire disparaître. Sa brève rencontre avec Sora et Lea avait été la goutte de trop et elle avait l'impression que tout son être était sur le point de faire naufrage, renversé par les vagues d'émotions qui la saisissaient.
Mais la Cité du Crépuscule faisait office d'ancre pour son esprit. Elle se concentra sur les rues, qu'elle redécouvrit en les parcourant, tentant de ne pas se rappeler des moments difficiles et se focalisant sur les jours heureux. A un moment, elle se concentra si fort qu'elle parvint à y retourner en pensée, à se dire que tout irait bien, que ses amis seraient toujours là pour elle, à oublier qu'elle n'était qu'un être artificiel, à oublier les larmes et, presque, à rire.
Ca ne dura qu'une seconde avant que la mélancolie ne revienne, mais elle se sentait tout de même un peu plus légère, un peu plus posée, malgré tous ses soucis, tous ses souvenirs.
Ses pas la menèrent naturellement sur la place de la gare, déserte à une heure si tardive, bien que le bâtiment soit ouvert pour les transports de nuit. Son visage se leva naturellement vers la tour, laissant glisser son capuchon sur ses épaules.
Là. Aucun endroit, de ce monde ou d'un autre, n'était aussi important. C'était là, tout en haut, qu'elle avait passé les plus beaux moments de sa courte existence. Si tout l'univers s'écroulait et que seul une place devait rester, Xion choisirait celle-ci.
Elle n'osa pas monter tout en haut, cependant. Elle aimait cet endroit, mais elle savait qu'il lui paraîtrait bien vide, sans ses amis. Et puis, elle penserait que plus jamais ils ne la rejoindraient ici, et elle penserait à Roxas, demeuré auprès de Lumaria avec le fol espoir de ramener Axel, elle penserait à la peine du blond et cela ne ferait qu'augmenter la sienne, et alors elle penserait à Sora et à tous ces sacrifices gâchés, et à tout ce à quoi elle ne voulait pas penser.
Trop tard, bien sûr. Les souvenirs se ruaient déjà à l'intérieur de sa tête. Elle aurait voulu écarter tout ça dans un accès de rage, comme elle avait écarté Facilier peu de temps auparavant...
Tiens donc, encore une source de problèmes, ça... Enfin, à bien y réfléchir, pas vraiment, mais elle éprouvait un fort sentiment de malaise en y repensant. Pas seulement au fait qu'elle avait laissé le sorcier vivre, mais... A ce pouvoir qui s'était manifesté en elle, instinctivement, alors qu'elle se trouvait en danger. Pourquoi de la glace ? Il ne s'agissait pas d'un sort ordinaire comme on lui avait appris à en faire...
Mais alors, de quoi s'agissait-il ? Elle était certaine de ne jamais avoir fait preuve d'une telle capacité auparavant... Et ça l'effrayait un peu, pour tout dire. D'où est-ce que ça lui venait et pourquoi ? Elle sentait déjà venir les ennuis...
Soupirant, elle se passa une main fatiguée sur le visage. Si elle ne rentrait pas à leur repère de fortune, Néo allait penser qu'elle s'était faite attrapée, à tous les coups. Oh, il ne s'inquiéterait sans doute pas, mais tout de même, mieux valait qu'elle ne le fasse pas attendre trop longtemps. Elle se sentait déjà un peu moins triste, bien que tout ceci la bouleverse encore.
De toute façon, il était grand temps qu'elle cesse de se lamenter et qu'elle accepte qu'elle n'était même pas une vraie personne et qu'elle n'avait en conséquence pas le droit de se plaindre de la sorte.
A l'intérieur de son repère sombre, le maître des Ombres se sentait trop faible pour ressentir ne serait-ce que de la haine. C'était trop tard. Il avait été trop pointilleux sur le type d'âme qu'il lui fallait et il avait manqué sa chance. Il savait bien qu'à chaque instant son âme en lambeau s'effilochait, le rendant encore plus faible, et à présent il ne pouvait même plus bouger. Tout ça à cause de cette fille trop déterminée à sauver son ami ! Oh, ça lui rappelait une autre situation... Quelle ironie.
« Eh bien, eh bien, quel spectacle, Facilier... » fit une voix désagréablement hautaine.
Le dénommé ne leva même pas les yeux pour rire faiblement à l'entrée de la sorcière et de ses deux compagnons.
« Ce n'est sans doute pas à la hauteur de vos espérances, madame, répliqua-t-il. Je vous rassure, ça ne m'enchante pas non plus de mourir... une seconde fois. »
Même parler lui faisait mal, à ce stade.
