Coucou tout le monde! Alors tout d'abord, je souhaite remercier mes chers lecteurs/lectrices ainsi que Huntress-dark, SherlockSteph, kis38, Cinochie (Guest), Stephanie1206, et BlueAlice9 pour leur review sur le chapitre précédent ça me fait très plaisir! N'hésitez pas à me dire quand vous trouvez un truc qui vous plaît moins ou que voulez me laisser une critique négative, certains l'ont fait et je l'ai très bien pris. Je les ai juste enterré au fond de mon jardin. Pardon humour douteux! *vas se cacher*
Désolé pour l'attente, je devais la relire beaucoup plus tôt mais je suis malencontreusement tombée sur tumblr (quel merveilleux univers!) et j'y suis resté prisonnière assez longtemps. Ensuite, je comprend que vu comme ça mon nom de chapitre fait rire, est étrange et fait sûrement un peu peur mais il a un rapport avec ce qui va suivre -sans martyriser de pauvres poissons sans défense je vous rassure! Sorti du contexte, ça n'a pas de sens haha
Bonne lecture.
PS : Sherlock ne m'appartient toujours pas. *soupirs*
La soirée s'annonçait plutôt agréable, ils échangeaient quelques éléments sur l'affaire dans le taxi les amenant au restaurant. Sherlock évoqua ses doutes sur la sincérité de la veuve –malgré ses pleures relativement convainquant, il ne voulait pas l'évincer définitivement de la liste des suspects. Il pensait aussi que la maîtresse de la victime travaillait dans le restaurant dont il était le patron ou bien était une cliente régulière : il avait un emploi du temps trop chargé pour l'avoir rencontré ailleurs, lui avait-il dit. Molly l'écoutait attentivement, lui posant quelques questions au passage, répondant à ses propres interrogations parfois même. Elle envoyait en même temps une quantité astronomique de messages à ses amies qui commençait à la harceler : elles voulaient chaque détail, chaque regard, chaque sujet de conversation. Louise avait même proposé d'enregistrer leur discussion pour qu'elles puissent le décrypter à leur prochaine soirée ensemble, mais Molly déclina l'offre en cachant un rire.
Il était à peu près 20H lorsqu'ils arrivèrent devant les portes du Kenza's restaurant. Sherlock paya le taxi et s'avança rapidement vers l'entrée, en remettant bien comme il le fallait son manteau et vérifiant par la même occasion si Molly le suivait bien, ce qui était le cas. Bien évidemment, elle ne voulait pas le quitter des yeux. Lorsqu'ils pénétrèrent dans le bâtiment, ils découvrirent une salle presque pleine, décorée de marron et de rouge, quelques bougies étaient dispersées un peu partout sur les murs. Une photo de George O'Malley reposait derrière le bar en bois au fond de la salle, avec des bouquets de fleures et quelques mots à ses pieds. Molly avait la douce impression que l'ambiance risquait d'être assez sinistre ce soir. Surtout pour le personnel. Un serveur s'avança vers eux, habillé d'une chemise blanche et d'un pantalon de costume noir, et les accompagna vers leur table proche de la fenêtre, pour que Sherlock ait une belle vue de la cuisine et de la porte de service. Ils s'installèrent rapidement et attendirent que le jeune homme leur rapporte leur menu. Le détective jeta un rapide coup d'œil tout autour d'eux, pour avoir une vue prévisionnelle d'ensemble sur la salle. Molly remercia le serveur qui leur tendait les dépliants avec un grand sourire commercial sur les lèvres, Sherlock avait d'ailleurs posé le sien directement sur la table sans même avoir pris la peine de le regarder. Elle faillit ouvrir la bouche pour lui demander ce qu'il avait quand elle reçu un message sur son portable, qu'elle s'empressa d'ouvrir.
Qu'est-ce qui se passe maintenant ? Alice
Silence. Molly
Engage la conversation ! Une femme qui s'impose et qui est sûre d'elle, rien de plus sexy ! Alice.
Que la force soit avec toi !
Elle réfléchit quelques instant avant de prendre son courage à deux mains et de se lancer.
