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Chapitre 11 : La plume bleutée
Le lendemain, Lily se réveilla tôt et, comme la veille, elle descendit rejoindre Acacio. Elle aimait son petit chalet et la vie qu'il y menait. Elle comprenait bien pourquoi le besoin de se cacher l'avait emmené ici et pourquoi il était resté. Il avait une vie simple, calme, recluse, au rythme des rayons du soleil et des saisons. Il achetait ou créait ce dont il avait besoin. Lily l'admirait, mais n'était pas sûre de le comprendre.
Être ici était une sensation étrange, elle devait se rappeler continuellement qu'elle n'avait pas été envoyé en vacances, mais bien dans un but précis. Acacio ne l'avait pas oublié non plus. Il eut l'air sérieux et concentré pendant le petit-déjeuner et Lily se douta que la journée ne serait pas dédiée à des ballades touristiques. Elle frémissait d'anticipation, de stress, elle ne savait pas trop. Acacio se leva pour débarrasser la table.
-On réessaie ?, proposa t-il.
Elle hocha la tête, une boule au ventre, mais décidée. La vaisselle resta dans l'évier, Acacio sentait bien que Lily ne pourrait attendre maintenant qu'ils avaient fait ce premier pas. Il déposa sur la table une grande plume sombre et aux reflets bleutés. Leurs regards se croisèrent, elle se douta de ce qu'il allait dire, mais il le dit tout de même.
-Tu vas essayer de faire léviter cette plume.
Lily garda le silence, regardant la plume, ne sachant pas quoi faire. Elle tendit une main et l'arrêta au dessus de la table. Elle se sentait ridicule et la retira. Acacio, atteint d'une insomnie la nuit précédente, avait beaucoup réfléchi et avait formé l'hypothèse que ses pouvoirs, certainement lié à ses émotions, avaient peut-être aussi un lien avec sa volonté. Après tout, on ne pouvait pas faire quelque chose qu'on ne pensait pas pouvoir faire.
-Tu dois croire que tu peux le faire.
La petite fille ne bougea pas.
-Tu l'as déjà fait.
-J'étais en colère.
-Sois joyeuse. Pense à tes parents, la joie que tu ressentiras en les revoyant. Tes frères, ton ami Barney, Hagrid, Poudlard. Ferme les yeux. Rappelle-toi un pur moment de joie où il n'y avait que du bonheur. Un instant de félicité sans pareil.
Lily, les paupières closes, tentait de se concentrer. Elle pensa à un anniversaire où elle s'était beaucoup amusée, à un Noël au Terrier avec oncles et tantes. Elle pensa à une bataille d'eau, avec ses frères, où James avait attaqué Albus sans prévenir, juste pour le voir répliquer. Elle avait crié, couru, glissé et tellement ri qu'elle en avait eu mal au ventre. Et puis, elle se remémora la veille du départ de James et d'Albus pour Poudlard, le jour où elle avait arrêté une casserole sans la toucher le soir où elle avait compris qu'elle irait elle aussi à Poudlard, qu'elle ne décevrait pas ses parents et surtout qu'elle serait avec ses frères, ses cousins, qu'elle serait des leurs.
La voix d'Acacio la rejoignit dans son obscurité.
-Dirige toute cette joie, tout ce bonheur vers la plume.
Son poing se desserra et, la paume en bas, elle tendit les doigts. Elle eut l'impression que le temps lui échappait, s'écoulant sans qu'elle y participe. Elle en perdit toute notion et sentit sa respiration s'arrêter.
-Lily.
La tension qu'elle entendit dans le ton d'Acacio la fit ouvrir les yeux.
La plume tournoyait lentement à une dizaine de centimètres au dessus de la table.
Lily poussa un glapissement, perdant toute concentration et la plume retomba doucement sur le bois poli de la table. Il y eut un long temps de silence durant lequel le monde entier sembla se dissoudre et où n'existait plus que la cabane et ce qui venait de s'y passer. Il fallut un moment à Lily pour relever la tête. Elle croisa le regard d'Acacio et se sentit soulagée en voyant que ce dernier n'avait pas changé. Elle y voyait de l'étonnement, mais aucune peur, dégoût ou animosité. Tout son corps se détendit et elle inspira enfin.
-Réessaie., l'encouragea t-il.