« Ne soyez pas ridicule ! s'impatienta Maléfique. Je ne me suis pas donné tant de mal à vous tirer des Enfers pour ça. Il ne vous faut qu'une âme, c'est cela ? Ce n'est pas si difficile à trouver.
-A moins que vous n'en ayez une à portée de main, sauf votre respect, je risque bien de trépasser avant que vous ne m'en rameniez une.
-Admettons que quelqu'un meure dans cette pièce, vous seriez à même de capturer son âme ?
-Ce n'est pas ma méthode habituelle, mais je suppose qu'avec un peu d'aide, je devrais y arriver... »
Le sorcier voyait à peu près où elle voulait en venir. Rien que la certitude d'être sauvé lui redonna assez d'énergie pour sourire sinistrement. Maléfique soupira bruyamment et un silence tendu s'installa dans la pièce, que même cet idiot de Pat ne daigna pas briser... jusqu'à ce que sa maîtresse ne l'appelle.
« Approche un peu, Pat. »
Le chat lourdaud n'obéit pas tout de suite. Même lui, après la conversation qui venait de se dérouler, comprenait bien ce que cet ordre signifiait. De grosses gouttes inondaient son visage déconfit. Tellement pathétique...
« Euh, désolé, mais j'en ai pas très envie.
-Allons... murmura Maléfique d'un ton cruel. Tu désobéirais à celle qui t'as sauvé de la perdition, celle qui a pris soin de toi toutes ces années ? Je demande juste d'approcher, je ne vais pas te faire de mal.
-Bizarrement, j'ai du mal à croire ça...
-Oh, espèce d'inutile balourd ! »
Perdant patience, la sorcière s'avança elle même vers son serviteur avant qu'il n'ait plus fuir et enfonça son sceptre dans sa poitrine avec un jaillissement de flammes vertes. Il y eut un cri d'agonie et le corps de Pat tomba inanimé au sort.
Facilier joignit aussitôt ses efforts aux pouvoirs de Maléfique pour ne pas laisser l'âme du malheureux s'échapper. Celle-ci devint alors visible dans leur dimension et vint se poser tranquillement au creux de la main tendue du maître des Ombres, qui jubilait.
Il se mit alors au travail, alors que les deux autres êtres vivantsde la pièce détournaient le regard – la plupart des mortels avaient ce genre de réaction lorsqu'on mettait une âme à nu comme cela. Pendant ce temps, Maléfique prit la peine de faire disparaître le corps de Pat grâce à ses flammes vertes, qui ne consumèrent que celui-ci.
Dix minutes plus tard, Facilier se redressa, son âme parfaitement recousue. Il souriait de toutes ses dents.
« Eh bien qui aurait crû que vous vous débarrassiez d'un si fidèle compagnon ?
-Fidèle, mais bien inutile, ajouta Maléfique avec mépris. Il était faible, alors qu'avec votre pouvoir de mon côté... »
L'homme secoua la tête avec un claquement de langue.
« Tut tut tut... chantonna-t-il. Votre serviteur était un crétin, mais, comme je l'ai déjà précisé, un crétin fidèle. Moi, en revanche, je sais où est mon intérêt. »
Il s'interrompit alors pour observer son petit effet sur la sorcière, dont le visage se décomposa. Elle comprenait vite.
« Comment ?! siffla-t-elle.
-Je vous suis très reconnaissant, vraiment, ironisa Facilier. Simplement, j'ai trouvé un autre employeur, qui se montrera davantage... A la hauteur de mes espérances. Du moins, je l'espère, mais après tout on n'a rien sans prendre de risques. Bon, je vous souhaite bien le bonsoir, madame. »
Il lui fit une petite courbette et se releva juste à temps pour esquiver un jet de flammes vertes. Xaldin, qui n'avait pas bougé jusque là, se lança à sa poursuite également. Malheureusement pour lui, le maître des ombres avait appris deux ou trois tours durant sa mort. La lance s'abattit donc sur un Couloir Obscur qui se refermait, tandis que l'éclat de rire du Docteur Facilier résonnait encore dans la pièce.
« Ben alors, t'en as mis du temps ! »
C'était dit sans animosité, mais la marionnette ne se sentait pas la force de répliquer.
Néo était à peu près à la même place où Xion l'avait laissé en partant, c'est-à-dire assis en dessous d'un champignon géant d'une étrange couleur orangée. Après être partis de la Nouvelle Orléans, ils s'étaient réfugiés au Pays des Merveilles, monde que Xion avait parfois exploré lors de ses missions.
