Chapitre 11 : Le lendemain
Hermione/Rogue
Lorsque Severus Rogue ouvrit les yeux ce matin-là, il se demanda par quel étrange fait du destin il ne se trouvait pas dans ses appartements, situés dans les cachots de Poudlard. Et puis il se rappela que ce soi-disant fait du destin n'était autre que Dumbledore et qu'il n'y avait que ce dernier pour lui faire changer ces habitudes acquises depuis une bonne décennie.
Dans son grand lit, le maître des potions grogna de désapprobation. Il avait beau avoir fait des choses bien pires en tant qu'espion aux côtés de Voldemort, il ne tolérait absolument pas qu'on fasse ainsi intrusion dans sa vie privée. Surtout quand la dernière trouvaille du DDD, alias Directeur Dingo et Dégénéré, était de le caser avec une jeunette de vingt ans sa cadette.
En repensant à cela, Rogue enfouit sa tête sous un des oreillers avec un nouveau grognement. La soirée ne s'était pas trop mal passée et ça l'énervait de donner raison au vieux croulant en chef.
En fait, il ne s'était rien passé d'exceptionnel : la première partie d'échecs d'était écoulée dans un silence digne d'un monastère. A sa victoire (il avait tout de même plus d'années de pratique qu'elle, même si elle se défendait en la matière), il lui avait proposé une revanche. Peu à peu, ils en étaient venu à parler, un peu laconiquement au début, mais après ils avaient fini par parler de la future carrière de la Gryffondore.
Elle voulait être médicomage et Rogue s'était entendu lui donner, à sa grande surprise, des conseils. Les potions et la médecine magique n'étaient pas si éloignées que ça et il connaissait certaines personnes bien placées qui pourraient l'aider à progresser.
Il avait à nouveau gagné, avec plus de difficulté que la première fois tout de même, et la jeune fille avait déclaré, avec un sourire de revanche, qu'il ne devait pas s'attendre à ce que ce soit toujours le cas.
Elle était partie se coucher, lui également, réalisant qu'elle venait presque de lui proposer de réitérer cette soirée et ces parties d'échecs les jours suivants.
Ce changement d'attitude l'avait préoccupé une bonne partie de la nuit et il n'avait en fin de compte que peu dormi.
Rogue finit par se lever et se prépara pour la journée. Avec un sourire amusé, il pensa à son filleul et se demanda quelle avait été sa réaction en comprenant l'étendue du sort de rencontre, car à présent il devait sans aucun doute savoir ce qui l'attendait.
Serait-t-il résigné ? Il en doutait grandement. Un Malfoy n'aimait pas que les autres décident à sa place. La colère devait attendre patiemment son heure, sous le masque de parfaite neutralité de Drago.
En même temps, le fils Potter semblait posséder un don particulier pour le faire quitter cette expression d'indifférence apprise depuis l'enfance. Peut-être allait-il les voir arriver couverts de bleus et de blessures. Apparemment, la violence était le seul terrain d' « entente » et de communication possible entre eux. Et il imaginait parfaitement que sans personne pour les arrêter, ils avaient dû s'en donner à cœur joie pour se taper impunément dessus.
Vraiment, Dumbledore n'avait pas fait un très bon choix avec ces deux là. L'atmosphère devait être explosive et la fin de toute cette histoire ne serait sans doute pas très plaisante.
Rogue soupira : malgré tout, il ne voulait que le bonheur de son filleul. Même s'il était très réservé dans l'expression de ses sentiments, il tenait beaucoup à Drago. En un sens, il était content d'être ici car il pourrait continuer à veiller sur lui…
Le professeur de potions passa dans la salle de bain (après s'être assuré qu'elle n'était pas occupée) et ferma soigneusement la porte derrière lui.
En prenant sa douche, il se dit qu'en fait, il avait assez hâte que l'heure du déjeuner commun arrive. Mine de rien, il s'inquiétait que le morveux de James Potter ait pu se défouler sur Drago. Potter s'était étoffé l'année précédente er il n'avait plus grand-chose du gringalet qui était arrivé à Poudlard quelques années plus tôt.