Elle tendit une main tremblante qui se stabilisa naturellement : après tout, qu'avait-elle à craindre ?Qu'avait-elle à craindre, s'il ne la regardait pas différemment? Elle savait désormais comment faire et garda les yeux ouverts. Bientôt, la plume voletait dans les airs. Lily la suivait des yeux et la contrôlait avec une main. La facilité avec laquelle ça lui était venu la fit sourire. Acacio avait raison : ce pouvoir ne lui venait pas de la colère, de la rage, de la peur, mais de la joie et elle en exultait. Elle fit s'envoler la plume jusqu'au plafond et laissa échapper un rire.
Acacio la regardait regarder la plume et il avait l'impression de la voir pour la première fois. Elle lui avait paru si timide, si renfermée, si grave et maintenant, enfin, elle paraissait vivante, présente et si forte. Elle passa une main autour de son chignon serré qui la gênait et elle le défit dans un geste rapide : ses cheveux extraordinairement longs s'éparpillèrent sur ses épaules comme des flammes orangées, remplis d'une vigueur qu'ils n'avaient jamais eu. Il la regardait, imaginant ce qu'elle pourrait devenir et se sentait plein d'espoir, mais aussi plein de cette responsabilité qui retombait sur lui, devant la guider dans la bonne voie.
Il fut incapable de parler pendant un moment, puis, elle lâcha la plume des yeux, le regarda et cela fut l'électrochoc nécessaire il se précipita dans la cuisine et chercha une tasse.
-Essaie avec ça., la pressa t-il.
Il avait à peine fini de parler que la tasse s'envolait. Le cœur d'Acacio battait à tout rompre : de quoi était-elle capable, exactement ? Il était clair qu'il ne s'agissait pas uniquement de lévitation. Il dut se forcer pour ne pas tester immédiatement tout ce que son imagination voulait lui montrer comme possible. Lily était concentrée sur la tasse et la plume redescendait doucement vers la table.
-Rattrape-la.
Diviser son attention fut plus difficile, mais elle y parvint sans véritable souci. Elle souleva jusqu'à cinq différents objets en même temps, mais perdit toute concentration quand Acacio lança un livre pour qu'elle empêche sa chute. La plume, la tasse, un verre, un crayon et une gourde tombèrent à terre.
Lily ne se fatigua pas à les ramasser et les fit léviter jusqu'à elle. La tasse, tombée sur le tapis épais qui fournissait une chaleur nécessaire en hiver, n'avait pas été ébréché. Relevant la tête vers l'horloge, Acacio réalisa que, sans qu'il s'en soit rendu compte, l'heure avait bien avancé. Ainsi, ils commencèrent à se préparer à manger. Lily lui passa les ingrédients en les faisant léviter, incapable de s'en empêcher, prenant confiance en elle-même à chaque objet en l'air. Acacio s'inquiétait : quelles limites avait-elle ? En avait-elle seulement ?
Lorsqu'ils se mirent à table, elle fit voler sa purée, pour voir si elle était capable de le faire avec des objets moins solides.
-On ne joue pas avec la nourriture., la réprimanda Acacio.
Elle laissa redescendre la purée et lui fit un sourire d'excuse. Elle était longtemps restée silencieuse, à réfléchir, à essayer de comprendre. Faire voler des choses, désormais, lui semblait d'une simplicité enfantine, comme faire du patin à roulettes, quand elle avait finalement réussi à rester en équilibre.
-Tu crois que je suis capable de faire quoi d'autre ?
Elle savait qu'elle pouvait faire plus, elle le savait, mais plus que ça, elle le sentait.
-Je pense…, commença t-il doucement, je pense que tu es capable de tout.
Les jours s'écoulèrent tranquillement après cela, chacun unique, chacun se ressemblant. Les matins, ils prenaient le petit-déjeuner et partaient se promener. Parfois, ils allaient jusqu'en ville pour se ravitailler (habituellement, Acacio se contentait de conserves ou autres denrées récoltées en été) et ils en profitaient pour vérifier si les parents de Lily avaient envoyé une lettre ou en envoyer une. Luka les voyait venir, souriait et grâce aux quelques mots d'anglais qu'il connaissait et à trois phrases qu'Acacio avait appris à Lily, il discutait avec l'enfant tandis que son « oncle » faisait quelques achats.