Elle s'assit en face de lui, sous quelques brins d'herbes particulièrement imposants, et replia ses genoux contre elle. Le Pays des Merveilles était plutôt amusant durant la journée, avec son environnement démesuré et complètement dépourvu de logique, mais la nuit, l'endroit paraissait presque lugubre. On n'entendait aucun bruit hormis celui du vent, comme s'il n'y avait pas âme qui vive aux alentours.
« Alors, ça a fonctionné ? s'enquit Néo.
-Oui. Ils ne m'ont pas vu et je suis sûre qu'ils ont eu la lettre.
-Parfait, alors ! Eh, pourquoi tu fais cette tête-là ? »
Pour toute réponse, la marionnette haussa les épaules. Elle ne souhaitait pas vraiment engager une conversation pour le moment. Pour la première fois depuis leur fuite de la Citadelle, elle se demandait ce qui allait leur arriver. Ils ne pouvaient pas explorer les mondes sans aucun but éternellement, si ? Pas qu'une telle vie la dérange, mais... Le fantôme de son passé la rattraperaient toujours, quoiqu'elle fasse. Elle se demanderait toujours pourquoi tout avait tourné de cette manière, ce qu'il advenait de Roxas et des autres... Alors qu'elle n'avait aucun droit de faire partie de la vie d'aucun d'entre eux. Elle ne parviendrait pas non plus à mentir à Néo indéfiniment.
Ce dernier, à des kilomètres de se douter de tout ce qui agitait la marionnette, demanda :
« C'est à cause de Tiana et Naveen ? Tu sais, je pense pas que Facilier puisse s'en prendre à eux avec le peu de forces qu'il a, de toute façon. Au pire, les Porteurs de la Keyblade se chargeront de son compte en même temps que Maléfique... Enfin... »
Il s'interrompit, l'air de penser « s'ils survivent ».
« Non, c'est pas ça, répondit Xion un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu. Maintenant, il est tard et j'aimerais bien dormir, si ça ne te dérange pas. »
Elle nota quand même qu'il tentait de lui remonter le moral, et lui en serait sûrement reconnaissante le lendemain, mais pour l'instant elle ne parvenait pas à s'en soucier plus que cela.
« C'est quoi, alors ?
-Ecoute, tu ne veux rien me dire sur ton passé, ne t'attend pas à ce que je te parle de moi. »
Cette fois-ci, la froideur exprimée était voulue, mais l'autre ne s'en formalisa pas. Tout autre chose venait d'attirer son attention dans sa phrase.
« Ah, je le savais ! Tu n'es pas vraiment amnésique, avoue ! »
Et voilà. Elle savait qu'il ne tiendrait pas sa langue bien longtemps. Elle aurait juste espéré un peu de répit supplémentaire. Et même si elle avait eu l'intention de lui révéler son identité, elle n'aurait aucune idée de par où commencer. Elle ferma les paupières, excédée.
« Ca ne te regarde pas.
-Au moins, tu ne le nies même plus, c'est un progrès. »
Même pas envie d'argumenter, tiens... Elle se contenta de garder le silence, les yeux toujours clos, espérant que l'autre comprendrait.
Il se mit à pleuvoir. Pas une petite pluie au goutte-à-goutte, mais une véritable trombe d'eau déversée d'un seul coup. Elle entendit Néo grogner quelque chose, visiblement pas tout à fait au sec sous son champignon, avant qu'il ne vienne la rejoindre sous l'herbe géante, qui formait comme un petit toit au-dessus de leur tête et leur laissait un espace confortable.
Un autre long moment s'écoula, puis :
« C'était à cause d'une fille. »
Xion rouvrit les yeux et se tourna vers son coéquipier, surprise. Il semblait trouver le sol en dessous de ses pieds très intéressant, si bien qu'elle ne voyait pas l'expression de son visage, bien qu'il paraisse mal à l'aise.
« De quoi ?
-Tout ça, avoua Néo. Le pacte que j'ai fait avec Facilier. Ce que Lumaria m'a promis, aussi. Je suis parti de là où je vivais parce que c'était trop douloureux de la voir aimer quelqu'un d'autre. Et ces deux-là m'avaient dit que... Ils m'avaient promis de faire en sorte qu'elle s'intéresse à moi... Bordel ! »
Xion resta muette. Elle se doutait qu'elle devrait tenter de le consoler, comme il l'avait – maladroitement – fait pour elle, mais rien ne lui venait à l'esprit. De toute façon, elle ne connaissait rien du tout à l'amour, hormis quelques vagues explications qu'Axel lui avait donné une fois, à propos de tenir à une personne. Visiblement, cela s'avérait plus complexe que ce qu'elle imaginait.