Drago de son côté avait un physique plus discret, des muscles dessinés sans être extravagants. Bon, Potter n'était pas non plus un tas de muscles mais il devait physiquement avoir l'avantage sur Drago. Et comme son filleul était particulièrement doué pour provoquer le Gryffondor et le faire enrager, il était plus que probable qu'ils en soient venus aux mains.
Et dire qu'il n'avait aucune potion sous la main au cas où ! Il se sentait totalement démuni. C'était vraiment un coup bas de Dumbledore ça ! On n'enlève pas ses potions à Severus Rogue, tout comme on n'enlève pas son armure et son arme à un guerrier ! Ça aussi, ça se payerait cher !
D'ailleurs, le directeur se risquerait-il à apparaitre à ce déjeuner commun ? A moins d'être assez inconscient, il ne valait mieux pas qu'il point le bout de son nez, ou il subirait les foudres de ses six victimes.
Enfin, plutôt de quatre d'entre elles. Rogue était certain que les ex-Gryffondors n'avaient eu aucun mal à accepter le sort de rencontre. Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure qu'ils se tournaient autour. Et ça durait depuis un bon bout de temps en plus ! Plusieurs fois, il s'était demandé pourquoi ces deux imbéciles s'obstinaient à être aussi aveugles mais maintenant l'affaire serait réglée et il n'aurait plus à ignorer les regards dérobés et désespérément languissants d'amour des deux intéressés pendant les réunions de l'Ordre ! Au moins, une chose en moins à supporter !
Enfin, sauf s'il devait maintenant les voir en train de se rouler des patins à longueur de journée… Ces Gryffondors n'avaient décidément aucune retenue, sept années à supporter leurs frasques l'en avaient définitivement convaincu !
En passant une serviette dans ses cheveux mouillés, Rogue se prit à se demander comment réagirait la Gryffondore pendant ce repas. Elle allait sans doute se plaindre de son malheur à Potter deuxième du nom et blablabla… Enfin, après tout, il ne savait pas si elle était du genre geignarde ou pas. En fait, il ne savait d'elle que ce qu'elle montrait pendant ses cours et il n'avait jamais fait attention à elle en dehors des cachots, sauf bien sûr quand le trio faisait des siennes.
Si on ajoutait à cela que depuis qu'ils étaient enfermés ici, elle n'avait jamais réagi comme il s'y attendait, il ne pouvait donc pas prévoir ce qui se passerait. Il n'aimait pas ne pas pouvoir clairement lire dans les autres et cette Gryffondore, avec son attitude inattendue, ne cessait de le surprendre.
Rogue finit d'agrafer son éternelle robe noire avec un énième grognement. Le comportement de cette fille le replongeait bien des années plus tôt, lorsqu'il n'était pas encore le sombre, le taciturne et inaccessible professeur Rogue.
A cette époque, le regard des autres et leurs actions avaient encore de l'importance à ses yeux, contrairement à maintenant. Le fait même qu'il n'ait cessé de penser aux agissements de la Gryffondore depuis qu'il s'était levé venait appuyer cette désagréable impression : dans un certain sens, il ne parvenait pas à rester impassible ni indifférent face à elle. Et c'était profondément exaspérant.
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Remus/Sirius
Un rayon de soleil s'était insidieusement faufilé à travers les pans du rideau rouge sombre qui dissimulait la fenêtre et palpitait de toutes ses forces sur le visage endormi de Sirius.
Après avoir fait plusieurs tentatives infructueuses face à l'affreux gêneur, le brun se résolut à accepter l'inévitable et ouvrit les yeux. Le soleil avait intérêt à avoir une sacrée bonne raison de le réveiller ainsi alors qu'il n'aspirait qu'à se fondre dans la chaleur douillette de cette couette extrêmement confortable !
Il s'étira en émettant une sorte de grognement animal et puis tomba sur une nuque offerte qui en plus, ô délice, révélait la naissance d'un dos nu et finement musclé. Une cicatrice zébrait l'omoplate gauche d'une fine ligne blanche à jamais gravée dans la chair. Sirius s'approcha du corps endormi et entreprit de suivre cette ligne avec une multitude de baisers aériens.