- Alors, débuta Molly en croisant les bras sur la table, en avançant de quelques centimètres vers lui par la même occasion, qu'est-ce qu'on fait ?
- On regarde si quelqu'un a un comportement suspect.
- Toute la soirée ?
- Oui mais tu vas manger aussi.
- Pas toi ?
- Je ne mange jamais quand je suis sur une affaire. Ça me ralentit, ajouta-t-il en voyant la tête désemparée de la jeune femme.
Molly ne chercha pas plus loin et prit le menu posé sur la table dans ses mains, scrutant le moindre plat qui pourrait combler son appétit. Il s'agissait d'un restaurant italien, et elle adorait cette cuisine. Son père, qui était un grand fan, leur avait souvent fait des petits plats italiens fait maison et cela ne lui faisait revenir en tête que de bons souvenirs. Elle ne put s'empêcher de chercher quelque chose qui pourrait aussi plaire à Sherlock, juste au cas où il aurait une envie passagère de faire entorse à son principe : il ne pouvait pas rester des jours sans manger, impossible. Elle jetait de temps en temps quelques coups d'œil discret au dessus de son dépliant, pour pouvoir voir ce que le détective faisait : il ne faisait que de regarder autour de lui, se tournant discrètement sur lui-même pour pouvoir observer chaque déplacement des employés du restaurant. Elle s'imaginait l'entendre lui décrire chaque événement de leur journée, chaque café renversé, chaque dispute conjugale. Au bout de quelques minutes de réflexion, Molly posa le menu sur la table et attendit que quelqu'un vienne prendre sa commande. Ce qui se produit assez rapidement, malgré le monde qui arrivait dans le restaurant. Le serveur arriva à grands pas, sortant de la poche de son tablier blanc un carnet et un crayon.
- Bonsoir, qu'est-ce que vous désirez ce soir ? s'exclama-t-il lorsqu'il se trouva à leur hauteur.
- Alors des pâtes à la carbonara s'il-vous plaît. Sherlock tu es sûre de ne rien vouloir ?
- Du vin rouge, répondit-il, absent, sans lever les yeux vers eux.
Le serveur partit aussi vite qu'il était venu et se tourna vers une table de quatre personnes pour prendre leur commande. Molly le suivit du regard, cherchant tout de même à voir s'il avait un comportement étrange – son patron était tout de même mort, il ne pouvait pas rester de glace toute une soirée. Elle fut même étonnée de voir autant d'employés dans le restaurant, ils ne semblaient pas débordés par le nombre de clients. Quoique. Quelle était l'expression déjà ? Le spectacle doit continuer. Elle retourna son attention vers Sherlock, toujours aussi intéressé par elle, à son grand désarroi. Il n'aurait rien remarqué si elle avait décidé de porter une fausse moustache. Mais elle voulait entendre le son de sa voix, même participant à la plus banale des conversations qu'il n'avait jamais eu. Elle repensa aux sms de son amie et cela lui fit reprendre du poil de la bête. Molly décida de prendre une approche un peu plus sûre et commença à parler :
- Ça avance ?
- Ça fait 3 minutes qu'on est là, je suis fort mais pas aussi rapide que ça.
- Tu pourrais savoir tout ce dont tu as besoin d'aussi loin ?
- Oui bien sûr, assura-t-il en jetant enfin un coup d'œil dans sa direction. Il faut juste que la bonne personne se montre.
- Et comment tu le sauras ?
- De la même façon avec laquelle j'ai su que ton père venait de mourir. En le déduisant.
Elle pinça les lèvres, une façon de s'empêcher de lui répondre et de resté concentrée. Il avait beau être d'une intelligence hors du commun, elle avait parfois envie de le frapper au visage, aussi angélique et hypnotisant soit-il. Elle s'adossa contre son siège et fixa du regard la serviette en tissu posée sur la table. En remarquant l'absence de réponse, Sherlock tourna les yeux vers elle.
- Je ne voulais pas te vexer, dit-il avec, ce que Molly voulait qualifier, d'inquiétude dans la voix.
- Non, non tu ne m'as pas vexée. C'est juste qu'on me parle de mon père. C'est encore … Trop douloureux, tu vois ?