En tout cas, ça éclairait vaguement les choses, concernant Néo. Et cela expliquait peut-être sa mauvaise humeur et le fait qu'il ait parfois l'air un peu ailleurs.
« C'est comment, au fait ?
-De quoi ?
-Ben, tu sais. D'être amoureux. »
Pourquoi aborder le sujet la gênait autant, au fait ?
« Ca fait mal, fit Néo avec un ricanement sans joie.
-Je ne comprends pas, avoua Xion. Pourquoi est-ce que tout le monde veut tellement tomber amoureux, alors ?
-Parce qu'ils sont cons » déclara abruptement le garçon.
Puis, son expression se fit un peu pensive et il haussa les épaules.
« J'sais pas. C'est douloureux mais en même temps t'as pas envie que ça s'en aille. Mais quand c'est réciproque ça doit être mieux. J'en sais rien. »
Un silence gêné s'installa alors entre eux avant que Néo ne propose avec mauvaise humeur qu'ils dorment. Xion ne savait pas trop quoi penser de tout cela. Elle se sentait un peu mal de ne pas savoir comment calmer l'autre clone, mais elle imaginait que l'amour faisait partie des choses qui ne s'apaisait pas avec des paroles – un peu comme le deuil.
Pourquoi tout avait besoin d'être aussi pénible, pour eux ? Parce qu'ils n'étaient pas censés exister ? Sans doute ne fallait-il pas chercher plus loin. Pas de fin heureuse permise, ni pour les Simili, ni pour les clones. Pourtant, l'esprit de Xion s'acharnait à trouver ceci... Elle ne parvenait pas à trouver le bon mot, mais quelque chose clochait dans cette vision des choses. Elle le sentait sans trop savoir quoi.
Elle finit par s'allonger à l'opposé de Néo et ne trouva le sommeil que bien plus tard dans la nuit, malgré sa fatigue immense. Lorsqu'elle s'y abandonna enfin, ce fut pour rêver d'Axel et de Roxas qui l'appelaient, de Riku – où s'agissait-il de Néo ? - d'un ciel orangé et d'une sensation de froid.
Tôt ce matin, Lumaria était venu en personne réveiller Roxas. Pour la première fois depuis qu'il le connaissait, l'homme arborait un sourire non-contrôlé et des yeux brillants, un peu trop enthousiastes, qui rappelait un peu son Simili.
Il lui avait dit qu'il savait où ça se trouvait à présent, qu'il l'avait localisé très précisément et que ce serait facile, très facile, de s'en emparer. Roxas ne posa de question, ne parla même pas, se contentant de se lever et de se rendre dans le monde désigné pour enfin aller chercher l'objet pour lequel Lumaria le faisait écumer les mondes depuis des semaines.
A présent, il contemplait le château sinistre de loin, sa capuche rabattue sur ses cheveux blonds, Keyblades en mains juste au cas où.
Mais qu'est-ce que je fais là ? se demanda-t-il brièvement. J'aide un homme dont je ne connais pas les motivations et qui n'a certainement pas de bonnes intentions, malgré ce qu'il prétend...
Il avait appris à réfréner ses cas de conscience, cependant. Les mondes pouvaient bien s'écrouler, pour ce qu'il en avait à faire.
L'important pour lui, c'était de retrouver la seule chose qui comptait à ses yeux. Axel avait tenté de le sauver, il l'avait vu à travers les yeux de Sora. A présent, c'était son tour de l'aider, par tous les moyens qu'il trouverait.
Il laissait la protection des mondes à son original. Lui n'était pas taillé pour ça. Il voulait juste vivre, comme on le lui avait interdit depuis sa naissance. Il n'avait fait que survivre, à part... A part durant une semaine, peut-être, plongé dans des souvenirs factices. Et puis ces moments en haut de la tour de l'horloge, bien que les jours aient effacé la plupart de leur souvenirs, les réduisant à une succession floues, orangée, dont seulement certains moments ressortaient clairement dans son esprit, ainsi que des yeux vert acidulé.
Stop. Il ne fallait pas qu'il se laisse aspirer par la spirale de ses souvenirs. Il retrouverait Axel. Même si Lumaria lui mentait, s'il ne tenait pas sa promesse, alors il trouverait un autre moyen.
Pour l'instant, il devait se concentrer. Raffermissant sa prise sur ses Keyblades, il grimpa jusqu'à l'entrée du château. Il n'avait jamais exploré ce monde auparavant, mais Lumaria lui avait dit qu'il s'agissait là de l'ancien repaire d'une sorcière, avant de rire et de marmonner pour lui-même « quelle bêtise... elle ne sait pas, pas du tout... ».