Le corps endormi frémit, grogna, remua, se tortilla, soupira. Arrivé à la fin du parcours, Sirius se dit qu'il aurait été dommage de s'arrêter en si bon chemin. Il remonta donc le long de la nuque, mordillant la peau douce et veloutée.
Un long frisson secoua le dos dont les poils fins et presque invisibles se hérissèrent dans une chair de poule digne du livre des records. Sirius décida d'ailleurs que c'était une réaction tout à fait satisfaisante et poursuivit son périple : sa main glissa le long du flanc gauche, caressa la hanche et remonta le long du torse frémissant.
- Hum… Sirius…- souffla la voix légèrement rauque d'un certain loup-garou.
- Oui ?- demanda celui-ci d'une voix candide et angélique.
Remus soupira sous les arabesques trop innocentes qu'une main habile dessinait sur sa peau. Il semblait incapable de prononcer une phrase construite, encore plongé dans les limbes du sommeil duquel il émergeait de la plus douce et excitante des manières.
Même si ce genre de réaction plaisait bien au grand Sirius Black, celui-ci jugea que ce n'était pas entièrement satisfaisant, insatisfaction qui conduisit à une nouvelle attaque de la nuque de Remus, avec force baisers, mordillement et coups de langue sensuels.
Ce traitement eut un effet plutôt agréable et presque immédiat. Un délicieux gémissement qui hérissa le propre corps du brun s'échappa de la bouche du lycanthrope. Sirius redoubla d'ardeur, rien que pour entendre à nouveau ce son tout à fait exquis, et il ne fut pas déçu. Une série de bruits plus excitants les uns que les autres s'ensuivit et bientôt Remus ne put plus résister : il pivota vers Sirius et cueillit sa bouche pour un baiser enflammé qui unissait à la fois leurs lèvres et leurs corps qui se collèrent immédiatement l'un contre l'autre.
Pour l'instant rassasié, le loup garou s'éloigna de la bouche si tentante et lança à un Sirius vraiment très content un regard ardent :
- Tu es un démon.
Le brun eut un grand sourire :
- Oh, si tu n'aimes pas être réveillé de cette manière, je peux arrêter…
Remus eut une moue moqueuse et bascula au-dessus du corps appétissant :
- Le fait que tu sois un démon ne signifie pas que cela me déplaise…- déclara t-il avec un sourire malicieux.
- Vraiment ?- fit Sirius même si son visage montrait clairement qu'il avait parfaitement saisi cet aspect de la chose.
- Assurément.- confirma Remus.- Il serait par ailleurs tout à fait injuste que je sois le seul à bénéficier d'un tel réveil.
Sirius eut une mimique tout à fait intéressée, cela avant que Remus fonde à son tour sur son cou pour lui faire subir le même traitement que celui auquel il avait eu droit. La seconde d'après, Sirius n'était plus que soupirs et gémissements.
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Harry/Drago
Harry battit des paupières, incommodé par un bruit lointain. Il émergea lentement et distingua enfin de quoi il s'agissait : on frappait à la porte.
Le Gryffondor se redressa sur les coudes en se frottant les yeux :
- Oui ?
Il entendit vaguement la poignée pivoter et la porte s'ouvrir, mais ne perçut aucun pas. Il plissa les yeux (il ne voyait vraiment rien sans ses lunettes) :
- C'est pour quoi ?- demanda t-il d'une voix ensommeillée.
- Bonjour Mr Potter, le professeur Dumbledore m'a chargé de vous réveiller.- répondit une petite voix aigrelette.
Harry émit un son non identifiable : depuis quand est-ce qu'il avait besoin d'un elfe pour le réveiller ?
Il se passa une main sur le visage et puis finit par chausser ses lunettes. L'elfe se tenait toujours dans l'encadrement de la porte. Porte qui n'était d'ailleurs pas celle de son dortoir.
Une seconde plus tard, le brun se rappela qu'il était bien à Poudlard mais pas dans la tour Gryffondor. Cette terrible constatation le fit basculer en arrière sur le lit avec un soupir à fendre l'âme.
Mais le petit elfe si consciencieux prit ce geste pour un refus de se lever, aussi pénétra t-il dans l'antre de l'humain avec la ferme intention d'accomplir la mission si religieusement confiée par l'illustre directeur de Poudlard.