Un ange passa. Temps durant lequel Molly tentait tant bien que mal de rester concentrée et de ne pas céder au malaise qui régnait à cette table.
- Tu veux que je te montre ?
- Quoi ? Merci, ajouta-t-elle au serveur qui venait leur servir du vin.
- Comment je fais.
Elle prit son verre aussitôt que le serveur fut parti et en but une grande gorgée, savourant le doux alcool qui coulait en travers de sa gorge. Elle finit par hocher la tête pour lui donner le feu vert.
- Choisis une personne dans le restaurant je te dis tout ce qu'il faut savoir sur elle.
Molly croisa son regard bleu insistant qui la fixait intensément. Il semblait prêt à démarrer au quart de tour, comme un cheval attendant à la ligne de départ d'une course de vitesse. Elle sourit dans son verre et montra discrètement du doigt un couple de jeunes qui venait tout juste de s'asseoir à une table non loin de la leur –elle voulait être sûre que Sherlock n'avait pas pu les voir avant, pour mieux profiter de ses talents et pour être certaine qu'il ne triche pas. Il se tourna vers eux et les regarda. A peine une dizaine de seconde s'écoulèrent avant qu'il ne se retourne vers elle. Il sembla prendre une respiration et commença à parler à toute vitesse :
- Ah ! celui-ci est tout à fait intéressant. Jeune couple, ensemble depuis environ, soyons optimiste, 5 ans. Pourquoi 5 ans ? Tu le sauras plus tard je ne veux pas te gâcher la surprise. Le garçon est un chauffeur de taxi je les ai vu chercher une place en arrivant : un passager sur le côté avant d'une voiture de taxi se remarque assez vite. La femme, et bien, c'est apparemment une maîtresse d'école, regarde ses mains. Pleines d'encre, de tâches de peinture. Elle a essayé de les laver mais sans grand succès, ce genre de tâche s'enlève très difficilement surtout si on a tardé à mettre ses mains sous l'eau -ce qu'elle n'a pas eu le temps de faire puisqu'elle surveillait ses gamins. Elle adore son travail, elle me semble qu'elle a tardé à rentrer chez elle, c'est plutôt le contraire quand on déteste son boulot n'est-ce pas ? Mais elle aime son homme plus que tout, malgré le temps de leur relation elle a tout de même prit le temps de se faire belle pour leur rendez-vous.
C'était de la frime pure et dure, Molly le savait pertinemment. Mais elle trouvait cela incroyablement sexy. Qu'est-ce qu'elle aimerait avoir le même don. C'était comme un pouvoir magique, elle s'en servirait sans arrêt. Elle l'écoutait reprendre rapidement sa respiration.
- Revenons-en au jeune homme, continua-t-il de plus belle. Il est très amoureux d'elle, peut-être plus qu'elle ne l'est de lui : il s'est habillé en costume pour ce rendez-vous. Mais pourquoi un costume ? Et bien attends j'y suis presque ! Tu vois ses mains ? demanda-t-il en l'entendant rire à sa plaisanterie. Elles n'arrêtent pas de toucher sa poche de veste, et elles tremblent. Il a peur que quelque chose ne s'en échappe. Il transpire aussi un peu, beaucoup même, il s'épongeait discrètement le front quand cette jeune femme avait le nez dans le menu il y a environ 20 secondes. Il est venu dans ce restaurant mais pourquoi ? Ils sont habillé bien trop chic pour cet endroit si sans vouloir le vexer ressemble plus à un snack qu'à un restaurant digne de ce nom. Pas les moyens ? Non je ne crois pas. Regarde sa montre, une Quartz en argent, un modèle nouveau de quelques mois et assez cher. Ils auraient pu s'offrir un plus beau dîner. Pourquoi alors ? Et bien je pense qu'il s'agit de l'endroit précis de l'un de leur premier rendez-vous. Une occasion spéciale donc ? Oui parce qu'il va lui demander de l'épouser ce soir. Au moment du dessert pour être tout à fait précis.
