Hello les gens !

Chapitre 11, en temps et en heure (moins une heure) !

Merci pour vos reviews,

Merci pour les followings,

Merci pour les favoritages,

Merci de tout nos coeurs d'Abby et de Nauss !

Et bonne lecture.

.


.

Chapitre 11 :

.

Sherlock se sentait extrêmement agité. Il n'avait jamais eu besoin de cette cigarette, le jour où John l'avait appelé. Sa voix avait été suffisante pour repousser cette urgence pendant quelques jours. Toutes ces choses que John avait prononcées à haute voix et toutes celles que ses silences avaient su transmettre étaient même bien assez pour calmer les envies nocives de Sherlock pendant un mois entier. Et pourtant il était là, agité et fébrile parce que près de trois semaines s'étaient écoulées depuis l'appel et la lettre de John n'était toujours pas arrivée. Il avait pourtant bien dit à John qu'il devait lui écrire et que le coup de fil ne serait pas un substitut à sa lettre, alors pourquoi tant de temps ? Sherlock n'était pas un homme patient, et si quelqu'un lui avait dit dans le passé qu'il attendrait un jour une simple lettre avec tant d'agitation, il aurait déduit cet abruti jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais encore une fois, John était une exception à toute la vie de Sherlock et cet idiot en valait la peine.

Quand Sherlock ne put supporter cette tension plus longtemps, quand il ne trouva plus rien pour distraire son esprit, il se leva pour se préparer à prendre une affaire de niveau trois que Lestrade lui avait envoyée plus tôt. Il la résoudrait probablement sur son chemin jusqu'au Yard sans même avoir besoin de vérifier les preuves. Non, pas probablement. Assurément. Mais au moins cela le distrairait-il ; et il pourrait en profiter pour amadouer Lestrade et que ce dernier lui confie enfin des affaires décentes. Il prit son téléphone sur la table et quitta sa chambre. Lorsqu'il atteint le hall d'entrée, il vit Nestor qui fermait la porte principale. Instantanément, Sherlock glissa vers lui de sa vélocité de vampire et arracha presque l'enveloppe fatiguée qui dépassait de sa main avant que le majordome ne puisse émettre le moindre son.

La lettre de John.

O-O-O

Sherlock,

Si tu es prêt à tendre une branche d'olivier, alors qui serais-je pour la refuser ? Je vais 'essayer' de ne plus mentionner ton frère, dans le futur. Mais une carrière politique ? Je ne sais pas, je pensais plutôt devenir ton biographe, ou un truc du genre, tu sais. Tu résous les affaires et je les écris. Ce ne serait pas super ?

Comment t'es-tu débrouillé pour te cogner la tête, cette fois ? Tu ne peux pas être un peu plus précautionneux, petit con ? As-tu la moindre idée de combien ça m'a inquiété ? Et s'il te plaît, dis-moi que les médecins ont traité ça totalement. Oui, je sais que tu m'as dit que tu allais bien mais tu ne peux pas m'en vouloir de ne pas te faire entièrement confiance quand tu me parles de ta santé. Arrête d'être si imprudent, Sherlock. Essaie de survivre jusqu'à ce que je rentre.

Okay, dis-moi ce qu'est un Palais Mental. Je n'ai jamais entendu parlé de ça avant. C'est un endroit personnel ou un truc comme ça ? Je construisais un fort avec des oreillers, quand j'étais petit. Alors c'est quelque chose du genre ? Non, attends. Ne me le dis pas maintenant. Je veux que tu me racontes ça quand on se verra. Quand je rentrerai à la maison. Et je vais rentrer à la maison, tu verras.

Oh, et qui cherche des compliments, maintenant, mh ? Personne ne t'as jamais dit que tu es beau ? Tu te fous de moi ?! Ne brûle pas cette lettre après avoir lu ce que je suis sur le point de dire, mais tu es ce qu'on appelle un 'beau gosse', Sherlock ! Si je ne t'avais pas connu un peu mieux, j'aurais pensé que ces pommettes avaient été photoshopées. Tu es un très bel homme et un être humain extraordinaire. Voilà. Je voulais aussi te dire que John Watson n'a pas besoin de partir à la pêche aux compliments, son charme est légendaire. Il aime seulement bien entendre des choses gentilles de la part de son taré de génie, c'est tout.

Il y a plusieurs choses que tu as mentionnées dans ta dernière lettres qui m'ont laissé confus et je voudrais qu'on en parle. Premièrement, tu m'as dit que tu ne parvenais pas à me faire te haïr. Pourquoi dire quelque chose comme ça ? Tu le penses vraiment ? Tu essaies honnêtement de me pousser à te haïr ? Mais pourquoi ?! Haïr est un mot très fort, Sherlock, ne l'utilise pas de manière si abrupte. Et tu ne comprends absolument pas, hein ? Tu ne comprends pas que plus tu essaies de me rendre furieux, plus tu me fascines. Tu ne te rends pas compte qu'il est impossible pour moi rien que de ne pas t'apprécier. Tu es l'espoir de ma vie, Sherlock, tu es mon chez moi. Tu ne sais pas ce que ça signifie ?