- Mr Potter…
Harry rouvrit les yeux :
- Il y a autre chose ?
L'elfe se tortilla de gêne :
- C'est que…ils sont déjà dix heures et demie passées et le déjeuner commun est à 12h30.
Le garçon eut une expression qui signifiait clairement « et alors ? » et l'elfe se mit à argumenter :
- Vous devez vous préparer, et puis il y a le petit déjeuner qui vous attend encore…
Au mot « petit-déjeuner », bizarrement, le cerveau du brun sortit du mode « contestation butée » et se brancha sur celui de « j'ai faim, j'ai toujours faim pour un petit déj à 10h30 ! ».
Harry se retrouva donc en train d'acquiescer gravement :
- Tu as tout à fait raison. Il n'y a pas une seconde à perdre !
L'elfe eut immédiatement l'air extasié de celui vient d'achever sa mission avec succès et s'éclipsa avec un sourire ravi. Sa bonne humeur devait être contagieuse car le Gryffondor se retrouva bientôt en train de chantonner en farfouillant dans l'armoire à la recherche d'un pull. Il enfila un sweat noir molletonné et extrêmement doux et se dirigea d'un pas joyeux vers la salle à manger, en sifflotant légèrement.
Sifflotement qui se bloqua dans sa gorge lorsqu'il découvrit qu'il y avait déjà quelqu'un d'attablé. Malfoy, frais comme un gardon, buvait du thé en lisant la gazette.
En une seconde, tous les évènements de la veille au soir traversèrent son esprit, surtout leur « échange de compétences », et brusquement, ce n'était plus si grave et le blond lui apparut, à la lueur de cette double promesse, un peu moins détestable.
Il s'assit donc à sa place de la veille sans se gêner et se servit un énorme verre de jus de citrouille et une plâtrée d'œufs brouillés.
Drago leva les yeux de son journal, sans bouger la tête d'un millimètre, détailla le nouvel arrivant d'un œil critique et replongea dans son journal.
Pendant un moment, il n'y eut que les bruits des couverts, de liquide coulant dans le verre, de beurre qu'on tartine sur les toasts agréablement croustillants et conservés tièdes grâce à la magie. Trop de bruit évidemment pour le Serpentard habitué au silence religieux des déjeuners en famille dans le Manoir Malfoy.
Ses yeux dérivèrent à nouveau pour tomber sur le spectacle, peu gracieux il est vrai, du Gryffondor mastiquant son toast avec grande vigueur et conviction.
- Potter…tu es obligé de faire autant de bruit ?- demanda t-il d'une voix ennuyée et légèrement exaspérée.
Harry prit le temps de finir sa bouchée, de boire une gorgée de jus et déclara :
- Si tu assistais tous les matins au petit-déjeuner de Ron, tu ne dirais pas que je fais du « bruit ».
Drago réfléchit, imaginant le rouquin attelé à une telle activité et se dit que Potter n'avait peut-être pas tord. Il fit la moue puis prit une expression narquoise :
- J'ignorais qu'il était autorisé de critiquer ses amis dans le code de bonne conduite des Gryffondors…
Harry eut l'esquisse d'un sourire puis déclara un brin moqueur :
- Il n'y a aucun mal à reconnaître les défauts autant que les qualités des autres.
Drago plissa le nez face à cette réponse trop facile et décida de taquiner un peu le brun : après tout, qu'il n'y avait pas d'heure pour provoquer le Gryffondor !
- Donc, selon toi, tout le monde a des qualités et des défauts ?
Harry, encore pas très bien réveillé, ne se douta pas que le blond avait quelque chose derrière la tête, mais réfléchit un instant tout de même :
- Eh bien, il me semble oui…
Drago eut ce sourire légèrement hautain et sûr de lui :
- Vraiment ? Même le Seigneur des Ténèbres ?
Harry retrouva un visage grave, conscient qu'il venait de tomber dans un piège. Mais il ne se laisserait certainement pas avoir. Il regarda un instant par la fenêtre donnant sur la Forêt Interdite vêtue de son manteau roux. Drago replia son journal, trouvant manifestement la conversation assez intéressante pour se détourner de son activité première.
