Note de l'auteur : Bonjour à tous ! C'est parti pour un nouveau chapitre... plutôt court... qui fait le point après les révélations du précédent...

N'hésitez pas à me laisser vos impressions, bonne lecture et à la semaine prochaine !

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RAR anonyme :

Lilisa : Merci beaucoup pour ta review ! En effet, même si l'univers est fantastique et que les thématiques le sont également, j'essaye de respecter une certaine cohérence au niveau des comportements et des personnalités, même si elles ne calent pas toujours exactement à celles imaginées par JKR... Mais faut dire aussi qu'elle (d)écrivait des enfants et des ados alors que je les reprends à l'âge adulte, on peut donc supposer qu'ils ont acquis une certaine maturité (dans tout les sens du terme, même les plus péjoratifs)... En tout cas, voilà la suite !

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Onzième plume-

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J'ai refusé d'assister au premier… repas de Zabini. Le voir mordre dans cette poche de plastique et en aspirer du sang, sentir l'odeur métallique qui heurterait inévitablement mes sens, tout cela restait encore trop morbide pour que j'en sois spectatrice. Astoria et Malfoy, eux, sont restés dans la chambre.

Lorsque je suis revenue, estimant qu'il avait fini, il s'était rendormi, repu et bienheureux. Nous, nous nous sommes éloignés et avons fait le point.

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Malfoy refusait qu'on alerte le Ministère sur la condition de vampire de Blaise. Astoria pensait, elle, que c'était la seule chose valable à faire. Il était trop dangereux, il y avait trop de risques, trop d'inconnues. Moi ? J'étais plutôt de son avis à elle. J'en avais fait les frais à peine quelques heures auparavant.

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Mes bras étaient encore meurtris et je sentais toujours la pointe de ses canines frôler ma gorge. Mais j'en avais déjà trop fait. Je l'avais veillé. J'avais espéré qu'il se réveille coûte que coûte, je venais de voler du sang pour lui. J'avais fait tout cela pour qu'il vive. Comme je l'aurais sûrement fait pour n'importe qui d'autre. Je n'ai jamais pu supporter les morts inutiles. Je ne pouvais pas, alors que j'en avais déjà tant fait, me résigner à ce que ça n'ait servi à rien. Je ne voulais pas, après tout cela, qu'il soit exécuté ou même parqué, enfermé, traqué.

Je ne le voulais pas, pas plus que je ne souhaitais devenir sa nounou. Je ne voulais pas avoir à surveiller le moindre de ses gestes. Je ne voulais pas le nourrir. Je ne voulais pas éternellement me demander s'il allait attaquer, blesser ou tuer des innocents. Ou même des coupables. Ou moi. Personne ne méritait de vivre ce qu'il venait de vivre. Il ne méritait pas, lui non plus, de cette vie qu'on s'était acharné à lui rendre. Tout cela paraissait trop. Trop difficile, trop douloureux.

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Malfoy était sûr de lui, sûr qu'on arriverait à ce que Blaise ait une vie normale, sans qu'il soit un danger pour la société. Tous les deux étudiaient les Êtres de la Nuit depuis des années. Ils connaissaient leurs besoins, leurs coutumes, leurs traditions. Ils avaient vécus plusieurs semaines aux côtés de vampires civilisés sans qu'il ne leur arrive quoi que ce soit avant « l'accident de la horde sauvage » comme ils l'appellent désormais. Ils pouvaient gérer cette nouvelle condition. Ça ne changerait rien à nos vies. Il semblait sûr de lui. Sa voix ne tremblait pas, ses regards étaient déterminés. Ses mains tremblaient un peu mais, finalement, si peu.

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Ses discours et mes doutes ont eu raison d'Astoria. Est-ce que je pensais que c'était une bonne chose ? Non.

Il ne lui aurait pas fallu beaucoup plus d'arguments pour faire pencher ma balance de son côté et que je l'accompagne au Ministère. Mais nous avons scellé notre sort, cet après-midi-là, en choisissant délibérément de nous taire et de le protéger.