Le voyant plus souvent, Luka avait repris l'habitude qu'il avait eu lors de leur rencontre, il y a bien des années, à lui proposer des parties de poker. À l'époque, Acacio n'avait aucune raison de refuser et le faisait pourtant. Maintenant, Acacio en avait une (s'occuper de Lily), mais trouvait l'excuse de plus en plus fallacieuse. Lily ne disait rien, Luka non plus, mais ils savaient bien qu'il l'aurait pu, s'il l'avait vraiment souhaité.
Le matin était généralement dévolu au tourisme, aux randonnées et à la lecture. Lily étant plus frileuse qu'Acacio, ils profitaient aussi de la matinée pour chercher du bois mort dans la forêt qu'ils venaient faire sécher devant la cheminée. C'était l'après-midi qu'ils se mettaient vraiment à travailler, même si Lily s'exerçait souvent à utiliser ses pouvoirs, que ce soit pour s'amuser, ou pour aider Acacio. Elle avait ainsi fait fondre la neige bloquant la route, alors qu'ils risquaient de devoir rester à la cabane, parce qu'elle voulait visiter le château de la ville de Luka.
L'étendue de ses pouvoirs était impressionnante. Chaque jour, elle faisait des progrès, devenait plus forte et repoussait ses propres limites. En plus de la télékinésie, elle avait été capable de réchauffer le sol, de faire remonter le cours d'eau du torrent tout proche et de bien d'autres choses encore. Acacio était presque sûr qu'elle contrôlait aussi le climat, sans même trop le vouloir. Il arrivait à Lily de regarder par la fenêtre, de remarquer que le temps était bouché, elle le regrettait et quelques instants plus tard, les nuages remontaient dans le ciel.
Acacio la voyait progresser et de plus en plus, se demandait ce qu'il serait capable de lui apprendre encore. Sa cabane n'était pas bien grande (il avait même dû utiliser la magie pour l'agrandir afin d'accueillir Lily) et il n'aurait pas cru qu'il soit possible pour eux de rester ensemble si longtemps sans que des tensions et des gênes n'apparaissent. Mais Lily était une fille intelligente, brillante même, facile à vivre et pleine d'humour. Acacio la regardait parfois, et les gens lui manquaient. Personne, en particulier, juste une présence. La solitude ne l'avait jamais atteint, même aux premiers temps de son exil et il était d'autant plus étonné qu'elle le gagne maintenant.
De son côté, Lily ressentait aussi un certain manque, ses parents, ses frères, Poudlard… Mais elle s'entendait remarquablement bien avec Acacio et était aussi très contente d'utiliser ses pouvoirs et de découvrir tout ce qu'elle pouvait faire. De plus, la Slovénie, ou, du moins, le coin dans lequel Acacio vivait, était fabuleux et Lily adorait explorer tant qu'elle pouvait. Des jours entiers se déroulaient sans qu'ils voient personne et Lily devait bien admettre que c'était incroyablement relaxant. Elle aimait bien aussi aller voir Luka, parce qu'elle pouvait parler un peu slovène et parce qu'il avait souvent une lettre de ses parents pour elle.
Ses parents lui relayaient souvent des informations venant de ses frères. Ainsi, elle savait que la vie avait repris à Poudlard, son absence avait naturellement été remarqué, mais l'explication qu'elle était malade et avait dû être transporté dans une clinique privée pour y être soigné avait semblé satisfaire ses condisciples. Elle sut que James détestait avec passion ses cours d'Astronomie (qu'il ne comprenait pas), qu'Albus continuait à passer trop de temps à la Bibliothèque (sans rien trouver de plus qu'avant en ce qui concernait sa sœur, elle-même craignant que ça ne devienne une obsession) et que Barney avait fait de gros progrès en Enchantements (et prenait des notes de sa plus belle plume pour que Lily puisse les relire en revenant).
Ils lui manquaient encore plus quand elle lisait ces lettres et elle se sentait coupable d'être loin, en Slovénie, et plutôt heureuse dans son coin de cabane, assise en tailleur sur son lit, avec sa couverture épaisse en laine, sa salle de bain personnelle, son poêle et sa fenêtre sur les montagnes. Elle se sentait également coupable parce qu'elle parlait plus des sorties qu'elle faisait avec Acacio que de ses progrès. Elle avait bien dit qu'elle se sentait mieux, qu'elle apprenait à se maîtriser, mais rien de plus. Mais d'une certaine manière, elle voulait un peu garder le secret et leur faire la surprise en rentrant.