Un peu perturbé par les yeux gris du Serpentard qui le regardaient fixement, Harry finit par répondre :
- J'ai beau chercher, je ne vois qu'une seule qualité à Voldemort : il possède une formidable maîtrise de la magie, bien qu'elle soit utilisée à mauvais escient.
- Pas mal, Potter.- admit Drago.- Et Rogue ?
Les traits du Gryffondor se durcirent à nouveau. Il avait conscience qu'en citant en deuxième leur professeur de potions, le blond le plaçait en un sens à une échelle encore pire que Voldemort. Ce pire, il ne savait pas trop comment le définir. Il savait juste que même s'il haïssait le serpent du plus profond de son âme, le fait d'avoir souffert les remarques acides, les insultes à peine voilées de Rogue pendant six longues années le rendaient également haïssable, mais d'une manière plus personnelle.
Il haïssait Voldemort pour ce qu'il avait fait au monde sorcier et moldu et pour ce qu'il planifiait d'y faire. Et il haïssait Rogue pour ce que celui-ci lui avait fait subir, lui, quotidiennement pendant si longtemps. Est-ce que la haine qu'il éprouvait pour Voldemort pouvait se mesurer à celle qu'il éprouvait envers Rogue ?
Drago observait avec le plaisir d'un Serpentard les émotions se succéder sur le visage si ouvert du Gryffondor : hésitation, réflexion, haine. Comment Potter pouvait-il espérer une seule seconde vaincre le Seigneur des Ténèbres avec un visage aussi transparent ?! A une telle ampleur, il n'aurait même pas besoin de légilimentie !
Harry, quant à lui, finit par se décider pour la seule chose que lui permettait cette haine beaucoup plus personnelle :
- Je suppose qu'il doit être un excellent maître des Potions, même s'il n'a aucune pédagogie et encore moins l'impartialité nécessaire pour enseigner et transmettre ce savoir.
Drago plissa à nouveau les lèvres, entre moue et sourire, et laissa presque passer un « bien joué » amusé. Il joignit les mains sous son menton et regarda fixement le Gryffondor avec une lueur de défi :
- Et moi Potter, ai-je des qualités à tes yeux ?
Cette fois, Harry ne cacha pas son sourire. Il ne s'attendait pas à cette question, mais en un sens c'était amusant : il était certain que même inconsciemment et que même si celui-ci ne l'avouerait pas même sous la torture, Malfoy voulait savoir ce qu'il pensait de lui.
Le brun se cala contre le dossier de son siège, jouant avec un bout de sa serviette.
- Eh bien Malfoy, puisque tu brûles de le savoir… Si j'avais voulu, dans une autre vie bien sûr, te faire plaisir, je t'aurais dit que tu es un bon joueur de Quiddich, même si tu ne m'as pas encore battu. Evidemment, te faire plaisir est loin de faire partie de mes objectifs, et ton égo n'en a sûrement pas besoin, donc il va falloir que je cherche. Reviens dans une heure !- déclara t-il avec un sourire provocateur.
Drago prit un air bon prince :
- Tu as tellement peu d'imagination Potter…et d'un autre côté tellement de mauvaise foi. Tu aurais pu reconnaître ma remarquable intelligence, ma classe légendaire, mon sens inné pour diriger,…
Harry le coupa avant qu'il ait à subir l'infinie litanie de ce que Drago Malfoy aimait en lui :
- Ou alors, si j'avais voulu te clouer le bec, et bien que cela me coûte de te reconnaître une qualité, j'aurais pu dire qu'en fait, tu es assez mignon.- acheva Harry avec un sourire presque aguicheur.
Il se leva alors prestement, emportant son verre de jus de citrouille et planta dans le salon un Drago Malfoy stupéfait et éberlué.
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Remus/ Sirius
Il n'avait jamais cru à cette théorie moldue sur l'enfer et le paradis. Là pourtant, à cet instant précis, il aurait très facilement pu être convaincu de l'existence d'un tel lieu parfait destiné au bonheur. En y enlevant bien évidemment tout état de chasteté.