Il conclut son monologue comme s'il s'agissait de l'annonce d'un événement international de la plus grande importance. Molly porta ses mains à sa bouche pour cacher sa joie pour les jeunes tourtereaux. Sherlock lui sourit, comme fier d'avoir pu rattraper le tir de sa parole malencontreuse. Il but une petite gorgée de son vin pour se rafraîchir tandis que la jeune femme ne pouvait pas s'empêcher de regarder le couple, observant la future fiancée avec envie, légèrement jalouse.
- Arrête de les regarder comme ça, ils vont se douter de quelque chose.
- Et tu penses qu'elle va dire quoi ?
Sherlock tourna la tête vers le couple quelques fractions de secondes puis dit d'une voix claire :
- Oui.
- Oh mais c'est super ! s'exclama Molly sans possibilité pour elle de dissimuler son excitation.
- Chut, s'amusa Sherlock en voyant le serveur arriver avec l'assiette que la jeune femme avait commandé.
Elle sentit son téléphone portable vibrer dans sa poche de pantalon, elle attendit que le serveur soit parti pour le sortir et lire le sms d'Alice :
Alors ? Ca avance.
J'ai l'impression de pêcher. Molly.
Elle posa le téléphone sur la table, sachant que son amie n'allait pas tarder à lui répondre et elle observa du coin de l'œil son voisin d'en face. C'était tout à fait ça. Elle pêchait, à la ligne, dans un étang avec pour seul poisson digne d'intérêt, un spécimen étrange, et qui semblait se cacher les yeux pour ne pas voir l'appât qui flottait devant lui. Il lui faudrait être patiente pour l'attraper celui-là, plus que n'importe lequel des poissons de l'étang. Sherlock ne semblait pas s'intéresser à la même chose que la plupart des hommes, il n'avait pas une seule fois regardé son décolleté : Molly pensait sincèrement que l'intelligence l'intéressait plus que n'importe quelle qualité chez une femme. Elle aurait très bien pu venir en T-shirt et chaussette montantes roses fluo, elle n'était pas sûre que son comportement en aurait été différent. Elle s'en sentait d'ailleurs rassurée, il n'ira peut-être pas draguer une blonde gigantesque aux formes monstrueusement attractives celui-là. Encore fallait-il l'attraper dans ses filets.
Et le poisson mord ? ;) Alice
J'y travaille ;) Mais j'ai peut-être quelques touches.
Molly sourit de toutes ses dents en imaginant la joie de son amie. Elle ne lui avait pas tout à fait menti, juste embelli la vérité : les quelques touches étaient en fait juste UNE seule touche qui consistait en un monologue d'une minute et des poussières de secondes. Ah oui, il ne lui aurait pas proposé de la divertir s'il se fichait totalement d'elle, il ne l'aurait pas laissée l'accompagner non plus. Il se serait contenté de la laisser sur le bas côté. Elle avait donc bien une touche, très brève et sûrement accidentelle, mais cela la remotivait tout de même. Elle se doutait que l'attente serait sûrement longue et éprouvante mais elle savait que cela en vaudrait la peine. Molly commença à manger son assiette de pâtes à la carbonara avec un grand sourire aux lèvres tandis que Sherlock scrutait chaque personne qui entrait dans le restaurant. Au bout d'un moment, elle finit tout de même par débuter une conversation, dite normale.
- Sinon, … Tu … Fais quoi quand tu ne travailles pas ?
- Je compose, répondit-il sans la regarder.
- Et c'est tout ? Tu n'as pas d'amis en dehors de John ?
- Non, je n'en vois pas l'intérêt.
- Pas de petite-amie ?
- Non, ce n'est pas vraiment mon fort.
A chacune de ses questions, la pêche s'annonçait de plus en plus longue.
- J'y vois encore moins l'intérêt, ajouta-t-il en finissant par jeter un bref regard vers elle.
- C'est pourtant plaisant de … D'avoir quelqu'un qui vous comprend que vous aimez et qui … Vous aime en retour, soupira-t-elle en continuant doucement de manger.
- Je ne suis pas sûre d'être capable d'aimer qui que ce soit, murmura-t-il dans sa barbe espérant sûrement que Molly ne l'entende pas.