Je suis rentrée chez moi et Astoria a fait de même. Nous avons laissé Malfoy avec Zabini. Il savait comment s'en occuper et les sorts qui lui permettraient de le maîtriser s'il fallait en arriver là.

Je suis partie sans la regarder. Je culpabilisais encore de l'avoir embarquée là-dedans.

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Je n'ai pas réussi à dormir cette nuit-là. Je me suis tournée et retournée dans mon lit jusqu'à ce que je ne puisse plus nier que j'avais besoin de savoir, connaître et comprendre ce que signifiait être un vampire. Je ne m'étais jamais profondément penché sur la question avant ce jour.

Je n'avais rien, aucun ouvrage de référence, aucune source d'information crédible si ce n'est ce vieux manuel de Lockhart, acheté pendant ma deuxième année à Poudlard mais je doutais de la fiabilité de tout ce qu'il avait pu écrire. Ou plagier.

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Qu'est-ce que je savais ?

Que les vampires étaient des sanguinaires. C'est un fait.

Que leurs sens sont plus développés que ceux des humains, c'est indéniable.

Que l'ail les repousse, c'est juste aussi. Ils n'en aiment pas l'odeur, elle agresse leur odorat. Qui peut leur en vouloir ! Depuis, j'ai appris qu'ils se tiennent éloignées de toute autre substance qui, comme l'ail, fluidifient trop le sang. Trop dangereux pour eux.

Comment ne pas être attaqué par un vampire ? Soyez hémophile, mangez de l'ail, du pamplemousse et bourrez-vous d'aspirine, ils vous fuiront comme nous fuirions la peste !

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Quant au soleil ? Un désagrément négligeable la plupart du temps, picotements et brûlures légères, un réel danger pour un vampire sous-alimenté et en état de faiblesse.

Les cercueils ? Folklore Traditionnel.

L'eau bénite ? Une fadaise ! Tout comme les chapelets, les crucifix ou toute autre bondieuserie. Dieu, si tant est qu'il existe, n'a rien à voir dans tout cela, bien que je concède que devenir vampire ressemble bien à une malédiction divine !

Finalement, les légendes moldues ne se trompent pas beaucoup... A part sur deux ou trois points.

Par exemple, la nécessité d'être invité pour pénétrer une habitation ? Ce serait bien trop simple ! Ils peuvent aller et venir comme ils le souhaitent. Sauf peut-être chez nous, sorciers. Ils ne peuvent transgresser les sorts que nous apposons pour nous protéger. Il faut simplement que nous pensions à les poser, justement !

La capacité de lire dans les pensées ? Superstition !

Le don de métamorphose ? Probablement une interprétation d'un pauvre hère ayant croisé la route d'un animagus blafard en pleine transformation.

L'absence de reflet dans le miroir ? Un mythe, tout comme l'absence d'ombre est une légende.

La peau d'albâtre ? Un effet collatéral d'une vie davantage nocturne que diurne. Le teint toujours caramel de Zabini ne peut, de toute manière, que nous prouver le contraire !

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Finalement, au quotidien, il n'y a que peu d'éléments pouvant nous alerter être en présence d'un vampire. A part, peut-être, ce magnétisme indéniable. Mais, quand nous sommes happés par ce pouvoir particulier, que ces capacités quasi hypnotiques font leur œuvre, est-on vraiment à même de distinguer ce qui est de l'ordre des pouvoirs de séduction ou de manipulation ?

Avons-nous, nous pauvres humains, moldus ou sorciers, la faculté de nous en prévenir ? Je n'en sais rien. C'est justement pour cette raison que les vampires sont si dangereux.

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Ce qui nous amène évidemment au point fatidique, comment les tuer, si nous devons en arriver à de telles extrémités ?

En théorie, cela ne semble pas bien compliqué. Une petite décapitation à l'ancienne ou un pieu dans le cœur. Cela tuerait n'importe qui. Même un vampire.

Mais l'histoire nous apprend qu'il serait préférable que le pieu soit en bois d'aubépine. Et si ce n'est pas le cas, il faudra brûler le corps et en disperser les cendres. Pour ne prendre aucun risque.