En fait, il devait confondre avec l'expression « septième siècle » parce que merlin, ce qu'il subissait n'était pas humain. Combien de mains avait donc Sirius ?! Comment pouvait-il être partout à la fois et faire cette…hum…chose délicieuse… ?!
Remus exhala un profond soupir de plaisir. Il ne parvenait pas à maintenir ses paupières ouvertes. Il lui semblait que même s'il l'avait voulu, et Merlin que c'était loin d'être le cas, il n'aurait pas pu se soustraire à ces sensations ahurissantes.
- Sirius…- susurra t-il.
Le tourment cessa une seconde, alors que la voix chaude et virile du beau brun se rapprochait de son visage :
- Oui c'est moi !
Remus se retrouva face aux deux orbes, d'un bleu sombre à cet instant, qui le dévoraient du regard et qui semblaient dire « je n'arrive pas à croire que cela soit réel, que tu sois bien là avec moi, à moi. »
Oh oui, il était à lui. Il était même plus que ça, il était carrément dépendant de lui, complètement accro.
- Il faut qu'on se prépare. Les autres vont arriver dans moins d'une heure.
Une moue se dessina sur les lèvres du charmant Gryffondor.
- En gros, tu veux que j'arrête ?- demanda t-il alors que sa main gauche effleurait son flanc d'une caresse aérienne qui lui donna la chair de poule.
Remus ferma les yeux, se mordit la lèvre lorsque Sirius continua son périple sur l'autre flanc, le ventre, le torse.
- Veux-tu que j'arrête, Remus ?- souffla t-il d'une voix bien trop sexy et irrésistible.
Le loup garou ouvrit les yeux et contempla le visage si masculin et si séduisant. Malgré tout son sens des responsabilités, il ne pouvait pas demander à Sirius d'arrêter ce délicieux traitement. Il se sentait terriblement à sa merci et il adorait ça. Sirius pouvait faire de lui ce qu'il voulait, il ne serait même pas en mesure de protester.
- Sirius, tu sais bien qu'il le faut…- déclara t-il d'une voix peu convaincante.
- Il ne faut rien du tout. On peut tout à fait être indisponible pour le moment. Et puis, ça leur donnera des idées, puisque c'est de toute façon ce qui finira par arriver puisque le sort de rencontre les a réunis.
Remus esquissa un sourire
- Sir', nous devrions être solidaires. Je ne pense pas qu'harry soit disposé à…disons, être plus proche du fils Malfoy.
- Oh, ça viendra.- assura Sirius, toujours occupé à balader ses mains un peu partout sur le torse si appétissant.
- Peut-être, mais pas maintenant.- assena le lycanthrope.
Sirius cessa son manège avec une moue d'enfant boudeur. Remus sourit :
- Je te promets que nous reviendrons à cet agréable moment quand nous serons à nouveau seuls.
Sirius fit mine de réfléchir puis céda enfin.
- Puisque le devoir nous appelle…Mais tu ne perds rien pour attendre…
- Je n'en doute pas une seconde.- rigola le loup garou.
Le brun sourit puis se leva :
- Je vais prendre une douche !- lança t-il avant de disparaître dans la salle de bain.
Remus regarda la porte se refermer, encore étendu sur le lit. Une minute plus tard, l'eau se mit à couler et il resta à l'écouter un petit moment, en se disant que cela faisait bien longtemps qu'il n'avait été aussi heureux.
Il aurait presque pu se croire bien des années plus tôt, dans leur dortoir de la tour Gryffondor. Et un Sirius un peu plus jeune se serait engouffré dans la salle de bain et lui serait resté sur le lit, jouant à ce jeu interdit qui consistait à imaginer Sirius de l'autre côté de la cloison.
A une chose près : maintenant, il avait le droit de l'imaginer et même plus… Un frisson d'excitation parcourut le corps du lycanthrope et sans plus réfléchir, il bondit du lit et poussa la porte qui bizarrement n'avait pas été verrouillée. Le fait même que Sirius ait pu penser à la même chose que lui et espérer qu'il le fasse le décida à entrer dans la pièce.
Une vague d'air chaud l'accueillit. Remus se tourna vers la douche à la vitre à peine floutée. Le corps fin et musclé de l'autre Gryffondor s'y dessinait et la pensée que seule une vitre de rien du tout le séparait de ce chef d'œuvre lui fit quitter le reste de ses vêtements.