Mais elle avait bien tout entendu, et elle ne comprenait pas comment il pouvait penser une chose pareille. Tout le monde pouvait éprouver ces choses là, chaque être humain de cette planète. Molly avait comme idée de la vie que chaque homme et chaque femme de cette planète avait une âme sœur qui se cachait quelque part. Et elle tendait à penser que cet homme était en face d'elle en ce moment précis. Elle posa sa fourchette à côté de son assiette.
- Ecoute Sherlock, commença-t-elle en se penchant vers lui.
Elle attendit qu'il la regarde avant de continuer, ce qu'il ne fit pas tout de suite, trop absorbé par les personnes qui venait d'entrer dans le restaurant. Mais il finit par le faire, plongeant ses yeux bleus dans les siens.
- Bien sûr que si tu peux aimer quelqu'un. Je ne sais pas qui t'as mis ça dans la tête mais …
- J'ai été diagnostiqué comme étant un sociopathe de haut niveau à l'âge de 17 ans, Molly, la coupa-t-il. Crois-moi, je ne suis pas fait pour avoir des sentiments.
- N'importe quoi, s'indigna Molly en buvant une gorgée de son vin rouge.
- C'est scientifiquement prouvé !
- Ce n'est pas parce que des psychiatres ont fait une généralité d'une pathologie qu'elle est forcément irréfutable pour tous les sociopathes.
- Et c'est toi qui as fait des études de médecine, s'amusa Sherlock en riant. C'est rassurant ...
- Non, si tu n'en as pas c'est simplement parce que tu ne VEUX pas. Voilà toute la différence, ajouta-t-elle en voyant la surprise dans ses yeux.
Il ne répondit pas, à sa grande surprise, et se contenta de rester les yeux rivés dans les siens, tentant de chercher elle-ne-savait-pas-trop-quoi dans son regard. Cela ne la mettait pas mal à l'aise, au contraire, elle appréciait de le faire cogiter un peu. Molly lui sourit doucement et retourna son attention sur son assiette qui se vidait de plus en plus : c'était délicieux, l'italien était définitivement sa nourriture préférée. Elle ne sentait pas le regard de Sherlock tomber ne serait-ce qu'un instant d'elle, ce qu'elle trouvait très agréable. Au bout d'un long moment de silence, pendant lequel la jeune femme avait presque fini son assiette, Sherlock finit par lui dire quelque chose.
- Tu avais tord tu sais.
- Quand ça ?
- Quand tu disais que tu ne comptais pas.
Molly faillit s'étouffer avec ses pâtes, ce qui se résumait à un moment incroyablement dénué de sex attitude. Mais à son grand soulagement, cela ne semblait pas gêner Sherlock qui ne releva pas. Il continua ses explications de sa voix si grave.
- Tu comptes. Je n'ai jamais rencontré une seule personne qui ne compte pas sur cette planète. Et tu ne seras certainement pas la première. Tu es … Une femme intelligente et tu es mon amie, que je le veuille ou non.
Molly sourit en baissant les yeux sur son assiette vide : c'était la chose la plus gentille qu'il lui avait dite depuis leur rencontre. Même si la dernière partie n'y ressemblait pas vraiment.
- Merci. De me considérer comme ton amie, ajouta-t-elle en levant le regard vers lui.
Sherlock ne l'avait pas quitté un seul instant des yeux, mais alors qu'il allait dire quelque chose, ils entendirent un cri de surprise derrière eux et ils se retournèrent vers celui-ci. L'homme de tout à l'heure était agenouillé devant sa petite amie qui trépignait d'impatience devant lui en criant de joie. Il n'avait pas eu le cœur d'attendre pour le dessert, pensa Molly en applaudissant comme la plupart des gens du restaurant, alors qu'elle articulait un grand "OUI". La jeune future mariée avait les yeux brillant de larmes menaçant de couler à tout instant, et le fiancé plaçait la bague en diamant autour de son doigt, un sourire majestueux sur les lèvres. Molly était légèrement jalouse mais s'en cacha le mieux possible. Elle tourna la tête vers le détective qui avait toujours les yeux rivés sur eux et décida de l'embêter un peu.
- Pendant le dessert hein ?
- Toujours une déduction de trop, soupira Sherlock tandis que le serveur demandait à Molly si son repas avait été bon. Tu veux un désert ?