Lily, ce matin-là, avait eu sa propre surprise, lorsqu'elle avait ouvert la dernière lettre de ses parents, assise dans la vieille voiture d'Acacio, rentrant à la cabane. C'était la date marquée en début qui l'avait choquée. Plus de la moitié du mois de décembre s'était écoulé. Elle avait presque oublié que le temps passait aussi chez ses parents quand elle n'était pas là. Bientôt, ce serait Noël. Noël chez les Potter était fabuleux. Les décorations les plus enchantés étaient mises, la maison sentait la cannelle, les garçons et Lily faisaient des batailles de boules de neige et, tradition oblige, leur mère leur lisait « La sorcière et le gui », leur histoire préféré et leur père chantait « Les douze jours de Noël » en grattant sa guitare.
Elle se demanda si elle aurait l'occasion de rentrer pour Noël, si Acacio la laisserait, mais pour la première fois depuis un moment, elle n'osa pas lui poser la question.
Elle n'en aurait pas eu besoin, Acacio gardait le calendrier et le compte des jours suffisamment en tête pour savoir que les fêtes approchaient. Il n'aimait pas y penser, il se sentait bête et un peu honteux quand il le faisait. Parce que s'il était tout à fait honnête avec lui-même, il savait très bien qu'il n'avait plus rien à apprendre à Lily. Qu'il la gardait avec lui par pure égoïsme. Qu'il la gardait avec lui, parce qu'en dépit de tout, il s'était attaché à elle et ne pouvait se résoudre à la voir partir. Mais il vit bien, à la façon dont elle triturait sa lettre, qu'elle voulait rentrer. Et il savait bien qu'il ne serait qu'un vieux fou égoïste s'il la gardait.
Il était à peu près 11 heures du matin, quand il arrêta la voiture devant sa cabane. Lily remonta dans sa chambre pour lire sa lettre, Acacio s'installa dans un fauteuil pour réfléchir. Pour se convaincre, surtout. Se convaincre de la laisser partir. Il n'imaginait pas, un mois auparavant, quand elle était arrivée, qu'elle prendrait autant de place dans son existence. Il soupira, se leva, et alla préparer à manger. Ils déjeunèrent tranquillement, Lily observa la neige tomber. Dans une heure, les traces de pneus auraient disparus. Elle lança un coup d'oeil à Acacio, il aurait pu être gravé dans le marbre. Elle pensa à ses parents, à Noël et baissa la tête. Le silence tomba entre eux et ils finirent de manger rapidement. Acacio laissa la vaisselle sécher dans l'évier et rappela Lily qui s'apprêtait à remonter l'échelle.
-Tu as ta baguette ici ?
Elle se tourna, surprise.
-Oui, je crois, pourquoi ?
-Va la chercher.
Elle redescendit, baguette en main et il alla lui aussi chercher la sienne. Elle la tritura, soudainement stressée. Arrivée chez Acacio, elle n'en avait pas eu besoin et l'avait laissé au fond de sa valise.
-Tu crois que je suis capable de Magie ?
Il eut un petit rire ironique.
-Je crois que tu es capable de bien plus.
Il se reprit.
-Que tu sois capable ou pas de Magie, en retournant à Poudlard, il faudra non seulement que tu caches tes pouvoirs, mais que tu utilises ta baguette. Mais avec tes capacités supplémentaires, il faudra que tu fasses plus attention. Il y a déjà beaucoup de gens au courant de tes pouvoirs, entre ta famille, ton ami Barney et quelques Professeurs, mais garde ce secret autant que tu pourras. Malheureusement, les gens ont souvent peur de ce qu'ils ne comprennent ou ne maîtrisent pas. Il faudra que tu sois prudente, que tu fasses attention. Plus que les autres élèves. Il faudra que tu restes concentrée. À tout moment. Ce qui s'est passé dans le parc avec ces gamins ne doit plus se reproduire. Plus jamais. Tu vas devoir rester vigilante. Tout le temps. Constamment.
Lily l'avait écouté attentivement, sachant à quel point c'était important.