Normalement, il n'agissait pas avec autant d'impulsivité. Peut-être était-ce la proximité de la pleine lune, ou bien simplement la présence de Sirius et le fait de savoir que maintenant le rêve était réel et qu'il pouvait le réaliser.
Remus ouvrit la porte de verre sans se soucier de l'eau chaude qui pouvait s'échapper hors de la douche. Sirius ne l'avait pas encore vu, à cause du bruit de l'eau. Il avait les yeux fermés et laissait couler l'eau sur son visage et ses longs cheveux avec un plaisir évident et une volupté indécente.
Le loup garou s'approcha et sa plaça sans faire de bruit entre le jet d'eau et le corps de Sirius.
Sirius fronça les sourcils. Il ouvrit les yeux et son souffle se bloqua dans sa poitrine. Il avait vaguement espéré qu'un jour peut-être Remus le rejoindrait sous la douche, mais là, la réalité dépassait à nouveau la fiction : Remus se tenait face à lui, à moins d'un mètre et l'eau chaude dégoulinait le long de son corps qu'il revoyait en entier depuis si longtemps.
« Merlin tout puissant ».
Sirius ne put s'empêcher de détailler tout ce qui était à portée de vue et dire que ce qu'il voyait lui plaisait était un euphémisme.
- Tu as perdu ta langue, Paddy ?- demanda d'une voix badine un Remus qui le dévorait des yeux.- C'est bien dommage, je l'aimais bien…
Le brun se rua sur lui et attrapa ses lèvres dans un baiser sauvage qui les fit basculer contre le mur. Remus glissa ses mains dans la chevelure mouillée avec le même empressement que Sirius, accentuant encore le baiser jusqu'à ce le manque d'oxygène les force à se séparer.
Haletant, le regard fiévreux, Remus rectifia :
- Ah non, elle est bien là !
Sirius rigola et se colla contre le corps du loup garou qui exhala un soupir d'excitation. Frottant leur torse l'un contre l'autre, le brun s'approcha de l'oreille de Remus :
- Comment peux-tu penser une seule seconde que je vais tenir encore longtemps si tu me rejoins dans la douche dans le plus simple appareil ?
Le lycanthrope gémit, se mordit la lèvre, le corps en feu.
- Je crois que je ne pense plus rien du tout pour l'instant.- souffla t-il d'une voix terriblement rauque.
Sirius recula et lui fit un sourire aguicheur :
- Bonne réponse.
Et il captura à nouveau les lèvres du loup garou pour un baiser torride qui joignit autant leurs corps que leurs lèvres.
Au bout d'un moment, Sirius recula un peu avec un sourire coquin et dit à voix basse, comme s'il s'apprêtait à révéler un secret :
- Tu sais, Moony, je crois que tu me fais de l'effet… et pas qu'un peu…
Remus sourit à son tour :
- Je pense que nous sommes à égalité sur ce plan là.- assura t-il.
Le regard de Sirius migra vers le bas pendant quelques secondes puis s'ancra à nouveau dans les yeux dorés avec une lueur de satisfaction :
- Oui je te l'accorde. D'ailleurs, ne crois-tu pas qu'il faudrait faire quelque chose à ce sujet ?- enchaîna Sirius en collant subitement leur bassin l'un contre l'autre.
Remus eut un hoquet étranglé. Il lui sembla que la pièce avait subitement gagné plusieurs degrés en quelques secondes. Merlin qu'il avait chaud. Et pourtant, il était nu. Oh oui, il était même plus que nu, il était là, offert et gémissant, complètement soumis à l'attitude provocante de Sirius qui menaçait de le mener à la folie s'il ne se passait pas immédiatement quelque chose.
Le brun sembla capter le message puisque ses mains naviguèrent vers le bas de son torse. Mais alors qu'il atteignait les hanches avec une lenteur insoutenable, il parut se rappeler de quelque chose et les paumes s'envolèrent de sa peau brûlante :
- Mais j'oubliais ! On doit se dépêcher, nos invités vont arriver ! Je te laisse prendre ta douche en vitesse pour aller préparer ce qu'il faut !