Deuxièmement, tu n'es PAS un sociopathe, pas même de haut niveau. Je me fous de savoir que ça a été diagnostiqué ou exorcisé, mais tu n'es pas un sociopathe. Comment pourrais-tu croire ça ? Si tu as cru ceux qui t'ont dit que tu en étais un à cette époque, alors tu devrais pouvoir me faire confiance aussi quand je te dis que tu es l'être humain le plus humain que j'aie jamais rencontré. Tu peux protester tant que tu veux mais tous tes gestes envers moi, toutes tes lettres, tous ces présents réfutent ton auto-proclamation. Et ne pense même pas à me dire que je suis l'exception qui confirme la règle. Tu utilises ça comme un faire-valoir, c'est un mécanisme de défense mais tu n'as pas à prétendre quoi que ce soit quand tu es avec moi. Tu n'as pas à essayer de me faire croire que personne ne t'importe parce que nous savons tous les deux que c'est faux. Ce n'est pas mon but de déchirer ton cocon de sécurité mais, Sherlock, je veux que tu t'envoles. Cesse de t'induire en erreur toi-même ; n'essaie pas d'être quelque chose que tu n'es pas juste parce que quelques connards n'ont pas su te comprendre. Ignore-les en étant le vrai toi-même – le brillant, l'affectueux, le furieux, l'insouciant, le désobligeant, l'acerbe petit garçon de cinq ans qui croit que le Soleil tourne autour de la Terre ! Sérieusement, Sherlock ? Mon dieu, tu es incroyable. J'aimerais tellement avoir eu l'occasion de te rencontrer quand j'en ai eu la possibilité. Ou peut-être que ce n'était pas fait pour se réaliser.

Alors comme ça, tu penses que je mérite quelqu'un comme toi ? Mais ce n'est pas possible, hein ? Je veux dire, où pourrais-je trouver quelqu'un comme toi ? Tu es unique. Je sais que ce n'est pas quelque chose qui se dit dans une lettre, mais je t'apprécie beaucoup, Sherlock. Pas seulement comme un ami en aime un autre mais comme un homme, un homme gay très exactement, aime un autre homme. Tu mérites quelqu'un de mieux, de tellement mieux qu'un banal médecin de l'armée et c'est tellement soudain et abrupt, mais je ne peux pas m'en empêcher. Il faut que je te le dise maintenant, il faut que tu saches que penser à toi est ce qui me permet de continuer, Sherlock. Tu me permets de continuer. Je planifie mon futur parce que ça inclut de te rencontrer, de te voir de mes propres yeux. Je ne sais pas si j'aurai un jour cette chance Sherlock, mais si je rentre à la maison, je reviendrai pour toi. A toi. Tu penses que je t'ai rendu futile ? Je dors avec tes lettres, des fois. Surpasse donc ça.

Je veux te voir, si désespérément. Je veux te voir déduire, je veux te voir à la poursuite de criminels ou effrayer des clients ou jouer de ton violon. Je veux te voir dans les meilleurs et dans les pires moments. Je suis sûr que ça arrivera à un moment, n'est-ce pas ? Tu m'as appris à espérer et maintenant j'espère toutes ces choses. Je désespère de cette vie au delà du désert, au delà des balles et du sang. Je veux rentrer à la maison. Et t'as intérêt à me réceptionner à l'aéroport comme un foutu colis, ducon. Ce plan tient toujours.

Bon, maintenant il faut que je te dise quelque chose d'important. Tu te souviens, le jour où je t'ai appelé, je t'ai dit que j'étais à notre base principale ? Il y avait une réunion pour planifier une opération. Je serai dans l'équipe et donc en dehors de la base pendant un moment. En fait, nous pourrions devoir relocaliser la base ailleurs mais ce n'est pas encore décidé. Ce n'est qu'une procédure de routine, rien de particulier ni dangereux, donc ne t'inquiète pas. Mais ça pourrait prendre plus de temps que d'habitude pour moi de t'envoyer ma lettre. Je pourrais même ne pas recevoir la tienne avant un bout de temps. Mais rien d'inquiétant. C'est parfaitement et minutieusement préparé. Juste la routine. Tout va bien se passer, et je rentrerai à Noël. Ce n'est pas une lettre d'Adieu, d'accord ? J'avais juste besoin de te dire encore des trucs sentimentaux. Tu ne peux pas attendre de moi que je parte pour envahir des terres étrangères avec autant de sensibleries en moi, n'est-ce pas ? Mais si quelque chose se passait de travers (ce qui n'arrivera pas), je veux que tu te souviennes que tu es un homme exceptionnel, merveilleux et brillant, qui n'a besoin de faire ses preuves auprès de personne. Ne laisse personne, peu importe son importance, te convaincre du contraire. Les gens ne te comprennent pas parce que tout le monde n'est pas digne de connaître le vrai toi. C'est une perte pour eux, pas pour toi. Les génies n'ont pas besoin d'être normaux. La norme, c'est ennuyeux. Tu es Sherlock Holmes, le seul au monde.