Le Simili s'avança dans le domaine sombre, se demandant où commencer ses recherches. Il faudrait qu'il fouille les salles de fond en comble et il ne pouvait pas rentrer avant d'avoir trouvé cette pierre que Lumaria convoitait, toujours sans lui dire de quoi il s'agissait – Arlène l'ignorait visiblement aussi, d'ailleurs, et cela l'énervait davantage que lui.
Roxas traversa le hall en ruine, s'aventura dans un couloir qui le mena aux cachots – sans doute pas l'endroit idéal pour dissimuler une pierre magique. Il rebroussa chemin et finit par arriver dans un couloir comportant des tas de salles. Lorsqu'il arriva à la troisième, encombrée d'artefacts en tout genre, il retint un gémissement accablé. Rangeant ses armes pour avoir les mains libres, il se mit à déplacer quelques trucs sur une table de travail en espérant ne rien déclencher de fâcheux, ses yeux cherchant ce que Lumaria avait décrit.
Il crut alors entendre un petit couinement ainsi qu'un bruit précipité et releva la tête, Keyblades à nouveau en mains. A pas de loups, il se dirigea vers l'entrée de la pièce et inspecta le couloir en fronçant les sourcils. Non, personne. Ce devait être son imagina-
Il sentit l'attaque venir de derrière et bloqua à temps une Keyblade noire et rouge. Son possesseur fixait ses yeux dorés vers lui. Il souriait d'un air qui n'inspirait pas franchement la confiance.
Roxas se recula d'un bond et se mit en garde, fixant l'inconnu. Cependant, le visage de celui-ci faillit bien le déstabiliser. Ce n'était pas une simple ressemblance, à ce stade, mais ce ne pouvait pas être...
« Qui es-tu ? assèna-t-il.
-C'est plutôt à moi de te poser la question, répondit l'inconnu en ricanant. Tu possèdes une... non, deux Keyblades, en plus, et pourtant je ne te connais pas... C'est intéressant.
-Abrège. Qu'est-ce que tu me veux ?
-Ce n'est pas bien de fouiller chez les gens, tu sais ? »
Eh merde, le château était censé être désert ! Ce type devait s'être installé là après la disparition de la sorcière... Mais il avait forcément un lien avec Sora ! Mauvais, cette histoire.
« Bon alors, dis-moi qui tu es, qu'on en finisse.
-Va te faire voir. »
Le sourire de l'inconnu s'agrandit.
« Oh. Ce n'est pas plus mal, après tout. Ca faisait longtemps que je n'avais pas pu me défouler un peu. »
Sans prévenir davantage, il envoya une salve de Ténèbres en direction de Roxas, qui parât de ses deux Clés. Ah, il voulait jouer à ça ?
Le blond enchaîna sans se faire prier par une attaque au corps-à-corps que l'autre esquiva, avant de tenter de se déséquilibrer. Roxas le bloqua d'une main et attaqua de l'autre, mais ne fit que rencontrer l'air. L'enfoiré était rapide !
Après un défilé d'attaques et de parades qui firent résonner le bruit du métal s'entrechoquant dans l'air, les deux adversaires se séparèrent, hors d'haleine.
« Pas mal, pas mal... concéda l'inconnu.
-Tu abandonnes ? lui cria Roxas.
-Oh, pas vraiment non. Je déteste en arriver là, mais... »
Le Simili sentit alors un coup violent entre ses omoplates qui lui coupa la respiration et le propulsa en sol, l'obligeant à lâcher ses Keyblades qui s'écrasèrent en même temps que lui, produisant un vacarme d'enfer. Il tourna la tête vers ce qui l'avait attaqué et vit... Un Sans-Coeur ? Non...
Un pied s'abattit violemment sur son dos pour le forcer à rester au sol et la voix triomphante de l'inconnu résonna :
« C'est de la triche, je sais, mais je ne pouvais pas te laisser partir comme ça... A présent, voyons voir... »
Il se pencha et se saisit de la capuche de Roxas pour la relever. Celui-ci le fixa dans les yeux d'un air de défi.
L'inconnu recula, une expression de pure stupeur déformant son visage si semblable à celui de Sora. Il émit alors un son qui ressemblait presque à cri étranglé.
« Ven... ? »
Re ! Eh ouais, j'ai osé tuer un personnage Disney. M'enfin il nous manquera pas trop, hein ? Xion et Néo s'ouvrent un peu l'un à l'autre, ça fait plutôt plaisir, non ? Et la confrontation de Vanitas et de Roxas... J'aimerais avoir vos avis là-dessus ! :3