Ils sortirent du restaurant dès que Sherlock eut fini de payer leur –son- repas : il avait insisté pour que soit lui qui règle l'addition. Un parfait gentleman. Il appela rapidement le taxi qui était en train de s'avancer vers eux et ils montèrent dedans. Une fois à l'intérieur, il donna au chauffeur l'adresse de Molly et s'installa confortablement à l'arrière. La jeune femme frottait ses mains l'une contre l'autre, pour enlever cette impression qu'elles allaient congeler sur place. La voiture démarra, manquant au passage d'écraser une bande d'étudiant joyeux qui traversait la route sans crier gare. Une grande partie du trajet se fit sous le silence, comme à l'allée d'ailleurs mais Molly décida de le briser au bout de quelques minutes.
- On n'a pas été très productif ce soir.
- Parle pour toi.
Elle tourna la tête dans sa direction, attendant qu'il s'explique. Ce qu'il dit quelques secondes plus tard.
- Oui, quand je suis allé payer l'addition, j'ai demandé au serveur s'il ne savait pas où se trouvait Jasmine. Cette femme est la maîtresse de notre victime au fait, son nom était écrit dans un des sms de son téléphone portable. Il m'a dit qu'elle n'était pas venue travailler ici depuis la mort de Mr O'Malley, ce qui a confirmé mon hypothèse bien entendu. Il m'a donné son numéro de téléphone.
- Quoi ?! s'exclama Molly en croisant les mains sur sa poitrine. Comment as-tu fait ?
- Je lui ai dit que j'étais un de ses amis et que mon portable avait effacé tous mes numéros. Un classique, ça marche à tous les coups. Les gens ont tendance à faire confiance à n'importe qui s'il leur fait croire qu'il est moins intelligent qu'eux.
- Tu es incroyable ! soupira-t-elle en passant une main dans ses cheveux.
- Merci.
- Ce n'était pas vraiment un compliment.
- Je le prendrais tout de même comme tel.
Ils se sourirent mutuellement puis Sherlock retourna à son observation des rues bondées de Londres, laissant Molly à ses occupations inexistantes. Elle ne savait pas trop quoi penser de lui en ce moment précis, mais elle avait l'impression qu'il commençait à la voir beaucoup plus clairement qu'auparavant. Et cette pensée lui était aussi douce que le goût d'une glace un jour de canicule. Le taxi roula encore quelques minutes, dans le silence vocal général, avec seule la radio de musique classique du chauffeur pour occuper leur ouïe. Il s'arrêta devant la maison de la jeune femme brusquement – leur arrivé concordait avec un bel orgasme auditif- ce qui les secoua violemment. Molly voulu sortir son porte monnaie de sa pochette mais Sherlock l'en empêcha, lui expliquant qu'il le paierait lorsqu'il le déposera chez lui.
- Mais il faut bien que je paye une partie du taxi quand même. Tu ne vas pas tout …
- Non je m'en occupe, la coupa-t-il. Rentre chez toi.
- Bonne nuit Sherlock, dit-elle en sortant du véhicule. Rentre bien. Et merci pour … Heu … Ce soir c'était sympa.
- Je t'en pris. Bonne nuit Molly Hooper, finit-il avant de demander au taxi de démarrer.
La jeune femme suivit les lumières de la voiture s'éloigner dans la nuit en souriant : si quelqu'un passait par là, il la croirait sûrement folle, mais elle s'en fichait. Elle venait de vivre l'une des plus belles soirées qu'elle n'avait jamais vécue de son existence. Et bien que ne fut pas un vrai rencard, cela y ressemblait tout de même ! Consciente du froid qui recommençait à agresser ses petites mains nues, elle se précipita vers son domicile pour ouvrir la porte et se réfugier dans son bon lit douillet. Mais elle ne le fera pas avant d'avoir averti ses amies. Pas avant de leur avoir dit que le poisson commençait peut-être à voir l'appât plus que l'hameçon.
Voilà pour ce chapitre. J'espère qu'il vous aura plu. N'hésitez pas à me laisser vos impressions en review : critiques négatives/positives mais constructives (Ouah trop de rimes par ici!). J'y répond avec grand plaisir! A bientôt pour la suite. The game is on!