Je chéris chacun des moments passés 'avec' toi. Ce sont comme des trésors pour moi. Je ne les échangerais contre rien au monde, tu sais. J'espère avoir été capable de t'offrir quelques bons moments aussi. Est-ce que je t'ai vraiment manqué ? Est-ce que je te manquerai si tu ne reçois plus mes lettres pendant un moment ? Tu vas me manquer, énormément. Mais je serai rentré avant que tu ne te rendes compte de quoi que ce soit, alors sois prêt pour ça. Tu peux continuer à m'écrire tout le temps, la base principale gardera les lettres pour moi. Et, non, je n'ai pas oublié quoi faire de mes orteils si j'en perdais un.

Sois prudent Sherlock. Prend ta vie au sérieux. Mange plus souvent et fais attention à toi, s'il te plaît. Tu es trop précieux, tu as trop de valeur pour considérer ta vie comme un acquis inaliénable. Je voudrais continuer à écrire encore et encore mais je devrais m'arrêter maintenant, l'heure du devoir approche. Je vais écrire vite, ne t'inquiète pas. Garde-toi en bonne santé et en sécurité. Tu vas me manquer.

A toi,

John.

O-O-O

Le vide. C'est ce que Sherlock ressentit.

Le noir. C'est ce que Sherlock vit.

Il ne pouvait pas penser. Pouvait pas penser. Pouvait pas penser. Sa tête lui paraissait vide. Son cerveau était en train de le lâcher. Ce vide n'était pas bienheureux. Ce n'était pas le genre de vide qu'il avait ressenti après la lecture de la précédente lettre de John, pas le genre de vide qu'il avait eu l'habitude de ressentir après s'être injecté de la cocaïne dans les veines des mois auparavant. C'était le vide de la peur. La possibilité de perdre John le rendit froid.

Sherlock savait reconnaître une lettre d'Adieu quand il en voyait une. Il n'avait aucune information lui permettant de savoir quand cette foutue opération militaire secrète prendrait place, si elle s'était déjà produite ou non. Tout ce qu'il savait, c'était que c'était extrêmement dangereux et John pourrait... Et si l'opération était déjà terminée et John était déjà mort ? Et si John s'était fait tué pendant que Sherlock lisait sa lettre ? Et s'il n'avait jamais la chance de rencontrer John ? Non non non. Ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas faire de conclusion sans la moindre donnée viable. N'importe quoi. N'importe quoi lui conviendrait. Tout ce dont Sherlock avait besoin, c'était un mince éclat d'espoir que John aille bien.

S'ébrouant pour s'extraire du choc initial, Sherlock composa le numéro de Mycroft d'une main nerveuse. Pas de réponse. Ce bâtard n'était jamais là quand il avait besoin de lui. Il était en dehors du pays, actuellement, folâtrant avec quelque politicien mégalomane. Sherlock avait envie de hurler. Il savait que Mycroft l'appellerait dès qu'il le pourrait, mais chaque minute comptait, maintenant. Est-ce qu'il devrait appeler le numéro avec lequel John l'avait joint ? Est-ce que ça pourrait compliqué sa situation d'une façon ou d'une autre ? John avait déjà pris de gros risques en racontant tant d'informations à propos de cette opération. Mais est-ce qu'ils lui diraient quoi que ce soit si quelque chose était arrivé ? Il détestait ne pas savoir. Il avait besoin de savoir. Il avait besoin d'être rassuré.

Peut-être était-il en train de paniquer pour rien. Peut-être John allait-il parfaitement bien et attendait-il sa lettre. Peut-être l'opération s'était-elle bien déroulée ou peut-être n'avait-elle même pas encore eu lieu. John lui avait dit de ne pas s'inquiéter. Il avait parlé de leurs plans futurs, de son désir de voir Sherlock. Il lui avait dit qu'il serait à la maison à Noël. John lui avait dit qu'il l'appréciait beaucoup, qu'il l'aimait plus que comme un ami. Il y avait des promesses qui devaient être tenues. John ne lui mentait pas, n'est-ce pas ? Non. John ne lui mentirait jamais. Il tiendrait ses promesses. Et Sherlock lui offrirait tout ce qu'il voudrait en attendant, et ce que voulait John, c'était sa lettre. Il lui avait demandé de lui écrire. Non, il ne resterait pas assis et tendu, attendant que les choses se passent. Il ferait n'importe quoi pour obtenir des informations, mais il ne pouvait rien faire sans l'aide de Mycroft. Alors, en attendant, Sherlock ferait ce que John voulait de lui. Il lui écrirait. Il lui rappellerait toute cette vie qu'ils pourraient avoir tous les deux.

.

.