Il a déjà été vu des vampires, réduits en charpie, se reconstituer et renaître, nourris par les micros organismes grouillant sous la terre, lentement, progressivement, sur des années ou des décennies et revenir, l'esprit vengeur d'avoir tant souffert.

Eux, ce sont les vampires les plus célèbres. Ceux qui, une fois recouvrée leur force d'antan, ont décimé des populations entières. Pour se sentir à nouveau puissants probablement et pour châtier, punir, sûrement aussi.

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Lorsqu'on souhaite anéantir un vampire, il ne faut pas se rater. Transpercer, brûler, éparpiller. Un jeu d'enfant.

En omettant, bien sûr, la question de la force surnaturelle que possèdent ces êtres et leur rapidité irréelle. Non vraiment, un jeu d'enfant !

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23 mars 2005


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J'ai revu Astoria au travail cette semaine. J'ai cru qu'elle allait me reprocher d'avoir fui, il n'en a rien été.

Nous ne nous étions pas revues depuis que j'avais quitté l'appartement de Malfoy, après la transformation de Zabini. C'était il y a presque un mois. Je les ai laissés, ils n'ont pas fait appel à moi. J'ai repris le travail et tenté de rattraper le retard accumulé sur toute cette période, avec mes allées et venues sporadiques. Steven était soulagé de me voir revenir de manière régulière, nos absences respectives impactent inévitablement sur le travail de l'autre.

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J'ai retrouvé toutes mes petites habitudes, mes repères, du mieux que j'ai pu. J'ai essayé de rétablir un semblant de stabilité.

La première semaine, je me levais à 7h, juste le temps nécessaire pour me préparer et partir au travail sans avoir le temps de faire autre chose. Millimétré. J'arrivais une demi-heure avant la prise de poste, juste à temps pour le café quotidien avec l'équipe du labo. J'aime bien ce rituel même si habituellement je n'y vais pas tous les jours. Il m'a manqué ces dernières semaines.

A 9h, je commençais à travailler, prenais ma pause avec Steven, reprenais le boulot, finissais entre 18 et 19h et rentrais chez moi. Je me préparais à manger et allais me coucher avec une petite potion de sommeil de mon crû. Juste assez forte pour trouver facilement le sommeil sans sombrer totalement dans l'inconscience cotonneuse que provoquent les somnifères.

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Le week-end suivant, je suis allé voir Harry. Il était furieux. Il essayait de me voir pendant toute cette période mais trouvait trop souvent porte close. Il me laissait des mots auquel je ne répondais pas.

Je crois qu'il a eu des réminiscence de notre adolescence, quand le Professeur Dumbledore et l'Ordre cherchait à le protéger en l'isolant totalement. Il s'est senti exclu, encore.

Je ne nie pas ma responsabilité. Je l'ai mis de côté, je l'avais tout bonnement oublié, l'esprit trop tiraillé.

Quand ma vie a retrouvé un calme relatif, j'ai eu besoin de le voir et de lui raconter. Ce n'était tout bonnement pas possible de le laisser sur le bord du chemin.

Je lui ai tout raconté. Ce qu'il s'est passé, ce qu'on avait fait. Je l'ai vu passer par le prisme de tant d'émotions que j'ai cru qu'il allait en faire une syncope.

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Il m'a supplié d'aller au Ministère, je lui ai rappelé ce que cela faisait d'être harcelé par eux. Il affirmait que ce qu'il avait vécu était différent, mais il a fini par être moins insistant.

Il m'a demandé pourquoi j'avais accepté de participer à ça. Je n'ai pas su quoi lui répondre. Il m'a demandé ce qu'il allait se passer et j'ai ri. « La vie continue ».

Que pouvais-je dire d'autre ? C'est bien là où nous en sommes. Elle continue coûte que coûte.

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C'était le week-end dernier. Et en effet, la vie continue. Quelle vie ? Seul l'avenir nous le dira.

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25 mars 2005