La seconde d'après, Sirius était sorti de la douche, s'était saisi d'une serviette et avait quitté la pièce.
Et Remus était encore sous la douche, ébahi de l'audace et de l'injustice de la pirouette par laquelle le brun venait de le laisser magnifiquement en plan et dans un état très avancé d'excitation.
Il finit par se secouer et maugréa en prenant cette maudite douche :
- Foutu Black et ses revanches à la noix !
***
Sirius sortit de la salle de bain avec un sourire diabolique sur les lèvres. Il était content d'avoir frustré Remus autant que celui-ci l'avait frustré quelques minutes plus tôt. Même si lui-même n'était pas dans un état enviable.
A vrai dire, il mourrait d'envie d'envoyer balade sa fierté et de courir dans la salle de bain afin de faire subir au loup garou toutes les tortures amoureuses qu'il connaissait. Et il en connaissait des choses !
Il était grandement tenté d'assouvir lui-même son désir mais toute manœuvre n'aurait fait que le précipiter dans cet abysse qu'était l'appel du plaisir, abysse qui l'aurait conduit à se jeter sur Remus. Non, il valait mieux laisser retomber la pression. Il aurait le temps plus tard de se perdre avec le lycanthrope dans des spirales de volupté et de plaisir…
« Bon, penser à autre chose… Tiens, la gueule que Servilus va faire en arrivant ici. Ça c'est radical ! »
Dix minutes plus tard, Sirius était fin prêt, élégamment habillé et regardait ce que l'elfe avait préparé pour le repas commun dans le salon et la salle à manger. Il guettait les bruits en provenance de la chambre mais Remus n'était toujours pas sorti de la salle de bain. Un sourire amusé fleurissait immanquablement sur les lèvres quand il y pensait.
Alors qu'il se décidait à aller taquiner le lycanthrope, l'elfe de Dumbledore apparut devant lui :
- Monsieur Black, des invités sont là.
Sirius bondit hors du fauteuil :
- Je vais les accueillir ! Où sont-ils ?- demanda t-il joyeusement.
- Derrière la porte au bout du couloir.
Le brun s'élança, bien qu'il soit certain de n'avoir jamais vu de porte dans ce passage. Mais elle était bien là, sans doute matérialisée à l'occasion de ce déjeuner. Sirius arrangea une mèche d'un geste nonchalant et fit jouer la poignée de la porte.
Celle-ci s'ouvrit et dévoila un Harry Potter plus vrai que nature.
- Sirius !- s'exclama t-il avec un immense sourire.
Parrain et filleul s'étreignirent avec joie, sur le pas de la porte. En se séparant, il ébouriffa les cheveux du brun et l'invita à entrer. Harry jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et indiqua silencieusement à Sirius qu'il y avait également le Serpentard à côté.
Intrigué, l'ex-Gryffondor sortit la tête à travers l'encadrement de la porte et aperçut Drago qui semblait très fortement être en train de se planquer. Rentrant la tête, il regarda Harry qui affichait un sourire que Sirius ne connaissait que trop bien : héritage 100% maraudeur !
- Qu'est-ce qu'il a ?- demanda l'animagus du bout des lèvres.
- Je t'expliquerai plus tard.- répondit harry avec un sourire d'une oreille à l'autre, se retenant visiblement de pouffer.
Sirius eut une mimique étonnée puis afficha lui aussi un sourire garanti maraudeur qui va faire une connerie.
- Drago, cousin, je ne t'avais pas vu !- s'exclama t-il alors en jaillissant hors de la porte à la rencontre du blond qui boudait.-Allons, tu ne vas pas rester à contempler cette tapisserie toute la journée ! J'ai plein de choses à te raconter sur le côté Black de ta famille !
Et ni une ni deux, il entraînait par les épaules un Drago très peu réceptif dans l'appartement.
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Et voilà pour le onzième chapitre ! Inutile de préciser à quel point je n'ai pas d'excuse pour ce retard de plusieurs mois ! J'avoue que je n'écris plus autant qu'avant, même si cette fanfic me tient toujours à cœur ! J'espère que ça vous a tout de même plu ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
A bientôt,
Angedescieux