-Il faudra cacher qui tu es. Et à cet effet, tu devras, lorsque tu utiliseras ta baguette, être moins douée que les autres. Attends toujours d'avoir vu le sort fonctionner et son effet. Il faudra répliquer les intonations de la voix, les étincelles, la couleur du sort et en même temps, accomplir l'acte du sort. C'est ce qu'on va faire cet après-midi, tu vas imiter tous mes sorts, il faut rendre ça crédible, tout le monde doit se faire prendre, d'accord ?
Deux bonnes heures furent dédiées à cet exercice. C'était plus compliqué que Lily l'aurait cru et elle n'était plus habituée. Tout lui venait facilement, d'habitude et elle éprouva plus de difficultés à y arriver. Elle en fut frustrée, ce qui bien sûr, ne lui facilita pas la tâche.
-Calme-toi. Reprends ton souffle. Il y aura d'autres choses que tu ne parviendras pas à faire, pas du tout, ou pas tout de suite.
Elle n'aima pas la remarque, mais fit des efforts. La phrase lui resta tout de même dans la tête et, plus tard, emmitouflée dans sa cape, assise sur la terrasse en biais d'Acacio, elle demanda :
-Qu'est-ce que je ne pourrais pas faire ?
Acacio sourit derrière sa main.
-Te faire remarquer, surtout. Tu auras des notes bonnes, mais pas trop. Tu seras tentée de briser les règles, mais il ne faudra pas le faire. Enfin, pas trop et pas les plus importantes.
Lily sourit. La nuit était déjà tombée, la neige avait stoppé. Tout était silencieux, rien ne bougeait. Les nuages étaient partis, laissant la place à une demie Lune et à quelques étoiles. Elle tendit la main vers la tasse de chocolat chaud qu'Acacio lui avait préparé. Elle n'avait jamais osé lui dire que son chocolat était encore meilleur que celui de sa mère.
-Il y a certaines situations qu'il faudra que tu évites, surtout celles qui risqueront de te faire perdre le contrôle.
-Comme quoi ?
-Je déconseillerais le Quidditch.
Il vit la déception dans ses yeux et cela lui serra le cœur.
-Désolé.
Elle haussa les épaules, détournant le regard. Elle ne pensait pas vraiment au Quidditch pour le moment. Quant à lui, Acacio ne pouvait s'empêcher de penser qu'il serait même mieux que James arrête le Quidditch. Que se passerait-il si elle voyait son frère dégringoler de son balai ? Elle interviendrait pour empêcher sa chute, révélant la vraie étendue de ses pouvoirs. Bien sûr, des mesures de sécurité pour rendre le plus populaire sport des Sorciers avait été mises en place depuis longtemps, mais l'instinct de Lily serait plus fort, et surtout plus rapide...
Il se gronda lui-même. Quel serait son futur s'il fallait la protéger de tout ? La garder dans sa cabane, pour en faire une ermite désabusée, comme lui ? La laisser dans une tour d'ivoire, pour toujours ? Ce ne serait pas une vie pour elle et elle méritait tout ce que le monde avait à offrir et plus encore.
-Acacio ?, demanda t-elle.
-Oui ?
-Tu crois que j'ai ma place à Poudlard ?
-Pourquoi tu demandes ça ?
-Je ne suis pas douée en Magie. Je ne veux pas y croire mais la prophétie dit que je ne suis pas une Sorcière… Et si c'était mes autres pouvoirs qui faisaient fonctionner ma baguette ?
C'était déjà une question que s'était posé Acacio et il avait bien senti qu'elle était restée coincée au fond de la gorge de Lily depuis plusieurs semaines. Il n'y avait pas besoin de bien connaître Lily (et c'était pourtant le cas d'Acacio) pour voir qu'elle voulait par dessus tout faire partie de quelque chose et avoir sa place quelque part.
-Je ne sais pas ce que tu es ou l'étendue de ce que tu es capable de faire, tu peux probablement voler... Mais le Monde Magique est raciste jusque dans son fond, au mieux, ils te mettront à l'écart au pire, ils chercheront à te faire du mal.
Il faisait sombre, presque nuit, mais il n'avait pas besoin de la voir pour savoir qu'il l'avait effrayé.
-Mais Poudlard est bien différent. Dumbledore, puis McGonagall en ont fait un bastion de tolérance, de paix et d'accueil. Là-bas, oui, là-bas, tu as ta place.
